Écologique : le blog de Jean François DUMAS
Si les contributions des Français sont de loin les plus nombreuses, c’est parce que l’association qui veut tuer l’élevage et imposer le véganisme en France, L 214 pour ne pas la nommer, avait ameuté ses troupes pour qu’elles se prononcent en faveur d’une réduction drastique de l’élevage, dans la ligne de son ridicule « sauvetage du siècle ». L. 214 leur avait fourni le texte de la contribution à poster sur le site de la consultation tel quel ou « personnalisé » .  Plus d’une centaine de ces animalistes ont donc copié le message prémâché sur le registre de la consultation. Ces contributions identiques à quelques nuances ont pollué le débat. Une consultation n’est pas un vote et répéter cent fois et plus la même chose ne fait pas avancer mais patiner le débat. Quant au nombre, la contribution d’une personne dument mandatée d’une association européenne parlant au nom de plusieurs milliers d’éleveurs a plus de poids qu’une centaine de perroquets répétant un même message outrancier. Si l’on ne tient pas compte de ces contributions lassantes à force d’être répétitives, les réflexions et prises de postions sont très intéressantes à consulter ainsi bien entendu que le texte introductif de la Commission.
Voici le lien : https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/16832-Strategie-de-lUE-en-matiere-delevage_fr
Je donne ci-dessous le texte de ma contribution (avec quelques corrections mineures de forme que j’ai apportées en la relisant pour la publier sur le blog).
 
Ma contribution comprendra deux parties.
1 – exposé des motifs justifiant les mesures proposées
2 – Les mesures
Le bien-être animal est une chose, le bien-être de l’éleveur et des ouvriers agricoles en est une autre et c’est celle qui devrait être prioritaire. Leur bien-être passe d’abord par un revenu confortable et une attention particulière à la pénibilité des tâches, à porter l’accent sur la prévention des maladies professionnelles, leurs détections précoces et leur traitement. L’assurance de pouvoir continuer l’exploitation familiale et de pouvoir en vivre dignement sera la meilleure prévention pour ce qui est de la santé psychique des exploitants et permettra de juguler « l’épidémie de suicides » qui frappe la profession.
Je regrette que ne soient pas abordés en priorité ces sujets alors que la Commission met en avant le bien-être animal, le problème des gaz à effet de serre et de la conservation de la biodiversité, la santé de la planète donc, avant celle des éleveurs, travailleurs agricoles, bergers … le bien-être du producteur et de ses salariés n’a jamais été indiqué sur l’étiquette et le bien-être animal s’il est parfois, ajoute un coût qu’il revient au consommateur de payer.
Autre point passé sous silence les prédateurs, leur protection, leur introduction qui vont à l’encontre de l’élevage en plein air qui doit être recherché comme le plus vertueux pour la planète comme pour les humains. Il faut mais ne suffit pas indemniser les éleveurs. La vraie solution est ailleurs. En France une fois le loup disparu, les écosystèmes ne se sont pas effondrés. C’est avec son retour que des problèmes sont réapparus. Il faudra être clair sur cette question des prédateurs. L’affaiblissement de la protection du loup est un bon début, mais ce n’est qu’n début.
Comment concilier cette affirmation de la Commission selon laquelle « les normes élevées de l’UE entraînent des coûts qui ne sont pas toujours rémunérés par le marché » avec son obstination à vouloir  « toujours plus de marché » ? Comme si ce « marché » était la solution alors qu’il est le problème ! Un marché non régulé et non encadré est incompatible avec des normes élevées sociales, environnementales et de bien-être animal car c’est ce marché qui tend à la destruction d’une agriculture familiale, au nivellement par le bas des normes et au gigantisme des exploitations dans une optique de profit et de concurrence.
 Les clauses miroirs sont une illusion car inapplicables de façon efficaces dans le réel avec les moyens de contrôle dont on dispose aujourd’hui. Elles sont tout juste bonne à calmer la colère des paysans européens. Après avoir signé le Mercosur,  permis l’entrée sans contrainte des produits de l’agriculture et de l’élevage ukrainien et vouloir faire adhérer ce pays en levant toutes les exigences, la Commission est bien peu crédible lorsqu’elle prétend assurer la pérennité de l’agriculture et de l’élevage. Sous ses grands mots et jargon de technocrates, je vois se profiler la mise à mort de l’élevage paysan et des exploitations familiales au profit de fermes industrielles tournées moins vers notre suffisance alimentaire à base de produits sains que vers un marché mondial concurrentiel dominé par les grands groupes de l’agroalimentaire avec comme seul but et valeur que le profit. Tout cela au nom d’une concurrence libre et non faussée entre les exploitations des pays membres.
J’y vois aussi une atteinte de plus à la souveraineté des états membres en matière d’autosuffisance alimentaire, de soutien à ses territoires défavorisés et à ses exploitations familiales, à son agriculture qui n’est pas seulement une activité économique mais touche à leur identité. On vous a déjà vu avec les règlements sur les fromages et combien il a fallu se battre pour que l’on puisse continuer à proposer aux consommateurs les fromages qui sont dans toute leur diversité, l’un des joyaux de notre table et de notre art de vivre en France.
Enfin je crains que cette consultation avec le résumé qui l’introduit soit une perche tendue aux ONG animalistes et véganes, en fait des lobbies qui rameutent leurs troupes pour planter un nouveau clou dans le cercueil qu’ils construisent pour l’élevage dont ils veulent la disparition. Il suffit de voir combien de contributions issues d’un même texte de base conçu par une IA inondent et polluent cet appel à contribution.
2 – les mesures :
  • Garantir la pérennité des fermes d’élevage familiales et inciter éventuellement les très petites à s’associer, en tout cas les soutenir pour qu’elles restent économiquement viables,
  • Subventionner le pâturage pour les bovins et caprins et le maintien de prairies permanentes pour la sauvegarde des paysages, la protection de la biodiversité, l’atténuation des émissions de carbone et leur compensation, la production d’une viande et des produits laitiers de qualité accessible à tous
  • Aide structurelle à l’élevage de montagne pour les mêmes raisons + le tourisme  
  • Répercussion obligatoire sur le prix payé par le consommateur des coûts supplémentaires induits par les mesures de bien-être animal et calibration des mesures obligatoires en fonction des coûts supportables par le consommateur et en fonction d’exigences réalistes pour les éleveurs (ne remettant pas en cause la viabilité économique de leur exploitation, y compris les plus petites)
  • Stopper l’augmentation des populations de loups en favorisant leur régulation là où il y a des troupeaux et stopper toutes les introductions d’ours et de lynx, chats forestiers et autres prédateurs sans dérogation possible sous prétexte de viabilité des populations, consanguinité ou tout autre motif.
  • Devenir plus compétitif sans clauses miroir complètes et sans que l’on se donne les moyens matériels et humains de les appliquer, c’est le nivellement par le bas ou la mort de l’élevage. Il faut donc se donner vraiment les moyens en la matière avec obligation de résultat et la tâche est colossale !
  • N’accepter sur le marché intérieur les produits ukrainiens que lorsqu’ils seront produits conformément aux normes de l’UE en application des clauses miroirs qui doivent s’appliquer également dans ce cas (y compris sur les salaires et conditions de travail)
  • La politique agricole doit voir son budget conforté et sanctuarisé. Pas de réaffectation des fonds destinés à l’agriculture et à l’élevage aux politiques de défense et pour le soutien à l’Ukraine.
  • Laisser des larges marges de manœuvre pour les pays et les territoires.
  • Contrecarrer par la réalisations de campagnes d’information le dénigrement des éleveurs, de l’élevage et de ses produits.
Jeudi 23 Avril 2026 Commentaires (0)

