Écologique : le blog de Jean François DUMAS

Il était temps que N. Sarkozy et son bras armé, la ministre de l’écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, s’en aillent. Pour les protecteurs et amis de la nature, pour les écologistes, leur bilan est accablant.
Mais maintenant, qu’en sera-t-il avec François Hollande ? Si les associations environnementalistes avaient décerné un « carton rouge » à N. Sarkozy, François Hollande, lui, avait eu droit à un carton jaune… loin des éloges dithyrambiques et des flagorneries pitoyables auxquelles se livrent la direction des Verts en mal de portefeuilles ministériels, l’intrigante Cécile Duflot et l’inénarrable Vincent Placé en tête. Il ne faut pas compter sur toute cette clique d’arrivistes pour infléchir la politique environnementale du nouveau président. Même si elle le voulait vraiment, elle ne le pourrait guère. Le score calamiteux de celle qui était supposée porter les couleurs de l’écologie à la présidentielle et les ambitions personnelles de sa direction réduit Europe-Ecologie Les Verts à l’impuissance.


Non, le 6 mai 2012 les protecteurs et amis de la nature n’avaient pas de victoire à fêter, ils avaient seulement à se réjouir de la défaite d’un de leurs adversaires les plus acharnés et le plus puissant jusqu’à ce jour où le verdict des urnes a réglé son sort. De façon définitive … du moins peut-on l’espérer…C’est pourquoi dans la première partie de cet article, il ne s’agira pas de «tirer sur l’ambulance» mais de faire le bilan d’une fin de règne pour montrer l’ampleur des dégâts à réparer. Cette ampleur jointe au manque probable de véritable soutien des politiques roses, rouges ou même verts n’a pas de quoi rendre optimiste même s’il faut toujours espérer et pour les plus engagés continuer à se battre.

La fin du règne de Nicolas Sarkozy : une catastrophe pour la faune sauvage

Les piégeurs, les chasseurs et autres exterminateurs de bêtes sauvages adorent la catégorie de «nuisible» dans laquelle ils peuvent ranger celles qu’ils considèrent comme leurs concurrents en compagnie de tout un petit peuple de poils et de plumes à massacrer sans merci par tous les moyens avec une préférence nette pour les plus cruels. Il faut faire disparaître cette catégorie stupide de «nuisible» pour les bêtes mais il faut la conserver pour certaines gens comme les piégeurs et tous ceux qui chassent pour le plaisir. Dans d’autres domaines, on pourrait aussi y classer les spéculateurs, les traders, les nucléocrates etc. Tous ces gens-là font bien plus de dégâts et de ravages que toutes les belettes, renards, corbeaux ou pies bavardes de la création… Certains hommes ou femmes politiques appartiennent aussi à cette catégorie. Parmi eux, toutes les bêtes sauvages, leurs porte-paroles et défenseurs y classeront Nicolas Sarkozy et son bras armé, sa ministre de l’écologie Nathalie Kosciusko-Morizet qui se sont montrés prêts à sacrifier la faune sauvage pour couvrir de cadeaux les chasseurs afin d’obtenir leurs voix pour les élections présidentielles.
Les chasseurs voulaient chasser plus longtemps, N. Sarkozy n’a pas voulu leur refuser ce petit plaisir.
Il avait dénoncé les «tracasseries» du Conseil d’Etat et il les a fait contourner par sa ministre de l’environnement. Les chasseurs ont pu chasser sous couvert de « dérogation scientifique » (sic !!) du 1 au 10 février dernier 180 oies cendrées alors que ledit conseil avait enjoint la ministre de l’écologie de fermer cette chasse le 31 janvier. Dans les départements du nord de la France l’ouverture générale devrait être avancée d’une à deux semaines. La chasse au pigeon ramier a été étendue de 10 jours toujours dans le Nord de la France et des mesures semblables sont envisagées pour d’autres régions, mais aussi pour la grive et le merle dans la Drôme et l’Ardèche, le gibier d’eau sur tout le pourtour méditerranéen. La chasse au vanneau ouvrait le 15 octobre, elle sera autorisée un mois plus tôt à compter de la saison prochaine, soit, dès l’ouverture générale dans toute la France.
Les chasseurs voulaient chasser plus d’espèces.
Cela leur a été d’ores et déjà accordé en février pour la Bernache du Canada (voir ici même ). Ils pourront continuer à chasser le Grand tétras jusqu’à sa disparition, l’Eider à duvet espèce classée «en danger (d’extinction)» et le Courlis cendré, espèce également menacée classée «vulnérable» N. Sarkozy a même été jusqu’à leur promettre de prendre des mesures pour autoriser les chasses traditionnelles d’espèces protégées telles que le Bruant ortolan, ce qui ne peut se faire qu’en toute illégalité.
Avec ceux des chasseurs, les lobbies des éleveurs de moutons n’ont pas été oubliés.
Ce sont souvent les mêmes qui les animent. C’est en effet le chasseur plus que l’éleveur que les grands carnivores a pour ennemi.
En Juin 2011, la ministre de l’écologie a renoncé à lâcher un ours dans les Pyrénées reniant ses promesses. Les associations de protection de la nature sauvage s’étaient alors insurgées contre cette décision. L’association Ferus avait notamment déclaré : « L'Etat français renie ainsi l'engagement qu'il avait pris l'an dernier de remplacer les ours tués par la faute de l'homme. Il renonce par là même à sa décision de procéder par toutes petites étapes au soutien d'une population d'ours pyrénéens en grande difficulté, faute d'avoir affiché sa volonté de la restaurer. (...)Nous devons continuer de préparer les conditions (du) renforcement (de la population d'ours) qui sera remis en débat après 2012. Nous verrons d'ici là ce que diront les instances européennes devant le refus de la France d'ignorer son obligation de rétablir les espèces prioritaires en grand danger »
Après la peau de l’ours, Nathalie Kosciusko-Morizet voulait-elle celle du loup ? Exécutrice des désirs de son Président, elle a demandé à son ministère de lancer des «consultations publiques» pour des tirs de destruction de 11 loups, consultation dont le résultat, comme pour le décret concernant la chasse de la Bernache était décidé par avance.
Qui a le plus grand pouvoir de nuisance sur la biodiversité, c’est-à-dire sur la Nature et la vie sauvage? La petite belette où celles et ceux qui était prêts à tout pour obtenir les suffrages des 1, 5 millions de chasseurs et les lobbies associés, oublieux des non-chasseurs – c’est-à-dire, le reste de la population française ? Il fallait que Sarkozy, sa suite, ses sbires dont Nathalie Kosciusko-Morizet, dégagent. C’est chose faite. C’était nécessaire, mais ce n’est pas suffisant.

PS, UMP un même empressement auprès des chasseurs ?


