Notre Dame de Paris en cendre …. L’émotion est à son comble. Mais il ne faudra qu’une dizaine d’année pour la reconstruire (et sans doute beaucoup d’argent !). Il existe d’autres cathédrales que l’on abat sans remord, ni cérémonies : des arbres séculaires qui sont des cathédrales que la Nature a patiemment construites… Cela ne coûtera rien mais il faudra plus de cent ans pour que né d’une faîne, un hêtre d’envergure semblable remplace  l’arbre abattu, deux cents, ou plus, pour que d’un gland se forme un chêne d’une aussi noble et belle prestance que ceux que l’ONF refuse de classer « remarquable » et abat sans état d’âme. Mais de ces actes de vandalisme contre ces cathédrales-là, personne ou presque ne s’émeut.

Je veux partager avec mes lecteurs un extrait de ce beau texte « Le hêtre et la cathédrale » que Christian Amblard a écrit au sujet d’un hêtre vénérable, cher à son cœur, abattu sans raison:

« En référence à un événement dramatique récent, cet arbre, chargé d’histoires depuis des décennies et des siècles, avait pour moi la valeur symbolique d’une «cathédrale». En ce sens, l’émotion patrimoniale ne doit pas se limiter aux monuments et, plus largement, au patrimoine bâti. Si on peut reconstruire une cathédrale en 5 ou 10 ans, il faudra toujours 100 ans pour avoir un hêtre centenaire à partir de la faîne originale. C’est ce temps long et irréversible qui fait la valeur indépassable du vivant et de la biodiversité. Cette primauté d’un vivant très fragile doit nous obliger définitivement quant à la nécessité de son impérieuse préservation »

● Pour lire ce texte « le hêtre et la cathédrale »  d’où cet extrait est tiré cliquer ici

[Christian Amblard est chercheur honoraire CNRS(biologie, écologie) et vice-président du GREFFE (Groupe scientifique de réflexion et d’information pour un développement durable) ]

Samedi 18 Mai 2019 Commentaires (0)

Le réseau NO VEGAN lance un appel à populariser la "Lettre ouverte aux mangeurs de viandes qui souhaitent le rester sans culpabiliser" de Paul Ariès (éditions Larousse, janvier 2019). Ce que je fais ici


Foin des végans et de leurs mensonges, soyez un "carniste" heureux !
Voici son communiqué :

L'élevage paysan n'est pas responsable

1) ni de la faim dans le monde

2) ni du réchauffement climatique

3) ni du gaspillage de l'eau potable.

● L'agriculture végane est incapable de nourrir 8 milliards d'humains
● L'agriculture végane c'est la mort de plus d'un milliard de petits paysans
● L'agriculture végane c'est le cheval de Troie des biotechnologies alimentaires.
● L'agriculture tue autant d'animaux sinon plus que l'élevage.

La solution est du côté de l'agriculture paysanne et d'un élevage fermier.
Le véganisme ce n'est pas seulement une question alimentaire.
C'est une posture anti-humaniste, anti-écolo !!!

Le prototype de la ferme écolo c'est la ferme polyvalente.

 
*********

Soutenez le réseau NO VEGAN en achetant la Lettre ouverte... en librairie ou ici https://www.editions-larousse.fr/livre/lettre-ouverte-aux-mangeurs-de-viande-9782035961792

Source : http://novegan.canalblog.com/archives/2019/02/03/37072409.html#comments

Mardi 23 Avril 2019 Commentaires (0)
Greta Thunberg devant le parlement suédois
Greta Thunberg devant le parlement suédois
Après avoir fait le buzz en Pologne lors de la COP 24, Greta Thunberg, l’écolière climato-catastrophiste de 15 ans réédite à Davos en fustigeant et culpabilisant les « adultes » qui n’agissent pas « pour le climat » alors qu’il y a urgence. Décidément, elle n’a rien d’autre à faire que de parcourir le monde pour réciter la bonne parole du GIEC (qui paye ?) et faire l’école buissonnière tous les vendredis devant le parlement suédois avec la bénédiction de ses parents. Elle est adulée des ONG. Son sermon tient le devant de la scène alors que la parole de chercheurs confirmés comme Richard Lindzen ou François Gervais n’est guère écoutée et retient peu l’attention des médias. Pourtant eux savent de quoi ils parlent mais comme ils sont climato-réalistes, ils ne vont pas dans le sens des prophéties du GIEC et la doxa dominante. Pourtant les écouter permettrait de prendre un peu de recul devant l’alarmisme climatique pour raisonner sainement. Vus les enjeux écologiques, économiques et sociaux, cela serait bien nécessaire.
 
Et que penser de ces marches pour le climat auxquelles participent des Gilets Jaunes qui se sont pourtant insurgés contre la taxe carbone, une mesure prônée par les gourous du réchauffisme catastrophique censée renchérir l’énergie pour inciter à des conduites et des choix « vertueux » alors que pour la plupart des gens, aujourd’hui, il n’y a pas de choix véritable?
 
On baigne dans l’incohérence, dans un irrationnel auréolé de scientisme.

Si les médias main stream se pâment devant une gamine récitant son catéchisme, si les processions pour « sauver le climat » recueillent un certain succès, c’est que la « lutte contre le réchauffement climatique », réchauffement climatique supposé déchaîner sur la planète les flammes de l’enfer, est devenue une religion vis-à-vis de laquelle il ne fait pas bon douter ou plaisanter. 

 

C’est ce que voulaient certaines des ONG environnementalistes climato-catastrophistes. Il faut reconnaître qu’elles ont réussi : l’opinion publique ou du moins une partie de celle-ci s’est approprié la question climatique comme d’un « sentiment religieux », expression reprise à Stéphane Foucart.

 
Ce journaliste, prophète du malheur climatique a écrit un texte étonnant sous sa plume de  pourfendeur des climato-réalistes et autres climato-sceptiques. Etonnant lorsque l’on connait ses positions, mais très juste par ailleurs : le réchauffement climatique est pour l’opinion une sorte de démiurge qui exige des sacrifices expiatoires pour s’apaiser. C’est évidemment complétement irrationnel, absurde mais pour Foucart « utile politiquement ». En d’autres termes, plutôt que développer leur aptitude à comprendre les thèses sur l’évolution du climat, les preuves sur lesquelles elles reposent, les controverses entre chercheurs, les organisations environnementalistes et écologistes en pointe dans la « lutte pour le climat » ont choisi d’abrutir les gens pour leur faire avaler la doxa officielle. Et Foucart approuve. Evidemment ça marche quand sont à la manœuvre  les deux gourous hélicologistes Hulot et Artus-Bertrand avec de plus quelques peoples célèbres qui n’y connaissent rien mais ont été frappés par la révélation GIEC.
 
Pour bien mesurer le cynisme et la duplicité de tous ces propagandistes de la nouvelle religion, il faut lire l’extrait tiré de l’ouvrage Stéphane Foucart  L’avenir du climat que je rapporte ci-dessous. Ils savent très bien que rendre le réchauffement climatique d’origine anthropique responsable de tout aléa climatique n’est au mieux pas justifié, au pire carrément faux. Ils le savent mais se gardent bien de le dire, ou de le dire nettement. Laisser croire à ces calembredaines est nécessaire pour que les gens acceptent les sacrifices que l’on veut leur imposer et les atteintes à la nature que l’on veut perpétrer pour une transition énergétique qui a pour but  de ne rien changer afin que le capitalisme mondialisé revêtu de ses nouveaux habits verts continue de dominer et d’exploiter les gens et d’harasser la Nature pour le plus grand profit de quelques-uns.
 
 
Voici le texte tiré de l’ouvrage de Stéphane Foucard : L’avenir du climat : enquête sur les climato-sceptiques, Folio actuel, 2015, 432 pages.

« Certaines organisations environnementalistes semblent espérer que l’opinion va s’approprier la question climatique comme elle pourrait le faire d’un sentiment religieux. Dans ce schéma, le réchauffement devient une manière de démiurge à qui tous les dérèglements météorologiques peuvent être attribués. Qu’il fasse trop chaud, et c’est le réchauffement. Qu’il fasse trop froid et ce peut être encore le réchauffement. Partout sur le globe, il suffit de promener sa loupe pour obtenir des explications à toute forme de calamité – la principale vertu de la religion étant précisément d’en fournir, surtout quand c’est impossible. La taxe sur les émissions de carbone, le renoncement à la société de consommation et au mode de vie occidental deviennent alors des sacrifices expiatoires faits à la divinité.
(…) Qui n’a pas pensé, même fugacement, que ces jeunes militants pleins de ferveur pouvaient s’apparenter aux pèlerins d’une nouvelle religion naturaliste vouée, c’est selon à la planète ou au climat. Etrange spectacle – et, il est vrai, peut-être politiquement utile – que ces cohortes de jeunes extraordinairement motivés, piétinant dans un froid polaire pour demander à ce que l’on sauve le climat. » (Les italiques sont de l’auteur).

 
 
Quelques propos de la jeune héroïne du climat :
 
« Certaines personnes disent que nous devrions étudier pour devenir chercheurs sur le climat, afin de pouvoir résoudre la crise climatique. On a les outils pour la résoudre. (…) Pourquoi devrions-nous étudier pour un futur qui n’existera bientôt plus, alors que personne ne fait rien pour le sauver ? »  https://www.lemonde.fr/climat/visuel/2018/12/13/en-suede-greta-thunberg-en-greve-scolaire-pour-le-climat_5396984_1652612.html

Inutile d’étudier plus, elle en sait assez ...

□ Au fait quelles sont ses sources ?

« Je lis des livres et des articles, j’écoute les scientifiques comme le Britannique Kevin Anderson, par exemple. » https://www.letemps.ch/suisse/greta-thunberg-adultes-se-sentent-coupables-un-enfant-dit-quils-volent-futur

Un peu vague et léger mais il est certain que dans le genre prophète du malheur, il n’y a guère mieux que Kevin Anderson !
 
Le réchauffement climatique, nouvel opium du peuple ?

Dimanche 27 Janvier 2019 Commentaires (0)

Il est difficilement acceptable qu’une protection réglementaire dont bénéficient un espace vert et les arbres qui y résident puisse être annulée très facilement, ce qui rend cette protection excessivement fragile et dépendante des changements de majorité, des alliances, des marchandages dans les conseils municipaux ou autres assemblées territoriales. Le classement en EBC par exemple est certes nécessaire mais ne saurait être suffisant.


A Fontenay-aux-Roses, le cas de la Place de Gaulle  avec ses marronniers, les uns abattus et les autres en passe de l’être en fournit, hélas, une preuve éclatante. Il aura suffi que dans le nouveau PLU, Messieurs Vastel (maire) et Faye (adjoint à l’urbanisme) déclassent cet espace pour que ces arbres soient détruits sans autre forme de procès et sans recours possible devant les tribunaux pour que soient plaidées leur cause et la cause de cette place, véritable cœur de la ville, de son individualité singulière.

Il en va des marronniers de la place de Gaulle comme d’autres êtres naturels irrémédiablement détruits et de la Nature elle-même qui n’a jamais été aussi malmenée malgré un arsenal juridique impressionnant censé les protéger.

La faiblesse  et l’inefficacité de ces protections viennent du fait que ces êtres ne sont protégés juridiquement qu'en tant qu’OBJETS et non en tant que SUJETS pouvant se défendre devant les tribunaux, par l’intermédiaire d’un porte-parole, bien entendu.

