Nature - environnement
Le nombre de chasseurs diminue sans cesse depuis 40 ans à raison de 2 à 3% par an. Ils représentent au mieux 1 ,5 % de la population. Il n’est pas acceptable que cette petite minorité monopolise les espaces naturels, terrorise campagnes, forêts et montagnes. Ils étaient Ils étaient environ 2.400.000 en 1975, 1.200 000 en 2010. On estime qu’ils sont environ 900.000 cette année. Leurs effectifs fondent au point que les Fédération de chasseurs en cachent le nombre ; une hémorragie continue malgré leurs efforts de promotion de ce « loisir » cruel et sanguinaire.
Endoctriner des enfants avec la complicité de l’Éducation nationale
Cette promotion de la chasse s’effectue dès l’école avec la bénédiction de l’Éducation nationale. Les chasseurs qui ont le culot de se présenter comme des protecteurs de la nature ont le droit d’intervenir dans les écoles pour parler d’environnement et de nature alors qu’on peut mettre à leur actif la disparition de nombreuses espèces et qu’ils continuent de chasser des espèces en danger d’extinction comme le grand tétras. La convention du 4 mars 2010 signée par les ministères de l’Éducation Nationale, de l’Écologie et du Développement Durable avec la Fédération Nationale des Chasseurs offre à ces derniers la possibilité de proposer des interventions pédagogiques en milieu scolaire dans le cadre de « l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable ». Cela leur permet d’intervenir plus facilement dans les classes, ce qu’ils le faisaient déjà. Par exemple en 1985 à Saint Pardoux-le-Vieux, en Corrèze, une classe d'école élémentaire avait été initiée à la chasse pendant une journée entière dans le cadre de ce que l’on appelait « le tiers temps ». Le matin, en classe, les enfants avaient eu droit à des exposés faits par un technicien de l’ONCFS, d’un chasseur qui leur explique, entre autres choses, le maniement d’un fusil et d’un éleveur de chien. L’après-midi avait été consacré à une sortie sur le terrain avec des démonstrations de traque de faisans par un chien d’arrêt. En regardant la vidéo de cette journée (ici ) et en écoutant les commentaires de certains intervenants et ceux de l’instituteur qui est à l’origine de cette journée – un blabla pro-chasse sans nuance – on croit rêver ! Grâce à cette convention, il est de plus en plus fréquent que les chasseurs se déplacent dans les écoles primaires comme l’indique le RAC (Rassemblement pour une France sans Chasse) qui précise que « cela concerne particulièrement les enfants de 8 à 10 ans, étant sans doute ceux dont l’esprit critique n’est pas encore bien développé, donc les plus intéressants » En outre, les chasseurs « essayent également d’encourager les enseignants à emmener leurs élèves visiter des «maisons de la chasse et de la nature» ». Il faut beaucoup d’angélisme pour ne pas penser que leur but n’est autre que de faire du prosélytisme. D’ailleurs lors des Etats généraux de la chasse de Février 90, la recommandation était la suivante : « Il faut organiser au niveau des Fédérations des excursions dans la nature pour les écoles. Il s’agira de faire assister les enfants à une chasse pour qu’ils en apprécient l’atmosphère et non à une découverte des animaux, qui favorise chez eux le processus de personnification de l’animal».
Cette promotion de la chasse s’effectue dès l’école avec la bénédiction de l’Éducation nationale. Les chasseurs qui ont le culot de se présenter comme des protecteurs de la nature ont le droit d’intervenir dans les écoles pour parler d’environnement et de nature alors qu’on peut mettre à leur actif la disparition de nombreuses espèces et qu’ils continuent de chasser des espèces en danger d’extinction comme le grand tétras. La convention du 4 mars 2010 signée par les ministères de l’Éducation Nationale, de l’Écologie et du Développement Durable avec la Fédération Nationale des Chasseurs offre à ces derniers la possibilité de proposer des interventions pédagogiques en milieu scolaire dans le cadre de « l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable ». Cela leur permet d’intervenir plus facilement dans les classes, ce qu’ils le faisaient déjà. Par exemple en 1985 à Saint Pardoux-le-Vieux, en Corrèze, une classe d'école élémentaire avait été initiée à la chasse pendant une journée entière dans le cadre de ce que l’on appelait « le tiers temps ». Le matin, en classe, les enfants avaient eu droit à des exposés faits par un technicien de l’ONCFS, d’un chasseur qui leur explique, entre autres choses, le maniement d’un fusil et d’un éleveur de chien. L’après-midi avait été consacré à une sortie sur le terrain avec des démonstrations de traque de faisans par un chien d’arrêt. En regardant la vidéo de cette journée (ici ) et en écoutant les commentaires de certains intervenants et ceux de l’instituteur qui est à l’origine de cette journée – un blabla pro-chasse sans nuance – on croit rêver ! Grâce à cette convention, il est de plus en plus fréquent que les chasseurs se déplacent dans les écoles primaires comme l’indique le RAC (Rassemblement pour une France sans Chasse) qui précise que « cela concerne particulièrement les enfants de 8 à 10 ans, étant sans doute ceux dont l’esprit critique n’est pas encore bien développé, donc les plus intéressants » En outre, les chasseurs « essayent également d’encourager les enseignants à emmener leurs élèves visiter des «maisons de la chasse et de la nature» ». Il faut beaucoup d’angélisme pour ne pas penser que leur but n’est autre que de faire du prosélytisme. D’ailleurs lors des Etats généraux de la chasse de Février 90, la recommandation était la suivante : « Il faut organiser au niveau des Fédérations des excursions dans la nature pour les écoles. Il s’agira de faire assister les enfants à une chasse pour qu’ils en apprécient l’atmosphère et non à une découverte des animaux, qui favorise chez eux le processus de personnification de l’animal».
Le permis à 1€
En France, on peut chasser dès l’âge de 16 ans. C’est aussi cette tranche d’âge qui est dans le collimateur des Fédérations de chasseurs. «Sensibiliser un jeune à l'âge de 16 ans, c'est plus simple qu'après. Dix-huit ans, c'est davantage le temps des sorties, et il est plus difficile de se lever tôt le dimanche matin pour aller chasser quand on est sorti la veille…» a expliqué Marc Valat, directeur d’une fédération de chasseur (Le Figaro 08/09/2013). Pour ces jeunes de la tranche 16 – 18 ans, les Fédérations ne lésinent pas sur les promotions : permis à 1€, examen du permis de chasser offert, rabais dans les armureries, etc. … Malgré tous ces efforts la moyenne d’âge des chasseurs est en constante augmentation : 60 ans aujourd’hui.
Un dimanche à la chasse
Les chasseurs lancent aussi des opérations « tout public » pour se faire connaitre, améliorer une image dégradée et éventuellement faire des émules. En 2013 la FNC a organisé le troisième dimanche d'octobre dans toute la France l'opération «un dimanche à la chasse», opération reconduite cette année à laquelle participera, entre autres, la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme. Le Journal local, La Montagne, pro-chasse comme beaucoup des journaux régionaux n’a pas manqué de faire une publicité gratuite le 13/10/2014 à cette opération de séduction pour toutes les formes de chasse, même les plus rétrogrades et les plus cruelles : « Et pour le plaisir de découvrir une chasse traditionnelle qui se pratique sans arme, les plus sportifs pourront s'initier à la vénerie du lièvre, qui consiste à suivre à pied ou à VTT des chiens courants. » Sic !!! Une chasse dite traditionnelle à VTT ! On notera aussi le « sans arme » ! Comment donc est tué ce pauvre lièvre terrorisé et épuisé d’avoir tant couru pour sauver sa peau ? Avec une arme à feu ou pire, avec une dague pour faire dans la tradition, à moins qu’il ne soit déchiqueté par les chiens ! Quel plaisir une personne normalement constituée peut-elle tirer d’un tel acte de barbarie ? Et pourtant ! Il y aura bien quelques imbéciles pour participer à cette saloperie contre un animal appartenant à une espèce quasi-menacée dans l’hexagone (ce dont ne se soucie pas de rappeler le journal) !
En France, on peut chasser dès l’âge de 16 ans. C’est aussi cette tranche d’âge qui est dans le collimateur des Fédérations de chasseurs. «Sensibiliser un jeune à l'âge de 16 ans, c'est plus simple qu'après. Dix-huit ans, c'est davantage le temps des sorties, et il est plus difficile de se lever tôt le dimanche matin pour aller chasser quand on est sorti la veille…» a expliqué Marc Valat, directeur d’une fédération de chasseur (Le Figaro 08/09/2013). Pour ces jeunes de la tranche 16 – 18 ans, les Fédérations ne lésinent pas sur les promotions : permis à 1€, examen du permis de chasser offert, rabais dans les armureries, etc. … Malgré tous ces efforts la moyenne d’âge des chasseurs est en constante augmentation : 60 ans aujourd’hui.
Un dimanche à la chasse
Les chasseurs lancent aussi des opérations « tout public » pour se faire connaitre, améliorer une image dégradée et éventuellement faire des émules. En 2013 la FNC a organisé le troisième dimanche d'octobre dans toute la France l'opération «un dimanche à la chasse», opération reconduite cette année à laquelle participera, entre autres, la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme. Le Journal local, La Montagne, pro-chasse comme beaucoup des journaux régionaux n’a pas manqué de faire une publicité gratuite le 13/10/2014 à cette opération de séduction pour toutes les formes de chasse, même les plus rétrogrades et les plus cruelles : « Et pour le plaisir de découvrir une chasse traditionnelle qui se pratique sans arme, les plus sportifs pourront s'initier à la vénerie du lièvre, qui consiste à suivre à pied ou à VTT des chiens courants. » Sic !!! Une chasse dite traditionnelle à VTT ! On notera aussi le « sans arme » ! Comment donc est tué ce pauvre lièvre terrorisé et épuisé d’avoir tant couru pour sauver sa peau ? Avec une arme à feu ou pire, avec une dague pour faire dans la tradition, à moins qu’il ne soit déchiqueté par les chiens ! Quel plaisir une personne normalement constituée peut-elle tirer d’un tel acte de barbarie ? Et pourtant ! Il y aura bien quelques imbéciles pour participer à cette saloperie contre un animal appartenant à une espèce quasi-menacée dans l’hexagone (ce dont ne se soucie pas de rappeler le journal) !
Peine perdue….
Malgré tous ces efforts des sociétés de chasse, les aides d’un état complaisant, une presse locale pour une grande part à leur solde, la chasse continue de décliner. Le nombre de chasseurs s’amenuise d’année en année tandis que leur moyenne d’âge s’élève. La chasse est moribonde.
Elle n’en finit pas de mourir !
…grâce à un État à sa solde, une administration aux petits soins et même une justice souvent complaisante.
Les chasseurs sont encore trop nombreux (la France détient le record d’Europe !) et leur disparition n’est pas assez rapide. D’autant que leur pouvoir de nuire est grand. Ils sont surreprésentés dans les instances telles que l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Bien organisés en fédération départementales riches de leurs cotisations et coiffées par une fédération nationale, dotés de moyens, ils forment un lobby efficace qui a une influence sur l’Assemblée nationale, le Sénat et les collectivités locales sans commune mesure avec leur nombre et leur importance. Lois et arrêtés sont taillés sur mesure pour eux. Les préfets décident souvent dans le sens de leur intérêt… Certains en rajoutent même par rapport à des lois, des décrets et des circulaires déjà très favorables. Ainsi celui de l’Allier. La composition de la CDCSF comprend déjà 8 représentants des chasseurs et deux pro-chasses, le représentant des lieutenants de louveterie et le délégué inter-régional de l’ONCFS. Le préfet en a ajouté un neuvième en désignant comme « personnalité qualifiée en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage » le président de l’association des chasseurs de grand gibier. Sans doute un grand scientifique en la matière ! Neufs chasseurs contre deux protecteurs de la nature dans cette commission….
Crime de lèse-chasse-à-courre
Cerise sur le gâteau, les chasseurs ont même obtenu en 2010 la création d’une infraction par un décret du ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo: « l’obstruction à un acte de chasse». Les gendarmes peuvent immédiatement verbaliser. Il en coûte 1 500 € d’amende. Ce décret vise d’abord les opposants à la chasse à courre qui avaient mené plusieurs opérations de sabotage de ces chasses. Alors que 73% des Français sont opposés à cette forme de chasse selon un sondage Sofres de 2005, alors que l’Assemblée nationale avait rejeté la création de cette infraction, Jean-Louis Borloo a donné raison aux chasseurs plutôt qu’aux défenseurs des animaux. Comme le constatait Sophie Caillat sur le site Rue89 : « Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi (visant à abolir la chasse à courre). Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite. »
En Angleterre, Tony Blair qui avait déclaré que « La chasse à courre n’est pas digne d’un pays qui se veut civilisé » a eu le courage de l’interdire malgré les lobbies pro-chasses, le poids et la puissance financière de l’aristocratie britannique. Quoi que l’on puisse penser par ailleurs de sa politique, il faut saluer son attitude et cette mesure qu’aucun gouvernement français n’aura osé prendre. Bien au contraire, les gouvernements, les uns après les autres n’ont de cesse de caresser les chasseurs dans le sens du poil.
Malgré tous ces efforts des sociétés de chasse, les aides d’un état complaisant, une presse locale pour une grande part à leur solde, la chasse continue de décliner. Le nombre de chasseurs s’amenuise d’année en année tandis que leur moyenne d’âge s’élève. La chasse est moribonde.
Elle n’en finit pas de mourir !
…grâce à un État à sa solde, une administration aux petits soins et même une justice souvent complaisante.
Les chasseurs sont encore trop nombreux (la France détient le record d’Europe !) et leur disparition n’est pas assez rapide. D’autant que leur pouvoir de nuire est grand. Ils sont surreprésentés dans les instances telles que l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Bien organisés en fédération départementales riches de leurs cotisations et coiffées par une fédération nationale, dotés de moyens, ils forment un lobby efficace qui a une influence sur l’Assemblée nationale, le Sénat et les collectivités locales sans commune mesure avec leur nombre et leur importance. Lois et arrêtés sont taillés sur mesure pour eux. Les préfets décident souvent dans le sens de leur intérêt… Certains en rajoutent même par rapport à des lois, des décrets et des circulaires déjà très favorables. Ainsi celui de l’Allier. La composition de la CDCSF comprend déjà 8 représentants des chasseurs et deux pro-chasses, le représentant des lieutenants de louveterie et le délégué inter-régional de l’ONCFS. Le préfet en a ajouté un neuvième en désignant comme « personnalité qualifiée en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage » le président de l’association des chasseurs de grand gibier. Sans doute un grand scientifique en la matière ! Neufs chasseurs contre deux protecteurs de la nature dans cette commission….
Crime de lèse-chasse-à-courre
Cerise sur le gâteau, les chasseurs ont même obtenu en 2010 la création d’une infraction par un décret du ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo: « l’obstruction à un acte de chasse». Les gendarmes peuvent immédiatement verbaliser. Il en coûte 1 500 € d’amende. Ce décret vise d’abord les opposants à la chasse à courre qui avaient mené plusieurs opérations de sabotage de ces chasses. Alors que 73% des Français sont opposés à cette forme de chasse selon un sondage Sofres de 2005, alors que l’Assemblée nationale avait rejeté la création de cette infraction, Jean-Louis Borloo a donné raison aux chasseurs plutôt qu’aux défenseurs des animaux. Comme le constatait Sophie Caillat sur le site Rue89 : « Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi (visant à abolir la chasse à courre). Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite. »
En Angleterre, Tony Blair qui avait déclaré que « La chasse à courre n’est pas digne d’un pays qui se veut civilisé » a eu le courage de l’interdire malgré les lobbies pro-chasses, le poids et la puissance financière de l’aristocratie britannique. Quoi que l’on puisse penser par ailleurs de sa politique, il faut saluer son attitude et cette mesure qu’aucun gouvernement français n’aura osé prendre. Bien au contraire, les gouvernements, les uns après les autres n’ont de cesse de caresser les chasseurs dans le sens du poil.
Toutefois l’infraction «d’obstruction à un acte de chasse » s’étant révélée difficile voire impossible à constater, les tribunaux ont été dans l’obligation de débouter les chasseurs et l’ONF en tant que loueur de ses forêts aux chasseurs de leur plainte contre les manifestants qui s’opposaient en forêt au déroulement des chasses à courre. Mais pour les juges du Tribunal de Versailles, il ne pouvait être question de laisser les perturbateurs de ces chasses impunis, aussi ont-ils trouvé autre chose. Au mois de Mai de cette année 2014 ils ont condamné à 500€ d’amende pour «violence en réunion» trois militants de l’association « Droits des Animaux » qui manifestaient contre une chasse à courre en forêt de Rambouillet! Comme le commente « Désobéir », « Condamner les membres d’une association non-violente pour «violence en réunion», c’est un peu comme condamner un piéton membre d’une ligue antialcoolique pour conduite en état d’ivresse. Des coups de cravache et des insultes racistes proférées par la fine fleur de la nation, il ne sera jamais question (au procès) bien que ces «débordements » aient été filmés. Cela signifie qu’au « pays des droits de l’homme », s’il n’existe plus de crime de blasphème ou de lèse-majesté, il existe un crime de lèse-chasse à courre. » (Voir la suite de l’article sur le site de « Désobéir » ici. Il faut reconnaître cependant que les tribunaux administratifs donnent très souvent raison aux associations qui défèrent devant eux des arrêtés préfectoraux illégaux.
L’ONF ne vit pas que du bois
Il faut aussi souligner que l’ONF qui avait porté plainte avec les chasseurs ne vit pas que de la vente du bois. Elle tire des revenus non négligeables de la chasse. En 2012, ils s’élevaient à 45,5 Mds€ soit environ 15% du chiffre d’affaire total. C’est une recette d’autant plus intéressante qu’elle est en augmentation constante en pourcentage, bien que stable en chiffres absolus depuis plusieurs années après avoir fortement progressé. L’ONF a du mal à boucler ses budgets et elle devra se passer cette année de 20 Mds€ de subventions de l’État. Devant les tribunaux et lorsqu’elle siège dans les organismes qui s’occupent des animaux sauvages, il n’est donc pas étonnant de la voir au côté des chasseurs.
Une majorité de Français sont pour la suppression de la chasse, une majorité écrasante contre ses formes les plus cruelles mais bien peu se mobilisent face à la minorité agissante des chasseurs. Il faut pourtant réagir. La chasse ne s’éteindra pas d’elle-même avant longtemps. Il faut soutenir les associations anti-chasse, faire pression sur le député de sa circonscription, participer à des actions et manifestations pour faire entendre la voix trop souvent silencieuse de la majorité des habitants de ce pays en commençant par exiger 1°)la suppression des modes de chasse les plus cruels : la vénerie sous toutes ses formes, les chasses dites « traditionnelles » conformément à la réglementation européenne (matoles, tendelles, gluaux, lacets, lèques, tenderies aux vanneaux et alouettes) 2°) l’institution de jours sans chasse et 3°) un rééquilibrage de la composition des instances consultatives en matière de faune sauvage pour une meilleure représentation des naturalistes, des associations de défense des animaux et de protection de la nature et l’intégration de l’ONCFS au sein de l’agence de la biodiversité. Les deux premières revendications bénéficient d’une écrasante majorité en France, la troisième plus technique pourra peut-être être satisfaite par le biais d’un amendement dans la loi en discussion sur la biodiversité. La plateforme du «Collectif du 21 Septembre pour sortir de la chasse et du piégeage » présente un ensemble de complet de mesures pour en finir avec la chasse qu’il faut faire adopter ici .
