Mardi 26 novembre 2013, la Cour de cassation a rejeté le pourvoi déposé par Areva-Socatri après sa condamnation pour pollution des eaux à la suite de l’importante fuite d’uranium survenue en juillet 2008 à l’usine Socatri du Tricastin. Une décision qui va impacter considérablement la jurisprudence environnementale…


Le site nucléaire du Tricastin
Le site nucléaire du Tricastin
Rappelons que le site nucléaire du Tricastin est un des sites nucléaires parmi les plus importants de France. Il regroupe des installations du cycle du combustible nucléaire et une centrale nucléaire. Il est situé dans la basse vallée du Rhône sur la rive droite du canal de Donzère-Mondragon entre Valence et Avignon. D’une superficie de 600 hectares, il s’étend sur quatre communes Saint-Paul-Trois-Châteaux et Pierrelatte dans la Drôme, Bollène et Lapalud dans le Vaucluse.
Sur le site du Tricastin, la Socatri (SOCiété Auxiliaire du TRIcastin), filiale d’AREVA est une installation nucléaire de base (INB 138) et une installation d'Assainissement et de Récupération d'Uranium (ARU). Elle est chargée de la maintenance et du démantèlement de matériaux radioactifs, ainsi que du traitement des effluents radioactifs et industriels des sociétés Areva du Tricastin. Socatri intervient également pour le compte de l’Andra dans la gestion et le traitement de déchets nucléaires faiblement radioactifs en vue de leur élimination dans les filières agréées.

Rappel des faits

Le 8 juillet 2008 au matin, les employés de l’usine Socatri ont constaté une fuite au niveau du système de rétention d’une cuve. Une partie du liquide radioactif s’était répandu sur le sol et dans le canal adjacent à l’usine. Plus de 74 kg d’uranium, matériau hautement radioactif et qui nécessite plusieurs centaines de millions d’années pour perdre la moitié de sa radioactivité, ont ainsi été rejetés dans les cours d’eau avoisinants. 30 m3 d’effluents chargés d’uranium ont contaminé les eaux superficielles, privant la population d’eau potable, et polluant des lieux de baignade fréquentés. Selon une évaluation effectuée à l’époque par la CRIIRAD, la pollution correspondait à 27 fois la limite annuelle des rejets autorisés.

Cinq ans de procédure

Des citoyens et de nombreuses associations dont le Réseau “Sortir du nucléaire“, Greenpeace, Les Amis de la Terre, France Nature Environnement (FNE) ont porté plainte et se sont constitué partie civile. Le 14 octobre 2010, le tribunal correctionnel de Carpentras avait condamné Areva-Socatri pour retard dans la déclaration d’incident, mais l’avait relaxée du délit de pollution des eaux.
Mais, le 30 septembre 2011, la Cour d’appel de Nîmes avait reconnu Areva-Socatri coupable de «déversement de substances toxiques dans les eaux souterraines ayant entraîné une modification significative du régime normal d’alimentation des eaux». Condamnée à payer une somme d’un total de plus d’un demi-million d’euros (300 000 euros d’amende et 230 000 euros de dommages et intérêts), Areva-Socatri a alors déposé un pourvoi en cassation.
Le 26 novembre, la Cour de cassation a rejeté ce pourvoi. La condamnation d’Areva-Socatri devient ainsi définitive. Areva-Socatri n’en a pas pour autant terminé avec la justice. La commune de Bollène l’a assignée au civil, devant le tribunal de grande instance de Carpentras pour obtenir réparation du préjudice écologique.

Comme le souligne le Réseau « Sortir du Nucléaire » ce jugement de la Cour de cassation ouvre la voie à une répression plus stricte des pollutions de l’industrie nucléaire. Il aura un impact considérable sur la jurisprudence environnementale : le délit de pollution des eaux est constitué dès lors que le déversement conduit les autorités publiques à prendre des mesures de restriction d’usage de l’eau et/ou d’interdiction de baignade.
Pour en savoir plus sur la fuite du 8 juillet 2008, consulter le site du réseau « Sortir du Nucléaire » ici.

Photo : Wikipedia/Michiel1972

Mercredi 27 Novembre 2013 Commentaires (0)

Le commentaire de cet éditorial du journal Le Monde daté du 14 octobre 2013 vise à en dévoiler les présupposés, les non-dits, la rhétorique spécieuse, les approximations tendancieuses, les confusions et les erreurs. Cet éditorial est un cas exemplaire, quasi caricatural du catastrophisme réchauffiste journalistique ordinaire qui fait le lit du nucléaire et conduit à proposer des mesures qui rendront l’écologie encore plus impopulaire qu’elle ne l’est aujourd’hui. Les extraits de l’article du Monde sont en italique et entre guillemets. Leur analyse et commentaires en caractères romains.


« Combien faudra-t-il encore de catastrophes climatiques pour que la lutte contre le réchauffement devienne une véritable priorité ? »
Ce début en fanfare n’est que rhétorique spécieuse qui présuppose comme allant de soi qu’il y a un lien entre le réchauffement climatique et les aléas météorologiques, tout en évitant de l’affirmer. Ce qui est bien commode pour protéger par là même ce lien de toute réfutation. Combien saugrenue, en effet, paraîtra cette question si le lien présupposé n’existe pas ou si le lecteur n’y croit pas !

« (…) Les négociateurs (de la 19ème conférence des Nations unies sur le climat) ont tous fait part de leur émotion après le passage du typhon Haiyan, qui vient de dévaster le centre des Philippines (…) Dans les capitales, la machine humanitaire s'est mise en branle pour venir au secours des rescapés, et donner ainsi le spectacle d'une solidarité réconfortante. Mais cette générosité de court terme ne peut plus suffire. Tout comme les larmes de crocodile versées par des responsables politiques qui sont aussi les premiers à ne pas assumer des politiques courageuses de réduction des émissions de gaz à effet de serre. »
L’éditorialiste présuppose une relation quasi causale entre ces typhons et le « réchauffement climatique d’origine anthropique ». C’est avec ce présupposé que prennent sens et sa remarque sur l’insuffisance d’une générosité « à court terme » et sa diatribe contre les responsables politiques incapables de mettre en œuvre des mesures pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, il ne devrait pas être sans ignorer qu’aucun climatologue ne voudrait confirmer l’existence d’un tel lien non seulement avec un cyclone particulier comme il est dit dans la suite de l’édito, mais avec tout cyclone.

D’abord rejeté, ensuite restauré, tout lien direct entre intensité d’un cyclone et température de l’eau de surface de la mer est aujourd’hui largement remis en question : «Using a homogeneous record, we were not able to corroborate the presence of upward trends in hurricane intensity over the past two decades in any basin other than the Atlantic. Since the Atlantic basin accounts forless than 15% of global hurricane activity, this result poses a challenge to hypotheses that directly relate globally increasing tropical SST to increases in long-term mean global hurricane intensity.» (En utilisant des données homogènes, nous n'avons pas été capables de corroborer l'existence d'une tendance à la hausse de l'intensité des cyclones au cours des deux dernières décennies dans tous les bassins, l’Atlantique excepté. Dans la mesure où le bassin Atlantique représente moins de 15 % de l’activité cyclonique globale, ce résultat constitue un défi pour l'hypothèse qui relie directement l’élévation globale des températures de surface (SST) de l'océan tropical à l’augmentation en moyenne sur le long terme de l’intensité globale des ouragans.) «A globally consistent reanalysis of hurricane variability and trends » J. P. Kossin, K. R. Knapp, D. J. Vimont, R. J. Murnane and B. A. Harper, Geophys. Res. Lett., 2007, 34, L04815, doi:10.1029/2006GL028836.
Le GIEC lui-même estime qu’il n’y a pas de preuves de l’accroissement de l’activité des cyclones tropicaux en ce début du XXIème siècle contrairement à ce que laisse entendre cet édito en citant le cyclone Bopha et l'ouragan Sandy. Un choix malheureux d’ailleurs puisque ces deux cyclones n’appartiennent pas au même bassin, le second appartenant au bassin Atlantique dans lequel ces événements ne semblent pas suivre la même tendance que ceux des autres bassins.

« Les scientifiques s'attendent à des événements extrêmes de plus en plus en intenses. »
Combien de fois faudra-t-il le répéter ? C’est faux ! Tout d’abord, ce sont des scientifiques qui s’attendent à cela, et non les scientifiques (spécialistes de ces questions). Et ils ne s’y attendent pas pour tous les aléas météorologiques. Notamment, on vient de le voir, ils ne s’y attendent pas en ce qui concerne les typhons (ouragan ou cyclones).

«Même s'ils (les scientifiques) ne peuvent pas aujourd'hui faire le lien direct entre changement climatique et un cyclone en particulier, le secrétaire général de l'Organisation météorologique mondiale, Michel Jarraud, expliquait le 13 novembre que « l'élévation du niveau de la mer rendait déjà les populations côtières plus vulnérables aux tempêtes, ce qui a eu des conséquences tragiques dans le cas des Philippines »
Certes, il semblerait bien que l’une des causes qui contribue à l’élévation du niveau de la mer soit le réchauffement climatique quoique cette élévation soit inégale selon les régions. De toute façon, l’élévation du niveau de la mer n’a pas de conséquences sur l’intensité ou la fréquence des typhons. Il s’agit de deux types d’événements différents non reliés entre eux par quelque relation que ce soit. Que l’un (l’élévation du niveau de la mer) soit lié au réchauffement climatique n’est ni un indice, ni une preuve que l’autre (l’intensité ou la fréquence des typhons) le soit ou non !