Que cela puisse être le cas, et que cela soit efficace, c’est qu’argumentait Christopher Stone, un professeur de droit californien en 1972 dans un article intitulé « Les arbres doivent-ils pouvoir plaider ? » (récemment traduit en français avec une préface de Catherine Larrère aux éditions Le Passager Clandestin).

En la circonstance, les arbres en cause étaient des Séquoias de la Mineral Valley, une vallée alpine sauvage et reculée dans laquelle la société Walt Disney voulait construire une gigantesque station de ski. (Hé, oui ! vous avez bien lu : la société Walt Disney, Mickey ou plutôt Picsou…)

L’affaire est  remontée jusqu’à la Cour Suprême fédérale devant laquelle les défenseurs de la vallée (le Sierra Club) ont perdu au motif que n’étant pas personnellement lésés, ils n’avaient pas intérêt à agir (3 voix contre 4). L’un des juges William Douglas qui a voté en faveur du Sierra Club a repris dans son argumentaire la proposition de Stone de conférer une personnalité juridique aux êtres naturels et qu’ils puissent  être représentés devant les tribunaux comme c’est le cas (aux USA) pour certains êtres inanimés.

S’agissant de leurs porte-paroles, le juge Douglas considérait que ce devaient être ceux qui ont une relation intime avec la chose inanimée qui va être blessée, polluée ou dégradée. Mutatis mutandis, dans le cas de la place de Gaulle et les marronniers,  ce seraient les Fontenaisiens qui aiment ce mail et ses marronniers constitués ou non en association qui seraient ces porte-paroles.

 Après avoir été très mal accueillie,  la proposition du professeur Stone, reprise par le juge Douglas a fait son chemin mais dans d’autres pays que la France, par exemple en Nouvelle Zélande qui a accordé le statut de personne juridique à un fleuve situé sur le territoire d’une communauté Maori qui en est son représentant légal. En France malheureusement accorder des droits à de telles entités se heurte à la division fondamentale du droit qui sépare celui des personnes d’avec celui des choses, tandis que les humanistes exclusifs qui règnent dans les comités divers et variés considèrent cette attribution comme contraire à la tradition qu’ils défendent et à la dignité humaine telle qu’ils la conçoivent.

Bref, ce n’est pas demain que les marronniers et la Place de l’église seront dotés d’une personnalité juridique et pourvus d’un représentant légal. Ils seraient ainsi soustraits aux bons ou mauvais vouloirs des politiques, aux aléas des changements de majorité dans les assemblées qui ont le pouvoir de définir les documents d’urbanisme et l’affectation des sols ; ils pourraient  faire valoir leur point de vue et faire respecter leurs droits.

Et d’ailleurs, demain, il est fort possible qu’ils aient disparu. Il y aura sans doute toujours une place dénommée  Place de Gaulle, mais ce ne sera en fait qu’un homonyme. C’est une autre qui sera là, à la même place.

Si l’on envisage la question sous un angle plus global dans ce pays, il est fort probable que les rivières, des forêts, les landes, les zones humides, les prairies d’altitude, leurs habitants permanents, la faune et la flore seront encore et toujours malmenés puisque peu de gens, y compris parmi les écologistes, sont prêts à reconnaître leurs droits. La plupart sont plutôt enclins à vous rire au nez lorsque vous abordez la question.
 
Note : L’histoire s’est bien terminée pour la Mineral Valley. La société Walt Disney a abandonné le projet. Je ne suis pas certain qu’il en ira de même pour ce qui reste de la Place de Gaulle…
 

Mardi 22 Janvier 2019 Commentaires (0)

Le gouvernement a profité de l’été pour voter en douce une mesure scandaleuse qui donne carte blanche aux industriels de l’éolien pour défigurer nos côtes. Il faut réagir !


Non à la mainmise des industriels de l'éolien sur le littoral français !

Cette mesure – il s’agit de l’article 58 de la fameuse loi « Confiance » que je vous détaillerai dans quelques instants – est le résultat d’un intense lobbying des grandes entreprises du secteur éolien…

Elle a été votée en toute discrétion le 10 août dernier. Sans faire la une des journaux, sans déchaîner vents et marrées… Tout était parfaitement orchestré pour ne surtout pas éveiller la colère et l’indignation des Français
Pourquoi ?

Tout simplement parce que, désormais, avec cet article de loi voté sournoisement, les citoyens n’ont plus aucun moyen de s’opposer aux futurs projets éoliens près de leur littoral !
Ce n’est pas une plaisanterie : les habitants d’une région côtière ne disposent à présent – et sans le savoir – de plus aucun recours pour empêcher l’implantation de ces mâts gigantesques qui défigurent nos littoraux, affaiblissent l’activité des pêcheurs et massacrent la biodiversité…
Dénonçons ce scandale en signant la pétition « NON AUX PARCS ÉOLIENS TROP PROCHES DES CÔTES » !

Si personne ne s’insurge contre cette mesure aberrante, voici les nouvelles modalités qui s’appliqueront désormais pour tout nouveau projet d’éoliennes en mer :

1ère étape : la fausse consultation

Lorsque la construction d’un champ éolien en mer est envisagée, un débat public est organisé par la Commission nationale du débat public.
Si vous pensez que ce débat donnera la parole aux citoyens, qu’ils pourront décider du nombre d’éoliennes ou même tout simplement choisir de s’opposer à ce projet… Détrompez-vous ! Les citoyens seront uniquement consultés « sur le choix de la localisation de la ou des zones potentielles d’implantations des installations envisagées » (nouvel article L. 121-8-1, du code de l’environnement créé par la loi).
Autrement dit, on fait semblant de débattre, on fait semblant de laisser voix au chapitre aux Français sur des sujets qui auront un impact colossal sur leur quotidien… mais la décision est déjà prise d’avance : l’implantation d’éoliennes en mer se fera coûte que coûte dès qu’un projet sera lancé… C’est honteux !

2ème étape : on simplifie la vie aux industriels

Désormais, c’est l’Etat qui prendra à sa charge toutes les études d’impacts préalables sur l’environnement… Ces études qui étaient jusqu’ici aux frais des industriels, seront à présent financées par les impôts des Français ! Inadmissible…

3ème étape : désigner le vainqueur et lui offrir nos océans

Une fois l’appel d’offres lancé et le lauréat désigné, l’Etat remet TOUTES les autorisations environnementales et d’occupation du domaine maritime à l’entreprise : c’est ce qu’on appelle le « permis enveloppe ».
Mais le pire dans tout ça, c’est que lorsque l’industrie détient ce permis enveloppe, elle a toutes les libertés !!! Elle peut à tout moment choisir de modifier son projet, par exemple décider d’ajouter plus d’éoliennes, modifier le lieu d’implantation ou encore la dimension des mâts…

C’est inacceptable !!!

Ce qui, jusqu’ici, permettait aux citoyens de pouvoir s’opposer et de faire annuler des projets délirants de parcs éoliens en mer, c’était justement parce que les industriels ne disposaient pas de toutes ces autorisations difficiles à avoir…

Par cette nouvelle mesure, le gouvernement a donc balayé d’un revers de main tous les garde-fous, tous les moyens de recours dont disposaient les Français qui refusaient de voir s’implanter des dizaines d’éoliennes au large des littoraux…
Un cadeau colossal pour les industriels…
… et un déni total du droit des citoyens de saisir la justice pour défendre leur cadre de vie ou leur environnement !


Pour s’opposer à cette mesure scandaleuse, il n’y a pas 36 solutions : seule une mobilisation citoyenne de plusieurs dizaines de milliers de personnes pourra exiger le retour des anciennes procédures.

Il est inacceptable de laisser nos océans entre les mains d’industriels qui ne pensent qu’à faire fructifier leur business et qui foutent totalement de la biodiversité ou du climat …

Si les citoyens indignés par cette trahison honteuse des autorités publiques, qui donnent carte blanche aux industriels au détriment des riverains, des pêcheurs et des défenseurs du littoral et de la biodiversité marine – ne se font pas entendre maintenant, la voie sera libre pour les grandes firmes de l’éolien pour en demander toujours plus…

Rien ne les empêchera d’aller implanter des éoliennes jusqu’au Mont Saint Michel, ou d’exiger les mêmes passe-droits pour l’éolien terrestre…

De nouveaux projets sont déjà prévus à Fécamp, Saint-Brieuc, Courseulles-sur-mer, Noirmoutier, Ile d’Yeu, Ile d’Oléron…

Ces villes seront bientôt saccagées par des parcs éoliens marins à dix kilomètres seulement des côtes qui ne cessent de se multiplier, au mépris des paysages, des citoyens et du bon sens le plus élémentaire.

Savez-vous que l’Etat prévoit 2500 éoliennes le long de nos côtes d’ici 13 ans ?

Imaginez le littoral français ceinturés de parcs de 60 à 80 aérogénérateurs avec des mâts de plus de 200 mètres de haut. C’est un massacre !
Nous sommes tous concernés.

Oui, pas seulement les habitants ou les estivants de ces côtes, ni même les amoureux du merveilleux patrimoine paysager français.
Oui, nous sommes tous concernés car nous allons tous payer pour ce projet fou : pour installer 3 parcs éoliens trop proches des côtes (10 km) vous et moi et tous les contribuables allons payer 1 milliard d’euros par an de subvention, pour un prix de l’électricité à 226 euros le mégawatt-heure.

Par comparaison les Allemands font des parcs éoliens non visibles des côtes, à plus de 50 km en mer, sans subvention publique. Le prix de l’électricité y ressort inférieur à 50 euros le mégawatt-heure.
Stupéfiant, non ?
Il faut arrêter ce massacre avant qu’il soit trop tard.
Signez et faites signer la pétition !

cliquez ici pour aller sur le site de la pétition.

(Source de ce texte : Étienne/CITIZACTION)
 

Dimanche 14 Octobre 2018 Commentaires (0)

Faire pièce aux contre-vérités véganes sur l'élevage en général et l'élevage laitier en particulier est une nécessité au moment où ce lobby végan tente d'imposer des menus végétaliens dans la restauration collective, notamment scolaire.

C'est dans ce but que je diffuse ici la vidéo réalisée par un éleveur qui met en évidence les falsifications et les mensonges des vidéos de propagande végane sur l'élevage laitier.


Pour avoir une vision exacte de ce qu'est l'élevage français, du travail de l'éleveur,  et pour comprendre comment est produit le lait que nous buvons, je vous conseille vivement de vous abonner à sa chaîne https://www.youtube.com/watch?v=gmVLEz9iRAs&feature=youtu.beu

Il serait souhaitable que des végans de bonne foi visionnent aussi ces vidéos pour à tout le moins se faire une idée correcte de ce qu'ils condamnent par ailleurs.

Rappel : un menu végétalien est un menu qui ne comporte aucun produit d'origine animale (ni œufs, ni lait, produit laitier comme yaourts, beurre, etc. ) tandis qu'un menu végétarien est simplement sans viande.
 


Dimanche 2 Septembre 2018 Commentaires (1)

Extraits de Facebook, à diffuser sans modération


« Les Yeux Dans Les Herbes a partagé la publication de Les Capri'ces des Cévennes.
 
« Voici un petit message de ma soeur qui vient de commencer une petite ferme laitière en bio produisant du pélardon, bientôt des glaces et de la crème de châtaigne...
 