L’ONF ne vit pas que du bois
Il faut aussi souligner que l’ONF qui avait porté plainte avec les chasseurs ne vit pas que de la vente du bois. Elle tire des revenus non négligeables de la chasse. En 2012, ils s’élevaient à 45,5 Mds€ soit environ 15% du chiffre d’affaire total. C’est une recette d’autant plus intéressante qu’elle est en augmentation constante en pourcentage, bien que stable en chiffres absolus depuis plusieurs années après avoir fortement progressé. L’ONF a du mal à boucler ses budgets et elle devra se passer cette année de 20 Mds€ de subventions de l’État. Devant les tribunaux et lorsqu’elle siège dans les organismes qui s’occupent des animaux sauvages, il n’est donc pas étonnant de la voir au côté des chasseurs.
Une majorité de Français sont pour la suppression de la chasse, une majorité écrasante contre ses formes les plus cruelles mais bien peu se mobilisent face à la minorité agissante des chasseurs. Il faut pourtant réagir. La chasse ne s’éteindra pas d’elle-même avant longtemps. Il faut soutenir les associations anti-chasse, faire pression sur le député de sa circonscription, participer à des actions et manifestations pour faire entendre la voix trop souvent silencieuse de la majorité des habitants de ce pays en commençant par exiger 1°)la suppression des modes de chasse les plus cruels : la vénerie sous toutes ses formes, les chasses dites « traditionnelles » conformément à la réglementation européenne (matoles, tendelles, gluaux, lacets, lèques, tenderies aux vanneaux et alouettes) 2°) l’institution de jours sans chasse et 3°) un rééquilibrage de la composition des instances consultatives en matière de faune sauvage pour une meilleure représentation des naturalistes, des associations de défense des animaux et de protection de la nature et l’intégration de l’ONCFS au sein de l’agence de la biodiversité. Les deux premières revendications bénéficient d’une écrasante majorité en France, la troisième plus technique pourra peut-être être satisfaite par le biais d’un amendement dans la loi en discussion sur la biodiversité. La plateforme du «Collectif du 21 Septembre pour sortir de la chasse et du piégeage » présente un ensemble de complet de mesures pour en finir avec la chasse qu’il faut faire adopter ici .
Gustave Courbet, L’hallali du cerf ou Episode de chasse à courre sur un terrain de neige, huile sur toile, 1867, Musée des beaux-Arts de Besançon
Cela n’est pas gagné mais ne sera peut-être pas aussi difficile qu’il peut paraître. Si les chasseurs se refusent à toute concession, c’est parce qu’ils se savent encore en position de force mais c’est aussi parce qu’ils savent et sentent bien que cela risque de ne pas durer à cause de la faiblesse grandissante de leurs effectifs vieillissants, de leur mauvaise image et de l’essor d’autres façons de fréquenter les campagnes et les espaces naturels (randonnées, vtt) dont le nombre d’adeptes est incommensurablement plus grand. Toute concession, comme le jour sans chasse par exemple, est alors appréhendée comme l’initiation d’un processus insidieux conduisant inéluctablement à la disparition de leur «loisir». L’outrance de certains de leurs propos sonne en fait comme un aveu de faiblesse.
Des amendements anti-chasse adoptés en commission à l’Assemblée nationale
Certes les propositions de loi pour supprimer la chasse à courre ne sont même pas discutées à l’assemblée nationale où le lobby des chasseurs et les députés pro-chasses du «Groupe d'Études sur la Chasse» veillent au grain. Le précédent ministre de l’écologie appartenait d’ailleurs à ce groupe ! Il y a cependant quelques progrès. À l’occasion de l’examen en commission de la loi sur la biodiversité, les députés ont adopté plusieurs mesures limitant la chasse. Ils ont voté quatre des amendements proposés par la députée écologiste Laurence Abeille.
Le premier interdit la chasse à la glu, une forme de chasse aux grives dite traditionnelle et pratiquée dans le sud de la France. Les motifs avancés pour interdire cette chasse sont qu’elle va à l'encontre de la préservation et de la reconquête de la biodiversité, parce qu'il s'agit d'une méthode de chasse non sélective, difficilement contrôlable, qui détruit de nombreux oiseaux, notamment des espèces protégées et qui, de plus, est particulièrement cruelle.
Un second amendement interdit la chasse des mammifères « pendant leurs périodes de reproduction, d'élevage et de dépendance des jeunes ». Malheureusement cette interdiction ne s’appliquera pas aux « espèces soumises à plan de chasse ou entrant dans la catégorie des espèces susceptibles d'être classées nuisibles ».
Un troisième amendement vise à interdire les actes de cruauté sur les animaux sauvages en leur reconnaissant une sensibilité comme c’était déjà le cas pour les animaux domestiques.
Enfin toujours à l’occasion de l’examen en commission de cette loi, et toujours sur proposition de Laurence Abeille les députés ont instauré une protection pour les espèces animales et végétales « particulièrement nécessaires » à l'équilibre des écosystèmes et à la protection de la biodiversité qui interdit « leur destruction, l'altération ou la dégradation du milieu particulier à ces espèces ». Un décret en Conseil d'Etat devra établir une liste des espèces concernées après consultation du Muséum national d'histoire naturelle et de la future Agence française pour la biodiversité. Cet amendement concerne d’abord les insectes selon « l’exposé sommaire » des motifs : «Certaines espèces s'avèrent particulièrement importantes pour l'équilibre des écosystèmes, notamment les insectes pollinisateurs. Ces espèces doivent bénéficier d'une protection particulière : elles ne sont pas protégées pour leur valeur patrimoniale, comme le sont la plupart des espèces protégées, mais parce qu'elles assurent des services écologiques indispensables aux équilibres écosystémiques. » Cependant, il ouvre la possibilité de faire passer de la liste « nuisibles » à la liste « protégés » le renard ou des mustélidés comme la fouine dès lors que l’on plaide leur cas à partir d’études naturalistes objectives.
Toutes ces dispositions qui sont autant de limitations à l’exercice de la chasse ne seront effectives qu’une fois adoptées en séance par l’Assemblée nationale avec la loi sur la biodiversité. Malheureusement, sa discussion et son vote ont été repoussés sous prétexte que le calendrier de cette assemblée était trop chargé et aucune date n’a encore été donnée pour qu’elle soit inscrite à son ordre du jour. Lorsque la loi viendra en débat, espérons que ces amendements seront adoptés malgré l’offensive des députés pro-chasses. Il faut aussi craindre les réactions des sénateurs qui se sont toujours montrés fort complaisants pour les chasseurs.
Des amendements anti-chasse adoptés en commission à l’Assemblée nationale
Certes les propositions de loi pour supprimer la chasse à courre ne sont même pas discutées à l’assemblée nationale où le lobby des chasseurs et les députés pro-chasses du «Groupe d'Études sur la Chasse» veillent au grain. Le précédent ministre de l’écologie appartenait d’ailleurs à ce groupe ! Il y a cependant quelques progrès. À l’occasion de l’examen en commission de la loi sur la biodiversité, les députés ont adopté plusieurs mesures limitant la chasse. Ils ont voté quatre des amendements proposés par la députée écologiste Laurence Abeille.
Le premier interdit la chasse à la glu, une forme de chasse aux grives dite traditionnelle et pratiquée dans le sud de la France. Les motifs avancés pour interdire cette chasse sont qu’elle va à l'encontre de la préservation et de la reconquête de la biodiversité, parce qu'il s'agit d'une méthode de chasse non sélective, difficilement contrôlable, qui détruit de nombreux oiseaux, notamment des espèces protégées et qui, de plus, est particulièrement cruelle.
Un second amendement interdit la chasse des mammifères « pendant leurs périodes de reproduction, d'élevage et de dépendance des jeunes ». Malheureusement cette interdiction ne s’appliquera pas aux « espèces soumises à plan de chasse ou entrant dans la catégorie des espèces susceptibles d'être classées nuisibles ».
Un troisième amendement vise à interdire les actes de cruauté sur les animaux sauvages en leur reconnaissant une sensibilité comme c’était déjà le cas pour les animaux domestiques.
Enfin toujours à l’occasion de l’examen en commission de cette loi, et toujours sur proposition de Laurence Abeille les députés ont instauré une protection pour les espèces animales et végétales « particulièrement nécessaires » à l'équilibre des écosystèmes et à la protection de la biodiversité qui interdit « leur destruction, l'altération ou la dégradation du milieu particulier à ces espèces ». Un décret en Conseil d'Etat devra établir une liste des espèces concernées après consultation du Muséum national d'histoire naturelle et de la future Agence française pour la biodiversité. Cet amendement concerne d’abord les insectes selon « l’exposé sommaire » des motifs : «Certaines espèces s'avèrent particulièrement importantes pour l'équilibre des écosystèmes, notamment les insectes pollinisateurs. Ces espèces doivent bénéficier d'une protection particulière : elles ne sont pas protégées pour leur valeur patrimoniale, comme le sont la plupart des espèces protégées, mais parce qu'elles assurent des services écologiques indispensables aux équilibres écosystémiques. » Cependant, il ouvre la possibilité de faire passer de la liste « nuisibles » à la liste « protégés » le renard ou des mustélidés comme la fouine dès lors que l’on plaide leur cas à partir d’études naturalistes objectives.
Toutes ces dispositions qui sont autant de limitations à l’exercice de la chasse ne seront effectives qu’une fois adoptées en séance par l’Assemblée nationale avec la loi sur la biodiversité. Malheureusement, sa discussion et son vote ont été repoussés sous prétexte que le calendrier de cette assemblée était trop chargé et aucune date n’a encore été donnée pour qu’elle soit inscrite à son ordre du jour. Lorsque la loi viendra en débat, espérons que ces amendements seront adoptés malgré l’offensive des députés pro-chasses. Il faut aussi craindre les réactions des sénateurs qui se sont toujours montrés fort complaisants pour les chasseurs.
Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse !
Enfin si l’on envisage la question « gros sous », la chasse ne fait plus le poids économiquement face à d’autres activités de plein air (pourquoi diable dire out door !), notamment la randonnée pédestre. Selon la Fédération nationale des chasseurs le chiffre d'affaires généré par la chasse s'établit à 2,2 millions d’euros en 2012 et 2013 alors que la randonnée pédestre génère un chiffre d’affaire de 700 millions d’euros selon la FPS (Fédération Professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs). Chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La différence s’explique lorsque l’on prend en compte que le nombre de randonneurs est d’environ 8 millions de pratiquants régulier auxquels s’ajoutent 12 millions de pratiquants occasionnels alors que les chasseurs ne sont tout au plus qu’un petit million ! Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse ! Il faut le dire et le faire savoir !
Le triste destin du jour sans chasse en France
Malgré cela, ce sont les chasseurs qui ont le pas sur les randonneurs et autres vététistes ou joggeurs comme le montre l’affligeante histoire des jours de non-chasse. La randonnée et la chasse sont deux usages des espaces naturels ou semi-naturels antinomiques. Les jours de non chasse permettent aux randonneurs comme aux autres usagers de la nature non-chasseurs de profiter de leur activité en toute quiétude et sécurité. Ces jours sont aussi des jours de répit pour la faune sauvage et participent de ce fait à sa protection. En Suisse, dans les cantons où la chasse est autorisée, il y a en plus du dimanche et des jours fériés, deux à trois jours de non chasse que les Suisses appellent « jours de trêve ». En France, il y a eu pendant une brève période un jour de non chasse : le mercredi. Ce jour de repos et d’activités nature pour les enfants avait été institué en Juillet 2000 sur tout le territoire sur proposition de la Ministre de l’environnement de l’époque, Dominique Voynet. Un jour de tranquillité contre six pendant lesquels les chasseurs pouvaient sévir et les promeneurs, randonneurs, vététistes et autres usagers supporter le bruit des coups de fusil et risquer d’être estropiés ou pire tués, ce n’était un partage guère équitable ! Mais pour les chasseurs, c’était encore trop ! Ils voulaient avoir le plaisir de tuer chaque jour de la semaine. Le jour sans chasse aura vécu trois ans ! En 2003 Roselyne Bachelot alors Ministre de l’environnement leur donne satisfaction. Elle fait voter par la majorité UMP – UC d’alors une nouvelle loi qui abroge cette disposition. Aujourd’hui, seuls les préfets peuvent instituer des jours sans chasse dans leurs départements en vertu de l’article R.424-1 du code de l’environnement. Bien peu le font.
La nature n’appartient pas aux chasseurs
Minoritaires en nombre, d’un poids économique certes non-négligeable mais sans commune mesure avec celui de la randonnée, les chasseurs accaparent pourtant à leur usage exclusif les espaces naturels et semi-naturels. Cela s’explique en partie parce que sur le terrain ce sont eux qui sont armés et dangereux. Bon gré, mal gré ou par prudence, les randonneurs, les promeneurs, les photographes naturalistes, les botanistes, les mycologues et les mycophages cèdent la place aux chasseurs (De toute façon, s’ils en rencontrent lors leurs sorties, celle-ci sont fichues). Cela s’explique surtout parce que les randonneurs et promeneurs ne sont pas organisés en puissantes fédérations et n’éprouvent pas le besoin de l’être. La randonnée et a fortiori la promenade dans la nature est principalement un loisir individuel ou familial ou bien encore une activité que l’on pratique entre amis.
Enfin si l’on envisage la question « gros sous », la chasse ne fait plus le poids économiquement face à d’autres activités de plein air (pourquoi diable dire out door !), notamment la randonnée pédestre. Selon la Fédération nationale des chasseurs le chiffre d'affaires généré par la chasse s'établit à 2,2 millions d’euros en 2012 et 2013 alors que la randonnée pédestre génère un chiffre d’affaire de 700 millions d’euros selon la FPS (Fédération Professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs). Chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La différence s’explique lorsque l’on prend en compte que le nombre de randonneurs est d’environ 8 millions de pratiquants régulier auxquels s’ajoutent 12 millions de pratiquants occasionnels alors que les chasseurs ne sont tout au plus qu’un petit million ! Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse ! Il faut le dire et le faire savoir !
Le triste destin du jour sans chasse en France
Malgré cela, ce sont les chasseurs qui ont le pas sur les randonneurs et autres vététistes ou joggeurs comme le montre l’affligeante histoire des jours de non-chasse. La randonnée et la chasse sont deux usages des espaces naturels ou semi-naturels antinomiques. Les jours de non chasse permettent aux randonneurs comme aux autres usagers de la nature non-chasseurs de profiter de leur activité en toute quiétude et sécurité. Ces jours sont aussi des jours de répit pour la faune sauvage et participent de ce fait à sa protection. En Suisse, dans les cantons où la chasse est autorisée, il y a en plus du dimanche et des jours fériés, deux à trois jours de non chasse que les Suisses appellent « jours de trêve ». En France, il y a eu pendant une brève période un jour de non chasse : le mercredi. Ce jour de repos et d’activités nature pour les enfants avait été institué en Juillet 2000 sur tout le territoire sur proposition de la Ministre de l’environnement de l’époque, Dominique Voynet. Un jour de tranquillité contre six pendant lesquels les chasseurs pouvaient sévir et les promeneurs, randonneurs, vététistes et autres usagers supporter le bruit des coups de fusil et risquer d’être estropiés ou pire tués, ce n’était un partage guère équitable ! Mais pour les chasseurs, c’était encore trop ! Ils voulaient avoir le plaisir de tuer chaque jour de la semaine. Le jour sans chasse aura vécu trois ans ! En 2003 Roselyne Bachelot alors Ministre de l’environnement leur donne satisfaction. Elle fait voter par la majorité UMP – UC d’alors une nouvelle loi qui abroge cette disposition. Aujourd’hui, seuls les préfets peuvent instituer des jours sans chasse dans leurs départements en vertu de l’article R.424-1 du code de l’environnement. Bien peu le font.
La nature n’appartient pas aux chasseurs
Minoritaires en nombre, d’un poids économique certes non-négligeable mais sans commune mesure avec celui de la randonnée, les chasseurs accaparent pourtant à leur usage exclusif les espaces naturels et semi-naturels. Cela s’explique en partie parce que sur le terrain ce sont eux qui sont armés et dangereux. Bon gré, mal gré ou par prudence, les randonneurs, les promeneurs, les photographes naturalistes, les botanistes, les mycologues et les mycophages cèdent la place aux chasseurs (De toute façon, s’ils en rencontrent lors leurs sorties, celle-ci sont fichues). Cela s’explique surtout parce que les randonneurs et promeneurs ne sont pas organisés en puissantes fédérations et n’éprouvent pas le besoin de l’être. La randonnée et a fortiori la promenade dans la nature est principalement un loisir individuel ou familial ou bien encore une activité que l’on pratique entre amis.
Le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d’Or : « L’erreur est possible. Néanmoins, nous recommandons de minimiser autant que possible le risque. Mais il est inhérent à cette activité. » (Gazette info.fr)
Les associations qui militent pour la suppression de la chasse sont des associations de protection de la nature et des animaux. Elles insistent surtout sur le caractère cruel de ce loisir, sur les souffrances endurées par les animaux blessés qui agoniseront dans les fourrés, sur les atteintes à la biodiversité, etc. … Certes il y a des randonneurs, des promeneurs, des ramasseurs de champignons qui sont sensibles à ce discours et qui sont adhérents ou sympathisants d’associations de défense de la nature ou/et des animaux. Mais c’est en tant que tels qu’il faut mobiliser les autres usagers de la nature contre l’accaparement par les chasseurs des espaces naturels pour eux seuls en les excluant tous. À tout le moins, une exigence qui pourrait être commune à tous ces non chasseurs amateurs de nature serait un partage plus équitable avec, non pas UN, mais DES jours sans chasse en plus du dimanche, au cours desquels tous les non chasseurs qui fréquentent la nature pourraient se livrer à leurs activités en toute tranquillité dans un environnement paisible. C’est sur cette exigence que tous pourraient être mobilisés. Et à eux seuls, les randonneurs sont au moins vingt fois plus que les chasseurs! Mieux encore, quel promeneur, quel randonneur n’a pas rêvé de rencontrer un animal sauvage au détour d’un sentier ou à un croisement d’allée forestière ? Quelle joie aujourd’hui bien trop rare pour les enfants, leurs parents, tous les amoureux de la nature de pouvoir faire de telles rencontres ! Elles seraient fréquentes si la chasse qui vide la campagne, les bois et les forêts de tout vertébré sauvage était interdite. C’est le cas, en Suisse, dans le canton de Genève où elle a été abolie depuis une trentaine d’année, où les animaux sauvages prospèrent et où chacun avec un minimum de discrétion peut observer à loisir chevreuil, cerfs, lièvres, lapins ou sangliers. Tous les amateurs de nature qu’ils soient randonneurs, promeneurs, vététistes, joggeurs, photographes, peintres, naturalistes ont, en tant que tels, intérêt à ce que la chasse soit abolie. C’est par rapport à cet intérêt qu’il faut les mobiliser contre celle-ci. L’opposition à la chasse, pour être efficace, ne doit pas rester confinée au cercle restreint aux seuls protecteurs des animaux.
