Nature - environnement
À l'échelle du continent européen, selon les évaluations régionales de l'UICN (Union Internationale pour la Conservation de la Nature) aucune des espèces de grands prédateurs – Loup Canis lupus, Lynx boréal Lynx lynx, Ours Ursus arctos - n’a sa survie menacée. Elles sont toutes classées dans la catégorie LC « Préoccupation mineure (Least Concern - LC) » Ce statut global diffère fortement dans certains cas du statut régional de ces espèces. Au sein de l’UE les populations de ces espèces sont souvent classées Quasi menacées (NT) ou En danger (EN), certaines En danger critique d’extinction (CR) comme l’Ours des Pyrénées. Comme à l’échelle du continent ces espèces ne sont pas en danger, on peut se demander pourquoi s’acharner à maintenir des petites populations de ces espèces qui disparaitraient
2
inéluctablement sans une gestion lourde à base de réintroductions et de mesures de préservation qui divisent et sèment la discorde entre les gens qui vivent dans ces territoires. En France les populations de grands prédateurs sont toutes plus ou moins menacées mais c’est la population d’ours qui vivent dans les Pyrénées qui l’est le plus grand risque de s’éteindre, elle est classée CR. Pourquoi tenter de la conserver ?
Lorsque qu’il s’agit des ours vivant dans les Pyrénées, il faut tout d’abord bien comprendre que ces ours ne sont plus des Ours des Pyrénées bien qu’ils soient de la même espèce. L’ours brun européen Ursus arctos arctos se divise en deux lignées, une lignée EST qui regroupe les ours de Tchéquie, de Slovaquie, Roumanie, Carélie, Nord de la Suède, de la Russie et une lignée Ouest. Celle-ci comprend deux branches, une branche occidentale Balkanique qui regroupe les ours d’Italie, de Slovénie, Croatie, Bosnie, Serbie, Monténégro, Macédoine, Albanie et Grèce et une branche occidentale ibérique qui comprend les Ours des Mont Cantabriques, les Ours des Pyrénées avant les réintroductions d’ours slovènes dans le massif et les Ours du sud de la Suède.
Aujourd’hui, il ne reste plus dans les Pyrénées que des Ours slovènes, une population nouvelle créée ex-nihilo. Le dernier ours porteur de gènes pyrénéens, Cannellito a aujourd’hui 22 ans, ce qui est un bel âge pour un ours. Il est issu d’une mère pyrénéenne, Cannelle qui est la toute dernière femelle purement pyrénéenne et d’un père d’origine slovène Pyros né de parents slovènes réintroduits. Cannellito est sans descendance connue et semble ne s’être pas reproduit. Bien qu’il ait encore quelques années à vivre, il y a peu de chances qu’il se reproduise. Il vit en solitaire dans une partie de la chaîne, le Haut Béarn et la Navarre, très peu peuplée en ours et vu son âge, il devrait s’incliner devant des concurrents plus jeunes et plus vigoureux en cas de rencontre. Lorsqu’il mourra de vieillesse(on espère que ce sera de vieillesse et non d’un coup de fusil!) la lignée génétique des ours autochtones s’éteindra avec lui. Les ours actuels n’appartiennent pas à la même branche et la nouvelle population en train de se constituer tant bien que mal, n’est plus la population d’origine avec les traits propres qui en faisaient la singularité. Or « «il n’existe pas deux populations [d’individus de la même espèce] qui possèdent exactement les mêmes compositions et fréquences alléliques, ni les mêmes particularités morphologiques, éthologiques, etc. » comme le rappelle Alain Dubois professeur au Muséum (Dubois, 2008, p. 372) Les populations ne sont pas interchangeables, le croire c’est avoir une conception essentialiste de l’espèce dépassée depuis longtemps.
Les ours pyrénéens n’avaient pas la même morphologie que les ours slovènes. De l'isolement géographique et des conditions de milieux différents ont résulté des traits physiques distincts. Les ours pyrénéens était plus petits et plus trapus, pesaient moins lourd que les slovène (130 à 180 kg, rarement plus de 200 kg contre 200 à 300 kg et plus pour les mâles ; 80 kg à 110 kg contre 100 kg à 160 kg pour les femelles). Les silhouettes différaient : membres puissants, silhouettes relativement ramassées pour le pyrénéen, ossature plus lourde, boîte crânienne plus large et encolure plus puissante pour le slovène. Le pelage de l’ours pyrénéen était souvent clair, tirant sur le brun-bronzé à jaunâtre sur la tête et les épaules. Celui de l’ours slovène est généralement plus foncé et uniforme, allant du brun sombre au marron-noir, plus dense pour résister aux hivers rigoureux de l'Europe centrale.
Une différence importante pour l’acceptation ou le rejet de l’animal est le régime alimentaire. L’ours pyrénéen était principalement phytophage/frugivore (jusqu’à 80-85% de son alimentation). Il consommait principalement des faînes, glands, baies, racines, herbes et insectes (fourmis). La part carnée provenait majoritairement de carcasses d'animaux sauvages ou domestiques, et une prédation opportuniste sur le bétail pendant l'été. Le régime de l’ours slovène est historiquement marqué par une part carnée élevée favorisée par une forte densité d’ongulés et la pratique culturelle du nourrissage à base de maïs et carcasses. Les ours slovènes vivant dans les Pyrénées ont conservé une propension à la prédation surtout sur les ovins, mais son régime tend à se modifier en fonction des ressources locales et donc à devenir plus végétarien, avec un régime composé à environ 75% de végétaux, de baies et de fruits secs, la part carnée comprenant des invertébrés, des charognes, peu d’ongulés sauvages et des brebis. Dans les Pyrénées, le régime des ours slovaques tend donc à se rapprocher de celle des ours de souche. Ceci dénote d’une plasticité comportementale de bon augure pour ceux qui souhaitent la pérennisation de cette nouvelle population en développement.
Aujourd’hui, il ne reste plus dans les Pyrénées que des Ours slovènes, une population nouvelle créée ex-nihilo. Le dernier ours porteur de gènes pyrénéens, Cannellito a aujourd’hui 22 ans, ce qui est un bel âge pour un ours. Il est issu d’une mère pyrénéenne, Cannelle qui est la toute dernière femelle purement pyrénéenne et d’un père d’origine slovène Pyros né de parents slovènes réintroduits. Cannellito est sans descendance connue et semble ne s’être pas reproduit. Bien qu’il ait encore quelques années à vivre, il y a peu de chances qu’il se reproduise. Il vit en solitaire dans une partie de la chaîne, le Haut Béarn et la Navarre, très peu peuplée en ours et vu son âge, il devrait s’incliner devant des concurrents plus jeunes et plus vigoureux en cas de rencontre. Lorsqu’il mourra de vieillesse(on espère que ce sera de vieillesse et non d’un coup de fusil!) la lignée génétique des ours autochtones s’éteindra avec lui. Les ours actuels n’appartiennent pas à la même branche et la nouvelle population en train de se constituer tant bien que mal, n’est plus la population d’origine avec les traits propres qui en faisaient la singularité. Or « «il n’existe pas deux populations [d’individus de la même espèce] qui possèdent exactement les mêmes compositions et fréquences alléliques, ni les mêmes particularités morphologiques, éthologiques, etc. » comme le rappelle Alain Dubois professeur au Muséum (Dubois, 2008, p. 372) Les populations ne sont pas interchangeables, le croire c’est avoir une conception essentialiste de l’espèce dépassée depuis longtemps.