« Ils ont des chèvres assez courantes et une race en conservation (plus rare et bcp moins productive (chèvre du massif central) mais qui produit du lait de qualité. Ils font du pastoralisme (élevage en paturage naturel) dans les hauteurs des cévennes.
« C'est un énorme travail mais comme beaucoup de petits agriculteurs on trouve que c'est un beau métier et on l'aime avec le souci de s'améliorer et d'améliorer notre capacité de résilience.
 
« Le gouvernement annonce qu'il souhaite une agriculture plus respectueuse et une meilleure qualité alimentaire. Pourtant ils sont sur le point de retirer les aides aux zones de montagne réputées trop pauvres pour nourrir un troupeau. Pourtant des chèvres ça ne mange pas que de l'herbe et bien au contraire elles se nourrissent de callune, de chataignier, de chene vert, de ronce, de genêt... Toutes ces plantes qui poussent à l'état naturel dans le terroir des Cévennes et qui leur donne une énergie et une qualité de lait bien meilleures. Et c'est dans les tuyaux de retirer les aides aux petits agriculteurs et la réponse se fera à la fin du mois de mars... Tout bientôt... La plupart des aides bénéficient déjà aux gros agriculteurs qui souvent les prennent sans avoir aucune responsabilité à tenir sur tous les dommages collatéraux qu'ils peuvent produire. Les abeilles payent déjà un lourd tribut et nous, autres êtres vivants, nous sommes aussi dans ce contexte, les proies souvent indirectement consentantes de ce système agricole majoritaire ultra subventionné.

Les Capri'ces des Cévennes
 
Petit message à faire circuler, s'il vous plaît.
Profitant d'une période très intense pour les éleveurs (mises bas des animaux, début de production), le gouvernement envisage purement et simplement de tuer les petits élevages de zone de montagne. En tout cas, pour notre part, si cette "mesure" passe, notre projet est tué à peine né.
 
 
En effet, comme vous le savez certainement, notre élevage comme beaucoup d'autres est malheureusement aujourd'hui dépendant d'aides Européennes. Or il est question de supprimer de la PAC (politique agricole commune) les aides pour les surfaces enherbées à moins de 50%. C'est à dire, pour des fermes comme la nôtre, supprimer 100% des aides. C'est bien connu, nos chèvres ne se nourrissent pas sur nos sols, car nos terres, c'est de la merde. Le chêne vert, le châtaigner, la callune, le genêt, les chèvres n'aiment pas ça d'ailleurs ! Elles préfèrent l'herbe déposée sur un tapis dans une chèvrerie, et l'éclairage artificiel !!! Je rajouterais que pour faire des économies, ils sont prêts à détruire la seule activité qui maintient les milieux ouverts dans le sud, luttant ainsi entre autres contre les incendies, tout en participant à l'économie et à la vie locale et surtout rurale, au tourisme, à l'autonomie alimentaire française (de qualité et dans le respect de l'homme et de l'animal) et à la préservation de mosaïques de milieux essentielles à la biodiversité.
 
A peine installés, ou plutôt en cours d'installation, nous utilisons la totalité de notre temps (soit de 7h à 23h, en mangeant sur le pouce) et de notre énergie pour prendre soin de nos bêtes et mettre en place notre ferme, mais nous sommes déjà fatigués de payer toujours plus, tout en refaisant le travail de chaque organisme que l'on doit payer derrière (msa, chambre d'agriculture, ...), tout en se faisant traiter comme des moins que rien (impôts, banques, ...), tout en revoyant nos légitimes soutiens financiers (oui, nous travaillons dur pour le bien commun, et nous respectons, NOUS, les engagements que nous contractualisons avec l'Europe et l'Etat) être remis en question tous les quatre matins. Mais c'est comme ça et malgré tout bien sûr nous sommes déterminés. Sauf que. Sauf que sans argent, sans ces aides qui nous permettent de payer toutes les charges toujours plus lourdes (alimentation des chèvres autre que parcours, électricité, taxes diverses, assurances, essence, fournitures pour la transfo et la commercialisation, etc.), et le laboratoire de transformation a 80 000€ de normes par exemple, et bien, on ne va pas pouvoir continuer longtemps ! Notre ferme peut être viable pour une personne sans les aides, nous avons veillé pour. Le souci étant que la masse de travail est tellement énorme qu'on ne pourrait pas se permettre que l'un de nous deux travaille à côté pour subsister, comme certains le font. Notre système en élevage ET transformation fromagère ET pastoralisme ET vente directe ne nous permet pas ce "luxe". Pour autant, nous ne le changerions pour rien au monde, car nous pensons que c'est le plus éthique sur les plans humain (sauf peut-être pour nous-même ?) et animal. Etre rémunérés justement sans aides, ça serait l'objectif bien évidemment. En attendant, nous avons besoin de ces aides, comme énormément de petits éleveurs, et nous avons besoin de portevoix pour nous faire entendre.
 
L'échéance est fixée au 31 mars 2018. Emballez c'est pesé.
 
 
Reconnaissance des surfaces pastorales par la PAC : Le ministère prêt à lâcher les éleveurs !En Ariège, au moins 1 ferme sur 4 serait impactée, soit un peu plus de 8.000 hectares !
https://www.azinat.com/2018/03/reconnaissance-des-surfaces-pastorales-par-la-pac-le-ministere-pret-a-lacher-les-eleveurs/
 
Alors qu’à longueur de discours Macronien, il nous est rappelé la nécessité d’opérer une « révolution agricole », « une montée en gamme » de nos produits, nous avions compris, nous, éleveurs pastoraux des zones difficiles, dites à handicaps naturels, que nous étions désormais en pointe pour porter haut les couleurs des produits vertueux. Production peu consommatrice d’intrants chimiques, lien fort au territoire, entretien de milieux ouverts, maintien d’emplois et de vie dans nos vallées….
 
Coutumier du fait, le gouvernement nous a rapidement consultés, sollicités pour faire des propositions argumentées ; pour finalement, dans la précipitation, nous mettre devant le fait accompli ! Il n’y a pas de marges de manœuvre possibles et les échéances sont imminentes, fixées au 31 mars !
 
Pour la Confédération paysanne, il est incompréhensible et intolérable, de surcroît au regard des ambitions portées par le Président de la République, d’abandonner ces paysannes et paysans.
 
Aussi, las, les paysans de la Confédération paysanne, ne participeront plus à ces mascarades de discussions au ministère.
 
Nous sommes aujourd’hui vendredi 9 mars à l’Hôtel de Région à Toulouse au CRAEC pour porter la voix des éleveurs pastoraux qui se sentent totalement abandonnés par les propositions du ministère de l’agriculture. C’est l’État que nous interpellons concernant la reconnaissance des surfaces pastorales.
 
De même, lundi 12 mars, lors de la session chambre à Foix, nos élus proposeront au vote une motion enjoignant l’État de profiter de la possibilité offerte par le règlement Omnibus (modifications de certaines dispositions à mi-parcours d’un programme européen, dont la PAC), avant le 31 mars pour faire enfin reconnaître définitivement les surfaces pastorales comme étant des surfaces productives.
 
Et nous n’hésiterons pas à poursuivre ces mobilisations jusqu’à Paris dans le courant de la semaine prochaine.

Ne pas reconnaître ces surfaces pastorales aujourd’hui, c’est accepter moins de paysans demain et plus de friches partout !
 (Communiqué de la Confédération Paysanne)

 
 

Dimanche 25 Mars 2018 Commentaires (4)

Résumé : les espèces actuelles pourront-elles faire face au changement (réchauffement) climatique ? Certaines, peut-être. Elles se sont déjà adaptées au réchauffement en cours. Mais s’il s’aggrave ? D’autres semblent avoir plus de difficultés. Mais elles n’ont peut-être pas dit leur dernier mot. Peut-être cela se jouera-t-il au niveau non plus de l’espèce mais des populations d’une même espèce, peut-être même au niveau des individus. De nombreux facteurs peuvent interagir. Les premières réponses apportées à cette question étaient fort propices à une prophétie du malheur et pour le grand public, l’ours blanc menacé par la fonte de la banquise était devenu – il l’est encore – le symbole des ravages que causerait le réchauffement climatique sur les espèces animales. Le changement climatique en cours était considéré comme une menace de plus, peut-être la plus grave, qui pesait sur la biodiversité, les espèces ne pouvant faire face à un réchauffement trop rapide pour qu’elles s’adaptent. Un tableau bien noir, bien trop noir ? Devant un état des lieux mitigé et des connaissances peu sûres et lacunaires, les cassandres réchauffistes s’ingénient à gommer toute incertitude et à ne considérer que le mauvais dans ce qui pourrait advenir pour la biodiversité avec un réchauffement climatique qui perdurerait, ce dont on peut aussi douter. Des chercheurs se prêtent à leur jeu lors qu’ils adressent au « grand public ». Pourquoi donc chercher à faire peur à l’opinion publique ? Certes l’érosion rapide de la biodiversité est hélas, un constat solidement établi mais les changements climatiques n’en sont pas la cause principale.


Changement climatique et survie des espèces
Étant donnée l'actualité et les effets de manches de Hulot à l'Assemblée nationale, il m'a semblé utile de remettre en avant cet article écrit en 2014 et qui n'a pas pris une ride depuis.

Le tableau était-il trop noir ?


En fait, le tableau ne serait pas aussi noir qu’on le supposait : « More recently, however, many ecologists have questioned the gross oversimplifications that go into some of these projections, such as the supposition that species are largely immutable, unwavering in their behavior, physiology, and other traits despite rapidly changing environs. (Plus récemment, cependant, beaucoup d'écologues ont mis en doute les sur-simplifications grossières qui entrent dans certaines de ces projections, comme la supposition qu’en dépit d’environnements changeant rapidement, les espèces sont pour une large part immuables, invariables dans leur comportement, leur physiologie et autres caractères) » (Chase J. 2014). En la matière, il faut se garder d’affirmations tranchées, en général fausses, qu’elles soient alarmistes ou trop optimistes. Certes comme pour toute variation des conditions environnementales, il y aura des perdants et des gagnants, des modifications dans la répartition spatiale des habitants de la planète. Les conséquences du changement climatique peuvent différer selon les populations d’une même espèce, voire d’un individu à l’autre, selon qu’elles peuvent ou veulent ou non mettre en œuvre des stratégies d’adaptation. La question de l’évaluation de l’impact des évolutions phénologiques sur les espèces et donc la biodiversité donne de cela une illustration parfaite. En fin de compte, même pour une seule espèce, l’impact du changement climatique sur son évolution future est une question sans réponse nette.
Sur la question de l’impact du changement climatique sur la biodiversité, il serait donc bon de faire preuve de modestie. Outre l’extrême complexité des phénomènes en jeu, leurs interrelations et l’étendue de notre ignorance à leur sujet devraient nous inciter à la prudence dans les prévisions et pronostics sur les évolutions futures. On le montre à propos des mésanges charbonnières (Parus major), du cerf élaphe (Cervus elaphus) et du chevreuil (Capreolus capreolus) dont le cas, paradigmatique, sera étudié en détail.
 

Oeufs de mésanges charbonnières Muséum d'histoire naturelle de Toulouse
Oeufs de mésanges charbonnières Muséum d'histoire naturelle de Toulouse
Le cas des mésanges charbonnières.