Manifestons contre la chasse
Il faut se mobiliser pour que la manifestation nationale organisée par le « collectif du 21 Septembre contre la chasse » le 18 octobre à Paris soit un succès. Ce collectif s’est constitué en 2013 à la suite de la manifestation « La chasse y’en a marre » qui réunissait des associations qui militent pour l’abolition, à plus ou moins long terme de la chasse et du piégeage. Il comprend aujourd’hui les 25 associations suivantes : Animavie, la CVN (Convention Vie et Nature), le RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), DDA (Droits Des Animaux), CCE2A (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales), l’Association Stéphane LAMART, Combactive, L214, l’AVF (l’Association Végétarienne de France), OIKOS KAI BIOS, Point Info Loup Lynx, l’association RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), La Voie de l’Hirondelle, AVES France, LA GRIFFE, Secourisme Animalier, le refuge « Amis des Bêtes » , la SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), CHAMADE (CHAumière et Médiation Animalistes, Défense de l’Environnement), l’Association Sauvegarde du Château de Flée, Guadeloupe Animaux, Oiseaux Nature, l’association du Collectif animalier du 06, LLPAA (Laissons Leur Peau Aux Animaux) et La Tribu de Sapeur.
Par-delà leurs différences ces associations se sont accordées pour défendre en commun une plateforme de mesures concrètes permettant dans un premier temps de limiter la chasse et le piégeage pour ensuite les abolir. L’action de ce collectif mérite d’être connue et soutenue. Que tous ceux qui le pourront participent à la manifestation qu’il organise le 18 octobre à Paris. Pour plus d’information sur le collectif et la manifestation, cliquez ici
Il faut se mobiliser pour que la manifestation nationale organisée par le « collectif du 21 Septembre contre la chasse » le 18 octobre à Paris soit un succès. Ce collectif s’est constitué en 2013 à la suite de la manifestation « La chasse y’en a marre » qui réunissait des associations qui militent pour l’abolition, à plus ou moins long terme de la chasse et du piégeage. Il comprend aujourd’hui les 25 associations suivantes : Animavie, la CVN (Convention Vie et Nature), le RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), DDA (Droits Des Animaux), CCE2A (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales), l’Association Stéphane LAMART, Combactive, L214, l’AVF (l’Association Végétarienne de France), OIKOS KAI BIOS, Point Info Loup Lynx, l’association RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), La Voie de l’Hirondelle, AVES France, LA GRIFFE, Secourisme Animalier, le refuge « Amis des Bêtes » , la SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), CHAMADE (CHAumière et Médiation Animalistes, Défense de l’Environnement), l’Association Sauvegarde du Château de Flée, Guadeloupe Animaux, Oiseaux Nature, l’association du Collectif animalier du 06, LLPAA (Laissons Leur Peau Aux Animaux) et La Tribu de Sapeur.
Par-delà leurs différences ces associations se sont accordées pour défendre en commun une plateforme de mesures concrètes permettant dans un premier temps de limiter la chasse et le piégeage pour ensuite les abolir. L’action de ce collectif mérite d’être connue et soutenue. Que tous ceux qui le pourront participent à la manifestation qu’il organise le 18 octobre à Paris. Pour plus d’information sur le collectif et la manifestation, cliquez ici
Lundi 29 Septembre 2014
Nature - environnement
Ils ont bloqué leur établissement le 16 septembre 2014 pour protester contre ce massacre et contre les violences policières perpétrées sur ceux qui sur le terrain tentaient de l’empêcher alors que le Conseil Général avait juré en novembre dernier qu’il n’était pas question de passer en force.
Blocage du Lycée Victor Hugo à Gaillac
La situation est particulièrement ubuesque. Tous les arbres de la zone ont été tronçonnés. La zone humide disparait sous les troncs abattus et les copeaux alors que faute de financement ce barrage ne sera peut-être jamais édifié ! Il coûte tout de même la bagatelle de 7,8 millions d’euros. Il devait être financé pour 50 % par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, 30% par l’Union Européenne via le FEADER, 10 % par le conseil général du Tarn et 10 % par le conseil général du Tarn-et-Garonne. Comme Reporterre le révélait dès octobre 2013, l’obtention des fonds européens FEADER (fonds européens destinés au développement rural) de deux millions d’euros était déjà fortement soumise à caution, notamment en raison de délais devenus intenables. Toujours selon Reporterre les financements de l’Agence de l’eau pourraient aussi être remis en cause si les experts envoyés par la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, émettaient un avis défavorable.
Certes, le lieu est saccagé mais tant que le barrage ne sera pas construit, la zone humide peut renaître. Tout n’est pas encore perdu ! Avec l'action des lycéens la contestation du projet se renforce et prend une ampleur nouvelle.
Une pétition circule sur Internet mise en ligne contre ce projet de barrage et en soutien aux trois personnes qui ont entrepris une grève de la faim pour protester contre le manque d’un débat sur le projet. Elle sera close le 31 décembre 2014. Elle est relayée par Cyberacteurs ici
On trouvera un dossier complet et détaillé sur ce projet et le combat pour lui faire échec sur le site de Reporterre ici
Photo : Reporterre
Certes, le lieu est saccagé mais tant que le barrage ne sera pas construit, la zone humide peut renaître. Tout n’est pas encore perdu ! Avec l'action des lycéens la contestation du projet se renforce et prend une ampleur nouvelle.
Une pétition circule sur Internet mise en ligne contre ce projet de barrage et en soutien aux trois personnes qui ont entrepris une grève de la faim pour protester contre le manque d’un débat sur le projet. Elle sera close le 31 décembre 2014. Elle est relayée par Cyberacteurs ici
On trouvera un dossier complet et détaillé sur ce projet et le combat pour lui faire échec sur le site de Reporterre ici
Photo : Reporterre
Mercredi 17 Septembre 2014
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Nature - environnement
L’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), One Voice et Ferus viennent d’obtenir gain de cause contre un arrêté de tir de loup en Meuse. Face à l’empressement de l’État à répondre aux sollicitations des éleveurs, opposés à la présence même du loup, le juge a estimé que ce tir de prélèvement était prématuré.
À la demande de ces associations, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a suspendu, le lundi 15 septembre, l’exécution de l’arrêté du 28 août 2014 de la préfète de la Meuse qui ordonnait le prélèvement par tir d’un loup.
Le juge des référés a estimé que cette décision ne respectait pas les dispositions de l’arrêté interministériel du 15 mai 2013 réglementant les possibilités de dérogations au statut strictement protégé de cette espèce.
En effet, un tir de prélèvement ne peut être ordonné qu’en cas de récurrence et de persistance d’attaques importantes malgré la mise en œuvre de mesures de protection des troupeaux. Or la présence du loup en Meuse est très récente et les éleveurs de cette zone du centre du département n’ont pas encore tous mis en place ces mesures alternatives. Ordonner la destruction du loup en Meuse est donc illégal.
Il est scandaleux que des représentants de l’État se mettent systématiquement et en toute connaissance de cause hors la loi. En autorisant des tirs d’une espèce protégée ils bafouent les conventions internationales de protection de la nature et des espèces sauvages avec la complicité du Ministère appelé bien à tort Ministère de l'écologie. N’oublions pas en effet que Ségolène Royal est en pointe dans cette offensive contre les loups. Heureusement que face à ces agissements les associations recourent à la justice. Il est regrettable qu’elles soient obligées de le faire pour éviter l’irréparable. Il est condamnable que Préfets et Ministres puissent se comporter ainsi sans devoir rendre compte de leurs actes devant un tribunal comme c'est le cas des braconniers. Porter atteinte à la nature, enfreindre sciemment et délibérément les lois et conventions qui la protègent ou inciter à le faire est au moins aussi grave que ne pas payer ses impôts.
Site de l'ASPAS ici
Illustration : "Real love !!" par Sander van der Vel (wikimedia)
Le juge des référés a estimé que cette décision ne respectait pas les dispositions de l’arrêté interministériel du 15 mai 2013 réglementant les possibilités de dérogations au statut strictement protégé de cette espèce.
En effet, un tir de prélèvement ne peut être ordonné qu’en cas de récurrence et de persistance d’attaques importantes malgré la mise en œuvre de mesures de protection des troupeaux. Or la présence du loup en Meuse est très récente et les éleveurs de cette zone du centre du département n’ont pas encore tous mis en place ces mesures alternatives. Ordonner la destruction du loup en Meuse est donc illégal.
Il est scandaleux que des représentants de l’État se mettent systématiquement et en toute connaissance de cause hors la loi. En autorisant des tirs d’une espèce protégée ils bafouent les conventions internationales de protection de la nature et des espèces sauvages avec la complicité du Ministère appelé bien à tort Ministère de l'écologie. N’oublions pas en effet que Ségolène Royal est en pointe dans cette offensive contre les loups. Heureusement que face à ces agissements les associations recourent à la justice. Il est regrettable qu’elles soient obligées de le faire pour éviter l’irréparable. Il est condamnable que Préfets et Ministres puissent se comporter ainsi sans devoir rendre compte de leurs actes devant un tribunal comme c'est le cas des braconniers. Porter atteinte à la nature, enfreindre sciemment et délibérément les lois et conventions qui la protègent ou inciter à le faire est au moins aussi grave que ne pas payer ses impôts.
Site de l'ASPAS ici
Illustration : "Real love !!" par Sander van der Vel (wikimedia)
Mercredi 17 Septembre 2014
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Au quotidien
Tel est le titre du nouvel ouvrage de Fabrice Nicolino. Ce livre est une enquête redoutable sur l’invasion effrayante des produits chimiques dans notre quotidien et notre environnement. Un livre à lire et à faire lire !
Les enquêtes de Fabrice Nicolino sont toujours instructives et passionnantes. Elles mettent au jour des faits qui sont en général passés sous silence, ignorés ou cachés. Ce sont aussi des actes militants par ce qu’elles dénoncent et parce qu’elles donnent envie d’agir. Voici le texte qui figure au dos du livre (quatrième de couverture). Il vous donnera un aperçu du contenu.
C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés des millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?
Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comment les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?
Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.
(Les liens qui libèrent éditions, broché, 448 pages, ISBN-13: 979-1020901378, 23€ – parution le 17 septembre)
C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés des millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?
Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comment les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?
Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.
(Les liens qui libèrent éditions, broché, 448 pages, ISBN-13: 979-1020901378, 23€ – parution le 17 septembre)
Vendredi 12 Septembre 2014
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François Hollande a déclaré le 5 septembre « J'agis et j'agirai jusqu'au bout (…). Je suis à mi-mandat et il n'y a pas de sondage, aussi difficile soit-il, que je regarde en face, qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République ». Certes le peuple lui a donné mandat mais lequel ?
Quel mandat a été donné par le peuple à François Hollande ? Celui de prendre de l’argent des ménages pour le donner aux entreprises ? Celui de mettre à mal le droit du travail avec toutes les mesures de protection des salariés jugées comme des contraintes insupportables par le patronat ? Celui de mettre en cause les trente-cinq heures ? Celui d’instaurer la TVA sociale ? Celui de lever les contraintes et normes du code de l’environnement ? Bref, celui de mener une politique ultra-libérale dans la continuité de celle menée par Sarkozy, pire même que celle de ce dernier ? Certainement pas. Le peuple ne lui a pas donné ce mandat.
Il est loin le discours du Bourget qui enflamma le « peuple de gauche » ! Aujourd’hui le meilleur et peut-être le seul allié de Hollande est le Medef dont il n’est en fait que le valet. Aujourd’hui son ministre de l’économie est un ancien banquier d’affaire ! Il n’est pas étonnant que ce peuple de gauche ne lui fasse plus confiance. François Hollande est en passe de conduire des réformes cassant les droits sociaux des salariés que même un gouvernement de droite n’aurait pas osé faire ainsi que le reconnait avec gourmandise une journaliste de Valeurs actuelles qui évidemment l’approuve. Pour ceux qui l’ont élu, Hollande n’est pas seulement un «social-libéral »,c’est un « social-traitre ».
François Hollande s’inscrit ainsi dans la lignée de ces « socialistes » qui font le contraire exact du programme grâce auquel ils ont été élus. Il y a eu Mitterrand et le tournant de la rigueur avec Fabius mais il y a eu bien plus grave par le passé et qui montre jusqu’où peut dériver un gouvernement socialiste qui veut le pouvoir à tout prix, au prix d’un renoncement à ses valeurs, à son âme et surtout à sa parole vis-à-vis de ceux qui l’ont porté à ce pouvoir. Qui se souvient de Guy Mollet et de ses complices d’alors ?
Il est loin le discours du Bourget qui enflamma le « peuple de gauche » ! Aujourd’hui le meilleur et peut-être le seul allié de Hollande est le Medef dont il n’est en fait que le valet. Aujourd’hui son ministre de l’économie est un ancien banquier d’affaire ! Il n’est pas étonnant que ce peuple de gauche ne lui fasse plus confiance. François Hollande est en passe de conduire des réformes cassant les droits sociaux des salariés que même un gouvernement de droite n’aurait pas osé faire ainsi que le reconnait avec gourmandise une journaliste de Valeurs actuelles qui évidemment l’approuve. Pour ceux qui l’ont élu, Hollande n’est pas seulement un «social-libéral »,c’est un « social-traitre ».
François Hollande s’inscrit ainsi dans la lignée de ces « socialistes » qui font le contraire exact du programme grâce auquel ils ont été élus. Il y a eu Mitterrand et le tournant de la rigueur avec Fabius mais il y a eu bien plus grave par le passé et qui montre jusqu’où peut dériver un gouvernement socialiste qui veut le pouvoir à tout prix, au prix d’un renoncement à ses valeurs, à son âme et surtout à sa parole vis-à-vis de ceux qui l’ont porté à ce pouvoir. Qui se souvient de Guy Mollet et de ses complices d’alors ?
Leader du « Front républicain », il fut élu lors de la campagne des législatives de 1956 sur un programme promettant de mettre fin à la guerre en Algérie, programme qui suscitait l’enthousiasme des jeunes Français peu soucieux d’aller se faire trouer la peau pour défendre les plantations des colons d’Algérie. Avant d’être élu, il proclamait que la guerre d'Algérie était «imbécile et sans issue» et l'indépendance de l’Algérie dictée par «le bon sens». Une fois élu, il retourne sa veste. Devenu « président du conseil », ce fut le gouvernement dont il était le chef qui augmente la durée du service militaire et envoie le contingent en Algérie. Parmi les membres de son gouvernement, donc ses complices, on trouve François Mitterrand et quelques « grands noms » du « socialisme » comme Robert Lacoste, Alain Savary ou Gaston Deferre. C’est son gouvernement, un gouvernement social-démocrate qui autorisa la torture dans cette sale guerre coloniale. En juin 1956 l'Assemblée nationale vota sur proposition de son gouvernement la suspension de la garantie des libertés individuelles, le droit pour les gendarmes, les policiers et les militaires de pratiquer des « interrogatoires poussés », d'appliquer des « traitements spéciaux ». « Associer un discours de gauche et la pratique d'importants compromis avec la droite » était le trait caractéristique de ce que l’on a appelé le « mollétisme ». Aujourd’hui, Hollande ou Valls ne s’encombrent même plus d’une rhétorique de gauche pour enrober leur politique libérale. On n’arrête pas le progrès au PS.
Dans un texte opportunément tirer de l’oubli par un journaliste du Monde, Hollande déclarait : « Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour cinq ans dont il n’y aurait rien à changer au cours de la mandature. (…) La réalité change trop vite » Il aurait été bien utile de faire connaître ce texte lors de la campagne présidentielle de 2012. Il aurait permis de relativiser la valeur des fameux engagements du candidat. Cependant si les circonstances ou la confrontation avec les événements, les obstacles dans l’exercice du pouvoir conduisaient à abandonner les promesses de campagne, Hollande préconisait « un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature ». Nous y sommes aujourd’hui avec lui, président. Et que dit-il ? « J’irai jusqu’au bout », ce que lui permet les institutions. Certes, il va demander à son Premier ministre de solliciter un vote de confiance à l’Assemblée nationale ; confiance qu’il est assuré d’obtenir, les « frondeurs » étant bien trop couards pour risquer leur siège en retournant devant leurs électeurs. Une fois ce vote de confiance acquis, il n’ira pas plus loin. Pas question donc de revenir « devant le corps électoral afin de retrouver un rapport de confiance » comme il le conseillait en 2006 parce qu’il sait que les gens ne le lui font plus confiance et qu’ils ne veulent plus passer aucun pacte ni avec lui, ni avec le parti dont il est issu.
Non content de renier ses promesses, de trahir ceux qui l’ont porté au pouvoir, Hollande se renie lui-même. Faut-il dès lors s’étonner que les gens croient que Valérie Trierweiler en dresse le vrai portrait lorsqu’elle le présente comme un assez sinistre individu, narcissique et menteur, un prétendu homme de gauche qui n’aime que les riches et pas les pauvres ? Comme le dit à juste titre Jean-Luc Mélanchon, François Hollande ferait bien de « se demander (...)pourquoi tout le monde la croit (…) Avec sa bouche Hollande proteste, avec ses dents il mord toujours les mêmes. »
Le retour devant les électeurs suppose la dissolution de l’Assemblée nationale ; ce que les chroniqueurs avisés déconseillent puisque la nouvelle majorité qui sortirait des urnes serait sans l’ombre d’un doute, une majorité de droite, le PS et ses satellites étant laminés. Et alors ? Il faut mieux une politique ultra-libérale de droite conduite par la Droite, que la même politique – ou sensiblement la même – conduite par la Gauche, si tant est que l’on puisse encore qualifier de gauche le PS. Les choses seraient plus claires et cela ouvrirait la voie à une alternative véritable.
Illustration : Ignace
Dans un texte opportunément tirer de l’oubli par un journaliste du Monde, Hollande déclarait : « Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour cinq ans dont il n’y aurait rien à changer au cours de la mandature. (…) La réalité change trop vite » Il aurait été bien utile de faire connaître ce texte lors de la campagne présidentielle de 2012. Il aurait permis de relativiser la valeur des fameux engagements du candidat. Cependant si les circonstances ou la confrontation avec les événements, les obstacles dans l’exercice du pouvoir conduisaient à abandonner les promesses de campagne, Hollande préconisait « un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature ». Nous y sommes aujourd’hui avec lui, président. Et que dit-il ? « J’irai jusqu’au bout », ce que lui permet les institutions. Certes, il va demander à son Premier ministre de solliciter un vote de confiance à l’Assemblée nationale ; confiance qu’il est assuré d’obtenir, les « frondeurs » étant bien trop couards pour risquer leur siège en retournant devant leurs électeurs. Une fois ce vote de confiance acquis, il n’ira pas plus loin. Pas question donc de revenir « devant le corps électoral afin de retrouver un rapport de confiance » comme il le conseillait en 2006 parce qu’il sait que les gens ne le lui font plus confiance et qu’ils ne veulent plus passer aucun pacte ni avec lui, ni avec le parti dont il est issu.