Les ours pyrénéens n’avaient pas la même morphologie que les ours slovènes. De l'isolement géographique et des conditions de milieux différents ont résulté des traits physiques distincts. Les ours pyrénéens était plus petits et plus trapus, pesaient moins lourd que les slovène (130 à 180 kg, rarement plus de 200 kg contre 200 à 300 kg et plus pour les mâles ; 80 kg à 110 kg contre 100 kg à 160 kg pour les femelles). Les silhouettes différaient : membres puissants, silhouettes relativement ramassées pour le pyrénéen, ossature plus lourde, boîte crânienne plus large et encolure plus puissante pour le slovène. Le pelage de l’ours pyrénéen était souvent clair, tirant sur le brun-bronzé à jaunâtre sur la tête et les épaules. Celui de l’ours slovène est généralement plus foncé et uniforme, allant du brun sombre au marron-noir, plus dense pour résister aux hivers rigoureux de l'Europe centrale.
Une différence importante pour l’acceptation ou le rejet de l’animal est le régime alimentaire. L’ours pyrénéen était principalement phytophage/frugivore (jusqu’à 80-85% de son alimentation). Il consommait principalement des faînes, glands, baies, racines, herbes et insectes (fourmis). La part carnée provenait majoritairement de carcasses d'animaux sauvages ou domestiques, et une prédation opportuniste sur le bétail pendant l'été. Le régime de l’ours slovène est historiquement marqué par une part carnée élevée favorisée par une forte densité d’ongulés et la pratique culturelle du nourrissage à base de maïs et carcasses. Les ours slovènes vivant dans les Pyrénées ont conservé une propension à la prédation surtout sur les ovins, mais son régime tend à se modifier en fonction des ressources locales et donc à devenir plus végétarien, avec un régime composé à environ 75% de végétaux, de baies et de fruits secs, la part carnée comprenant des invertébrés, des charognes, peu d’ongulés sauvages et des brebis. Dans les Pyrénées, le régime des ours slovaques tend donc à se rapprocher de celle des ours de souche. Ceci dénote d’une plasticité comportementale de bon augure pour ceux qui souhaitent la pérennisation de cette nouvelle population en développement.
J’ouvre ici une parenthèse. La question de l’ours, celle des réintroductions sont l’objet de dissentions profondes entre les « pro » et les « anti » et empoisonnent les relations entre habitants d’un même village ou de villages voisins. Donc lorsque les opposants aux réintroductions et leurs associations l'ADDIP (Association pour le développement durable de l'identité pyrénéenne) et de l'IDAMP (Association interdépartementale de défense de l'agriculture de montagne) invoquaient "la pureté de la race endémique des Pyrénées" et détaillaient les différences morphologiques et comportementales, invoquaient une "pollution génétique" assurée en cas de réintroduction, ils n'avaient pas tout à fait tort. Pourtant on les a accusé de xénophobie vis-à-vis des ours slovènes. Les expressions à connotation anthropomorphique et raciale qu’ils utilisent dans leurs propos et leurs écrits prêtent le flanc à une telle critique : « pureté de la race », « sang pur», « ours étrangers » ou « invasion d'ours slovènes ». Ces termes transposent à la faune sauvage des concepts d’une idéologie nationaliste exclusiviste et raciste. Bien que plusieurs éléments avancés étaient fondés scientifiquement, ce glissement du registre zoologique et phylogéographique à un registre appartenant au champ politique rendait leur propos inaudible à beaucoup. D’autant que cela était renforcé par leur insistance sur l’identité pyrénéenne et sa défense qui peut aussi prêter à confusion. Pour eux, il ne s’agissait pas de rejeter l’étranger en tant que tel mais les ingérences extérieures, à savoir celle de Paris et de Bruxelles qui s’attaquent à la souveraineté culturelle locale.
L’occasion était trop belle, les « anti » fournissaient aux « pro » la possibilité de développer une rhétorique de stigmatisation tout en évitant le débat sur les réels problèmes génétiques et comportementaux que posait cette tentative d’assurer la présence de l’ours dans les Pyrénées.
Si j’insiste sur ce point, c’est aussi parce que j’essaie d’anticiper une mauvaise interprétation des questions et thèses débattues dans cet article. Elle serait due à une confusion sémantique analogue mais inverse à celle faite par l’ADDIP et IDAMP. Ce serait celle commise par un lecteur qui les interpréterait avec des catégories sémantiques inappropriées issues du champ politique.
Si j’en reviens à mon propos principal, il est indiscutable que ce qui s’est passé dans le massif avec les introductions d’ours slovènes n’est pas le renforcement et le sauvetage de la population d’Ours des Pyrénées mais son remplacement par une autre, différente en voie de développement puisqu’aujourd’hui il y a une centaine d’ours dans le massif, tous descendant d’ours slovènes introduits.
Il ne peut s’agir d’une réactivation d’une métapopulation car il n’y avait pas de connexion entre les deux populations, donc pas de flux de gènes à cause de la distance (1000 Km à vol d’oiseau) et des obstacles naturels ou artificiels. Il s’agit d’un transfert artificiel d’individus et Cammellito n’ayant pas eu de descendance, il y a pas eu in fine de renforcement génétique de la population originelle mais son extinction. Si l’objectif des translocations était de sauver de l’extinction la population d’ours des Pyrénées, on peut considérer aujourd’hui que c’est un échec. S’il s’agissait de prolonger la présence d’ours dans le massif en pariant sur la plasticité comportemental de l’espèce, c’est un succès. Les ours slovènes introduits ont modifié leur régime en fonction des ressources présentes, ils ont adapté leur temps d’engourdissement hivernal et leurs déplacement saisonniers à l’altitude, ils ont su se déplacer sur les crêtes en utilisant les vires et en trouvant les points de passage entre vallées qui évitaient les barres rocheuses. La population d’ours transloqués est en expansion et s’accroît d’environ 11% par an.
Un des motifs principaux des efforts pour maintenir une petite population à l’avenir incertain d’une espèce dont d’autres populations existent plus nombreuses dans des milieux plus favorables tiennent tout justement à l’originalité évolutive de ces populations qui ont développé au fil du temps des adaptations locales, des génomes avec des allèles de résistance à des maladies et d’adaptation à la chaleur ou au froid qui peuvent permettre la survie de l’espèce en cas d’épidémie ou de changements climatiques. Ces populations périphériques sont des facteurs de résilience de l’espèce parce qu’elle ne sont pas purement et simplement interchangeables. Abandonner une population périphérique parce que l’espèce est en expansion dans d’autres lieux, c’est accepter l’appauvrissement de son patrimoine génétique. Cela réduit sa diversité globale gage de sa capacité d'adaptation dans un monde changeant. Mais cela s’estime au cas par cas.
Dans le cas des Pyrénées, cela ne peut pas être un motif de conservation puisque la population originelle d’ours n’existe plus et que cela est irréversible. La nouvelle population est le résultat d’une translocation artificielle et son histoire évolutive est autre. Ses membres portent un patrimoine génétique hérité de celui d’ours slovènes fondateurs. Il s’agit plutôt d’un processus inverse, une homogénéisation sur une partie de l’aire de répartition, voire un appauvrissement car la nouvelle population issue d’un petit nombre d’individus ne possède pas la diversité génétique de la population source, d’autant plus qu’il y a une forte proportion d’individus consanguins.
Aux dires des associations «pro-ours » et certains chercheurs, il y aurait même un risque de « dépression de consanguinité » qu’il faudrait corriger par de nouvelles introductions, ce à quoi s’opposent catégoriquement les syndicats d’éleveurs, des bergers qui ont un soutien résolu des élus des territoires dans tout le massif. Dires d’experts contre dires d’experts, l’Etat constatant que la population est en expansion continue à geler toutes nouvelles translocations, les considérant comme inutiles. Il veut aussi éviter une nouvelle guerre de l’ours et les troubles qui s’en suivent. Cependant le Plan d'actions Ours Brun en vigueur couvrant la période 2018–2028, la question des lâchers redeviendra inévitablement un sujet central au moment du bilan et de la négociation du nouveau plan mais d’ici-là, il y aura un nouveau président de la République, un ou des nouveaux gouvernements et une nouvelle Assemblé nationale !