Des études faites sur des populations de ces mésanges aux Pays-Bas sur la période 1973 – 1995 (cf. Visser et al. 2001, 1999, 1998) montreraient qu’elles ne réussissent pas à modifier leur période de ponte alors que les chenilles dont elles dépendent pour leur nourriture et celle de leurs nichées éclosent 9 jours plus tôt en synchronie avec l’avancée du débourrage des bourgeons et du développement des feuilles. Le développement des oisillons est ainsi compromis par une nourriture devenue plus rare lors de la période du nourrissage qui est en retard par rapport à l’optimum de présence de la ressource. Ceci expliquerait en grande partie le déclin de cette espèce que l’on observe aux Pays-Bas, déclin que l’on devrait donc mettre à charge du réchauffement climatique. Mais les résultats de ces études sont en contradiction avec celles menées en Angleterre sur une population de mésanges charbonnières du bois de Wytham, près d’Oxford sur la période 1970 – 1997. Les femelles de cette population ont avancé leur période de ponte de 13 jours (cf. McLeery & Perrins 1998 ; Cresswell & McLeery 2003 ). Sur la période 1961 – 2007, soit sur 47 années les mésanges ont avancé leurs dates de ponte en moyenne de 14 jours. Les données sur l’abondance de nourriture dans la forêt montrent que ces 14 jours correspondent à l’avancement de la présence des chenilles dans les bois (cf. Charmantier A, et al. 2008). Malgré la « rapidité » du changement en cours, ces mésanges auront donc su s’adapter.
Selon que l’on est « réchauffiste catastrophiste » ou «climato-sceptique » on insistera sur les dis-synchronies ou au contraire sur les adaptations. Les chercheurs eux vont s’interroger sur le pourquoi d’une telle différence, sur quels indices se fondent les mésanges pour décider de leur période de ponte et pour cela découvrir ce qui les induit en erreur dans le cas des populations hollandaises et qui au contraire expliquerait leur succès dans le cas des populations anglaises serait d’une aide précieuse. Cette adaptation fine et en temps réel du comportement est-elle due à une plasticité phénotypique ou à une microévolution ? Les chercheurs penchent pour la première hypothèse. (Pour en savoir plus cf. Charmantier A., et al. 2008 ainsi que l’article de l’auteur sur le site FUTRA-Science à télécharger ici ). En tout cas, il paraît bien difficile de faire un pronostic sur le devenir de l’espèce.

Changement climatique et survie des espèces
Une adaptation comportementale du même type de celle des populations de mésanges charbonnières britanniques a été établie pour le cerf élaphe (Cervus elaphus) à partir d’un suivi sur une période 28 ans d’une population de cette espèce d’ongulés sur l’île de Rum en Écosse. Les chercheurs ont relevé des variations temporelles significatives sur les dates d’œstrus et de mise bas pour les femelles ; sur les dates de perte des bois, de perte du velours, du début et de la fin du rut chez les mâles. Ces dates ont avancé de 5 à 12 jours sur la période. Ces chercheurs ont mis en évidence une corrélation entre ces changements et la croissance des plantes au printemps et en été. (Cf. Moyes K. et al., 2011). Il est donc étrange que celle-ci n’existe pas chez son cousin, le chevreuil (Capreolus capreolus). Ce dernier s’avère incapable de régler la période des naissances sur le pic printanier des ressources végétales dont il dépend (Plard F. et al., 2014) (Gaillard et al., 2013) alors que la lactation entraîne une augmentation de 230% des besoins énergétiques par rapport au métabolisme basal (Carruette et al., 2004, p. 114).

La fin annoncée du chevreuil forestier

Cette incapacité du chevreuil à modifier la période de naissance en fonction de l’optimum des ressources alimentaires forestières proviendrait du fait que le cycle reproductif du chevreuil dépend de la photopériode c’est-à-dire du rapport entre les durées du jour et de la nuit qui est resté le même alors que depuis la fin du petit âge glaciaire sous l’effet de températures plus douces le printemps est de plus en plus précoce, la végétation repart plus tôt. De plus, chez le chevreuil la date de naissance ne semble pas être héritable : bien que les femelles nées tôt dans la saison aient plus de chance de survivre, elles n’ont pas tendance à mettre bas plus tôt que les autres (Plard F. et al., 2014).

De cela on pourrait conclure que faute de nourriture suffisante pour les chevrettes allaitantes, les chances de survie de leurs faons seront plus faibles si la désynchronisation s’accentue au fil des ans. À long terme l’espèce pourrait décliner. Ce n’est pourtant pas le cas. « Le cerf et le chevreuil en France sont en forte augmentation depuis 1985(à 2013), tant en termes d’effectifs que de surface forestière colonisée » selon les statistique du Ministère de l’environnement (ici). Si l’on assiste à un tassement en milieu forestier après l’explosion démographique des années 90, globalement les effectifs de chevreuils sont en augmentation et leur expansion est continue. Si le chevreuil est pénalisé en milieu forestier par rapport à d’autres ongulés en ne pouvant pas adapter sa période de mise bas, il possède d’autres capacités qu’il peut utiliser pour développer des stratégies adaptatives à l’évolution du climat.
Changement climatique et survie des espèces

En particulier, Il est connu pour son aptitude à coloniser des milieux très divers. Forestier d’origine, Il ne vit plus seulement en forêt, il habite aussi le bocage, les pâturages où des haies lui permettent de se dissimuler. Il a commencé à coloniser la plaine, les « openfields » dès les années 50 où il se repose à même les labours, se fiant à l’homochromie de son pelage pour être à l’abri des regards indiscrets. Il peut demeurer aussi tout près des habitations, dans les banlieues des villes où il tire profit parfois des potagers pour améliorer son ordinaire (Carruette et al., 2004, pp. 56 – 60 ; Abbas F., 2011. pp.18 – 21). C’est la plasticité comportementale dont il fait preuve qui lui a permis de s’adapter à la fragmentation et à la diversification de son milieu initial. « La plasticité comportementale d'une espèce en fonction des conditions du milieu affecte son succès dans les paysages fragmentés. Le chevreuil est l’exemple le plus remarquable de cette plasticité chez les ongulés. Cette espèce a rapidement étendu sa répartition à partir de son habitat d’origine, la forêt tempérée, jusqu'aux plaines agricoles ouvertes et au biome méditerranéen. » (Abbas F., 2011, p.19) Il faut remarquer que la désynchronisation entre la période de mise à bas et l’optimum de ressources alimentaires ne vaut que pour les populations de chevreuils qui vivent dans les milieux forestiers et qui se nourrissent des jeunes pousses. Dans les milieux ouverts que le chevreuil a commencé de coloniser depuis un peu plus d’un demi-siècle, les chevrettes allaitantes ne souffrent pas de cette désynchronisation car avec les cultures agricoles, elles ont à disposition d’autres sources alimentaires. Cette plasticité comportementale fera sans doute que le changement climatique ne sera pas une menace bien grave pour la survie de cette espèce. Peut-on en conclure qu’à terme, il y aura des chevreuils dans le bocage et les milieux ouverts mais qu’il n’y aura plus de chevreuil dans les forêts si le réchauffement climatique se poursuit ?
Pour l’affirmer Plard F. et al., (2014), Gaillard et al., (2013) et les auteurs cités en références de ces articles supposent que le réchauffement climatique va se poursuivre et que le printemps arrivera de plus en plus tôt accentuant ainsi la désynchronisation avec la période de mise bas des faons. Cette hypothèse essentielle pour prédire un sombre avenir aux chevreuils strictement forestiers est pour le moins discutable.

Les raisons d’en douter

Admettons que le réchauffement se poursuive. Même dans ce cas, il n’est pas assuré que les printemps seront de plus en plus précoces. En particulier la précocité du débourrement des bourgeons pourrait diminuer faute d’hivers suffisamment froids pour lever leur dormance. En outre pour des peuplements de hêtres, de chênes pédonculés et de bouleaux pubescents, dans le cas d’un doublement CO2 sans limitation des ressources en eau, les températures nécessaires pour le débourrement augmenteraient de 4 à 6 degrés selon Lebourgeois F.& Godfroy P.(2006, p.39) qui citent Kramer & Mohren (1996) et Kramer et al.(2000). De manière plus générale l'action des différents facteurs sur la date de réalisation des phénophases apparaît complexe : « si la température et la photopériode sont généralement les principaux facteurs déterminant, d'autres paramètres interviennent aussi pour réguler la phénologie qui est, de plus, contrôlée génétiquement. L'influence des divers facteurs est variable suivant les espèces et les phénophases considérées. Ainsi, pour le débourrement du hêtre, la photopériode joue un rôle important, ce qui ne semble pas être le cas pour d'autres espèces telles que les chênes » (Differt J., 2001, p. 115) Pour l’auteur « la connaissance actuelle de la phénologie n'est pas une base suffisante pour des prévisions fiables ». Il est donc bien difficile de savoir si les printemps de l’avenir seront plus ou moins précoces que ceux d’aujourd’hui et ce qu’il en sera de la désynchronisation entre l’optimum des ressources alimentaires en forêt pour les chevreuils et les mises bas des chevrettes.

Changement climatique et survie des espèces
La date de débourrage des bourgeons varie en longitude, latitude et en altitude assez fortement et pour beaucoup d’espèces d’arbres, le hêtre excepté, sans corrélation avec la photopériode alors que la photopériode est déterminante pour la reproduction du chevreuil. Il en résulte que la synchronisation de la mise bas si elle existait dans les milieux forestiers caducifoliés tempérés n’est pas la règle en tout lieu et en tout milieu, indépendamment des modifications dues au changement climatique. Ainsi «L'élévation se traduit par un retard au débourrement de près de 7 jours par 100 m en Haute-Ardèche (Oswald 1969), 4j/100 m dans la région de Clermont-Ferrand (Lavarenne-Allary 1965), 2,6j/100 m en Bavière (Malaise1967). En Autriche, Worrall (1983) indique un retard de 1 jour pour une élévation de 17,2 mètres et 15,2 mètres pour l'épicéa et le mélèze. » (Lebourgeois F.& Godfroy P., 2006, p.35). Les variations selon la latitude, la longitude et l'altitude concernent principalement les événements phénologiques du printemps et de l'été, le début de la phénophase étant d’autant plus tardif que ces paramètres ont des valeurs élevées. Ainsi pour la longitude, les phénophases printanières commencent plus tard à l’Est qu’à l’Ouest. En Europe centrale, le décalage étant selon les espèces d’arbres de 0,4 à 1,6 jours pour 100 km. En France la variation est de 3,6 jours par degré. On observe également des variations en latitude. Plus on va vers le nord et plus le débourrage est tardif. Pour toutes ces données sur les variations phénologiques en longitude, latitude et altitude on se reportera à Lebourgeois F.& Godfroy P. 2006, pp. 33 – 36. Soulignons que cette variabilité se manifeste surtout au moment de la reprise de la végétation et va donc influer sur les périodes où les chevreuils devraient avoir le maximum de ressources alimentaires. Etant donnés son aire de répartition, les habitats colonisés, l’espèce est donc exposée à des variations phénologiques conséquentes qui peuvent être plus importantes que celles se manifestant en un même lieu à cause du réchauffement climatique. Par exemple dans la forêt de plaine en Limagne, le débourrage des bourgeons est en avance d’environ 22 jours par rapport à celui des bourgeons des arbres des forêts au pied du Puy de Dôme, alors que le réchauffement climatique aurait déterminé une avancée d’environ 15 jours seulement. L’espèce a donc été apte à faire face aux variations phénologiques dans l’espace affectant ses ressources alimentaires en variant son régime sinon elle n’aurait pas pu coloniser à partir de son milieu d’origine, les forêts caducifoliées de plaine de climat tempéré, des milieux aussi divers que les openfields, les forêts de montagne à dominante de résineux, de l’extrême sud de l’Espagne jusqu’à la Scandinavie. Apte à faire face dans l’espace aux variations phénologiques avec leurs désynchronisations éventuelles, pourquoi ne serait-elle pas apte à y faire face dans le temps ?

