« Fin du monde, fin de mois, même combat ! » Slogan inepte s’il en est ! La fin du monde n’est pas pour demain alors que les fins de mois difficiles, pour beaucoup de gens, c’est aujourd’hui. Et ces fins de mois, elles risquent de l’être de plus en plus, difficiles ! La diabolisation du CO2 y sera pour beaucoup. Car pour conjurer une fin du monde fantasmée due aux GES « gaz à effet de serre », l’état et/ou l’UE veulent imposer avec un autoritarisme qui s’aggrave de jours en jours une « transition écologique » réduite pour l’essentiel à une « transition énergétique » qui impactera les classes populaires et une large fraction des classes moyennes alors qu’elle remplira les poches du « capitalisme vert ». J’envisagerai ici deux mesures emblématiques : la taxe carbone dans cet article, l’augmentation du coût des certificats d’économie d’énergie dans un second. Cette augmentation permet d’alourdir la fiscalité sur l’énergie en contournant le gel depuis 2019 du montant de la taxe carbone, gel qui a été obtenu grâce au soulèvement des Gilets jaune et auquel jusqu’à aujourd’hui les gouvernements successifs n’ont pas osé toucher. Mais demain ?
Pour réaliser à marche forcée cette fumeuse transition, l’Etat et/ou l’UE ont recours à toute une batterie de règlements, normes et interdictions. Sans oublier l’impôt. Le plus fameux d’entre eux est la taxe carbone contre laquelle se sont soulevés les Gilets Jaunes. Ils ont subi une répression d’une violence sans précédent, digne des régimes les plus liberticides. La taxe carbone, baptisée « Contribution climat énergie (CCE) » en France, n’a pas été supprimée mais grâce aux Gilets jaunes elle a été figée à 44,6 €/t de CO2 alors qu’il était prévu initialement que son montant augmente régulièrement pour atteindre 55€/tCO2 en 2019, 86€/tCO2 en 2022 et 100€/tCO2 en 2030. A ce titre ils devraient être chaleureusement remerciés au lieu d’être traités par le mépris par ceux qui se croient les élites de la nation et ne sont que les chiens et chiennes de garde de l’ordre établi et de la pensée unique avec ses clercs, mandarins, philosophes, scientifiques, économistes, climatologues, sociologues, politologues et journalistes...Mais attention ! Ni l’Etat, ni l’UE n’ont abandonné la partie. L’objectif de 100€ la tonne en 2030 n’est pas remis en cause. De concert avec les partis écologistes et des ONG environnementalistes, des comités Théodule divers et variés font pression pour la réactivation de la CCE et certains voudraient même une augmentation plus forte et plus rapide de cette taxe.
Il s’agit selon les réchauffistes carbocentristes d’agir « pour le climat » en limitant les émissions de CO2 anthropique supposées le dérégler. Dans cette optique, avec la CCE, on espère les réduire en dissuadant les gens d’utiliser des véhicules particuliers à moteur thermique. Pour ceux qui ne peuvent les remplacer par des véhicules électriques hors de prix, la CEE à des taux exorbitants les obligeraient soit d’opter pour des transports en commun sans s’inquiéter qu’en dehors de Paris et la petite couronne, ce mode de transport ne peut se substituer à service égal au véhicule particulier, soit de se convertir aux « mobilités actives » qui ne valent que pour des personnes, jeunes, en bonne santé, par beau temps et sur de courtes distances…Quant à ceux qui n’ont pas de transports en commun près de chez eux, qui sont trop vieux ou en trop mauvaise santé pour faire du vélo ou des kilomètres à pied, qu’ils restent chez eux, qu’ils payent ou se débrouillent, il y a urgence écologique !