Non content de renier ses promesses, de trahir ceux qui l’ont porté au pouvoir, Hollande se renie lui-même. Faut-il dès lors s’étonner que les gens croient que Valérie Trierweiler en dresse le vrai portrait lorsqu’elle le présente comme un assez sinistre individu, narcissique et menteur, un prétendu homme de gauche qui n’aime que les riches et pas les pauvres ? Comme le dit à juste titre Jean-Luc Mélanchon, François Hollande ferait bien de « se demander (...)pourquoi tout le monde la croit (…) Avec sa bouche Hollande proteste, avec ses dents il mord toujours les mêmes. »
Le retour devant les électeurs suppose la dissolution de l’Assemblée nationale ; ce que les chroniqueurs avisés déconseillent puisque la nouvelle majorité qui sortirait des urnes serait sans l’ombre d’un doute, une majorité de droite, le PS et ses satellites étant laminés. Et alors ? Il faut mieux une politique ultra-libérale de droite conduite par la Droite, que la même politique – ou sensiblement la même – conduite par la Gauche, si tant est que l’on puisse encore qualifier de gauche le PS. Les choses seraient plus claires et cela ouvrirait la voie à une alternative véritable.
Illustration : Ignace
Vendredi 12 Septembre 2014
Commentaires (1)
Nature - environnement
La plupart des médias ont dit, ou écrit, que la Commission Européenne avait interdit ces pesticides pour deux ans. Mais ce n’est qu’un leurre selon l’association Pollinis. Bernée par le lobby des géants de l’agroalimentaire ou consentante, la Commission a accepté un compromis qui fait de cette interdiction non seulement temporaire mais aussi partielle, une manœuvre pour innocenter et faire accepter définitivement les poisons de ces firmes sur la base de données prétendument objectives mais en fait biaisées.
Le texte de présentation de la pétition que Pollinis a mise en ligne, en démonte de façon convaincante et documentée le mécanisme ; un mécanisme astucieusement diabolique. Pas étonnant si beaucoup se sont laissé prendre. C’est effarant et effrayant. À la lecture de ce texte dont je présente l’essentiel ci-dessous, on se dit que décidément tout est bon pour les multinationales de l’agrochimie pour préserver leurs gigantesques profits et tant pis pour la biodiversité, tant pis pour les abeilles, tant pis pour les humains qui, une fois les abeilles exterminées par les pesticides de ces firmes, les néonicotinoides, devront polliniser leurs cultures à la main comme cela se passe déjà en Chine dans le Sichuan !
Une soi-disant interdiction sans effet sur la santé des abeilles !
« Une gigantesque escroquerie est en train de se mettre en place à Bruxelles, aux dépens des abeilles, de la biodiversité... et de tous les citoyens qui se battent depuis des années pour faire interdire les pesticides « tueurs d'abeilles » en Europe et dans le monde ! Il faut la stopper net, avant qu'elle n'ait des conséquences dramatiques sur nos cultures et notre alimentation à l'avenir.
« Après des années de lutte acharnée des citoyens et des apiculteurs, la Commission européenne s'est officiellement décidé à interdire 3 pesticides néonicotinoïdes extrêmement dangereux pour les abeilles (Note en fin d’articles 1). Les associations ont crié victoire et baissé la garde. Pourtant...
Une soi-disant interdiction sans effet sur la santé des abeilles !
« Une gigantesque escroquerie est en train de se mettre en place à Bruxelles, aux dépens des abeilles, de la biodiversité... et de tous les citoyens qui se battent depuis des années pour faire interdire les pesticides « tueurs d'abeilles » en Europe et dans le monde ! Il faut la stopper net, avant qu'elle n'ait des conséquences dramatiques sur nos cultures et notre alimentation à l'avenir.
« Après des années de lutte acharnée des citoyens et des apiculteurs, la Commission européenne s'est officiellement décidé à interdire 3 pesticides néonicotinoïdes extrêmement dangereux pour les abeilles (Note en fin d’articles 1). Les associations ont crié victoire et baissé la garde. Pourtant...
« Le compromis que devrait adopter Bruxelles est en réalité un plan désastreux imposé par les multinationales agrochimiques comme Bayer, Syngenta et compagnie, qui mènent depuis des mois un lobbying effréné et extrêmement agressif pour arriver à ce résultat (Note 2 et 3).
« (…)Officiellement, les 3 pesticides les plus dangereux seront interdits pour une durée-test de deux ans à l'issue de laquelle les autorités sanitaires contrôleront si l'interdiction a mis un terme au massacre des abeilles, et s'il faut ou non interdire définitivement les néonicotinoides.
« Or, cette soi-disant interdiction n'aura aucun effet sur la santé des abeilles !
« En fait, les 3 pesticides tueurs-d’abeilles seront interdits seulement quelques mois par an... et largement utilisés tout le reste de l'année – sur près de 85% des céréales, et sur une grande partie des cultures de fruits, légumes et herbes aromatiques – empoisonnant largement les sols et l'eau absorbés ensuite par les cultures soi-disant « non-traitées ».
« De nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu'à trois ans après le traitement (Note 4), et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen... que viennent ensuite butiner les abeilles ! (Note 5)
« A la fin de la période-test de deux ans, les multinationales pourront prouver que les abeilles continuent d'être décimées malgré la soi-disant interdiction de leurs produits, et qu'ils n'y sont pour rien. Ils auront réussi à blanchir leurs pesticides et à maintenir leurs profits - et pour longtemps !
« C'est un plan diabolique, qui nous promet un désastre environnemental sans précédent.
« Si nous ne faisons rien, voici ce qui va se passer dans les 2 prochaines années :
● les pesticides néonicotinoïdes continueront à être utilisés pour les cultures d'hiver, imprégnant ainsi durablement les sols et l'eau...
● les cultures de printemps et d'été 'non traitées' seront infectées par les résidus de ces pesticides, et empoisonneront les abeilles...
● la mortalité massive des abeilles ne déclinera pas, malgré la soi-disant 'interdiction' des néonicotinoïdes,
● Syngenta, Monsanto, Bayer et tous les laboratoires agrochimiques pourront à loisir clamer que leurs produits n'ont rien à voir avec la mortalité des abeilles, et obtenir leur réhabilitation totale sur le marché.
« Et là, il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer !
« Il faut tuer dans l'œuf ce plan démoniaque, et exiger de la Commission européenne qu'elle interdise purement et simplement ces pesticides tueurs d'abeilles, comme elle prétend le faire d'ailleurs ! »
Exiger de la commission une interdiction réelle des pesticides tueurs d’abeilles
« Pas de compromissions, pas de petits arrangements... Si l'on doit faire un test de 2 ans pour évaluer réellement l'impact de ces pesticides sur les pollinisateurs, alors allons-y franchement !
« Les agriculteurs eux-mêmes n'auraient pas à y perdre : d'après l'INRA, on pourrait réduire rapidement la consommation de pesticides en France de 30 à 40% – sans aucune perte de revenus pour les agriculteurs – en revenant simplement à un système de rotation des cultures qui permettrait de combattre efficacement les parasites en réduisant durablement l'usage des traitements chimiques (Note 6). Cela représente tout de même, pour la France uniquement, plus de 20 000 tonnes de substances ultra-toxiques déversées chaque année en pure perte dans nos campagnes !
« En fait, les seuls qui seraient ébranlés, ce seraient les chiffres d'affaires des géants de l'agrochimie... Mais la Nature n'a que faire de leurs profits ! »
Pollinis lance un appel à chaque citoyen-ne européen-ne pour « créer une véritable onde de choc à travers le pays et l'Europe toute entière, pour que notre pression sur la Commission européenne soit plus forte que celle des lobbys agrochimistes qui sacrifieraient sans vergogne votre santé, votre alimentation et l'avenir même de la Nature pour satisfaire à leurs profits immédiats.
« Nous pouvons encore empêcher ça. MAIS IL FAUT AGIR VITE : d'ici quelques jours, la Commission européenne se prononcera sur sa version définitive du règlement européen concernant ces 3 pesticides tueurs d'abeilles.
« Nous devons agir avant, pour exiger l'interdiction RÉELLE de ces pesticides ! Signez dès maintenant la pétition européenne pour contrer les lobbys en cliquant ici »
_______________________________________
●Notes
Ces notes et références sont celles du texte de Pollinis.
1- Le texte de la Commission européenne interdisant 3 néonicotinoïdes :
ici
2- L'excellent rapport de Corporate Union Observatory sur le sujet (en anglais) ici
Ou ici en français, le bon petit résumé publié en ligne dans le Journal de l'environnement.
3- Début 2013, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un rapport confirmant que les néonicotinoides présentent un risque important pour les abeilles et les pollinisateurs ici
4 -Les néonicotinoides persistent dans l'environnement, la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée à 148 à 6900 jours par l'Agence de protection de la santé américaine ici
Voir aussi l'étude de J. DeCant et M. Barrett publiée en 2010 dans la revue Environmental Protection (pp. 1-99) : Environmental Fate and Ecological Risk Assessment for the Registration of CLOTHIANIDIN for Use as a Seed Treatment on Mustard Seed (Oilseed and Condiment) and Cotton.
5- La persistance des néonicotinoïdes contamine l'environnement au sens large, notamment le pollen.
L'imidaclopride par exemple peut être absorbée par des cultures non-traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, et peut se retrouver dans le pollen et le nectar des fleurs non traitées à des niveaux toxiques pour les abeilles :
Bonmatin, J. M., et al . (2003) A sensitive LC/APCI/MS/MS method for analysis of imidacloprid in soils, in plants and in pollens. Anal. Chem. 75 (9), 2027-2033.
En 2002 et 2003, 69,1% du pollen récolté par les abeilles de 25 ruchers dans cinq départements français, sur des plantes traitées et non traitées étaient contaminés par de l’imidacloprid, bien que cette neurotoxine ait été interdite à l'utilisation sur le tournesol en janvier 1999 :
Chauzat M.P. et al (2006). A survey pesticides residues in pollen loads collected by honey bees in France. Journal of Economic Entomology, 99:253-262
6- Rapport Ecophyto R&D de l'INRA : « Réduire l'usage des pesticides » ici
● Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vue, on peut ajouter un lien vers la vidéo sur la pollinisation à la main des poiriers par les paysans du Sichuan ici
●Le texte complet de «Contrez le plan anti-abeilles des firmes agrochimiques ! » sur le site de Pollinis ici
« (…)Officiellement, les 3 pesticides les plus dangereux seront interdits pour une durée-test de deux ans à l'issue de laquelle les autorités sanitaires contrôleront si l'interdiction a mis un terme au massacre des abeilles, et s'il faut ou non interdire définitivement les néonicotinoides.
« Or, cette soi-disant interdiction n'aura aucun effet sur la santé des abeilles !
« En fait, les 3 pesticides tueurs-d’abeilles seront interdits seulement quelques mois par an... et largement utilisés tout le reste de l'année – sur près de 85% des céréales, et sur une grande partie des cultures de fruits, légumes et herbes aromatiques – empoisonnant largement les sols et l'eau absorbés ensuite par les cultures soi-disant « non-traitées ».
« De nombreuses études ont montré que ces substances ultra-toxiques peuvent rester présentes dans le sol jusqu'à trois ans après le traitement (Note 4), et que les cultures non-traitées replantées sur le même terrain révèlent des traces de néonicotinoïdes jusque dans leur pollen... que viennent ensuite butiner les abeilles ! (Note 5)
« A la fin de la période-test de deux ans, les multinationales pourront prouver que les abeilles continuent d'être décimées malgré la soi-disant interdiction de leurs produits, et qu'ils n'y sont pour rien. Ils auront réussi à blanchir leurs pesticides et à maintenir leurs profits - et pour longtemps !
« C'est un plan diabolique, qui nous promet un désastre environnemental sans précédent.
« Si nous ne faisons rien, voici ce qui va se passer dans les 2 prochaines années :
● les pesticides néonicotinoïdes continueront à être utilisés pour les cultures d'hiver, imprégnant ainsi durablement les sols et l'eau...
● les cultures de printemps et d'été 'non traitées' seront infectées par les résidus de ces pesticides, et empoisonneront les abeilles...
● la mortalité massive des abeilles ne déclinera pas, malgré la soi-disant 'interdiction' des néonicotinoïdes,
● Syngenta, Monsanto, Bayer et tous les laboratoires agrochimiques pourront à loisir clamer que leurs produits n'ont rien à voir avec la mortalité des abeilles, et obtenir leur réhabilitation totale sur le marché.
« Et là, il ne nous restera plus que nos yeux pour pleurer !
« Il faut tuer dans l'œuf ce plan démoniaque, et exiger de la Commission européenne qu'elle interdise purement et simplement ces pesticides tueurs d'abeilles, comme elle prétend le faire d'ailleurs ! »
Exiger de la commission une interdiction réelle des pesticides tueurs d’abeilles
« Pas de compromissions, pas de petits arrangements... Si l'on doit faire un test de 2 ans pour évaluer réellement l'impact de ces pesticides sur les pollinisateurs, alors allons-y franchement !
« Les agriculteurs eux-mêmes n'auraient pas à y perdre : d'après l'INRA, on pourrait réduire rapidement la consommation de pesticides en France de 30 à 40% – sans aucune perte de revenus pour les agriculteurs – en revenant simplement à un système de rotation des cultures qui permettrait de combattre efficacement les parasites en réduisant durablement l'usage des traitements chimiques (Note 6). Cela représente tout de même, pour la France uniquement, plus de 20 000 tonnes de substances ultra-toxiques déversées chaque année en pure perte dans nos campagnes !
« En fait, les seuls qui seraient ébranlés, ce seraient les chiffres d'affaires des géants de l'agrochimie... Mais la Nature n'a que faire de leurs profits ! »
Pollinis lance un appel à chaque citoyen-ne européen-ne pour « créer une véritable onde de choc à travers le pays et l'Europe toute entière, pour que notre pression sur la Commission européenne soit plus forte que celle des lobbys agrochimistes qui sacrifieraient sans vergogne votre santé, votre alimentation et l'avenir même de la Nature pour satisfaire à leurs profits immédiats.
« Nous pouvons encore empêcher ça. MAIS IL FAUT AGIR VITE : d'ici quelques jours, la Commission européenne se prononcera sur sa version définitive du règlement européen concernant ces 3 pesticides tueurs d'abeilles.
« Nous devons agir avant, pour exiger l'interdiction RÉELLE de ces pesticides ! Signez dès maintenant la pétition européenne pour contrer les lobbys en cliquant ici »
_______________________________________
●Notes
Ces notes et références sont celles du texte de Pollinis.
1- Le texte de la Commission européenne interdisant 3 néonicotinoïdes :
ici
2- L'excellent rapport de Corporate Union Observatory sur le sujet (en anglais) ici
Ou ici en français, le bon petit résumé publié en ligne dans le Journal de l'environnement.
3- Début 2013, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA) a publié un rapport confirmant que les néonicotinoides présentent un risque important pour les abeilles et les pollinisateurs ici
4 -Les néonicotinoides persistent dans l'environnement, la demi-vie de la clothianidine dans le sol a été mesurée à 148 à 6900 jours par l'Agence de protection de la santé américaine ici
Voir aussi l'étude de J. DeCant et M. Barrett publiée en 2010 dans la revue Environmental Protection (pp. 1-99) : Environmental Fate and Ecological Risk Assessment for the Registration of CLOTHIANIDIN for Use as a Seed Treatment on Mustard Seed (Oilseed and Condiment) and Cotton.
5- La persistance des néonicotinoïdes contamine l'environnement au sens large, notamment le pollen.
L'imidaclopride par exemple peut être absorbée par des cultures non-traitées, jusqu'à deux ans après la première utilisation, et peut se retrouver dans le pollen et le nectar des fleurs non traitées à des niveaux toxiques pour les abeilles :
Bonmatin, J. M., et al . (2003) A sensitive LC/APCI/MS/MS method for analysis of imidacloprid in soils, in plants and in pollens. Anal. Chem. 75 (9), 2027-2033.
En 2002 et 2003, 69,1% du pollen récolté par les abeilles de 25 ruchers dans cinq départements français, sur des plantes traitées et non traitées étaient contaminés par de l’imidacloprid, bien que cette neurotoxine ait été interdite à l'utilisation sur le tournesol en janvier 1999 :
Chauzat M.P. et al (2006). A survey pesticides residues in pollen loads collected by honey bees in France. Journal of Economic Entomology, 99:253-262
6- Rapport Ecophyto R&D de l'INRA : « Réduire l'usage des pesticides » ici
● Pour ceux qui ne l’auraient pas encore vue, on peut ajouter un lien vers la vidéo sur la pollinisation à la main des poiriers par les paysans du Sichuan ici
●Le texte complet de «Contrez le plan anti-abeilles des firmes agrochimiques ! » sur le site de Pollinis ici
Dimanche 24 Août 2014
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Résumé : Après avoir établi que sous le terme « climato-sceptique » étaient regroupées des positions diverses vis-à-vis du changement climatique, de son évolution et de ses conséquences, on montre que le terme utilisé pour désigner ces diverses attitudes est impropre dans la mesure où les dits « climato-sceptiques » ne sont pas sceptiques en fait. Quelques-unes des diverses formes de scepticisme en matière de changement climatique sont alors esquissées.
Dans la dernière partie de l’article, étant admis que le véritable scepticisme en matière du changement climatique en cours est d’un point de vue théorique l’attitude (ou la « famille » d’attitudes) la plus rationnelle, on montre que celle-ci n’est pas, contrairement aux apparences, un obstacle à toute forme d’agir et l’on tente de justifier l’une d’entre elles.
Un « climato-scepticisme » aux multiples visages
On appelle communément « climato-sceptiques » ceux qui rejettent la doxa dominante issue des travaux du GIEC sur le « changement climatique », en fait un réchauffement climatique dû pour l’essentiel aux activités humaines et dont les conséquences seraient catastrophiques. Sont ainsi regroupés sous la même dénomination
(a1) ceux qui nient qu’un réchauffement global de la planète d’une ampleur inédite a eu lieu au vingtième siècle jusqu’à nos jours,
(a1 bis) ceux qui estiment que la notion de réchauffement global de la planète n’a pas de sens physique,
(a2) ceux qui nie que ce réchauffement global, en admettant qu’il ait eu lieu au vingtième siècle, va se poursuivre et prendre de l’ampleur,
(b) ceux qui nient que le réchauffement en cours est, et sera s’il perdure, d’origine anthropique,
(c) ceux qui nient que ce réchauffement en cours, à supposer qu’il se poursuive, aura les conséquences catastrophiques prédites ; ou qui nient telle ou telle conséquence catastrophique particulière annoncée ; ou bien encore qui nient qu’il sera d’une ampleur suffisante pour être la cause principale de telle ou telle catastrophe annoncée qui lui est imputée, ou de toutes.
Souscrire à (a1 bis), c’est rendre (b) et (c) sans objet. Accepter (a1), c’est rejeter (b) et (c) comme sans objet ou faux. On peut souscrire à (a2) sans souscrire à (b). Accepter (a1) ou (a2) implique d’adopter la dernière partie de la disjonction (c).
Accepter (b), c’est nier (a1) mais pas nécessairement (a2) et admettre ou non (c). Et inversement accepter (c), c’est laisser ouverte la question de savoir si (b) est vrai ou non – on peut l’admettre ou non – mais c’est aussi nier que (a1) soit vrai alors qu’il est possible d’admettre ou non (a2). Des choix différents entraînent évidemment des formes différentes de «climato-scepticisme».