« Il n'y a pas que les Philippines. Il y a tout juste un an, Manhattan, à New York, était sous 4 mètres d'eau, après l'ouragan Sandy, et les Etats-Unis sortaient alors tout juste de leur pire sécheresse en plus de soixante ans… Dans les mégalopoles chinoises, l'air est devenu irrespirable. L'Europe nous semble pour l'heure relativement préservée. Mais cela n'aura qu'un temps : à l'été 2012, l'Europe centrale endurait déjà ses pires inondations depuis probablement cinq siècles. »
Des excès de pluie et des inondations causées par les cyclones, on passe à la sécheresse, puis à la pollution de l’air dans les villes chinoises.
1°) Le réchauffement climatique a bon dos ! L’histoire des climats de la Terre est riche d’aléas météorologiques de toute sorte aux conséquences dramatiques pour les populations humaines bien avant l’ère industrielle ; depuis toujours, en fait ! Que l’on songe aux étés pourris ou aux sécheresses prolongées aux causes diverses mais aux conséquences identiques : famines, migration de populations, destruction d’écosystèmes, etc.… De tels aléas peuvent se produire que le « climat global» se réchauffe ou se refroidisse. Il est très difficile d’établir un lien entre ces événements hors normes et des tendances. De même qu’une hirondelle ne fait pas le printemps, une canicule n’annonce pas un climat global plus chaud ou plus froid d’ailleurs, pas plus que des records de froid sont énonciateurs d’un âge de glace. Chacun de ces événements est une singularité. Son rattachement à une tendance du climat global ne peut se faire qu’à l’aide d’un faisceau d’hypothèses sur des phénomènes divers, sujets de controverses infinies.
2°) Quant à la lutte contre la pollution de l’air dans les villes, quel lien peut-elle bien entretenir avec les typhons et autres aléas météorologiques ? L’effet de serre ? L’enchaînement implicite serait alors le suivant : rejetés dans l’atmosphère, les polluants qui l’empoisonnent participeraient aussi au renforcement de « l’effet de serre » responsable du réchauffement climatique, lui-même responsable de l’augmentation de l’intensité des typhons et autres « catastrophes climatiques ».
Drôle d’enchaînement ! On a vu précédemment ce qu’il en était de la liaison entre aléas météorologiques extrêmes et tendances du climat global. Les liens soit n’existent probablement pas (cas des super typons), soit reposent sur un faisceau d’hypothèses sujettes à controverses non-concluantes à ce jour, faute bien souvent de données fiables et/ou suffisantes.
Le premier chaînon ne vaut pas mieux. Il repose sur une confusion entre pollutions de l’air et gaz à effet de serre. Le CO2 émis par diverses sources dont les pots d’échappement des voitures est un gaz à effet de serre bien connu mais ses effets sur la santé ne sont pas nocifs. De plus il est essentiel à la photosynthèse sans laquelle, il n’y aurait pas de végétaux. Ce n’est pas un polluant atmosphérique. Le sont par contre les particules fines, les métaux lourds et tous les gaz toxiques comme les oxydes d’azote, relâchés par ces mêmes pots d’échappement. Chacun de ces éléments est un polluant atmosphérique parce que nocif pour la santé mais tous n’ont pas un forçage radiatif positif. Si une telle confusion existe dans l’esprit du rédacteur de cet éditorial, cela vient de l’air du temps, d’un matraquage dont les média sont à la fois victimes et complices sur les méfaits du réchauffement climatique dont nous serions responsables par nos émissions inconsidérées de ce méchant C02.
Si au nom d’un principe de charité, nous rejetons une interprétation du texte qui fait intervenir un enchaînement aussi douteux, il nous faut conclure que la référence à la pollution atmosphérique des villes chinoises vient comme un cheveu sur la soupe. Ce qui n’est pas très charitable non plus.

« Pour insurmontable qu'il semble, le problème du changement climatique n'est pas insoluble a priori. (…) l'économiste américain William Nordhaus – qui fut le mentor du Prix Nobel d'économie Paul Krugman – propose la mise en place immédiate d'une taxe sur le carbone qui serait vouée à croître continûment, jusqu'à doubler en 2030. L'objectif est avant tout de faire du charbon – la source d'énergie la plus polluante et toujours l'une des plus utilisées dans le monde – une ressource trop coûteuse pour être exploitée. Une part du chemin serait ainsi faite. »
On peut toujours rêver ! Les conseilleurs ne sont pas les payeurs. Les payeurs, ce sont les hommes politiques qui auraient la mauvaise idée de suivre les conseils de cet économiste et les gens, vous et moi, auxquels les politiques auraient tenté d’administrer ce remède de cheval ! Si cet économiste-là a été « le mentor » d’un prix Nobel d’économie, on peut avoir de sérieux doutes sur la valeur de ce prix et la pertinence de son attribution. Bref, il vaut mieux parler en effet d’une solution a priori puisque, a posteriori, dans les faits elle est inapplicable. D’ailleurs, au regard de la conclusion de l’édito sur les difficultés de mettre en place l’écotaxe, bien plus indolore, le rédacteur du texte en conviendrait sans doute volontiers. Dans le mix énergétique de nombreux pays, notamment ceux en développement ou émergeants, le charbon a et aura une place essentielle parce qu’il est une ressource relativement bon marché, abondante pour encore longtemps. Il aura une place essentielle, non par choix mais par nécessité. Ces pays ne peuvent se permettre un renchérissement de leur énergie qui tuerait leur essor économique.
S’interdire d’exploiter le charbon, ce serait faire « une part du chemin » selon l’éditorialiste du Monde. Certes, mais il faut aller jusqu’au bout du voyage. En d’autres termes, c’est peut être bien de s’interdire d’exploiter cette ressource, encore faudrait-il savoir par quoi la remplacer. Par des énergies de flux, dites renouvelables ? Eolienne, photovoltaïque, hydro ou marémotrice ? Aujourd’hui les deux premières fournissent une énergie intermittente, hors de prix, sans méthodes de stockage convaincantes. Toutes sont des facteurs de nuisances et de dégradations environnementales conséquentes que certains écologistes inconséquents ou prisonniers de leurs mythes se refusent à admettre.
Reste le nucléaire… Et si l’on ne veut pas du nucléaire, le charbon occupera la première place dans le mix énergétique pour le remplacer. Ce qui se passe à l’heure actuelle en Allemagne le prouve à l’évidence et donne raison à Bella et Roger Belbéoch (ici). La fermeture des centrales nucléaires, c’est l’ouverture des mines de charbon malgré un équipement important en éolien et solaire ainsi qu’un effort considérable en économie d’énergie et en recherche d’efficacité énergétique. Effet de serre ou nucléaire! De Charybde en Scylla, tel est le dilemme que les nucléocrates, réchauffistes catastrophistes intéressés, seraient ravis de nous imposer mais il faut relativiser…
En fait, au niveau mondial, le nucléaire ne contribue que pour 6% à la production mondiale d’énergie. Il arrive en dernier juste avant les énergies renouvelables, qui fournissent 7 % du total (chiffres de 2008). Certes, on ne peut brûler du charbon sans produire du gaz carbonique et augmenter le forçage radiatif d’origine anthropique. La question est de savoir dans quelles proportions. En admettant que la consommation d’énergie contribue pour moitié au forçage radiatif d’origine anthropique – l’agriculture, l’élevage et les activités industrielles étant responsables de l’autre moitié – l’arrêt du nucléaire et son remplacement par les énergies fossiles disponibles n’augmenterait au pire que de 6/2, soit de 3% le forçage radiatif d’origine anthropique. Au pire, car contrairement à ce que disent quelques-uns de ses zélateurs, l’énergie nucléaire n’est pas une énergie décarbonée si l’on considère l’ensemble de la filière, de l’extraction du minerai à son utilisation dans des centrales qu’il a fallu construire et qu’il faudra démanteler.
Le réchauffiste catastrophiste, que ce soit celui du GIEC ou l’éditorialiste du Monde, objectera que 3%, ce n’est peut-être pas beaucoup, mais que c’est encore trop car l’impérieuse nécessité, c’est la réduction des émissions des GES. Au péril d’une catastrophe nucléaire majeure dont les conséquences sont mondiales et persistantes sur des échelles de temps géologiques ? Sans même parler des risques de dissémination de l’arme nucléaire, l’augmentation de la part du nucléaire dans la production mondiale de l’énergie n’est ni souhaitable compte tenu des risques encourus, ni réalisable à court terme ou moyen terme à cause du prix des centrales et des savoir-faire pour leur exploitation. En fin de compte, pas plus que les énergies dites renouvelables, l’énergie d’origine nucléaire ne saurait à court ou moyen terme remplacer les énergies fossiles. Avec son énergie électrique nucléaire à près de 80%, la France reste une exception. Avec ses centrales vieillissantes, elle représente un risque majeur pour toute la planète.
Bien sûr, l’utilisation du charbon, du gaz ou du pétrole comme sources d’énergie n’est pas la panacée ni au niveau de la pollution, ni de celui des émissions des GES et il faudra bien apprendre à s’en passer mais force est de reconnaître qu’aujourd’hui nous ne savons pas. Plutôt que dénoncer l’usage du charbon, de vouloir interdire le recours aux énergies fossiles, ce qui n’est pas réalisable, il serait plus réaliste et plus efficace de chercher à atténuer le forçage radiatif induit par leur consommation avec des techniques de combustion permettant de minimiser les rejets et d’augmenter l’efficacité énergétique. C’est possible dès maintenant car certaines de ces techniques existent déjà (centrales à lit fluidifié circulant, lavage intégral des fumées, piégeage du carbone).