Peut-être, si l’on en juge en fonction de ce qui s’est passé au Sénat.
En effet, la période électorale avait mal commencé. En février les sénateurs et députés PS et UMP ont voté comme un seul homme la proposition de loi UMP sur la chasse, qui prétend reconnaître à cette détestable pratique un rôle instrument efficace de gestion de la biodiversité. Ce qui est manifestement se moquer du monde, des faits, et réécrire l’histoire (voir ici )
La nouvelle loi reconnaît « le rôle des fédérations départementales des chasseurs en matière d'information et d'éducation au développement durable » ôtant ainsi à cette notion encore un peu plus de ce qui pouvait lui rester de contenu et de sens. Conséquence scandaleuse, les chasseurs pourront ainsi intervenir en milieu scolaire pour endoctriner les enfants.
Cette loi comporte aussi des dispositions pour favoriser et faciliter l’exercice de ce passe-temps mortifère. C’est ainsi que « dès la première validation annuelle du permis » un chasseur novice aura le droit de chasser, non plus sur son seul département, mais sur l’ensemble du territoire français. La délivrance des permis sera désormais confiée au directeur de l'Office national de la chasse et de la faune sauvage selon une procédure simplifiée et beaucoup plus grave, cette loi transfère la fixation du prélèvement maximal autorisé de gibier du préfet aux fédérations de chasseurs. On imagine déjà les dérives…
Elle favorise la chasse au gibier d’eau dont les excès défraient souvent la chronique par des avantages fiscaux en étendant aux terrains de chasse l'exonération de la taxe sur le foncier non bâti en zone humide au détriment d’ailleurs des contribuables non chasseurs des communes et collectivités territoriales. Elle facilite aussi cette chasse en rendant plus simple le déplacement depuis les postes fixes, hutteaux, huttes, tonnes et gabions.
Enfin, cerise sur le gâteau, elle permet au préfet de demander aux propriétaires de terrains non chassés de faire «prélever» du gibier si nécessaire.
Qu’attendre d’un PS qui vote un tel texte ? Qu’attendre d’un président issu de ce parti ?
On voit mal les élus PS d’une nouvelle majorité présidentielle potentielle revenir sur leur vote d’autant que ce ne sont pas les députés d’Europe Ecologie Les Verts, cinquième roue opportuniste de cette future majorité potentielle qui pourront les y contraindre. Quant au Front de gauche et aux Communistes, ils baignent dans un anthropocentrisme étroit qui laisse peu de place au souci de la vie sauvage.

Un test décisif

A supposer qu’il ou qu’elle le veuille, il faudra beaucoup de courage, de conviction et de ténacité à celui ou celle qui sera ministre de l’environnement ou qui aura l’environnement dans son domaine de compétence pour revenir sur toutes ces mesures, sur tous les cadeaux fait aux chasseurs sans souci de la préservation des espèces, des sentiments des non-chasseurs. Un test significatif sera sa position et celle du nouveau gouvernement sur les projets d’arrêtés concernant le tir de destruction de 11 loups sur la période 2012 – 2013 et l’extension des dérogations à l’interdiction de la destruction de loups à trois nouveaux départements. Ces arrêtés étaient soumis à une consultation du public qui s’est terminée au lendemain du deuxième tour de l’élection présidentielle. Avec Nathalie Kosciusko-Morizet, le résultat était connu d’avance : les arrêtés auraient été publiés. Le nouveau gouvernement va-t-il entendre les arguments des éthologues spécialistes du loup et des associations telles que Férus ? Les deux décrets seront-ils revus ? Le test sera décisif pour juger des orientations du nouveau président, de son gouvernement, de son souci de la nature sauvage et de sa préservation, thème que EE-LV n’a pas su ou voulu mettre en avant pendant la campagne. Thème dont le parti du vainqueur n’a rien à faire et dont il ignore bien des choses, semblant même dans la réponse signée de Hollande confondre le cas de l’Ours et celui du Loup…

D’Europe-Ecologie Les Verts, il n’y a aucun secours à attendre…

Il est beaucoup trop tôt pour affirmer comme le fait Cécile Duflot que « L'accession de François Hollande à la présidence de la République est une chance pour la France, pour l'écologie » Il ne s’agit là qu’acte d’allégeance au vainqueur dans l’espoir d’en intégrer l’équipe. Duflot, Placé et Cie ne sont plus, depuis quelque temps, des leaders d’un parti qui se veut partenaire du PS dans une éventuelle coalition majoritaire à l’Assemblée nationale. Ce sont de vulgaires courtisans courbant l’échine devant le Prince dans l’espoir de quelques faveurs. De ceux-là qui sont en train de tuer l’écologie politique pour satisfaire leurs misérables ambitions, il n’y aura aucun secours à attendre.

Bien sûr, les questions concernant la nature sauvage, la biodiversité et leur préservation ne sont pas tout. Pour beaucoup, certains ‘écologistes’ y compris, ce ne sont pas des questions prioritaires. Ce sont l’emploi, la crise économique, l’énergie qui le sont. Néanmoins ces questions sont des questions écologiques par excellence. La façon dont le gouvernement nouveau y répondra et dont il les traitera seront révélatrices de sa vision des choses et du degré de compatibilité de celle-ci avec celle d’un écologiste.




Jeudi 10 Mai 2012 Commentaires (0)

La ville d'Alès sera le théatre de corridas samedi 19 et dimanche 20 mai. Le dimanche matin, il s’agit d’une corrida équestre dite « de rejon ». Un rejoneador à cheval plante des harpons dans le dos d’un taureau, le cheval n’est pas protégé.


Non aux corridas d'Alès des samedi 19 et dimanche 20 mai
A Séville le 29 avril dernier, Rui Fernandez a « consommé » un cheval (animal éventré courant sur la piste ses intestins traînant sur le sable) comme avait pu le dire si élégamment Marie Sara dont c’était également le métier barbare. Cet individu vient à Alès ce dimanche 20 mai au matin. Le CRAC Europe propose de l'accueillir comme il le mérite ! Pour ceux qui le pourront, rendez-vous dès 9h30 devant les arènes d’Alès !

Pour tous, il faut demander au maire d’Alès, Max Roustan, l’annulation de ces deux jours de corridas.
Vous pouvez le faire en ligne en cliquant sur ce lien

Jeudi 10 Mai 2012 Commentaires (1)

Et si c’était pour demain sur une Terre trop peuplée, surexploitée ? C’est en tout cas ce que découvre Barrent, le héros d’Oméga un roman de Robert Sheckley, lorsqu’il réussit à revenir sur la planète. Cela n’a rien de réjouissant et cette anticipation grinçante prend des allures de cauchemar. Est-elle inéluctable ?


La nature réduite à des espaces verts de proximité?
Sans doute si l’on néglige encore longtemps la «bombe P», «P» pour population. C’est pourtant ce que font les politiques de tout bord, même ceux qui se nomment les «décroissants». Ceux qui ont compris qu’il y avait déjà trop d’humains sur Terre et qu’une décroissance de la population par un contrôle des naissances volontariste était nécessaire ne sont qu’une poignée. Parmi eux, il y a « l’écologie profonde » d’Arne Næss au nom de l’impérieuse nécessité de la préservation d’une nature sauvage (y compris pour l’avenir de notre propre espèce), quelques écologistes « réformistes » ou « superficiels » lucides et donc néomalthusiens, des naturalistes dont les yeux ont été ouverts par leurs pratiques professionnelles et tous les amoureux de la vraie nature. Pour tous les autres, il est sacrilège d’envisager de fixer des limites au « droit de se reproduire » des humains, de fixer des limites à l’occupation de l’espace par notre espèce, de renoncer à une complète domestication de la nature dans un monde totalement occidentalisé.
Les auteurs de SF savent brosser des tableaux vivants d’avenirs pas toujours improbables. Fasse que celui qui est dépeint ci-dessous avec un zeste d’humour noir n’advienne jamais.

« La route passait devant de grands hangars puis s’engageait dans les bois. Barrent continua à avancer(...)

il s’engagea dans le bois. (...) Il se fraya un chemin à travers d’épais sous-bois pour atteindre les hautes futaies. Bientôt, il marcha à l’ombre de chênes gigantesques. Invisibles dans les frondaisons, d’innombrables oiseaux chantaient. Parfois, des brindilles craquaient au passage d’un petit rongeur. Au loin, il aperçut un écriteau blanc fixé à un arbre. Il alla dans cette direction ; lorsqu’il fut assez près, il put lire : PARC NATIONAL DE FORESTDALE. LES CAMPEURS SONT LES BIENVENUS. Il fut un peu déçu. Évidemment, il ne s’était pas attendu à trouver la forêt vierge(...). En fait sur une planète aussi ancienne et civilisée que la Terre, il ne devait plus y avoir de terres vierges du tout, sauf ce qui en avait été préservé dans les parcs nationaux.
Le soleil approchait de l’horizon, les ombres s’allongeaient ; un petit vent frais se leva. Barrent trouva un endroit confortable au pied d’un chêne gigantesque, se fit un matelas de feuilles et s’allongea. (...)