Toujours dans cette optique de limiter les émissions de CO2, gaz nécessaire à la photosynthèse mais vu comme un polluant déréglant un climat qui n’a jamais été réglé, la CCE est aussi un élément pour contraindre les gens à d’onéreuses rénovations énergétiques, à remplacer leurs chaudières par des pompes à chaleur hors de prix , etc. Mais pour le faire encore faut-il être propriétaire d’un logement individuel car ceux qui ne le sont pas sont dépendants de leurs copropriétaires ou pire de leur bailleur, pour les locataires ! Qu’importe, le tonneau percé qu’est devenu l’Etat encaissera le produit de la taxe.
Tout cela aurait dû passer sans trop de difficultés car il y a là un noble motif : c’est pour le bien de la planète (qui en a vu d’autres et se passerait facilement de notre espèce) et des générations futures (mais sans souci des générations présentes auxquelles on inculque un catastrophisme climatique délirant pourvoyeur d’une angoisse existentielle qui n’a aucune raison d’être). ET bien non, ça ne passe pas. Et comme ça ne passe pas, il n’y a plus que deux solutions : contraindre les gens à défaut de pouvoir les rouler dans la farine. Les écolos qui ne sont pas à un reniement près, appellent ce déni de démocratie, un courage politique
Il s’agit selon les réchauffistes carbocentristes d’agir « pour le climat » en limitant les émissions de CO2 anthropique supposées le dérégler. Dans cette optique, avec la CCE, on espère les réduire en dissuadant les gens d’utiliser des véhicules particuliers à moteur thermique. Pour ceux qui ne peuvent les remplacer par des véhicules électriques hors de prix, la CEE à des taux exorbitants les obligeraient soit d’opter pour des transports en commun sans s’inquiéter qu’en dehors de Paris et la petite couronne, ce mode de transport ne peut se substituer à service égal au véhicule particulier, soit de se convertir aux « mobilités actives » qui ne valent que pour des personnes, jeunes, en bonne santé, par beau temps et sur de courtes distances…Quant à ceux qui n’ont pas de transports en commun près de chez eux, qui sont trop vieux ou en trop mauvaise santé pour faire du vélo ou des kilomètres à pied, qu’ils restent chez eux, qu’ils payent ou se débrouillent, il y a urgence écologique !
Toujours dans cette optique de limiter les émissions de CO2, gaz nécessaire à la photosynthèse mais vu comme un polluant déréglant un climat qui n’a jamais été réglé, la CCE est aussi un élément pour contraindre les gens à d’onéreuses rénovations énergétiques, à remplacer leurs chaudières par des pompes à chaleur hors de prix , etc. Mais pour le faire encore faut-il être propriétaire d’un logement individuel car ceux qui ne le sont pas sont dépendants de leurs copropriétaires ou pire de leur bailleur, pour les locataires ! Qu’importe, le tonneau percé qu’est devenu l’Etat encaissera le produit de la taxe.
Tout cela aurait dû passer sans trop de difficultés car il y a là un noble motif : c’est pour le bien de la planète (qui en a vu d’autres et se passerait facilement de notre espèce) et des générations futures (mais sans souci des générations présentes auxquelles on inculque un catastrophisme climatique délirant pourvoyeur d’une angoisse existentielle qui n’a aucune raison d’être). ET bien non, ça ne passe pas. Et comme ça ne passe pas, il n’y a plus que deux solutions : contraindre les gens à défaut de pouvoir les rouler dans la farine. Les écolos qui ne sont pas à un reniement près, appellent ce déni de démocratie, un courage politique
Le graphique ci-contre montre à quoi grâce aux Gilets Jaunes les Français ont échappé, du moins jusqu’à présent. Il est repris à l’ADME. La courbe orange concoctée par ses services est censée indiquer la progression des montants de la taxe qu’il faudrait imposer pour obtenir une diminution de 40% des émissions de GES ( à condition qu’elle soit conjugué avec les autres mesures du projet de Stratégie Nationale Bas Carbone 2 !) . La courbe en bleue donne la trajectoire du projet de loi des finances pour 1998 qui a capotée suite au soulèvement des Gilets Jaunes et la courbe en gris, la trajectoire de cette taxe depuis.