Hélas, les écologistes réchauffistes catastrophistes et les médias comme Le Monde qui leur emboîtent le pas ont tellement diabolisé le charbon que ces propos de bon sens leur seront sans aucun doute inaudibles. Et en avant pour la « contribution climat/énergie » dernier avatar de la taxe carbone qui rendra l’écologie encore un peu plus impopulaire. Dommage !

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Annexe

L'influence du réchauffement climatique sur la formation des cyclones et leur intensité n'est pas aussi simple que l'on pourrait le penser. Fred Pearce nous explique pourquoi dans un article de New Scientist:
« A première vue, le réchauffement climatique ne peut qu’aggraver les choses. La colonne d’air humide [d’un cyclone] ne se forme en général que quand la température à la surface de la mer est supérieure à 26 °C. Si les océans se réchauffent, les zones dépassant ce seuil seront plus étendues. Et tout dépassement de ce seuil semble accroître la force des ouragans. Quand l’ouragan Katrina a atteint la catégorie 5, au mois d’août 2005, la température tournait autour de 30 °C à la surface du golfe du Mexique. Voilà pourquoi certains considèrent que, avec le réchauffement, on aura davantage de cyclones, qu’ils seront plus forts et qu’ils toucheront également des lieux qui n’en connaissent pas actuellement.
Mais le monde n’est pas aussi simple. Comme William Gray, l’un des fondateurs de la science des ouragans, l’a fait remarquer, un cyclone ne peut se former que si un ensemble de conditions atmosphériques sont réunies. La différence entre la température de la mer et celle de l’air qui est au-dessus constitue l’une d’entre elles. C’est elle qui provoque les courants de convection indispensables à la formation des premiers nuages de tempête. Si, comme le suggèrent les modèles informatiques, le réchauffement climatique élève la température moyenne aussi bien dans la haute atmosphère qu’à la surface des océans, il faudra que celle-ci soit encore plus chaude pour qu’il y ait des ouragans et le potentiel générateur des tropiques restera sensiblement le même.
Il y a d’autres complications. Même quand toutes les conditions sont réunies, un ouragan ne se déclenche pas sans une perturbation atmosphérique. Et, même s’il y en a une, la plupart des tempêtes tropicales se calment d’elles-mêmes sans atteindre le stade du cyclone. S’il est important de savoir si le réchauffement climatique provoquera les conditions nécessaires à la formation des ouragans, il est donc tout aussi essentiel de savoir s’il augmentera les probabilités qu’ils se déclenchent et, une fois formés, celles qu’ils s’apaisent.
Il y a deux façons d’apaiser un cyclone. La première, c’est de lui supprimer son carburant – l’air chaud et humide provenant des eaux chaudes de l’océan. C’est évidemment ce qui arrive quand il passe au-dessus de la terre ferme. Mais c’est également possible en mer. Au fur et à mesure que la tempête croît en force, les vagues font remonter l’eau fraîche des profondeurs à la surface, qui refroidit. Cela suffit parfois à mettre fin à l’ouragan, en particulier s’il se déplace lentement. Un cyclone ne peut donc atteindre une forte intensité que si la mer est chaude jusqu’à des dizaines de mètres sous la surface. Katrina a gagné en force en se dirigeant vers La Nouvelle-Orléans parce que l’eau était chaude jusqu’à plus de 100 mètres de profondeur. Les effets du réchauffement climatique semblent ici évidents. Si la chaleur s’étend encore plus en profondeur dans les océans du monde, on aura les conditions idéales pour la multiplication des ouragans.
Mais il y a une autre façon d’apaiser les cyclones, qui pourrait bien avoir l’effet opposé. Les vents peuvent disperser la colonne d’air humide en y introduisant de l’air sec, ce qui empêche la formation de la masse orageuse, ou en étêtant les nuages. Il suffit de peu de vent pour réduire à néant un ouragan potentiel. Les modèles climatiques informatiques ne permettent pas de reproduire fidèlement des phénomènes à petite échelle comme les cyclones, mais la plupart suggèrent que le réchauffement accroîtra la vitesse du vent dans les couches supérieures de l’atmosphère, de telle sorte qu’elle dispersera les ouragans. » Fred Pearce, New Scientist,12 janvier 2006, trad. in Courrier international

Mercredi 20 Novembre 2013 Commentaires (2)

Avec la publication du résumé pour décideurs du dernier rapport du GIEC, la réunion de la 19ème conférence des Nations unies sur la lutte contre le changement climatique qui se tient à Varsovie et le typhon Haiyan (Yolanda) qui vient de ravager les îles Philippines, le « réchauffement » climatique est de nouveau à la une de l’actualité avec le catastrophisme qui lui est associé rarement à bon escient.


Haiyan, vu du satellite Aqua le 7/11/013 à 4h25 UTC (Nasa)
Haiyan, vu du satellite Aqua le 7/11/013 à 4h25 UTC (Nasa)
Les typhons, summum des forces destructrices d’une Nature qui parfois se déchaine, n’échappent pas à la règle qui veut que dès qu’un aléa météorologique, une catastrophe naturelle se produit, le réchauffement climatique est invoqué. Pourtant, leurs relations avec ce réchauffement ne sont pas établies, bien au contraire.

Prudence et incertitude des chercheurs

S'il y a un bien un point qui ne fait pas controverse et qu’il faut souligner d’emblée, c'est que les typhons, cyclones ou ouragans ne sont pas devenus plus fréquents durant les dernières décennies. Par contre la question de savoir si le renforcement de leur intensité a un lien avec le réchauffement des océans fait débat. Plus radicalement même, celle de savoir s’il y a ou non renforcement de leur intensité n’est pas tranchée ! Si sur cette dernière question les débats entre spécialistes s’éternisent et sont peu concluants, cela est dû en grande partie au manque de fiabilité des mesures antérieures surtout pour les vitesses maximales de vents enregistrées et de la correction à leur apporter pour homogénéiser les données. En particulier on s’est aperçu que la correction appliquée avant la possibilité de mesures satellitaires directes était trop forte et minimisait la vitesse des vents des cyclones antérieurs à 1986.

  • Pour Christian Herold du service allemand de météorologie « on ne sait pas quel degré de réchauffement de la mer peut conduire à quelle intensité du cyclone, ou encore si la formation du cyclone dépend de l'existence d'autres paramètres. » Parmi ces autres paramètres, il y aurait l’ENSO (El Niño Southern Oscillation) et la QBO (l’Oscillation quasi biennale) qui influeraient sur la fréquence des cyclones. Pour qu’un typhon ou un cyclone se forme, outre une température de l’eau supérieure à 26°C, il faut nécessairement au moins des vents de moins de 10m/s entre la surface et la basse troposphère (les vents forts cisailleraient les typhons en formation), une troposphère humide favorisant la convection, une atmosphère dont la température décroît assez rapidement avec l’altitude, une perturbation en surface… Comme le souligne Christian Herold « C'est un système d'analyse très complexe. »

  • Le GIEC reste lui aussi très prudent. Dans son dernier rapport il estime que l’hypothèse selon laquelle on assisterait au début du XXIème siècle à un accroissement de l’activité des cyclones tropicaux intenses n’a qu’un « degré de confiance faible ».

  • L’Organisation météorologique mondiale (OMM) déclare dans son communiqué de presse daté du 7 février 2013 présentant le rapport de son Comité Typhon : « Le Comité des typhons se penche sur les incidences du changement climatique. Selon une nouvelle analyse de la région du monde la plus active en cyclones tropicaux, l’influence du changement climatique sur l’activité cyclonique dans le nord-ouest du Pacifique demeure incertaine et il faudra poursuivre les recherches pour comprendre les contributions relatives des variations naturelles et du changement climatique d’origine anthropique. » Elle précise en outre que : «compte tenu des importantes variations interannuelles et interdécennales de l’activité cyclonique dans le bassin du Pacifique Nord-Ouest, il est impossible de déterminer avec certitude qu’il y a eu une influence humaine détectable sur la fréquence des cyclones tropicaux, sur leur intensité, sur les précipitations, les trajectoires ou sur tout autre paramètre agrégé connexe de l’activité cyclonique dans le bassin. »

  • Même Jean Jouzel, le glaciologue du CEA, pape français du « réchauffisme catastrophique » est bien obligé de l’admettre du bout des lèvres et à contre cœur, tout en laissant planer le doute, il n’y a pas de lien connu entre le super-typhon Haiyan et le réchauffement climatique d’origine anthropique qui serait en cours. Cela arrangerait tellement ses affaires s’il pouvait proclamer un tel un lien « Nous sommes très prudents quant à établir un lien entre ce phénomène et les activités humaines. Nous ne disons pas qu'il n'y en pas, mais nous ne pouvons pas le prouver » a-t-il déclaré dans un entretien accordé à L’express le 13 Nov 2013.

Mais qu’importe tout cela pour bien des médias, pour de nombreux hommes politiques et pour les ONG réunies dans le groupe de pression Réseau Action Climat !

