Au quotidien
Aurore Lenoir coordinatrice et porte-parole du collectif N.A.R.G. (Non à l’Abattoir Rituel de Guéret) s’est rendue le 2 octobre 2013 avec des membres de son association au Sommet de l’élevage à Clermont-Ferrand où elle a pu rencontrer quelques instants le ministre de l’agriculture Stéphane Le Foll et le Président François Hollande. L’entrevue fut édifiante : Le Foll approuve ce scandaleux projet de gigantesque abattoir à vif qui enfreint le règlement européen ; Hollande botte en touche comme à son habitude détestable !
Le collectif NARG s’oppose à la construction à Guéret (Creuse) d’un abattoir industriel à vif (par égorgement sans étourdissement) Ce serait le premier abattoir exclusivement rituel d'Europe, et un dangereux précédent conduisant à une uniformisation de l'abattage où l'étourdissement appartiendrait aux pratiques du passé. Il s'agit d'un projet d'ampleur internationale, avec 5000 tonnes de viandes prévues pour la première année. L'objectif clairement annoncé par les porteurs du projet étant l'exportation, il s’agit d’un détournement flagrant de la dérogation européenne à l'étourdissement préalable des animaux, qui vise à couvrir les besoins intérieurs des minorités religieuses concernées, non à dégager du profit grâce à l'export.
Le Foll sait-il bien de quoi il parle ?
Le Foll sait-il bien de quoi il parle ?
Voici d’abord comment s’est passé l’entrevue avec Le Foll tel que le relate Aurore Lenoir (les passages soulignés le sont par moi, JFD) : «Nous avons décidé de parler directement au Président de la République et à son Ministre. Nous avons approché Monsieur Le Foll, alors occupé à caresser un agneau (placé dans un petit enclos avec une brebis, depuis plus de 2 heures au milieu de la foule, du bruit et de la chaleur étouffante...). Ce dernier s’est montré attentif à notre message concernant le constat récurrent de troupeaux abandonnés sans soin ni nourriture. Mais au moment d’aborder le sujet de l’abattoir de Guéret, il a brusquement changé d’attitude, s’est presque montré agressif, et refusa tout dialogue au sujet des 4 points fondamentaux : souffrance animale, risques sanitaires, non-respect de la laïcité et de l’information du consommateur. Il balaya nos revendications d’un revers de main, répétant «c’est pas bien ce que vous faites » puis «il n’y a pas tromperie du consommateur, ce que vous dites est faux, je sais de quoi je parle ! » Quid de la viande abattue sans étourdissement, se retrouvant pour une large part dans le circuit classique, sans aucune mention du type d’abattage et des risques pour la santé des consommateurs ?»
Pourquoi « ce n’est pas bien » ce que fait le NARG ? Qu’est-ce qui n’est pas bien ?
S’il est évident que Le Foll approuve le projet, ou à tout le moins ne veut pas lever le petit doigt contre, la phrase est sibylline. Le journal régional, La Montagne suggère de la compléter ainsi : «Ce n'est pas bien d'embêter notre ami Michel Vergnier. » Député-Maire de Guéret (PS), président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret, ce dernier est un farouche partisan de l’installation de cet abattoir hallal industriel. La collectivité locale dont il est le président a tout fait pour que ce projet voie le jour ! Le 7 juillet 2011, l’ancienne Communauté de Communes de Guéret - St-Vaury (devenue la Communauté d'Agglomération du Grand Guéret) autorisait la signature d'une promesse de vente avec une société fictive, la SAS SOVILIM, pour la vente d'un terrain, en vue d'y construire un abattoir exclusivement rituel. Cette même Communauté de Communes a ensuite financé l'étude de faisabilité pour ce projet, tout en prétendant le contraire auprès des journalistes. C’est dire l’engagement du chef de file du PS local dans ce dossier et c’est ce qui explique peut-être, au moins en partie, l’attitude de Le Foll et de Hollande.
Contrairement à ce qu’il assène en disant qu’il sait de quoi il parle soit Le Foll est mal renseigné, soit et c’est pire, il ment lorsqu’il déclare qu’il n’y a pas tromperie du consommateur alors que lui et ses prédécesseurs ont tout fait pour qu’il n’y ait pas un étiquetage obligatoire de la viande Hallal ou casher et de la viande garantie non-halal et non-casher, cédant aux pressions des organisations religieuses et surtout à celle de la filière pour des raisons économiques.
Hélas, non ! Ce que dit le NARG n’est pas faux. C’est même en partie au moins de notoriété publique mais les politiques ne veulent pas agir. Pour s’en convaincre, il suffit de lire « La réalité de l'abattage rituel Halal et Casher : entre business et cruauté » un article paru sur le site Notre planète. Info. ici. C’est un article très complet avec à l’appui de nombreux liens dont certains renvoient à des organismes officiels et en fin d’article sont ajoutés des liens sur d’autres articles du site portant sur le sujet. Mais parce que les viandes casher et surtout l’hallal sont un marché prometteur à l’exportation, ouvrant un débouché à une filière en crise, quelques élus et sans doute les premiers d’entre eux, sont prêts à accepter n’importe quoi, insensibles à la souffrance animale, négligeant les mises en gardes sanitaires, bafouant le droit de chacun de choisir ce qu’il souhaite manger et ne pas manger !
Hollande sait, ne dit rien, ne fera rien…
L’entrevue éclair entre la responsable du NARG et Hollande ne s’est pas bien passée non plus. Aurore Lenoir la relate ainsi : « Nous approchions Monsieur Hollande, quelques minutes plus tard. Le Président de la République se montra attentif aux difficultés des troupeaux creusois. Nous étions même rassurés par son accessibilité et son attention. Mais, lorsque je prononçais les mots « abattoir de Guéret » (il demeura pourtant attentif au fait d’un projet prévoyant d’égorger les animaux en pleine conscience), il changea d’expression, jusqu’alors bienveillante, déclarant énervé, « oui je suis au courant », puis nous tourna le dos, refusant de nous entendre. » Il est au courant, tant mieux ! Mais que compte-t-il faire ? Rien, bien entendu. Sinon il n’aurait pas tourné les talons. En fait, il est probablement pour ce projet, mais évite de le dire et le prend de haut, manière facile d’éviter le débat pour un président de la république imbu de ce pouvoir qu’il a tant désiré…
Devant la faillite de ces élus trop sensibles aux chants de sirène des lobbies, Aurore Lenoir a raison d’appeler les gens à se mobiliser : «Nous comptons sur vous, citoyens, victimes de cette omerta, pour y mettre fin et vous mobiliser ! En tant que consommateur et citoyen vous avez le pouvoir de mettre ce débat sur la place publique ! En doutez-vous encore ? Pour rappel, en 1964, c’est sous la pression citoyenne que le gouvernement a légiféré en faveur d’un étourdissement systématique de tout animal dit de « boucherie » lors de l’abattage. Quel avenir offrons-nous aux générations futures si nous ne savons nous mobiliser pour le respect de leurs droits, de leur santé et le respect dû aux animaux en tant qu’êtres sensibles ? »
Pourquoi « ce n’est pas bien » ce que fait le NARG ? Qu’est-ce qui n’est pas bien ?
S’il est évident que Le Foll approuve le projet, ou à tout le moins ne veut pas lever le petit doigt contre, la phrase est sibylline. Le journal régional, La Montagne suggère de la compléter ainsi : «Ce n'est pas bien d'embêter notre ami Michel Vergnier. » Député-Maire de Guéret (PS), président de la communauté d’agglomération du Grand Guéret, ce dernier est un farouche partisan de l’installation de cet abattoir hallal industriel. La collectivité locale dont il est le président a tout fait pour que ce projet voie le jour ! Le 7 juillet 2011, l’ancienne Communauté de Communes de Guéret - St-Vaury (devenue la Communauté d'Agglomération du Grand Guéret) autorisait la signature d'une promesse de vente avec une société fictive, la SAS SOVILIM, pour la vente d'un terrain, en vue d'y construire un abattoir exclusivement rituel. Cette même Communauté de Communes a ensuite financé l'étude de faisabilité pour ce projet, tout en prétendant le contraire auprès des journalistes. C’est dire l’engagement du chef de file du PS local dans ce dossier et c’est ce qui explique peut-être, au moins en partie, l’attitude de Le Foll et de Hollande.
Contrairement à ce qu’il assène en disant qu’il sait de quoi il parle soit Le Foll est mal renseigné, soit et c’est pire, il ment lorsqu’il déclare qu’il n’y a pas tromperie du consommateur alors que lui et ses prédécesseurs ont tout fait pour qu’il n’y ait pas un étiquetage obligatoire de la viande Hallal ou casher et de la viande garantie non-halal et non-casher, cédant aux pressions des organisations religieuses et surtout à celle de la filière pour des raisons économiques.
Hélas, non ! Ce que dit le NARG n’est pas faux. C’est même en partie au moins de notoriété publique mais les politiques ne veulent pas agir. Pour s’en convaincre, il suffit de lire « La réalité de l'abattage rituel Halal et Casher : entre business et cruauté » un article paru sur le site Notre planète. Info. ici. C’est un article très complet avec à l’appui de nombreux liens dont certains renvoient à des organismes officiels et en fin d’article sont ajoutés des liens sur d’autres articles du site portant sur le sujet. Mais parce que les viandes casher et surtout l’hallal sont un marché prometteur à l’exportation, ouvrant un débouché à une filière en crise, quelques élus et sans doute les premiers d’entre eux, sont prêts à accepter n’importe quoi, insensibles à la souffrance animale, négligeant les mises en gardes sanitaires, bafouant le droit de chacun de choisir ce qu’il souhaite manger et ne pas manger !
Hollande sait, ne dit rien, ne fera rien…
L’entrevue éclair entre la responsable du NARG et Hollande ne s’est pas bien passée non plus. Aurore Lenoir la relate ainsi : « Nous approchions Monsieur Hollande, quelques minutes plus tard. Le Président de la République se montra attentif aux difficultés des troupeaux creusois. Nous étions même rassurés par son accessibilité et son attention. Mais, lorsque je prononçais les mots « abattoir de Guéret » (il demeura pourtant attentif au fait d’un projet prévoyant d’égorger les animaux en pleine conscience), il changea d’expression, jusqu’alors bienveillante, déclarant énervé, « oui je suis au courant », puis nous tourna le dos, refusant de nous entendre. » Il est au courant, tant mieux ! Mais que compte-t-il faire ? Rien, bien entendu. Sinon il n’aurait pas tourné les talons. En fait, il est probablement pour ce projet, mais évite de le dire et le prend de haut, manière facile d’éviter le débat pour un président de la république imbu de ce pouvoir qu’il a tant désiré…
Devant la faillite de ces élus trop sensibles aux chants de sirène des lobbies, Aurore Lenoir a raison d’appeler les gens à se mobiliser : «Nous comptons sur vous, citoyens, victimes de cette omerta, pour y mettre fin et vous mobiliser ! En tant que consommateur et citoyen vous avez le pouvoir de mettre ce débat sur la place publique ! En doutez-vous encore ? Pour rappel, en 1964, c’est sous la pression citoyenne que le gouvernement a légiféré en faveur d’un étourdissement systématique de tout animal dit de « boucherie » lors de l’abattage. Quel avenir offrons-nous aux générations futures si nous ne savons nous mobiliser pour le respect de leurs droits, de leur santé et le respect dû aux animaux en tant qu’êtres sensibles ? »
- Pour lire le communiqué du NARG :
- Réponse aux propos calomnieux de Michel Vergnier sur le collectif NARG:
Mercredi 9 Octobre 2013
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Fontenay-aux-Roses
Le CEA de Fontenay-aux-Roses « ouvre ses portes », (ou du moins quelques-unes !) à l’occasion de la fête de la science. Hélas, avec la « science » qui y est pratiquée, ce n’est jamais la fête pour les animaux rats, souris, macaques, ou autre petits singes qui y sont manipulés !
Macaca fascicularis, une des espèces cobaye du CEA, Division Science du vivant
Alors qu’un puissant mouvement se dessine en faveur du développement de méthodes substitutives à l’expérimentation animale, mouvement qui implique de nombreux chercheurs en toxicologie et en biomédecine, au CEA de Fontenay, c’est l’inverse qui se produit : on raffine, on innove dans les procédés de vivisection de malheureux animaux captifs dans les animaleries que le public ne visitera pas.
MIRCEN : la vivisection dernier cri…
Dans ses murs, le CEA de Fontenay héberge « MiIRCen », un institut de la division des sciences du vivant dans lesquelles le CEA s’est en partie reconverti. MIRCen possède une « plateforme » qui «propose son expertise pour l'élaboration de vecteurs viraux AAV et lentivirus en vue du développement de modèles pathologiques et l'évaluation de nouvelles pistes thérapeutiques. » En clair, MIRCEN utilise et vend des méthodes sophistiquées pour rendre malade des chimpanzés, des macaques, des rats, des souris ou autre espèce d’animaux et tenter ensuite de voir les effets que produisent sur eux certaines thérapeutiques. Selon le jargon de la fiche de présentation, la plateforme permet «- de développer des modèles animaux pertinents de pathologies, notamment par administration de vecteurs viraux selon des procédures expérimentales (anesthésie, réveil…) validées chez le primate non-humain et le rongeur (rat, souris), - de tester de nouvelles thérapies par injection de vecteurs viraux ou par greffes cellulaires. » La plateforme dispose d’une une animalerie pouvant emprisonner dans l’attente de leur supplice, 2500 rongeurs et 350 primates (chimpanzés, macaques, petits lémuriens, entre autres). Pour les animaux soumis à de tels tests, qu’ils soient encore malades ou bien guéris, l’issue sera toujours fatale. Dans le dernier cas, ils auront eu la chance d’être exécutés en bonne santé. Quand ce ne sont pas les nécessités de l’expérience, c’est la loi qui exige, par précaution, que les animaux soient tués à la fin des supplices qu’ils ont subis. Sans considération aucune, ils sont traités comme des déchets malpropres, déchets qui pourraient être dangereux et qu’il faut éliminer dans les règles de l’art. Et l’on a le culot de parler d’éthique et de comités d’éthique (maison) validant ce type de pratiques.