La préservation des populations d’ours bruns des Pyrénées a échoué. Ce n’est pas le cas en Espagne de la population d’ours brun de la chaîne Cantabrique. Comme celle des Pyrénées, elle était en danger d’extinction, la politique de préservation sans renforcement extérieur a réussi et sans être prospère cette population est aujourd’hui en expansion. Au bord de la disparition dans les années 1980 et 1990 avec moins de 70 individus, elle compte désormais environ 370 à 400 ours. Dans ce cas l’argument de la diversité génétique comme facteur de résilience de l’espèce s’applique pleinement : la population d’origine avec les traits propres qui en fait la singularité et maintenue dans sa continuité évolutive. Les efforts pour assurer sa pérennité sont totalement justifiés tant dans le cas de la biologie évolutive que dans celui de la conservation.
La question de l’originalité génétique de la population d’ours autochtones et de sa préservation n’a pas été la préoccupation première de ceux qui préconisaient un lâcher d’ours pour sauver de l’extinction la population d’ours dans le massif pyrénéen puis pour la reconstitution de cette population, bien qu’ls ont cherché à éviter un trop grand éloignement génétique entre l’individu introduit et les individus souche. Mais ils ne s’y intéressaient que dans la mesure où une distance génétique moindre entre les ours autochtones et les individus transloqués pouvait être un facteur de réussite au même titre qu’une ressemblance des milieux de vie, des régimes et de bien d’autres critères comme l’état sanitaire de la population (absence de rage notamment), son état de conservation, la proximité du pays source, la logistique à déployer pour la capture, la compétence des équipes du pays source et même l’appartenance de ce pays à UE. Si la population de la chaîne Cantabrique avait été dans un meilleur état de conservation, ce sont sans doute des ours de cette population qui auraient été choisis. Mais ce n’était pas le cas à l’époque et comme il était encore question de renforcement et non de reconstitution lors de ces premiers lâchers, il y avait « urgence ».
Aujourd’hui, répétons-le, il n’est plus question de sauver la population d’ours des Pyrénées pour une raison simple. Elle s’est éteinte. Sa disparition n’a pas signifié l’extinction de l’espèce. Les ours présents dans le massif sont des ours d’origine slovène et constituent une population « reconstituée » mais nouvelle. Les associations regroupées dans la coordination CAP – Ours (Coordination Associative Pyrénéenne pour l'Ours) qui réclament de nouveaux lâchers face à un prétendu risque de dépression de consanguinité de la population reconstituée, militent pour sa pérennisation. Mais quelles sont les raisons que l’on peut invoquer pour se soucier de son maintien maintenant que la population autochtone a disparu ?
L’ours en tant que grand prédateur au territoire étendu serait une « espèce parapluie » et ce serait une des raison d’assurer sa présence dans le massif, y compris par la reconstitution d’une population à base de translocations comme point de départ artificiel : « En raison de ses besoins vitaux, la protection de l’ours nécessite la conservation d’habitats particuliers permettant aussi la protection de diverses espèces animales et végétales. On dit ainsi de l’ours qu’il s’agit d’une « espèce parapluie » : le grand tétras, le pic à dos blanc et d’autres espèces des Pyrénées, où l’endémisme est fort, peuvent bénéficier des mesures de conservation territoriales liées à l’ours. Opportuniste, il a besoin d’une alimentation diversifiée, et donc de milieux riches et variés. Ses exigences biologiques conduisent à mettre en place des mesures de protection de ses habitats afin de garantir leur tranquillité et leur viabilité écologique. Un ours nécessitant un territoire de 20 à 300 km², sa conservation doit être pensée sur des espaces suffisamment vastes et entraîne la préservation d’espèces animales et végétales bien moins emblématiques. Suite au déclin et au déséquilibre démographique de l’ours, c’est en partie pour cette raison éco-territoriale que des acteurs pyrénéens et non pyrénéens ont initié des projets de réintroduction ou de renforcement de l’espèce. » (Benhammou p. 20)
Remarquons tout d’abord que les mesures de protections des espèces citées existent indépendamment de la présence de l’ours. Comme je l’ai montré dans un autre article (lien) à propos du lynx, supposer qu’elle seront protégées si on protège un territoire suffisamment étendu pour l’ours et répondant à ses besoins, c’est ne pas prendre en compte ceux bien particuliers des autres espèces censées bénéficier de cette protection. Le grand tétras a besoin que soient maintenues des ouvertures en forêt pour ses places de chants. Il est nécessaire d’équiper les câbles de remontées mécaniques et les clôtures pastorales de dispositifs de visualisation pour éviter les collisions en vol, inutiles pour l’ours. De plus le tétras et l’ours sont en concurrence pour les myrtilles, ce qui est à noter même si cette concurrence n’a guère d’impact aujourd’hui étant donnée la faiblesse des effectifs des deux espèces. Enfin que le Grand Tétras soit strictement protégé, l’ours n’en a cure ! L’oiseau niche au sol, confiant dans le mimétisme de son plumage mais l’ours chassant la nuit et à l’odorat, le camouflage est inopérant, il mange la couveuse, les œufs ou les poussins si l’occasion se présente.
Le pic à dos blanc vit dans les « vielles » hétraies-sapinières. Il lui faut des vieux troncs vermoulus pour le couvert et des arbres creux pour le gîte. Sa protection impose de réserver dans ce type de forêt des « ilots de sénescence », ce qui n’est pas du tout obligatoire pour l’ours.
D’autres espèces protégées vivent dans le massif et sont l’objet de mesures de protection et d’aménagements du milieu qui leur sont spécifiquement destinées, comme les placettes d’équarrissage pour les Gypaètes barbus, et les Vautours percnoptères.
Enfin la gestion lourde à base de translocation d’ours ne profite exclusivement qu’au plantigrade et à aucune des espèces coexistant sur le territoire.
Plus généralement la notion même d’espèce parapluie est controversée dans la littérature de la biologie de conservation (voir à ce sujet mon article sur le lynx).
Les mesures qui favorisent la présence de l’ours, sa protection et celle du vaste territoire qu’elles supposent n’est pas suffisante pour garantir la protection des autres espèces qui y vivent, elle n’est pas nécessaire non plus puisque les aménagements et les mesures de protection de ces espèces ont été prises indépendamment de celles concernant l’ours. Voilà donc un autre motif de justification des efforts pour avoir reconstitué et maintenir artificiellement une population d’ours qui ne tient pas.
Enfin, dernier argument : l’absence d’ours serait préjudiciable au bon fonctionnement des écosystèmes du massif, notamment de la forêt. Cet argument ne tient pas, car les faits le réfutent . Il suffit pour cela de constater que dans le massif, des vallées qui sont restées sans ours pendant très longtemps depuis le début du XIXème et ne sont visitées, aujourd’hui encore, qu’épisodiquement comme c’est le cas notamment des Pyrénées orientales [Vallespir bas (Amélie‑les‑Bains, Céret) Conflent bas (Prades, Vinça) Albères] ont leurs forêts en aussi bon état que celles des vallées fréquentées pratiquement sans discontinuer ( Navarre). Dans le massif des Albérès l’ours aurait disparu depuis au moins le XVIIIème siècle. Il n’y a plus dans ce massif de grands prédateurs , ours ou loups depuis plus de deux siècles et il renferme une, sinon la plus prestigieuse forêt de la chaîne, la hêtraie de la Massane protégée par une réserve naturelle nationale depuis 1973 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette forêt est en "libre évolution" : elle ne fait l’objet d’aucun aménagement ou défrichement depuis plus de 150 ans et les ours n’y ont jamais mis les pieds depuis au moins aussi longtemps.
