Le site internet de la Coordination Antinucléaire du Sud-Est vient d’être informé le mardi 6 janvier 2015qu’il fait l’objet d’une plainte en diffamation d’Areva pour un article mettant en cause la pénétration du lobby nucléaire auprès des élus.


Appel à soutien : AREVA porte plainte contre la Coordination Antinucléaire du Sud-Est
La Coordination Antinucléaire du Sud-Est est constituée de collectifs informels et d'individus, reliés en réseau autour d’un site internet pour l’arrêt immédiat et inconditionnel du nucléaire. Elle n’a pas d’argent, pas de personnel salarié, pas de locaux, pas de budget, pas de subvention ni de hiérarchie ou de délégation de pouvoir.
Sa force est son engagement anti-nucléaire, une opposition au nucléaire totale et sans concession.
Cette assignation en justice n’a d’autre objectif que de tenter de réduire au silence ce collectif qui a l’outrecuidance de dire haut et fort tout le mal qu’il pense d’Areva.
Après l’Observatoire du nucléaire, Areva qui malgré sa déconfiture financière récente a encore de gros moyens, attaque avec son staff de juristes une autre association citoyenne en diffamation pour la faire taire et dissuader toutes celles et ceux qui voudraient s’élever contre elle et contester son action et ses pratiques. Tous les opposants au nucléaire sont concernés et au-delà tous ceux qui sont attachés à la liberté d’expression. Ils devraient être nombreux…
« La Coordination Antinucléaire du Sud-Est appelle à la solidarité toutes les personnes et tous les collectifs, groupes et organisations épris de liberté et attachés au droit d’expression et de critique à s’opposer à cette atteinte à la liberté d’expression, à soutenir la défense en justice de la Coordination antinucléaire du sud-est, à manifester son/leur indignation auprès des pouvoirs et de Areva »
Outre la manifestation expresse du soutien de principe de chacun-ne d’entre nous, le collectif recherche des ressources documentaires sur les victimes sanitaires des activités d’Areva en France et/ou à l’étranger, de l'aide juridique (conseil, avocat,…), un soutien informatif et des caisses de résonance médiatiques pour faire connaître l’attaque dont il est l’objet.
On peut interpeller AREVA pour dénoncer cette atteinte à la liberté d'expression et demander l'abandon de la plainte en participant à l’action mise en ligne par Cyberacteurs en partenariat avec la Coordination en signant une lettre en ce sens qui sera envoyée à Philippe Varin en tant que Président du Conseil d’Administration d'AREVA.
Pour en savoir plus et participer à cette cyberaction aller sur le site Cyberacteurs ici

Dessin de Tignous

Mardi 13 Janvier 2015 Commentaires (0)

Au quotidien

Cabu : « Je pense sincèrement qu’on peut rire de tout »


Une belle manif

Une belle manif

Une belle manif

Une belle manif

Photo et dessins pêchés sur les réseaux sociaux : ?, Chappatte, Alex, Fred. M.

Mardi 13 Janvier 2015 Commentaires (0)

Au quotidien

Je suis Charlie!
Dessin de Cyrille Pomes

Lundi 12 Janvier 2015 Commentaires (0)

Au quotidien

Je suis Charlie
Charlie Hebdo,
journal écolo
qui défend les animaux

Je suis Charlie

Lundi 12 Janvier 2015 Commentaires (0)

Parmi les grands projets inutiles et imposés, les GP2i, la FNE, à la différence de la revue Silence ne mentionne ni le déploiement de l’éolien industriel, terrestre ou maritime dans l’hexagone et le long de ses côtes, ni même un seul parmi les parcs aérogénérateurs contestés. Et pourtant, destructrices des paysages et de la nature, toutes ces installations industrielles sont pour la plupart d’entre elles imposées aux populations riveraines. Tout cela pour rien puisque le territoire métropolitain est déjà en surcapacité.