Changement climatique et survie des espèces
Dans un milieu pauvre caractérisé par des forêts de conifères et de landes de bruyères sur sol sablonneux au Danemark, dans l’est du Jütland, les chevreuils se nourrissent toute l’année de bruyère qui présente une forte teneur en lipide. Dans cette région la densité de chevreuil est faible mais les individus sont prospères (jusqu’à 20kg pour un brocard de quatre ans) (Carruette et al. (2004, p. 27). Aiguilles de conifères et bruyère ne sont certes pas des nourritures variées comme celles dont peut disposer le chevreuil dans une forêt caducifoliée à des latitudes plus basses mais elles sont présentes toute l’année. L’avancée du printemps due au réchauffement climatique n’a pas d’influence sur la ressource alimentaire disponible pour ces chevreuils forestiers pour leur poids, leur potentiel reproductif et la rapidité de la croissance des faons.

Le chevreuil vivant dans des forêts caducifoliées montre une appétence prononcée pour le lierre et la ronce qui sont disponibles toute l’année. Même lorsque des feuillages verts d’essences variées sont disponibles, lierre et ronce constituent encore dans une hêtraie-chênaie calcicole une partie importante du bol alimentaire (un quart selon Carruette et al. (2004, p. 116) qui s’appuie sur les travaux de Maillard et Picard(1987), Maillard et al. (1989). (note : Lierre et ronce ne seraient pas consommés en été dans la forêt de Chizé si l’on se fonde sur la liste fournie par Maryline Pellerin en annexe de sa thèse (Pellerin M. 2005, p. 233)).

D’autre part les populations de chevreuils montrent une tendance à l’autorégulation. Dans le cas des chevreuils vivant dans l’est du Jütland, une région pauvre en ressources, les chevreuils sont prospères mais peu nombreux. Pour l’Alsace on peut se rapporter au SDGC du bas Rhin, (2006, p. 69). Dans la forêt de Chizé, « forêt mise en Réserve Biologique Intégrale », la population de chevreuils est l’une des rares populations de grands herbivores en Europe, et la première en France, qui s’est stabilisée naturellement (i.e., présente une croissance annuelle nulle sans prélèvements par l’homme)( ici ). Dans la forêt des Trois Fontaines, le taux de croissance a baissé au cours de la période allant de 1985 à 2011 passant de 1,23 à 1,06 (Plard et al. 2014). La résultante mécanique de cette baisse est une densité moindre de chevreuils exploitant le milieu, cette densité étant le principal facteur déterminant la ressource alimentaire disponible (ici ). Il n’est donc pas étonnant que les études sur les «Réponses des populations de Vertébrés aux changements climatiques –paramétrage et premières applications de modèles prédictifs basés sur les processus démographiques» sur menées dans le cadre d’une appel à projet du GICC (Gestion et impact du Changement climatique) dépendant du Ministère de l’écologie, montrent que « les effets des conditions climatiques au printemps sur la survie des jeunes diffèrent selon que la densité de la population est faible ou forte » (Gaillard et Grosbois 2009, p. 9). La baisse de densité jointe à une exploitation intensive des ressources disponibles – bruyère dans le cas des populations danoises, ronces et lierre dans le cas des populations vivant dans des forêts caducifoliées – pourrait être un palliatif à la désynchronisation induite par la géographie et/ou le réchauffement climatique entre période de mise bas et période d’optimum des ressources alimentaires à disposition.

Certes, il y a une corrélation assez nette, mais avec des exceptions remarquables, entre la richesse du milieu, le poids des chevreuils, leur rapidité de croissance et leur performance démographique. Les chevreuils forestiers sont moins lourds que ceux de plaine et ont une croissance moins rapide. Selon l’état de la forêt, il y a aussi des variations sensibles. Les chevreuils vivant dans une jeune plantation offrant une végétation abondante en sous-bois seront plus lourds que ceux vivant dans une vieille futée avec une maigre végétation au sol due au manque de lumière. Ceux vivant dans une forêt ayant une forte productivité comme celle des Trois Fontaines auront de meilleures performances reproductives que ceux vivant dans une forêt à faible productivité comme celle de Chizé.

En résumé, il faut supposer chez le chevreuil une plasticité alimentaire, avec un avantage pour les chevreuils vivant dans un paysage agricole hétérogène où ils peuvent tirer tout le parti de cette plasticité, les ressources alimentaires étant variées (cf. Abbas F., 2011). Est-ce pour autant qu’il faut augurer la disparition du chevreuil forestier sur le long terme ? À dire vrai, il semble à l’évidence que nous n’en savons rien !
Que sera le climat de la Champagne (Forêt des Trois Fontaines), du Poitou (forêt de Chizé), de l’Alsace, des volcans d’Auvergne, du Jütland, …, dans cent ou même cinquante ans ? Est-ce qu’il y aura une poursuite du réchauffement global du climat comme le prédit le GIEC ? Les mésanges charbonnières auront-elles prospéré ? Auront-elles décliné ? Qu’en sera-t-il des populations de chevreuils ? Lorsque l’on étudie chaque espèce en détail, on prend la mesure de la complexité de chaque cas, des lacunes, des incertitudes voire des confusions de nos connaissances et pourtant, il s’agit d’espèces connues, faciles à étudier. Pour d’autres…
En toute honnêteté et modestie, Gaillard et Grosbois affirment à propos des vertébrés : « Les projections des dynamiques des populations de vertébrés étudiées pour les scénarios de conditions climatiques futures produits par la communauté IPCC (GIEC selon l’acronyme français) ont été entreprises (…). Cependant, ces projections sont encore soumises à de fortes incertitudes et posent d’importantes questions méthodologiques. » (Gaillard et Grosbois, 2009, p. 16). Cela peut être généralisé à l’ensemble du vivant.

Changement climatique et survie des espèces
Des oracles orientés et malavisés

En supposant que le réchauffement global se poursuive, nous sommes encore loin, semble-t-il, d’avoir atteint l’optimum médiéval. Il est agaçant de voir l’accent toujours mis sur le mauvais côté de la chose, sur les conjectures les plus pessimistes surtout lorsque le discours s’adresse au grand public. Particulièrement significative à cet égard est la co-production audiovisuelle grand public intitulée « Sciences en questions - Changement climatique et biodiversité » présentée par le Muséum National d'Histoire Naturelle, le GIS Climat-Environnement-Société et La Huit (accessible ici ). Cela est poussé jusqu’à la caricature dans la séquence intitulée « Quel est l’impact de l’augmentation de CO2 sur la biodiversité ? » dans laquelle Paul Leadley, professeur d’écologie à l’Université Paris XI ne développe que des exemples d’effets que l’on suppose potentiellement négatifs de cette augmentation, exemples qu’il va chercher à l’autre bout du monde sans jamais parler des effets bénéfiques pourtant avérés que cette augmentation a sur la végétation et sur les arbres en particulier. Arguant d’une réponse différentielle au CO2 entre les plantes grimpantes et les arbres dans les forêts tropicales, il invoque l’hypothèse d’une mort de ces arbres tués par ces plantes grimpantes qui se développeraient mieux et plus vite par une meilleure assimilation du CO2 ! Hypothèse pour le moins hypothétique puisqu’une étude sur la réaction des forêts tropicales au changement climatique réalisée par une équipe internationale coordonnée par Jérôme Chave du CNRS parue en 2008 (Chave J. et al. 2008) la même année que la réalisation de la vidéo montre que dans tous les sites étudiés à l'exception d'un seul, les espèces à croissance lente ont augmenté en biomasse, mais pas les espèces à croissance rapide. Il n’y a donc pas de preuve qui établirait clairement que les forêts tropicales ont modifié leur fonctionnement en réponse aux changements climatiques dans les deux dernières décennies. Elles réagiraient à des phénomènes intrinsèques, plutôt qu'aux changements climatiques. Cette étude de grande envergure a concerné plus de 2 millions d'arbres en forêts tropicales appartenant à près de 5000 espèces, répartis sur 12 sites et 3 continents qui ont été suivis depuis les années 1980. Dans les forêts tempérées, l’augmentation de CO2 a aussi des effets bénéfiques sur les arbres. Nécessaire à la photosynthèse, ce qu’est bien obligé de rappeler Paul Leadley dans son speech, on peut le considérer comme une sorte d’engrais atmosphérique qui favorise la croissance de la végétation. De plus en régulant leurs besoins hydriques par le contrôle de l’évapotranspiration les arbres de la plupart des espèces s’adaptent à un climat plus sec malgré la rapidité des changements. Cette plasticité a des limites à déterminer mais elle semble suffisante pour permettre leur migration. Là encore les conséquences du réchauffement climatique ne seraient pas aussi délétères que supposé initialement.

Comme le montrent les cas analysés dans cet article, il est assez mal avisé de vouloir jouer les Cassandre sur la question de l’impact d’un incertain changement climatique sur la biodiversité mais l’optimisme en la matière n’est pas de mise non plus, les études qui se succèdent ayant tendance à se contredire les unes les autres.

Des menaces plus graves sur la biodiversité

Cela dit, il y a bien d’autres causes de l’érosion de la biodiversité que le réchauffement climatique qui semble d’ailleurs marquer le pas. Et s’il advenait que les causes de ce changement ne soient pas d’origine anthropique mais cosmique, nous ne pourrions rien faire pour l’entraver. On pourrait simplement se consoler en considérant que si nous allions vers un refroidissement les conséquences sur la biodiversité seraient encore plus catastrophiques comme nous l’enseignent les glaciations passées.
Même s’il perdure, le réchauffement climatique n’est sans doute pas la menace la plus grave qui pèse sur la biodiversité. La menace la plus grave qui est établie en toute certitude, la cause majeure d’érosion de la biodiversité n’est rien d’autre que la transformation de l’usage des terres par les activités humaines. L’augmentation de la population humaine, une agriculture « chimique » et l’exploitation des ressources naturelles avec une intensité et une efficacité sans cesse accrue grâce aux perfectionnements technologiques accentuent le processus. Ce sont elles qui entraînent une accélération sans précédent de la destruction, la dégradation ou la fragmentation des habitats de nombreuses espèces animales et végétales. Ce sont sur elles qu’il faut agir en priorité si l’on veut tenter d’enrayer l’érosion de la biodiversité.