MIRCEN : la vivisection dernier cri…
Dans ses murs, le CEA de Fontenay héberge « MiIRCen », un institut de la division des sciences du vivant dans lesquelles le CEA s’est en partie reconverti. MIRCen possède une « plateforme » qui «propose son expertise pour l'élaboration de vecteurs viraux AAV et lentivirus en vue du développement de modèles pathologiques et l'évaluation de nouvelles pistes thérapeutiques. » En clair, MIRCEN utilise et vend des méthodes sophistiquées pour rendre malade des chimpanzés, des macaques, des rats, des souris ou autre espèce d’animaux et tenter ensuite de voir les effets que produisent sur eux certaines thérapeutiques. Selon le jargon de la fiche de présentation, la plateforme permet «- de développer des modèles animaux pertinents de pathologies, notamment par administration de vecteurs viraux selon des procédures expérimentales (anesthésie, réveil…) validées chez le primate non-humain et le rongeur (rat, souris), - de tester de nouvelles thérapies par injection de vecteurs viraux ou par greffes cellulaires. » La plateforme dispose d’une une animalerie pouvant emprisonner dans l’attente de leur supplice, 2500 rongeurs et 350 primates (chimpanzés, macaques, petits lémuriens, entre autres). Pour les animaux soumis à de tels tests, qu’ils soient encore malades ou bien guéris, l’issue sera toujours fatale. Dans le dernier cas, ils auront eu la chance d’être exécutés en bonne santé. Quand ce ne sont pas les nécessités de l’expérience, c’est la loi qui exige, par précaution, que les animaux soient tués à la fin des supplices qu’ils ont subis. Sans considération aucune, ils sont traités comme des déchets malpropres, déchets qui pourraient être dangereux et qu’il faut éliminer dans les règles de l’art. Et l’on a le culot de parler d’éthique et de comités d’éthique (maison) validant ce type de pratiques.
IRCM : la vivisection irradiante à la demande
Toujours dans les murs du CEA, non loin de MIRCen, il y a une autre installation dont le CEA est fier et fait la promotion : « une plateforme d’irradiation pour l’étude des faibles doses » gérée par IRCM (Institut de radiobiologie cellulaire et moléculaire) un autre institut du CEA. Cette plateforme d’irradiation peut être utilisée, moyennant finance par tout laboratoire qui veut étudier les effets des rayonnements sur le vivant. « Elle est, nous dit le texte de présentation, plus particulièrement optimisée pour les faibles doses et offre un large spectre de débits de rayonnements gamma » Elle permet « l’irradiation d’organismes entiers (rongeurs, primates non hominoïdes,… » c’est-à-dire des petits singes comme le microcèbe mignon. Le dispositif permet de les irradier tout entier ou seulement une partie de leur organisme (organe in situ précise le texte). Bref, voilà un bel outil pour une vivisection bien contemporaine dont il y lieu d’être légitimement fier. Comme quoi, on n’arrête pas le progrès, même dans l’horreur.
Il faut reprendre cette citation de Gandhi que j’avais mentionnée à propos de la corrida que la France se refuse à abolir «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités » Mais là, c’est encore bien pire, car ce n’est pas seulement une nation qui est en cause mais toute une civilisation, la civilisation occidentale, la nôtre. Nous devrions avoir honte de cette science sans conscience, sans respect pour la vie, donc fatalement sans respect pour la planète.
Sans compter que l’extrapolation des résultats des expérimentations sur les modèles animaux aux hommes est sujette à caution et ne garantit ni l’efficacité, ni la non-toxicité d’une molécule ou d’une thérapie, chaque espèce étant différente et aucune ne reproduisant la physiologie humaine avec une fidélité suffisante. Les cas d’échec de ces procédures abondent comme on peut le constater à la lecture de Science, enjeux, santé, la revue de l’association Pro Anima qui milite et promeut des méthodes de substitution à la vivisection.
Utile ou non, fiable ou non, la vivisection n’est pas acceptable. Je citerai une fois encore ce texte d’Hibou Gris : « « (Que la vivisection soit) profitable ou non, je trouve la rançon beaucoup trop élevée pour la créature qui en fait les frais, je la trouve même si exorbitante que je ne me sens pas le droit d'en exiger le paiement. Oui, j'avoue que je n'aurais pas la conscience tranquille si je savais qu'il a fallu torturer des centaines d'animaux innocents et les faire périr dans d'horribles souffrances pour que je vive un peu plus longtemps, moi qui finirait toujours par mourir » Grey Owl, Tales an Empty cabin, trad. Fr. Ambassadeur des bêtes, Boivin, Paris, 1951, p. 244-245.
Dimanche 13 octobre, faut-il aller au CEA de Fontenay-aux-Roses et y emmener ses enfants ? La « science » lorsqu’elle choisit la vivisection comme méthode d’investigation ne mérite vraiment pas qu’on la fête et il y a tant d’autres manifestations dans la région…
Toujours dans les murs du CEA, non loin de MIRCen, il y a une autre installation dont le CEA est fier et fait la promotion : « une plateforme d’irradiation pour l’étude des faibles doses » gérée par IRCM (Institut de radiobiologie cellulaire et moléculaire) un autre institut du CEA. Cette plateforme d’irradiation peut être utilisée, moyennant finance par tout laboratoire qui veut étudier les effets des rayonnements sur le vivant. « Elle est, nous dit le texte de présentation, plus particulièrement optimisée pour les faibles doses et offre un large spectre de débits de rayonnements gamma » Elle permet « l’irradiation d’organismes entiers (rongeurs, primates non hominoïdes,… » c’est-à-dire des petits singes comme le microcèbe mignon. Le dispositif permet de les irradier tout entier ou seulement une partie de leur organisme (organe in situ précise le texte). Bref, voilà un bel outil pour une vivisection bien contemporaine dont il y lieu d’être légitimement fier. Comme quoi, on n’arrête pas le progrès, même dans l’horreur.
Il faut reprendre cette citation de Gandhi que j’avais mentionnée à propos de la corrida que la France se refuse à abolir «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités » Mais là, c’est encore bien pire, car ce n’est pas seulement une nation qui est en cause mais toute une civilisation, la civilisation occidentale, la nôtre. Nous devrions avoir honte de cette science sans conscience, sans respect pour la vie, donc fatalement sans respect pour la planète.
Sans compter que l’extrapolation des résultats des expérimentations sur les modèles animaux aux hommes est sujette à caution et ne garantit ni l’efficacité, ni la non-toxicité d’une molécule ou d’une thérapie, chaque espèce étant différente et aucune ne reproduisant la physiologie humaine avec une fidélité suffisante. Les cas d’échec de ces procédures abondent comme on peut le constater à la lecture de Science, enjeux, santé, la revue de l’association Pro Anima qui milite et promeut des méthodes de substitution à la vivisection.
Utile ou non, fiable ou non, la vivisection n’est pas acceptable. Je citerai une fois encore ce texte d’Hibou Gris : « « (Que la vivisection soit) profitable ou non, je trouve la rançon beaucoup trop élevée pour la créature qui en fait les frais, je la trouve même si exorbitante que je ne me sens pas le droit d'en exiger le paiement. Oui, j'avoue que je n'aurais pas la conscience tranquille si je savais qu'il a fallu torturer des centaines d'animaux innocents et les faire périr dans d'horribles souffrances pour que je vive un peu plus longtemps, moi qui finirait toujours par mourir » Grey Owl, Tales an Empty cabin, trad. Fr. Ambassadeur des bêtes, Boivin, Paris, 1951, p. 244-245.
Dimanche 13 octobre, faut-il aller au CEA de Fontenay-aux-Roses et y emmener ses enfants ? La « science » lorsqu’elle choisit la vivisection comme méthode d’investigation ne mérite vraiment pas qu’on la fête et il y a tant d’autres manifestations dans la région…
Mercredi 9 Octobre 2013
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Nature - environnement
Laurence Abeille, députée écologiste du Val de Marne et plusieurs de ses collègues du groupe Europe-Ecologie /Les Verts vont déposer une proposition de loi « relative à la suppression de l’autorisation exceptionnelle de sévices et d’actes de cruauté sur les animaux lors des corridas ». Cette nouvelle tentative pour interdire les corridas intervient trois ans après celle des députées Geneviève Gaillard (PS) et Muriel Marland-Militello (UMP) Sera-t-elle débattue dans l’hémicycle ou subira-t-elle le même sort que les précédentes qui n’ont jamais abouti ? Il n’y a, hélas, guère lieu d’être optimiste sur le sort qui lui sera réservé.
Laurence Abeille
Certes ainsi que le souligne le CRAC, il s’agit d’une « avancée historique dans la lutte pour l’abolition de la barbarie des arènes » puisque «pour la première fois dans l’histoire de notre pays, des présidents de groupe cosignent une proposition de loi abolitionniste (François de Rugy et Barbara Pompili) » Mais rien n’est gagné pour autant.
Philippe Martin, ministre de l’environnement, élu du Gers, aficionado...
Philippe Martin qui est entièrement acquis à la tauromachie s’est empressé de rassurer ses amis aficionados quant à son soutien indéfectible dès sa nomination à son poste de ministre de l’environnement. On peut compter sur lui pour contrer cette proposition de loi et l’empêcher de voir le jour !
Les petites manœuvres de Jean-Marc Ayrault,
…en tant que président du groupe PS (2007 – 2012)
Jean-Marc Ayrault a tout fait pour enterrer les propositions de loi abolitionnistes lorsqu’il était président du groupe PS au cours de la législature précédente (2007-2012). Dans un article de Charlie Hebdo Jean-Pierre Garrigue président du CRAC et vice-président du CRAC Europe a relaté à Luce Lapin les manœuvres d’obstruction de celui qui est aujourd’hui Premier ministre : «Côté PS, l’hypocrisie, le mensonge et les petits arrangements entre amis étaient de rigueur » constate-t-il : « De juin 2010 (première proposition de loi commune PS et UMP) à mai 2011, le travail des militants et des associations avait permis d’obtenir la signature de près d’une centaine de députés PS supplémentaires en plus des 100 déjà signataires (essentiellement UMP). Signatures qui n’apparaissaient nulle part… bloquées par le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, sous la pression des députés aficionados Valls, Emmanuelli, Glavany et quelques autres. »
Philippe Martin, ministre de l’environnement, élu du Gers, aficionado...
Philippe Martin qui est entièrement acquis à la tauromachie s’est empressé de rassurer ses amis aficionados quant à son soutien indéfectible dès sa nomination à son poste de ministre de l’environnement. On peut compter sur lui pour contrer cette proposition de loi et l’empêcher de voir le jour !
Les petites manœuvres de Jean-Marc Ayrault,
…en tant que président du groupe PS (2007 – 2012)
Jean-Marc Ayrault a tout fait pour enterrer les propositions de loi abolitionnistes lorsqu’il était président du groupe PS au cours de la législature précédente (2007-2012). Dans un article de Charlie Hebdo Jean-Pierre Garrigue président du CRAC et vice-président du CRAC Europe a relaté à Luce Lapin les manœuvres d’obstruction de celui qui est aujourd’hui Premier ministre : «Côté PS, l’hypocrisie, le mensonge et les petits arrangements entre amis étaient de rigueur » constate-t-il : « De juin 2010 (première proposition de loi commune PS et UMP) à mai 2011, le travail des militants et des associations avait permis d’obtenir la signature de près d’une centaine de députés PS supplémentaires en plus des 100 déjà signataires (essentiellement UMP). Signatures qui n’apparaissaient nulle part… bloquées par le président du groupe PS à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault, sous la pression des députés aficionados Valls, Emmanuelli, Glavany et quelques autres. »
Le sénateur PS anti-corrida, Rolland Povinelli ayant réussi à « faire sauter le verrou », «J.M. Ayrault «permet» aux députés PS de déposer une nouvelle proposition de loi et de la signer (preuve qu’avant ils n’avaient pas le droit!) ». Cette proposition de loi fut déposée le 13 juillet 2011 par Geneviève Gaillard et quelques 25 députés socialistes. Il fallait obtenir la majorité absolue au sein du groupe PS, soit un peu plus d’une centaine de signatures, que le Crac avait déjà potentiellement, pour que la proposition de loi soit enfin inscrite à l’ordre du jour de l’assemblée. Mais, durant l’été 2011, c’est un nouveau blocage et de nouvelles consignes des instances du PS en direction des députés qui a fait échoué une nouvelle fois la tentative.
…en tant que Premier ministre
Lors de l’examen de la QPC déposée par le CRAC et Droit des animaux, Jean-Marc Ayrault s’est substitué aux deux ministres concernées, deux femmes, Aurélie Filippeti pour la culture et Christiane Taubira pour la justice, l’une et l’autre anti-corrida, l’une et l’autre réduite au silence, tandis qu’il faisait intervenir ses services juridiques pour plaider la constitutionnalité de cette pratique barbare avec des arguments qui seront repris par le Conseil constitutionnel. Aujourd’hui avec Ayrault et Valls, l’exécutif est acquis à la tauromachie comme il l’était hier avec Sarkozy, Fillon, Alliot-Marie, Morin, Bachelot, Le Maire, ou Juppé.