Les climato-sceptiques ne sont pas sceptiques !
Il peut donc y avoir plusieurs formes très différentes les unes des autres de climato-scepticisme. Tel que formulé (c) à lui seul en recouvre un grand nombre. On voit déjà avec cette tentative d’élucidation que le terme de «climato-sceptique » est pour le moins ambigu.
On appelle communément « climato-sceptiques » ceux qui rejettent la doxa dominante issue des travaux du GIEC sur le « changement climatique », en fait un réchauffement climatique dû pour l’essentiel aux activités humaines et dont les conséquences seraient catastrophiques. Sont ainsi regroupés sous la même dénomination
(a1) ceux qui nient qu’un réchauffement global de la planète d’une ampleur inédite a eu lieu au vingtième siècle jusqu’à nos jours,
(a1 bis) ceux qui estiment que la notion de réchauffement global de la planète n’a pas de sens physique,
(a2) ceux qui nie que ce réchauffement global, en admettant qu’il ait eu lieu au vingtième siècle, va se poursuivre et prendre de l’ampleur,
(b) ceux qui nient que le réchauffement en cours est, et sera s’il perdure, d’origine anthropique,
(c) ceux qui nient que ce réchauffement en cours, à supposer qu’il se poursuive, aura les conséquences catastrophiques prédites ; ou qui nient telle ou telle conséquence catastrophique particulière annoncée ; ou bien encore qui nient qu’il sera d’une ampleur suffisante pour être la cause principale de telle ou telle catastrophe annoncée qui lui est imputée, ou de toutes.
Souscrire à (a1 bis), c’est rendre (b) et (c) sans objet. Accepter (a1), c’est rejeter (b) et (c) comme sans objet ou faux. On peut souscrire à (a2) sans souscrire à (b). Accepter (a1) ou (a2) implique d’adopter la dernière partie de la disjonction (c).
Accepter (b), c’est nier (a1) mais pas nécessairement (a2) et admettre ou non (c). Et inversement accepter (c), c’est laisser ouverte la question de savoir si (b) est vrai ou non – on peut l’admettre ou non – mais c’est aussi nier que (a1) soit vrai alors qu’il est possible d’admettre ou non (a2). Des choix différents entraînent évidemment des formes différentes de «climato-scepticisme».
Les climato-sceptiques ne sont pas sceptiques !
Il peut donc y avoir plusieurs formes très différentes les unes des autres de climato-scepticisme. Tel que formulé (c) à lui seul en recouvre un grand nombre. On voit déjà avec cette tentative d’élucidation que le terme de «climato-sceptique » est pour le moins ambigu.
De plus, il est impropre : aucun de ceux que l’on peut regrouper sous (a), (b) ou (c) ne sont des sceptiques au sens propre du terme. Est «sceptique» celui ou celle qui doute et estime qu’il est impossible de choisir rationnellement entre une thèse et sa négation. En conséquence il suspend son jugement. Or, si ceux que l’on peut regrouper sous (a), (b), ou (c) ont bien un point commun, c’est qu’ils ne doutent pas. Ils ne suspendent nullement leur jugement en la circonstance. Ils nient une ou plusieurs des assertions avancées par les réchauffistes catastrophistes du GIEC ou d’ailleurs.
Si on les a baptisés ainsi, c’est sans doute en référence à leur position vis-à-vis des assertions du GIEC. Ils les rejettent, toutes ou seulement quelque unes : ils n’y croient pas. Or ne pas croire une assertion, c’est faire preuve de scepticisme à son égard. Cependant le climato-sceptique ne se borne pas à ne pas croire aux assertions du GIEC, il pense qu’elles sont fausses et qu’il est en mesure de le prouver. Les climato-sceptiques ne se meuvent pas dans le simple domaine de la croyance, de l’opinion mais dans celui de la connaissance, c’est-à-dire celui des croyances prouvées. En fin de compte, ils ne sont pas sceptiques du tout.
Pour bien comprendre la différence, on peut remarquer qu’il y a là une confusion analogue à celle que l’on rencontre parfois à propos de la question de « l’existence de Dieu ». Face à cette question, il n’y a pas deux grandes familles de positions possibles mais trois. Il y a celui qui affirme cette existence (le croyant), celui qui la nie (l’athée) mais il y a aussi celui qui avoue ne pas savoir (l’agnostique). Il est remarquable que le terme « agnostique » ne soit pas un terme du langage courant. L’athée et l’agnostique sont souvent confondus comme des « incroyants ». Certes, ils le sont l’un et l’autre mais seul l’agnostique est sceptique. En matière de réchauffement climatique, on met souvent « dans un même sac » l’athée, c’est-à-dire celui qui croit que les prophéties du GIEC sont fausses et l’agnostique, c’est-à-dire le sceptique, celui qui considère que ni le GIEC, ni ses contradicteurs n’ont de preuves concluantes, qu’il faut donc se garder d’affirmer l’une ou l’autre thèse, que la raison commande de suspendre son jugement.
Si pour simplifier l’on fait abstraction de la question du passé climatique de la Terre et de ses variations, les véritables sceptiques sur la question de l’évolution climatique en cours sont ceux qui
(a’) doutent si un réchauffement global de la planète est ou n’est pas en cours, ou doutent s’il va ou ne va pas se poursuivre, ou doutent s’il va prendre ou non de l’ampleur,
(b’) doutent qu’il soit d’origine anthropique mais doutent tout autant qu’il n’ait pas une telle origine,
(c’) ne peuvent se prononcer sur la question de savoir si ce réchauffement, à supposer qu’il se poursuive, aura ou non telle ou telle conséquence, catastrophique ou non.
Comme c’est le cas pour les réchauffistes et leurs contradicteurs, on peut être un sceptique vrai de différentes manières. Par exemple, on peut être sceptique sur l’ampleur du réchauffement climatique et son devenir mais pas sur son origine. On peut à l’inverse ne pas douter de son ampleur, ni de son devenir mais être sceptique quant à son origine, etc...
Un vrai sceptique en matière de réchauffement climatique renvoie dos-à-dos le réchauffiste catastrophiste et son contradicteur. Eux savent, affirment. Lui suspend son jugement, ni n’affirme, ni ne nie.
Quelques climatologues, une fois à la retraite, ont le courage d’afficher cette position sceptique au vrai sens du terme.! Ainsi Garth Paltridge, climatologue australien renommé, aujourd’hui retraité (Professeur émérite à l’Université de Tasmanie) qui déclare : « La probabilité que l'on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu'un climato-sceptique ou qui que ce soit d'autre dans cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d'affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d'égalité. »
Selon ce climatologue, parmi les membres de sa profession, la position sceptique serait beaucoup plus commune que l’on pourrait le supposer mais « le problème est que la recherche climatique exige d'énormes ressources et qu'il s'agit d'un jeu entre les institutions et les organisations. Le scepticisme est une affaire d'individus. Les choses étant ce qu'elles sont dans le domaine du changement climatique, le scepticisme exercé par un individu peut s'avérer être un facteur sévèrement limitant pour la poursuite d'une carrière. » Il est donc préférable de taire ses doutes dans l’intérêt de celle-ci. Constat alarmant sur l’état de la recherche en climatologie, constat qui explique que ceux qui « dressent leur tête au-dessus du parapet » sont pour beaucoup des « professeurs émérites » c’est-à-dire des scientifiques à la retraite.
Il est curieux de voir comment les partisans des thèses du GIEC qu’ils soient journalistes, chercheurs, historiens ou philosophes des sciences, condamnent le doute et mettent en avant le « consensus d’une communauté scientifique ». Passe encore pour les journalistes dont les idées simplistes sur les sciences et l’activité scientifique rejoignent celles de « l’homme de la rue » pour qui « scientifique » signifie « prouvé », mais pour les épistémologues, les historiens des sciences, une telle régression dans un dogmatisme scientiste d’un autre âge laisse pantois. Peut-on être une ou un historien des sciences et ignorer que les consensus d’aujourd’hui sont presque toujours les erreurs de demain, que les « minoritaires » du jour seront souvent les fondateurs ou les précurseurs de demain ? Affligeant ! D’autant plus que la controverse entre les réchauffistes et leurs contradicteurs dégénère souvent avec l’utilisation de part et d’autre d’arguments ad hominem du plus bas niveau.
La position sceptique sur le réchauffement climatique, un obstacle à l’agir ?
Au vu des controverses, des données, de leur fiabilité, des écarts entre les prévisions des modèles et les événements, la position sceptique est sans doute la plus rationnelle sur le plan théorique. Mais ne laisse-t-elle pas à désirer au niveau de l’agir ?
Le scepticisme est une philosophie de la perplexité et de l’embarras et il pourrait sembler que pour ceux qui veulent agir, pour les «décideurs», les vraies positions sceptiques sur la question du changement climatique soient effectivement embarrassantes. S’ils les adoptent, seront-ils comme l’âne de Buridan plongés dans l’indécision et incapables d’agir ? La vraie position sceptique dans le cas du changement climatique serait-elle incompatible avec toute action ?
Il est évident que l’on peut s’appuyer sur les positions sceptiques pour ne rien faire, plaider pour un statut quo : attendre et voir venir ! Ce n’est cependant pas la seule possibilité. Il faut d’abord remarquer que les situations relatives à l’agir dans laquelle nous mettent les positions sceptiques dans le cas du réchauffement climatique n’ont rien d’extraordinaire. En règle générale, l’avenir est imprévisible et ce n’est que tout à fait exceptionnellement que l’on peut le prédire à coup sûr. Pour reprendre les termes employés par Jean-Pierre Dupuy dans son ouvrage Pour un catastrophisme éclairé, un voile d’ignorance le recouvre.
Néanmoins on peut estimer que le futur est gros de catastrophes à venir mais dont on ne sait si elles se réaliseront ou non. Bref, il s’agit de menaces. Lorsque l’on est en montagne et que l’orage menace, rester sur la ligne de crêtes serait stupide mais si par la suite le ciel vient à s’éclaircir, on regrettera d’avoir battu en retraite ! L’idéal, c’est de trouver une position de repli qui permette à la fois de satisfaire l’optimiste insouciant et le pessimiste inquiet.
Adopter « la posture catastrophique » (Jean-Pierre Dupuy), c’est estimer que si l’on ne fait rien pour l’empêcher, la catastrophe annoncée se produira et donc qu’il faut prendre, avant qu’il ne soit trop tard, des mesures radicales pour éviter ce désastre annoncé, ici un emballement du réchauffement et l’enfer associé. Mais une autre possibilité existe face à un désastre redouté dont on ne sait s’il se produira ou non en fin de compte. Jean-Pierre Dupuy la nomme « la stratégie du sans regret ». Selon cette stratégie, il est impératif de ne rien faire que l'on regretterait d'avoir fait s'il advenait « une fois levé ce voile d'ignorance que constitue l'imprévisibilité de l'avenir, que les prophètes de malheur avaient eu tort » (p. 128, note 100). Les deux attitudes face à une menace potentielle peuvent être antagonistes si dans un cas donné «ne rien faire que l'on regretterait d'avoir fait » revient à ne rien faire du tout. C’est bien souvent ce que recommandent les « climato-sceptiques » face à ce que les prophètes de malheur, le GIEC, la fondation Hulot, le Réseau Action Climat proposent comme mesures d’évitement. Pourtant dans bien des cas, et notamment dans celui du « changement climatique » il est possible de proposer des mesures capables de satisfaire à la fois les prophètes de malheurs et les partisans de la stratégie du sans regret (voir mon article « Pour éviter le pire… » ici-même).
Cette recherche de mesures d’évitement qui satisfassent aux deux postures est, elle aussi, en harmonie avec la position sceptique sur ces questions du changement climatique puisqu’elle ne préjuge de la vérité ou de la fausseté ni des thèses des réchauffistes catastrophistes, ni de celles des dits « climato-sceptiques ». Invitation à faire preuve de modestie, elle évite la politique de l’autruche et l’immobilisme en prenant en compte la prophétie de malheur tout en en modérant les ardeurs.
Donc, si l’on adopte la vraie position sceptique sur le réchauffement climatique, deux attitudes sont possibles en ce qui concerne l’agir : ne rien faire ou adopter des mesures d’évitement satisfaisant à la fois la posture catastrophique et la stratégie du « sans regret ». Laquelle choisir ?
« Ne rien faire et voir venir » est certes rationnel en la circonstance mais n’est guère raisonnable. Dans la mesure où la nécessité de satisfaire à la stratégie du « sans regret » oblige à faire preuve d’une grande prudence dans le choix des mesures d’évitement et d’un examen minutieux et soupçonneux de leurs possibles inconvénients, la seconde attitude est tout autant rationnelle et nettement plus raisonnable que la première. C’est sur elle que doit porter un choix raisonné d’autant que les mesures proposées dans ce contexte auront toutes les chances d’être « socialement admissibles ». Cette attitude est, en outre, conforme au principe de précaution tel qu’inscrit dans l’article 5 de la Charte de l’environnement intégrée à la Constitution française qui stipule : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en œuvre des procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
Si on les a baptisés ainsi, c’est sans doute en référence à leur position vis-à-vis des assertions du GIEC. Ils les rejettent, toutes ou seulement quelque unes : ils n’y croient pas. Or ne pas croire une assertion, c’est faire preuve de scepticisme à son égard. Cependant le climato-sceptique ne se borne pas à ne pas croire aux assertions du GIEC, il pense qu’elles sont fausses et qu’il est en mesure de le prouver. Les climato-sceptiques ne se meuvent pas dans le simple domaine de la croyance, de l’opinion mais dans celui de la connaissance, c’est-à-dire celui des croyances prouvées. En fin de compte, ils ne sont pas sceptiques du tout.
Pour bien comprendre la différence, on peut remarquer qu’il y a là une confusion analogue à celle que l’on rencontre parfois à propos de la question de « l’existence de Dieu ». Face à cette question, il n’y a pas deux grandes familles de positions possibles mais trois. Il y a celui qui affirme cette existence (le croyant), celui qui la nie (l’athée) mais il y a aussi celui qui avoue ne pas savoir (l’agnostique). Il est remarquable que le terme « agnostique » ne soit pas un terme du langage courant. L’athée et l’agnostique sont souvent confondus comme des « incroyants ». Certes, ils le sont l’un et l’autre mais seul l’agnostique est sceptique. En matière de réchauffement climatique, on met souvent « dans un même sac » l’athée, c’est-à-dire celui qui croit que les prophéties du GIEC sont fausses et l’agnostique, c’est-à-dire le sceptique, celui qui considère que ni le GIEC, ni ses contradicteurs n’ont de preuves concluantes, qu’il faut donc se garder d’affirmer l’une ou l’autre thèse, que la raison commande de suspendre son jugement.
Si pour simplifier l’on fait abstraction de la question du passé climatique de la Terre et de ses variations, les véritables sceptiques sur la question de l’évolution climatique en cours sont ceux qui
(a’) doutent si un réchauffement global de la planète est ou n’est pas en cours, ou doutent s’il va ou ne va pas se poursuivre, ou doutent s’il va prendre ou non de l’ampleur,
(b’) doutent qu’il soit d’origine anthropique mais doutent tout autant qu’il n’ait pas une telle origine,
(c’) ne peuvent se prononcer sur la question de savoir si ce réchauffement, à supposer qu’il se poursuive, aura ou non telle ou telle conséquence, catastrophique ou non.
Comme c’est le cas pour les réchauffistes et leurs contradicteurs, on peut être un sceptique vrai de différentes manières. Par exemple, on peut être sceptique sur l’ampleur du réchauffement climatique et son devenir mais pas sur son origine. On peut à l’inverse ne pas douter de son ampleur, ni de son devenir mais être sceptique quant à son origine, etc...
Un vrai sceptique en matière de réchauffement climatique renvoie dos-à-dos le réchauffiste catastrophiste et son contradicteur. Eux savent, affirment. Lui suspend son jugement, ni n’affirme, ni ne nie.
Quelques climatologues, une fois à la retraite, ont le courage d’afficher cette position sceptique au vrai sens du terme.! Ainsi Garth Paltridge, climatologue australien renommé, aujourd’hui retraité (Professeur émérite à l’Université de Tasmanie) qui déclare : « La probabilité que l'on prouve que le changement climatique durant le siècle prochain sera suffisamment important pour conduire au désastre est virtuellement nulle. Pour la même raison, la probabilité qu'un climato-sceptique ou qui que ce soit d'autre dans cette affaire, prouve que la théorie du désastre est totalement exagérée est aussi virtuellement nulle. De ce fait, le terrain d'affrontement pour les deux partenaires du débat est sur un plan d'égalité. »
Selon ce climatologue, parmi les membres de sa profession, la position sceptique serait beaucoup plus commune que l’on pourrait le supposer mais « le problème est que la recherche climatique exige d'énormes ressources et qu'il s'agit d'un jeu entre les institutions et les organisations. Le scepticisme est une affaire d'individus. Les choses étant ce qu'elles sont dans le domaine du changement climatique, le scepticisme exercé par un individu peut s'avérer être un facteur sévèrement limitant pour la poursuite d'une carrière. » Il est donc préférable de taire ses doutes dans l’intérêt de celle-ci. Constat alarmant sur l’état de la recherche en climatologie, constat qui explique que ceux qui « dressent leur tête au-dessus du parapet » sont pour beaucoup des « professeurs émérites » c’est-à-dire des scientifiques à la retraite.
Il est curieux de voir comment les partisans des thèses du GIEC qu’ils soient journalistes, chercheurs, historiens ou philosophes des sciences, condamnent le doute et mettent en avant le « consensus d’une communauté scientifique ». Passe encore pour les journalistes dont les idées simplistes sur les sciences et l’activité scientifique rejoignent celles de « l’homme de la rue » pour qui « scientifique » signifie « prouvé », mais pour les épistémologues, les historiens des sciences, une telle régression dans un dogmatisme scientiste d’un autre âge laisse pantois. Peut-on être une ou un historien des sciences et ignorer que les consensus d’aujourd’hui sont presque toujours les erreurs de demain, que les « minoritaires » du jour seront souvent les fondateurs ou les précurseurs de demain ? Affligeant ! D’autant plus que la controverse entre les réchauffistes et leurs contradicteurs dégénère souvent avec l’utilisation de part et d’autre d’arguments ad hominem du plus bas niveau.
La position sceptique sur le réchauffement climatique, un obstacle à l’agir ?
Au vu des controverses, des données, de leur fiabilité, des écarts entre les prévisions des modèles et les événements, la position sceptique est sans doute la plus rationnelle sur le plan théorique. Mais ne laisse-t-elle pas à désirer au niveau de l’agir ?
Le scepticisme est une philosophie de la perplexité et de l’embarras et il pourrait sembler que pour ceux qui veulent agir, pour les «décideurs», les vraies positions sceptiques sur la question du changement climatique soient effectivement embarrassantes. S’ils les adoptent, seront-ils comme l’âne de Buridan plongés dans l’indécision et incapables d’agir ? La vraie position sceptique dans le cas du changement climatique serait-elle incompatible avec toute action ?