C’est cette surcapacité que «Agir pour l’environnement» (APE) invoque non seulement pour ne plus construire de centrales nucléaires et notamment d’EPR mais mieux encore pour en fermer quelques-unes : « Fin novembre 2014, la France a consommé 416 TWh contre 445 TWh à la même période en 2013. Sur l'ensemble de l'année, ce sont donc une trentaine de TWh que la France devrait économiser, soit une baisse de la consommation électrique avoisinant les 7% ! Avec les douceurs hivernales qui tendent à se généraliser, ce sont au bas mot 6 réacteurs nucléaires qui pourraient être fermés immédiatement sans qu'il y ait la moindre tension sur le réseau électrique français»
L’association s’étonne que les promoteurs de l'EPR ne semblent pas avoir pris en compte les effets du réchauffement climatique sur la consommation électrique du pays. Elle se demande s’il s’agit d’une manque de prévoyance ou de la volonté d’imposer un projet rendu inutile par cette baisse de consommation due au changement climatique qui donc, notons-le au passage, n’aurait pas que des effets négatifs !

Pour reprendre les propres termes de l'APE « La France est donc en train de multiplier les projets visant à augmenter la production électrique quand tout indique que la consommation devrait fléchir dans les années à venir.» Aux hivers plus doux que par le passé invoqués par l'APE, il faut ajouter les politiques d’isolation des bâtiments, la construction de bâtiments à énergie positive qui devrait se généraliser, les politiques d’économies d’énergie en général. Il faut aussi prendre en compte le fait que devant le coût exorbitant du chauffage électrique, les gens ont tendance à se rabattre sur le chauffage bois dans les zones d’habitat individuel où ce mode de chauffage d’appoint au départ est devenu chauffage principal.

Cependant Agir pour l’environnement oublie que parmi « les projets visant à augmenter la production électrique quand tout indique que la consommation devrait fléchir » il y a aussi le déploiement de l’éolien terrestre et maritime.

Après le désastre pour la nature et les paysages que sont les fermes d’éoliennes qui n’ont de «ferme» que le nom, après avoir salopé les rivages à coup d’équipements touristiques ou d’algues vertes, on va saloper la mer et tant pis pour les oiseaux, pour les poissons mais aussi pour les pêcheurs et les touristes que ces moulins démesurés à moudre du vent feront fuir. Tout cela sans que mouftent écologistes ou environnementalistes ! Tout cela pour rien si l’on suit l’argumentaire même d’Agir pour l’environnement.
Ce que ne conclut pourtant pas Agir pour l’environnement lui-même qui ne va pas jusqu’au bout de son analyse et ne semble même pas voir qu’elle s’applique aussi aux énergies renouvelables en général et à l’éolien en particulier. Il ne le voit pas ou ne veut pas le voir. Dans l’éolien, on ne voit que le vent, certes renouvelable, inépuisable et pas le convertisseur, l’éolienne, qui lui est fait de matériaux qui ne le sont pas et dont certains sont même dits « rares ». De toute façon, on ne touche pas aux éoliennes ! En témoigne l’échange suivant sur Twitter :

Greenpeace France ‏@greenpeacefr 12 déc.
La bonne question d' @APEnvironnement Réacteur #nucléaire EPR de Flamanville : A quoi va-t-il servir ?

Dumas Jean-François ‏@dumas_jf 12 déc.
@greenpeacefr @PucesLapin @APEnvironnement Idem pour les éoliennes en projet : on sait qu'elles ne sont pas faites pour se substituer au nuc.

APE ‏@APEnvironnement 12 déc.
@dumas_jf @greenpeacefr @PucesLapin Mais elles sont mieux adaptées pour répondre aux demandes de pointe.

Dumas Jean-François ‏@dumas_jf 12 déc.
@APEnvironnement @greenpeacefr @PucesLapin
Quand il y a du vent!

Dumas Jean-François ‏@dumas_jf 12 déc.
@APEnvironnement @greenpeacefr @PucesLapin
Vive donc la complémentarité nuc/éolien?

Les éoliennes, c’est sacré ! Ce sont les populations locales qui résistent, stigmatisées par les instances nationales de structures qui se disent écologistes comme EELV ou France Nature Environnement, et bien souvent aussi par les antennes locales de ces structures. Elles sont bien seules. Ce qui ne les empêche pas de gagner souvent grâce à leurs associations et collectifs d’associations très combatifs et très efficaces.

