Klaus Schwab évincé, le Forum de Davos reste le même : il n’est que la rencontre de riches et très riches exploiteurs entre eux et avec quelques-uns des chefs d’État et de gouvernement au service de leurs intérêts. Réunions tenues dans des salons feutrés à l’abri du public, discours hypocrites prononcés sur le devant de la scène, leur séjour dans le luxe achevé, tous ces philanthropes soucieux du climat et prompt à inciter les autres à une sobriété heureuse sont repartis comme ils étaient venus chacun dans son jet privé.


Ce raout suscite de nombreuses réactions hostiles, notamment sur ces réseaux sociaux honnis des pouvoirs en place, en France tout particulièrement où ils permettent de contourner une presse et des médias serviles. En voici une, très instructive sur la richesse. A méditer ...

"Plus de 700 jets privés à Davos. Un jour, ils seront saisis. Les fortunes aussi. Ce n'est pas de la jalousie. C'est la guerre et c'est eux qui l'ont déclarée. Quand ils la perdront, il faut qu'ils en payent le prix. Ces gens ont tout. Ils peuvent en profiter et laisser les autres en paix. Non, ce n'est pas leur vision du monde. Pour eux, ce qui fait la richesse, ce n'est pas la possession, mais le contraste. Le jet pour moi, les prostitués de luxe et les bains de champagne... mais ça ne me suffit pas. Je ne me sens riche que lors que les gens sont privés de chauffage, de nourriture et d'espoir. Manger du caviar ne me suffit pas, il faut que les autres mangent des insectes pour que mon bonheur soit complet. Les gens en ont déjà mare de ce cynisme. Le jour où ils sortiront, du jet privé il ne restera que la carcasse fumante. Ils sauveront le "climat" à leur manière." 

Curieusement, il y a une sorte de convergence entre ce texte et ce qu’au temps des trente glorieuses, développait en 1974 l’écologiste André Gorz. Il soutenait que « pauvreté signifie par définition privation de jouissances accessibles à d'autres ».Selon lui, richesse et pauvreté sont relatives. Il écrivait « On est pauvre au Pérou quand on va pieds nus, en Chine quand on a pas de bicyclette, en France quand on ne peut se payer une auto. » (évidement les choses ont bien changé depuis mais le cas reste parlant). Lorsque tout le monde « pourra se payer une auto » ,il prédisait que  « la minorité privilégiée s'en détournera en faveur de nouveaux transports de luxe », ce sera l’avion, le Concorde et aujourd’hui le jet privé et l’hélicoptère. Pour les riches il faut donc conserver l'écart : on n'est riche que si les autres sont pauvres. Gorz estimait que la pauvreté ne serait supprimée que si l'on cessait de produire des "richesses rares" c'est-à-dire "réservées et exclusives par essence". Or, voici bien une chose qui, à la différence de l’automobile, ne pourra pas se démocratiser, sinon par nature, du moins de fait : le jet privé stationné sur le tarmac de l’aéroport desservant Davos. C'est un objet dont la possession fait le riche par excellence. Comme il n’est plus possible d’empêcher sa production , il ne reste plus qu’à le détruire. «du jet privé il ne restera que la carcasse fumante »
Deux des trois causes de la pauvreté distinguées par Gorz sont présentes dans ce texte: l’accaparement et la consommation ostentatoire. Mais je ne pense pas que l’internaute et l’écologiste en lutte contre une société de consommation en tireraient les mêmes leçons. Le contexte est différent. Les trente glorieuses ne sont qu’un lointain souvenir et l’écologie est devenue la nouvelle façon pour les riches bourgeois et ceux qui les servent de contraindre tous les autres à une sobriété forcée pour cause de réchauffement climatique, une sobriété pas si heureuse que cela puisqu’ils se gardent bien de la pratiquer.

 

Vendredi 23 Janvier 2026 Commentaires (0)
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