Le groupe EE/LV : un tigre de papier !
Enfin ce ne serait pas la première fois au cours de cette législature que le gouvernement et le groupe PS enterrent une proposition de loi déposée par Laurence Abeille et le groupe Europe Ecologie/ Les Verts. Ce fut le cas de sa proposition de loi sur les ondes électromagnétiques. Imposant une motion de renvoi en commission, les élus socialistes avaient empêché l'examen du texte proposé. Pour le gouvernement, pour le PS, ses instances nationales et son groupe parlementaire, Europe-Écologie/Les Verts n’est qu’un « tigre de papier ». À juste titre, d’ailleurs tant la ligne de ce parti est incohérente, tiraillée entre la nécessité d’avoir des résultats tangibles vis-à-vis de son électorat et la volonté des ministres, des ministrables, d’élus par la grâce du PS, soucieux de préserver leur portefeuille ou de retrouver leur siège, ce qui leur donne une robustesse d’estomac à l’épreuve des grosses couleuvres qu’ils avalent et savent qu’ils devront avaler.
S’il n’y a pas lieu de douter un instant de la sincérité de Laurence Abeille, il n’en va pas de même de tous les membres de son groupe, de ses deux co-présidents et notamment de François de Ruguy dont la démarche n’est sans doute pas dénuée de toute pensée électoraliste. Avec son collègue Christophe Gavard et d’autres proches de Cécile Duflot, il s’emploie à verrouiller le prochain Congrès d’EE/LV par la constitution d’un « pôle » qui, comme ligne politique, « revendiquera très clairement le maintien de la participation des écologistes au gouvernement ». Dès lors, signer un projet de loi sur l’abolition de la corrida « ne mange pas de pain » puisque l’on sait, à l’avance, que quel que soit le sort de cette proposition, comme de tout autre défendue par le groupe, on restera dans la majorité et que l’on y restera quoi qu’il arrive… Une telle ligne politique, en effet, conduit à se priver de tout moyen de pression sur l’exécutif. Cosigner une proposition de loi abolissant la corrida, cela permet de s’attirer à peu de frais les sympathies, voire les suffrages des défenseurs de la cause animale et de façon plus large des protecteurs de la nature, de récupérer des électeurs de sensibilité écologiste. Une bonne opération en somme… Sauf dans les départements où sévissent les aficionados. Ce qui expliquerait peut-être que des députés élus de ces départements et qui se disent écologistes n’aient pas signé cette proposition de loi.
Soyons donc conséquentialistes : s’il advenait que la proposition de loi soit débattue et pourquoi pas votée, peu importe motivations ou arrière-pensées de celles et ceux qui l’auront cosignée, ils auront fait progresser les valeurs de l’écologie et surtout, il auront sauvé d’innocents herbivores d’une fin aussi inéluctable qu’horrible !
…en tant que Premier ministre
Lors de l’examen de la QPC déposée par le CRAC et Droit des animaux, Jean-Marc Ayrault s’est substitué aux deux ministres concernées, deux femmes, Aurélie Filippeti pour la culture et Christiane Taubira pour la justice, l’une et l’autre anti-corrida, l’une et l’autre réduite au silence, tandis qu’il faisait intervenir ses services juridiques pour plaider la constitutionnalité de cette pratique barbare avec des arguments qui seront repris par le Conseil constitutionnel. Aujourd’hui avec Ayrault et Valls, l’exécutif est acquis à la tauromachie comme il l’était hier avec Sarkozy, Fillon, Alliot-Marie, Morin, Bachelot, Le Maire, ou Juppé.
Le groupe EE/LV : un tigre de papier !
Enfin ce ne serait pas la première fois au cours de cette législature que le gouvernement et le groupe PS enterrent une proposition de loi déposée par Laurence Abeille et le groupe Europe Ecologie/ Les Verts. Ce fut le cas de sa proposition de loi sur les ondes électromagnétiques. Imposant une motion de renvoi en commission, les élus socialistes avaient empêché l'examen du texte proposé. Pour le gouvernement, pour le PS, ses instances nationales et son groupe parlementaire, Europe-Écologie/Les Verts n’est qu’un « tigre de papier ». À juste titre, d’ailleurs tant la ligne de ce parti est incohérente, tiraillée entre la nécessité d’avoir des résultats tangibles vis-à-vis de son électorat et la volonté des ministres, des ministrables, d’élus par la grâce du PS, soucieux de préserver leur portefeuille ou de retrouver leur siège, ce qui leur donne une robustesse d’estomac à l’épreuve des grosses couleuvres qu’ils avalent et savent qu’ils devront avaler.
S’il n’y a pas lieu de douter un instant de la sincérité de Laurence Abeille, il n’en va pas de même de tous les membres de son groupe, de ses deux co-présidents et notamment de François de Ruguy dont la démarche n’est sans doute pas dénuée de toute pensée électoraliste. Avec son collègue Christophe Gavard et d’autres proches de Cécile Duflot, il s’emploie à verrouiller le prochain Congrès d’EE/LV par la constitution d’un « pôle » qui, comme ligne politique, « revendiquera très clairement le maintien de la participation des écologistes au gouvernement ». Dès lors, signer un projet de loi sur l’abolition de la corrida « ne mange pas de pain » puisque l’on sait, à l’avance, que quel que soit le sort de cette proposition, comme de tout autre défendue par le groupe, on restera dans la majorité et que l’on y restera quoi qu’il arrive… Une telle ligne politique, en effet, conduit à se priver de tout moyen de pression sur l’exécutif. Cosigner une proposition de loi abolissant la corrida, cela permet de s’attirer à peu de frais les sympathies, voire les suffrages des défenseurs de la cause animale et de façon plus large des protecteurs de la nature, de récupérer des électeurs de sensibilité écologiste. Une bonne opération en somme… Sauf dans les départements où sévissent les aficionados. Ce qui expliquerait peut-être que des députés élus de ces départements et qui se disent écologistes n’aient pas signé cette proposition de loi.
Soyons donc conséquentialistes : s’il advenait que la proposition de loi soit débattue et pourquoi pas votée, peu importe motivations ou arrière-pensées de celles et ceux qui l’auront cosignée, ils auront fait progresser les valeurs de l’écologie et surtout, il auront sauvé d’innocents herbivores d’une fin aussi inéluctable qu’horrible !
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Annexe :
● Le projet de loi demande l’abrogation de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du code pénal.
Rappelons que cet article stipule que « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende » mais introduit deux exceptions à l’aliéna 7, l’une pour les « courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée » l’autre pour les « combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie »
Ce sont ces exceptions que les députés écologistes veulent supprimer du Code pénal à travers leur texte de loi. Ceci revient de fait à interdire les corridas et les combats de coqs sur l’ensemble du territoire alors qu’ils ne l’étaient que sur la majeure partie de celui-ci, à l’exception notable du Sud Ouest et de la basse vallée du Rhone pour les corridas. Comme cette proposition de loi vise à renforcer l’interdiction de sévices sur les animaux, ne seront pas concernés les courses camarguaises, courses landaises et autres spectacles n’impliquant pas de sévices et d’actes de cruauté sur les taureaux ou autres animaux.
D’autre part, la nécessité de passer par la voie législative pour abolir la tauromachie s’impose puisque en septembre 2012, le Conseil constitutionnel a rejeté le recours du CRAC (Comité radicalement anticorrida), estimant que cette pratique était conforme à la constitution, ce qui impliquait que c’était à la représentation nationale de prendre ses responsabilités en votant une loi si elle voulait qu’elle soit interdite.
L’exposé des motifs mérite une attention particulière, notamment les paragraphes concernant la dignité humaine, le statut de l’animal comme être sensible, l’extension aux animaux du devoir de protection des plus faibles.
La citation de Gandhi : «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités » mérite qu’on s’y arrête un instant. Elle montre qu’avec ce critère, la France, même si elle fait partie du Conseil des Nations unies, possède la bombe atomique, vend des armes et se prend pour une démocratie exemplaire n’est qu’une naine, elle qui n’a aboli ni la chasse à courre, ni le gavage des oies, ni le braconnage des ortolans, ni l’élevage en batterie, ni l’expérimentation animale, etc. tandis que au Rajasthan, au nord-ouest de l'Inde, les Bishnoïs une communauté qui vit en osmose totale avec les animaux et qui protège la vie sous toutes ses formes est un géant. Un géant, que nous occidentaux, toutes les nations et tous les états confondus, nous ne pourrons plus jamais être. Puisse un tel constat nous rendre un peu moins arrogants, nous et notre civilisation que nous croyons avoir valeur universelle.
(Tous ceux qui sont passés par la station RER Luxembourg ont pu voir une remarquable exposition photos consacrée aux Bishnoïs sur un des murs de cette station)
●Voici le texte intégral de la proposition de loi publié par Laurence Abeille sur son site.
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
L’objet de cette proposition de loi est l’interdiction de la corrida avec mise à mort et utilisation de piques et de harpons, telle qu’elle est pratiquée actuellement en France.
Le droit applicable : une exception injustifiable
L’article 521-1 du code pénal punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ». Or, ces dispositions, selon l’alinéa 7 du même article, « ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. »
La corrida est donc reconnue par la loi comme un acte de cruauté pénalement répréhensible, mais qui est tolérée dans certaines localités au nom d’une prétendue « tradition locale ».
Cette exception apparaissant comme injustifiable, la présente proposition de loi a pour objectif de la supprimer.
La corrida comme patrimoine culturel français ?
La « course de taureaux » à pied, à cheval, ou dite portugaise est un spectacle qui consiste en un face-à-face entre un être humain et un taureau à l’issue duquel l’animal est généralement mis à mort.
Autour des taureaux, d’autres spectacles, officiellement reconnus par le ministère de la Jeunesse et des Sports, existent. Il s’agit des courses camarguaises et landaises, qui n’impliquent ni sévices, ni mise à mort de l’animal. Ces courses locales pourraient perdurer, puisque l’objet de cette proposition est d’interdire l’exception de sévices accordée aux spectacles tauromachiques.
En janvier 2011, et de façon assez peu transparente, la corrida a été inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Or, si l’objet est de défendre le patrimoine culturel de notre pays, mieux vaudrait défendre les courses camarguaises et landaises, reflétant davantage notre patrimoine culturel, que la corrida, pratique importée au 19ème siècle et qui, paradoxalement, est pénalement répréhensible dans certaines régions, et autorisée dans d’autres. C’est une manière très particulière de concevoir l’inventaire du patrimoine culturel d’un pays.
De plus, la corrida semble mettre à mal l’un des fondements de notre République qui est la dignité de la personne humaine, dès lors que ce spectacle est fondé sur la blessure, voire la mort éventuelle du torero. Dans son arrêt du 27 octobre 1995 dit « commune de Morsang-sur-Orge », le Conseil d’État, ayant considéré que le respect de la dignité de la personne humaine devait être regardé comme une composante de l’ordre public, avait, en l’espèce, interdit la pratique du « lancer de nain », même avec le consentement dudit nain. Si cette pratique est considérée comme mettant en cause la dignité humaine, le parallèle peut être facilement fait entre le nain et le torero qui, s’il ne sacrifie pas sa dignité d’homme, sacrifie la dignité de la vie en mettant en spectacle sa mort potentielle dans une scène désuète de vaine tentative de domination de l’homme sur la nature.
Une souffrance animale de plus en plus inacceptable
L’époque où l’animal n’était qu’un objet au service de l’homme, dans une conception cartésienne d’« animal-machine », est révolue. L’animal est désormais reconnu comme un être sensible, qui peut souffrir. Une nouvelle conception qui n’épargne pas le sujet de la corrida : il ressort d’un sondage CSA du 19 septembre 2012 que « 57 % des Français penchent en faveur de l’interdiction de la corrida ».
Une société civilisée qui se veut porteuse de valeurs se doit d’adopter un cadre juridique respectueux des animaux. C’est ce qu’exprimait Gandhi en déclarant en 1931 « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités ». C’est en protégeant les plus faibles (les plus âgés comme les plus jeunes, les plus pauvres, les malades, etc.) que l’humanité a progressé pour devenir ce
qu’elle est aujourd’hui. La protection des plus faibles doit continuer et s’intensifier, en englobant également l’animal.
Des initiatives passées déjà nombreuses
Sous les précédentes législatures, plusieurs propositions de loi ont déjà été déposées à l’Assemblée nationale et au Sénat, notamment dans le cadre du Groupe d’études sur la protection des animaux de l’Assemblée. Elles reposent toutes sur la suppression de l’exception inscrite à l’article 521-1 du code pénal. Malheureusement aucune n’a été examinée.
Alors que des régions de tradition tauromachique comme la Catalogne ont interdit la corrida, la France peut difficilement considérer qu’un tel spectacle, décrié par une large majorité de la population, puisse perdurer au nom d’une prétendue tradition.
Les deniers publics se font rares mais la corrida et les écoles taurines continuent à être majoritairement financées par des fonds provenant des collectivités locales De telles subventions ne sont pas justifiées a fortiori puisqu’elles financent une pratique cruelle.
Et alors que certains films sont interdits aux publics fragiles, comme les enfants, la corrida, spectacle de mort et de souffrance, reste autorisée pour tous.
Il est donc nécessaire d’interdire l’exception de cruauté accordée à la corrida.
Proposition de loi
Article unique
Le septième alinéa de l’article 521-1 du code pénal est supprimé.
Annexe :
● Le projet de loi demande l’abrogation de l’alinéa 7 de l’article 521-1 du code pénal.