À l’éolienne bricolée avec des matériaux de récupération s’est substitué l’aérogénérateur industriel. Dans l’esprit de bon nombre d’écologistes, il s’y superpose sans l’effacer et c’est pourquoi il s’intègre si bien dans leur culture. Tout de blanc vêtu, symbole d’une énergie abondante même là où le vent ne souffle guère, symbole aussi d’une énergie «propre» alors qu’il salope définitivement les sites où il est implanté et pollue la vue sur de longues distances, il est considéré comme un des emblèmes d’une vision écologique du monde, d’une énergie «douce» produite et consommée localement alors que les opérateurs de l’énergie éolienne sont des multinationales pour la plupart honnies de ces mêmes écologistes et que loin d’être local, le système ne peut fonctionner que si l’énergie produite est intégrée à un réseau à l’échelle européenne (voir la Note en bas de l'article)

C’est pourquoi il est fort peu probable que des Zones à Défendre (ZAD) se créent sur les sites de parcs d’aérogénérateurs qui sont pourtant des spécimens remarquables de projets inutiles qui saccagent la nature pour le seul bénéfice des producteurs d’électricité, en général des grands groupes internationaux comme l’espagnol « Iberdrola Renovables » premier producteur mondial d’énergie éolienne, le canadien Boralex, le portugais « EDP Renovaveis », « La Française d’Éoliennes » qui appartient à une holding italienne contrôlée par Carlo de Benedetti, les français RES, EDF EN, GDF-SUEZ.
Tous profitent de l’aubaine des tarifs de rachat et s’engraissent ainsi sur le dos des consommateurs par le biais de leurs contributions à la CSPE « Charges de Service Public d’Electricité», sorte de gabelle d’un nouveau genre qu’ils acquittent sur leur consommation d’électricité, CSPE dont plus de 70% servent à financer le cadeau tarifaire qu’ils offrent à ces multinationales, qu’ils le veuillent ou non et même souvent sans le savoir.

D’un point de vue écologique le bilan est accablant.
Thierry Jaccaud, rédacteur en chef de la revue L’écologiste, le montre d’une façon imparable dans un article percutant et bien documenté qu’il faudrait citer en entier : «Résumons donc : concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, subventionner l’éolien industriel terrestre est un gaspillage d’argent public. Concernant une sortie du nucléaire, sa contribution est infime. La conclusion s’impose : le choix du développement massif de l’éolien industriel terrestre est une erreur. » En conséquence, si « le nucléaire est un danger absolument majeur sur lequel aucun arrangement n’est possible » il n’en reste pas moins que « l’éolien industriel terrestre est (…) une solution très marginale qui ne justifie donc ni de détruire l’environnement des riverains, ni de transformer un paysage rural typique en un paysage industriel banal. »
Thierry Jaccaud est un des rares écologistes à oser remettre en cause le sacro-saint éolien. Ecologiste, sa prise de position contre les aérogénérateurs industriels ne le transforme pas en nucléocrate. Bien au contraire ! On aimerait en dire autant de bien d’autres écolos qui, s’ils se disent anti-nucléaires, ne sont pas très clairs dès qu’il s’agit de lutter contre le changement climatique et qu’ils se mettent à parler d’énergie « bas carbone » ou « décarbonée », reprenant ainsi des notions initiées par les nucléocrates du CEA, d’EDF, d’Areva et d’ailleurs.
S’il y avait une quasi union de tous les écologistes contre le nucléaire, elle commence à se fissurer à la suite des pressions exercées par les nucléocrates au motif du réchauffement climatique.

Le «réchauffement climatique» supposé d’origine anthropique déroule un tapis vert au développement de deux saloperies que l’on veut nous imposer dans le cadre de la croisade anti dioxyde de carbone : le nucléaire et l’éolien.

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Note : Il faut distinguer entre éolien industriel et éolien domestique.
L’éolien domestique est un système de production indépendant, hors réseau dans lequel le courant produit est relié à des batteries et assure ainsi une production électrique à une habitation ou à un groupe d’habitations.
L’éolien industriel et commercial suppose quant à lui un réseau qui a une capacité suffisante pour tout à la fois évacuer l’électricité produite lorsque le vent souffle et pour acheminer de l’électricité produite ailleurs lorsqu’il ne souffle pas, soit de régions parfois très éloignées soumises à d’autres vents, soit produite par des centrales le plus souvent thermiques. Il n’y a pas correspondance entre le lieu de production et celui de consommation. Cela est absolument nécessaire à cause de l’intermittence de la production éolienne qui alterne un trop avec un pas assez auquel aucun réseau ne pourrait résister.