Les associations et organisations animalistes se distinguent par leur absence sur le terrain pour défendre les vaches abattues en application d’une mesure prophylactique pour le moins discutable visant à éradiquer du territoire métropolitain la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) . Dans leur communiqué à ce sujet, la plupart de ces organisations ne prennent même pas la peine d’écrire un mot de soutien aux éleveurs, fût-il de pure circonstance. De leur point de vue cet abattage n’est qu’un abattage comme un autre de bêtes vouées à être abattues de toute façon. Elles en profitent pour tirer à boulet rouge sur l’élevage dont elles veulent l’abolition. Elles ne sont suivies en cela par AUCUNE organisation de protection des animaux, aucune organisation naturaliste ou écologiste. Le clivage est particulièrement net entre animalistes et ces dernières. Ce qui est réconfortant. Cet article passe en revue les communiqués de presse des trois plus importantes organisations animalistes.


Précisons tout d’abord qu’il faut faire une distinction entre les organisations animalistes « antispécistes » et les associations de protection des animaux comme 50 millions d’amis, la Fondation Brigitte Bardot ou l’OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir ) par exemple. Celles que je viens de citer sont toutes au côté des agriculteurs et se mobilisent pour que l’épidémie soit traitée différemment notamment sans abattage total d’un troupeau, a fortiori lorsque vacciné et une généralisation rapide de la vaccination. Par exemple l’OABA dont le président est un vétérinaire condamne l’abattage total, préconise un abattage partiel, l’isolement du troupeau, des restrictions strictes de déplacement et une vaccination généralisée. Ce qui par parenthèse prouve que tous les vétérinaires ne sont pas d’accord avec la façon brutale de procéder.
 
Les communiqués de presse examiné dans la suite de cet article sont ceux des trois organisations animalistes d’envergure nationale : L 214, La REV et le Parti Animaliste.  
 
Toutes condamnent l’abattage des vaches mais aucune ne propose de solution alternative, ne prend position sur la vaccination, l’isolement, les restrictions de déplacement. Manifestement, elles ne s’intéressent pas aux solutions et aux moyens à mettre en œuvre pour sauver le maximum de vaches dans les troupeaux atteints et pour juguler l’épidémie. La seule solution envisagée, c’est la suppression de l’élevage. Comme cela n’est pas pour demain, la tuerie pourra continuer ! Malgré leurs lamentations sur le sort de ces pauvres vaches qui de toute façon seront abattues, elles ne s’en soucient guère en réalité.
Toutes profitent de cette épidémie pour faire le procès de l’élevage et argumenter pour son élimination de façon nette dans le cas de L214, REV, moins claire pour le Parti animaliste qui écrit « Le Parti animaliste appelle à engager une transition progressive vers des systèmes agricoles et alimentaires respectueux des animaux, des humains et de l’environnement. » ce qui sous-entend que les systèmes agricoles actuels ne le sont pas mais  qui ne serait pas d’accord pour [mieux] respecter les animaux, les humains et l’environnement ? C’est lorsque est explicité en quoi consiste exactement ce beau programme que les divergences se font jour !
 
En revanche, le titre de REV est très clair : « Dermatose nodulaire : la REV réaffirme la nécessité de mettre fin à l’élevage » . Cette organisation est cependant la seule à déclarer soutenir les éleveurs dans la défense de leurs troupeaux ce qui est incohérent avec la volonté de mettre fin à l’élevage. Elle les soutient mais veut leur disparition puisqu'elle condamne dans le même texte l'abattage de millions de bovins par an pour la consommation humaine et donc leur production c’est-à-dire l’élevage et les éleveurs qu'elle prétend soutenir ! REV s'en prend aussi aux syndicats de ces éleveurs mobilisés pour tenter de défendre leurs troupeaux parce que ces syndicats "maintiennent les éleveuses et éleveurs dans une impasse économique et morale en refusant d'envisager une sortie de l'élevage" c'est-à-dire en refusant de les voir disparaitre en tant qu'éleveurs ! Les syndicats d’éleveurs accusés de ne pas vouloir la fin de l’élevage !  La REV, c’est le royaume de l’absurde.
 