Il est évident que l’on peut s’appuyer sur les positions sceptiques pour ne rien faire, plaider pour un statut quo : attendre et voir venir ! Ce n’est cependant pas la seule possibilité. Il faut d’abord remarquer que les situations relatives à l’agir dans laquelle nous mettent les positions sceptiques dans le cas du réchauffement climatique n’ont rien d’extraordinaire. En règle générale, l’avenir est imprévisible et ce n’est que tout à fait exceptionnellement que l’on peut le prédire à coup sûr. Pour reprendre les termes employés par Jean-Pierre Dupuy dans son ouvrage Pour un catastrophisme éclairé, un voile d’ignorance le recouvre.
Néanmoins on peut estimer que le futur est gros de catastrophes à venir mais dont on ne sait si elles se réaliseront ou non. Bref, il s’agit de menaces. Lorsque l’on est en montagne et que l’orage menace, rester sur la ligne de crêtes serait stupide mais si par la suite le ciel vient à s’éclaircir, on regrettera d’avoir battu en retraite ! L’idéal, c’est de trouver une position de repli qui permette à la fois de satisfaire l’optimiste insouciant et le pessimiste inquiet.
Adopter « la posture catastrophique » (Jean-Pierre Dupuy), c’est estimer que si l’on ne fait rien pour l’empêcher, la catastrophe annoncée se produira et donc qu’il faut prendre, avant qu’il ne soit trop tard, des mesures radicales pour éviter ce désastre annoncé, ici un emballement du réchauffement et l’enfer associé. Mais une autre possibilité existe face à un désastre redouté dont on ne sait s’il se produira ou non en fin de compte. Jean-Pierre Dupuy la nomme « la stratégie du sans regret ». Selon cette stratégie, il est impératif de ne rien faire que l'on regretterait d'avoir fait s'il advenait « une fois levé ce voile d'ignorance que constitue l'imprévisibilité de l'avenir, que les prophètes de malheur avaient eu tort » (p. 128, note 100). Les deux attitudes face à une menace potentielle peuvent être antagonistes si dans un cas donné «ne rien faire que l'on regretterait d'avoir fait » revient à ne rien faire du tout. C’est bien souvent ce que recommandent les « climato-sceptiques » face à ce que les prophètes de malheur, le GIEC, la fondation Hulot, le Réseau Action Climat proposent comme mesures d’évitement. Pourtant dans bien des cas, et notamment dans celui du « changement climatique » il est possible de proposer des mesures capables de satisfaire à la fois les prophètes de malheurs et les partisans de la stratégie du sans regret (voir mon article « Pour éviter le pire… » ici-même).
Cette recherche de mesures d’évitement qui satisfassent aux deux postures est, elle aussi, en harmonie avec la position sceptique sur ces questions du changement climatique puisqu’elle ne préjuge de la vérité ou de la fausseté ni des thèses des réchauffistes catastrophistes, ni de celles des dits « climato-sceptiques ». Invitation à faire preuve de modestie, elle évite la politique de l’autruche et l’immobilisme en prenant en compte la prophétie de malheur tout en en modérant les ardeurs.
Donc, si l’on adopte la vraie position sceptique sur le réchauffement climatique, deux attitudes sont possibles en ce qui concerne l’agir : ne rien faire ou adopter des mesures d’évitement satisfaisant à la fois la posture catastrophique et la stratégie du « sans regret ». Laquelle choisir ?
« Ne rien faire et voir venir » est certes rationnel en la circonstance mais n’est guère raisonnable. Dans la mesure où la nécessité de satisfaire à la stratégie du « sans regret » oblige à faire preuve d’une grande prudence dans le choix des mesures d’évitement et d’un examen minutieux et soupçonneux de leurs possibles inconvénients, la seconde attitude est tout autant rationnelle et nettement plus raisonnable que la première. C’est sur elle que doit porter un choix raisonné d’autant que les mesures proposées dans ce contexte auront toutes les chances d’être « socialement admissibles ». Cette attitude est, en outre, conforme au principe de précaution tel qu’inscrit dans l’article 5 de la Charte de l’environnement intégrée à la Constitution française qui stipule : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attribution, à la mise en œuvre des procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »
Lundi 18 Août 2014
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Nature - environnement
Pour EELV le texte du projet de loi sur la transition énergétique rebaptisé « projet de loi relatif à la transition énergétique pour la croissance verte » est un « bon point de départ » (Emmanuelle Cosse), un « compromis intéressant » (François de Rugy). Ces avis ne sont partagés ni par les associations antinucléaires, ni par les associations de protection de la Nature, ni non plus par des analystes dont l’engagement pour l’écologie est indiscutable.
Dans l’entretien qu’il a accordé au Nouvel Observateur François de Rugy, co-président du groupe des députés EELV affirme que « on va passer d'une politique énergétique qui avait été totalement sous-traitée par EDF depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, à une politique qui sera co-élaborée par l'Etat et les différents opérateurs. Avant, le véritable ministre de l'Energie, c'était le PDG d'EDF. Cela va changer. » Il est bien le seul à soutenir cela. Il faut bien trouver des arguments pour justifier un futur vote positif…
Le réseau Sortir du nucléaire : l’État laisse EDF orchestrer la politique énergétique !
Le réseau « Sortir du nucléaire » considère quant à lui que « Sous couvert du "refus de normes contraignantes", le gouvernement se dévoile : l’exécutif n’a pas de vision ambitieuse, refuse de décider et continuera de laisser la politique énergétique aux mains d’EDF et consorts». Il précise « Après deux ans de discussions, le projet de loi se contente de rappeler l’objectif de campagne de François Hollande d’une réduction à 50% de la part du nucléaire d’ici à 2025. (…) Au lieu de définir les capacités nucléaires à retirer, le gouvernement ne décide pas et se contente de proposer un plafonnement de la production nucléaire actuelle. Pas de programmation des réacteurs à fermer, pas de trajectoire précise et d’objectifs clairs de réduction des consommations d’électricité, rien ne permet de déduire comment se concrétisera cette réduction. » Comme le montre la question de la fermeture des centrales nucléaires, « l’État laisse EDF orchestrer la politique énergétique » du pays.
Le réseau Sortir du nucléaire : l’État laisse EDF orchestrer la politique énergétique !
Le réseau « Sortir du nucléaire » considère quant à lui que « Sous couvert du "refus de normes contraignantes", le gouvernement se dévoile : l’exécutif n’a pas de vision ambitieuse, refuse de décider et continuera de laisser la politique énergétique aux mains d’EDF et consorts». Il précise « Après deux ans de discussions, le projet de loi se contente de rappeler l’objectif de campagne de François Hollande d’une réduction à 50% de la part du nucléaire d’ici à 2025. (…) Au lieu de définir les capacités nucléaires à retirer, le gouvernement ne décide pas et se contente de proposer un plafonnement de la production nucléaire actuelle. Pas de programmation des réacteurs à fermer, pas de trajectoire précise et d’objectifs clairs de réduction des consommations d’électricité, rien ne permet de déduire comment se concrétisera cette réduction. » Comme le montre la question de la fermeture des centrales nucléaires, « l’État laisse EDF orchestrer la politique énergétique » du pays.
France Nature Environnement : Energie : Le projet de loi « Proglio » est arrivé !
En totale contradiction avec les propos de de Rugy, France Nature Environnement titre son communiqué de presse ainsi : « Energie : Le projet de loi « Proglio » est arrivé ! » Pour FNE, qui se dit très déçu, on croirait que c’est EDF qui a rédigé ce projet de loi, au détriment de l’intérêt général. «L’obligation de rénovation des bâtiments est donc réduite à peau de chagrin dans le projet de loi car c’est intéressant pour tout le monde…sauf pour EDF ». Pour ce qui est du nucléaire, FNE est du même avis que le Réseau « Sortir du nucléaire » : « l’Etat laisse la main à EDF » « il se contente de fixer un plafond de production d’énergie nucléaire, et laisse à EDF le soin de décider quelle centrale fermer. » Selon la responsable du réseau énergie de l’association, Maryse Arditi « L’Etat renonce ainsi à décider de la politique énergétique de la France et à s’assurer que les centrales fermées le soient selon les critères de l’intérêt général plutôt que le seul intérêt économique. Le responsable politique semble avoir délégué son pouvoir au technicien».
Hervé Kempf : le dogme de la croissance verte
Pour Hervé Kempf, «Derrière le dogme (de la croissance verte) se joue une partie subtile qui consiste à ne rien changer de réel dans la structure énergétique et de pouvoir de la France. Comme l’a répété Ségolène Royal en conférence de presse à la sortie du conseil des ministres, « le nucléaire est le socle de la politique énergétique de notre pays ».Tout le jeu consiste dès lors à maintenir la part absolue du nucléaire : certes, l’énergie nucléaire doit passer de 75 % à 50 % de la production électrique globale, mais si la production électrique augmente, il y aura toujours autant de nucléaire. Il sera «plafonné », annonce-t-on. Dans la négociation qui s’est déroulé depuis un mois, le plafond est même passé de 62 gigawatts en juin à 63,2 gigawatts en juillet. Admirez la précision du 63,2, qui signifie qu’EDF a imposé un calibrage précis du parc nucléaire qu’il entend maintenir dans les prochaines décennies. » Hervé Kempf ajoute « Mme Royal a donné l’explication, pour ceux qui ne comprendraient pas : « La part du nucléaire dans la production d’électricité va passer de 75 % à 50 % grâce à la montée en puissance des énergies renouvelables ». Ainsi, amis écologistes, qui admirez les éoliennes de cent mètres de haut qui poussent dans les paysages que vous aimez, qui vous extasiez à la vue des centrales solaires qui gagnent les terrains abandonnés, comprenez bien que tout ceci ne fera pas reculer d’un pouce l’énergie nucléaire. Vous aurez et le nucléaire, et le massacre des paysages. C’est ça, la croissance verte. »
Dans cet article paru sur Reporterre intitulé « Loi sur l’énergie : un cadeau de 40 milliards d’euros au lobby de l’auto électrique », l’auteur, citations à l’appui, démonte et dénonce un projet de loi dans lequel « c’est la croissance qui est le but fixé » et où la transition énergétique devient un simple moyen de cette croissance : « le but réel de l’action devrait être de transformer notre système énergétique pour éviter l’aggravation du changement climatique, et le fétiche « croissance » pourrait en être un moyen. Mais non : la croissance est première, et décide de tout. » Une croissance que l’on dit verte mais qui, en fait, se réduit à n’être que « la croissance du PIB, l’essentiel étant que celui-ci augmente ». Un tel projet de loi fondé sur une telle inversion des priorités ne saurait être un « bon début » comme l’affirme la Secrétaire nationale d’EELV, d’autant que la « croissance verte » à l’œuvre dans ce projet de loi, une fois démythifiée avec brio par Hervé Kempf n’a rien d’écologique.
Jamais définie, la croissance verte dans ce projet de loi, c’est le nucléaire auquel s’ajoute le massacre des paysages par le développement de l’éolien et du photovoltaïque industriels avec EDF, GDF et Areva comme opérateurs. Hervé Kempf cite le propos, combien éclairant de S. Royal : « Energies renouvelables sur lesquelles nos grands opérateurs énergétiques français, EDF, GDF, Areva, etc., investissent. Et il est donc très important aussi que ces grands opérateurs énergéticiens qui sont parmi les plus performants à l’échelle planétaire investissent dans les énergies renouvelables, puissent conquérir des brevets, des innovations, et soient à l’offensive dans la transition énergétique mondiale ». Il le commente en ces termes : « Vous rêvez de relocalisation, de solutions adaptées, de techniques douces, de coopératives de citoyens ? Passez votre chemin. La transition, ce n’est pas vous, c’est EDF, GDF et Areva. »
Pour maintenir la consommation électrique à un niveau élevé et croissant, on peut compter sur toutes les applications électroniques, ordinateurs, téléphones, écrans, etc. mais le projet de loi table surtout sur la voiture électrique : « En avant pour la voiture électrique, qui est la voie d’avenir pour sauver les deux mamelles historiques de l’industrie française, la voiture et le nucléaire ». En matière de transports, le soutien à la voiture électrique est le seul point réellement abordé : «Et vas-y pour diverses subventions, bonus, défiscalisations, qui pousseront les bons citoyens français à acheter l’auto magique, et en avant pour installer sept millions de bornes de recharge desdites autos. » Ces sept millions de bornes coûtant selon les calculs de Reporterre 42 milliards d’euros avec une estimation optimiste de 6000 € la borne ; 42 milliards payés par les fonds publics, c’est-à-dire les contribuables… Vive la croissance verte !
En résumé…
Contrairement à ce qu’affirme EELV qui se « félicite » d’avoir pu travailler avec Ségolène Royal, ce texte n’est ni un «bon début», ni un «compromis acceptable», c’est un projet qui « entérine sous l’emphase dont la ministre est coutumière la soumission des choix publics aux intérêts des grands opérateurs énergétiques » selon la formule d’Hervé Kempf, un projet sous-tendu par une soumission à une « croissance verte » qui fait peser des menaces redoutables sur la Nature et l’environnement.
En totale contradiction avec les propos de de Rugy, France Nature Environnement titre son communiqué de presse ainsi : « Energie : Le projet de loi « Proglio » est arrivé ! » Pour FNE, qui se dit très déçu, on croirait que c’est EDF qui a rédigé ce projet de loi, au détriment de l’intérêt général. «L’obligation de rénovation des bâtiments est donc réduite à peau de chagrin dans le projet de loi car c’est intéressant pour tout le monde…sauf pour EDF ». Pour ce qui est du nucléaire, FNE est du même avis que le Réseau « Sortir du nucléaire » : « l’Etat laisse la main à EDF » « il se contente de fixer un plafond de production d’énergie nucléaire, et laisse à EDF le soin de décider quelle centrale fermer. » Selon la responsable du réseau énergie de l’association, Maryse Arditi « L’Etat renonce ainsi à décider de la politique énergétique de la France et à s’assurer que les centrales fermées le soient selon les critères de l’intérêt général plutôt que le seul intérêt économique. Le responsable politique semble avoir délégué son pouvoir au technicien».
Hervé Kempf : le dogme de la croissance verte
Pour Hervé Kempf, «Derrière le dogme (de la croissance verte) se joue une partie subtile qui consiste à ne rien changer de réel dans la structure énergétique et de pouvoir de la France. Comme l’a répété Ségolène Royal en conférence de presse à la sortie du conseil des ministres, « le nucléaire est le socle de la politique énergétique de notre pays ».Tout le jeu consiste dès lors à maintenir la part absolue du nucléaire : certes, l’énergie nucléaire doit passer de 75 % à 50 % de la production électrique globale, mais si la production électrique augmente, il y aura toujours autant de nucléaire. Il sera «plafonné », annonce-t-on. Dans la négociation qui s’est déroulé depuis un mois, le plafond est même passé de 62 gigawatts en juin à 63,2 gigawatts en juillet. Admirez la précision du 63,2, qui signifie qu’EDF a imposé un calibrage précis du parc nucléaire qu’il entend maintenir dans les prochaines décennies. » Hervé Kempf ajoute « Mme Royal a donné l’explication, pour ceux qui ne comprendraient pas : « La part du nucléaire dans la production d’électricité va passer de 75 % à 50 % grâce à la montée en puissance des énergies renouvelables ». Ainsi, amis écologistes, qui admirez les éoliennes de cent mètres de haut qui poussent dans les paysages que vous aimez, qui vous extasiez à la vue des centrales solaires qui gagnent les terrains abandonnés, comprenez bien que tout ceci ne fera pas reculer d’un pouce l’énergie nucléaire. Vous aurez et le nucléaire, et le massacre des paysages. C’est ça, la croissance verte. »
Dans cet article paru sur Reporterre intitulé « Loi sur l’énergie : un cadeau de 40 milliards d’euros au lobby de l’auto électrique », l’auteur, citations à l’appui, démonte et dénonce un projet de loi dans lequel « c’est la croissance qui est le but fixé » et où la transition énergétique devient un simple moyen de cette croissance : « le but réel de l’action devrait être de transformer notre système énergétique pour éviter l’aggravation du changement climatique, et le fétiche « croissance » pourrait en être un moyen. Mais non : la croissance est première, et décide de tout. » Une croissance que l’on dit verte mais qui, en fait, se réduit à n’être que « la croissance du PIB, l’essentiel étant que celui-ci augmente ». Un tel projet de loi fondé sur une telle inversion des priorités ne saurait être un « bon début » comme l’affirme la Secrétaire nationale d’EELV, d’autant que la « croissance verte » à l’œuvre dans ce projet de loi, une fois démythifiée avec brio par Hervé Kempf n’a rien d’écologique.
Jamais définie, la croissance verte dans ce projet de loi, c’est le nucléaire auquel s’ajoute le massacre des paysages par le développement de l’éolien et du photovoltaïque industriels avec EDF, GDF et Areva comme opérateurs. Hervé Kempf cite le propos, combien éclairant de S. Royal : « Energies renouvelables sur lesquelles nos grands opérateurs énergétiques français, EDF, GDF, Areva, etc., investissent. Et il est donc très important aussi que ces grands opérateurs énergéticiens qui sont parmi les plus performants à l’échelle planétaire investissent dans les énergies renouvelables, puissent conquérir des brevets, des innovations, et soient à l’offensive dans la transition énergétique mondiale ». Il le commente en ces termes : « Vous rêvez de relocalisation, de solutions adaptées, de techniques douces, de coopératives de citoyens ? Passez votre chemin. La transition, ce n’est pas vous, c’est EDF, GDF et Areva. »
Pour maintenir la consommation électrique à un niveau élevé et croissant, on peut compter sur toutes les applications électroniques, ordinateurs, téléphones, écrans, etc. mais le projet de loi table surtout sur la voiture électrique : « En avant pour la voiture électrique, qui est la voie d’avenir pour sauver les deux mamelles historiques de l’industrie française, la voiture et le nucléaire ». En matière de transports, le soutien à la voiture électrique est le seul point réellement abordé : «Et vas-y pour diverses subventions, bonus, défiscalisations, qui pousseront les bons citoyens français à acheter l’auto magique, et en avant pour installer sept millions de bornes de recharge desdites autos. » Ces sept millions de bornes coûtant selon les calculs de Reporterre 42 milliards d’euros avec une estimation optimiste de 6000 € la borne ; 42 milliards payés par les fonds publics, c’est-à-dire les contribuables… Vive la croissance verte !
En résumé…
Contrairement à ce qu’affirme EELV qui se « félicite » d’avoir pu travailler avec Ségolène Royal, ce texte n’est ni un «bon début», ni un «compromis acceptable», c’est un projet qui « entérine sous l’emphase dont la ministre est coutumière la soumission des choix publics aux intérêts des grands opérateurs énergétiques » selon la formule d’Hervé Kempf, un projet sous-tendu par une soumission à une « croissance verte » qui fait peser des menaces redoutables sur la Nature et l’environnement.
Dimanche 3 Août 2014
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Nature - environnement
Je relais ici l’appel de l’ASPAS
Après la chasse aux loups en plein Parc des Ecrins écrivez votre colère aux responsables
M. Bertrand Galtier, directeur du Parc national des Ecrins, a osé ordonner que la zone coeur du Parc soit « nettoyée du loup ».
Refuser la présence d’une espèce protégée dans un espace protégé est inadmissible et illégal !