La théorie selon laquelle l'absence d'ours appauvrit l'écosystème est une conjecture qui s’appuie sur la biologie de l’espèce, son écologie et son éthologie qui en font une « espèce ingénieur ». Elle n’a pas de preuves empiriques. D’une part les actions d’autres animaux ont remplacé et compensé celles du plantigrade, par exemple les blaireaux et les renards pour la consommation de baies et la dispersion des graines, le sanglier pour le retournement des sols (bioturbation), les vautours fauves pour l'élimination des carcasses et d’autre part l’empreinte de l’homme sur le milieu (agriculture, pastoralisme, foresterie, aménagements touristiques (résidences, pistes de ski, remontées mécaniques) et nettement plus forte que ne peut l’être celle d’une espèce animale.
Il est temps de conclure que sont faux les arguments qui ont été avancés du point de vue de l’écologie (scientifique), de la biologie de l’évolution et de la conservation pour justifier la reconstitution d’une population d’ours dans la chaîne pyrénéenne et son renforcement en vue d’une pérennisation qui serait purement artificielle.
Maintenant que ces ours sont là, il n’est bien sûr pas question de les faire disparaître en les transloquant ailleurs. Il est bien entendu impensable de les exterminer ! Ils sont parce que l’Etat l’a voulu, des locaux l’ont voulu et que d’autres n’ont pas réussi à l’empêcher. Il faut donc assumer.
************
L’occasion était trop belle, les « anti » fournissaient aux « pro » la possibilité de développer une rhétorique de stigmatisation tout en évitant le débat sur les réels problèmes génétiques et comportementaux que posait cette tentative d’assurer la présence de l’ours dans les Pyrénées.
Si j’insiste sur ce point, c’est aussi parce que j’essaie d’anticiper une mauvaise interprétation des questions et thèses débattues dans cet article. Elle serait due à une confusion sémantique analogue mais inverse à celle faite par l’ADDIP et IDAMP. Ce serait celle commise par un lecteur qui les interpréterait avec des catégories sémantiques inappropriées issues du champ politique.
Si j’en reviens à mon propos principal, il est indiscutable que ce qui s’est passé dans le massif avec les introductions d’ours slovènes n’est pas le renforcement et le sauvetage de la population d’Ours des Pyrénées mais son remplacement par une autre, différente en voie de développement puisqu’aujourd’hui il y a une centaine d’ours dans le massif, tous descendant d’ours slovènes introduits.
Il ne peut s’agir d’une réactivation d’une métapopulation car il n’y avait pas de connexion entre les deux populations, donc pas de flux de gènes à cause de la distance (1000 Km à vol d’oiseau) et des obstacles naturels ou artificiels. Il s’agit d’un transfert artificiel d’individus et Cammellito n’ayant pas eu de descendance, il y a pas eu in fine de renforcement génétique de la population originelle mais son extinction. Si l’objectif des translocations était de sauver de l’extinction la population d’ours des Pyrénées, on peut considérer aujourd’hui que c’est un échec. S’il s’agissait de prolonger la présence d’ours dans le massif en pariant sur la plasticité comportemental de l’espèce, c’est un succès. Les ours slovènes introduits ont modifié leur régime en fonction des ressources présentes, ils ont adapté leur temps d’engourdissement hivernal et leurs déplacement saisonniers à l’altitude, ils ont su se déplacer sur les crêtes en utilisant les vires et en trouvant les points de passage entre vallées qui évitaient les barres rocheuses. La population d’ours transloqués est en expansion et s’accroît d’environ 11% par an.
Un des motifs principaux des efforts pour maintenir une petite population à l’avenir incertain d’une espèce dont d’autres populations existent plus nombreuses dans des milieux plus favorables tiennent tout justement à l’originalité évolutive de ces populations qui ont développé au fil du temps des adaptations locales, des génomes avec des allèles de résistance à des maladies et d’adaptation à la chaleur ou au froid qui peuvent permettre la survie de l’espèce en cas d’épidémie ou de changements climatiques. Ces populations périphériques sont des facteurs de résilience de l’espèce parce qu’elle ne sont pas purement et simplement interchangeables. Abandonner une population périphérique parce que l’espèce est en expansion dans d’autres lieux, c’est accepter l’appauvrissement de son patrimoine génétique. Cela réduit sa diversité globale gage de sa capacité d'adaptation dans un monde changeant. Mais cela s’estime au cas par cas.
Dans le cas des Pyrénées, cela ne peut pas être un motif de conservation puisque la population originelle d’ours n’existe plus et que cela est irréversible. La nouvelle population est le résultat d’une translocation artificielle et son histoire évolutive est autre. Ses membres portent un patrimoine génétique hérité de celui d’ours slovènes fondateurs. Il s’agit plutôt d’un processus inverse, une homogénéisation sur une partie de l’aire de répartition, voire un appauvrissement car la nouvelle population issue d’un petit nombre d’individus ne possède pas la diversité génétique de la population source, d’autant plus qu’il y a une forte proportion d’individus consanguins.
Aux dires des associations «pro-ours » et certains chercheurs, il y aurait même un risque de « dépression de consanguinité » qu’il faudrait corriger par de nouvelles introductions, ce à quoi s’opposent catégoriquement les syndicats d’éleveurs, des bergers qui ont un soutien résolu des élus des territoires dans tout le massif. Dires d’experts contre dires d’experts, l’Etat constatant que la population est en expansion continue à geler toutes nouvelles translocations, les considérant comme inutiles. Il veut aussi éviter une nouvelle guerre de l’ours et les troubles qui s’en suivent. Cependant le Plan d'actions Ours Brun en vigueur couvrant la période 2018–2028, la question des lâchers redeviendra inévitablement un sujet central au moment du bilan et de la négociation du nouveau plan mais d’ici-là, il y aura un nouveau président de la République, un ou des nouveaux gouvernements et une nouvelle Assemblé nationale !
La préservation des populations d’ours bruns des Pyrénées a échoué. Ce n’est pas le cas en Espagne de la population d’ours brun de la chaîne Cantabrique. Comme celle des Pyrénées, elle était en danger d’extinction, la politique de préservation sans renforcement extérieur a réussi et sans être prospère cette population est aujourd’hui en expansion. Au bord de la disparition dans les années 1980 et 1990 avec moins de 70 individus, elle compte désormais environ 370 à 400 ours. Dans ce cas l’argument de la diversité génétique comme facteur de résilience de l’espèce s’applique pleinement : la population d’origine avec les traits propres qui en fait la singularité et maintenue dans sa continuité évolutive. Les efforts pour assurer sa pérennité sont totalement justifiés tant dans le cas de la biologie évolutive que dans celui de la conservation.
La question de l’originalité génétique de la population d’ours autochtones et de sa préservation n’a pas été la préoccupation première de ceux qui préconisaient un lâcher d’ours pour sauver de l’extinction la population d’ours dans le massif pyrénéen puis pour la reconstitution de cette population, bien qu’ls ont cherché à éviter un trop grand éloignement génétique entre l’individu introduit et les individus souche. Mais ils ne s’y intéressaient que dans la mesure où une distance génétique moindre entre les ours autochtones et les individus transloqués pouvait être un facteur de réussite au même titre qu’une ressemblance des milieux de vie, des régimes et de bien d’autres critères comme l’état sanitaire de la population (absence de rage notamment), son état de conservation, la proximité du pays source, la logistique à déployer pour la capture, la compétence des équipes du pays source et même l’appartenance de ce pays à UE. Si la population de la chaîne Cantabrique avait été dans un meilleur état de conservation, ce sont sans doute des ours de cette population qui auraient été choisis. Mais ce n’était pas le cas à l’époque et comme il était encore question de renforcement et non de reconstitution lors de ces premiers lâchers, il y avait « urgence ».