− Bonsoir, dit une voix tout près de son oreille droite.
Il se rejeta violement du côté opposé à la voix, et se retrouva debout, l’arme à la main.
− C’est une bien belle soirée dans le Parc National de Forestdale continua la voix. La température est de vingt-cinq degrés huit dixièmes, le taux d’humidité de vingt-trois pour cent et le baromètre est fixe à sept cent trente-neuf millimètres. Les vieux campeurs connaissent bien ma voix. Mais si vous êtes un nouvel amoureux de la nature, permettez que je me présente. Je suis votre ami le Chêne, et je me réjouis de vous souhaiter la bienvenue dans notre belle forêt nationale.
Barrent essaya de percer la pénombre du crépuscule, se demandant ce que signifiait cette plaisanterie. La voix semblait effectivement parvenir du chêne sous lequel il était allongé.
− Chacun peut maintenant librement profiter de la nature, et trouver le calme et la solitude à dix minutes de marche d’un transport public. Pour ceux qui ne recherchent pas la solitude nous organisons des visites guidées à un tarif symbolique. N’oubliez pas de recommander à vos amis notre accueillant parc national avec ses arbres magnifiques et ses belles clairières. Tous les amoureux du grand air seront cordialement bienvenus.
Un panneau s’ouvrit dans l’écorce du chêne. Il en sortit un plateau avec un sac de couchage, une bouteille thermos et un panier-repas.
− Je vous souhaite une bonne soirée, au sein des splendeurs et des merveilles de la nature dit le chêne. Et maintenant, l’Orchestre Symphonique placé sous la direction d’Otter Krug, exécute pour vous Forêt alpine d’Ernesto Nestrichala, dans un enregistrement National North American Broadcasting Company. Votre ami le Chêne vous dit bonsoir.»

Robert Sheckley 1960, The satuts civilization, trad. française Frank Straschiltz, 1968, sous le titre Oméga, édition Opta, réimpression Presses Pocket, 1977, p.p. 145 – 146.

Faut-il rappeler qu’aujourd’hui, le camping est, sinon interdit, du moins strictement réglementé dans les parcs nationaux où des restes de nature sont parqués dans des réserves aux contours absurdes. Des «réserves», comme pour les Indiens ! N’y-a-t-il pas d’autres alternatives que celles d’encager le sauvage ou le saccager : l’aménager étant aussi une façon radicale et insidieuse de le détruire?
Un petit regret : dans cette description, Robert Sheckley a oublié l’inévitable page de pub qui va avec l’encas et la fourniture du sac, en France ce serait «Choconou» et «Au jeune campeur» par exemple.

Quelques mots sur le roman d’où est tiré cet extrait. C’est l’histoire d’un homme qui, victime d’une erreur judiciaire d’un genre inédit, est déporté sur Oméga, une planète bagne qui s’organise selon ses propres lois et coutumes ; des lois et coutumes très spéciales ignorées des nouveaux arrivants qui doivent pourtant les respecter à la lettre, lois qui récompensent le meurtre, la drogue, etc., et obligent à les pratiquer sous peine de sanctions comme ne tardera pas à s’apercevoir le héros. Il réussira néanmoins à revenir sur Terre, une Terre qui est, elle aussi, devenue une sorte d’enfer.
Ironie, pessimisme, humour noir, voire macabre, ton sarcastique, ce roman corrosif et caustique est un roman d’aventure captivant qui fait rire parfois jaune et une fois refermé, donne à penser. Ce genre d’humour grinçant dans des situations décalées est la « marque de fabrique » de Robert Sheckley (1928 – 2005).

Dimanche 22 Avril 2012 Commentaires (0)

Il est maintenant le «responsable environnement du Modem » En octobre 2011, il affirmait : « il ne faut pas partir du point de vue de principe "on va arrêter le nucléaire", mais réfléchir au niveau d’effort que l’on peut faire. Si, par une plus grande efficacité énergétique et un développement des énergies renouvelables, on peut répondre aux défis à une échéance moyenne (2030) ou longue (2050), alors on aura réussi notre objectif de réduire les énergies fossiles et le nucléaire. Mais si on commence par dire "pour ou contre le nucléaire", on va avoir un débat stressant, dogmatique, diviseur, qui ne répondra de toute façon pas aux questions essentielles.» Pour un écologiste, la question essentielle est la préservation de la vie sur Terre et cette vie est gravement menacée par le nucléaire, civil ou militaire. Il faudrait attendre 2050 pour arrêter peut-être une ou deux centrales? Pourquoi pas un siècle? Avec Yann Wehrling, l'abandon du nucléaire, c'est pour la saint-glinglin.

Yann Wehrling et son collègue Jean-Luc Behnamias, lui aussi ancien secrétaire national des Verts ont adhéré et occupent des postes de responsabilité dans un parti dont le leader, François Bayrou, est partisan de conserver l’arme nucléaire.
Mais que faisaient-ils dans un parti écologiste ? Quand leur engagement était-il sincère? Hier ou aujourd’hui?
Sans doute , jamais…



Jeudi 22 Mars 2012 Commentaires (0)

Ce n’est pas au nom de la laïcité qu’il faut d’abord refuser la viande halal ou casher mais c’est parce que les pratiques actuelles d’abattage qu’elle implique entraînent un surcroît de souffrance infligé à l’animal que l’on tue. C’est aux autorités religieuses concernées de faire preuve d’un peu de subtilité théologique pour qu’une viande halal ou casher puisse être certifiée telle alors que l’animal a été étourdi de façon réversible. C’est d’ailleurs ce qu’acceptent des pays à majorité musulmane et ce que serait prêt à accepter le Recteur de la Mosquée de Paris.
Certes, toutes les méthodes d’abattage sont cruelles à des degrés divers mais l’égorgement sans étourdissement préalable l’est plus que les autres et génère du stress et des souffrances dans une agonie qui dure près d’un quart d’heure. Ce point est bien documenté et incontestable.


Aucun mode d’abattage n’est parfaitement indolore et il est certain qu’un peu moins d’alimentation carnée entrainerait moins d’abattages, mais il y aurait moins de troupeaux. Il est peut-être souhaitable mais hautement improbable que les gens deviennent végétariens. Et si tous l’étaient, il n’y aurait plus que quelques broutards comme il n’existe plus que quelques chevaux de trait alors qu’il y en avait des milliers avant que la traction animale ne soit supplantée par les machines à vapeur et les moteurs à essence : les animaux de boucherie sont élevés pour … la boucherie et non pour être des animaux de compagnie ou des phénomènes de foire que l’on fait caresser par son petit dernier à l’occasion du salon de l’agriculture ou de la fête de la ville.
Il faut donc faire en sorte que les animaux de boucherie souffrent le moins possible lors de leur triste fin.

Il y a quelque temps un film diffusé sur Arte retraçait la vie d’une autiste, Temple Grandin qui est parvenu à maitriser sa maladie pour non seulement vivre normalement mais réussir à développer ses dons. Soucieuse du bien-être des animaux, y compris des animaux de boucherie, vaches et veaux que l’on conduit par troupeaux entier à l’abattoir dans les grands élevages américains, elle a mis au point toute une organisation du parcours qui à la descente de la bétaillère, conduit la vache à son bourreau pour que celle-ci ne se doute de rien et avance vers la mort sans le savoir, calme et assurée. Cela, parce que Temple Grandin avait réussi à se mettre dans la peau de l’animal en quelque sorte, pour comprendre ce qui l’effraie et ce qui le rassure. Correctement étourdie, la souffrance de la bête est réduite autant qu’il est possible de le faire. Mais dans les abattoirs français, si l’on en juge par les vidéos tournées par les associations de défense des animaux et d’assistance aux animaux d’abattoir, nous sommes loin du compte. Pourtant, c’est un devoir moral minimum de ne pas faire souffrir inutilement les animaux de boucherie, même s’ils sont élevés pour être abattus et mangés. Et c’est sur cela qu’il faut insister. Il en résulte a fortiori que l’abattage sans étourdissement préalable n’est pas acceptable. Le respect des consciences si cher à Monsieur Hollande devrait le conduire à proposer son interdiction comme c’est déjà le cas dans d’autres pays européens.