Références

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Wikimedia Commons : Ghislain38, Didier Descouens ,Richard Peter Deustche Fotothek, Mucki, Amanda77, Hans Hillwaert, Vera Buhl.
Changement climatique et survie des espèces

Dimanche 25 Mars 2018 Commentaires (1)

Voici le communiqué publié par un collectif d'associations dont Maisons Paysannes de France et Patrimoine Environnement concernant les conclusions du "groupe de travail sur l'éolien" piloté par le ministère de l'environnement. On note surtout une volonté d'entraver les possibilités de recours devant les tribunaux des associations de défense des riverains, des paysages, du patrimoine avec la reprise de propositions du Syndicat des Énergies Renouvelables. Plutôt que d'obliger les promoteurs à se conformer aux lois et règlements protecteurs en vigueur, il s'agit sinon d'empêcher du moins de restreindre singulièrement les possibilités des associations et des citoyens d'ester en justice parce qu'ils gagnent trop souvent leurs recours. Et cela avec la bénédiction des seules associations représentées qui étaient FNE, WWF et LPO ; associations dont on connait la complaisance à l'égard des pouvoirs (voir le livre de Fabrice Nicolino : Qui a tué l'écologie?) et les ambiguïtés.
Les nuisances environnementales, les atteintes à la biodiversité et à la naturalité, la destruction des paysages devaient-elles cesser d'être prises en compte dès qu'il s'agit de ces gigantesques machines à brasser du vent et à hacher oiseaux et chauves-souris?
Pour elles les leçons que l'on prétend tirer de Notre-Dame-des-Landes ne s'appliqueraient pas. Pourquoi ?


A la suite de l’annonce des conclusions du groupe de travail sur l’éolien, les associations signataires font connaitre leur vive opposition aux mesures annoncées jeudi 18 janvier 2018 par Monsieur Sébastien Lecornu, Secrétaire
d’Etat à la Transition écologique et solidaire.

1. La soit disant consultation évoquée par le ministre a soigneusement tenu à l’écart les riverains d'éoliennes et les associations qui les représentent et ont pour objet la défense du Patrimoine et des paysages ;

2. Ces mesures ne prennent aucunement en compte l’impact de la proximité des habitations face à des engins de plus en plus haut (200 mètres) ;

3. Elles ignorent tout autant la protection des paysages et l’environnement du patrimoine, classé par l’Etat, qui n’est même pas mentionné par les propositions ;

4. Il s’agit par une démarche à caractère financier (sur le dos des consommateurs) de faciliter à tout prix une industrialisation massive des espaces naturels et agricoles, au mépris de ce que devrait être une démarche écologique respectueuse ;

5. Pour tenter de museler l’opposition des citoyens, le choix est fait de mettre en place des procédures dérogatoires au droit commun français.
 

Un véritable équilibre doit être trouvé entre la politique de protection du patrimoine et celle de l’environnement. Toutes deux contribuent à l’activité économique.

Les associations signataires restent disposées à une véritable concertation qui doit enfin avoir lieu entre le gouvernement et les parties prenantes.
 

Dimanche 21 Janvier 2018 Commentaires (1)

Cet article complète un article précédent : " Les végans croient qu’un régime végétalien permet de manger sans tuer ou faire souffrir des animaux. C’est faux !" Il s'agit d'un examen de la critique de l'article Mike Archer "Ordering the vegetarian meal? There’s more animal blood on your hands" parue sur le blog de l'association L 214.Ce texte est révélateur de la façon dont cette association et ses membres traitent leurs contradicteurs : total contresens sur le propos assaisonné d'invectives et d'insultes contre quelqu'un qui a eu l'outrecuidance de contester leurs dogmes. Le rejet de la domestication et le tabou de la viande tels sont les deux piliers du véganisme comme le montre cette controverse.


En annexe, le lecteur trouvera la traduction de l'article de Mike Archer initialement publié en anglais sur le site "The conversation". Il pourra se faire ainsi sa prorpre opinion sur ce texte.

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Pour L214 , c’est l’astrophycien végan Aurélien Barrau qui s’était chargé de critiquer l’article de Mike Archer « Ordering the vegetarian meal? There’s more animal blood on your hands » lorsque celui-ci faisait le buzz sur les réseaux sociaux. Sa spécialité ne le recommandait pas spécialement pour effectuer ce genre d’exercice et dès le début de son texte, c’est vraiment mal parti.
 
Toute la réfutation est hors sujet. Barrau comme bien d’autres critiques végans ont négligé le fait que l’article d’Archer concerne l’Australie. Il suffit de lire son texte pour le voir. Mais de plus en réponse à des commentaires sous le texte il précise : « my focus was on the Australian situation ». Peine perdue pour beaucoup de commentateurs dont Barrau.
 
Barrau fait comme si Archer plaidait simplement pour un régime omnivore à base de viande. Or le régime qu’il considère éthiquement et écologiquement responsable POUR L’AUSTRALIE est certes un régime omnivore à base de viande, mais de viande bovine issue de bétails élevés à l’herbe sur des parcours et dans des pâtures australiennes ou de viande de kangourou provenant de chasses à but commercial. Il ne propose pas de manger de la viande de bovins nourris avec du blé et du soja dans des parcs d’engraissement. Il est sans doute opposé à ce type d’élevage, vues les références à Simon Farlie et Lierre Keith et son souci que la superficie des terres consacrées aux grandes cultures ne soient pas augmentée.
 
Selon Barrau, l’enjeu de l’article consisterait  à tenter de placer le lecteur dans la catégorie des gens qui font preuve d’une violence qui n’a même pas le courage de s’assumer ; la violence en question étant de faire le choix de consommer de la viande. « Celui qui non seulement poursuit l’activité [de consommer de la viande] et veut de plus se convaincre qu’il est bienfaisant envers ses victimes, adopte un positionnement particulièrement lâche et intenable au niveau éthique ». Mike Archer serait donc un lâche embrassant le mal. Comme injure, on ne peut guère faire mieux. Cet exergue particulièrement agressif et méprisant est bien dans le style des végans.
 
Barrau l’étaye sur deux prémisses qu’il considère incontestables « l’industrie de la viande cause d’infinies souffrances à des êtres sensibles » et « je sais que [je] n’ai pas biologiquement besoin de viande ». Abstraction faite de l’hyperbole « infinies souffrances » la première n’est pas fausse mais Archer ne plaide pas en faveur de cette industrie, bien au contraire.  Ce que défend Archer dans son texte est un élevage extensif herbager et dans ce cas parler d’infinies souffrances n’est pas seulement exagéré, c’est faux. Même des tenants de la libération animale moins excessifs que Barrau le reconnaissent : sans doute une vie de bovin dans un élevage herbager extensif vaut la peine d’être vécue même si elle renferme son lot de désagréments et de souffrances.  Mais existe-t-il une vie qui n’en renferme pas ?
 
La seconde est par contre très discutable. Les spécialistes de la question ne sont pas d’accord entre eux et il est difficile de croire qu’un régime végétalien soit une bonne chose, ne serait-ce que parce que l’équilibrer sans l’aide d’un nutritionniste professionnel est délicat. Pour les enfants, il est pour le moins aventureux. 
 
Mais le pire est que Barrau se contente d’affirmer sans preuve que l’enjeu de l’article est celui qu’il indique alors que ce n’est pas du tout le cas. Archer ne pose pas le problème en ces termes. Pour lui, il s’agit de dénoncer l’hypocrisie des végans qui racontent que leur régime est « sans souffrance animale » et ne nécessite pas de tuer des animaux. Il s’agit ensuite de repenser la façon de vivre de façon soutenable des ressources naturelles de l’Australie, de s’y insérer de telle sorte que l’ile soit encore vivable, et capable de nourrir ses habitants sur le long terme tout en préservant la faune et la flore autochtone et en l’utilisant de façon responsable. Voir son ouvrage, Going Native, 2004 dont le titre est à lui seul tout un programme. Ce qu’il dénonce, c’est la destruction des milieux naturels primitifs de l’ile pour leur infliger des monocultures de plantes étrangères, ces plantes qui sont à la base des régimes végans.
 
Bref avec des insultes liminaires fondées sur des affirmations discutables ou fausses et sur des contresens, c’est vraiment mal parti. 
 
Et ça continue …
 

Barrau écrit : « il faut typiquement dix fois plus de cultures pour nourrir les animaux d’élevage que pour nourrir directement les hommes avec des végétaux ! L’argument de l’auteur joue donc précisément contre son propos. L’affaire est entendue. »
 
Malheureusement pour lui, il s’agit dans le cas d’espèce envisagé par Archer de modes d’élevage herbager dans lesquels le bétail est nourri à l’herbe. Il ne faut que des surfaces de cultures insignifiantes pour ces modes d’élevage, voire pas du tout. L’affaire est loin d’être entendue et Barrau a tout faux.
 
Barrau écrit « l’article est totalement incohérent parce qu’il compare essentiellement de la viande qui serait obtenue par prélèvement (gardons à dessein des termes froids et neutres) dans la nature à une alimentation végétarienne provenant de cultures de céréales ! S’il était logiquement conséquent il considérerait alors des végétariens qui se nourrissent en cueillant les fruits sur les arbres de forêts. »
 
Décidément, on dirait que Barrau ne connaît rien à l’élevage sur prairies ou en parcours. Cette viande n’est nullement « obtenue par prélèvement dans la nature », il s’agit d’élevage et non de chasse bien que Archer préconise aussi d’ajouter à la viande bovine d’élevage, de la viande de kangourou obtenue par une chasse soutenable, c’est-à-dire préservant la bonne santé des populations chassées. Ensuite si cet élevage et cette chasse sont réels et permettent d’obtenir une grande partie de la viande rouge consommée sur l’ile, les végétariens frugivores humains se nourrissant des fruits des arbres des forêts australiennes sont issus de l’imagination de Barrau. Comment opposer des pratiques réelles à des fictions saugrenues ?
 
Mais cette fiction est en fait un procédé rhétorique pour mettre les modes d’élevages herbagers entre parenthèses et opposer un régime végétalien à un régime omnivore avec de la viande d’animaux nourris aux grains (céréales/légumineuses). Barrau se réfère aux cochons, aux moutons et aux bovins. Ce qui va lui permettre d’assener ce dont les végans nous rebattent les oreilles : «L’essentiel des cultures aujourd’hui déployées sur Terre sont faites pour nourrir des vaches, des cochons et des moutons. C’est un fait que personne ne peut contester (…) Donc tous les arguments – très pertinents – suivant lesquels ces cultures sont nuisibles sont précisément ceux pour lesquels il faut en effet diminuer l’alimentation carnée » 
 
Pour les cochons, il est effectivement indiscutable que l’immense majorité d’entre eux  sont élevés hors sol avec des farines végétales, pour la France souvent importées, ce qui est une hérésie. Selon les modes d’élevage pour les moutons et les bovins, l’herbe et le fourrage peut aller de 60 à près de 100% de la ration.
 
Cela dit, dans le régime que défend Archer, il n’est question ni de porcs ni de moutons, seulement de bovins élevés en herbager extensif et de kangourous « prélevés dans la nature ». Je ne sais ce que cherche à réfuter Barrau, mais ce n’est pas ce que défend ou propose Archer dans son article. Je pense qu’Archer n’est pas partisan de « l’industrie de la viande » que pourfend Barrau. En tout cas, pour ce qui est de l’Australie, compte tenus des arguments qu’il avance, Archer ne l’est pas. Pour lui l’Australie doit compter sur ses landes pour un élevage bien plus écologiquement responsable dans lequel les ruminants ont leur véritable utilité – transformer de l’herbe en protéines assimilables par l’homme – et se nourrissent conformément à leur nature de ruminants. Il est aberrant de nourrir les ruminants avec des céréales et des tourteaux de soja dans des élevages hors sols et de bousiller des milieux naturels pour les mettre en culture afin de les produire. Nul besoin d’être végan pour s’accorder sur un tel constat. Mais qui défend cela ? Pas Mike Archer en tout cas qui regrette même que l’Australie pratique des cultures de céréales pour l’export.
 