Cyclones, Typhons, aléas météorologiques et réchauffement climatique. Information ou manipulation ?
Le typhon Haiyan a soufflé sur le sommet climat de Varsovie

Sans une once de critique, ou très peu dans le corps des articles, on trouve dans la presse française des titres du style : «Le typhon Haiyan souffle sur le sommet climat de Varsovie » (les Échos), « Le typhon Haiyan secoue la conférence de Varsovie sur le changement climatique » (La Vie). L’article qui suit donne dans l’émotionnel. Lisons plutôt: «Il est au bord des larmes. « Je m'abstiendrai de m'alimenter (durant la conférence) jusqu'à ce qu'une évolution significative se manifeste. Nous pouvons prendre des mesures très fortes dès maintenant pour garantir que les super typhons ne deviennent pas monnaie courante » a déclaré Naderev Sano, commissaire au climat des Philippines. Suscitant une longue ovation des centaines de délégués présents. »
La responsable des négociations climatiques à l'ONU en a profité pour enfoncer le clou, en rajoutant dans le catastrophisme « Nous nous rassemblons aujourd'hui avec, sur nos épaules, le poids de nombreuses réalités qui donnent à réfléchir, comme l'impact du typhon Haiyan » « Les prochaines générations vont devoir mener une bataille immense. Ce qui se joue ici, dans ce stade, n'est pas un jeu ; il n'y a pas deux équipes, mais l'intégralité de l'humanité. Il n'y a ni gagnant, ni perdant. Nous allons tous gagner, ou tous perdre »… Il ne s’agit pas bien entendu de nier la force de ce super typhon, de son caractère meurtrier mais de s’inquiéter, voire de s’indigner de sa récupération et de son instrumentalisation en traitant pour quantité négligeable les avis d’experts sans cesse invoqués par ailleurs pour justifier une lutte contre un réchauffement climatique dont l’évolution et les conséquences sont, malgré tout et au regard des données actuelles, bien incertaines.

Mise en garde ou manipulation de l'opinion? (Reuters/Kacper Pempel)
Mise en garde ou manipulation de l'opinion? (Reuters/Kacper Pempel)
Les approximations manipulatrices du Réseau Action Climat

La prudence des spécialistes y compris de ceux du GIEC, leurs controverses, l’intrication des facteurs déterminant la puissance d’un cyclone, de tout cela, le Réseau Action Climat n’en n’a cure lorsqu’il écrit : « On a déjà̀ pu constater que la température de la mer (en surface) avant la tempête était exceptionnellement élevée. De simples variations de cette température peuvent donc avoir de terribles conséquences.» (Souligné par moi, JFD). Réseau Action Climat établit un lien entre la vitesse des vents et la température à la surface de la mer faisant fi de l’ignorance dans laquelle sont les spécialistes quant à cette relation et de la façon dont elle fonctionnerait. Les spécialistes, réchauffistes ou non, ne savent pas mais Réseau Action Climat, lui, sait et sonne l’alarme : « Alors que ces températures continuent d’augmenter à cause de la hausse de nos émissions de gaz à effet de serre, on a du mal à imaginer ce qui se passera si on n’agit pas pour le climat aujourd’hui. » Poursuivant sur sa lancée, le Réseau Action Climat ajoute « La première partie du rapport du GIEC, approuvée par les gouvernements qui se retrouvent aujourd’hui à Varsovie, a conclu que dans un monde plus chaud, les phénomènes extrêmes dans les latitudes moyennes et les régions tropicales deviendront probablement plus intenses et plus fréquentes.» Ce qui est tout simplement faux. Comme il a été rapporté ci-dessus, les spécialistes en matière de typhons, ouragans ou cyclones considèrent qu’un réchauffement climatique rendrait ces phénomènes moins fréquents. Où il y a divergence, c’est sur l’intensité des phénomènes. Selon le Réseau « Nous créons donc un climat où les tempêtes comme Haiyan pourraient devenir normales dans le futur. (...) Si des vents à 300 km/h ne sont pas suffisants pour lancer un cri d’alarme, alors notre monde est sourd.» Ignorance ou malhonnêteté intellectuelle et manipulation ?
Si l’on suit le GIEC, il faudrait dire que les typhons auront tendances à être plus violents mais moins nombreux que ceux qui se produisent actuellement. Ce qui n’est pas du tout la même chose que ce que claironne le Réseau.
Pour meurtriers qu’ils soient, les phénomènes météorologiques extrêmes n’ont pas de signification immédiate pour le climat à cause de leur singularité même. A fortiori, ils ne prouvent, ni de réfutent une quelconque influence anthropique dans les événements en cause. Laisser entendre que ce typhon ne se serait pas produit si il n'y avait pas eu de réchauffement climatique et qu’en tentant d’enrayer ce réchauffement, on préserverait cette région du globe de typhons meurtriers de ce type relève de la désinformation et de la manipulation. Exploiter ainsi le malheur de victimes d’une catastrophe naturelle pour faire pression en vue obtenir un accord international sur la limitation des émissions de « gaz à effet de serre » est scandaleux. Les associations membres de ce réseau sont complices et se déshonorent. En se déshonorant, elles déshonorent l’écologie. Mais qui s’en rendra compte ?

Andreas Schmittner
Andreas Schmittner
Le catastrophisme climatique du journal "Le Monde" ne souffre pas les incertitudes

Pas les lecteurs du Monde s’ils prennent pour argent comptant ce qui est écrit dans leur journal qui titrait «Le réchauffement climatique renforce la puissance des typhons » reprenant les propos de d’un chercheur sans aucune allusion aux positions adverses dans le débat en cours entre les spécialistes de ces phénomènes météorologiques.
Dans un autre article de ce même journal qui a la prétention d’être un journal de référence, on pouvait lire «Entre 1990 et 2012, "le forçage radiatif de l'atmosphère par les gaz à effet de serre, qui induit un réchauffement climatique, a augmenté de 32%", à cause du CO2 et d'autres gaz qui retiennent la chaleur, écrit l'OMM dans son bulletin sur les gaz à effet de serre. » Ce qui est vrai. Le rédacteur de l’article nous livre alors ce commentaire : « le forçage radiatif est la capacité ou non à absorber l'énergie du soleil. Un forçage radiatif positif, comme c'est le cas actuellement, indique donc un réchauffement de l'atmosphère. Lors de la précédente étude, concernant 2011, ce différentiel n'était que de 30 %. » (souligné par moi, JFD) Comment se fait-il alors que la température de surface n’augmente plus depuis bientôt vingt ans ?
Le journaliste ne se pose même pas la question. S’il se l’était posée, il aurait peut-être compris que la variation de température dépend de la sensibilité du climat à ce type de forçage. Autant, il est facile et non controversé d’évaluer le forçage radiatif du CO2, autant il est difficile et controversé de déterminer la sensibilité du climat à ce forçage. Selon une étude récente dirigée par Andreas Schmittner (Oregon state university) parue dans Science (9 December 2011: Vol. 334 no. 6061 pp. 1385-1388) il faudrait revoir cette sensibilité à la baisse. Selon Andreas Schmittner et col. la sensibilité du climat à un doublement de la teneur en gaz carbonique par rapport au niveau préindustriel (environ 550 parties par millions de CO2 contre 270/280 ppm en 1750 et 389 ppm en 2009) serait de 2,3°C (66% de probabilité entre 1,7°C et 2,6°C)alors que le Giec se fonde sur des valeurs plus élevées (2°C à 4,5°C et une valeur moyenne de 3°C).
Evidemment, selon les estimations de cette sensibilité les conséquences du forçage radiatif d’origine anthropique ne sont plus les mêmes. Andreas Schmittner et col. dans le résumé de leur article soulignent que leurs résultats « imply a lower probability of imminent extreme climatic change than previously thought » tandis que pour le secrétaire général de l'OMM « la température moyenne du globe à la fin du siècle pourrait dépasser de 4,6 degrés ce qu'elle était avant l'ère industrielle [1750], et même plus dans certains régions, les conséquences seraient catastrophiques » Mais comme tout propagandiste du catastrophisme réchauffiste, le journaliste du Monde n’entre pas dans les détails de ces études et controverses!!!

Cyclones, Typhons, aléas météorologiques et réchauffement climatique. Information ou manipulation ?
Manipulation volontaire ou inconsciente ?