Cette question n’est pas une question religieuse et elle ne doit pas l’être.

Avec François Bayrou qui sait de quoi il parle en la circonstance, il faut être soucieux de ne pas attiser les divisions et rallumer des guerres de religion. Mais cette question des conditions d’abattage des animaux de boucherie ne doit pas être une question religieuse et ne l’est pas. Même pour les musulmans cela est une question d’usage plus que de religion : « si la certification halal en France exige la mise à mort des animaux sans étourdissement, c'est plus par usage que par nécessité religieuse. Ainsi, l’Indonésie – pays du monde où les musulmans sont les plus nombreux – accepte que les animaux soient étourdis avant l'abattage » Le recteur de la Mosquée de Paris, Dalil Boubakeur considère que les musulmans peuvent accepter l’électronarcose parce que cette méthode d’étourdissement est réversible, c’est-à-dire que si l’animal n’était pas égorgé ensuite, il pourrait reprendre conscience. Mais, hélas, en France, toutes les « autorités religieuses » musulmanes ou juives ne sont pas aussi conciliantes. Avec un peu de bonne volonté, elles pourraient peut-être le devenir puisqu’aucune religion, à ma connaissance, ne considère qu’il faille maltraiter les animaux. Elles le devraient d’autant plus que ces méthodes d’abattage cruelles soulèvent indignation et réprobation auprès d’une écrasante majorité de gens. Elles devraient tenir compte du fait que le regard de nos contemporains sur l’animal a changé. Cela est sans doute consécutif, en partie, à la prédominance de la vie urbaine où les seuls animaux fréquentés régulièrement par les citadins sont des animaux de compagnie qui finissent souvent euthanasiés sans douleur et parfois enterrés dans le jardin de la maison de leur maître sous une pierre tombale et quelque fois, en Région parisienne, au «Cimetière des chiens », à Asnières ; cimetière qui est aussi celui des chats, des cochons d’indes et autres animaux de compagnie, acteurs ou actrices célèbres, valeureux médaillés ou obscurs anonymes.

M. Le Pen à la manifestation des chasseurs , Valencienne,2009
M. Le Pen à la manifestation des chasseurs , Valencienne,2009
Il faut le dire fermement, Marine Le Pen n’est pas une amie des animaux…

Les associations de protection des animaux n’ont pas attendu Marine Le Pen pour demander l’abrogation de la dérogation pour les cultes juifs et musulmans au décret de 1964 rendant obligatoire l’étourdissement des animaux avant leur abattage. Mais malgré les campagnes de la Fondation Bardot et les efforts des autres associations de défense des animaux, jusqu’à ce que Marine le Pen s’empare du dossier, celui-ci n’avait guère retenu l’attention, ni des médias, ni des pouvoirs publics. Le documentaire diffusé sur Arte n’a eu comme conséquence de la part de ces derniers qu’une cascade de démentis qui étaient autant de mensonges plus ou moins grossiers. Ceux qui s’intéressent à la cause animale savent bien que depuis plusieurs années l’abattage rituel supposé dérogatoire et exceptionnel a peu à peu concerné un nombre de plus en plus important d’animaux et que la quantité de viande produite ainsi dépasse largement la quantité pouvant être consommée par les pratiquants de ces deux cultes. Et cela simplement parce que l’abattage sans étourdissement saute une étape, est plus rapide, plus productif et plus rentable. Ce n’est pas de religion qu’il s’agit, celle-ci est, tout au plus, un bon prétexte. C’est une question de business, de rentabilité et donc de fric …. C’est aussi le fric qui est en jeu lorsque de la viande halal ou casher est mise subrepticement sur le marché sans précision d’origine. Il s’agit d’écouler des morceaux, parfois parmi les plus chers, que musulmans ou juifs ne consomment pas à cause d’interdits cultuels.
Marine Le Pen n’est pas une amie des animaux. Elle ne l’est pas, même si elle peut faire illusion, auprès de Brigitte Bardot, par exemple, qui aurait intercédé en sa faveur auprès des maires pour qu’elle obtienne les cinq cent signatures qui lui permettent de se présenter à la présidentielle. Marine Le Pen a manifesté à Valencienne en 2009 pour la défense de la chasse, une manifestation qui a mal tourné et s’est terminée par des affrontements violents avec la police. On peut lire sur le site Nations presse. Info : « Au moment où l’Union Européenne attaque nos traditions à l’aide de directives de plus en plus restrictives et inadaptées, Marine Le Pen a tenu à participer aux côtés des chasseurs à la manifestation organisée pour la défense de la chasse, à Valenciennes. » Au nom de ces traditions, elle défend des pratiques de chasse parmi les plus cruelles comme la chasse à la glue et la tenderie aux grives. Comme on peut lire sur le site de l’association L214 Marine Le Pen est une amie des animaux sélective : «Marine Le Pen part en croisade contre l'abattage halal en évoquant la protection animale. Elle est pourtant prompte à oublier les animaux quand il s'agit d'aborder des sujets qui n'ont pas de lien direct avec la religion musulmane. Marine Le Pen va-t-elle condamner les éleveurs industriels de porcs ? Va-t-elle s'engager à interdire l'élevage des poules pondeuses en batterie ? Va-t-elle interdire le gavage des oies et canards pour la production de foie gras ? Va-t-elle s'engager à interdire la corrida ? Quelques questions auxquelles il serait intéressant d'avoir des réponses.»
Si Madame Le Pen peut, tout à son aise, instrumentaliser ce sujet et s’en servir comme d’une arme «politiquement correcte» pour une campagne « islamophobe» qui peut ainsi ne pas dire son nom, la faute en est à la fois aux médias, aux pouvoirs publics et aux autres partis qui pour diverses raisons n’ont pas voulu traiter ce dossier depuis longtemps ou font preuve de complaisance ou bien encore se contentent de manœuvres dilatoires pour ne pas aborder le sujet .
Parmi les politiques, ce sont ceux qui se disent écologistes qui portent la plus lourde responsabilité, Corinne Lepage ou Eva Joly, CAP 21 et EE – LV, ou du moins leurs leaders. Seul Jean-Marc Governatori de l’Alliance Ecologiste Indépendante (AEI) propose « l’Interdiction de l'abattage sans étourdissement préalable, de l'importation de viande issue d'animaux abattus sans étourdissement », dans son programme publié le 1 Janvier 2012 donc avant que ce débat fasse irruption dans la campagne des candidats des médias. Mais Jean-Marc Governatori a fait, en vain, la grève de la faim pour tenter d’obtenir ses 500 signatures. Lui-même et son parti sont largement ignorés de ces médias et pas plus qu’en 2007, il ne pourra se présenter en 2012.