Au passage Barrau souligne que « cultiver pour les hommes et non les animaux d’élevage permettrait de nourrir environ 4 milliards d’humain[s] en plus ». Il reprend cet argument dans deux passages de son texte. Or ce n’est pas le régime végétalien qui est censé nourrir le plus de gens mais un régime lactovégétarien pour une raison simple, c’est que la majorité des terres pâturées ne peuvent être mises en culture, trop humides, trop sèches, sol trop pauvre ou pas assez profond… C’est notamment le cas de l’Australie pour 70% de son territoire comme le souligne Archer dans son texte.
 
De plus il faut se méfier d’une sorte d’effet rebond en la matière. Tout le passé de l’humanité montre que dès qu’il y a un potentiel de nourriture disponible la population croît. Or ce serait une très mauvaise chose du point de vue de la durabilité de l’espèce humaine car il y a déjà surpopulation par rapport à une capacité de charge terrestre qui ne pourra pas toujours être artificiellement augmentée. Pour Archer « « We can certainly agree about the most threatening elephant in the room in this and most other sustainability discussions: massive human overpopulation. » Donc inutile d’en rajouter et c’est Archer en la matière qui a raison.
 
Pour appuyer ses dires sur le caractère néfaste écologiquement de l’élevage, Barrau ressort un « visuel » de propagande de son association L214 où il est indiqué que pour produire 1 kg de viande de bœuf, il faut 1 500 litres d’eau sans préciser bien entendu qu’il ne s’agit pas d’eau potable mais d’eau virtuelle qui comptabilise l’eau de pluie qui tombe sur les parcours et les pâtures et qui y tomberait de toute façon qu’il y ait ou non des troupeaux qui y sont élevés. Cette eau de pluie dite « verte » constitue l’essentiel de ces fameux 1500 litres dont les végans nous rebattent les oreilles mais Barrau est astrophysicien, pas agronome et il peut colporter sans état d’âme les approximations qui l’arrangent.
 
Barrau qui croit avoir montré l’inanité éthique des préconisations de Mike Archer va dans une seconde partie de son article « noter quelques points signifiants ».

● « Il [Mike Archer] insinue qu’il va proposer un cheminement sous couvert de l’autorité de Singer afin de mettre le lecteur réticent en confiance. » Mike Archer n’insinue rien du tout. Il reprend le principe de Peter Singer selon lequel « si nous pouvons choisir la façon de nous nourrir, nous devons choisir celle qui cause le moins de souffrances inutiles aux animaux » et il veut de démontrer qu’en Australie, un type de régime à base de viande bovine et de kangourou est celle qui répond à ce principe et non comme l’ont conclu Singer et d’autres théoriciens et militants de la « libération animale » un type de régime végétalien. On remarquera les connotations péjoratives du verbe choisi « il insinue » et non « il suggère », terme neutre. Et bien entendu, il ferait cela pour « duper » le lecteur. C’est donc reparti pour les sous-entendus malveillants et les injures plus ou moins voilées en guise d’arguments.
 
● « De façon volontaire ou non, l’article a conduit nombre de lecteurs – la consultation des réseaux sociaux l’atteste – à croire à l’existence d’un vaste débat sur le sujet alors que ce n’est évidemment pas le cas : personne ne doute sérieusement que l’industrie de la viande soit hautement néfaste à l’environnement et hautement cruelle pour les animaux qui en sont victimes. » Encore faut-il préciser ce que l’on entend par industrie de la viande. En outre les méfaits écologiques que les végans attribuent à l’élevage herbager font effectivement débat. Voir le cas de l’eau, mon article « Stop au bourrage de crâne » https://www.jfdumas.fr/Stop-au-bourrage-de-crane-Le-mode-de-vie-vegan-n-est-ni-ecologique-ni-ethique-_a389.html et la bibliographie associée, les dossiers de l’INRA sur la question et les références associées (http://www.inra.fr/Chercheurs-etudiants/Systemes-agricoles/Tous-les-dossiers/Fausse-viande-ou-vrai-elevage/Quelques-idees-fausses-sur-la-viande-et-l-elevage/(key)/0). Pour ce qui concerne la cruauté de l’élevage industriel, il ne devrait guère y avoir de débat mais ce n’est pas le cas de l’élevage herbager au moins jusqu’au transport à l’abattoir. C’est à ce niveau que le bât blesse et que les choses devraient être singulièrement améliorées. Elles le seraient déjà beaucoup si les règles du « bien-être animal » étaient appliquées. Il y a donc débat.
 
● « Laisser croire à une situation incertaine quand il n’y a pas de débat authentique est une supercherie intellectuelle. Quand, de plus, il s’agit non pas d’un simple positionnement théorique mais de la légitimation de la mise à mort de 2000 êtres vivants par seconde, la technique devient nauséabonde » Donc dans son article Mike Archer se rendrait coupable d’une supercherie intellectuelle nauséabonde en faisant croire qu’il y a débat concernant les dégâts environnementaux de l’élevage industriel. Toujours l’injure et l’invective et toujours aussi mal à propos !
 
Comme on vient de le voir, les dégâts attribués à l’élevage qui n’est pas un élevage intensif hors sol font débat. Mais ce n’est pas la question que soulève Archer dans son article. Il oppose l’agriculture qui a détruit les milieux naturels de l’Australie, leurs végétations et leurs faunes autochtones et l’élevage qui les laisse intact pour l’essentiel. Et cela ne fait pas débat.

En outre est hors de propos la référence aux « 2000 êtres vivants tués par seconde » qui sont des animaux de boucherie,  volailles, monogastriques et ruminants, toute espèce confondue au niveau de la Planète : « estimation approximative du nombre d’animaux tués à l’échelle planétaire pour fournir la viande utilisée dans l’alimentation humaine », car répétons-le : l’article de Mike Archer concerne l’Australie.
 
● « L’article exprime une empathie attendrissante pour les souris tuées lors des labours ou dans les silos à grain. Il cherche à rallier la sympathie de ceux qui savent qu’en effet ces petits mammifères sont capables de ressentis très subtils (…). Le processus est assez grossier car il est difficile de croire que l’auteur puisse réellement se soucier du sort des souris compte-tenu de l’immense cynisme de son entreprise. » Toujours des invectives et des insultes. Il ne s’agit pas de rallier la sympathie mais de montrer qu’il s’agit d’êtres sensibles qu’il faut tuer pour préserver les récoltes qui sont les éléments de base du régime végétarien et végétalien. Il y a autant de raison de se soucier du sort de ces animaux que de celui des animaux de boucherie.
 
● « L’article use de l’argument suivant lequel nos dents et notre système digestif seraient adaptés à la consommation de viande. Il est fort regrettable qu’il utilise ici le mode assertorique – qui l’assène comme une évidence – alors que(…) il y a là un véritable débat chez les spécialistes ! » C’est faux. Il n’y a que certains végans qui nient cette évidence….
 
● « Plus généralement, l’article semble user d’un stratagème assez banal et étonnamment efficace : plus la supercherie est « grosse », plus le mensonge est « évident », mieux il fonctionne. L’abattage des animaux pour fournir de la viande tue environ 65 milliards d’animaux terrestres par an (et sans doute environ mille milliards de poissons, crevettes, poulpes, etc.). La mise à mort se passe souvent dans des conditions indescriptibles, après les avoir condamnés à une vie de pure souffrance. Présenter cela comme un bienfait pour les animaux est aussi logiquement stupéfiant qu’éthiquement innommable ». « Stratagème », « supercherie », « mensonge », les amabilités continuent de pleuvoir… Mike Archer n’a jamais présenté comme « un bienfait » pour les animaux d’être mis à mort. Il a simplement affirmé que la mort d’un bovin tué abattu dans les règles était moins cruelle, moins douloureuse que celle d’une souris tuée par empoisonnement. Le vrai reproche que l’on peut faire à Archer, c’est de ne pas s’interroger sur le respect effectif de ces règles et de le tenir pour acquis. Mais peut-être que même dans les cas où les bovins sont abattus de façon condamnable, la souris empoisonnée souffre encore plus…
 
C’est le sang de ces petits rongeurs et autres animaux des champs que les végans ont sur les mains pour se nourrir. Et au total, cela fait beaucoup plus de victimes que lorsque l’australien « carniste » mange son steak de kangourou ou de bœuf élevé à l’herbe sur le sol de son ile. Et bien entendu, c’est cela que Barrau ne veut pas entendre même si cette conclusion ne vaut que pour cette contrée lointaine très différente de la nôtre.
 
 
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Bien entendu le régime considéré comme éthiquement recommandable et écologiquement responsable pour l’Australie ne le serait peut-être pas en Europe, la situation de l’Australie, sa géographie, sa végétation, sa faune et sa flore étant tout à fait singulière.  D’ailleurs en Europe, il n’y a pas de kangourous à chasser ! Les pullulations de souris qui sont à la base de l’argument d’Archer n’existent qu’en Australie, en Chine et par endroit en Californie. Ailleurs, il semble que ce ne soit pas le cas. D’ailleurs Archer reconnait que « In other areas it's less clear how many sentient animals are killed to produce a given amount of grain. I can't comment on this because my focus was on the Australian situation. » Pourquoi ne pas l’admettre et s’en tenir là ?
 
Peut-être parce que les végans veulent que la consommation de viande soit bannie partout, ou du moins partout où la civilisation occidentale prédomine. Le véganisme ne défend pas « les animaux », catégorie hétérogène s’il en est. Ce qu’il condamne, c’est la domestication et donc parmi les espèces du règne animal, celles qui importent aux végans sont celles dont nous tirons notre nourriture, dont nous utilisons les produits dans le cadre de cette domestication, ce qui revient à se soucier d’avantage de ces espèces que des autres. Les espèces sauvages ne les intéressent que si elles sont chassables, mangeables, utilisables d’une façon ou d’une autre. Les ravageurs des cultures ne font pas partie de leur priorité. Ils refusent de manger du miel pour ne pas exploiter les abeilles et risquer de les tuer mais ils se soucient peu de l’extermination des doryphores dans les champs de pomme de terre ! Voilà bien la   preuve qu’un strict « anti-spécisme » est intenable.


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Mike Archer

Commander un repas végétarien ? C’est avoir plus de sang sur les mains !
 
L’éthique des mangeurs de viande rouge a été récemment mise sur la sellette par des critiques qui s’interrogent ses conséquences pour l’état de l’environnement et le bien-être animal. Mais si vous voulez minimiser la souffrance animale et promouvoir une agriculture soutenable, adopter un régime végétarien risque d’être la pire des choses  que vous pourriez faire.
 
Un éthicien réputé Peter Singer déclare que si nous pouvons choisir la façon de nous nourrir, nous devons choisir celle qui cause le moins de souffrances inutiles aux animaux. La plupart des avocats des droits des animaux considèrent que cela signifie que nous devons manger des végétaux plutôt que des animaux.
 