Avec ce graphique l’ADEME ne voulait évidemment pas mettre en évidence ce qu’aurait couté aux ménages l’évolution prévue de la taxe, surtout à ceux qui se chauffent, cuisinent au gaz ou au fioul et utilisent beaucoup leur voiture à essence ou diesel. Tout au contraire, elle voulait donner du grain à moudre aux carbocentristes, aux « activistes du climat » en mettant en évidence l’écart entre ce qu’il faudrait faire mais qui de toute façon ne l’aurait pas été à cause d’une loi trop timorée et la catastrophe que représente l’abandon dû aux Gilets Jaunes de la trajectoire à la hausse. En fait, face au rejet de tout alourdissement de la fiscalité énergétique par les Français, on voit combien l’objectif d’une réduction de 40% des émissions de carbone en 2030 est irréaliste. Mais cela l’ADEME ne veut pas l’entendre et le gouvernement non plus.
La taxe carbone est incluse comme composante carbone dans les taxes composantes des prix des énergies fossiles achetées pour se déplacer, se chauffer, etc. Tout le monde l’acquitte quel que soit son revenu. Comme les ménages les plus riches vivent dans des surfaces plus importantes que la moyenne, se déplacent plus fréquemment, le montant de la taxe carbone est plus important dans leur budget que dans celui des moins favorisés. Emettant plus de GES, ils payent plus, conformément au principe du « pollueur, payeur », un des principes de la fiscalité écologique. Mais ce principe ne prend pas en compte, le taux d’effort, c’est-à-dire le pourcentage du budget du ménage alloué à cette taxe. Ce taux d’effort est 2,7 fois en moyenne plus faible pour les 10% les plus aisés que pour les 10% les plus pauvres. En d’autres termes, alors que pour les riches, cette taxe est négligeable, pour les plus pauvres, elle pèse lourd et porte atteinte à leur niveau de vie.
Le mouvement des Gilets jaunes a obligé les instances dirigeantes du pays, les partis écologistes et les ONG environnementalistes à reconnaître que cette taxe honnie était injuste socialement. Dans une note de mars 2019 le CAE [Conseil d’analyse économique] – une instance placée auprès du premier ministre réalisant des études économiques pour le gouvernement – a reconnu que les ménages les plus pauvres sont ceux pour qui cette fiscalité pèse le plus lourd en part du revenu disponible. Il souligne également que les ménages ruraux sont beaucoup plus affectés que ceux de l’agglomération parisienne. Pour la rendre plus « juste » dans l’espoir de la rendre plus acceptable par la population, le CAE propose dans cette note de redistribuer « les nouvelles recettes de la taxe carbone supportée par les ménages avec des transferts décroissants avec les revenus et prenant en compte les disparités géographiques ».
Evidemment les ONG activistes du climat et l’ADME acquise à leur cause s’empressent de reprendre à leur compte ces propositions du CAE. Leur nouveau mot d’ordre pour faire accepter la taxe carbone met en avant cette redistribution en fonction des revenus. Le Réseau Action Climat nomme « revenu climat » le montant de la redistribution, un revenu climat qui devient négatif pour les ménages « favorisés ». Sont favorisés selon eux tous les ménages dont le revenu dépasse le revenu médian. Une partie de la recette générée serait reversée aux plus pauvres (les premiers déciles) ; les reversements devant être au moins aussi élevés que la dépense et modulés en fonction des revenus, de la taille du foyer et du lieu de vie. Pour les autres le remboursement n’est plus que d’un certain pourcentage de leur contribution, pourcentage d’autant plus faible que le revenu est élevé et nul pour les plus riches.