L'infographie ci-contre est due, semble-t-il, à l’AFP. Elle a été conçue à partir de données publiées par l’Organisation météorologique mondiale. Je l'ai reprise sur le site deTV5Monde mais elle n’y figure plus à ma connaissance. Elle est très instructive de la façon dont certains médias abordent les questions météorologiques et climatiques.
  • Au centre de l’image, sur la mappemonde trône une courbe censée représenter l’augmentation de la température moyenne du globe terrestre depuis 1900. Mais cette augmentation est représentée de telle sorte que n’apparaisse pas le plateau qui manifeste la stagnation de cette température depuis 1998 sur les courbes publiées par les organismes officiels. Ainsi est mise de côté cette fameuse « pause » que l’on ne sait guère expliquer et qui semble réfuter les prévisions du GIEC. Ainsi figurée l’évolution de la température moyenne semble suivre une pente ascendante de plus en plus accusée, ce qui est contraire aux faits.
  • En haut de l’image on peut lire que 2013 est au 7° rang des années les plus chaudes. 7° et non 1° comme cela devrait être si la T moyenne augmentait de façon continue… On pourrait tout aussi bien présenter les choses ainsi : « 2013 plus froide que … » C’est une même donnée qui serait exprimée mais à l’évidence, l’effet recherché chez le lecteur ne serait pas le même.
  • L’assertion en haut à droite est tout simplement fausse. Selon le GIEC lui-même, il s’agit d’une hypothèse n’ayant qu’un « degré de confiance faible ».
  • Le typhon Haiyan bénéficie d’un surlignage rouge sur son nom.
  • Les records de chaleur dans telle ou telle partie du monde sont mentionnés mais pas les records de froids comme celui enregistré à Oymyakon, en Sibérie, le 19 février 2013, -71,2°C qui pulvérise l’ancien qui datait de 1933 et qui n’était – si l’on ose dire – que de -68°C! Ne figure pas non plus le fait, pourtant remarquable que la banquise arctique a légèrement récupéré après la fonte spectaculaire et sans précédent de 2012 tandis que pour la deuxième année de suite, l'étendue de la banquise antarctique a, elle, atteint un nouveau maximum avec 19,47 millions de km2, soit environ 30.000 km2 de plus que le record précédent, établi en 2012, et 2,6 % de plus que la moyenne calculée pour la période 1981-2010.
  • En France, si est mentionnée une tornade dont le lien avec le changement climatique est des plus hypothétiques, rien sur les records de froid du mois de mars pourtant eux aussi remarquables. Selon François Jobard « La dernière décade de mars, du 21 au 31, est la plus froide jamais observée depuis le début des mesures à Lille, Beauvais, Strasbourg, Nancy, Caen, Cherbourg et Brest » Pour ce prévisionniste de Météo France, nous avons subi le mois de mars le plus froid enregistré en France depuis 1987, avec des températures inférieures en moyenne de 1,5 degrés Celsius aux normales saisonnières.
Bref, rien n’est explicitement affirmé mais tout est fait pour que le lecteur de cette infographie mette en relation les aléas météorologiques figurés sur la mappemonde avec un réchauffement continu et de plus en plus rapide de la planète et y voit un rapport de cause à effet. Alors que tout climatologue qui se respecte ne pourrait que répéter que tous ces événements extrêmes n’ont pas, en eux-mêmes de signification pour ce qui est de l’évolution du climat du fait de leur singularité même tandis que leur lien éventuel avec ce réchauffement, sans être exclu, est pour le moins problématique.
Avec cette infographie, la manipulation prend le pas sur l’information ou bien encore l’information se transforme en tentative de manipulation de l’opinion, ce que l’on appelle en langage politiquement correct « communication », c’est-à-dire l’art de faire prendre des vessies pour des lanternes.En un mot, ce n'est que de la propagande.

Une question fondamentalement politique

La question du changement climatique a cessé d’être une question purement scientifique. Elle est devenue éminemment politique depuis qu’elle a été portée sur la place publique, que les états et les institutions internationales s’en sont saisie et que le GIEC, cet organisme hybride moitié scientifique, moitié politique a été créé. Dans un autre contexte Edwy Plenel rappelle que dans Vérité et politique la philosophe Hannah Arendt considère à juste titre que les vérités de fait sont les vérités politiquement les plus importantes. Sinon, sans vérités de fait, comment les gens pourraient-ils se forger une opinion droite ? C’est pourquoi dans le cas des controverses sur le changement climatique, des théories et données qui les nourrissent, il est important politiquement de mettre en lumière et de dénoncer les manipulations, simplifications outrancières, approximations regrettables et orientées, fussent-elles commises « pour la bonne cause». Sans compter qu’elles témoignent d’une trop grande élasticité de l’honnêteté intellectuelle de celles et ceux qui s’y livrent, une fois dévoilées elles ne manqueront pas de nuire à cette cause. D’ailleurs une cause qui nécessite d’avoir recours à de telles pratiques ne peut être bonne. Il ne faudrait pas confondre catastrophisme éclairé et catastrophisme mensonger. Par exemple, et pour ce qui importe à un écologiste, ce n’est pas en faisant croire aux gens que le ciel va leur tomber sur la tête que l’écologie réussira à leur faire changer de vision du monde, préalable nécessaire à un changement de mode de vie tout aussi nécessaire.

Samedi 16 Novembre 2013 Commentaires (0)

Ecosophie

La perpétuation de la vie sur la planète Terre, la survie de l'humanité devenue problématique, tel fut l'un des soucis à l'origine des mouvements écologiques. Pour le mouvement Survivre, fondé par le mathématicien Alexander Grothendieck en 1970 en marge du Congrès international de mathématique de Montréal, cette question était fondamentale, elle coiffait toutes les autres. Affadie aujourd'hui par les contes de fées du "développement durable" et de l'économie "verte", elle demeure pourtant plus que jamais d'une actualité brûlante même si, à elle seule, elle donne une vision trop anthropocentrée de l'écologie.


Alexander Grothendieck
Alexander Grothendieck
  • Le premier numéro de Survivre précise ainsi les buts du mouvement fondé par Alexander Grothendieck :
« lutte pour la survie de l’espèce humaine et de la vie en général menacée par le déséquilibre écologique créé par la société industrielle contemporaine (pollutions et dévastations de l’environnement et des ressources naturelles), par les conflits militaires et les dangers de conflits militaires. » (p. 3)

  • Le numéro double suivant (n°2 / 3) spécifie les conditions nécessaires de cette survie :
« L’humanité ne survivra pas d’ici quelques décades, si elle ne sait préserver ses ressources naturelles et contrôler la pollution industrielle (en reconvertissant de nombreuses industries, en traitant les déchets industriels pour en récupérer une partie importante pour des usages constructifs, et rendre le reste inoffensif pour notre environnement) ;

L’humanité ne survivra pas si elle n’arrive pas à supprimer les guerres, en éliminant les armées qui en sont les instruments ;

L’humanité ne survivra pas si elle n’arrive à éliminer les différentes formes de l’exploitation économique, cause des tensions extrêmes entre classes et entre nation ;

L’humanité ne survivra pas si elle n’arrive à contrôler la croissance de sa population ;

L’humanité ne pourra remplir les tâches précédentes et elle ne survivra pas, si elle n’arrive à donner à chacun une éducation qui lui permette de renoncer aux besoins artificiels créés par la société de consommation, et de « sublimer » son agressivité ancestrale et son instinct de procréation illimitée dans une vie personnelle et sociale véritablement créatrice.

Tous ces problèmes sont des constituants inextricablement mêlés de celui de notre survie. Ce dernier se trouve être ainsi comme un « dénominateur commun », comme un chapeau commun qui coiffe tous ces problèmes partiels. Il leur donne de plus un caractère d’urgence qui apparaît ici pour la première fois dans l’histoire de l’humanité, et même de la vie tout court.
» ( Survivre n° 2/3, Septembre/octobre 1970, p. 24)

Aujourd'hui, aucune de ces conditions n'est en passe d’être satisfaite.

  • Certes, la menace d’un embrasement mondial avec à la clé l’holocauste nucléaire n’est plus aussi forte qu’au temps de la rivalité Est/ouest et de la guerre froide. Cependant, la menace n’est pas totalement dissipée. Les budgets militaires restent conséquents. Les puissances nucléaires ne sont pas disposées à détruire leur arsenal. Malgré les traités de non dissémination, de nouveaux états dans des régions chaudes du globe ont réussi à avoir accès à l’arme nucléaire. En fin de compte, si la menace d’une guerre nucléaire a changé de visage, elle n’en existe encore pas moins. L’accès à l’eau, aux ressources énergétiques, voire même aux terres arables sont apparues comme autant de nouvelles causes de conflits. Mis à part l’éloignement de la menace d’une guerre nucléaire globale, aucun progrès significatif n'a été accompli depuis la parution de ce texte de Survivre, bien au contraire.

  • Les ressources naturelles sont pillées comme jamais, sous les glaces, au fond des mers, sur et sous terre, partout. Certains illuminés, thuriféraires du « progrès technique », tirent même des plans sur la comète pour exploiter les ressources minières des astéroïdes… On a mis à la mode de chez-nous l’«économie circulaire», ce qui n’empêche pas les taux de recyclage des OM de stagner, les poubelles de déborder de prospectus publicitaires, d’emballages superflus, d’objets inutiles en tout genre cassés ou non, irréparables ou simplement démodés, dépassés.

  • L'exploitation économique prospère et triomphe partout grâce au libéralisme dominant.

  • La population mondiale continue de croître de façon exponentielle et peu nombreux sont les hommes politiques qui s'en soucient. Si l’on excepte le MEI dont l’audience reste très confidentielle, même les partis écologistes évitent la question. L'idéologie nataliste règne sans partage. La France s’enorgueillit d'avoir un des taux de fécondité parmi les plus élevés de l'Europe. Il y a même des «décroissants» pour crier avec les démographes bien-pensants haro sur les quelques horribles néo-malthusiens qui osent s'exprimer.

  • Plus affligeant encore que la Mode, générateur de gaspillages bien plus redoutables, voici qu’est apparu le high-tech aux productions aussi vite périmées qu'elles sont mises sur le marché, roi de l’éphémère et de l’obsolescence planifiée. Jamais n’a été célébré avec autant d’impudeur le culte de l’innovation, c’est-à-dire de la recherche de bidules en tout genre qui sont autant d’hameçons générant de nouveaux besoins pour ferrer un consommateur qui s’y laisse trop souvent prendre. Aujourd’hui, tout se consomme, même de la culture, des loisirs… Plus que jamais l’individu, le citoyen est réduit à un rôle de consommateur alors que la plupart peuvent de moins en moins consommer avec leur pouvoir d’achat en berne. Quoi de pire qu’une masse de consommateurs qui doivent se restreindre, contrainte de regarder par médias interposées une minorité de privilégiés ou de chanceux se goinfrer jusqu’à plus soif, au-delà même de la soif, et à eux seuls consommer plus que tous les peu munis, tous les plus en plus démunis réunis ? Inutile de leur parler de la sobriété volontaire et heureuse.