Aujourd’hui, répétons-le, il n’est plus question de sauver la population d’ours des Pyrénées pour une raison simple. Elle s’est éteinte. Sa disparition n’a pas signifié l’extinction de l’espèce. Les ours présents dans le massif sont des ours d’origine slovène et constituent une population « reconstituée » mais nouvelle. Les associations regroupées dans la coordination CAP – Ours (Coordination Associative Pyrénéenne pour l'Ours) qui réclament de nouveaux lâchers face à un prétendu risque de dépression de consanguinité de la population reconstituée, militent pour sa pérennisation. Mais quelles sont les raisons que l’on peut invoquer pour se soucier de son maintien maintenant que la population autochtone a disparu ?
L’ours en tant que grand prédateur au territoire étendu serait une « espèce parapluie » et ce serait une des raison d’assurer sa présence dans le massif, y compris par la reconstitution d’une population à base de translocations comme point de départ artificiel : « En raison de ses besoins vitaux, la protection de l’ours nécessite la conservation d’habitats particuliers permettant aussi la protection de diverses espèces animales et végétales. On dit ainsi de l’ours qu’il s’agit d’une « espèce parapluie » : le grand tétras, le pic à dos blanc et d’autres espèces des Pyrénées, où l’endémisme est fort, peuvent bénéficier des mesures de conservation territoriales liées à l’ours. Opportuniste, il a besoin d’une alimentation diversifiée, et donc de milieux riches et variés. Ses exigences biologiques conduisent à mettre en place des mesures de protection de ses habitats afin de garantir leur tranquillité et leur viabilité écologique. Un ours nécessitant un territoire de 20 à 300 km², sa conservation doit être pensée sur des espaces suffisamment vastes et entraîne la préservation d’espèces animales et végétales bien moins emblématiques. Suite au déclin et au déséquilibre démographique de l’ours, c’est en partie pour cette raison éco-territoriale que des acteurs pyrénéens et non pyrénéens ont initié des projets de réintroduction ou de renforcement de l’espèce. » (Benhammou p. 20)
Remarquons tout d’abord que les mesures de protections des espèces citées existent indépendamment de la présence de l’ours. Comme je l’ai montré dans un autre article (lien) à propos du lynx, supposer qu’elle seront protégées si on protège un territoire suffisamment étendu pour l’ours et répondant à ses besoins, c’est ne pas prendre en compte ceux bien particuliers des autres espèces censées bénéficier de cette protection. Le grand tétras a besoin que soient maintenues des ouvertures en forêt pour ses places de chants. Il est nécessaire d’équiper les câbles de remontées mécaniques et les clôtures pastorales de dispositifs de visualisation pour éviter les collisions en vol, inutiles pour l’ours. De plus le tétras et l’ours sont en concurrence pour les myrtilles, ce qui est à noter même si cette concurrence n’a guère d’impact aujourd’hui étant donnée la faiblesse des effectifs des deux espèces. Enfin que le Grand Tétras soit strictement protégé, l’ours n’en a cure ! L’oiseau niche au sol, confiant dans le mimétisme de son plumage mais l’ours chassant la nuit et à l’odorat, le camouflage est inopérant, il mange la couveuse, les œufs ou les poussins si l’occasion se présente.
Le pic à dos blanc vit dans les « vielles » hétraies-sapinières. Il lui faut des vieux troncs vermoulus pour le couvert et des arbres creux pour le gîte. Sa protection impose de réserver dans ce type de forêt des « ilots de sénescence », ce qui n’est pas du tout obligatoire pour l’ours.
D’autres espèces protégées vivent dans le massif et sont l’objet de mesures de protection et d’aménagements du milieu qui leur sont spécifiquement destinées, comme les placettes d’équarrissage pour les Gypaètes barbus, et les Vautours percnoptères.
Enfin la gestion lourde à base de translocation d’ours ne profite exclusivement qu’au plantigrade et à aucune des espèces coexistant sur le territoire.
Plus généralement la notion même d’espèce parapluie est controversée dans la littérature de la biologie de conservation (voir à ce sujet mon article sur le lynx).
Les mesures qui favorisent la présence de l’ours, sa protection et celle du vaste territoire qu’elles supposent n’est pas suffisante pour garantir la protection des autres espèces qui y vivent, elle n’est pas nécessaire non plus puisque les aménagements et les mesures de protection de ces espèces ont été prises indépendamment de celles concernant l’ours. Voilà donc un autre motif de justification des efforts pour avoir reconstitué et maintenir artificiellement une population d’ours qui ne tient pas.
Enfin, dernier argument : l’absence d’ours serait préjudiciable au bon fonctionnement des écosystèmes du massif, notamment de la forêt. Cet argument ne tient pas, car les faits le réfutent . Il suffit pour cela de constater que dans le massif, des vallées qui sont restées sans ours pendant très longtemps depuis le début du XIXème et ne sont visitées, aujourd’hui encore, qu’épisodiquement comme c’est le cas notamment des Pyrénées orientales [Vallespir bas (Amélie‑les‑Bains, Céret) Conflent bas (Prades, Vinça) Albères] ont leurs forêts en aussi bon état que celles des vallées fréquentées pratiquement sans discontinuer ( Navarre). Dans le massif des Albérès l’ours aurait disparu depuis au moins le XVIIIème siècle. Il n’y a plus dans ce massif de grands prédateurs , ours ou loups depuis plus de deux siècles et il renferme une, sinon la plus prestigieuse forêt de la chaîne, la hêtraie de la Massane protégée par une réserve naturelle nationale depuis 1973 et inscrite au patrimoine mondial de l’UNESCO. Cette forêt est en "libre évolution" : elle ne fait l’objet d’aucun aménagement ou défrichement depuis plus de 150 ans et les ours n’y ont jamais mis les pieds depuis au moins aussi longtemps.
La théorie selon laquelle l'absence d'ours appauvrit l'écosystème est une conjecture qui s’appuie sur la biologie de l’espèce, son écologie et son éthologie qui en font une « espèce ingénieur ». Elle n’a pas de preuves empiriques. D’une part les actions d’autres animaux ont remplacé et compensé celles du plantigrade, par exemple les blaireaux et les renards pour la consommation de baies et la dispersion des graines, le sanglier pour le retournement des sols (bioturbation), les vautours fauves pour l'élimination des carcasses et d’autre part l’empreinte de l’homme sur le milieu (agriculture, pastoralisme, foresterie, aménagements touristiques (résidences, pistes de ski, remontées mécaniques) et nettement plus forte que ne peut l’être celle d’une espèce animale.
Il est temps de conclure que sont faux les arguments qui ont été avancés du point de vue de l’écologie (scientifique), de la biologie de l’évolution et de la conservation pour justifier la reconstitution d’une population d’ours dans la chaîne pyrénéenne et son renforcement en vue d’une pérennisation qui serait purement artificielle.
Maintenant que ces ours sont là, il n’est bien sûr pas question de les faire disparaître en les transloquant ailleurs. Il est bien entendu impensable de les exterminer ! Ils sont parce que l’Etat l’a voulu, des locaux l’ont voulu et que d’autres n’ont pas réussi à l’empêcher. Il faut donc assumer.