Avec ce graphique l’ADEME ne voulait évidemment pas mettre en évidence ce qu’aurait couté aux ménages l’évolution prévue de la taxe, surtout à ceux qui se chauffent, cuisinent au gaz ou au fioul et utilisent beaucoup leur voiture à essence ou diesel. Tout au contraire, elle voulait donner du grain à moudre aux carbocentristes, aux « activistes du climat » en mettant en évidence l’écart entre ce qu’il faudrait faire mais qui de toute façon ne l’aurait pas été à cause d’une loi trop timorée et la catastrophe que représente l’abandon dû aux Gilets Jaunes de la trajectoire à la hausse. En fait, face au rejet de tout alourdissement de la fiscalité énergétique par les Français, on voit combien l’objectif d’une réduction de 40% des émissions de carbone en 2030 est irréaliste. Mais cela l’ADEME ne veut pas l’entendre et le gouvernement non plus.
La taxe carbone est incluse comme composante carbone dans les taxes composantes des prix des énergies fossiles achetées pour se déplacer, se chauffer, etc. Tout le monde l’acquitte quel que soit son revenu. Comme les ménages les plus riches vivent dans des surfaces plus importantes que la moyenne, se déplacent plus fréquemment, le montant de la taxe carbone est plus important dans leur budget que dans celui des moins favorisés. Emettant plus de GES, ils payent plus, conformément au principe du « pollueur, payeur », un des principes de la fiscalité écologique. Mais ce principe ne prend pas en compte, le taux d’effort, c’est-à-dire le pourcentage du budget du ménage alloué à cette taxe. Ce taux d’effort est 2,7 fois en moyenne plus faible pour les 10% les plus aisés que pour les 10% les plus pauvres. En d’autres termes, alors que pour les riches, cette taxe est négligeable, pour les plus pauvres, elle pèse lourd et porte atteinte à leur niveau de vie.
Le mouvement des Gilets jaunes a obligé les instances dirigeantes du pays, les partis écologistes et les ONG environnementalistes à reconnaître que cette taxe honnie était injuste socialement. Dans une note de mars 2019 le CAE [Conseil d’analyse économique] – une instance placée auprès du premier ministre réalisant des études économiques pour le gouvernement – a reconnu que les ménages les plus pauvres sont ceux pour qui cette fiscalité pèse le plus lourd en part du revenu disponible. Il souligne également que les ménages ruraux sont beaucoup plus affectés que ceux de l’agglomération parisienne. Pour la rendre plus « juste » dans l’espoir de la rendre plus acceptable par la population, le CAE propose dans cette note de redistribuer « les nouvelles recettes de la taxe carbone supportée par les ménages avec des transferts décroissants avec les revenus et prenant en compte les disparités géographiques ».
Evidemment les ONG activistes du climat et l’ADME acquise à leur cause s’empressent de reprendre à leur compte ces propositions du CAE. Leur nouveau mot d’ordre pour faire accepter la taxe carbone met en avant cette redistribution en fonction des revenus. Le Réseau Action Climat nomme « revenu climat » le montant de la redistribution, un revenu climat qui devient négatif pour les ménages « favorisés ». Sont favorisés selon eux tous les ménages dont le revenu dépasse le revenu médian. Une partie de la recette générée serait reversée aux plus pauvres (les premiers déciles) ; les reversements devant être au moins aussi élevés que la dépense et modulés en fonction des revenus, de la taille du foyer et du lieu de vie. Pour les autres le remboursement n’est plus que d’un certain pourcentage de leur contribution, pourcentage d’autant plus faible que le revenu est élevé et nul pour les plus riches.
Le graphique ci-contre montre une hypothèse concoctée par l’ADME avec une redistribution forfaitaire modulée selon les revenus qui décroit selon les déciles pour devenir négative à partir du médian, nulle pour les 10% les plus aisés. Selon ce scénario, les premiers 10% des plus pauvres percevraient un montant moyen plus de deux fois supérieure à sa contribution moyenne et tous les déciles jusqu’aumédian auraient une allocation supérieure à leur contribution, cela pour assurer que l’allocation soit supérieure à la contribution, quels que soient leur lieu d’habitation, leurs modes de chauffage et de déplacements.