  • Quant à l’éducation, il s’agit surtout d’études qui n’ont guère pour but de donner les moyens aux jeunes de s’accomplir dans une vie personnelle et sociale véritablement créatrice mais bien plus pragmatiquement, ou trivialement, de se donner les moyens de décrocher le job le plus rémunérateur possible.

Ce bilan peut faire penser à une chanson de Jacques Brel dans laquelle le Diable venu sur Terre pour contrôler ses intérêts, se frotte les mains et lâche un « Ça va !» de contentement. C’est un constat d’échec de l’écologie politique à mettre à la charge de tous les écologistes de toutes les chapelles, obédiences, mouvements ou partis confondus.

Oui, nous avons échoué.

Au cours des cinquante dernières années, la civilisation occidentale mondialisée dans le cadre du libéralisme sauvage a avancé à grands pas vers sa destruction, destruction qui risque d’entraîner celle de l’espèce humaine et peut-être de la vie sur Terre. Comment rebondir?

Lundi 11 Novembre 2013 Commentaires (1)

La commission des Finances de l’Assemblée nationale a adopté le mercredi 6 novembre deux amendements au projet de budget de 2014, l’un signé par le rapporteur général du budget, Christian Eckert et des députés PS, l’autre par des députés UDI. Ces amendements repoussent d’un an la mise en application de la majoration obligatoire de la taxe foncière sur les terrains non bâtis dans les zones urbanisables entourant « un bassin de population de plus de 50 000 habitants où existe un déséquilibre marqué entre l’offre et la demande de logements entrainant des difficultés sérieuses d’accès au logement », c’est-à-dire la périphérie de presque toutes les grandes villes (Lyon, Marseille, Toulouse, etc. ainsi que la presque totalité de l’Ile de France et du littoral azuréen).


La hausse prévue était conséquente : 20% pour 2014 et autant en 2016 avec de plus un prélèvement supplémentaire de 5 € par mètre carré, soit 50 000 € pour un hectare de terrain. Le but était d’inciter, on dira même de forcer, les propriétaires de ces terrains à les brader pour de la promotion immobilière. Le projet d’une augmentation conséquente de la taxe sur le foncier non bâti (TFNB) n’est pas nouveau. Une telle augmentation a été envisagée depuis plusieurs années comme un outil pour libérer du foncier constructible mais jusqu’à présent, aucun gouvernement n’avait osé la mettre en œuvre.

Avec d’autres nous avions dénoncé ici cette mesure, soutenue, hélas, par la ministre EE/LV. Elle signifiait la fin de l’agriculture en zones urbaines et périurbaines où sont situées 44% des exploitations agricoles françaises, la fin aussi des potagers situés à la marge des zones urbaine ou dans leurs interstices. Elle aurait rendu très difficile la constitution de la trame verte et bleue et impossible la conservation des ceintures vertes.

Report ou enterrement?

Des élus de tout bord sont intervenus pour tenter de faire reporter cette mesure. La FNSEA, la Coordination rurale ainsi que plusieurs maires ruraux avait demandé audience à l’Elysée, à Matignon et au Ministère de l’agriculture. Devant la nouvelle jacquerie qui s’annonçait, le Président de la République et le gouvernement ont préféré temporiser.
Certes la mesure n’est que reportée pour l’instant. Mais on peut espérer que ce report n’est qu’une première étape avant son abandon définitif. En effet, demain comme aujourd’hui la perspective de sa mise en œuvre entrainera les mêmes levées de boucliers. Les amendements votés en commission des finances devront être votés à nouveau par l’Assemblée pour être intégrés au projet de loi de finances 2014. Il n’y a pas de raison pour qu’ils ne le soient pas. Ce sera le début de l’enterrement de cette mesure aussi stupide qu’inique. Ce sera une très bonne chose pour les agriculteurs, en particulier ceux qui sont à la tête de petites et de moyennes exploitation » imbriquées dans le tissu local » selon l’expression de Bernard Accoyer. Ce sera une très bonne chose aussi pour l’autoproduction maraîchère, pour les trames vertes et au final pour la biodiversité.

Jeudi 7 Novembre 2013 Commentaires (0)
Pétition : Stop à l’abattage des bouquetins du Bargy
Le bouquetin, animal paisible et doux, emblématique des Alpes, est interdit de chasse depuis 1962.

Dans le massif du Bargy, l’Etat a décidé de fusiller tous les bouquetins de plus de 5 ans.

Prise dans la précipitation, cette décision visant à supprimer un foyer de brucellose était loin d’être la seule envisageable. Pour le groupe d’experts de l’Agence de Sécurité Sanitaire, il n’y avait pas d’urgence à agir, car le risque de transmission aux autres espèces est faible. Sans même que le groupe d’experts n’ait eu le temps d’étudier la solution de la vaccination, 197 bouquetins ont été abattus en 2 jours en octobre 2013. Par souci d’économie, l’Etat n’a pas pris le temps de différencier les individus sains des individus positifs à la brucellose. Parmi les bouquetins fusillés lors de l’opération éclair, beaucoup n’étaient pas malades. Des actions plus discrètes se poursuivent visant à éliminer, dans le Bargy, tous les bouquetins de plus de 5 ans. Sous la pression des éleveurs et des chasseurs, l’Etat pourrait décider d’éradiquer la totalité de la population des bouquetins du Bargy dès le printemps 2014.

Pour plus d'informations cliquer ici

Pour signer cette pétition qui a déjà recueilli plus de 5000 signatures, cliquer ici
Photo : Matthieu Stelvio

Lundi 21 Octobre 2013 Commentaires (0)

Le 8 octobre 2013, le CEA de Fontenay-aux-Roses a déclaré un «événement significatif» loin d’être anodin puisqu’il concerne la découverte d’un dysfonctionnement du système de lutte contre les incendies dans un local de l’INB 166 où sont entreposés des solvants contaminés. En effet un incendie est l’une des causes pouvant entraîner le rejet d’éléments radioactifs dans l’atmosphère et l’environnement autour du site. Son classement au niveau 0 tel que proposé par le CEA pose problème d’autant que ce n’est pas la première fois qu’il y a des dysfonctionnements ou des insuffisances concernant la protection contre les incendies sur le site de Fontenay.


Échelle INES (source : IRSN)
Échelle INES (source : IRSN)
Dans un fax daté du 8 octobre 2013 que l’on peut lire sur le site de la cli-far, le CEA de Fontenay-aux-Roses a déclaré un «événement significatif impliquant la sureté, la radioprotection ou l’environnement » s’étant produit dans un local du bâtiment 10 de l’INB 166 où sont entreposés des « solvants » contaminés, c’est-à-dire des produits chimiques déjà nocifs en eux-mêmes devenus de surcroît radioactifs après usage ; ce local étant classé «élément important pour la sécurité ». Il s’agit d’une erreur sur la pression de fonctionnement de l’eau dans les « pré mélangeurs » des canons à mousse qui, comme leur nom l’indique, projettent une mousse servant à étouffer un incendie naissant. Dans les «pré-mélangeurs» qui forment la mousse il faut de l’eau sous une pression de 8 bars, elle était de 5 bars comme d’ailleurs le stipulait la notice technique, elle-même erronée. Cette pression insuffisante empêchait les canons de fonctionner. Et si par malheur un incendie s’était déclaré, il aurait pu prendre de l’ampleur, faute d’être combattu efficacement avec des appareils défaillants.
Qu’un tel sous dimensionnement ait pu exister pendant une durée indéterminée avant que le personnel le découvre est vraiment inquiétant puisqu’un incendie mal maîtrisé dans un bâtiment sensible comme celui-ci est l’une des causes principales pouvant induire une contamination radioactive affectant les populations et l’environnement autour des installations en voie de démantèlement du CEA-FAR.

Une action corrective trop longtemps différée ?

Le système d’extinction d’un incendie de ce local avait déjà attiré l’attention des inspecteurs de l’ASN comme en témoigne la lettre de suite d’inspection ayant eu lieu le 15 mars 2012, adressée par l’ASN à la directrice du CEA le 26 mars 2012. En effet, on peut y lire : «Demandes d’actions correctives: Local solvants S108 : traçabilité du contrôle technique pour les systèmes de détection et d’extinction d’un incendie.Les inspecteurs ont examiné par sondage les comptes rendus des essais des systèmes de détection d’un incendie et des systèmes d’extinction. Il s’avère que ceux relatifs au local solvants S108, systèmes classés EIS (Éléments Importants pour la Sûreté) au sens de l’arrêté qualité du 10 août 1984 doivent faire l’objet d’un contrôle technique requis au titre de l’article 8 dudit arrêté. La preuve de la réalisation de ce contrôle n’a pas pu être apportée. Demande A1 : je vous demande, comme exigé par l’article 8 de l’arrêté qualité susvisé, de définir, réaliser et tracer le contrôle technique requis pour les contrôles et essais périodiques concernant les systèmes de détection et d’extinction du local solvants S108. »
Au 15 mars 2012, «La preuve de la réalisation de ce contrôle n’a pas pu être apportée » pour cause ! Elle n’avait sans doute pas eu lieu. Sauf si les « pré mélangeurs » sont neufs ou du moins acquis très récemment, il apparaît que le CEA a tardé à satisfaire la «demande» citée puisque ce n’est que « le 19 septembre 2013 (que) la Formation locale de Sécurité (FLS) s’interroge sur la pression de fonctionnent des pré mélangeurs » et ce n’est que « le 3 octobre 2013 que des essais sont réalisés » (Description de l’événement, in « déclaration de l’événement significatif détecté le 4 Octobre 2013 », signée du directeur adjoint du Centre) Tout laisse donc à penser que le contrôle technique exigé par l’ASN n’a eu lieu que plus d’un an et demi après que la demande en ait été formulée. Les périodes entre deux de ces contrôles telles que les prévoit le CEA doivent être extrêmement longues ! En somme l’évènement significatif déclaré ce 4 octobre résulterait de la satisfaction TARDIVE de la demande de l’ASN concernant ces systèmes.