************
« Quant au malicieux [comme l’auteur de cet article ?] s’interrogeant avec une fausse bonne foi [ce qui n’est pas le cas de l’auteur de cet article, je suis de bonne foi !] sur l’utilité de l’ours ou de sa conservation, je le renvoie à ses interrogations : y a-t-il une seule vraie bonne raison de ne pas sauver l’ours ? [Si l’interlocuteur est un malicieux, par exemple un berger anti-ours, il en trouvera certainement plusieurs, fort bonnes de son point de vue] Toutefois, s’il persiste, je n’hésite pas à lui confirmer, comme il le suggère, qu’un ours ne sert à rien…Comme la musique, la peinture, la poésie … et tant d’autres éléments de notre patrimoine » Alain Reynes, directeur de l’association « Pays de l’ours – ADET », in L’ours des Pyrénées, les 4 vérités( p. 52)
On remarquera que dans ce passage comme dans tout l’encart où il se situe, on ne sait pas si l’auteur se réfère à l’ours en tant qu’espèce ou à l’ours des Pyrénées, il ne le mentionne pas. Il se borne à écrire l’ours, sans précision de telle sorte qu’il n’y a plus de différence entre « sauver l’ours » et « sauver l’ours des Pyrénées » et si c’est l’ours qui est un élément de notre patrimoine ou l’ours des Pyrénées. On m’objectera que cela va sans dire étant donné le contexte mais la communication sur le plantigrade étant ce qu’elle est, elle ne répugne pas à jouer de cette ambiguïté face à une opinion qui ignore le statut précis de l’espèce. Je persiste à penser que cela irait mieux en le disant car cela lèverait une ambiguïté persistante dans le discours des pro-ours.
L’ours serait un élément de notre patrimoine. Donc peu importe que toutes les analyses de la partie précédente de cet article soient vraies et qu’elles contredisent, du moins s’il s’agit des Pyrénées, les affirmations de A. Reynes dans le paragraphe précédant le texte cité où il met en avant le rôle d’espèce parapluie que jouerait l’ours et le rôle irremplaçable de ce plantigrade dans les écosystèmes. Il est un élément de notre patrimoine à préserver ! Mais à qui renvoie le « notre » de « notre patrimoine » ? Nous : les gens des Pyrénées, Catalans, Ariégeois, Béarnais, Basques, … ou bien les Français, les Espagnols, l’Humanité ? Faudrait-il donc inscrire l’ours des Pyrénées au patrimoine mondial de l’humanité ?
Quelle que soit la référence de ce possessif, en France plus on s’éloigne de Paris, et plus on se rapproche des vallées pyrénéennes et moins le statut patrimonial de l’ours est évident.
Les Pyrénées sans ours, c’est comme un repas sans fromage pour un Français, du moins un Français qui vit ailleurs que dans ces vallées où de nombreux éleveurs, berger et chasseurs se passeraient volontiers de la présence de cet animal. Pour les uns, l’ours serait indissociable de ce territoire, il ferait partie du patrimoine pyrénéen. Pour les autres, le patrimoine, ce n’est pas l’ours. Ce sont les grandes estives, la transhumance, les brebis. La présence de l’ours mettrait ce patrimoine en danger.
On remarquera que dans ce passage comme dans tout l’encart où il se situe, on ne sait pas si l’auteur se réfère à l’ours en tant qu’espèce ou à l’ours des Pyrénées, il ne le mentionne pas. Il se borne à écrire l’ours, sans précision de telle sorte qu’il n’y a plus de différence entre « sauver l’ours » et « sauver l’ours des Pyrénées » et si c’est l’ours qui est un élément de notre patrimoine ou l’ours des Pyrénées. On m’objectera que cela va sans dire étant donné le contexte mais la communication sur le plantigrade étant ce qu’elle est, elle ne répugne pas à jouer de cette ambiguïté face à une opinion qui ignore le statut précis de l’espèce. Je persiste à penser que cela irait mieux en le disant car cela lèverait une ambiguïté persistante dans le discours des pro-ours.
L’ours serait un élément de notre patrimoine. Donc peu importe que toutes les analyses de la partie précédente de cet article soient vraies et qu’elles contredisent, du moins s’il s’agit des Pyrénées, les affirmations de A. Reynes dans le paragraphe précédant le texte cité où il met en avant le rôle d’espèce parapluie que jouerait l’ours et le rôle irremplaçable de ce plantigrade dans les écosystèmes. Il est un élément de notre patrimoine à préserver ! Mais à qui renvoie le « notre » de « notre patrimoine » ? Nous : les gens des Pyrénées, Catalans, Ariégeois, Béarnais, Basques, … ou bien les Français, les Espagnols, l’Humanité ? Faudrait-il donc inscrire l’ours des Pyrénées au patrimoine mondial de l’humanité ?
Quelle que soit la référence de ce possessif, en France plus on s’éloigne de Paris, et plus on se rapproche des vallées pyrénéennes et moins le statut patrimonial de l’ours est évident.
Les Pyrénées sans ours, c’est comme un repas sans fromage pour un Français, du moins un Français qui vit ailleurs que dans ces vallées où de nombreux éleveurs, berger et chasseurs se passeraient volontiers de la présence de cet animal. Pour les uns, l’ours serait indissociable de ce territoire, il ferait partie du patrimoine pyrénéen. Pour les autres, le patrimoine, ce n’est pas l’ours. Ce sont les grandes estives, la transhumance, les brebis. La présence de l’ours mettrait ce patrimoine en danger.
Aujourd’hui, hélas, lorsqu’on parle de patrimoine, on entend trop souvent tinter la clochette du tiroir-caisse qui s’ouvre pour engranger la monnaie et les billets. Patrimoine rime avec valorisation sonnante et trébuchante du territoire, c’est-à-dire avec tourisme. L’ours attire le touriste ou du moins il est censé le faire, ce qui en soi est paradoxal puisque le touriste ordinaire a une chance infime d’en observer un, sauf dans le parc animalier de Borce dans la vallée d’Aspe. Quant au randonneur, il vaut mieux pour lui ne pas se trouver nez à nez avec l’animal sur un sentier car il est imprévisible, les femelles suitées étant particulièrement dangereuses et promptes à charger, ce qui se termine souvent mal pour elles s’il s’agit d’un chasseur mais qui pourrait se terminer mal pour un randonneur qui lui n’a pas de fusil pour se défendre ! La principale association pyrénéenne de défense du prédateur ne cache pas que pour elle, l’ours doit être source de profit pour le territoire. Selon elle, dans le passé, les anciens montagnards pyrénéens n’ont jamais vraiment voulu éradiquer l’ours, à la différence du loup. Selon son directeur, ils ont plutôt cherché à en tirer profit « comme de toutes les autres ressources de leur territoire » et c’est ce que cette association propose de continuer à faire : « En 2005, l’ours constitue toujours une ressource du territoire pyrénéen. Ceux qui cherchent à en tirer profit en cohérence avec leur époque sont ceux qui le protègent et en valorisent la présence » (Alain Reynes, p. 51) ; cela parce qu’aujourd’hui, l’économie des vallées « repose beaucoup plus sur le tourisme » et ce label « Pays de l’ours » serait un élément qui le dynamiserait. Cette valorisation de cet aspect du patrimoine tend à tourner au burlesque, humanisant l’animal : au montreur d’ours de jadis a succédé la femelle « maman ours » qui défend ses petits, ses oursons ; mâle et femelles sont affublés de prénoms ridicules. Le label permettrait aussi de valoriser des produits dérivés : viandes, fromages et miels estampillés d’une tête d’ours sur l’emballage, sans parler des randonnées accompagnées à thématique ours au cours desquelles les participants ne verront ni ne rencontreront (heureusement pour eux) jamais d’ours.
Il était assez facile de rendre l’ours populaire auprès du grand public urbain qui n’a pas à garder un troupeau de moutons. Bien rares sont ceux qui n’ont pas adoré une peluche dans leur tendre enfance. Il suffisait de faire de l’animal une peluche vivante en passant sous silence ses prédations, ses propensions à tuer les oursons et à les dévorer, son caractère imprévisible qui fait sa dangerosité.