Rappelons que cet article stipule que « Le fait, publiquement ou non, d'exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité, est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende » mais introduit deux exceptions à l’aliéna 7, l’une pour les « courses de taureaux lorsqu'une tradition locale ininterrompue peut être invoquée » l’autre pour les « combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie »
Ce sont ces exceptions que les députés écologistes veulent supprimer du Code pénal à travers leur texte de loi. Ceci revient de fait à interdire les corridas et les combats de coqs sur l’ensemble du territoire alors qu’ils ne l’étaient que sur la majeure partie de celui-ci, à l’exception notable du Sud Ouest et de la basse vallée du Rhone pour les corridas. Comme cette proposition de loi vise à renforcer l’interdiction de sévices sur les animaux, ne seront pas concernés les courses camarguaises, courses landaises et autres spectacles n’impliquant pas de sévices et d’actes de cruauté sur les taureaux ou autres animaux.
D’autre part, la nécessité de passer par la voie législative pour abolir la tauromachie s’impose puisque en septembre 2012, le Conseil constitutionnel a rejeté le recours du CRAC (Comité radicalement anticorrida), estimant que cette pratique était conforme à la constitution, ce qui impliquait que c’était à la représentation nationale de prendre ses responsabilités en votant une loi si elle voulait qu’elle soit interdite.
L’exposé des motifs mérite une attention particulière, notamment les paragraphes concernant la dignité humaine, le statut de l’animal comme être sensible, l’extension aux animaux du devoir de protection des plus faibles.
La citation de Gandhi : «On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités » mérite qu’on s’y arrête un instant. Elle montre qu’avec ce critère, la France, même si elle fait partie du Conseil des Nations unies, possède la bombe atomique, vend des armes et se prend pour une démocratie exemplaire n’est qu’une naine, elle qui n’a aboli ni la chasse à courre, ni le gavage des oies, ni le braconnage des ortolans, ni l’élevage en batterie, ni l’expérimentation animale, etc. tandis que au Rajasthan, au nord-ouest de l'Inde, les Bishnoïs une communauté qui vit en osmose totale avec les animaux et qui protège la vie sous toutes ses formes est un géant. Un géant, que nous occidentaux, toutes les nations et tous les états confondus, nous ne pourrons plus jamais être. Puisse un tel constat nous rendre un peu moins arrogants, nous et notre civilisation que nous croyons avoir valeur universelle.
(Tous ceux qui sont passés par la station RER Luxembourg ont pu voir une remarquable exposition photos consacrée aux Bishnoïs sur un des murs de cette station)
●Voici le texte intégral de la proposition de loi publié par Laurence Abeille sur son site.
Exposé des motifs
Mesdames, Messieurs,
L’objet de cette proposition de loi est l’interdiction de la corrida avec mise à mort et utilisation de piques et de harpons, telle qu’elle est pratiquée actuellement en France.
Le droit applicable : une exception injustifiable
L’article 521-1 du code pénal punit de deux ans d’emprisonnement et de 30 000 euros d’amende « le fait, publiquement ou non, d’exercer des sévices graves, ou de nature sexuelle, ou de commettre un acte de cruauté envers un animal domestique, ou apprivoisé, ou tenu en captivité ». Or, ces dispositions, selon l’alinéa 7 du même article, « ne sont pas applicables aux courses de taureaux lorsqu’une tradition locale ininterrompue peut être invoquée. Elles ne sont pas non plus applicables aux combats de coqs dans les localités où une tradition ininterrompue peut être établie. »
La corrida est donc reconnue par la loi comme un acte de cruauté pénalement répréhensible, mais qui est tolérée dans certaines localités au nom d’une prétendue « tradition locale ».
Cette exception apparaissant comme injustifiable, la présente proposition de loi a pour objectif de la supprimer.
La corrida comme patrimoine culturel français ?
La « course de taureaux » à pied, à cheval, ou dite portugaise est un spectacle qui consiste en un face-à-face entre un être humain et un taureau à l’issue duquel l’animal est généralement mis à mort.
Autour des taureaux, d’autres spectacles, officiellement reconnus par le ministère de la Jeunesse et des Sports, existent. Il s’agit des courses camarguaises et landaises, qui n’impliquent ni sévices, ni mise à mort de l’animal. Ces courses locales pourraient perdurer, puisque l’objet de cette proposition est d’interdire l’exception de sévices accordée aux spectacles tauromachiques.
En janvier 2011, et de façon assez peu transparente, la corrida a été inscrite à l’inventaire du patrimoine culturel immatériel français. Or, si l’objet est de défendre le patrimoine culturel de notre pays, mieux vaudrait défendre les courses camarguaises et landaises, reflétant davantage notre patrimoine culturel, que la corrida, pratique importée au 19ème siècle et qui, paradoxalement, est pénalement répréhensible dans certaines régions, et autorisée dans d’autres. C’est une manière très particulière de concevoir l’inventaire du patrimoine culturel d’un pays.
De plus, la corrida semble mettre à mal l’un des fondements de notre République qui est la dignité de la personne humaine, dès lors que ce spectacle est fondé sur la blessure, voire la mort éventuelle du torero. Dans son arrêt du 27 octobre 1995 dit « commune de Morsang-sur-Orge », le Conseil d’État, ayant considéré que le respect de la dignité de la personne humaine devait être regardé comme une composante de l’ordre public, avait, en l’espèce, interdit la pratique du « lancer de nain », même avec le consentement dudit nain. Si cette pratique est considérée comme mettant en cause la dignité humaine, le parallèle peut être facilement fait entre le nain et le torero qui, s’il ne sacrifie pas sa dignité d’homme, sacrifie la dignité de la vie en mettant en spectacle sa mort potentielle dans une scène désuète de vaine tentative de domination de l’homme sur la nature.
Une souffrance animale de plus en plus inacceptable
L’époque où l’animal n’était qu’un objet au service de l’homme, dans une conception cartésienne d’« animal-machine », est révolue. L’animal est désormais reconnu comme un être sensible, qui peut souffrir. Une nouvelle conception qui n’épargne pas le sujet de la corrida : il ressort d’un sondage CSA du 19 septembre 2012 que « 57 % des Français penchent en faveur de l’interdiction de la corrida ».
Une société civilisée qui se veut porteuse de valeurs se doit d’adopter un cadre juridique respectueux des animaux. C’est ce qu’exprimait Gandhi en déclarant en 1931 « On peut juger de la grandeur d’une nation par la façon dont les animaux y sont traités ». C’est en protégeant les plus faibles (les plus âgés comme les plus jeunes, les plus pauvres, les malades, etc.) que l’humanité a progressé pour devenir ce
qu’elle est aujourd’hui. La protection des plus faibles doit continuer et s’intensifier, en englobant également l’animal.
Des initiatives passées déjà nombreuses
Sous les précédentes législatures, plusieurs propositions de loi ont déjà été déposées à l’Assemblée nationale et au Sénat, notamment dans le cadre du Groupe d’études sur la protection des animaux de l’Assemblée. Elles reposent toutes sur la suppression de l’exception inscrite à l’article 521-1 du code pénal. Malheureusement aucune n’a été examinée.
Alors que des régions de tradition tauromachique comme la Catalogne ont interdit la corrida, la France peut difficilement considérer qu’un tel spectacle, décrié par une large majorité de la population, puisse perdurer au nom d’une prétendue tradition.
Les deniers publics se font rares mais la corrida et les écoles taurines continuent à être majoritairement financées par des fonds provenant des collectivités locales De telles subventions ne sont pas justifiées a fortiori puisqu’elles financent une pratique cruelle.
Et alors que certains films sont interdits aux publics fragiles, comme les enfants, la corrida, spectacle de mort et de souffrance, reste autorisée pour tous.
Il est donc nécessaire d’interdire l’exception de cruauté accordée à la corrida.
Proposition de loi
Article unique
Le septième alinéa de l’article 521-1 du code pénal est supprimé.
Jeudi 26 Septembre 2013
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Hier, François Hollande a clairement dit qu’il n’y aurait pas d’augmentation de la taxe sur le diesel et renvoie « la contribution climat/énergie » à plus tard. Dans un entretien qu’il a donné à Sud-Ouest, Noël Mamère a donc bien raison de dire que l’ultimatum d’EE/LV lancé par le secrétaire national « a fait pschitt »
Le secrétaire national des Verts, Pascal Durand, un faux naïf
Mais SURPRISE, il n’y aurait pas eu d’ultimatum de la part d’EE/LV et c’est celui-là même qui l’a lancé, le secrétaire national, Pascal Durand qui l’affirme !
Contre l’évidence, il veut voir dans l’intervention de François Hollande, des éléments très positifs pour l’écologie puisque « Il a encore dit hier soir que l’écologie était une opportunité ». Pour le secrétaire national d’EE/LV « Ce qui se pose, c’est ce que va dire le président de la République dans six jours ». Il en appelle à son arbitrage : « Il y a des éléments contraires et nous demandons au président de la République d’arbitrer en faveur des véritables changements » Que de naïveté réelle ou feinte car comme l’affirme Noël Mamère « il n’y a pas eu besoin d’attendre six jours pour savoir que pour le Président de la République l’écologie n’est pas une priorité. Il oppose d’une certaine manière l’écologie et l’intérêt public. Il a ouvert un piège qui est en train de se refermer sur nous qui fait passer les écologistes pour des adeptes de la taxe et de la fiscalité et des promoteurs de l’écologie punitive. »
La pire des choses qui pouvait advenir à l’écologie en France
Hélas, c’est la pire des hypothèses que j’évoquai dans mon article précédent qui est la vraie: le discours musclé de Durand n’était là que pour rassurer une base de plus en plus hésitante. Duflot et ses sbires ont sifflé la fin de la récréation. Durand veut être tête de liste à Paris aux prochaines européennes. Vu les scores potentiels d’EE/LV, c’est plus prudent pour avoir une chance d’être élu. Pour cela, il doit avoir besoin de la ministre et de ses troupes. Et comme celle-ci ne veut pas quitter le gouvernement, voilà Durand qui fait marche arrière toute. Duflot et Canfin conserveront leur poste de ministre, les groupes parlementaires rentreront dans le rang et peut-être que Mamère quittera à son tour EE/LV comme tant d’autres l’ont fait avant lui.
J’aimerai me tromper mais si la direction d’EE/LV se satisfait de simples incitations fiscales pour la rénovation thermique des bâtiments associées à de belles paroles, on aura une fois de plus, la preuve qu’EE/LV avec des leaders comme Placé, Durand, Duflot, de Rugy ou Pompili est la pire des choses qui pouvait advenir à l’écologie en France.
_____________________________________________________________________________________________
Pour consulter l'intégralité de l'entretien que Mamère a donné à Sud-Ouest, cliquer ici
Mais SURPRISE, il n’y aurait pas eu d’ultimatum de la part d’EE/LV et c’est celui-là même qui l’a lancé, le secrétaire national, Pascal Durand qui l’affirme !
Contre l’évidence, il veut voir dans l’intervention de François Hollande, des éléments très positifs pour l’écologie puisque « Il a encore dit hier soir que l’écologie était une opportunité ». Pour le secrétaire national d’EE/LV « Ce qui se pose, c’est ce que va dire le président de la République dans six jours ». Il en appelle à son arbitrage : « Il y a des éléments contraires et nous demandons au président de la République d’arbitrer en faveur des véritables changements » Que de naïveté réelle ou feinte car comme l’affirme Noël Mamère « il n’y a pas eu besoin d’attendre six jours pour savoir que pour le Président de la République l’écologie n’est pas une priorité. Il oppose d’une certaine manière l’écologie et l’intérêt public. Il a ouvert un piège qui est en train de se refermer sur nous qui fait passer les écologistes pour des adeptes de la taxe et de la fiscalité et des promoteurs de l’écologie punitive. »
La pire des choses qui pouvait advenir à l’écologie en France
Hélas, c’est la pire des hypothèses que j’évoquai dans mon article précédent qui est la vraie: le discours musclé de Durand n’était là que pour rassurer une base de plus en plus hésitante. Duflot et ses sbires ont sifflé la fin de la récréation. Durand veut être tête de liste à Paris aux prochaines européennes. Vu les scores potentiels d’EE/LV, c’est plus prudent pour avoir une chance d’être élu. Pour cela, il doit avoir besoin de la ministre et de ses troupes. Et comme celle-ci ne veut pas quitter le gouvernement, voilà Durand qui fait marche arrière toute. Duflot et Canfin conserveront leur poste de ministre, les groupes parlementaires rentreront dans le rang et peut-être que Mamère quittera à son tour EE/LV comme tant d’autres l’ont fait avant lui.
J’aimerai me tromper mais si la direction d’EE/LV se satisfait de simples incitations fiscales pour la rénovation thermique des bâtiments associées à de belles paroles, on aura une fois de plus, la preuve qu’EE/LV avec des leaders comme Placé, Durand, Duflot, de Rugy ou Pompili est la pire des choses qui pouvait advenir à l’écologie en France.
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Pour consulter l'intégralité de l'entretien que Mamère a donné à Sud-Ouest, cliquer ici
Lundi 16 Septembre 2013
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Pour ceux qui ont écouté l’interview de François Hollande, il est clair qu’il n’y aura pas de taxation supplémentaire du diesel. La pilule est amère pour EE/LV qui avait fait de cette taxation un «marqueur fort » et de son rejet un « casus belli ». Comment donc Hollande et Duflot vont-t-ils la faire avaler à ceux qui prétendent représenter l’écologie sans leur faire perdre trop la face ? Le deal est prêt. Ce sera un effort financier pour la rénovation thermique des bâtiments qui entre dans les compétences de la ministre en échange du statut quo sur le diesel qui est de la compétence du chasseur/aficionado, ministre de l’écologie, Philippe Martin. Un nouveau marché de dupes qui ne trompera que ceux qui veulent bien l’être.