 Pour sauver ces vaches tuées en masse, L 214, à l’activisme débordant n’a entrepris aucune action sur le terrain, ni de lobbying auprès des élus dont elle use et abuse sur d’autres sujets. Elle est en mode service minimum pour ce qui concerne la brutalité de la mesure prophylactique choisie par le gouvernement pour lutter contre la DNC, à savoir l’abattage de troupeaux entiers pudiquement appelée « dépeuplement ».  A ceux qui s’étonnent sinon de son absence d’action militante , du moins de son silence, elle répond « nous sommes là, nous travaillons sans relâche sur les racines qui ont amené à cette crise sanitaire et à bien d’autres conséquences » Elle travaille sans relâche sur les racines mais ne défend en la circonstance ni les éleveurs, ni les troupeaux ! Il faut tout de même rappeler que pour L214 ces « racines », c'est l’élevage des bovins lui-même et qu'il faut supprimer comme il faudrait  la suppression des élevages de tout animal qu’elle amalgame dans ce communiqué comme dans ces autres publications en une seule entité honnie : « le système d’élevage dans son ensemble » dont elle dénonce « la violence structurelle ». Elle conclut son communiqué en ces termes « Notre système agricole et alimentaire est éthiquement et sanitairement funeste. L214 propose une sortie planifiée de ce modèle dans son rapport le Sauvetage du siècle – sauver 600 millions d’animaux en 2030 (et bien plus encore) ».

600 millions d’animaux sauvés, non transformés en viande ! Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire ? Plaisanterie à part, il s’agit en fait de diviser par deux la consommation actuelle de viande. Pour les bovins dont il est question dans le cas de la dermatose nodulaire contagieuse, l’objectif de L214 avec son «sauvetage du siècle»  est de passer de 4 428 097 tués en 2023 à 2 205 000 selon les chiffres qu’elle donne. Bien entendu et cela devrait aller sans dire, L214 ne sauverait aucun animal puisque ces 600 millions n’existeraient pas et n’auraient jamais existé. Par contre, c’est le cheptel actuel qui serait divisé par deux. Avouons qu’il faut vraiment être pervers pour ne pas vouloir sauver 600 millions d’animaux mais qu’il faut être encore plus pervers pour tromper les gens à ce point et leur faire croire qu’il s’agit de sauver des animaux …qui n’existent pas.  Diviser de moitié le cheptel actuel puisque là est le but de ce prétendu sauvetage, ne peut se faire que de deux façons : réduire la taille des troupeaux ou réduire le nombre d’exploitations. Seule la deuxième est praticable en France où il s’agit d’exploitations familiales dont 87% ont moins de 100 vaches. Diminuer la taille du troupeau rendrait non viable économiquement beaucoup de ces exploitations. Alors que les éleveurs se battent pour sauver et leur troupeau et leur ferme, profiter de l’épidémie pour faire la promotion d’un plan de destruction de l’élevage en France qui ne dit pas son nom est d’une fourberie abjecte, à l’opposé des grands principes éthiques dont cette association se drape. Inconscience ou culot monstre ? En somme en pratiquant un abattage prophylactique d’un troupeau au sein duquel il y a une vache contaminée, le gouvernement se livre au dépeuplement d’animaux de rente souhaité par L214 qui, si on la laissait faire,  procèderait certes de façon plus graduelle et avec des mesures moins violentes pour les animaux mais pas pour les paysans dont elle n’a que faire. Comment qualifier un tel manque d’empathie pour l’éleveur attaché à son troupeau que l’on massacre et qui voit détruites des années de travail, de sélection génétique pour l’adaptation du troupeau au territoire ?
 
Lundi 12 Janvier 2026 Commentaires (0)

Les associations animalistes, les ONG environnementalistes adorent les sondages. Pas n’importe lesquels certes, ceux dont elles sont les commanditaires et dont les résultats vont, comme par hasard, dans le sens de leurs attentes. Elles ne cherchent pas à savoir ce que les gens pensent réellement sur leurs sujets de prédilection. Leur but est d’utiliser l'évidence avec laquelle les sondages s’imposent aujourd’hui dans le champ politique et journalistique pour faire pression sur le gouvernement, les maires, etc., tous les politiciens, élus ou aspirant à l’être et grâce aux médias de masse qui les commentent et les popularisent tenter de gagner les gens à leur cause. Appelons un chat, un chat : ces associations ne font rien d’autre que ce qu’elles reprochent sans cesse à leurs adversaires : du lobbying et de la propagande !


Le sociologue Hugo Touzet a effectué dans le cadre de sa thèse un travail que je qualifierai d’ethnosociologie sur les sondeurs d’opinion très éclairant. Dans le chapitre 4 de l’ouvrage qui en est issu Produire l’opinion, (Touzet 2025) l’auteur souligne que les instituts de sondage sont des entreprises commerciales qui s’apparentent à des prestataires de services mais que cela n’est pas un obstacle à la réalisation d’enquêtes fournissant des résultats de valeur parce que les compétences des sondeurs sont « mobilisées de manières différentes selon la demande commerciale à laquelle ils et elles sont confrontées ». Selon la demande du commanditaire ces compétences « peuvent être utilisées de manière proche de ce que l’on observe dans le champ des sciences sociales, pour rechercher des données qui apportent à la connaissance d’un fait de société ou qui éclairent une actualité ». Cependant elles peuvent aussi être utilisées « pour obtenir un résultat spécifiquement recherché » par le client. « Cette seconde modalité d’usage des savoir-faire est la plus vivement critiquée quand il est question de sondages ayant trait à des enjeux politiques ou sociaux. (…). Il peut s’agir d’enquêtes pour communiquer, démontrer que son point de vue est majoritaire, insister sur le fait «qu’on a l’opinion avec soi» ».  Ce sont des sondages de cette sorte que demandent et qu’ achètent les associations environnementalistes, sondages qui leur donnent les « informations qu’ils attendent « (Garrigou 2006, p.52).