Certes toutes les associations réunies dans le groupe de pression Cap-Ours n’ont pas des motifs mercantiles affirmés ou cachés. Pour les associations environnementales, comme pour certains biologistes de la conservation, un milieu naturel privé de son plus grand prédateur est considéré comme tronqué. Pour ces associations et peut-être aussi pour ces biologistes, la réintroduction est vue comme une obligation morale et ils ont réussi à en faire une obligation légale par le biais d’une exigence de restauration de la biodiversité globale traduite dans les directives et règlements de l’UE . Mais cette restauration est illusoire dans le cas de l’ours pyrénéen. Ce qui sera perdu lorsque l’ours Cannellito disparaitra le sera de façon irréversible, « sans consolation » pour reprendre l’expression du Professeur Dubois. C’est ce que tant les bureaucrates bruxellois que les associations Cap-Ours semblent ignorer.
Il était assez facile de rendre l’ours populaire auprès du grand public urbain qui n’a pas à garder un troupeau de moutons. Bien rares sont ceux qui n’ont pas adoré une peluche dans leur tendre enfance. Il suffisait de faire de l’animal une peluche vivante en passant sous silence ses prédations, ses propensions à tuer les oursons et à les dévorer, son caractère imprévisible qui fait sa dangerosité.
Certes toutes les associations réunies dans le groupe de pression Cap-Ours n’ont pas des motifs mercantiles affirmés ou cachés. Pour les associations environnementales, comme pour certains biologistes de la conservation, un milieu naturel privé de son plus grand prédateur est considéré comme tronqué. Pour ces associations et peut-être aussi pour ces biologistes, la réintroduction est vue comme une obligation morale et ils ont réussi à en faire une obligation légale par le biais d’une exigence de restauration de la biodiversité globale traduite dans les directives et règlements de l’UE . Mais cette restauration est illusoire dans le cas de l’ours pyrénéen. Ce qui sera perdu lorsque l’ours Cannellito disparaitra le sera de façon irréversible, « sans consolation » pour reprendre l’expression du Professeur Dubois. C’est ce que tant les bureaucrates bruxellois que les associations Cap-Ours semblent ignorer.
C’est ainsi que la directive Habitat énumère dans son Annexe 2 les espèces dont l’habitat nécessite la création par les Etats membre de Zones Spéciales de Conservation (ZSC) au sein du réseau Natura 2000 ; ZSC qu’ils doivent déclarées à la Commission qui contrôle avec l’appui de scientifiques « compétents » que toutes les zones concernées sont bien déclarées et font l’objet d’un traitement approprié. Dans cette liste l’espèce Ursus arctos figure avec un astérisque placé devant son nom. Il indique que « ladite espèce est une espèce prioritaire » et mérite une attention particulière en raison de la menace critique qui pèse sur elle, menace qui doit être évaluée à l’échelle des régions biogéographiques du territoire de l’UE, dans le cas présent le massif pyrénéen. Dans ces ZSC définies par les états, en accord ou après concertation avec les experts de l’UE, la protection du carnivore et de ses intérêts vitaux priment sur ceux des populations des vallées et des usages même traditionnels qu’ils font de ces milieux qui sont leur milieu de vie depuis toujours. La concertation avec les gens des vallées, lorsque concertation il y a, est du style de celle illustrée ci-contre si ce n’est que des « compensations » sont proposées «pour faire passer la pillule ».
Heureusement pour les associations pro-ours, mais malheureusement pour les habitants des vallées, agriculteurs, éleveurs ou bergers, chasseurs, l'ours brun est intouchable à cause de la protection juridique stricte dont il bénéficie au niveau international(convention de Berne), européen (directive Habitats) et national, d’autant qu’à ce titre sa gestion relève directement de la compétence de l’État. Les collectivités territoriales n’ont aucun pouvoir de police sur la faune sauvage protégée de leur territoire quels que soient leur nuisances. Elles ne peuvent que faire pression sur le Ministère et la préfecture en votant des motions d’oppositions à de nouveaux lâchers ou pour exiger le retrait d’ours prédateurs du bétail comme le font régulièrement l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, la région Occitanie. Lorsque qu’elles veulent aller plus avant comme ces maires qui promulguent des arrêtés interdisant la divagation des ours sur le territoire de leur commune, ces arrêtés sont déférés par les préfets devant les Tribunaux administratifs, ils sont systématiquement suspendus et annulés au motif que «l’arrêté attaqué, qui fait obstacle aux actions de protection de l’ours décidées par l’État et est susceptible d’être incompatible avec les obligations communautaires de la France, ne revêt pas un caractère nécessaire au regard des objectifs de la police municipale. »( CE : jugement n° 1900399 (Gère‑Belesten + estives de Laruns). Mais l’état lui-même n’est pas libres pour gérer le devenir de l’ours dans le massif, la France s’étant liée les mains en signant la Convention de Berne et étant tenue d’appliquer les directives européennes sur son territoire sous peine d’amendes exorbitantes.
Pour l’UE donc pour l’Etat, pour les associations pro-ours, comme il y avait des individus de l’espèce Urus arctos arctos dans le massif pyrénéen, la Convention de Berne concernant la "Conservation de la vie sauvage et du milieu naturel" oblige à assurer la présence d’un nombre suffisant d’individus de cette espèce pour que cette présence soit assurée dans l’avenir. Cette obligation légale repose sur une conception non questionnée de l’espèce, sur des notions de la biologie de la conservation largement remises en cause dans la littérature scientifique et sur des conjectures sur le rôle de l’espèce qui pour le moins manquent de preuves dans le cas de l’ours vivant dans les Pyrénées. Mais elle s’impose !
Une obligation de respecter une convention internationale signée en 1979 et ratifiée en 1990 par les deux chambres de la V République de façon souveraine et celle se conformer à une directives de l’UE sous peine de lourdes sanctions financières, telle est en définitive la raison pour laquelle à la satisfaction des « restaurateurs du sauvage » la France se doit de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’une population de l’espèce d’Ursus arctos arctos perdure dans la chaîne des Pyrénées avec obligation, de résultats et pas seulement de moyens quoi qu’il en coûte aux gens vivant dans et de ce massif. C’est un peu court, mais c’est ainsi. A chacun de juger !
Heureusement pour les associations pro-ours, mais malheureusement pour les habitants des vallées, agriculteurs, éleveurs ou bergers, chasseurs, l'ours brun est intouchable à cause de la protection juridique stricte dont il bénéficie au niveau international(convention de Berne), européen (directive Habitats) et national, d’autant qu’à ce titre sa gestion relève directement de la compétence de l’État. Les collectivités territoriales n’ont aucun pouvoir de police sur la faune sauvage protégée de leur territoire quels que soient leur nuisances. Elles ne peuvent que faire pression sur le Ministère et la préfecture en votant des motions d’oppositions à de nouveaux lâchers ou pour exiger le retrait d’ours prédateurs du bétail comme le font régulièrement l’Ariège et les Hautes-Pyrénées, la région Occitanie. Lorsque qu’elles veulent aller plus avant comme ces maires qui promulguent des arrêtés interdisant la divagation des ours sur le territoire de leur commune, ces arrêtés sont déférés par les préfets devant les Tribunaux administratifs, ils sont systématiquement suspendus et annulés au motif que «l’arrêté attaqué, qui fait obstacle aux actions de protection de l’ours décidées par l’État et est susceptible d’être incompatible avec les obligations communautaires de la France, ne revêt pas un caractère nécessaire au regard des objectifs de la police municipale. »( CE : jugement n° 1900399 (Gère‑Belesten + estives de Laruns). Mais l’état lui-même n’est pas libres pour gérer le devenir de l’ours dans le massif, la France s’étant liée les mains en signant la Convention de Berne et étant tenue d’appliquer les directives européennes sur son territoire sous peine d’amendes exorbitantes.