Le diesel, une spécialité française qui tue
Le diesel, c’est une spécialité française qui ne peut être exportée, condamnée à terme, responsable de 16000 morts par an sur le territoire hexagonal…
Le diesel, c’est une spécialité française qui ne peut être exportée, condamnée à terme, responsable de 16000 morts par an sur le territoire hexagonal…
Le beau discours de Pépère Va-t’en guerre auquel on eut droit les téléspectateurs de TF1 « sur l’écologie qui ne peut se réduire à des taxes » ne suffira pas à faire avaler la pilule du renoncement à une augmentation de sa taxation ni aux écologistes, ni aux pneumologues. Aussi la journaliste Claire Chazal, qui a bien aidé Pépère Va-t’en guerre tout au long de l’interview, avance un premier argument. Cette taxe va frapper les plus modestes. Comme si seuls, les « plus modestes » avaient des voitures carburant au diesel !!! Aussi surprenant que cela puisse paraître, cet argument est aussi celui d’un « leader écolo » aux dires du JDD paru le matin même de l’entretien ; «leader» d’EE/LV peut-être, «écolo» sûrement pas ! Cet individu, dont le nom n’est pas cité aurait déclaré « On ne va pas quitter le gouvernement parce qu’ils ne veulent pas taxer les pauvres » Pour le journaliste du JDD, ce prétendu écolo serait « conscient de l’état des Français ». Pauvre Français, leur état serait tel qu’il faudrait donc continuer à les inciter à s’intoxiquer les bronches et les poumons et à intoxiquer ceux des autres en roulant au diesel !
Voici donc la première couche d’enrobage de la pilule : les Français ne seraient pas prêts à admettre cette taxe. Même ceux qui ont une voiture à essence, ou ceux qui n’ont pas de voiture ? Madame Claire Chazal, cher leader soi-disant écolo, les pauvres, voyez-vous, n’ont pas de voiture du tout !
Les termes du marchandage
Comme c’est tout de même encore un peu gros, il faut une deuxième couche de sucre pour enrober la pilule, ou plutôt un « si tu l’avales, je te donnerai… » Quoi ? Une sucette pour Cécile (Duflot) : la rénovation thermique.
Selon le JJD paru le matin, pour un des proches de Duflot et pour elle aussi sans doute, le relèvement de la taxation du diesel pour faire converger son prix sur celui de l’essence est difficile à faire comprendre à l’opinion : « Là-dessus, on n’a pas un problème avec les socialistes mais avec l’opinion. Il faudrait mieux se battre sur la baisse de la TVA sur la rénovation thermique » Et comme par hasard, le soir sur TF1, c’est sur cette rénovation thermique qu’Hollande déclare qu’il faut mettre l’accent. Ainsi les termes du marchandage sont définis. Abandon de la taxe sur le diesel contre un effort financier en faveur de la rénovation thermique de bâtiments. Duflot et Canfin restent au gouvernement et EE/LV votent le budget .
Un bras de fer au sein d’EE/LV ?
Cela fait bien sûr l’affaire de Duflot collée à son fauteuil ministériel comme une patelle à son rocher, celle de sa clique et de ses clients. Cela ne fait peut-être pas l’affaire d’EE/LV, notamment de ceux qui ont en ligne de mire les municipales et surtout les européennes et qui ne veulent plus que leur modeste esquif reste arrimé au navire PS. Ils redoutent qu’il soit entrainé dans son naufrage électoral annoncé. Cela ne fait pas l’affaire non plus de ceux qui, à EE/LV, ont pour ambition première de faire progresser l’écologie, qui en ont assez d’avaler des couleuvres et qui constatent comme l’affirme le secrétaire national, Pascal Durand que « l’écologie a reculé pendant un an ». Entre les uns et les autres, le combat est engagé.
Dans ce contexte, le discours de Pascal Durand devant le Conseil Fédéral du parti s’explique bien. Le bilan catastrophique de l’action du gouvernement en faveur de l’écologie qu’il dénonce, l’ultimatum de six jours qu’il donne au Président et à son gouvernement pour définir précisément la fiscalité écologique, la transition écologique avec des engagements fermes assortis d’un calendrier, tout cela a pour but de faire échec à un énième marché de dupes qui aurait pour seuls résultats de conforter Duflot et Canfin dans leur fauteuil de ministre et par voie de conséquence de maintenir les groupes EE/LV à l’Assemblée et au Sénat dans la majorité. De cela Pascal Durand ne veut pas, ne veut plus. Dans le bras de fer qui s’annonce avec Duflot, sa clique et ses clients qui sont encore très puissants au sein du parti, Pascal Durand n’est pas sûr de gagner, aussi met-il en garde : « Je ne serai pas le secrétaire national du renoncement » Certains ont été surpris de cette menace d’une hypothétique démission qui n’a pourtant rien d’étonnant. S’il perd, il annonce qu’il ne cautionnera pas mais démissionnera et par cette annonce, il renforce sa position. Ce serait bien joué ! Mais peut-être, après tout, Durand ne cherchait-il qu’à rassurer sa base militante par un discours musclé. Est-ce le début d’un sursaut salutaire pour EE/LV ou une perte définitive de tout crédit qui condamnerait ce parti à n’être qu’un supplétif du PS ? On le saura bientôt.
Voici donc la première couche d’enrobage de la pilule : les Français ne seraient pas prêts à admettre cette taxe. Même ceux qui ont une voiture à essence, ou ceux qui n’ont pas de voiture ? Madame Claire Chazal, cher leader soi-disant écolo, les pauvres, voyez-vous, n’ont pas de voiture du tout !
Les termes du marchandage
Comme c’est tout de même encore un peu gros, il faut une deuxième couche de sucre pour enrober la pilule, ou plutôt un « si tu l’avales, je te donnerai… » Quoi ? Une sucette pour Cécile (Duflot) : la rénovation thermique.
Selon le JJD paru le matin, pour un des proches de Duflot et pour elle aussi sans doute, le relèvement de la taxation du diesel pour faire converger son prix sur celui de l’essence est difficile à faire comprendre à l’opinion : « Là-dessus, on n’a pas un problème avec les socialistes mais avec l’opinion. Il faudrait mieux se battre sur la baisse de la TVA sur la rénovation thermique » Et comme par hasard, le soir sur TF1, c’est sur cette rénovation thermique qu’Hollande déclare qu’il faut mettre l’accent. Ainsi les termes du marchandage sont définis. Abandon de la taxe sur le diesel contre un effort financier en faveur de la rénovation thermique de bâtiments. Duflot et Canfin restent au gouvernement et EE/LV votent le budget .
Un bras de fer au sein d’EE/LV ?
Cela fait bien sûr l’affaire de Duflot collée à son fauteuil ministériel comme une patelle à son rocher, celle de sa clique et de ses clients. Cela ne fait peut-être pas l’affaire d’EE/LV, notamment de ceux qui ont en ligne de mire les municipales et surtout les européennes et qui ne veulent plus que leur modeste esquif reste arrimé au navire PS. Ils redoutent qu’il soit entrainé dans son naufrage électoral annoncé. Cela ne fait pas l’affaire non plus de ceux qui, à EE/LV, ont pour ambition première de faire progresser l’écologie, qui en ont assez d’avaler des couleuvres et qui constatent comme l’affirme le secrétaire national, Pascal Durand que « l’écologie a reculé pendant un an ». Entre les uns et les autres, le combat est engagé.
Dans ce contexte, le discours de Pascal Durand devant le Conseil Fédéral du parti s’explique bien. Le bilan catastrophique de l’action du gouvernement en faveur de l’écologie qu’il dénonce, l’ultimatum de six jours qu’il donne au Président et à son gouvernement pour définir précisément la fiscalité écologique, la transition écologique avec des engagements fermes assortis d’un calendrier, tout cela a pour but de faire échec à un énième marché de dupes qui aurait pour seuls résultats de conforter Duflot et Canfin dans leur fauteuil de ministre et par voie de conséquence de maintenir les groupes EE/LV à l’Assemblée et au Sénat dans la majorité. De cela Pascal Durand ne veut pas, ne veut plus. Dans le bras de fer qui s’annonce avec Duflot, sa clique et ses clients qui sont encore très puissants au sein du parti, Pascal Durand n’est pas sûr de gagner, aussi met-il en garde : « Je ne serai pas le secrétaire national du renoncement » Certains ont été surpris de cette menace d’une hypothétique démission qui n’a pourtant rien d’étonnant. S’il perd, il annonce qu’il ne cautionnera pas mais démissionnera et par cette annonce, il renforce sa position. Ce serait bien joué ! Mais peut-être, après tout, Durand ne cherchait-il qu’à rassurer sa base militante par un discours musclé. Est-ce le début d’un sursaut salutaire pour EE/LV ou une perte définitive de tout crédit qui condamnerait ce parti à n’être qu’un supplétif du PS ? On le saura bientôt.
Lundi 16 Septembre 2013
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Nature - environnement
Alors que les autorités font preuve d’un manque d’empressement manifeste pour réprimer le braconnage d’ortolans dans les environs de Dax comme dans toute la région landaise, une demi-compagnie de CRS réprime brutalement une manifestation anti-corrida dans cette ville le dimanche 8 septembre tandis que ce même jour, deux personnes qui distribuaient des tracts anti-corrida dans un parc à proximité des arènes ont été appréhendées par les gendarmes qui y avaient été déployés en renfort. Deux poids, deux mesures et contre les anti-corridas une répression une fois de plus démesurée.
Bruant ortolan (photo : Pierre Dalous/wikimedia)
L’opération OBOTO (Opération Bruants ortolans tolérance zéro) de la LPO
Dans les Landes, ce sont des associations qui doivent tenter de faire respecter la loi. Des militants de la LPO dont Allain BOUGRAIN DUBOURG son président et des militants du CABS (Committee Against Bird Saughter) ont mené le 31 août 2013 au matin, dans les environs de DAX une opération contre le braconnage du Bruant ortolan ; l’opération OBOTO (Opération Bruants ortolans tolérance zéro). Le Président de la LPO venait vérifier sur le terrain si le braconnage du Bruant ortolan dans les Landes se poursuivait et si la tolérance de sa capture subsistait malgré une instance de plainte de la Commission Européenne contre l’Etat français.
Le constat est accablant. « Malgré les promesses faites aux associations de protection de la nature par le candidat-Président François HOLLANDE il y a 2 ans et les deux Ministres de l’Ecologie, Delphine BATHO et Philippe MARTIN, force est de constater que le braconnage se poursuit plus que jamais sur le terrain. Avec l’opération OBOTO, les équipes de la LPO voulaient vérifier la présence d’installations hors de la zone principale de braconnage (région de Tartas). Plusieurs sites de capture ont été repérés à proximité de Dax et d’Hagetmau. Mais la zone de piégeage s’étend, au minimum, sur un périmètre allant de Capbreton à l’ouest aux confins du Gers à l’est et de Mont-de-Marsan à Dax. » (Communiqué de la LPO du 31/08/2013). Une bonne nouvelle cependant : dans tous les pièges découverts, les oiseaux prisonniers ont pu être relâchés par les militants malgré l’opposition musclée de certains braconniers et la passivité des gendarmes appelés à la rescousse qui se sont bien gardés d’appréhender les délinquants.
Dans les Landes, ce sont des associations qui doivent tenter de faire respecter la loi. Des militants de la LPO dont Allain BOUGRAIN DUBOURG son président et des militants du CABS (Committee Against Bird Saughter) ont mené le 31 août 2013 au matin, dans les environs de DAX une opération contre le braconnage du Bruant ortolan ; l’opération OBOTO (Opération Bruants ortolans tolérance zéro). Le Président de la LPO venait vérifier sur le terrain si le braconnage du Bruant ortolan dans les Landes se poursuivait et si la tolérance de sa capture subsistait malgré une instance de plainte de la Commission Européenne contre l’Etat français.
Le constat est accablant. « Malgré les promesses faites aux associations de protection de la nature par le candidat-Président François HOLLANDE il y a 2 ans et les deux Ministres de l’Ecologie, Delphine BATHO et Philippe MARTIN, force est de constater que le braconnage se poursuit plus que jamais sur le terrain. Avec l’opération OBOTO, les équipes de la LPO voulaient vérifier la présence d’installations hors de la zone principale de braconnage (région de Tartas). Plusieurs sites de capture ont été repérés à proximité de Dax et d’Hagetmau. Mais la zone de piégeage s’étend, au minimum, sur un périmètre allant de Capbreton à l’ouest aux confins du Gers à l’est et de Mont-de-Marsan à Dax. » (Communiqué de la LPO du 31/08/2013). Une bonne nouvelle cependant : dans tous les pièges découverts, les oiseaux prisonniers ont pu être relâchés par les militants malgré l’opposition musclée de certains braconniers et la passivité des gendarmes appelés à la rescousse qui se sont bien gardés d’appréhender les délinquants.
Opération OBOTO, Allain Bougrain Dubourg libère un ortolan (photo : Nicolas Gendre/LPO)
Tradition, que de crimes en ton nom…
Au nom de la tradition mais aussi parce qu’il y a des gros sous qui sont en jeu ces délinquants continuent de piéger les ortolans sans que les gendarmes, les gardes chasse ou une autorité quelconque ne sévissent bien que l’oiseau soit strictement protégé. Le laxisme des autorités françaises est tel que la France se trouve menacée d’une condamnation par la Cour européenne de justice, avec à la clé une très forte amende et des astreintes journalières très élevées au motif de sa complicité envers le braconnage des bruants ortolans. Sa chasse est interdite depuis 1999. Pourtant, chaque saison entre la mi-août et la mi-septembre 30.000 ortolans sont capturés et souvent vendus, jusqu’à 150€ après engraissement dans le noir complet pendant quatre semaines. Ils sont noyés dans un verre d’armagnac et avalés entiers après cuisson, «selon un pseudo- rituel ridicule » pour reprendre les mots de l’ASPAS.