Le but de cet article est de monter que c’est le cas du sondage récent commandé par le RAC (Réseau Action Climat) intitulé La perception par les Français des enjeux et des mesures écologiques. [© Ipsos bva pour le Réseau Action. Climat] consultable ici : https://reseauactionclimat.org/wp-content/uploads/2025/10/ipsos-bva-pour-les-reseau-action-climat-enquetes-sur-les-mesures-ecologiques-octobre-2025.pdf

A tout seigneur tout honneur, la question du réchauffement climatique est celle qui est abordée en premier dans ce sondage. Elle est le plus longuement étudiée conformément à l’air du temps où la question climatique a phagocyté toutes les autres tendant à faire de « la lutte pour le climat » l’alpha et l’oméga de l’écologie. S’y ajoute tout de même deux thèmes bien plus brièvement traités l’un porte sur l’agriculture avec deux sujets, les pesticides et la taille des élevages industriels et l’autre concerne l’aménagement du territoire avec des questions sur l’objectif « Zéro artificialisation nette ». Sans aucun doute, ces trois sujets ont été sélectionnés parce qu’ils font l’objet de loi ou de projets de loi qui constituent aux yeux des ONG environnementalistes des régressions dans la protection de l’environnement et ont soulevé de nombreuses protestations, donné lieu à de pétitions. Il s’agit de la « loi Duplomb » (loi visant à lever les contraintes à l'exercice du métier d'agriculteur) votée par l’Assemblée nationale et des tentatives des sénateurs et députés pour vider la loi ZAN de son contenu (projet de loi TRACE votée par les sénateurs, dispositions inclues dans le projet de loi de simplification de la vie économique par les députés…). En revanche on notera que la suppression de ZFE n’a pas été retenue. Elle a été fortement condamnée par le RAC alors que le gouvernement n’a fait qu’accéder à une revendication populaire par crainte de la montée en puissance d’un mouvement comparable à celui des Gilets Jaunes. Eviter les sujets impopulaires comme la taxe carbone sur les carburants ou l’instauration de ces ZFE est un bon moyen de faire surgir un consensus autour de l’environnement.

Je vais donc centrer mon analyse sur la partie traitant du climat. Comblé par les résultats du sondage, le Réseau Action Climat (RAC) avertit en les citant : « « Le nouveau gouvernement ne pourra pas faire abstraction de ces enjeux [enjeux environnementaux et climatiques] alors même que : 93 % des Français constatent l’augmentation des événements climatiques extrêmes. 91 % d’entre eux l’attribuent au changement climatique. 89 % en sont inquiets (dont 32 % très inquiets).» Voyons ce qu’il en est de plus près.

 
Mercredi 19 Novembre 2025 Commentaires (0)

Si son titre n’indique pas vraiment l’objet de cet ouvrage, le sous-titre, lui, annonce la couleur : faire « redécouvrir les plantes messicoles, nos sauvageonnes des moissons », en d’autres termes les « mauvaises herbes » qui poussent surtout dans les champs de céréales. Il ne s’agit pas seulement de les faire connaître mais aussi et surtout de les « réhabiliter » pour justifier et promouvoir la protection et la conservation de ces espèces dont beaucoup sont en déclin, certaines étant en danger, voire en danger critique d’extinction à cause notamment du perfectionnement continu des pratiques agricoles depuis la fin du XIXe siècle ; l’introduction des herbicides à partir des année 1950 n’ayant fait qu’accélérer et aggraver le processus. Il s’inscrit dans la perspective du Plan national d’actions en faveur des plantes messicoles 2012-2017, l’ouvrage datant de 2014.


Mauvaises les mauvaises herbes ? Compte rendu critique du livre de Sophie Lemonnier « L’aventure est dans les blés »
En général il vaut mieux fuir ces ouvrages ou articles dans lesquels se mélangent partage d’un savoir et militantisme pour une cause, fût-elle bonne ! Et d’ailleurs dans ce cas, la cause est-elle bonne ? Faut-il se réjouir ou s’attrister que les champs de blé soient exempts de mauvaises herbes ? Cela dépend du point de vue, ce que reconnaît l’auteure au tout début de son ouvrage sans d’ailleurs en tenir compte par la suite.

L’ouvrage date de 2014. Il reste cependant d’actualité et si j’en fais aujourd’hui l’analyse, c’est parce que sa lecture est recommandée par Madame Jocelyne Cambecèdes, dans une vidéo de Téla Botanica remise en ligne au début de ce mois d’août 2025 dans le cadre de cahiers de vacances que Tela Botanica propose aux botanistes amateurs ou débutants pour affiner et tester leurs savoirs sur les plantes tout en s’amusant.  J. Cambecèdes est rédactrice de ce plan national d’actions en faveur des plantes messicoles 2012-2017et de ceux qui ont suivi.
 Personnellement je trouve que si on peut le recommander, c’est surtout pour sa seconde partie qui occupe près des deux tiers du livre. L’auteure y brosse le portrait de vingt de ces plantes en vingt fiches, une pour chaque plante, ensemble qu’elle nomme joliment et pertinemment « bouquet de moisson » puisqu’il s’agit d’une sélection sur un bien plus grand nombre. C’est déjà une raison de lire ce livre, il permet à ceux qui l’ignoreraient d’apprendre que les fleurs de champs ce ne sont pas seulement les coquelicots, les marguerites et les bleuets. Chaque fiche est illustrée d’une aquarelle et comprend une description de la plante avec l’indication de sa période de floraison, de son milieu préféré mais s’y ajoute aussi des rubriques plus ou moins fournies selon les cas qui concernent les noms vernaculaires, des curiosités botaniques, légendes, des pratiques rituelles et festives du passé, recettes de cuisines, contes pour enfants … L’aspect agricole reste peu abordé dans les fiches tant et si bien que s’i l’on s’en tenait à cet ouvrage, on en arriverait à se demander pourquoi on a nommé ces plantes des mauvaises herbes !