Quelles auraient pu être les conséquences de ce dysfonctionnement ?

Selon le CEA, « les conséquences potentielles » « sur la base d’un scénario réaliste » ( ?) seraient la «propagation d’un incendie avec risque d’endommagement des filtres TUE (Très Haute Efficacité) du bâtiment et rejet dans l’environnement de substances radioactives (Estimation de la dose maximale engagée en l’absence de filtres de l’ordre de 0,01 mSV à 200m du Bâtiment 10). » C’est peu, sans doute, bien que toute exposition, même aux faibles doses, soit néfaste pour un organisme vivant. En outre, il faudrait que le CEA précise en quoi consiste ce « scénario réaliste», et en particulier s’il suppose l’éclatement des fûts de solvants et d’éventuelles explosions.
En employant le terme «d’explosion» je ne noircis pas le tableau pas plus que je ne cherche à faire peur aux gens. En effet, dans la même lettre de suite de mission de l’ASN datée du 26 mars 2012, on peut lire : « Absence de réalisation d’une ronde spécifique prévue par les RGSE dans le local solvants S108. Le chapitre 8 des RGSE (Règles Générales de Surveillance et d’Entretien) relatif aux consignes générales de sécurité de l’INB n°166 indique qu’une ronde hebdomadaire spécifique est prévue au sein du local solvants S108 par du personnel équipé d’un explosimètre portatif. Lors de l’inspection, vous avez indiqué que cette ronde n’est plus effectuée. Demande A4 : je vous demande de vous mettre en conformité avec vos RGSE concernant la réalisation d’une ronde hebdomadaire au sein du local solvants S108. »

En résumé, le système d’extinction d’incendie était inopérant dans un local où il faut faire des rondes hebdomadaires avec un appareil détectant les risques d’explosion avec possible rejet dans l’atmosphère. Si le CEA avait satisfait à la demande de l’ASN dans de meilleurs délais, cette anomalie aurait été détectée bien plus tôt…. Malgré ces négligences et ces insuffisances dans l’application des procédures, il faudrait qualifier cet événement de niveau 0 (sur 7) de l’échelle INES (échelle internationale de gravité des incidents ou accidents nucléaires) selon le CEA !

Certes, il ne s’est heureusement rien passé de grave mais cet événement est un cas d’école où l’on peut voir comment peuvent conduire sinon à une catastrophe, du moins à un accident assez grave une suite de petites négligences : contrôles non réalisés en temps et en heure, notice technique d’un appareil inexacte peut-être à cause d’une simple erreur de frappe, etc. C’est ainsi que les petits dysfonctionnements relevés par les inspections de l’ASN, comme par exemple des délais anormalement longs pour remettre en état une bouche d’incendie, ne doivent pas être pris à la légère.
Si les comptes rendus des inspections de l’ASN sont rassurants en ce qu’ils mettent en évidence que la protection contre les incendies au CEA de Fontenay-aux-Roses est globalement satisfaisante, ils restent tout de même un peu inquiétants en ce qu’ils montrent des insuffisances plus ou moins prononcées, des négligences plus ou moins graves n’ayant aucune conséquence ou des conséquences négligeables mais qui pourraient en avoir de très graves par un enchaînement malheureux de circonstances.

Un précédent

D’ailleurs il y a eu aussi au CEA-FAR des événements plus préoccupants concernant les systèmes de détection et d’extinction d’un incendie. Notamment l’évènement déclaré le 21 mars 2011 et jugé suffisamment grave pour être classé au niveau 1 de l’échelle INES. À son sujet l’ASN avait publié le communiqué suivant : « Le 21 mars 2011, le CEA a déclaré à l’ASN un événement significatif concernant l’indisponibilité du système de détection et d’extinction automatique d’incendie des locaux d’entreposages des produits chimiques et des solvants du bâtiment 18 du 27 janvier 2011 au 16 mars 2011.
« Lors d’opérations réalisées sur ce système le 27 janvier 2011, une erreur de manipulation a conduit à la vidange de la bouteille d’amorce du système d’extinction automatique. La détection et l’extinction automatique d’incendie se sont retrouvées indisponibles. Des mesures compensatoires ont alors été mises en place pour pouvoir éteindre un incendie. En revanche, l’analyse menée de la situation n’a pas identifié que la détection était également indisponible. Le 10 février 2011, le remplacement de la bouteille d’amorce a conduit à la fin de l’indisponibilité de la détection incendie. L’extinction automatique a été remise en service le 16 mars 2011.
Cet événement n’a pas eu de conséquence ni sur le personnel, ni sur l’environnement. En raison de lacunes dans la culture de sûreté, cet événement a été classé au niveau 1 de l’échelle INES. »
Lors de la séance plénière de la Cli-Far du 27 avril 2011, tous les intervenants, y compris la responsable de la cellule de sûreté du CEA/FAR ont jugé que cet incident aurait pu avoir des conséquences gravissimes. (Voir aussi ici-même )
Le dernier paragraphe de ce communiqué justifie le classement de l’évènement au niveau 1 sur l’échelle INES. Il peut tout à fait s’appliquer à la découverte des dysfonctionnements du système d’extinction d’incendie du local solvants S108 du bâtiment 10 de l’INB 166, objet de la déclaration du 8 octobre 2013 pour les raisons même qui y sont indiquées : lacunes dans la culture de sûreté. Espérons que ce sera ce que fera l’ASN pour donner au CEA un avertissement salutaire pour les populations riveraines et l’environnement.


Lundi 21 Octobre 2013 Commentaires (0)

L’ASPAS (Association de protection des animaux sauvages) communique: « Loup : 3 – Préfet 0 » Après la suspension, le 4 octobre dernier, de 7 arrêtés de tirs du préfet des Alpes-Maritimes, ce sont deux arrêtés du préfet des Alpes-de-Haute-Provence qui ont été suspendus le 17 Octobre par le Tribunal administratif de Marseille à la demande de l’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS). Ces arrêtés autorisaient l'abattage de loups dans le cadre d’une battue au « gibier », sur les secteurs concernés par les tirs de « prélèvement ».
Le 18 Octobre, 2 nouveaux arrêtés de tirs, cette fois dans la Drôme, viennent d’être suspendus par le Tribunal administratif de Grenoble à la demande de l’ASPAS et de la LPO Drôme et cela malgré une tentative de dernière minute du préfet qui a reformulé ses arrêtés pour tenter, en vain, de les rendre légaux.


Loup : 3 – Préfet 0

Pour le juge du TA de Marseille, les tirs en battue par les chasseurs, tels que prévus dans ces arrêtés, sans la présence et le contrôle technique des agents de l’ONCFS, ne respectent pas l’article 28 du plan loup et sont en contradiction avec l’esprit de la Directive Habitat. De plus, aucun représentant officiel de l’État n’était censé encadrer ces battues, laissant ainsi carte blanche aux chasseurs. Les autorisations préfectorales de telles battues visant une espèce protégée au niveau européen constituaient un recul évident en matière de protection de la nature.
Quant au juge du TA de Grenoble, il a estimé, selon le communiqué de l’ASPS, que ces arrêtés, en prévoyant le tir de plusieurs loups lors de la même opération, ne respectaient pas le protocole interministériel du 15 mai 2013 et l’article 16 de la Directive Habitat permettant de déroger à la protection stricte du loup.

Comme le rappelle l’ASPAS, deux loups ont pourtant déjà fait les frais de la mise en œuvre de ces mesures illégales:
– une louve a été abattue sur la commune de Saint-Étienne de Tinée, à laquelle s’ajoute un autre loup blessé par un tir mais non retrouvé, le 21 septembre dernier. S’il n’est pas encore mort, il ne passera pas l’hiver, comme les louveteaux de la femelle…
– un autre loup a été abattu sur la commune de Beuil, le 22 septembre.
Pour eux, c’est trop tard ! Trop tard aussi pour les louveteaux morts de faim, pour le loup blessé qui aura agonisé on ne sait où, partageant ainsi le sort commun à des centaines animaux sauvages blessés par les chasseurs et qui vont se terrer pour mourir…

Une politique anti loup impopulaire mais relayée par l’Etat

Selon un récent sondage IFOP, 80% des Français sont «farouchement opposés à son éradication» (du loup). 76 % considèrent que le loup a toute sa place dans la nature en France tandis que 75 % des personnes interrogées jugent inacceptable «que l’État français fasse abattre certaines espèces protégées, telles que le loup, le vautour ou le bouquetin, au motif qu’elles peuvent représenter un risque».
Le gouvernement autorise pourtant systématiquement sa destruction et cède à la pression de seulement 6 % des français se montrant fermement opposés à sa présence. Mais faut-il s’en étonner avec un ministre de l’écologie tel que Philippe Martin ? Lorsqu’il était député, ce monsieur était un membre actif du groupe des députés pro-chasse à l’Assemblée nationale. C'est aussi un chaud défenseur de la chasse à courre, de la corrida, du gavage des oies et autres pratiques barbares, hélas bien françaises. Depuis son entrée au ministère il n’a pas changé son fusil d’épaule, si l’on ose dire. Toute son action le prouve et les chasseurs ne tarissent pas d’éloges à son égard. Pour eux, c’est un bon ministre mais pour la préservation de la Nature et de la faune sauvage, c’est une calamité. Hollande/Ayrault l’ont choisi en connaissance de cause, après avoir viré sans ménagement Delphine Batho. Sur ce sujet comme sur bien d’autres, Hollande/Ayrault, c’est la continuité sans le changement.
Heureusement que les associations comme l’ASPAS ou la LPO veillent. Mais quel dommage qu’elles soient obligées de dépenser autant d’énergie, de temps et d’argent pour simplement faire respecter la loi !