Halal ou casher, là n’est pas la vraie question et Marine Le Pen n’est pas une amie des animaux.
Les contradictions d’Eva Joly et d’EE – LV

Quant à Eva Joly, que l’on entend parfois à la radio, elle déclarait lors d’une interview sur Europe 1 à propos de l’abattage rituel sans étourdissement : « l'abattage [rituel] des animaux, il est fait je suis sûre d'une façon où les animaux ne souffrent pas » Il est difficile de croire qu’elle soit ignorante au point de reprendre sans critique les déclarations de certains religieux de mauvaise foi. Dès lors, pourquoi sortir une telle énormité ?
Dans le même temps ou presque, elle signe une tribune dans laquelle elle refuse de réduire la question de la souffrance animale à celle des modalités de l’abattage des animaux de boucherie. Elle dénonce l’élevage intensif, les conditions du transport de ces animaux, le traitement fait aux animaux dans les cirques ou les animaleries sans oublier les laboratoires de recherche. Elle condamne les régimes trop carnivores et s’engage pour l’offre d’alternatives végétariennes dans la restauration publique. Elle se réfère au programme d’EE – LV demandant un changement du statut juridique des animaux, qui passeraient du statut de « bien meuble » à celui d’ « être vivant », revendication des associations pour la protection des animaux et des mouvements de libération animale.
Tout cela est bel et bon mais à force de vouloir élever le débat, on perd de vue la question initiale. Faut-il ou non indiquer sur l’étiquette le mode d’abattage « avec ou sans étourdissement préalable » ? Faut-il interdire cette dernière façon de procéder ? Eva Joly cultive l’ambiguïté comme tout politicard qui ne veut surtout pas s’engager. Elle ne répond pas à ces deux questions toute simples, écartelée qu’elle est entre les exigences de la protection animale qui suscitent encore un engagement très fort chez beaucoup d’adhérents, sympathisants et électeurs potentiels d’EE – LV et la conception d’une «laïcité ouverte» dont l’objectif ne serait plus de veiller à l’absence des religions dans l’espace public mais d’assurer la diversité cultuelle en donnant à ceux qui pratiquent une religion le plus de liberté possible pour le faire. Pour satisfaire aux premières, il faut une réponse aujourd’hui contradictoire avec celle qui s’impose dans la fausse conception de la laïcité qui semble dominer à EE – LV.
Si l’on met bout à bout les déclarations d’Eva Joly, on peut voir comment la candidate et sans doute la direction du Parti résout cette contradiction. Tout simplement par un déni de réalité : les animaux égorgés conscients et sentants ne souffrent pas, Madame Joly en est sûre !!! Donc l’abattage sans étourdissement préalable est compatible avec le magnifique programme pour améliorer la condition animale qu’elle décline avec EE – Les Verts … Mais pour qui donc nous prennent-ils ?

Vendredi 16 Mars 2012 Commentaires (0)

Le préfet du Puy de Dôme a suspendu l’autorisation d’utiliser la bromadiolone dans la lutte contre les rats taupiers sur les 22 communes du département qui abritent des dortoirs de ces rapaces.


Milans royaux en sursis…
En ces temps où le Président/candidat sacrifie allégrement la nature et les espèces sauvages dans sa pêche aux voix, il est rare de trouver de bonnes nouvelles à annoncer aux protecteurs et amoureux de la nature. En voici une cependant qui concerne les milans royaux.
On se souvient qu’à l’occasion d’un déplacement en Auvergne ici, la candidate EE/LV avait relayé l’alerte lancée par la LPO Auvergne devant l’hécatombe de Milans noirs due à la bromadiolone, un anticoagulant utilisé pour empoisonner les rats taupiers ( campagnols terrestres) mais qui empoisonne leurs prédateurs, notamment les milans royaux mais aussi les hermines et renards, sans compter les chiens et les chats et toute la faune qui goûte aux appâts assaisonnés à la bromadiolone : sangliers, chevreuils, lièvres et oiseaux granivores.
Devant les empoisonnements de rapaces dument constatés et enregistrés par la LPO au mois de novembre 2011, empoisonnements constatés qui s’élevaient à 14 Milans et 8 buses variables, oiseaux protégés en France, le préfet a décidé de satisfaire à la requête de la LPO. Il a suspendu l’autorisation d’utilisation de ce poison sur les 22 communes du Puy-de-Dôme qui abritent des dortoirs de Milans royaux.
Cerise sur le gâteau, il a également accepté de retirer de le renard et les mustélidés de la liste des nuisibles, reconnaissant par là même le rôle de régulateur de ces espèces sur les populations de rats taupiers. Une réunion se tiendra ce trimestre pour déterminer les modalités d’une lutte contre le pullulement de rats taupiers avec toutes les parties concernées.
Avec la LPO, on ne peut que se réjouir de ces sages décisions tout en regrettant qu’il ait fallu une aussi lourde mortalité – les cadavres retrouvés n’étant que la partie visible de l’iceberg –pour qu’elles puissent être prises.

Crédit Photo : Thomas Kraft, wikicommons

Mercredi 29 Février 2012 Commentaires (0)

Cette manifestation réussie et haute en couleurs s’est déroulée samedi dernier, le 11 février, sous étroite surveillance policière. Elle n’a pas fait la une des médias, c’est le moins que l’on puisse dire… Les tortionnaires des arènes n’y sont sans doute pas pour rien.
Alors que tous les sondages, aussi divers et variés soient-ils, donnent toujours une écrasante majorité contre la corrida, les députés et ministres resteront-ils en majorité plus attentifs au lobby de la tauromachie qu’à l’expression de l’opinion des gens et à celle des associations de défense des animaux comme à celles qui sont tout simplement opposées aux spectacles barbares et violents ?


Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Corrida basta

Cette manifestation avait pour but de leur montrer la force du mouvement abolitionniste et sa popularité, de demander le retrait de l’inscription de la corrida au patrimoine culturel immatériel français qu’a effectuée Frédéric Mitterrand le 22 avril 2011, d’obtenir des députés et des candidats à l’élection présidentielle qu’ils écoutent plutôt les Français que le lobby des arènes. Elle s’inscrit en parallèle à la Question Prioritaire de Constitutionnalité contre cette inscription déposée par deux associations, le CRAC (Comité radicalement Anti Corrida Europe) et Droits des animaux, QPC renvoyée devant le Conseil d’état par le Tribunal administratif qui en a reconnu le caractère sérieux et recevable.

Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Parti de l’Assemblée Nationale, le cortège s’est rendu jusqu’au Trocadéro. Une vingtaine de personnes marchaient silencieusement en tête de la manifestation. Parmi elles, les militants et militantes qui avaient été molestés par les afficionados lors de la manifestation pacifique de Rodihlan du 8 octobre 2011 contre une corrida avec mise à mort de jeunes veaux par des apprentis « toréros ». Certains parmi ceux qui avaient été blessés portaient des pancartes avec des photos d’eux-mêmes montrant leurs blessures et des images « choc » du traitement qu’ils avaient subi.

Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Plus à l’arrière, le cortège évoluait dans une humeur plus festive même si l’indignation, la colère et la détermination étaient les mêmes. La manifestation avait une dimension politique qui pour être non partisane – les clivages ne recoupant pas dans ce cas le clivage traditionnel droite/gauche – n’en étaient pas moins marquée. Certains manifestants étaient déguisés en députés. Ceux en collant rose comme ceux des toréros représentaient les élus favorables à la barbarie tauromachique. Ils brandissaient des photos de taureaux mutilés en triste état comme on les voit en fin de corrida. Les indécis étaient stigmatisés par le gros point d’interrogation qu’ils arboraient sur leur pancarte. Les autres figuraient les 111 députés favorables à l’abolition de ces tortures. Ils brandissaient des images de taureaux paisibles dans leurs pâturages.

Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Contre la prise de position de Fréderic Mitterrand et du gouvernement actuel en faveur de ce spectacle barbare, les manifestants n’ont pas été tendres non plus vis-à-vis de François Hollande lorsque la manifestation est passée sous les fenêtres de son QG. On lui reproche de s’être entouré de personnes favorables à cette boucherie cruelle comme Manuel Valls, son absence de position nette et son refus de condamner cette barbarie au prétexte que ce sujet ne serait pas parmi les préoccupations premières des Français. Ce qui ne l’empêche pas de déclarer «il n’est pas contestable que la tauromachie est partie intégrante de la culture méridionale au même titre que la gastronomie ou le parler local. Les férias constituent des rassemblements populaires tout à fait majeurs dans ces régions et réunissent des populations de toutes origines sociales dans une même ferveur pour la tradition taurine, vieille de près de deux siècles. » Des propos qui ressemblent à ceux d’Eva Joly : « La corrida est très populaire dans le Sud de l'Europe et il convient d'empêcher que cela se développe ailleurs que là où c'est ancré dans les traditions. Il faut limiter l'accès à ce spectacle aux adultes. » et « Je suis hésitante sur une interdiction, car en Espagne, cela fait partie vraiment de la culture. Une interdiction ne peut se faire que progressivement, en concertation avec les populations locales. » Sur cette question au moins, il ne devrait pas être difficile à ces deux-là de s’entendre (Manque de chance, pour eux, la Catalogne a aboli la Corrida quand la France…) !!! L’un et l’autre feraient pourtant bien de prendre la mesure du mouvement abolitionniste qui s’amplifie dans l’opinion française, et se manifestait le samedi 11 avec force.