Ce qui est le but de l’auteure puisqu’il s’agit de réhabiliter ces plantes dans l’esprit du lecteur.  Si on prend un peu de recul, on constate que c’est toujours pour montrer in fine l’intérêt de la plante pour au moins neutraliser dans l’esprit du lecteur les nuisances qu’elle occasionne. Un véritable tour de force lorsque l’on sait que les noms populaires de beaucoup de ces plantes nuisibles aux cultures sont des sobriquets peu flatteurs. L’auteure réussit même à trouver quelques bons côtés à la redoutée ivraie que, selon des croyances anciennes, le Diable sèmerait dans les champs de blé. Il n’était pas évident de faire pièce à la parabole de l’évangile selon Saint Mathieu ! Cependant il faut ajouter que dans certains cas l’auteure n’hésite pas à se faciliter la tâche en pratiquant l’exagération, le cherry picking et l’omission.
 
Jeudi 2 Octobre 2025 Commentaires (0)

C’est pourtant ce que soutient l’ ASPAS, l’association de protection des animaux sauvages, en fait une association violemment anti-chasse et c’est sans doute ce qui explique la virulence de son cri d’alarme.


Elle sonne le tocsin. L’espèce est en danger, il faut agir : « Aujourd’hui, c’est le loup qui paye ; demain, quelles autres espèces suivront ? Victimes des mêmes préjugés, l’ours, le lynx, vont-ils connaître le même sort, entraînant dans leur chute l’ensemble du Vivant ? Sommes-nous condamnés à assister, impuissants, à cette 6e extinction de masse dénoncée par les scientifiques, orchestrée par certains lobbies massivement soutenus par les gouvernements ?» En rendant le loup chassable, c’est de fil en aiguille l’ensemble du vivant que l’on met en danger ! L’ensemble du vivant ! Vous vous rendez compte !  Mais rassurez-vous, heureusement l’ASPAS est là et avec elle, on peut agir : « l’heure est grave. Alors que les attaques contre la nature se multiplient, nous ne renoncerons pas. Pour continuer à agir, nous avons besoin de vous. Si vous le pouvez, faites un don à l’ASPAS pour nous permettre de continuer à agir : soyez à nos côtés dans ce combat pour protéger les loups et tous les animaux sauvages de l’inconscience, de l'égoïsme et de la cruauté. » Et être au côté de l’ASPAS, agir pour sauver le vivant, c’est faire un don à cette association : « 1€, 5€, 50€, 100€, … Chaque don est une action » (sic !)  100€ pour sauver le vivant, c’est donné mais n’oublions pas les points de suspension !

Il n’y a pas à dire, pour obtenir des dons, cette association sait faire. D’ailleurs, elle est prospère. Et si le vivant est en danger, ce n’est pas le cas de ses finances.

Pourtant, il suffit de réfléchir quelques secondes pour comprendre que rendre cette espèce chassable ne la met nullement en danger. Il s’agit d’une espèce qui est aujourd’hui en expansion, à la différence de l’Ours ou de Grand Tétras, par exemple. Il ne faut pas confondre un plan de chasse et les campagnes d’extermination dont l’espèce a été l’objet jusqu’en 1940, date officielle de sa disparition sur le territoire métropolitain. Il est d’ailleurs probable que c’est bien plus le poison que le fusil qui a permis la réussite de cette éradication.
Le sanglier est une espèce chassable et ce n’est pas ce qui a freiné son expansion ! Aucun des grands ongulés qui font l’objet de plans de chasse ne sont en danger d’extinction. Les massacres du début du siècle passé n’ont plus cours aujourd’hui et les chasseurs savent gérer leurs gibiers pour en assurer la survie dont d’ailleurs dépend la pérennité de leur loisir.   

Des naturalistes, par exemple François Terrasson hier, Jean-Claude Génot aujourd’hui, estiment que le fait que les loups soient chassés ne met pas en danger la pérennité de l’espèce. F. Terrasson explique qu’en motivant les tireurs amateurs autour de ce trophée, on s’allierait une corporation qui n’aurait dès lors aucun intérêt à sa disparition » (Un combat pour la Nature, Sang de la Terre éditeur, p. 84) Et les faits lui donnent raison comme le souligne Jean-Claude Génot, dans les régions où les loups sont chassés, l’espèce se porte bien. « C’est notamment le cas chez notre voisin espagnol »(Quelle éthique pour la nature, Édisud éditeur, p.91) »

Réguler la population de loup en France par la chasse permettrait aussi à l’Etat de faire des économies. Les pro-loups qui aiment ne comptent pas. Mais la note ne cesse de s’alourdir. Il était en 2004 de 1 794 225€. En 2021 (dernier chiffre public) il était de 33 910 000€. Qu’en serait-il si le loup repeuplait l’ensemble du territoire comme en rêvent certains irresponsables ?

Il est difficile de croire que l’ASPAS puisse réellement penser que faire du loup une espèce chassable serait mettre cette espèce en danger. Mais ce que ne supporte guère cette association supposée protéger les animaux sauvages c’est que la gestion du loup soit confiée aux chasseurs plutôt qu’à elle sans compter qu’elle voit là une bonne occasion de se faire de la pub en s’érigeant comme recours face à une menace imaginaire, la disparition de l’espèce Loup gris. Ne serait-ce pas cela qui est honteux ?
Mardi 15 Juillet 2025 Commentaires (0)

Avec le recul, on sait aujourd’hui combien les confinements et restrictions qui nous ont été imposés lors de l’épidémie de Covid 19 ont été traumatisants et difficiles à vivre. Or pour certains réchauffistes catastrophistes, ces mesures autoritaires sont un exemple à suivre pour « lutter contre le réchauffement climatique » et sauver la planète ! Le fait qu’ils aient été, bon gré malgré acceptés par la population montre que des mesures autoritaires « imposant un certain nombre de limites » peuvent être décidées et mises en œuvre sans que celle-ci se révolte. En réaction à ces propos, il est impératif de réagir. Le réchauffement climatique n’est pas comparable à une épidémie. Nous ne nous laisserons pas faire.