Plaisir de cons et/ou de riches qui met en danger l’espèce auquel ont goûté au moins deux présidents, François Mitterrand et Jacques Chirac, alors que Nicolas Sarkozy aurait confié à des écologistes qu’il recevait en février 2012 à l’Elysée « Moi, manger ça, je n’aurai jamais pu ! » Un tel cri de dégoût ne peut que faire remonter un peu le personnage dans notre estime mais que n’a-t-il pris alors des mesures pour faire cesser cette tolérance coupable pour le braconnage de ce malheureux petit oiseau. Quant à Henri Emmanuelli, président du Conseil général des Landes et grand amateur d’ortolans, il a largement dépassé le « mur du çon » en déclarant que l’affaire du bruant ortolan était « une affaire symbolique et même plus que cela fantasmagorique » Mais pourquoi donc les gens élisent-ils des individus de cet acabit ?
Le Bruant ortolan est l’espèce européenne qui décline le plus
Ce monsieur ignore ou plutôt ne veut pas savoir que le bruant ortolan est un oiseau migrateur dont les effectifs ont baissés de façon dramatique. « Les populations françaises sont toutes menacées au titre de la liste rouge (UICN France et al. 2008 et 2011), les populations nicheuses étant classées ‘vulnérables’ et les populations de passage ‘en danger’. Selon les données disponibles, notre population nicheuse de Bruants ortolans est en grand déclin (tendance de population de -42% sur les onze dernières années) et il est probable que les effectifs soient aujourd’hui inférieurs à 15000 couples. L’analyse de la répartition des couples nicheurs à travers le pays et de son évolution est préoccupante également (tendance de répartition de -35% depuis les années 1980) : on note en particulier la disparition ou le morcellement extrême des populations atlantiques et plus généralement de toutes les populations non méditerranéennes. Les populations de passage dans le sud-ouest de la France sont issues pour l’essentiel des pays scandinaves, de Finlande, des pays baltes, d’Allemagne et de Pologne, ainsi que de notre population atlantique. Elles sont dans un état de conservation jugé catastrophique, le plus souvent au seuil de l’extinction, ce qui se reflète dans la tendance globale européenne qui est de - 84% en 30 ans, soit -6,21% par an. Le Bruant ortolan est l’espèce européenne qui décline le plus parmi les passereaux étudiés par l’European Bird Census Council. L’état de conservation qui caractérise nos populations migratrices de Bruants ortolans est très défavorable. En effet, elles sont menacées d’extinction » (Le Bruant ortolan Emberiza hortulana en France : statuts et tendances, [Rapport SPN 2012 – 25, 2012, p. 25]
Au nom de la tradition mais aussi parce qu’il y a des gros sous qui sont en jeu ces délinquants continuent de piéger les ortolans sans que les gendarmes, les gardes chasse ou une autorité quelconque ne sévissent bien que l’oiseau soit strictement protégé. Le laxisme des autorités françaises est tel que la France se trouve menacée d’une condamnation par la Cour européenne de justice, avec à la clé une très forte amende et des astreintes journalières très élevées au motif de sa complicité envers le braconnage des bruants ortolans. Sa chasse est interdite depuis 1999. Pourtant, chaque saison entre la mi-août et la mi-septembre 30.000 ortolans sont capturés et souvent vendus, jusqu’à 150€ après engraissement dans le noir complet pendant quatre semaines. Ils sont noyés dans un verre d’armagnac et avalés entiers après cuisson, «selon un pseudo- rituel ridicule » pour reprendre les mots de l’ASPAS.
Plaisir de cons et/ou de riches qui met en danger l’espèce auquel ont goûté au moins deux présidents, François Mitterrand et Jacques Chirac, alors que Nicolas Sarkozy aurait confié à des écologistes qu’il recevait en février 2012 à l’Elysée « Moi, manger ça, je n’aurai jamais pu ! » Un tel cri de dégoût ne peut que faire remonter un peu le personnage dans notre estime mais que n’a-t-il pris alors des mesures pour faire cesser cette tolérance coupable pour le braconnage de ce malheureux petit oiseau. Quant à Henri Emmanuelli, président du Conseil général des Landes et grand amateur d’ortolans, il a largement dépassé le « mur du çon » en déclarant que l’affaire du bruant ortolan était « une affaire symbolique et même plus que cela fantasmagorique » Mais pourquoi donc les gens élisent-ils des individus de cet acabit ?
Le Bruant ortolan est l’espèce européenne qui décline le plus
Ce monsieur ignore ou plutôt ne veut pas savoir que le bruant ortolan est un oiseau migrateur dont les effectifs ont baissés de façon dramatique. « Les populations françaises sont toutes menacées au titre de la liste rouge (UICN France et al. 2008 et 2011), les populations nicheuses étant classées ‘vulnérables’ et les populations de passage ‘en danger’. Selon les données disponibles, notre population nicheuse de Bruants ortolans est en grand déclin (tendance de population de -42% sur les onze dernières années) et il est probable que les effectifs soient aujourd’hui inférieurs à 15000 couples. L’analyse de la répartition des couples nicheurs à travers le pays et de son évolution est préoccupante également (tendance de répartition de -35% depuis les années 1980) : on note en particulier la disparition ou le morcellement extrême des populations atlantiques et plus généralement de toutes les populations non méditerranéennes. Les populations de passage dans le sud-ouest de la France sont issues pour l’essentiel des pays scandinaves, de Finlande, des pays baltes, d’Allemagne et de Pologne, ainsi que de notre population atlantique. Elles sont dans un état de conservation jugé catastrophique, le plus souvent au seuil de l’extinction, ce qui se reflète dans la tendance globale européenne qui est de - 84% en 30 ans, soit -6,21% par an. Le Bruant ortolan est l’espèce européenne qui décline le plus parmi les passereaux étudiés par l’European Bird Census Council. L’état de conservation qui caractérise nos populations migratrices de Bruants ortolans est très défavorable. En effet, elles sont menacées d’extinction » (Le Bruant ortolan Emberiza hortulana en France : statuts et tendances, [Rapport SPN 2012 – 25, 2012, p. 25]
La LPO dénonce l'absence de l'ONCFS (Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage) sur le terrain, ce qui permet aux braconniers d’agir en toute impunité. Toutes les données déjà recueillies et complétées par celles de l’opération OBOTO et des jours à venir, seront transférées à la Commission Européenne pour obliger la France à respecter cette espèce gravement menacée dans toute l’Europe occidentale. En fin d’opération OBOTO Allain BOUGRAIN DUBOURG a porté plainte à la Gendarmerie nationale de Dax au nom de la LPO. Les gendarmes lui ont affirmé qu’ils saisiraient les pièges visités. S’ils le font, ce sera une première dans la lutte contre le braconnage du Bruant ortolan. Malgré cette promesse, force est de reconnaître la grande passivité des gendarmes. En Italie, les gendarmes locaux aident les associations de défense des oiseaux dans leur lutte contre le braconnage des ortolans alors qu'en France, dans les landes en général et dans les environs de Dax en particulier, ils protègent les braconniers. Ils ne les interpellent pas même lorsqu’ils opèrent au vu et au su de tous. Par contre, ils appréhendent des militants qui diffusent des tracts anti-corrida dans un parc de la ville.
Dessin de Catherine dans Charlie Hebdo du 28/08/2013
CRS-PS
Bien qu’ils se soient montés fort brutaux et zélés pour défendre la barbarie des corridas à Dax comme à Rion-des-Landes, ce ne sont pas les gendarmes ou les CRS qu’il faut d’abord condamner. Ils ne font qu’obéir aux ordres, à ceux du préfet notamment, c’est-à-dire de l’Etat, de Valls, ministre de l’Intérieur – aficionado comme son ex-collègue Cahuzac – et des éphémères ministres de l’environnement, le dernier en date étant non seulement un zélateur de la tradition taurine mais aussi un membre actif du lobby de la chasse. Il est évident aussi que ces ministres ne peuvent agir et ordonner qu’avec la bénédiction, ou à tout le moins le blanc-seing de Pépère Va-t’en guerre.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de n’apercevoir aucun représentant des forces de l’ordre dans les champs où tous savent qu’il y a des matoles (pièges à ortolans). Il n’est pas étonnant non plus que le maire de Dax ait pu avoir à sa disposition une demi-compagnie de CRS pour faire respecter son arrêté liberticide d’interdiction de manifester dans un périmètre de 500 mètres autour des arènes. Les CRS n’y sont pas allés de main morte. Les manifestants assis pacifiquement au milieu du vieux pont sur l’Adour ont été insultés, matraqués, arrosés de gaz lacrymogènes comme le montre cette vidéo (ici)
Bien qu’ils se soient montés fort brutaux et zélés pour défendre la barbarie des corridas à Dax comme à Rion-des-Landes, ce ne sont pas les gendarmes ou les CRS qu’il faut d’abord condamner. Ils ne font qu’obéir aux ordres, à ceux du préfet notamment, c’est-à-dire de l’Etat, de Valls, ministre de l’Intérieur – aficionado comme son ex-collègue Cahuzac – et des éphémères ministres de l’environnement, le dernier en date étant non seulement un zélateur de la tradition taurine mais aussi un membre actif du lobby de la chasse. Il est évident aussi que ces ministres ne peuvent agir et ordonner qu’avec la bénédiction, ou à tout le moins le blanc-seing de Pépère Va-t’en guerre.
Dans ces conditions, il n’est pas étonnant de n’apercevoir aucun représentant des forces de l’ordre dans les champs où tous savent qu’il y a des matoles (pièges à ortolans). Il n’est pas étonnant non plus que le maire de Dax ait pu avoir à sa disposition une demi-compagnie de CRS pour faire respecter son arrêté liberticide d’interdiction de manifester dans un périmètre de 500 mètres autour des arènes. Les CRS n’y sont pas allés de main morte. Les manifestants assis pacifiquement au milieu du vieux pont sur l’Adour ont été insultés, matraqués, arrosés de gaz lacrymogènes comme le montre cette vidéo (ici)
Rappelons qu’à Rion-des-Landes déjà, les anti-corridas qui manifestaient de façon spectaculaire mais pacifique on eut à déplorer huit blessés. Sept d’entre eux doivent aux brutalités policières leurs côtes, bras ou jambes cassés et une commotion cérébrale. Le manifestant le plus gravement touché a été frappé par un aficionado qui l’a fait rouler jusqu’au bas d’un escalier où il l’a de nouveau frappé. Le manifestant est alors tombé dans le coma. Victime d’un traumatisme crânien, il a dû être transporté par hélicoptère à l’hôpital de Bordeaux. Tous vont mieux, Dieu merci, mais on ne peut être que scandalisé par autant de violence pour permettre la torture et le massacre d’animaux, pour protéger la barbarie. Voilà à quoi servent les gendarmes et les CRS-PS.
Avec Valls à l’Intérieur et Martin à l’environnement, on ne peut guère s’attendre à autre chose. On peut donc se demander pourquoi EE/LV a cru bon d’inviter Martin à ses Journées d’été. Même si par ailleurs sur des sujets tels que les OGM ou les gaz de schiste, il a des positions qui rejoignent celles des écologistes ce ministre « s’est clairement positionné en faveur de la chasse et de la tauromachie, mais pas sur la protection de la nature et des animaux » ainsi que le souligne Marc Giraud dans Reporterre ici Comme le conclut lMarc Giraud, avec un individu comme celui-ci à la tête du ministère de l’environnement «de toute évidence, les protecteurs de la nature ont encore de « beaux jours » devant eux. Non pas pour faire des choses positives, œuvrer réellement pour une nature plus riche, mais juste pour contrer les destructions de notre faune, qui ont encore et toujours la bénédiction de l’Etat. » Quant aux protecteurs des animaux en général et aux anti-corridas en particulier, lorsqu’ils voudront protéger des taureaux innocents de la torture à mort, ils auront encore à affronter la brutale répression de gendarme ou des CRS-PS.
Avec Valls à l’Intérieur et Martin à l’environnement, on ne peut guère s’attendre à autre chose. On peut donc se demander pourquoi EE/LV a cru bon d’inviter Martin à ses Journées d’été. Même si par ailleurs sur des sujets tels que les OGM ou les gaz de schiste, il a des positions qui rejoignent celles des écologistes ce ministre « s’est clairement positionné en faveur de la chasse et de la tauromachie, mais pas sur la protection de la nature et des animaux » ainsi que le souligne Marc Giraud dans Reporterre ici Comme le conclut lMarc Giraud, avec un individu comme celui-ci à la tête du ministère de l’environnement «de toute évidence, les protecteurs de la nature ont encore de « beaux jours » devant eux. Non pas pour faire des choses positives, œuvrer réellement pour une nature plus riche, mais juste pour contrer les destructions de notre faune, qui ont encore et toujours la bénédiction de l’Etat. » Quant aux protecteurs des animaux en général et aux anti-corridas en particulier, lorsqu’ils voudront protéger des taureaux innocents de la torture à mort, ils auront encore à affronter la brutale répression de gendarme ou des CRS-PS.