L’ASPAS et la LPO PACA ont obligé le Préfet à retirer son arrêté autorisant la battue, mais cette dernière avait déjà eu lieu le matin même. Aucun loup n’avait heureusement été débusqué et abattu, mais il aurait pu en être autrement… et impunément !
Si la cohabitation entre les moutons et les loups n’est pas possible, ce sont les moutons qu’il faut retirer de nos espaces naturels, et non les animaux sauvages !
Il nous parait primordial de réagir de façon unitaire et importante à cette nouvelle étape des attaques contre la nature.
Aussi, nous invitons toutes les associations, leurs adhérents et sympathisants à téléphoner ou envoyer des messages de protestation au président et au directeur du Parc national :
Président : Christian Pichoud Tél. 04 76 00 37 12 ou pichpn@gmail.com
Directeur : Bertrand Galtier 04 92 40 20 10 ou bertrand.galtier@ecrins-parcnational.fr
Pour que cette action soit efficace il faut agir en masse et immédiatement. Faites circuler !
Montrez que les citoyens respectueux de la biodiversité dans les parcs nationaux sont majoritaires. On ne touche pas à nos Parcs. On ne touche pas à la faune et à la flore sauvage !
Nous comptons sur vous. Les générations futures également…
Avec nos remerciements pour votre soutien
L’équipe de l’ASPAS
M. Bertrand Galtier, directeur du Parc national des Ecrins, a osé ordonner que la zone coeur du Parc soit « nettoyée du loup ».
Refuser la présence d’une espèce protégée dans un espace protégé est inadmissible et illégal !
L’ASPAS et la LPO PACA ont obligé le Préfet à retirer son arrêté autorisant la battue, mais cette dernière avait déjà eu lieu le matin même. Aucun loup n’avait heureusement été débusqué et abattu, mais il aurait pu en être autrement… et impunément !
Si la cohabitation entre les moutons et les loups n’est pas possible, ce sont les moutons qu’il faut retirer de nos espaces naturels, et non les animaux sauvages !
Il nous parait primordial de réagir de façon unitaire et importante à cette nouvelle étape des attaques contre la nature.
Aussi, nous invitons toutes les associations, leurs adhérents et sympathisants à téléphoner ou envoyer des messages de protestation au président et au directeur du Parc national :
Président : Christian Pichoud Tél. 04 76 00 37 12 ou pichpn@gmail.com
Directeur : Bertrand Galtier 04 92 40 20 10 ou bertrand.galtier@ecrins-parcnational.fr
Pour que cette action soit efficace il faut agir en masse et immédiatement. Faites circuler !
Montrez que les citoyens respectueux de la biodiversité dans les parcs nationaux sont majoritaires. On ne touche pas à nos Parcs. On ne touche pas à la faune et à la flore sauvage !
Nous comptons sur vous. Les générations futures également…
Avec nos remerciements pour votre soutien
L’équipe de l’ASPAS
Samedi 19 Juillet 2014
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Nature - environnement
Le 10 Juin la Commission du développement durable de l’Assemblée nationale a commencé d’examiner le projet de loi sur la biodiversité. Il est bien entendu indispensable de tout faire pour tenter de surmonter ou à tout le moins de limiter « la crise de la biodiversité » actuelle avec son cortège d’extinction massive d’espèces. Cependant, tout en considérant que cet objectif est éminemment louable, certains naturalistes, doutent de la réussite de l’entreprise. C’est notamment le cas du Professeur Alain Dubois, directeur du Laboratoire reptiles-amphibiens du Muséum national d'histoire naturelle. Il la tient pour « mission impossible ». Ce pessimisme est-il justifié ?
Alain Dubois lors d'un stage de taxinomie au Muséum
Une catastrophe annoncée qui ne pourra être enrayée
«Un naturaliste face à l’extinction massive des espèces» est l’un des textes dans lesquels Alain Dubois développe ses positions. C’est ce texte écrit en postface à l’ouvrage de Julien Delord L’extinction d’espèce histoire d’un concept et enjeux éthiques qui est étudié dans cet article.
Pour Alain Dubois – et aujourd’hui pour la plupart des naturalistes, ce qui caractérise la crise actuelle de la biodiversité, c’est sa rapidité : « Ce qui est particulier à notre époque est l’accélération exponentielle du rythme des extinctions : la biosphère est actuellement confrontée à l’une des plus graves agressions de son histoire , et en tout cas à la plus violente de toutes, en raison de son exceptionnelle rapidité » (2010, p. 626) Tout mettre en œuvre pour sauver les espèces menacées est la réaction normale de tout individu humain qui se soucie de la Nature ou tout simplement de l’avenir de sa propre espèce. Pour Alain Dubois « c’est de cette réaction qu’est née l’essor de la Biologie de la conservation (…). Cette nouvelle discipline est rapidement devenue une nouvelle source de crédits, sous la forme d’appels d’offre internationaux et nationaux, où l’on peut s’étonner de voir émarger beaucoup de ceux qui, il y a quelques décennies encore, niaient tout simplement l’existence du phénomène, ou en minimisaient la portée, en répétant que les extinctions font partie de l’histoire de la biosphère et n’ont donc rien d’ « inquiétant » ou d’ « inhabituel » (p. 628).
Alain Dubois reconnait que la Biologie de la conservation a pu apporter des solutions parcellaires concernant certaines espèces dans certains milieux mais pour lui, elle n’est pas en mesure d’empêcher la grande majorité des extinctions en cours et prévisibles : « il est fort probable que la BC pourra limiter l’ampleur de cette catastrophe, en ciblant surtout les interventions sur des espèces ou des milieux « exemplaires », mais pas arrêter les extinctions massives notamment celles qui résultent directement des déforestations gigantesques qui se multiplient en permanence depuis des décennies dans tous les grands massifs tropicaux » A l’échelle de la Planète, prétendre que l’on peut stopper la l’érosion de la biodiversité est « soit un mensonge soit un signe confondant d’optimisme naïf »(ibid.).
«Un naturaliste face à l’extinction massive des espèces» est l’un des textes dans lesquels Alain Dubois développe ses positions. C’est ce texte écrit en postface à l’ouvrage de Julien Delord L’extinction d’espèce histoire d’un concept et enjeux éthiques qui est étudié dans cet article.
Pour Alain Dubois – et aujourd’hui pour la plupart des naturalistes, ce qui caractérise la crise actuelle de la biodiversité, c’est sa rapidité : « Ce qui est particulier à notre époque est l’accélération exponentielle du rythme des extinctions : la biosphère est actuellement confrontée à l’une des plus graves agressions de son histoire , et en tout cas à la plus violente de toutes, en raison de son exceptionnelle rapidité » (2010, p. 626) Tout mettre en œuvre pour sauver les espèces menacées est la réaction normale de tout individu humain qui se soucie de la Nature ou tout simplement de l’avenir de sa propre espèce. Pour Alain Dubois « c’est de cette réaction qu’est née l’essor de la Biologie de la conservation (…). Cette nouvelle discipline est rapidement devenue une nouvelle source de crédits, sous la forme d’appels d’offre internationaux et nationaux, où l’on peut s’étonner de voir émarger beaucoup de ceux qui, il y a quelques décennies encore, niaient tout simplement l’existence du phénomène, ou en minimisaient la portée, en répétant que les extinctions font partie de l’histoire de la biosphère et n’ont donc rien d’ « inquiétant » ou d’ « inhabituel » (p. 628).
Alain Dubois reconnait que la Biologie de la conservation a pu apporter des solutions parcellaires concernant certaines espèces dans certains milieux mais pour lui, elle n’est pas en mesure d’empêcher la grande majorité des extinctions en cours et prévisibles : « il est fort probable que la BC pourra limiter l’ampleur de cette catastrophe, en ciblant surtout les interventions sur des espèces ou des milieux « exemplaires », mais pas arrêter les extinctions massives notamment celles qui résultent directement des déforestations gigantesques qui se multiplient en permanence depuis des décennies dans tous les grands massifs tropicaux » A l’échelle de la Planète, prétendre que l’on peut stopper la l’érosion de la biodiversité est « soit un mensonge soit un signe confondant d’optimisme naïf »(ibid.).
Une résolution éventuelle de la crise de la biodiversité relève du politique
Alain Dubois insiste longuement sur le fait que, d’après lui, les actions proposées ne touchent qu’une proportion « infime » de la biodiversité, soit « les vertébrés de grande taille ou spectaculaires ». S’il en est ainsi « c’est tout simplement que la crise de la biodiversité n’a rien d’un phénomène « naturel » du moins si ce terme est pris dans le sens restreint de « n’impliquant pas l’intervention de l’homme » qui bien entendu fait lui-même intégralement partie de la nature. Cette crise n’est pas due à des éruptions volcaniques, des séismes et tsunamis, l’impact d’un astéroïde ou une éruption solaire. Elle est due à l’activité humaine. » (p. 640) Il ne suffit pas de le reconnaître, il faut en tirer les conséquences lorsque l’on veut la combattre. « Il est clair que cela ne peut se faire sans envisager des modifications drastiques de la relation entre notre civilisation et la planète qui l’abrite, des changements fondamentaux de paradigmes quant à « la croissance », « l’économie » et le fonctionnement même de nos sociétés à tous les niveaux. » Il en découle que ce n’est pas la science qui pourra résoudre cette crise. « Ces questions ne sont pas seulement « académiques », et ne peuvent, et ne doivent, pas être traitées comme s’il s’agissait de questions abstraites, se posant seulement dans un monde éthéré. En d’autres termes, leur dénouement se jouera dans le domaine politico-social, pas au sein de la science » (p. 640).
Bien que cela ne soit pas son propos ni son but, on peut affirmer que cette analyse d’Alain Dubois donne un fondement à l’écologie politique et la légitime ; l’écologie politique s’étant constituée en partie sur le constat que la crise environnementale décrite et documentée par différentes branches de la biologie, dénoncée par les scientifiques demandait pour être résolue une action sur le plan politique.
Que la résolution de la crise de la biodiversité doive se faire sur le terrain socio-politique est l’une des raisons, sinon la raison principale du pessimisme du naturaliste. Ce n’est pas le manque de propositions faites pour la surmonter qui fait problème mais le fait qu’ « il n’existe pas de force sociale suffisamment importante et déterminée à se battre pour les mettre en œuvre ». Et tant qu’il en sera ainsi, elles seront condamnées à n’être que des utopies (p. 640). « Les « protecteurs de la nature », pour employer volontairement un terme général et vague, peuvent être hostiles à la continuation du fonctionnement actuel de notre civilisation, cela a peu d’effets concrets » nous dit-il (p.639). Alain Dubois considère d’ailleurs qu’affirmer que la course au développement industriel et économique est à la racine de la crise environnementale actuelle n’est pas satisfaisant si l’on ne précise pas que « la course dont il est question est avant tout une «course au profit», dans le cadre de cette société dont le moteur économique et politique quotidien et fondamental est le profit économique ». Il en résulte, selon lui, que ce changement fondamental de fonctionnement de nos sociétés « ne serait possible qu’au prix de conflits sociaux, politiques ou militaires majeurs – et rien n’indique que nous sommes à la veille de ces conflits » (p. 639). En somme, c’est l’instauration révolutionnaire d’une sorte d’écosocialisme à l’échelon mondial qui permettrait de surmonter la crise de la biodiversité par un changement fondamental du fonctionnement de nos sociétés. Celle-ci n’est pas du tout à l’ordre du jour tandis que la biodiversité s’érode de plus en plus rapidement. Voilà pourquoi, il est impossible de stopper cette érosion d’ampleur catastrophique. Jean Dorst avait écrit naguère un livre qui sonnait l’alarme : « Avant que Nature ne meurt ». Il n’a pas été entendu. Peut-être ne pouvait-il l’être si l’on accepte les thèses d’Alain Dubois. Maintenant il est trop tard. Nature se meurt… Nature est morte
Alain Dubois insiste longuement sur le fait que, d’après lui, les actions proposées ne touchent qu’une proportion « infime » de la biodiversité, soit « les vertébrés de grande taille ou spectaculaires ». S’il en est ainsi « c’est tout simplement que la crise de la biodiversité n’a rien d’un phénomène « naturel » du moins si ce terme est pris dans le sens restreint de « n’impliquant pas l’intervention de l’homme » qui bien entendu fait lui-même intégralement partie de la nature. Cette crise n’est pas due à des éruptions volcaniques, des séismes et tsunamis, l’impact d’un astéroïde ou une éruption solaire. Elle est due à l’activité humaine. » (p. 640) Il ne suffit pas de le reconnaître, il faut en tirer les conséquences lorsque l’on veut la combattre. « Il est clair que cela ne peut se faire sans envisager des modifications drastiques de la relation entre notre civilisation et la planète qui l’abrite, des changements fondamentaux de paradigmes quant à « la croissance », « l’économie » et le fonctionnement même de nos sociétés à tous les niveaux. » Il en découle que ce n’est pas la science qui pourra résoudre cette crise. « Ces questions ne sont pas seulement « académiques », et ne peuvent, et ne doivent, pas être traitées comme s’il s’agissait de questions abstraites, se posant seulement dans un monde éthéré. En d’autres termes, leur dénouement se jouera dans le domaine politico-social, pas au sein de la science » (p. 640).
Bien que cela ne soit pas son propos ni son but, on peut affirmer que cette analyse d’Alain Dubois donne un fondement à l’écologie politique et la légitime ; l’écologie politique s’étant constituée en partie sur le constat que la crise environnementale décrite et documentée par différentes branches de la biologie, dénoncée par les scientifiques demandait pour être résolue une action sur le plan politique.
Que la résolution de la crise de la biodiversité doive se faire sur le terrain socio-politique est l’une des raisons, sinon la raison principale du pessimisme du naturaliste. Ce n’est pas le manque de propositions faites pour la surmonter qui fait problème mais le fait qu’ « il n’existe pas de force sociale suffisamment importante et déterminée à se battre pour les mettre en œuvre ». Et tant qu’il en sera ainsi, elles seront condamnées à n’être que des utopies (p. 640). « Les « protecteurs de la nature », pour employer volontairement un terme général et vague, peuvent être hostiles à la continuation du fonctionnement actuel de notre civilisation, cela a peu d’effets concrets » nous dit-il (p.639). Alain Dubois considère d’ailleurs qu’affirmer que la course au développement industriel et économique est à la racine de la crise environnementale actuelle n’est pas satisfaisant si l’on ne précise pas que « la course dont il est question est avant tout une «course au profit», dans le cadre de cette société dont le moteur économique et politique quotidien et fondamental est le profit économique ». Il en résulte, selon lui, que ce changement fondamental de fonctionnement de nos sociétés « ne serait possible qu’au prix de conflits sociaux, politiques ou militaires majeurs – et rien n’indique que nous sommes à la veille de ces conflits » (p. 639). En somme, c’est l’instauration révolutionnaire d’une sorte d’écosocialisme à l’échelon mondial qui permettrait de surmonter la crise de la biodiversité par un changement fondamental du fonctionnement de nos sociétés. Celle-ci n’est pas du tout à l’ordre du jour tandis que la biodiversité s’érode de plus en plus rapidement. Voilà pourquoi, il est impossible de stopper cette érosion d’ampleur catastrophique. Jean Dorst avait écrit naguère un livre qui sonnait l’alarme : « Avant que Nature ne meurt ». Il n’a pas été entendu. Peut-être ne pouvait-il l’être si l’on accepte les thèses d’Alain Dubois. Maintenant il est trop tard. Nature se meurt… Nature est morte
Un mausolée pour une Nature morte
Faut-il rester les bras croisés pour autant ? Pour Alain Dubois, si nous n’avons et si nous n’aurons pas les moyens d’enrayer significativement les extinctions d’espèces à l’exception de quelques-unes, emblématiques préservées dans des réserves ou des zoos, « il serait encore possible, en mettant sur pied un programme ambitieux, de récolter et de fixer des millions de spécimens, des tissus, de l’ADN, des photos, des films, des enregistrements de chants, des observations, du nombre le plus élevé possible d’espèces vouées à une destruction irrémédiable et rapide, comme témoin pour l’avenir et pour études ultérieures ». Il précise ainsi cette tâche : « il s’agirait alors de constituer une banque de « pré-fossiles » pour les générations qui nous suivront. Cette perspective d’un « mausolée de la biodiversité » est certes moins glorieuse, excitante, optimiste et « porteuse » que celle de «sauver les espèces», mais elle est honnête et lucide et, contrairement à cette dernière, elle correspond à un objectif réalisable. » (p. 655) A défaut de pouvoir léguer aux générations futures un monde plein de vie, coloré et divers, nous leur léguerions «une bibliothèque de spécimens, de données et d’informations sur (les espèces actuellement vivantes du globe) juste avant leur extinction» (p. 665), les bases de la connaissance et les matériaux pour l’étude d’un monde que nous n’avons pas pu préserver ! Il s’agit peut-être là d’un objectif propre à satisfaire la « communauté scientifique »mais cette vision muséale d’une nouvelle arche de Noé tient du cimetière comme le terme de « mausolée » ne l’indique que trop ! Cette perspective a de quoi faire frémir tout un chacun…
On peut d’ailleurs objecter que toutes ces collections, ces connaissances ne seront léguées à personne car si nous ne réussissons pas à endiguer cette érosion de la biodiversité, l’espèce humaine, elle aussi, s’éteindra. Pour Alain Dubois, on ne peut affirmer que ce sera le cas, que l’espèce humaine sera incapable de survivre à cet effondrement de la biodiversité. Il écrit « même si nos connaissances actuelles sur le fonctionnement des écosystèmes et de la biosphère indiquent le contraire et si le principe de précaution nous suggère la plus grande prudence à cet égard, il n’est pas possible d’affirmer scientifiquement que la survie de l’espèce humaine serait réellement menacée si 90% des espèces vivantes du globe, ou même plus, disparaissaient, et s’il ne subsistait comme dans le roman Ravage de René Barjavel, que la vache, la poule, le chien et quelques autres espèces. » (p. 656).
Faut-il rester les bras croisés pour autant ? Pour Alain Dubois, si nous n’avons et si nous n’aurons pas les moyens d’enrayer significativement les extinctions d’espèces à l’exception de quelques-unes, emblématiques préservées dans des réserves ou des zoos, « il serait encore possible, en mettant sur pied un programme ambitieux, de récolter et de fixer des millions de spécimens, des tissus, de l’ADN, des photos, des films, des enregistrements de chants, des observations, du nombre le plus élevé possible d’espèces vouées à une destruction irrémédiable et rapide, comme témoin pour l’avenir et pour études ultérieures ». Il précise ainsi cette tâche : « il s’agirait alors de constituer une banque de « pré-fossiles » pour les générations qui nous suivront. Cette perspective d’un « mausolée de la biodiversité » est certes moins glorieuse, excitante, optimiste et « porteuse » que celle de «sauver les espèces», mais elle est honnête et lucide et, contrairement à cette dernière, elle correspond à un objectif réalisable. » (p. 655) A défaut de pouvoir léguer aux générations futures un monde plein de vie, coloré et divers, nous leur léguerions «une bibliothèque de spécimens, de données et d’informations sur (les espèces actuellement vivantes du globe) juste avant leur extinction» (p. 665), les bases de la connaissance et les matériaux pour l’étude d’un monde que nous n’avons pas pu préserver ! Il s’agit peut-être là d’un objectif propre à satisfaire la « communauté scientifique »mais cette vision muséale d’une nouvelle arche de Noé tient du cimetière comme le terme de « mausolée » ne l’indique que trop ! Cette perspective a de quoi faire frémir tout un chacun…
On peut d’ailleurs objecter que toutes ces collections, ces connaissances ne seront léguées à personne car si nous ne réussissons pas à endiguer cette érosion de la biodiversité, l’espèce humaine, elle aussi, s’éteindra. Pour Alain Dubois, on ne peut affirmer que ce sera le cas, que l’espèce humaine sera incapable de survivre à cet effondrement de la biodiversité. Il écrit « même si nos connaissances actuelles sur le fonctionnement des écosystèmes et de la biosphère indiquent le contraire et si le principe de précaution nous suggère la plus grande prudence à cet égard, il n’est pas possible d’affirmer scientifiquement que la survie de l’espèce humaine serait réellement menacée si 90% des espèces vivantes du globe, ou même plus, disparaissaient, et s’il ne subsistait comme dans le roman Ravage de René Barjavel, que la vache, la poule, le chien et quelques autres espèces. » (p. 656).