Cet habillage de la taxe carbone est bien fait pour plaire à ceux qui clament « Fin du monde, fin du mois, même combat » puisque que ce sont les «riches » qui paieront. Mais pour cela, il faut une majorité politique assurée faite de politiciens qui ne soient pas versatiles et qui ne soient pas tentés devant l’état des finances du pays d’utiliser à d’autres fins le produit de cette taxe, une fois inclus dans le budget général comme il doit l’être en vertu du principe de non-affectation des recettes. Sans compter que le budget est voté chaque année et que les majorités sont changeantes, il faudrait être bien naïf pour leur faire confiance. La vignette automobile est l’un des exemples qui le prouve. Elle a été créée en 1956 par le gouvernement de Guy Mollet initialement pour abonder un « fond national de solidarité » afin de garantir un revenu minimum à toutes les personnes âgées de plus de 65 ans, sans grever d’avantage les finances du pays qui étaient gravement déficitaires, comme aujourd’hui. Au fil du temps, le produit réintroduit dans le budget général a servi à tout autre chose. Devenue une taxe départementale, elle sera supprimée en 2005. Dans le cas de la taxe carbone, la contribution risque fort de rester pérenne et l’habillage, c’est-à-dire la redistribution, caduque.
Et pourtant on peut douter de son efficacité, quoi qu’en disent certains économistes, l’ADEME et les écologistes. Elle fait partie de ces taxes qui sont des « signal-prix » censées permettre de modifier le comportement des gens, en la circonstance adopter des produits ou des conduites moins émetteurs de GES. Si elle augmente selon la trajectoire initialement prévue, la taxe carbone renchérira fortement le prix de carburants, ce qui devrait détourner les gens d’utiliser leur véhicules essence ou diesel. On peut prédire avec l’anarchiste Philippe Pelletier que cela ne marchera pas : « En effet, lors de la campagne présidentielle de 1973 en France, le candidat écologiste René Dumont et, avec lui, la quasi-totalité des écologistes réclamaient une augmentation considérable du prix de l’essence pour faire reculer l’automobile. Mais plus de trente ans après, non seulement le prix de l’essence a augmenté bien plus que les écologistes n’auraient pu l’imaginer, mais jamais il n’y a eu autant de voitures et jamais autant de pétrole. Loin de reculer, ces deux-là ont crû, et les profits des multinationales du pétrole en proportion : autrement dit, il n’y a jamais eu autant de pétrole, et autant de milliardaires du pétrole. » Climat et capitalisme vert, 2015, p.88. D’autant qu’il n’y a pas d’alternative viable, confortable et aussi flexible comme moyen de transport que le véhicule particulier à moteur thermique à l’heure actuelle. Enfin une taxe carbone assortie d’une compensation dégressive neutralise le principe pollueur/payeur pour tous les ménages dont le revenu est égal ou inférieur au revenu médian parce qu’ils ne seront pas idiots et comprendront vite que le business as usual en ce qui les concerne ne changera rien. Quant à ceux qui y gagneront, ce n’est pas avec le montant du bonus qui leur sera accordé que leurs revenus seront augmentés au point qu’ils puissent changer leur vieux diesel contre une électrique, ou leur chaudière par une pompe à chaleur et cela même en y ajoutant des aides.
La taxe carbone n’est que le cas le plus saillant d’une fiscalité écologique que les gens refusent même s’ils croient en la doctrine carbocentriste diabolisant le CO2. Quant à ceux, de plus en plus nombreux qui n’y croient pas …
Si sa redistribution n’est pas et n'a jamais été à l’ordre du jour des gouvernements, l’objectif d’une taxe carbone ou son équivalent à 100€ la tonne en 2030 n’est pas abandonné. Saurons-nous encore nous y opposer ?