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Pour visionner une vidéo de la manifestation de Rion-des-Landes, cliquer ici
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Vendredi 13 Septembre 2013
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Au quotidien
La positon Obama/Hollande est une position « va-t’en guerre » qui n’est guère en harmonie avec le pacifisme, un des fondamentaux de l’écologie politique bien mal mené ces derniers temps par EELV. Indépendamment des principes, c’est aussi le soutien à une démarche aussi stupide que dangereuse mais celles et ceux qui veulent l’exprimer officiellement sont privés de parole à EELV. C'est ce qui est arrivé à Leila Aïchi, sénatrice EELV de Paris, membre de la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées. Son intervention était pourtant remarquable et aurait bien méritée d'être entendue au Palais du Luxembourg à la place de celle, insipide et suiviste d'André Gattolin.
Au Sénat lors du débat sans vote sur la Syrie, EELV disposait de 12 minutes pour son intervention. Le groupe étant divisé sur la question de la pertinence d’une intervention militaire, il avait été décidé qu’il y aurait une double intervention de six minutes chacune pour que s’expriment les deux points de vue. André Gattolin (membre de la commission de la culture – sénateur des Hauts-de- Seine) devait exposer le soutien à l’intervention armé telle que proposée par François Hollande. Leila Aïchi (membre de la commission des affaires étrangères de la défense et des forces armées – sénatrice de Paris) devait défendre une solution politique, sans intervention militaire, soumise à un vote. Le groupe a changé d’avis quelques heures avant le débat et a décidé de ne laisser s’exprimer que le soutien à l’exécutif, un soutien qui est pourtant regretté par une grande partie des militants d’EELV et des écologistes. Leila Aïchi a été évincée et interdite de parole.
Leila Aïchi a publié sur son blog l’intervention qu’elle n’a pas pu lire dans l’enceinte du Sénat. Ce texte mérite la plus large diffusion possible. Non tous les écologistes ne sont pas des va-t’en guerre inconscients. On y trouve une analyse très claire de la situation, des arguments très forts contre la malencontreuse « expédition punitive » illégale voulue par Hollande et Obama et les lignes de forces d’une solution alternative, politique. Elle éviterait de rajouter de la guerre à la guerre sans perspective et elle aurait les plus grandes chances de succès.
Voici des larges extraits de ce texte, ceux qui m’ont semblé les plus significatifs et auxquels j’adhère pleinement.
Leila Aïchi a publié sur son blog l’intervention qu’elle n’a pas pu lire dans l’enceinte du Sénat. Ce texte mérite la plus large diffusion possible. Non tous les écologistes ne sont pas des va-t’en guerre inconscients. On y trouve une analyse très claire de la situation, des arguments très forts contre la malencontreuse « expédition punitive » illégale voulue par Hollande et Obama et les lignes de forces d’une solution alternative, politique. Elle éviterait de rajouter de la guerre à la guerre sans perspective et elle aurait les plus grandes chances de succès.
Voici des larges extraits de ce texte, ceux qui m’ont semblé les plus significatifs et auxquels j’adhère pleinement.
La France doit sa place au Conseil de sécurité au droit international
Il nous faut inventer collectivement une nouvelle gouvernance mondiale et cette gouvernance, nécessairement multipolaire, ne peut s’affranchir de la règle de droit. Rappelons que c’est le droit, précisément la Chartre des Nations-Unies dans son article 23, et non le poids démographique ou la puissance économique, qui confère à notre pays la place éminente qu’il occupe au Conseil de sécurité, dont rien d’autre ne garantit qu’il la conserve dans le futur.
Une intervention militaire en Syrie serait déjà un échec en soi, pour une communauté internationale qui, à force de calculs stratégiques hasardeux et de protection d’intérêts divergents, s’est révélée incapable de peser politiquement pour contrer et faire plier le régime de Bechar el-Assad. La Syrie, quant à elle, s’est dramatiquement transformée avec la guerre civile.
Des affrontements radicalisés par une dimension confessionnelle
Les lignes de fracture recouvrent désormais la composition religieuse du pays : aux 60 % de sunnites, font face, dans une communauté de destin contrainte, les 12% d’alaouites, les 10% de chrétiens et les 6% de druzes. Sur le terrain, à l’armée régulière acquise au régime et inféodée au clan qui le dirige, font face des forces d’opposition, de moins en moins unifiées, rivales et parfois même antagonistes : l’armée syrienne libre (ALS), la coalition d’opposition, les islamistes,et les Kurdes syriens. En leur sein, le rapport de forces est chaque jour plus favorable aux extrémistes. La dimension confessionnelle du conflit a radicalisé les affrontements, figé les replis identitaires.
En deux ans, la guerre civile syrienne aura fait plus de 100.000 morts, 2 millions de réfugiés et 4 millions de déplacés.
Un dangereux entêtement
Il est légitime de se demander s’il est utile de rajouter de la guerre à la guerre. Alors quel est notre objectif politique ? Officiellement, il ne s’agit pas, ou plutôt il ne s’agit plus, d’aider au renversement du régime syrien mais de le «punir». Si l’on quitte la sphère politique pour celle du droit, alors il faut rester dans le droit et s’y conformer, ce qui est évidemment incompatible avec l’unilatéralisme. C’est ce qu’a rappelé, hier encore, Ban Kimoon. Nous n’y reviendrons pas.
Il nous est dit aussi qu’il s’agirait d’affaiblir Assad, qui est en train de prendre l’avantage, sans pour autant l’obliger à partir. Donc, si j’ai bien compris, permettre à la guerre civile de perdurer quelques années de plus. Mais, j’ai sans doute mal compris.
Existerait-il au moins des objectifs politiques : affaiblir la dictature baasiste, donner un peu d’espace et d’espérance à l’opposition démocratique ?
C’est soutenable sur le papier. J’observe toutefois que ni les démocrates syriens, ni les chrétiens d’Orient ne nous demandent d’intervenir. Pourquoi persister? Cet entêtement n’a aucun sens, si ce n’est de jeter les bases de la désintégration de la Syrie, avec pour corollaire un embrasement de la région.
Quelle serait l’efficacité purement militaire de cette intervention si le gouvernement persistait dans son projet ? Probablement détruire, par missiles de croisière - mais la France en a peu, des casernes vides. La vérité est que nous nous sommes imprudemment avancés sur ce dossier sans en avoir les moyens.
Une intervention limitée engagera une escalade des aides étrangères, et décuplera l’engrenage infernal de la guerre civile. Et comme le souligne Le général Desportes : «Il faut se garder d’aller trop loin. Si Bachar disparaît, il y aura un risque de massacres intercommunautaires».
Les éléments d’une solution politique au conflit
Punir le régime de Bachar el-Assad n’est qu’une réaction de court terme. La solution à ce conflit est avant tout politique. Dans cet esprit, nous devrions envisager une proposition basée sur les éléments suivants :
1. La convocation rapide, sous l’égide des Nations Unies , et à l’initiative des Etats-Unis, de la Russie et de l’Union Européenne, d’une nouvelle conférence pour la paix, dite de Genève II
2. La participation à cette conférence de toutes les parties concernées, à l’exclusion bien sûr des organisations terroristes, et de toutes les puissances régionales sans exclusive, en particulier de l’Iran qui cherche manifestement à rétablir le dialogue.
3. Le rétablissement progressif et contrôlé d’une paix civile, qui protège les intérêts de toutes les communautés syriennes, sans discrimination, et qui respecte les lignes de force de l'équilibre stratégique régional.
Le débat sur une éventuelle guerre en l'absence de l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies nous a éloigné du véritable enjeu : comment redynamiser la recherche d'un règlement politique de la crise syrienne.
Pour conclure, le risque d’une intervention dirigée par les Etats-Unis et la France est de laisser une Syrie divisée, instable, ayant permis l’accession à un nouveau pouvoir dominé par des éléments extrémistes.
Les intertitres sont de moi JFD.
Le texte complet de l'intervention de Leila Aïchi est consultable ici
Il nous faut inventer collectivement une nouvelle gouvernance mondiale et cette gouvernance, nécessairement multipolaire, ne peut s’affranchir de la règle de droit. Rappelons que c’est le droit, précisément la Chartre des Nations-Unies dans son article 23, et non le poids démographique ou la puissance économique, qui confère à notre pays la place éminente qu’il occupe au Conseil de sécurité, dont rien d’autre ne garantit qu’il la conserve dans le futur.
Une intervention militaire en Syrie serait déjà un échec en soi, pour une communauté internationale qui, à force de calculs stratégiques hasardeux et de protection d’intérêts divergents, s’est révélée incapable de peser politiquement pour contrer et faire plier le régime de Bechar el-Assad. La Syrie, quant à elle, s’est dramatiquement transformée avec la guerre civile.
Des affrontements radicalisés par une dimension confessionnelle
Les lignes de fracture recouvrent désormais la composition religieuse du pays : aux 60 % de sunnites, font face, dans une communauté de destin contrainte, les 12% d’alaouites, les 10% de chrétiens et les 6% de druzes. Sur le terrain, à l’armée régulière acquise au régime et inféodée au clan qui le dirige, font face des forces d’opposition, de moins en moins unifiées, rivales et parfois même antagonistes : l’armée syrienne libre (ALS), la coalition d’opposition, les islamistes,et les Kurdes syriens. En leur sein, le rapport de forces est chaque jour plus favorable aux extrémistes. La dimension confessionnelle du conflit a radicalisé les affrontements, figé les replis identitaires.
En deux ans, la guerre civile syrienne aura fait plus de 100.000 morts, 2 millions de réfugiés et 4 millions de déplacés.
Un dangereux entêtement
Il est légitime de se demander s’il est utile de rajouter de la guerre à la guerre. Alors quel est notre objectif politique ? Officiellement, il ne s’agit pas, ou plutôt il ne s’agit plus, d’aider au renversement du régime syrien mais de le «punir». Si l’on quitte la sphère politique pour celle du droit, alors il faut rester dans le droit et s’y conformer, ce qui est évidemment incompatible avec l’unilatéralisme. C’est ce qu’a rappelé, hier encore, Ban Kimoon. Nous n’y reviendrons pas.
Il nous est dit aussi qu’il s’agirait d’affaiblir Assad, qui est en train de prendre l’avantage, sans pour autant l’obliger à partir. Donc, si j’ai bien compris, permettre à la guerre civile de perdurer quelques années de plus. Mais, j’ai sans doute mal compris.
Existerait-il au moins des objectifs politiques : affaiblir la dictature baasiste, donner un peu d’espace et d’espérance à l’opposition démocratique ?
C’est soutenable sur le papier. J’observe toutefois que ni les démocrates syriens, ni les chrétiens d’Orient ne nous demandent d’intervenir. Pourquoi persister? Cet entêtement n’a aucun sens, si ce n’est de jeter les bases de la désintégration de la Syrie, avec pour corollaire un embrasement de la région.
Quelle serait l’efficacité purement militaire de cette intervention si le gouvernement persistait dans son projet ? Probablement détruire, par missiles de croisière - mais la France en a peu, des casernes vides. La vérité est que nous nous sommes imprudemment avancés sur ce dossier sans en avoir les moyens.
Une intervention limitée engagera une escalade des aides étrangères, et décuplera l’engrenage infernal de la guerre civile. Et comme le souligne Le général Desportes : «Il faut se garder d’aller trop loin. Si Bachar disparaît, il y aura un risque de massacres intercommunautaires».
Les éléments d’une solution politique au conflit
Punir le régime de Bachar el-Assad n’est qu’une réaction de court terme. La solution à ce conflit est avant tout politique. Dans cet esprit, nous devrions envisager une proposition basée sur les éléments suivants :
1. La convocation rapide, sous l’égide des Nations Unies , et à l’initiative des Etats-Unis, de la Russie et de l’Union Européenne, d’une nouvelle conférence pour la paix, dite de Genève II
2. La participation à cette conférence de toutes les parties concernées, à l’exclusion bien sûr des organisations terroristes, et de toutes les puissances régionales sans exclusive, en particulier de l’Iran qui cherche manifestement à rétablir le dialogue.
3. Le rétablissement progressif et contrôlé d’une paix civile, qui protège les intérêts de toutes les communautés syriennes, sans discrimination, et qui respecte les lignes de force de l'équilibre stratégique régional.
Le débat sur une éventuelle guerre en l'absence de l'approbation du Conseil de sécurité des Nations unies nous a éloigné du véritable enjeu : comment redynamiser la recherche d'un règlement politique de la crise syrienne.
Pour conclure, le risque d’une intervention dirigée par les Etats-Unis et la France est de laisser une Syrie divisée, instable, ayant permis l’accession à un nouveau pouvoir dominé par des éléments extrémistes.
Les intertitres sont de moi JFD.
Le texte complet de l'intervention de Leila Aïchi est consultable ici
Vendredi 6 Septembre 2013
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Le huit septembre, les sorties dans la campagne ne seront plus sans danger. Une armée de fusillots va se répandre dans la nature, battre fourrés et guérets. Des coups de feu vont retentir, les plombs vont siffler, les chiens aboyer : c’est l’ouverture de la chasse dans la moitié sud de la France. Ce sera le dimanche suivant pour la plupart des départements de la moitié nord. Il faudra passer votre chemin en vitesse, les rambos du dimanche occupent tout le terrain et il n’est jamais agréable de recevoir du plomb dans les fesses ou pire…
Sauf accident toujours possible, pour les promeneurs et les amateurs de nature, ce ne sont que des balades gâchées en perspective. Pour tout un peuple de plumes et de poils, c’est bien plus grave : commencent des jours de terreur, de douleur et de mort.
Pour bien comprendre ce qui les attend en ce jour funeste relisons ensemble un extrait d’un des Contes du Lundi d’Alphonse Daudet « Les émotions d’un perdreau rouge »
C’est le jeune perdreau qui raconte.