Contexte

Alors que je triais des fichiers je suis tombé sur une déclaration de la journaliste Agnès Sinaï, lors d’un entretien publié dans la revue Philosophie Magazine datée du 24 mars 2020, donc pendant l’épidémie de Covid 19. Voici ce qu’elle disait : « Cette période oblige en outre nombre d’entre nous à faire l’expérience de la lenteur, de l’intériorité, de la sobriété. Certes, il s’agit d’une sobriété contrainte, d’une décroissance ordonnée par décrets et subie. Il serait préférable que nous soyons capables d’une véritable prise de conscience et de passer à une décroissance choisie, solidaire et égalitaire. Aujourd’hui, nous sommes dans une situation d’urgence sanitaire, qu’il faut rapprocher de l’urgence écologique – car c’est un paramètre de notre temps, nous sommes en train de détruire à un rythme accéléré le vivant et le système Terre. Or, si la prise de conscience tarde, l’urgence m’apparaît comme un motif valable pour prendre des mesures autoritaires et imposer un certain nombre de limites. Jusqu’à présent, c’est un modèle très libéral qui a prévalu, avec tous les risques que cela implique et qui sont extrêmes ; je pense au réchauffement climatique et aux déchirures de la biodiversité. Nous sommes en danger. Établir des limites, imposer des contraintes, cela peut être acceptable en démocratie, comme nous le voyons actuellement, à la condition expresse que cette décision soit comprise et perçue comme juste. »[  Ce n’est un cas parmi d’autres de ces appels à la contrainte, à l’imposition autoritaire de limites et aux restrictions des libertés individuelles les plus fondamentales.
C’est en réaction à ce texte que j’ai écrit le commentaire suivant :
 
Le réchauffement climatique n'est pas une épidémie !
 
Prendre des mesures drastiques et autoritaires pour lutter contre une épidémie, lorsque l’on n’a pas d’autre choix, on peut le comprendre ! Ces mesures comme la quarantaine, l’isolement, le confinement voire le traçage n’ont pas vocation à durer une fois l’épidémie passée.
Dans le cas du climat, c’est tout à fait différent. Si l’on suit les catastrophistes climatiques, ce serait à l’échelle de plusieurs générations et il ne s’agirait pas de simples restrictions mais d’interdictions conduisant à un changement radical de mode de vie. Autant le péril est présent, palpable dans le cas d’une épidémie et donc évident à tous : les lits d’hôpitaux et les morgues se remplissent ! Autant dans le cas du climat, il n’y a d’autres ressources pour frapper les imaginations que de mettre en avant les aléas météorologiques et les dégâts et morts qu’ils occasionnent. Mais cette année, nous avons eu un épisode de neige précoce après un été pourri, au moins dans l’hexagone ! Et il n’est pas prouvé, aux dires même du GIEC, que ces aléas soient plus importants que par le passé, tant en intensité et qu’en fréquence. Le climat n’est ni la météo, ni ses aléas.
Soyons clairs, les gens de tout âge et de toute condition ne sont pas prêts à accepter ce changement. Dans leur immense majorité, ils ne veulent pas de cette sobriété prêchée par ces nouveaux apôtres de l’apocalypse, à laquelle, à tort ou à raison, la plupart  ne croit pas. D’ailleurs imposée de façon autoritaire, cette sobriété ne saurait être heureuse.
Que des catastrophistes climatiques comme le très médiatique Aurélien Barrau, le climatologue scientiste François-Marie Bréon ou des collapsologes comme Agnès Sinaï puissent froidement envisager une dictature des « savants » et autres « experts » ou « sachants » croyant savoir est inquiétant. Plus inquiétant que les fièvres erratiques des thermomètres. Il ne s’agit plus d’écologie politique, car celle-ci s’appuie certes sur les sciences mais consciente du risque que cela implique, elle a toujours considéré l’exigence démocratique comme indépassable en tant qu’antidote à une dérive totalitaire. On ne fait pas le bonheur des gens malgré eux. Inutile de remonter très loin dans le passé, pour en avoir la douloureuse preuve.
A l’occasion de cette épidémie, leurs propos révèlent bien ce qu’ils nous réservent. Ceux qui usent leurs semelles en battant le pavé dans les « Marches Pour le Climat » en sont-ils conscients ?
 
 
 
Vendredi 29 Novembre 2024 Commentaires (0)

Ceux qui croient que les ENRi, notamment les éoliennes fournissent de l’énergie « décarbonée » oublient leur fabrication et leur installation bien peu « climato-vertueuses ». La preuve : le montant de la taxe carbone à laquelle leurs matériaux et composants seront soumis lors de leur importation ou de leur fabrication sur le territoire de l’Union Européenne.

Those who believe that renewable energies, and wind turbines in particular, provide "decarbonized" energy are forgetting that their manufacture and installation are far from "climate-friendly". The proof: the amount of carbon tax that their materials and components will have to pay when imported or manufactured within the European Union.