Le discret pique-prune
Un tel pessimisme concernant la capacité des sociétés humaines actuelles à enrayer l’érosion de la biodiversité est-il justifié ?
Selon Alain Dubois, les efforts de préservation porteraient surtout sur des espèces « exemplaires », c’est-à-dire des « vertébrés de grande taille » tandis que les autres espèces seraient négligées. Ce sont ces espèces « vertébrés de grande taille » qui seraient sauvées de l’extinction, ce serait pour elles et pratiquement pour elles seules que la Biologie de la conservation réussirait à limiter l’ampleur de la catastrophe tandis que les reptiles, les amphibiens (dont il est un des spécialistes), les arachnides et les insectes seraient négligés. Cette assertion est fausse !
C’est ce que montre le cas du Pique-prune, un scarabée protégé dont il est pourtant fait mention dans l’ouvrage pour lequel Alain Dubois a écrit en postface le texte analysé ici. La découverte en 1999 sur de vieux châtaigniers d’une population de ces insectes sur le tracé de ce qui allait devenir l’autoroute A28, entre Le Mans et Tours a bloqué les travaux pendant six ans, jusqu’à ce que l’on trouve une solution satisfaisante pour la sauvegarde de cette population. De nouveau en 2010, la même histoire se répète : le pique-prune se met cette fois sur la route du conseil général de l'Yonne qui voulait faire abattre pour des raisons de sécurité les cinq cents tilleuls centenaires de l'allée monumentale d'un kilomètre de long qui conduit au château de Tanlay. Le pique-prune, ce modeste et très discret insecte a le même statut que l'ours ou le loup, espèces exemplaires au sens de Dubois.
Comme les grands prédateurs, le pique-prune est une espèce « parapluie », c’est-à-dire une espèce dont la présence témoigne de la richesse biologique d’un milieu. En préservant l’habitat de cette espèce, on préserve de nombreuses autres espèces de tous ordres et qui ne sont peut-être pas toutes répertoriées. Laurence Caramel dans un article du Monde qu’elle a consacré au pique-prune rapporte les propos d’un entomologiste, Bruno Meriguet de l’OPIE qui a recensé 53 autres espèces d’insectes sur le site de Tanlay : « La présence du pique-prune est le signe d'un milieu écologique extrêmement exigeant qui abrite quantité d'autres espèces dont l'enjeu de conservation est également fort pour le fonctionnement des écosystèmes » Et il n’y a pas que ces insectes. Dans ce même milieu, Chauves-souris, rapaces et écureuils cohabitent. Comme l’écrit Laurence Caramel « les batailles menées au nom du coléoptère vont donc bien au-delà de l'existence de celui-ci ». Si les espèces « parapluie » sont souvent des espèces de vertébrés de grande taille, ce n’est pas toujours le cas. En identifiant et en préservant de telles espèces et leurs habitats, on en préserve du même coup beaucoup d’autres.
Selon Alain Dubois, les efforts de préservation porteraient surtout sur des espèces « exemplaires », c’est-à-dire des « vertébrés de grande taille » tandis que les autres espèces seraient négligées. Ce sont ces espèces « vertébrés de grande taille » qui seraient sauvées de l’extinction, ce serait pour elles et pratiquement pour elles seules que la Biologie de la conservation réussirait à limiter l’ampleur de la catastrophe tandis que les reptiles, les amphibiens (dont il est un des spécialistes), les arachnides et les insectes seraient négligés. Cette assertion est fausse !
C’est ce que montre le cas du Pique-prune, un scarabée protégé dont il est pourtant fait mention dans l’ouvrage pour lequel Alain Dubois a écrit en postface le texte analysé ici. La découverte en 1999 sur de vieux châtaigniers d’une population de ces insectes sur le tracé de ce qui allait devenir l’autoroute A28, entre Le Mans et Tours a bloqué les travaux pendant six ans, jusqu’à ce que l’on trouve une solution satisfaisante pour la sauvegarde de cette population. De nouveau en 2010, la même histoire se répète : le pique-prune se met cette fois sur la route du conseil général de l'Yonne qui voulait faire abattre pour des raisons de sécurité les cinq cents tilleuls centenaires de l'allée monumentale d'un kilomètre de long qui conduit au château de Tanlay. Le pique-prune, ce modeste et très discret insecte a le même statut que l'ours ou le loup, espèces exemplaires au sens de Dubois.
Comme les grands prédateurs, le pique-prune est une espèce « parapluie », c’est-à-dire une espèce dont la présence témoigne de la richesse biologique d’un milieu. En préservant l’habitat de cette espèce, on préserve de nombreuses autres espèces de tous ordres et qui ne sont peut-être pas toutes répertoriées. Laurence Caramel dans un article du Monde qu’elle a consacré au pique-prune rapporte les propos d’un entomologiste, Bruno Meriguet de l’OPIE qui a recensé 53 autres espèces d’insectes sur le site de Tanlay : « La présence du pique-prune est le signe d'un milieu écologique extrêmement exigeant qui abrite quantité d'autres espèces dont l'enjeu de conservation est également fort pour le fonctionnement des écosystèmes » Et il n’y a pas que ces insectes. Dans ce même milieu, Chauves-souris, rapaces et écureuils cohabitent. Comme l’écrit Laurence Caramel « les batailles menées au nom du coléoptère vont donc bien au-delà de l'existence de celui-ci ». Si les espèces « parapluie » sont souvent des espèces de vertébrés de grande taille, ce n’est pas toujours le cas. En identifiant et en préservant de telles espèces et leurs habitats, on en préserve du même coup beaucoup d’autres.
Ce ne sont plus seulement quelques naturalistes isolés, lanceurs d’alertes qui se perdent dans le désert qui se soucient de la biodiversité. Sans même parler des conventions internationales, des diverses réglementations et directives, il est remarquable qu’aujourd’hui la défense de la biodiversité concerne de plus en plus de gens. A Nantes, ce sont plus de 50 000 personnes qui ont manifesté pour défendre la biodiversité du bocage de Notre-Dame-des-Landes, le campagnol amphibie, les tritons, les grenouilles et beaucoup d’autres espèces recensées sur le site par « Les Naturalistes en Lutte » Ces naturalistes en lutte, professionnels et amateurs, savent comme l’a proclamé leur porte-parole lors de cette manifestation que « dans ce contexte (la défense du bocage), paysans, zadistes et naturalistes se sont liés, se sont écoutés et aujourd'hui, nous marchons ensemble parce que nous comprenons que la seule manière d'avancer n'est pas la compétition ou le conflit, mais la coopération et l'écoute. Notre-Dame-des-Landes, c'est la preuve qu'un autre monde est possible. Un monde où progresse le respect d'autrui, un monde où la non-violence est recherchée. Notre-Dame-des-Landes devient un nouveau symbole d'espoir. » En Amazonie, ce sont les peuples premiers qui défendent leur forêt tandis que l’opinion mondiale se mobilise en leur faveur. Et il en va de même partout sur la Planète.
Alain Dubois a raison de considérer que la crise de la biodiversité étant due à l’activité des humains ne peut se résoudre que sur le terrain social et politique. Mais comme le montre toutes ces luttes, des forces sociales existent tandis que sous diverses formes la prise de conscience des problèmes écologiques progresse. Ce qui constitue autant de raisons d’espérer et de se battre pour enrayer l’érosion de la biodiversité.
Si la course au profit, l’exploitation éhontée des richesses des pays du Sud par les occidentaux, la rapacité des multinationales sont bien l’une des causes de la crise de la biodiversité, ce n’est pas la seule. Le développement même de la société industrielle ne doit pas être dédouané. Lorsque l’on étudie les mises à jour de la Liste rouge des espèces menacées que publie l’UICN, on constate que l’instabilité politique de certains pays du Sud, la corruption de leurs dirigeants et la misère des populations sont aussi des causes de cette crise. On constate aussi que si beaucoup d’espèces sont menacées, c’est à cause de la destruction de leur habitat.
Par exemple, la dernière mise à jour de cette liste rouge vient confirmer les rapports selon lesquels 94 % des lémuriens sont menacés d’extinction. Les lémuriens comptent ainsi parmi les groupes de vertébrés les plus menacés de la planète. Ils sont principalement menacés d’extinction en raison de la destruction de leur habitat naturel, la forêt tropicale de Madagascar, où l’instabilité politique et la pauvreté croissante ont accéléré l’exploitation illégale du bois. Récemment, la chasse de ces animaux pour se nourrir est également devenue une menace majeure.
De même le tatou à trois bandes du Brésil (Tolypeutes tricinctus) ; mascotte de la coupe du monde de foot 2014 est classée Vulnérable dans la dernière actualisation de la Liste rouge de l’UICN, le nombre de spécimens de cette espèce ayant décliné de plus d’un tiers au cours des 10 à 15 dernières années, en raison d’une perte de 50 % de son habitat, la fruticée sèche de la Caatinga.
C’est aussi à cause de la perte de leurs habitats que, en France même, plusieurs espèces de papillons de jour sont menacées. « Les populations des papillons de jour ont fortement chuté en France dans les années 70 et 80, en raison de l’intensification des pratiques agricoles et d’une urbanisation croissante. Ce déclin se poursuit aujourd’hui encore pour de nombreuses espèces. Ainsi, l’Hermite, un papillon autrefois bien réparti en France, a subi une régression de ses effectifs de l’ordre de 30% sur les 10 dernières années, ce qui le classe dans la catégorie “Vulnérable”, et l’Azuré du mélilot est lui classé “Quasi menacé”. La destruction importante des milieux naturels et leurs transformations sont les principales causes de ce déclin »(UICN, 2012). Avec l’intensification des pratiques agricoles, les prairies humides ont été remplacées par des cultures ou modifiées par l’apport d’engrais ou bien encore enrésinées. Le développement des routes et des zones urbaines est également l’une des causes majeures de la disparition et de la fragmentation des milieux naturels propices aux papillons. Ainsi, l’Hespérie du barbon, victime de l’urbanisation du littoral méditerranéen, n’a pas été revue depuis plus de 10 ans et a été classée « En danger critique » en France.
Alain Dubois a raison de considérer que la crise de la biodiversité étant due à l’activité des humains ne peut se résoudre que sur le terrain social et politique. Mais comme le montre toutes ces luttes, des forces sociales existent tandis que sous diverses formes la prise de conscience des problèmes écologiques progresse. Ce qui constitue autant de raisons d’espérer et de se battre pour enrayer l’érosion de la biodiversité.
Si la course au profit, l’exploitation éhontée des richesses des pays du Sud par les occidentaux, la rapacité des multinationales sont bien l’une des causes de la crise de la biodiversité, ce n’est pas la seule. Le développement même de la société industrielle ne doit pas être dédouané. Lorsque l’on étudie les mises à jour de la Liste rouge des espèces menacées que publie l’UICN, on constate que l’instabilité politique de certains pays du Sud, la corruption de leurs dirigeants et la misère des populations sont aussi des causes de cette crise. On constate aussi que si beaucoup d’espèces sont menacées, c’est à cause de la destruction de leur habitat.
Par exemple, la dernière mise à jour de cette liste rouge vient confirmer les rapports selon lesquels 94 % des lémuriens sont menacés d’extinction. Les lémuriens comptent ainsi parmi les groupes de vertébrés les plus menacés de la planète. Ils sont principalement menacés d’extinction en raison de la destruction de leur habitat naturel, la forêt tropicale de Madagascar, où l’instabilité politique et la pauvreté croissante ont accéléré l’exploitation illégale du bois. Récemment, la chasse de ces animaux pour se nourrir est également devenue une menace majeure.
De même le tatou à trois bandes du Brésil (Tolypeutes tricinctus) ; mascotte de la coupe du monde de foot 2014 est classée Vulnérable dans la dernière actualisation de la Liste rouge de l’UICN, le nombre de spécimens de cette espèce ayant décliné de plus d’un tiers au cours des 10 à 15 dernières années, en raison d’une perte de 50 % de son habitat, la fruticée sèche de la Caatinga.
C’est aussi à cause de la perte de leurs habitats que, en France même, plusieurs espèces de papillons de jour sont menacées. « Les populations des papillons de jour ont fortement chuté en France dans les années 70 et 80, en raison de l’intensification des pratiques agricoles et d’une urbanisation croissante. Ce déclin se poursuit aujourd’hui encore pour de nombreuses espèces. Ainsi, l’Hermite, un papillon autrefois bien réparti en France, a subi une régression de ses effectifs de l’ordre de 30% sur les 10 dernières années, ce qui le classe dans la catégorie “Vulnérable”, et l’Azuré du mélilot est lui classé “Quasi menacé”. La destruction importante des milieux naturels et leurs transformations sont les principales causes de ce déclin »(UICN, 2012). Avec l’intensification des pratiques agricoles, les prairies humides ont été remplacées par des cultures ou modifiées par l’apport d’engrais ou bien encore enrésinées. Le développement des routes et des zones urbaines est également l’une des causes majeures de la disparition et de la fragmentation des milieux naturels propices aux papillons. Ainsi, l’Hespérie du barbon, victime de l’urbanisation du littoral méditerranéen, n’a pas été revue depuis plus de 10 ans et a été classée « En danger critique » en France.
La mascotte de la coupe du monde de foot 2014
On pourrait multiplier les exemples à l’infini. A la racine de ces destructions d’habitats, on trouvera, sous une forme ou une autre, la pression démographique, y compris en France ou plus largement dans les Pays du Nord où le mode de vie est beaucoup plus dispendieux et parce que comme l’avait déjà souligné René Dumont c’est dans les pays riches que le pillage du Tiers Monde, par le gaspillage de matières sous-payées, aboutit aux plus grandes destructions de richesses. Seule une agriculture productiviste peut nourrir une population humaine en continuelle expansion qui tend à occuper et exploiter tous les milieux et les dégrade. Sauvegarder la biodiversité, certes ! Mais où, si l’espèce humaine occupe toute la place ? Assez curieusement, Alain Dubois n’insiste guère sur cette cause de la « crise de la biodiversité ». Pourtant, il y aurait de quoi renforcer son pessimisme : même si l’on prenait aujourd’hui des mesures dénatalistes drastiques, leurs effets ne seraient perceptibles qu’à long terme et elles ne sont pas l’ordre du jour ni ici, ni ailleurs. Même la Chine assouplit sa politique de l’enfant unique.
Un avenir incertain pour la biodiversité
Il n’est dès lors pas étonnant que l’UICN présente la dernière mise à jour de sa liste rouge des espèces menacées en ces termes : « La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant » ; le communiqué se concluant par le constat en demi-teinte de la directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, Jane Smart. « Même si la Liste rouge de l’UICN est à chaque fois l’occasion de célébrer quelques réussites en matière de conservation, au vu de la situation actuelle, un long chemin reste encore à parcourir pour atteindre les objectifs de la Convention sur la diversité biologique à l’horizon 2020, date limite que se sont fixée près de 200 gouvernements pour enrayer le déclin de la biodiversité et éviter l’extinction des espèces »
Un long chemin reste à parcourir, mais ajoute-t-elle « Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas tenir ce délai » !
Alors continuons le combat même et surtout si son issue apparaît aujourd’hui comme des plus incertaines …. Ce qui n’empêcherait pas de mobiliser les moyens nécessaires pour mener à bien une connaissance quasi-exhaustive des formes de vie sur cette Planète, comme le demande à juste titre le Professeur Alain Dubois. La biologie de la conservation et la taxinomie ne doivent être opposées, elles sont complémentaires.
Références :
Alain Dubois, 2010, « Un naturaliste face à l’extinction massive des espèces », Postface à Julien Delord L’extinction d’espèce, histoire d’un concept et enjeu éthique, Publications scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, 2010. Toutes les textes cités d’Alain Dubois sont extraits de cet article.
Laurence Caramel, 2010, « Le pique-prune, scarabée amateur de vieux arbres, sème la discorde chez les hommes » LE MONDE 14.08.2010 ici
UICN, 2012 Papillons de jour de France métropolitaine, Dossier de presse – 15 mars 2012 ici
UICN, 2014 "La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant", ici
Illustrations : Dest, ?, Cg 72,Défense animale.
Un avenir incertain pour la biodiversité
Il n’est dès lors pas étonnant que l’UICN présente la dernière mise à jour de sa liste rouge des espèces menacées en ces termes : « La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant » ; le communiqué se concluant par le constat en demi-teinte de la directrice du Programme mondial de l’UICN pour les espèces, Jane Smart. « Même si la Liste rouge de l’UICN est à chaque fois l’occasion de célébrer quelques réussites en matière de conservation, au vu de la situation actuelle, un long chemin reste encore à parcourir pour atteindre les objectifs de la Convention sur la diversité biologique à l’horizon 2020, date limite que se sont fixée près de 200 gouvernements pour enrayer le déclin de la biodiversité et éviter l’extinction des espèces »
Un long chemin reste à parcourir, mais ajoute-t-elle « Nous ne pouvons tout simplement pas nous permettre de ne pas tenir ce délai » !
Alors continuons le combat même et surtout si son issue apparaît aujourd’hui comme des plus incertaines …. Ce qui n’empêcherait pas de mobiliser les moyens nécessaires pour mener à bien une connaissance quasi-exhaustive des formes de vie sur cette Planète, comme le demande à juste titre le Professeur Alain Dubois. La biologie de la conservation et la taxinomie ne doivent être opposées, elles sont complémentaires.
Références :
Alain Dubois, 2010, « Un naturaliste face à l’extinction massive des espèces », Postface à Julien Delord L’extinction d’espèce, histoire d’un concept et enjeu éthique, Publications scientifiques du Muséum national d’histoire naturelle, Paris, 2010. Toutes les textes cités d’Alain Dubois sont extraits de cet article.
Laurence Caramel, 2010, « Le pique-prune, scarabée amateur de vieux arbres, sème la discorde chez les hommes » LE MONDE 14.08.2010 ici
UICN, 2012 Papillons de jour de France métropolitaine, Dossier de presse – 15 mars 2012 ici
UICN, 2014 "La Liste rouge des espèces menacées de l’UICN dresse un état des lieux toujours plus alarmant", ici
Illustrations : Dest, ?, Cg 72,Défense animale.
Mardi 17 Juin 2014
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