« Le jour tombait. Les coups de fusil s'éloignaient, devenaient plus rares. Puis tout s'éteignit... C'était fini. Alors nous revînmes tout doucement vers la plaine, pour avoir des nouvelles de notre compagnie. En passant devant la petite maison du bois, je vis quelque chose d'épouvantable, Au rebord d'un fossé, les lièvres au poil roux, les petits lapins gris à queue blanche, gisaient à côté des uns des autres. C'étaient des petites pattes jointes par la mort, qui avaient l'air de demander grâce, des yeux voilés qui semblaient pleurer ; puis des perdrix rouges, des perdreaux gris, qui avaient le fer à cheval comme mon camarade, et des jeunes de cette année qui avaient encore comme moi du duvet sous leurs plumes. Savez-vous rien de plus triste qu'un oiseau mort ? C'est si vivant, des ailes !
De les voir repliées et froides, ça fait frémir... Un grand chevreuil superbe et calme paraissait endormi, sa petite langue rose dépassant la bouche comme pour lécher encore.
(…) Ni mon compagnon ni moi n'avions le courage de jeter comme à l'ordinaire une petite note d'adieu à ce jour qui finissait. Sur notre route nous rencontrions de malheureuses petites bêtes, abattues par un plomb de hasard et restant là, abandonnées aux fourmis, des mulots, le museau plein de poussière, des pies, des hirondelles foudroyées dans leur vol, couchées sur le dos et tendant leurs petites pattes roides vers la nuit qui descendait vite comme elle fait en automne, claire et mouillée. Mais le plus navrant de tout, c'était d'entendre, à la lisière du bois, au bord du pré, et là-bas dans l'oseraie de la rivière, les appels anxieux, tristes, disséminés, auxquels rien ne répondait. »
Espérons qu’il pleuvra dimanche prochain au sud, le 15 au nord, qu’il fera un temps de chien.
C’est le jeune perdreau qui raconte.
« Le jour tombait. Les coups de fusil s'éloignaient, devenaient plus rares. Puis tout s'éteignit... C'était fini. Alors nous revînmes tout doucement vers la plaine, pour avoir des nouvelles de notre compagnie. En passant devant la petite maison du bois, je vis quelque chose d'épouvantable, Au rebord d'un fossé, les lièvres au poil roux, les petits lapins gris à queue blanche, gisaient à côté des uns des autres. C'étaient des petites pattes jointes par la mort, qui avaient l'air de demander grâce, des yeux voilés qui semblaient pleurer ; puis des perdrix rouges, des perdreaux gris, qui avaient le fer à cheval comme mon camarade, et des jeunes de cette année qui avaient encore comme moi du duvet sous leurs plumes. Savez-vous rien de plus triste qu'un oiseau mort ? C'est si vivant, des ailes !
De les voir repliées et froides, ça fait frémir... Un grand chevreuil superbe et calme paraissait endormi, sa petite langue rose dépassant la bouche comme pour lécher encore.
(…) Ni mon compagnon ni moi n'avions le courage de jeter comme à l'ordinaire une petite note d'adieu à ce jour qui finissait. Sur notre route nous rencontrions de malheureuses petites bêtes, abattues par un plomb de hasard et restant là, abandonnées aux fourmis, des mulots, le museau plein de poussière, des pies, des hirondelles foudroyées dans leur vol, couchées sur le dos et tendant leurs petites pattes roides vers la nuit qui descendait vite comme elle fait en automne, claire et mouillée. Mais le plus navrant de tout, c'était d'entendre, à la lisière du bois, au bord du pré, et là-bas dans l'oseraie de la rivière, les appels anxieux, tristes, disséminés, auxquels rien ne répondait. »
Espérons qu’il pleuvra dimanche prochain au sud, le 15 au nord, qu’il fera un temps de chien.
Lundi 2 Septembre 2013
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Nature - environnement
L’INRA a annoncé dans un communiqué de presse publié la veille du 14 juillet qu’elle avait détruit les peupliers OGM de l’essai en « milieu non confiné » qu’elle poursuivait dans le Loiret. Le but de cet essai – qui avait commencé en 1995 - était d’étudier les propriétés du peuplier dans le cadre de la production de pâtes à papier, puis d’agro-carburant. Cette excellente nouvelle, tombant en pleine torpeur estivale n'a pas eu toute la publicité qu'elle mérite. Il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Un technicien détruit les peupliers GM (INRA)
Rappelons que le Comité économique, éthique et social (CEES) du Haut conseil des biotechnologies (HCB) avait recommandé l’arrêt de cet essai. Il estimait que le projet industriel qui le sous-tendait n’était pas opportun que ce soit d’un point de vue social ou environnemental et cela bien que le Comité scientifique du HCB, quant à lui, n’ait pas trouvé de « risques identifiables pour la santé humaine ou l’environnement » voir ici et ici. Conformément à la législation en vigueur, le ministère de l’Agriculture a ensuite lancé une consultation du public. Bien qu’achevée le 27 mai 2013, le ministère n’en a jamais publié la synthèse. Néanmoins le 13juillet, l’INRA a annoncé dans un communiqué qu’ «en l’absence d’une nouvelle autorisation à poursuivre ses travaux scientifiques utilisant des peupliers génétiquement modifiés (il) a procédé le samedi 13 juillet 2013 à l’arrêt de son essai conduit en plein champ dans le Loiret » À regret peut-on supposer puisqu’il déclare dans son communiqué que « fort de cette expérience et conscient des enjeux scientifiques relatifs à la formation et aux usages du bois comme aux impacts environnementaux des OGM, l'INRA entend faire rapidement des propositions pour approfondir et compléter les premiers résultats acquis grâce à cet essai et pour maintenir des compétences et une expertise nationales publiques fondées sur des connaissances scientifiques robustes. Dans cette perspective, l’INRA sera prêt à proposer de nouveaux essais au champ et à conduire des recherches sur l’ensemble des enjeux associés. » Serait-ce reculer pour mieux sauter ? Ce projet qui n’était que de la recherche industrielle mais que l’INRA anoblissait en le considérant comme de la recherche fondamentale du plus haut intérêt, n’a même pas réussi à trouver de financements pour l’analyse des derniers prélèvements de bois... Et voilà qu’il faudrait recommencer ! Répétons-le encore une fois, un organisme de recherche publique n’a pas à engager des programmes de recherche sur les PGM refusées par une immense majorité des français et de leurs élus sauf s’il s’agit de les évaluer.
Dimanche 18 Août 2013
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En effet cette ministre, qui a le culot de se prétendre écolo, s’apprête à satisfaire ce qui constitue selon le Canard « l’une des plus anciennes revendications » de ces bétonneurs : la restriction du droit d’ester en justice contre un permis de construire.
Le paradis en béton armé…
Comme je l’ai dénoncé dans un article de ce blog (« Duflot veut faire couler le béton à flot : éléments pour une critique de la nouvelle politique d’urbanisme PS – EE/LV ») et comme le précise le Canard « le Conseil des ministres doit adopter une ordonnance et un décret qui vont limiter le droit de contester en justice un permis de construire » sous prétexte de lutter contre les recours mafieux. L’analyse du Canard rejoint celle que j’ai faite dans mon article. Le projet de Duflot touchera « les opposants de bonne foi ».
Comme je l’ai dénoncé dans un article de ce blog (« Duflot veut faire couler le béton à flot : éléments pour une critique de la nouvelle politique d’urbanisme PS – EE/LV ») et comme le précise le Canard « le Conseil des ministres doit adopter une ordonnance et un décret qui vont limiter le droit de contester en justice un permis de construire » sous prétexte de lutter contre les recours mafieux. L’analyse du Canard rejoint celle que j’ai faite dans mon article. Le projet de Duflot touchera « les opposants de bonne foi ».
Comme le souligne le journal « Il leur ôtera la possibilité de faire appel des décisions rendues sur les programmes de logement dans certaines grosses agglomérations. Désormais les litiges seront examinés « en premier et dernier ressort » par une cour administrative d’appel. Cette accélération des délais judiciaires comblera d’aise les maires des grandes villes qui ne veulent plus voir leurs chantiers contestés par des riverains mal lunés. » J’ajouterai que cela s’applique également aux petites villes comme à toute agglomération! Le Canard insiste aussi sur les nouvelles sanctions financières contre les auteurs de recours déboutés. « Les auteurs de « recours abusifs » – une notion pour le moins élastique – pourront être condamnés à verser des dommages et intérêts aux promoteurs » Le Canard en tire les mêmes conséquences que moi : « La menace d’une éventuelle condamnation risque de refroidir les ardeurs des associations ordinaire et, surtout, des simples citoyens, qui, même de bonne foi, hésiteront désormais à saisir la justice. » et l’auteur de l’article de conclure : « Pour les promoteurs, c’est le paradis en béton armé »
Le bon plaisir du Président
Selon le Canard Enchaîné, c’est à la demande de Hollande que Duflot aurait introduit ces dispositions scélérates dans sa loi. Cette ministre godillot est bien installée dans une logique de soumission qui la conduit à renier l’une des origines de l’écologie politique : les combats menés au sein d’associations diverses sur le terrain et devant les tribunaux contre des projets de promoteurs immobiliers, et de bétonneurs de tout poil. N’importe quel projet, y compris les fameux grands projets inutiles peuvent entrer dans le champ de l’ordonnance et du décret. Tout dépendra de la façon dont ils seront rédigés. On a vu Duflot effectuer un spectaculaire retournement de veste sur le Grand Paris, et maintenant avec cette ordonnance et décret scélérats en préparation, c’est à une véritable trahison qu’elle se livre.
L’exemple de Fontenay-aux-Roses
À Fontenay-aux-Roses, dans les années 90, si une telle ordonnance et un tel décret avaient été en vigueur, nous aurions sans doute perdu notre combat contre les projets du maire de l’époque : le square Pompidou aurait disparu sous le béton, le Parc Sainte-Barbe aurait été amputé en grande partie, le square des Anciens combattants et le verger du 22, avenue Lombart n’existeraient plus, la droite serait encore aux affaires et la ville, livrée à la promotion immobilière, méconnaissable. La circulation automobile serait encore plus intense et le RER B encore plus surchargé. C’est ce que nous avions évité mais c’est ce qui risque de se produire maintenant à cause du nouveau SDRIF piloté par un élu régional d’Europe Ecologie /Les Verts et à cause des ordonnances Duflot, ministre Europe Ecologie /Les Verts et ancienne secrétaire nationale de ce parti.
Et Fontenay n’est qu’un exemple. Il n’est donc pas étonnant que les résultats des sondages commandés par EELV lui-même montrent que ce parti a une mauvaise image dans l’opinion publique. En particulier, selon le sondage réalisé par Viavoice, pour les personnes interrogées, EELV n’arrive qu’en sixième position quant il s’agit de défendre l’environnement en France, derrière les citoyens eux-mêmes, les associations ou les ONG, c’est-à-dire tous ceux que Duflot et Hollande veulent neutraliser par leur ordonnance et décret scélérats. Alors que naguère, Les Verts étaient un relais politique précieux pour le combat écologiste, aujourd’hui non seulement EELV ne sert plus à rien, ne sert plus l’écologie mais il lui nuit. Un sursaut est-il encore possible ?
Le bon plaisir du Président
Selon le Canard Enchaîné, c’est à la demande de Hollande que Duflot aurait introduit ces dispositions scélérates dans sa loi. Cette ministre godillot est bien installée dans une logique de soumission qui la conduit à renier l’une des origines de l’écologie politique : les combats menés au sein d’associations diverses sur le terrain et devant les tribunaux contre des projets de promoteurs immobiliers, et de bétonneurs de tout poil. N’importe quel projet, y compris les fameux grands projets inutiles peuvent entrer dans le champ de l’ordonnance et du décret. Tout dépendra de la façon dont ils seront rédigés. On a vu Duflot effectuer un spectaculaire retournement de veste sur le Grand Paris, et maintenant avec cette ordonnance et décret scélérats en préparation, c’est à une véritable trahison qu’elle se livre.
L’exemple de Fontenay-aux-Roses
À Fontenay-aux-Roses, dans les années 90, si une telle ordonnance et un tel décret avaient été en vigueur, nous aurions sans doute perdu notre combat contre les projets du maire de l’époque : le square Pompidou aurait disparu sous le béton, le Parc Sainte-Barbe aurait été amputé en grande partie, le square des Anciens combattants et le verger du 22, avenue Lombart n’existeraient plus, la droite serait encore aux affaires et la ville, livrée à la promotion immobilière, méconnaissable. La circulation automobile serait encore plus intense et le RER B encore plus surchargé. C’est ce que nous avions évité mais c’est ce qui risque de se produire maintenant à cause du nouveau SDRIF piloté par un élu régional d’Europe Ecologie /Les Verts et à cause des ordonnances Duflot, ministre Europe Ecologie /Les Verts et ancienne secrétaire nationale de ce parti.
Et Fontenay n’est qu’un exemple. Il n’est donc pas étonnant que les résultats des sondages commandés par EELV lui-même montrent que ce parti a une mauvaise image dans l’opinion publique. En particulier, selon le sondage réalisé par Viavoice, pour les personnes interrogées, EELV n’arrive qu’en sixième position quant il s’agit de défendre l’environnement en France, derrière les citoyens eux-mêmes, les associations ou les ONG, c’est-à-dire tous ceux que Duflot et Hollande veulent neutraliser par leur ordonnance et décret scélérats. Alors que naguère, Les Verts étaient un relais politique précieux pour le combat écologiste, aujourd’hui non seulement EELV ne sert plus à rien, ne sert plus l’écologie mais il lui nuit. Un sursaut est-il encore possible ?
Samedi 29 Juin 2013
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