« La fuite de carbone » n’est pas une fuite de gaz comme une autre. Ce n’est pas du CO2 s’échappant d’un tuyau crevé. Bien que cela ait une analogie lointaine : dans le jargon des technocrates il s’agit d’émissions de CO2 d’activités industrielles qui échappent à la taxe carbone intra-européenne en se délocalisant dans des pays où elle n’existe pas ou est beaucoup plus faible.
Avant la mise en place de la taxe carbone sur les importations, pour que l’industrie européenne ne soit pas victime de ces « fuites de carbone » l’UE avait mis en place des quotas d’émission de carbone gratuits très généreux,  notamment pour les productions les plus émettrices de Gaz à effet de serre : fer, acier, aluminium, ciment, engrais azotés, électricité. Avec la taxe carbone aux frontières, ils n’auront plus lieu d’être puisque c’est cette taxe aux frontières qui jouera ce rôle : inutile d’aller produire dans un pays ou la taxe carbone n’existe pas puisque les productions seront taxées lors de leur importation. Seront soumis à la taxe carbone intérieure, fer, acier, aluminium, ciment dont est gourmande l’industrie éolienne. Conséquence, les prix de chaque générateur produit en UE va augmenter.
Mais c’est principalement la taxe aux frontières qui va peser sur le prix de ces brasseurs de vent puisque, comme chacun sait,  c’est presque toujours, voire toujours, que toutes les pièces sont importées, des pales jusqu’aux boulons. En effet sera soumis à la taxe carbone aux frontières ce que l’on ne produit pas sur le territoire de l’UE et que l’on importe non ou peu taxé carbone dans le pays d’origine. « L'éolien est concerné pour quatre matériaux : le ciment utilisé pour les fondations, l'acier, l'aluminium et le fer employés pour les mâts, la nacelle et les câbles, mais aussi pour de nombreux composants : anneaux forgés, adaptateurs filetés, raccords de tubes, systèmes hydrauliques ou pneumatiques. » (S. Fabrégat,  Taxe carbone aux frontières de l'UE : des surcoûts significatifs pour la filière éolienne, Actu-environnement  8/10/ 2024. On notera en outre que les émissions de CO2 indirectes comme le CO2 émis pour produire l’électricité consommée pour fabriquer ces matériaux doit être aussi incluse.  Selon Actu-environnement,  le surcoût serait de 910 000 € pour une éolienne offshore à l'horizon 2034.
Conclusions
  A – Cela met bien en évidence deux choses :  1-) la fabrication et l’installation d’une éolienne n’est pas du tout « neutre en CO2 » et comme il en faut beaucoup pour une production significative hélas intermittente et non pilotable …. 2-) Si l’on suit les projections des experts, l’éolien made in EU n’est pas pour demain et ne parlons pas de l’éolien made in France. Même à supposer qu’elles soient produites un jour en EU, elles seront toujours assujetties à la même taxe mais interne. Donc une production climato-vertueuse de ces machines n’est pas vraiment à l’ordre du jour, les écologistes carbocentristes devraient se lamenter et chercher une autre façon de transitionner …
B – Je ne dispose pas d’estimation des surcoûts pour les panneaux voltaïques, mais vus le process de fabrication et l’énergie consommée pour obtenir le silicium, ils doivent être conséquents car les émissions de CO2 le sont d’autant que ces panneaux sont principalement fabriqués en Chine pays qui n’est pas disposé à renoncer à ses centrales à charbon, ce dont on ne peut lui faire grief ! En revanche on jugera incohérents les écologistes carbocentristes chauds partisans de ces panneaux, a fortiori ceux qui veulent déboiser des hectares de forêts pour y implanter ces choses.
 C – Comme on ne sera pas assez naïf pour supposer que les investisseurs dans les ENRi accepteront ces surcoûts comme un manque à gagner, c’est le consommateur qui les payera d’une façon ou d’une autre.
Mais quand on aime, comme c’est le cas de Réseau Action Climat, on ne compte pas !
 
Jeudi 10 Octobre 2024 Commentaires (0)

En tout cas un sérieux frein !


Une entreprise concessionnaire d'éoliennes a été condamnée à verser plus de 730.000 euros à des riverains, à Melgven, dans le Finistère. La cour d'appel de Rennes a pris un arrêt inédit ce 12 mars 2024. Ces plaignants ont obtenu la reconnaissance d'un préjudice de "dépréciation immobilière".
Voir ici l’article de FR3
 
Samedi 7 Septembre 2024 Commentaires (0)

The strombolian volcanoes of the puys chain are fragile edifices. Yesterday at the mercy of quarrymen's shovels, today at the mercy of tourists' feet and bicycles, instruments of destruction perhaps even more effective than shovels... But nature is stubborn! If we listen to volcanologists, if the extinct volcanoes of the chain are not to awaken - in the jargon they are said to be monogenic - it is almost certain that new eruptions will take place and that other volcanoes will be created in the massif, but it is impossible today to predict where or when.


Sauvés des mâchoires des pelleteuses pour s'éroder sous les pieds des touristes et roues des vététistes : l’avenir incertain des volcans de la Chaîne des Puys en Auvergne !
Avant d’être connu pour ses paysages, c’est pour ses sources et sa pouzzolane que cette chaîne était renommée. Plus de la moitié des cônes de scorie ont été entaillés. Parfois il ne reste plus qu’un demi volcan, voire plus d’édifice volcanique du tout. Ce sont des projections stromboliennes faciles à exploiter, utilisées comme granulat, principalement pendant la deuxième moitié du XXe siècle. Entre 20 et 30 millions de tonnes ont été arrachées à ces cônes dont les formes sont celles du volcan type dans la représentation populaire, surtout si le cratère est encore visible et n’a pas été comblé par l’érosion ou les projections d’un autre volcan, cas qui serait le plus fréquent.
 
Depuis la fin du siècle dernier, une grande partie de la chaîne est protégée et il est quasiment impossible d’ouvrir de nouvelles carrières dans la chaîne des Puys. Il ne reste plus qu’une carrière en activité qui achève d’effacer le Puy de Tunisset, au nord de la chaîne. Aujourd’hui les volcans de la chaîne des puys étant  protégés, la production de pouzzolane est réduite. Dans les documents officiels elle est considérée comme un matériau « noble, rare au niveau national, et son utilisation doit être justifiée par usage spécifiquement lié à ses propriétés intrinsèques. Cet usage doit présenter une forte valeur ajoutée par rapport à l’utilisation d’autres matériaux de carrière plus abondants ».
 