Cet habillage de la taxe carbone est bien fait pour plaire à ceux qui clament « Fin du monde, fin du mois, même combat » puisque que ce sont les «riches » qui paieront. Mais pour cela, il faut une majorité politique assurée faite de politiciens qui ne soient pas versatiles et qui ne soient pas tentés devant l’état des finances du pays d’utiliser à d’autres fins le produit de cette taxe, une fois inclus dans le budget général comme il doit l’être en vertu du principe de non-affectation des recettes. Sans compter que le budget est voté chaque année et que les majorités sont changeantes, il faudrait être bien naïf pour leur faire confiance. La vignette automobile est l’un des exemples qui le prouve. Elle a été créée en 1956 par le gouvernement de Guy Mollet initialement pour abonder un « fond national de solidarité » afin de garantir un revenu minimum à toutes les personnes âgées de plus de 65 ans, sans grever d’avantage les finances du pays qui étaient gravement déficitaires, comme aujourd’hui. Au fil du temps, le produit réintroduit dans le budget général a servi à tout autre chose. Devenue une taxe départementale, elle sera supprimée en 2005. Dans le cas de la taxe carbone, la contribution risque fort de rester pérenne et l’habillage, c’est-à-dire la redistribution, caduque.
Et pourtant on peut douter de son efficacité, quoi qu’en disent certains économistes, l’ADEME et les écologistes. Elle fait partie de ces taxes qui sont des « signal-prix » censées permettre de modifier le comportement des gens, en la circonstance adopter des produits ou des conduites moins émetteurs de GES. Si elle augmente selon la trajectoire initialement prévue, la taxe carbone renchérira fortement le prix de carburants, ce qui devrait détourner les gens d’utiliser leur véhicules essence ou diesel. On peut prédire avec l’anarchiste Philippe Pelletier que cela ne marchera pas : « En effet, lors de la campagne présidentielle de 1973 en France, le candidat écologiste René Dumont et, avec lui, la quasi-totalité des écologistes réclamaient une augmentation considérable du prix de l’essence pour faire reculer l’automobile. Mais plus de trente ans après, non seulement le prix de l’essence a augmenté bien plus que les écologistes n’auraient pu l’imaginer, mais jamais il n’y a eu autant de voitures et jamais autant de pétrole. Loin de reculer, ces deux-là ont crû, et les profits des multinationales du pétrole en proportion : autrement dit, il n’y a jamais eu autant de pétrole, et autant de milliardaires du pétrole. » Climat et capitalisme vert, 2015, p.88. D’autant qu’il n’y a pas d’alternative viable, confortable et aussi flexible comme moyen de transport que le véhicule particulier à moteur thermique à l’heure actuelle. Enfin une taxe carbone assortie d’une compensation dégressive neutralise le principe pollueur/payeur pour tous les ménages dont le revenu est égal ou inférieur au revenu médian parce qu’ils ne seront pas idiots et comprendront vite que le business as usual en ce qui les concerne ne changera rien. Quant à ceux qui y gagneront, ce n’est pas avec le montant du bonus qui leur sera accordé que leurs revenus seront augmentés au point qu’ils puissent changer leur vieux diesel contre une électrique, ou leur chaudière par une pompe à chaleur et cela même en y ajoutant des aides.
La taxe carbone n’est que le cas le plus saillant d’une fiscalité écologique que les gens refusent même s’ils croient en la doctrine carbocentriste diabolisant le CO2. Quant à ceux, de plus en plus nombreux qui n’y croient pas …
Si sa redistribution n’est pas et n'a jamais été à l’ordre du jour des gouvernements, l’objectif d’une taxe carbone ou son équivalent à 100€ la tonne en 2030 n’est pas abandonné. Saurons-nous encore nous y opposer ?
Vendredi 23 Janvier 2026
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