Il est peut-être incongru de vouloir que les politiques s’intéressent aussi au sort de nos compagnons de voyage membres d’autres espèces, embarqués comme nous sur le vaisseau spatial Terre. Pourtant, cela les grandirait moralement et pourrait même leur apporter des voix.
Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.

Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Les projets de loi en cours visant à son abolition sont dus à l’initiative de deux femmes, l’une PS et l’autre UMP unies pour cette cause. On peut considérer que cet état de chose est dû à des options personnelles différentes selon les élu(e)s, ce qui est naturel dans des partis où de telles positions relèvent de la subjectivité individuelle. Alors que militants et adhérents de tous les partis ont des positions claires et le plus souvent abolitionnistes, ce n'est pas le cas de tous les candidats à la présidentielle.
Quatre candidats se sont clairement positionnés pour l’abolition : Jean-Marc GOVERNATORI pour l’Alliance Écologiste Indépendante, Nathalie ARTHAUD de « Lutte Ouvrière », Nicolas DUPONT-AIGNAN pour « Debout la République » et Corine LEPAGE de « Cap 21 »

Manifestation anti corrida : Plus de 4 000 personnes bravent le froid devant l’Assemblée Nationale.
Un grand absent parmi les abolitionnistes : Europe-Écologie les Verts, même si à titre individuel beaucoup de ses membres ont signé la pétition anti-corrida du CRAC et que la Fédération des Luttes pour l'Abolition des Corridas ait été invitée aux Journées d'été d'EE-LV. Cela est incompréhensible pour un parti qui se dit écologiste comme sont inacceptables les positions défendues par sa candidate. La position abolitionniste devrait découler de normes fondées sur les valeurs de non-violence, de bienveillance vis-à-vis des autres espèces et du respect de toutes les formes de vie qui sont constitutives de la vision écologiste du monde.

Fontenay-aux-Roses, le 12/02/2010

Photos :
wordpress.com
citizenside.com
plus de photos de la manifestation, ici


Lundi 13 Février 2012 Commentaires (0)
Manifestation anti-corrida
Nous voulons rappeler à nos gouvernants, que le peuple est souverain, que ce peuple s’est prononcé à plus de 80 % contre les spectacles de tortures que sont les « corridas »
Qu’alors que cette pratique barbare recule partout dans le monde (Equateur, Mexique, et jusque dans son berceau l’Espagne avec la Catalogne qui l’a dernièrement abolie) les responsables politiques déshonorent le peuple, en l’imposant cette année dans notre Patrimoine Culturel, en refusant le débat à l’Assemblée Nationale suite aux propositions de loi de deux députés (droite et gauche) pour abroger l'ignoble dérogation de 1951 autorisant la corrida. Et pire, en faisant le silence, suite aux événements de Rodilhan près de Nîmes (8 octobre 2011), où 95 militants abolitionnistes pacifiques ont été lynchés, une jeune fille mise le torse à nue et victime d’attouchements sexuels par les adeptes de ces « spectacles de tortures » (plus de 60 plaintes déposées à ce jour)

A ce moment de l’année 2012, une liste des députés abolitionnistes et une autre liste de ceux qui soutiennent et cautionnent ces tortures seront en ligne, sur les réseaux sociaux, et seront divulguées au plus grand nombre. Les députés sollicités à plusieurs reprises qui ne se seront pas prononcés sur le sujet, verront leur nom apparaître dans la liste des complices et soutiens à cette barbarie subsistante

Nous appellerons celles et ceux qui sont du bon côté de l’Humanité, à voter pour les femmes et les hommes courageux qui se seront engagés à en finir avec cette ignominie, cette indignité.

Soyons nombreux

Lundi 6 Février 2012 Commentaires (0)

André Gattolin – le sénateur parachuté dans le département des Hauts de Seine avec pour seule carte de visite écologiste d’être l’ami de Daniel Cohn-Bendit – a reconnu publiquement le 2 février 2012, dans une intervention faite au Sénat au nom du groupe EE-LV lors de la discussion d’une proposition de loi visant à favoriser la chasse, que « les chasseurs peuvent contribuer à une gestion équilibrée de la nature » notamment par la régulation des populations animales sauvages. Les chasseurs ne pouvaient rêver plus beau cadeau de la part d’un élu se disant écologiste même si cet élu déclarait ensuite que son groupe voterait contre une énième loi d’une extrême complaisance envers les chasseurs les plus extrémistes. Entre autres raisons André Gattolin justifiait d’ailleurs le vote contre cette loi par le souci de ne pas « altérer l’image de la chasse en cautionnant les pratiques les plus irresponsables » !


Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements
Une véritable trahison

Être reconnus comme des protecteurs de la nature à travers leur rôle de « régulation » des populations d’animaux sauvages voilà ce que recherchent avant tout les chasseurs. Cela leur permettrait de chasser n’importe quand, n’importe où, pour peu qu’un ministère complaisant décide d’une « régulation », notamment dans les Parcs nationaux, y compris dans les zones centrales, supposées selon les fédérations de chasse et quelques « experts » à leur solde « manquer de prédateurs », prédateurs qu’ils se feraient un plaisir de remplacer. Chasser dans ces zones, c’est un de leurs rêves. Pour eux, ces sanctuaires où la chasse est interdite depuis près d’un demi-siècle maintenant sont un véritable pays de cocagne au carton facile, qui plus est sur des grands ongulés devenus peu méfiants dans ces territoires refuges. Carton facile que sont maintenant les Oies bernaches du Canada qui pouvaient se reposer sur leur statut d’oiseaux protégés pour moins craindre les hommes. Accepter ce nouvel alibi pour faire perdurer et développer un loisir qui consiste à tuer des êtres vivants sans autre nécessité que de s’amuser est une trahison envers tous les protecteurs de la nature qui se battent contre ces prétentions des chasseurs à venir perpétrer leurs méfaits jusque dans ce qui était des refuges inviolables pour toutes les espèces chassables comme pour tous les prétendus « nuisibles ». Cette trahison, André Gattolin l’a commise comme l’a commise le groupe des sénateurs EE-LV qui se prétendent écologistes et dont il a été le porte-parole complaisant. Qui pourra s’opposer à une prétendue « régulation par la chasse » des populations animales sauvages si même les écologistes en reconnaissent la nécessité et le bien-fondé ? !

Comment Monsieur Gattolin et les autres sénateurs qui se disent « écologistes » peuvent-ils être assez naïfs, stupides ou ignares sur ce milieu et cette pratique pour croire que les chasseurs « aiment la nature » ? Les chasseurs n’aiment pas la nature, ils aiment faire parler la poudre, ils aiment tuer. Faut-il rappeler à ces prétendus « écologistes » combien il a été difficile de surmonter le refus obstiné de ces « amoureux de la nature » de ne plus utiliser de plomb dans leurs cartouches malgré les pollutions des sols et des eaux qu’ils occasionnaient, malgré les canards granivores qui mourraient de saturnisme ? Faut-il leur rappeler que les bouquetins que les chasseurs veulent maintenant réguler dans les Parcs nationaux ont failli disparaitre à cause de ce « sport » sanguinaire ? Faut-il leur mettre sous le nez la longue liste des espèces en danger d’extinction ou disparues à cause cette chasse ? Faut-il leur expliquer que cette « prédation » par la chasse n’a rien d’une régulation naturelle (en particulier : ce sont les individus les plus robustes, les meilleurs reproducteurs ou reproductrices qui sont tués pour le trophée ou la viande) et qu’elle a de nombreux effets pervers par les dérangements qu’elle occasionne ? Peut-être faut-il leur rappeler tout cela car à force de vouloir être un parti « généraliste » dit de « gouvernement », EE-LV, soucieux avant tout d’électoralisme, est en train d’oublier ses fondamentaux.

Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements
Une position platement électoraliste et opportuniste
Ne soyons donc pas naïf non plus. Lorsqu’on lit l’intervention de Gattolin, on comprend vite qu’il s’agit de ménager la chèvre, les associations de protection de la nature et notamment la LPO dont les adhérents sont des électeurs en puissance et le chou, les chasseurs qu’il ne faut pas se mettre à dos pour essayer de gagner quelques voix chez les ruraux. Bref, en ces périodes électorales, il s’agit de ne se mettre à dos aucun lobby, de ne choquer personne, de satisfaire tout le monde ou du moins d’essayer, d’où cette façon de caresser les chasseurs dans le sens du poil tout en reprenant les mesures ponctuelles demandées par la LPO pour gommer les excès les plus manifestes de cette loi scélérate.
Jusqu’à ce revirement des Sénateurs EE-LV, Les Verts ou les différentes organisations et partis qui les ont précédés, sans proposer de supprimer la chasse, ont toujours mis en évidence son caractère nocif pour la nature et les espèces sauvages et ont proposé des mesures visant à la restreindre comme à restreindre le droit de chasse. Jamais il n’a été question de reconnaître aux chasseurs un statut quelconque de protecteurs de la nature et de gestionnaires de celle-ci. C’est seulement avec la création d’EE-LV et la publication de son programme tiédasse que les choses changent. Dans ce programme on peut lire en effet « Des efforts ont été faits dans le milieu [des chasseurs] et certaines fédérations de chasse ont pris un tournant positif en matière de gestion de protection de l’espace et de la faune » (p. 12 du document en ligne) Dans ce texte se trouvent en creux la position que les sénateurs EE-LV ont prise dans la déclaration lue par Gattolin, le reniement et la trahison de tous les protecteurs authentiques des animaux et de la nature : il faut être singulièrement culotté pour affirmer que les fédérations de chasse protègent la faune… à coups de fusil. Finalement à quelques nuances près EE-LV et les sénateurs EE-LV disent la même chose que le lobby des chasseurs à l’origine de cette nouvelle loi. Dans l’exposé des motifs, on peut lire en effet : « La présente proposition de loi portant diverses dispositions d’ordre cynégétique est constituée de dispositions apparues nécessaires pour permettre aux chasseurs l’accomplissement de leur passion dans les meilleures conditions tout en leur reconnaissant une contribution importante à la préservation des territoires » et un peu plus loin dans le texte : « acteurs importants de la protection de la nature, les chasseurs ont besoin d’être légitimés dans leur engagement » (sic !)

Un revirement jamais débattu

On lisait dans le programme de 1981 des écologistes : « La France abrite 120 000 espèces animales (5 à 10% des espèces terrestres)(…) mais (…) il reste 5 ou 6 couples de balbuzards pêcheurs, 10 à 15 de gypaètes barbus, 50 à 80 grands ducs. Même le hérisson, la taupe, le lièvre, le lérot sont en régression. Quelles sont les causes principales de ces disparitions ? Le prélèvement excessif est source de raréfaction. (…) 2,2 millions de Français sont chasseurs [le nombre a baissé depuis de près de la moitié] avec des armes de plus en plus perfectionnées, des routes de plus en plus nombreuses qui permettent de pénétrer en voiture au plus profond de la campagne [aujourd’hui il y a les 4x4]. Le gibier n’y a pas résisté » (Ecologie, le pouvoir de vivre, 1981, p.24). Dans les dernières versions du « livre des Verts » on pouvait lire sous le titre « Chasser n’est pas jouer » : « Les Verts, s’il ne sont pas philosophiquement pro-chasse, ne mettent pas dans la même gibecière tous les chasseurs et le lobby de « l’extrême chasse », défenseur du viandard qui s’obstine à décimer des populations d’oiseaux, clamant haut et fort son mépris des lois (…) Compte tenu du danger qu’elle [la chasse] représente pour les personnes et les biens, la chasse exige des précautions particulières et un renforcement de la législation en vigueur »(Le nouveau livre des Verts, 1999, p. 235) Le texte est peut-être plus modéré que celui de 1981 mais il n’est pas question de reconnaître les chasseurs comme des protecteurs et gestionnaires avisés de la nature, les Verts s’affirment encore clairement anti-chasse. En outre les dessins extraits de Charlie Hebdo qui illustrent les textes de cet ouvrage sont des caricatures anti-chasse assez féroces. Page 20 par exemple, on trouve une caricature due à Luz dans laquelle un rambo, armé jusqu’aux dents, avec à ses pieds des animaux tués et une bouteille de vin vide, éructe « Quelqu’un qui n’aime pas la mort ne mérite pas de vivre » et tire sur un panneau électoral sur lequel on peut lire « Non à la chasse, votez Blandin » Voir aussi celles des pages 234 et 238 qui ne manquent pas de sel… Le ton était donné : même si dans les mesures proposées ne figurait pas l’abolition de la chasse, les Verts étaient nettement du côté de ceux qui condamnent ce passe-temps mortifère. Comme souvent dans ce parti qui veut donner des leçons de démocratie et de bonnes pratiques à la Terre entière, un changement radical des principes fondamentaux s’est produit sans débat, subrepticement, à l’occasion de la réécriture du programme par un petit groupe sans légitimité, les militants n’y voyant que du feu. D’ailleurs, certains croient encore en toute bonne foi, comme beaucoup de
Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements

chasseurs et de promeneurs, qu’EE-LV est « anti-chasse ». C’était vrai naguère pour Les Verts, cela ne l’est plus aujourd’hui. Et ce n’est pas la première fois que de tels changements radicaux dans les programmes et les principes se produisent. Cela a déjà été le cas, par exemple, sur un sujet aussi essentiel que la démographie sur laquelle EE-LV observe le mutisme le plus absolu ayant remisé les professions de foi antinatalistes au vestiaire des idées politiquement non correctes, réputées (à tort ?) mauvaises sur le plan électoral. Et en ce qui concerne la politique du logement, on ne voit guère, mis à part une surenchère, ce qui distingue les propositions d’EE-LV de celles de la gauche classique. Etc., etc. …

Manifestation anti-corrida Bilbao, août 2009
Manifestation anti-corrida Bilbao, août 2009
« Les Taureaux s’ennuient le dimanche lorsqu’il s’agit de mourir pour nous »

Pour toutes les questions concernant la chasse et le statut des animaux, sauvages ou domestiques, le flou est de mise. D’un côté, selon le programme officiel d’EE-LV « Vivre mieux, vers la société écologique », il faut proposer au parlement une loi qui fera passer l’animal du statut de « bien meuble » à celui d’être vivant. « Le bien-être animal sera pris en compte dans les politiques thématiques (transport, abattage et bâtiments en agriculture, animalerie, cirques…) et les pratiques brutales, cruelles et indignes seront proscrites » (p. 12) D’un autre côté Eva Joly, candidate officielle du parti EE-LV déclare : « La corrida est très populaire dans le Sud de l'Europe et il convient d'empêcher que cela se développe ailleurs que là où c'est ancré dans les traditions. Il faut limiter l'accès à ce spectacle aux adultes. » Elle ajoute : « Je suis hésitante sur une interdiction, car en Espagne, cela fait partie vraiment de la culture. Une interdiction ne peut se faire que progressivement, en concertation avec les populations locales. » En aucun cas l’ancienne magistrate ne songe aux animaux, aux taureaux torturés, aux chevaux éventrés. Si cela n’est pas un ensemble de «pratiques brutales, cruelles et indignes »… Où donc est la cohérence ?
De même le programme d’EE-LV veut interdire les « chasses particulièrement cruelles ». Toute chasse est cruelle, mais il y en a qui sont encore plus cruelles que d’autres. Personne ne peut contester que parmi ces dernières, la chasse à courre, survivance d’un passé révolu, est dans le peloton de tête. Or, l’ancienne magistrate récemment convertie à l’écologie ne manifeste pas sur ce sujet le zèle des néophytes. Elle considère quant à elle que  «La chasse à courre est aussi une chasse ancestrale et très implantée dans certaines régions, et donc ma réponse est la même [que pour la corrida, elle ne souhaite pas l’interdire]. Il y va du respect des cultures locales, des régions, des identités culturelles.»

Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements
Avec de tels propos, il n’est pas étonnant que Madame Joly ne décolle pas dans les sondages. Rappelons incidemment que, l’Angleterre, pays des traditions s’il en existe un, a renoncé aux chasses à courre… Pourquoi n’y a-t-il pas eu de recadrage de la part de la direction d’EE-LV si prompte à s’émouvoir lorsqu’Eva Joly s’en prend, à juste titre pourtant, à François Hollande sur le nucléaire ? Il est vrai que ni les chevaux des picadors, les taureaux, les chiens de meute, les cerfs et tout le petit peuple de plumes et de poils que battues et chasses à courre terrorisent et mettent en danger ne risquent de faire capoter l’accord conclu avec le PS et les sièges de député qui sont à la clé. Les associations, comme « Convention Vie et Nature » qui ont demandé à Eva Joly et à EE-LV de lever les ambiguïtés de leurs prises de position n’ont eu que le silence pour réponse.

Certes dans les circonstances actuelles, il faut tout faire pour battre le président sortant, un individu dangereux pour la faune et la flore comme pour beaucoup d’autres choses. Mais il n’y a pas à l’heure actuelle de raison vraiment puissante qui pousse à choisir pour cela le vote de la candidate EE-LV, le vote Eva Joly. Même ses positions sur le nucléaire souffrent d’une ambigüité, la même que celle qui vient d’être mise en évidence pour la chasse mais en sens inverse. Sa fermeté n’est guère crédible puisqu’au-delà de ses paroles, elle porte les couleurs d’un parti qui a capitulé en rase campagne en signant un accord qui garantit une longue vie à cette industrie mortifère.
Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements

Annexes

•Voici le passage de la déclaration d’André Gattolin au Sénat le 2 février 2012 :
« Nous reconnaissons que les chasseurs peuvent contribuer à une gestion équilibrée de la nature et nous n’ignorons pas les difficultés de régulation des populations (comme celle notamment des sangliers). Il y a parmi les chasseurs de vrais amoureux de la nature et qui, de plus en plus souvent, se battent aux côtés des écologistes contre certains projets »

●NB 1: Si les écologistes défendent l’environnement et la nature, les chasseurs défendent leur terrain de jeu. Dans certains cas, cela peut entraîner des convergences d’intérêt et comme les chasseurs sont un lobby puissant, cela peut être efficace. De là à s’appuyer sur cette convergence d’intérêts occasionnelle pour justifier la chasse et attribuer un brevet d’ami et protecteur de la nature à certains chasseurs en tant que chasseurs est intellectuellement malhonnête et écologiquement scandaleux.

●NB 2 : La question des sangliers ou les pompiers pyromanes.
Avant de raconter n’importe quelles balivernes, je conseille à André Gatttolin, Vincent Placé et ses troupes la lecture de l’ouvrage de Pascal Etienne, Le sanglier, Delachaux et Niestlé, Paris 2003 qui constitue une somme des connaissances sur cette espèce. Je leur conseille tout particulièrement de lire le texte suivant qui en est un court extrait. Il ne dispense cependant pas de la lecture de tout l’ouvrage si l’on veut vraiment connaître le cas de cette espèce et éviter de colporter des bêtises à son sujet.
« La soi-disant « gestion » de l’espèce [le Sanglier] incita nombre d’adeptes à libérer en France, sans discernement, des animaux issus d’élevage, avec tous les risques que cela comporte. La cause première est en réalité une mauvaise maîtrise des populations sauvages qui déclinent sous les prélèvements abusifs. De tels sangliers d’élevage sont souvent élevés dans des conditions de promiscuité, de mauvaise hygiène, et peuvent être porteurs de maladies latentes. Le risque majeur consiste surtout en une possible pollution génétique car les partisans de ces lâchers n’hésitent pas, pour augmenter la vitesse de croissance et la fécondité, à croiser les individus de souche pure avec des porcs domestiques » (p. 149, souligné par moi JFD)
La passion-chasse n’est pas une passion-nature. Les chasseurs ne sont pas et n’ont pas à être de quelque façon que ce soit des « gestionnaires de la Nature », à supposer que celle-ci ait besoin de gestionnaires. A mon humble avis, elle se gère bien mieux seule.

●NB 3 : Heureusement qu'il y a la chasse à courre...
Voici la question d'un « amoureux de la nature » et la réponse par l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage) :
« Je souhaiterais chasser le sanglier à l’épieu. Quelle est la réglementation ?
La chasse à l’épieu ne fait pas partie des modes de chasse autorisées en France. Toutefois, vous pouvez utiliser un épieu pour mettre à mort l’animal lorsqu’il est déjà capturé, c’est plus spécialement le cas d’un sanglier aux abois en chasse à courre ou d’un sanglier blessé par le tir d’une arme à feu et au ferme. » Il n'y a pas à dire la chasse à courre est une belle tradition, bien barbare qu'il faut maintenir à tout prix au nom des identités culturelles, celles des Rois Francs, sans doute, Madame Joly?

Iconographie.

Marcassin, Sander van der Vel, wikicommons,
Fin de chasse à courre, cerf mort, One voice
Cerf dont la machoire a été brisée pendant la chasse à courre, One voice
Manifestation anti-corrida, Ekinez Sorta, wikicommon
Taureau achevé, anonyme, wikicommons
Sanglier sauvage, WildZwign, wikicommons,
Le sanglier de Calydon, gravure de Régius pour Les métamorphoses d'Ovide, Livre VIII, 281 - 317

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Samedi 4 Février 2012 Commentaires (1)

Le Maire de Clamart est aussi Vice-président de notre agglomération Sud de Seine. C'est pourquoi je relaie la position du groupe Europe-Ecologie de Clamart que je partage.


« Nous avons appris mercredi soir l'existence d'une vidéo mettant en cause le maire de Clamart, vidéo immédiatement dénoncée par celui-ci publiquement en conseil municipal comme une manœuvre de l'UMP pour le déstabiliser.

« Compte tenu de la gravité des accusations portées à l'encontre du maire de Clamart, du passif judiciaire du maire UMP du Plessis-Robinson à l'origine de l'information au procureur Courroye il y a plusieurs mois et de l'enquête judiciaire qui a suivi et est encore en cours, nous observerons une stricte neutralité respectant la présomption d'innocence.

Nous demandons cependant que l'enquête ne soit pas menée sous la responsabilité du procureur des Hauts-de-Seine, proche de Nicolas Sarkozy et mis en examen le 17 janvier dernier pour les enquêtes illégales en direction de journalistes du Monde.

Soucieux d'éthique et de transparence dans notre façon de faire de la politique, nous souhaitons que toute la lumière soit faite concernant cette affaire et ce dans les plus brefs délais. » Europe Écologie Les Verts. Groupe de Clamart - Plessis Robinson.

Cela dit, il faut remarquer que le maire de Clamart a fait procéder à une analyse de cette vidéo. Des points troublants sont apparus et comme cette vidéo a été largement difffusée sur Internet, il serait juste que cette analyse reçoive une aussi grande diffusion. On la trouvera ici

Lundi 30 Janvier 2012 Commentaires (1)
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