Il n’y aura donc pas de nouvelles carrières de pouzzolane dans la chaîne des Puys pour des raisons réglementaires, certes mais aussi économiques : si le coût d’extraction des pouzzolanes est bas (à ciel ouvert, avec des pelleteuses), le prix du transport les rend peu concurrentielles sur les longues distances. D’autant qu’une autre forme d’exploitation de la chaîne s’avère bien plus lucrative : le tourisme. Le classement de la  chaîne au patrimoine mondial de l’UNESCO n’apporte aucune protection nouvelle,  seulement une fréquentation accrue de ces édifices fragiles et c’était bien là l’objectif premier quoi qu’en pensent les naïfs. Arrachés des griffes des carriers pour tomber sous le rouleau compresseur du tourisme de masse, arme de destruction massive, les volcans de la chaîne des Puys ne sont pas tirés d’affaire.
 
Les activités d’extraction ont cessé, les carrières restent. Toutes sont des balafres dans le paysage ; souvent  ce sont  même des sites dangereux.  Elles sont autant de motifs qui auraient dû fonder un refus d’inscrire cette chaîne des Puys au patrimoine mondial de l’UNESCO d’autant qu’il y a encore au moins deux carrières en activité, trois au moment de la candidature qui a dû faire l’objet d’un lobbying particulièrement efficace.
 
Pour faire passer la pilule, les promoteurs de la candidature de la Chaîne des Puys/faille de la Limagne  ont mis en avant un programme de réhabilitation et d’intégration dans le paysage et ont souligné l’intérêt scientifique et pédagogique de ces sites en montant en épingle le cas du Puy de Lemptégy (ex puy ?) devenu une attraction touristique après avoir été un lieu d’étude pour volcanologues. Cette attraction a pour titre aguicheur : « volcan à ciel ouvert » (J’y vois plutôt « un volcan les tripes au soleil » !). Elle serait l’exemple à suivre d’un nouveau type d’exploitation des carrières de pouzzolane. Elle montre surtout que les activités d’extraction ne sont pas « durables » et ont l’inconvénient d’épuiser assez rapidement la poule aux œufs d’or !
 
Les volcans stromboliens de la chaîne des puys sont des édifices fragiles. Hier à la merci des pelleteuses des carriers, aujourd’hui à la merci des pieds et des vélos des touristes instruments de destruction peut-être encore plus efficaces que les pelleteuses … Mais la nature est têtue ! Si l’on écoute les volcanologues, si les volcans éteints de la chaîne ne se réveilleront pas, dans le jargon on dit qu’ils sont monogéniques, il est à-peu-près certain que de nouvelles éruptions auront lieu et que d’autres volcans se créeront dans le massif mais sans que l’on sache aujourd’hui prédire ni où, ni quand.
 
Vendredi 16 Août 2024 Commentaires (1)

« Les prélèvements des Espèces susceptibles d’occasionner des dégâts (ESOD) réduisent-ils les dégâts qui leur sont imputés ? » telle est la question formulée par un « groupe d’experts indépendants » pour laquelle La Fondation pour la recherche sur la biodiversité (FRB) a réalisé une synthèse des connaissances scientifiques, étude commandée et financée par la Ligue pour la Protection des Oiseaux (LPO) et l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), deux associations qui militent contre ces prélèvements qu’elles qualifient souvent de «massacres». Les conclusions de cette « étude » ne les ont pas déçues puisqu’il résulterait de cette synthèse que ces prélèvements n’ont pas de fondement scientifique. Pourtant LPO et ASPAS auraient dû avoir le triomphe modeste. Si les prélèvements de ESOD évalués dans le champ de l’étude n’ont pas de fondement scientifique, c’est parce que la question de leur impact n’a fait l’objet que d’un très petit nombre de publications dans la littérature scientifique et que tous les aspects de la question n’ont pas été abordés dans ces publications. Mais dans ce cas, au nom de quoi les auteurs de la FRB qui mettent l’accent sur ce manque de connaissance peuvent-ils condamner ces prélèvements et recommander quoi que ce soit sans sortir de leur domaine, si ce n’est d’effectuer des recherches supplémentaires et de les publier ?

"Does the removal of species likely to cause damage (ESOD) reduce the damage attributed to them?" was the question formulated by a "group of independent experts", for which the Foundation for Research on Biodiversity (FRB) produced a summary of scientific knowledge, a study commissioned and financed by the League for the Protection of Birds (LPO) and the Association for the Protection of Wild Animals (ASPAS), two associations which campaign against these removals, which they often describe as "massacres". The conclusions of this "study" did not disappoint them, since it would appear from this summary that these samplings have no scientific basis. Yet LPO and ASPAS should have been modest in their triumph. If the ESOD samplings assessed in the scope of the study have no scientific basis, it's because the question of their impact has only been the subject of a very small number of publications in the scientific literature, and not all aspects of the question have been addressed in these publications. But if this is the case, how can the FRB authors who emphasize this lack of knowledge condemn these samplings and recommend anything without going outside their field, except to carry out further research and publish it?


Les auteurs de l’étude, Zemman et al. écrivent : « Les prélèvements d’espèces sont une pratique ancienne et culturelle, dont l’objectif affiché est de réduire les dégâts imputés aux Esod. Cette pratique s'appuie sur le raisonnement communément admis que la destruction des individus de ces espèces permet la réduction de leur population, et permettrait donc de réduire les dégâts qu’ils occasionnent. Cependant, ce lien direct n’est pas évident scientifiquement. » On remarquera tout d’abord que n’est pas parce qu’il n’est pas « évident scientifiquement » que ce lien direct n’existe pas ! Ensuite, on aimera (ou pas) le sous-entendu de « l’objectif affiché », l’objectif réel étant caché, donc peu avouable d’autant que l’affiché est sans fondement scientifique donc sans fondement ! C’est à cette prétendue absence de fondement scientifique et de fondement tout court que je vais d’abord m’intéresser.
 
Lundi 10 Juin 2024 Commentaires (0)
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