Sources : communiqués de presse de l’ASPAS et de la LPO


Samedi 19 Octobre 2013 Commentaires (0)

Le Journal du Dimanche annonce dans son édition du 13 octobre que le gouvernement serait prêt à accepter une prolongation des centrales nucléaires françaises jusqu’à 50 ans de fonctionnement alors qu’elles étaient prévues pour avoir une durée de vie de trente ans, soit disant pour financer « la transition énergétique ». Calcul irresponsable qui ferait courir ainsi à la France, à l’Europe et au monde le risque d’un accident majeur.


Hollande, le président de l’accident majeur ?

C’est malheureusement ce qui pourrait arriver si avec son gouvernement il refuse de prendre en compte les conséquences du vieillissement des centrales sur la sûreté et s’il accepte d’augmenter de 20 ans leur durée de vie comme le voudrait EDF. Pourtant, ce ne sera pas faute d’avertissements. L’IRSN, lui-même, met en garde. Pour ce qui est de la tenue des cuves, il estime «qu’à VD3+ 5 ans le risque de rupture brutale n’est pas exclu pour les cuves des réacteurs de Dampierre 4, Cruas 1, Cruas 2, Saint-Laurent B1 et Chinon B2 en cas de situations incidentelles et accidentelles...Les marges à la rupture sont également insuffisantes à VD3 + 5 pour les cuves de Saint-Laurent B1 et de Bugey 5 qui sont affectées de défauts » Avis DSR/2010-153, 19 mai 2010, p. 3, ici. VD dans ce texte est une abréviation de « visite décennale», VD3+5 signifie 3 visites décennales, donc 30 ans + 5 ans soit 35 ans. En d’autres termes, l’IRSN estime que pour les centrales citées la cuve risque de ne pas tenir au-delà de 35ans !

Or la cuve, c’est la pièce essentielle d’un réacteur. C’est l’enceinte métallique étanche en acier renfermant le cœur du réacteur, les structures qui ont pour fonction de supporter ce cœur et les structures de guidage des grappes de contrôle de la réaction nucléaire. On imagine la gravité des conséquences d’une rupture brutale de cette enceinte. Or, il est déjà prévu de tenter le diable puisque EDF prévoit de garder ses réacteurs en fonctionnement pendant quarante ans ! 50 ans en l’état actuel du parc nucléaire, ce serait de la roulette russe avec quatre balles sur cinq dans le barillet ! Et c’est ce risque insensé que le gouvernement et les nucléocrates, en particulier ceux d’EDF, s’apprêtent à nous faire courir sans nous demander notre avis et sans faire trop de bruit afin que cela ne se sache pas trop… Comme le souligne le Réseau Sortir du nucléaire « même les rafistolages les plus coûteux - qui exposeront au passage les intervenants à des doses élevées de radioactivité - ne permettront pas d’endiguer ce vieillissement » Celui des cuves est inexorable comme on le constate sur les plus vielles d’entre-elles qui se fissurent et il y a des câblages totalement inaccessibles. En outre comme le montrent Laponche et Marignac, les réacteurs de 900 mégawatts à simple enceinte de confinement devraient être équipés d’une deuxième enceinte de confinement pour des raisons de sûreté et de sécurité ( La sûreté des installations Nucléaires, Décembre 2011, p.p. 10 – 11) ici

Une provocation politique à l’encontre d’Europe – Écologie/Les Verts

Selon EE/LV une telle prolongation serait « une provocation politique, un mensonge économique et une aberration énergétique » Elle serait une « provocation politique » parce qu’elle « remettrait directement en question l’engagement du Président de la République, rappelé à plusieurs reprises, de ramener à 50% d’ici 2025 la part du nucléaire dans la production d’électricité » C’est cet aspect de «provocation politique» que ce parti détaille en premier lieu et met en vedette. « Provocation », le mot est fort ! Provocation envers qui ? Envers EE/LV. L’expression est lourde de sous-entendus… Si on le provoque, EE/LV fera un malheur. Comme dans le cas de la fiscalité sur le Gasoil ?

Il est remarquable que tout ce communiqué s’adresse en fait à l’allié PS, au gouvernement et au président. D’où tout un paragraphe sur la question économique, un autre sur l’aberration énergétique dans lequel Hollande est cité : « Tout le monde en convient, le débat sur la transition énergétique l’a montré, le Président de la République l’a confirmé lors de la Conférence environnementale (…) : la priorité est aujourd’hui à la transition énergétique. » Et étrangement, rien sur le risque insensé que ferait courir aux gens, à la vie sur une large portion de la planète, voire sur la planète entière une telle décision !

Le communiqué revient encore en conclusion sur l’économie : « on ne saurait tolérer que (le lobby du nucléaire) puisse (…) continuer de peser si lourdement sur l’économie française. C’est pour en faire plus amplement la démonstration encore qu’EELV soutient la proposition de commission d’enquête demandée par le groupe écologiste à l’Assemblée Nationale, afin de faire toute la lumière sur les coûts du nucléaire, et l’impact de la durée de vie des réacteurs sur ces coûts. » Est-il besoin de faire de telles études lorsque l’on sait déjà qu’un accident majeur – que cette décision imbécile rendrait encore plus probable – pourrait coûter à la France l’équivalent de deux ans de PIB selon les estimations officielles de l’IRSN ?

En fréquentant les dorures du pouvoir, EE/LV aurait-t-il fait sa révolution ptolémaïque et fait passer la sacro-sainte économie avant la vie? Il est vrai que comme EE/LV accepte que les centrales puissent fonctionner quarante ans, il ne peut guère insister sur l’épée de Damoclès qu’elles font peser sur nos têtes.

Mardi 15 Octobre 2013 Commentaires (0)

Par décision du 9 octobre 2013, le Conseil d’Etat donne raison aux associations qui se battent depuis plusieurs mois contre la réalisation d’un pôle industriel de sciage, de cogénération et granulés de bois dans la zone d’activités du Tronçay à Sardy-lès-Epiry (Nièvre) qui nuirait à de nombreuses espèces protégées s’il se réalisait.


Pour les lecteurs qui voudrait en savoir plus sur cette scierie, voir nos articles précédents et les liens qui y sont mentionnés en cliquant ici et ici

Le Conseil d’Etat a confirmé l’analyse des associations et des juges de premières instances qui, à plusieurs reprises, ont annulé les arrêtés du préfet de la Nièvre autorisant la destruction d’espèces protégées (oiseaux, chiroptères, reptiles…) pour la réalisation de ce projet parce qu’il ne répondait pas à des raisons impératives d’intérêt public majeur qui est le motif exigé par le droit communautaire et le droit national pour déroger à la protection de la faune et de la flore sauvages.

Le juge a estimé que même si ce projet présentait un intérêt public incontestable, il ne constituait pas pour autant « un cas exceptionnel dont la réalisation se révèlerait indispensable », ce qui aurait justifié, selon les juges, la destruction d’espèces protégées. Selon Raymond LEOST, en charge des questions juridiques pour France Nature Environnement, le juge réaffirme par cette décision que «la destruction d’espèces protégées n’est pas une variable d’ajustement qu’il suffit de mettre en œuvre pour réaliser son projet » Commentant cette décision, Dominique Py, administratrice de FNE en charge des questions faune sauvage a déclaré : « Le sens de notre action et de la législation visant à protéger notre environnement n’est pas de s’opposer au développement économique, et ce d’autant moins dans une période de crise et dans une zone comme le Morvan où le travail est rare, mais il est indispensable, et le Conseil d’Etat le réaffirme dans cette décision avec force, de comprendre que nous devons préserver notre patrimoine biologique, et que lorsqu’il y a des espaces industriels vides, il est bien dommage de détruire une forêt pour créer une zone industrielle »


Cette belle victoire ne signifie pas la fin du combat

Il faut que la justice ait rendu sa décision sur l’ensemble des arrêtés préfectoraux pour que la victoire soit définitive ou, comme certains l’espèrent, que les élus locaux fassent enfin preuve de sagesse en annonçant rapidement l’abandon définitif du projet. En attendant, les militants qui sur le terrain défendent la ZAD (Zone À Défendre) ne lèveront pas le camp, en lisère de la Forêt où ils se relayent pour défendre le site depuis l’attaque à la tronçonneuse d’une partie du bois en Février. Celui qui a renoncé, c’est le directeur-général de l’entreprise Ersica à l’origine du projet. Il a annoncé au début du mois qu’il démissionnait de son poste.

« Sem d’Auverhna, lachem pas »

Des bruits courent également selon lesquels l’entreprise abandonnerait la forêt morvandelle pour la forêt auvergnate qui n’en doutons pas, trouvera elle aussi des défenseurs déterminés. Comme le dit fièrement la devise du journal La Galipote : « Sem d’Auverhna, lachem pas »

Sources : FNE, Adret Morvan.


Jeudi 10 Octobre 2013 Commentaires (0)
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