Il faut environ entre deux et dix kilos de végétaux, selon le type de céréales considérées, pour produire un kilo d’animal. Etant donnée la quantité limitée de terres productives dans le monde, il peut paraître à certains qu’il est plus logique de réserver notre intérêt culinaire aux végétaux, parce que l’on pourrait sans doute obtenir plus d’énergie par hectare pour la consommation humaine. Théoriquement ceci devrait aussi signifier que moins d’animaux sensibles seraient tués pour rassasier les appétits voraces de toujours plus d’humains.
 
Cependant avant de rayer la viande rouge produite dans des zones de parcours (rangelands-produced  red meat)  de la liste des « bons à manger » pour des raisons éthiques ou environnementales, testons ces hypothèses.
 
Les données publiées suggèrent que, en Australie, produire du blé ou autres céréales conduit à :
     ●       au moins 25 fois plus d’animaux sentients tués par kilogramme de protéines exploitables
     ●       plus de dommages environnementaux, et
     ●       bien plus de cruauté envers les animaux qu’il en résulte de l’élevage pour la viande rouge.
 
Comment cela est-il possible ?
 
Pour produire du blé, du riz et des légumineuses, l’agriculture nécessite le défrichage de la végétation indigène. À lui seul cet acte cause la mort de milliers d’animaux et de plantes australiennes par hectare. Depuis que les Européens arrivèrent sur ce continent, nous avons perdu plus de la moitié d’une végétation indigène endémique, principalement pour augmenter la production de monocultures d’espèces introduites pour la consommation humaine.
 
La plupart des terres arables de l’Australie sont déjà exploitées. Si plus d’Australiens veulent que leurs besoins nutritionnels soient satisfaits par des plantes, nos terres arables devront être cultivées encore plus intensivement. Cela nécessitera une nette augmentation de l’usage d’engrais, d’herbicides, pesticides et autres fléaux pour la biodiversité et la santé environnementale. Ou, si les lois actuelles étaient changées, plus de végétation indigène devrait être éradiquée pour l’agriculture (une surface de la grandeur de l’état de Victoria et de l’état de Tasmanie pour produire la quantité supplémentaire requise pour une nourriture végétalienne).
 
La plupart du bétail abattu en Australie se nourrit uniquement sur des pâturages. Ce sont habituellement de zones de parcours qui constituent environ 70% du continent.
 
Le pâturage se déroule principalement  sur des écosystèmes indigènes. Ceux-ci ont et maintiennent un niveau beaucoup plus haut de biodiversité indigène que les cultures. Ces zones de parcours ne peuvent pas être utilisées pour produire des récoltes, de telle sorte que dans ces zones la production de viande ne limite pas la production d’aliments végétaux. L’élevage est la seule façon pour les humains d’obtenir de substantiels nutriments de 70% du continent.
 
Dans certains cas, les zones de pâturages extensifs ont été considérablement altérées pour augmenter le stock de végétaux faciles à stocker. Le pâturage peut aussi causer des dommages significatifs comme la perte de terre arable et l’érosion. Mais il ne conduit pas à la « blitzkrieg » contre l’écosystème naturel requise pour faire pousser les cultures.
 
Ces dommages environnementaux ont amené des environnementalistes célèbres à remettre en question leurs préconceptions. Le défenseur de l’environnement britannique Georges Monbiot, par exemple, rendant publique sa conversion de végan à omnivore après avoir lu le plaidoyer de Simon Fairlie sur la soutenabilité de la viande. Et la militante environnementaliste Lierre Keith a documenté les incroyables atteintes à l’environnement global impliquées dans la production de nourriture végétale pour la consommation humaine.
 
En Australie nous pouvons aussi satisfaire une part de nos besoins en protéines en utilisant de façon soutenable la viande de kangourous sauvages. A la différence des animaux de boucherie introduits, ils ne portent pas atteinte à la biodiversité indigène. Leur démarche est légère, ils produisent peu de méthane et ont de relativement faibles exigences en eau. Ils fournissent aussi une viande exceptionnellement saine, pauvre en matière grasse.
 
En Australie 70 % du bœuf produit pour la consommation humaine provient d'animaux élevés sur des pâturages avec très peu ou pas de suppléments de céréales. En permanence, seulement 2 % du troupeau de bovins national de l'Australie mangent des céréales dans des parcs d’engraissement ; les autres 98 % sont élevés à l'herbe. Les deux tiers de bétail abattu en Australie se nourrissent uniquement  au pâturage.
 
Pour produire des protéines à partir de la viande de bovins élevés à l’herbe, on tue du bétail. Une bête morte livre (en moyenne, sur l’ensemble des pâturages Australiens) une carcasse d’environ 288 kilogrammes. C’est approximativement 68% de viande désossée qui, à raison de 23% de protéines donne 45 kg de protéines par animal tué. Ceci implique 2,2 animaux tués pour 100 kg de protéines animales utilisables.
Produire des protéines à partir de céréales implique de labourer les praires et de les ensemencer. Tous ceux qui se sont assis sur un tracteur en train de labourer savent que les oiseaux de proie qui vous suivent toute la journée ne sont pas là parce qu’ils n’ont rien d’autre de mieux à faire. Labourer et récolter tue des petits mammifères, des serpents, des lézards et autres animaux en grand nombre. En outre des millions de souris sont empoisonnées chaque année dans les installations de stockage des grains.
 
Le plus grand nombre de pertes d’êtres sensibles et le mieux documenté est celui des souris empoisonnées lors de leurs invasions. 
Partout en Australie où l’on produit des céréales, une invasion de souris a lieu en moyenne tous les quatre ans avec 500 à 1000 souris par hectare. Le poison en tue au moins 80%.
Au moins 100 souris sont tuées par hectare et par an (500/4 x 0.8) pour faire pousser les céréales. Les rendements moyens sont de 1.4 tonnes de blé/hectare ; 13% du blé constitue des protéines utilisables. Par conséquent, au moins 55 animaux sentients  meurent pour produire 100kg de protéines végétales utilisables : 25 fois plus que pour la même quantité de viande de bovins élevés en terre de parcours (rangeland beef).
 
Une partie de ces céréales sont utilisées pour « finir » les broutards dans les parcs d’engraissement (une autre est destinée aux vaches laitières, aux porcs et à la volaille), mais malgré cela, beaucoup plus d’êtres vivants sensibles sont sacrifiés pour produire des protéines utilisables à partir des céréales que du bétail de zone de pâturages extensifs.
 
Il y a une autre question à aborder ici : la question de la sensibilité (sentience) – la capacité à ressentir, percevoir ou être conscient.
 
Vous pouvez ne pas penser que les milliards d’insectes et d’araignées tués par la production de céréales sont sentients, bien qu’ils perçoivent et répondent au monde qui les entoure. Vous pourriez ignorer les serpents et les lézards en tant que créatures à sang froid incapables de sensibilité bien que qu’ils forment des couples et prennent soin de leurs jeunes. Mais pour les souris ?  
 
Les souris sont beaucoup plus sensibles (sentientes) que nous le pensons. Elles chantent les unes aux autres des chants d’amour complexes, personnalisés qui deviennent de plus en plus complexes au cours du temps. Chanter quel que soit le genre de chant est un comportement rare parmi les mammifères qui n’était connu auparavant que chez les baleines, les chauves-souris et les humains.
 
Comme des adolescentes humaines en pamoison, les jeunes filles souris essaient de se rapprocher d’un chanteur de charme talentueux. A présent les chercheurs tentent de déterminer si les  innovations dans les chants sont génétiquement programmées ou si la souris apprend à varier ses chants lorsqu’elle grandit.
 
Les bébés souris laissés au nid chantent pour leur mère – un genre de chant pleureur pour lui dire de revenir. Pour chaque femelle tuée par le poison que nous répandons, en moyenne six bébés souris entièrement dépendants mourront de faim, de déshydratation ou par prédation malgré qu’ils aient chanté de tout leur cœur pour appeler leur mère, lui dire de revenir à la maison.
 
Quand le bétail, les kangourous, ou d’autres animaux de boucherie sont abattus, ils sont tués instantanément. La souris meurt lentement et d’une mort par empoisonnement très douloureuse. Du point de vue du bien-être, ces méthodes de tuer sont parmi les moins acceptables. Bien que les bébés kangourous soient parfois tués ou laissés à eux-mêmes, seulement 30% des kangourous tirés sont de femelles, dont quelques-unes seulement auront des jeunes (Selon le code déontologique de l’industrie, les chasseurs doivent éviter de tirer sur des femelles avec des jeunes dépendants). Cependant, lorsque nous empoisonnons délibérément leurs mères par millions, souvent nous laissons mourir de nombreux bébés souris dépendants.
 
Remplacer la viande rouge par des céréales conduirait à la mort de beaucoup plus d’animaux sensibles (sentients), une souffrance animale beaucoup plus grande et entrainerait significativement plus de  dégradations environnementales. Des protéines obtenues à partir de bétails élevés à l’herbe coûtent bien moins de vies par kilogramme : c’est un choix qui est plus humain, plus éthique et bénéfique à l’environnement.
 
Ainsi, que doit faire un humain affamé ? Nos dents et notre système digestif sont adaptés à un régime omnivore. Mais aujourd’hui nous devons prendre en compte des questions philosophiques. Nous nous soucions de l’éthique mise en jeu dans la mise à mort d’herbivores et nous nous demandons s’il n’y aurait pas une autre façon plus humaine d’obtenir des nutriments adéquats.
 
Compter sur les céréales et les légumineuses conduit à la destruction des écosystèmes indigènes, à des menaces significatives sur les espèces indigènes et à au moins 25 fois plus d’animaux sensibles (sentients) morts par kilogrammes de nourriture. La plupart d’entre-eux se chantent des chansons d’amour les uns aux autres, jusqu’à ce nous les tuions en masse de façon inhumaine.
 
L’Honorable Michael Kirby, ancien juge à la Haute Cour, écrit que :
 
« Par notre sensibilité (sentience) partagée, les êtres humains sont intiment connectés aux autres animaux. Pourvu de raison et de parole, nous sommes les seuls capables de prendre des décisions éthiques et de nous unir pour un changement social au bénéfice d’autres qui n’ont pas de voix. Les animaux exploités ne peuvent protester contre leur traitement ou demander une vie meilleure. Ils sont entièrement à notre merci. Ainsi toute décision concernant le bien-être animal, que ce soit au Parlement ou au Supermarché, nous met en face d’un grave test de caractère moral »
 
Nous savons que les souris ont une voix mais nous ne l’avons pas écoutée.
 
Le défi pour un mangeur éthique est de choisir le régime qui cause le moins de morts et de dommages à l’environnement. Il semble qu’un régime omnivore qui inclut la viande bovine d’élevage herbager soit plus soutenable d’un point de vue éthique et même que le soit un régime qui inclut du kangourou prélevé dans la nature de façon durable.
 
Je remercie de nombreux collègues et parmi eux Rosie Cooney, Peter Ampt, Grahame Webb, Bob Beale, Gordon Grigg, John Kelly, Suzanne Hand, Greg Miles, Alex Baumber, George Wilson, Peter Banks, Michael Cermak, Barry Cohen, Dan Lunney, Ernie Lundelius Jr et les experts relecteurs anonymes de l’article de l’ Australian Zoologist pour leurs utiles critiques.
 

Tf. : JF D.

Titre original :  Ordering the vegetarian meal? There’s more animal blood on your hands
https://theconversation.com/ordering-the-vegetarian-meal-theres-more-animal-blood-on-your-hands-4659

Dimanche 21 Janvier 2018 Commentaires (0)
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