Pour l’UE donc pour l’Etat, pour les associations pro-ours, comme il y avait des individus de l’espèce Urus arctos arctos dans le massif pyrénéen, la Convention de Berne concernant la "Conservation de la vie sauvage et du milieu naturel" oblige à assurer la présence d’un nombre suffisant d’individus de cette espèce pour que cette présence soit assurée dans l’avenir. Cette obligation légale repose sur une conception non questionnée de l’espèce, sur des notions de la biologie de la conservation largement remises en cause dans la littérature scientifique et sur des conjectures sur le rôle de l’espèce qui pour le moins manquent de preuves dans le cas de l’ours vivant dans les Pyrénées. Mais elle s’impose !
Une obligation de respecter une convention internationale signée en 1979 et ratifiée en 1990 par les deux chambres de la V République de façon souveraine et celle se conformer à une directives de l’UE sous peine de lourdes sanctions financières, telle est en définitive la raison pour laquelle à la satisfaction des « restaurateurs du sauvage » la France se doit de prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’une population de l’espèce d’Ursus arctos arctos perdure dans la chaîne des Pyrénées avec obligation, de résultats et pas seulement de moyens quoi qu’il en coûte aux gens vivant dans et de ce massif. C’est un peu court, mais c’est ainsi. A chacun de juger !
Sources
Les différents rapports des groupes ours, les textes officiels de l’EU et des ministères (Agriculture, Ecologie), les écrits des parties prenantes du conflit entre pro et anti-ours, des synthèses de recherches sur le web recoupées rigoureusement et vérifiées, des articles de revues à comité de lectures dans les domaines des thèmes abordés, etc.
Références des ouvrages cités et de quelques autres
BENHAMMOU Farid (2007) Crier au loup pour avoir la peau de l’ours – Une géopolitique locale de l’environnement à travers la gestion et la conservation des grands prédateurs en France ; Thèse 2007
BOITANI Luigi, CLOBERT Jean, LE MAHO Yvon, QUENETTE Pierre-Yves, SARRAZIN François, SAVOURÉ-SOUBELET Audrey (2013). Expertise collective scientifique « L’Ours brun dans les Pyrénées », Muséum National d’Histoire Naturelle, Paris.
DUBOIS Alain (2008). « La notion de pollution biotique : pollutions faunistiques, floristiques, génétiques et culturelles » , Bull. Soc. zool. Fr., 2008, 133(4) : 357-382
Djuro, Kazensky Petra, Knauer Felix, Mustoni Andrea, Palazon Santiago & Zibordi Frederico (2006). «Comparaison du comportement spatial d’ours bruns réintroduits et non réintroduits en Europe », ONCFS Rapport scientifique 2006 : 21 - 25
ETIENNE Pascal & LAUZET Jean L’ours brun – Biologie et histoire, des Pyrénées à l’Oural, Publications scientifiques du Muséum, Biotope Mèze 2009
Quenette Pierre-Yves, Rauer Georg, Huber Djuro, Kazensky Petra, Knauer Felix, Mustoni Andrea, Palazon Santiago & Zibordi Frederico (2006). « Comparaison du comportement spatial d’ours bruns réintroduits et non réintroduits en Europe », ONCFS Rapport scientifique 2006 : 21 - 25
Rapports Ours Brun 2011 – 2025
REYNES Alain (2005) « De la chasse à la réintroduction : entre histoire et espoir » in L’ours des Pyrénées, Les 4 vérités, Edition Privat Toulouse
Illustrations
JF D. (statue d’un ours – Saint-Lary – 2024) ; Carte ancienne, Montreurs d’ours, Vilatte éditeur ; ? – Ourse et son très jeune ourson ; Caricature d’époque conservée au Musée Carnavalet (Histoire de Paris) sous le titre « Assemblée des Notables le 22 février 1787 » (retrouvée sur le Web grâce à Gemini).
*********
Résumé : La population autochtone d’ours des Pyrénées est désormais éteinte et les ours actuels, issus de réintroductions slovènes, forment une population nouvelle. L’auteur juge fragiles les arguments conservationnistes avancés pour justifier son maintien. La présence de l’ours a aujourd’hui un intérêt patrimonial et touristique mais l’animal est rejeté localement par ceux qui sont plus attachés au pastoralisme qu’ils considèrent comme le véritable patrimoine du massif. La question de la pérennisation de cette population renouvelée est très fortement conflictuelle. Beaucoup dans les vallées se passerait bien de cette présence jugée imposée par l’Etat et l’UE avec l’appui d’associations environnementales qui, fortes de l’arsenal légal et réglementaire en faveur de l’animal, judiciarisent à l’extrême le conflit. En dernière analyse, c’est en fonction de motifs purement juridiques que la présence de l’ours s’impose à défaut de vraiment se justifier.
Resum: La població nativa d'ossos dels Pirineus està ara extingida, i els ossos que s'hi troben actualment, provinents de reintroduccions d'Eslovènia, formen una nova població. L'autor considera febles els arguments conservacionistes exposats per justificar la seva presència continuada. La presència de l'ós és ara un atractiu patrimonial i turístic, però l'animal és rebutjat localment per aquells més apegats al pasturatge, que el consideren el veritable patrimoni de la serralada. La qüestió de la supervivència a llarg termini d'aquesta població reintroduïda és molt controvertida. Molta gent de les valls estaria encantada de prescindir d'aquesta presència, que consideren imposada per l'Estat i la UE amb el suport d'organitzacions ecologistes; aquestes organitzacions, recolzades pel marc legal i normatiu a favor de l'animal, estan portant el conflicte als tribunals fins a l'extrem. En última instància, la presència de l'ós s'imposa per motius purament legals, més que no pas per estar realment justificada.
Resumen: La población autóctona de osos de los Pirineos se ha extinguido y los osos actuales, procedentes de reintroducciones eslovenas, forman una población nueva. El autor considera que los argumentos conservacionistas esgrimidos para justificar su mantenimiento son poco sólidos. La presencia del oso tiene hoy en día un interés patrimonial y turístico, pero el animal es rechazado a nivel local por quienes están más apegados al pastoreo, que consideran el verdadero patrimonio del macizo. La cuestión de la sostenibilidad de esta población renovada es muy controvertida. Muchos habitantes de los valles preferirían prescindir de esta presencia, que consideran impuesta por el Estado y la UE con el apoyo de asociaciones ecologistas que, valiéndose del arsenal legal y normativo a favor del animal, llevan el conflicto hasta los tribunales de forma extrema. En última instancia, es por motivos puramente jurídicos por lo que se impone la presencia del oso, a falta de una justificación real.
Abstract: The native bear population of the Pyrenees is now extinct, and the current bears—descended from Slovenian reintroductions—constitute a new population. The author considers the conservationist arguments put forward to justify maintaining this population to be weak. The presence of bears today holds heritage and tourism value, but the animals are rejected locally by those who are more attached to pastoralism, which they consider to be the true heritage of the mountain range. The issue of the long-term survival of this reintroduced population is highly contentious. Many people in the valleys would gladly do without this presence, which they view as imposed by the state and the EU with the support of environmental organizations that, armed with the legal and regulatory arsenal in favor of the animal, are taking the conflict to the courts to the extreme. Ultimately, it is purely legal grounds that the bear’s presence is enforced, rather than being truly justified.
Lundi 31 Août 2026
Commentaires (0)
Profil
Jean-François Dumas
Dernières notes
Galerie
Liste de liens
© 2010 Jean-François Dumas
Toute utilisation de documents issus de ce site doit en mentionner la source.
Création et webmaster : Méker-et-Cie, avec l'éditeur Webzinemaker
Toute utilisation de documents issus de ce site doit en mentionner la source.
Création et webmaster : Méker-et-Cie, avec l'éditeur Webzinemaker
Au quotidien