On peut donc tordre le cou à une fausse évidence propagée par les constructeurs et le Réseau « Sortir du nucléaire » lorsqu’il se mêle de faire l’apologie de l’éolien, ce qui n’est pas sa raison d’être : une production d’énergie décentralisée n’est pas pour autant locale. Elle n’est pas maîtrisable localement et ne demande pas moins de réseaux, c’est-à-dire de lignes HT et THT, mais plus. Un inconvénient et non des moindres que passe aussi sous silence FNE lorsqu’elle se livre à un comparatif «avantages/inconvénients» de l’éolien dans sa Note de contexte et d'explications pour la position de FNE sur l'éolien à terre et en mer (2012).

Samedi 3 Janvier 2015 Commentaires (2)

Après les deux jours de massacres systématiques de renards en début d’année 2014 dans le Nord-Pas de Calais, les sinistres « Ch'tis Fox Days », une nouvelle tuerie de goupils se prépare dans le département de l’Oise si on ne réagit pas. Le préfet de ce département prépare un arrêté permettant aux quatorze lieutenants de louveterie d’exterminer autant de renards que bon leur semblera. Comme la loi l’y oblige, il met à consultation du public pour la durée légale de 21 jours (du 17 décembre 2014 au 6 janvier 2015) ce projet d’arrêté assorti d’une note de présentation.


Urgent : de nouveaux massacres de renards sont en préparation.  Réagissons !
Comme d’habitude, les administrations profitent de cette période d'inattention pour préparer leurs projets d'arrêté qu’ils souhaitent faire passer en douce. En la circonstance, c’est raté grâce à l’association MELES qui a sonné l’alarme. Il faut prendre quelques instants dans cette période festive pour manifester par écrit sur le site de la Direction départementale des territoires de l’Oise notre désaccord, si possible argumenté, vis-à-vis de ce projet ici

Il n’est pas nécessaire d’être domicilié dans le département de l’Oise pour donner son avis. Si l’on se connecte au site, on trouve une majorité écrasante de remarques défavorables à l’égard de cet arrêté. Les préfets ayant la détestable habitude de s’asseoir sur les avis des gens et même de ceux des experts ou de ceux des commissaires enquêteurs lorsqu’ils sont défavorables, celui de l’Oise, Monsieur Emmanuel Berthier publiera peut-être malgré tout son arrêté. Il faut néanmoins prendre date. Et on ne sait jamais…

Si toutefois le préfet persiste dans son erreur, il sera possible d’attaquer au Tribunal administratif l’arrêté une fois publié. Pourront le faire les associations ayant intérêt à agir étant donné leur objet, c’est-à-dire les associations de défense de la Nature de l’environnement et/ou des animaux.
Un angle d’attaque pourrait être de montrer que cet arrêté est entaché d’erreurs d’appréciations. C’est le sujet du commentaire que je laisse sur le site de la DDT de l’Oise que je reprends ci-dessous et dont chacun peut s’inspirer s’il le désire.

Un projet d’arrêté entaché d’erreurs manifestes d’appréciation !

Cela ressort des motifs mis en avant pour justifier l’autorisation donnée aux 14 nouveaux lieutenants de louveterie de tuer des renards par pratiquement tous les moyens sauf ceux qui sont aujourd’hui proscrits quel que soit l’animal visé.

  • A – Sont invoqués la lutte contre l’échinococcose alvéolaire, la leptospirose et la gale.

1°) la gale vulpine.

Soulignons tout d’abord qu’il ne peut s’agir de «galle» avec deux ‘l’ comme il est écrit dans la note de présentation de l’arrêté puisque ce terme de galle désigne une excroissance tumorale sur les tiges, les feuilles ou les fruits de végétaux produite par des piqures d’insectes ou d’acariens ou bien encore résultant de l’action de champignons ou de bactéries ! Il s’agit donc de gale avec un seul ‘l’. Cette grossière confusion est l’indice d’une note bâclée, une justification pour la forme d’un arrêté que rien en fait ne justifie.

La gale du renard (avec un seul l) est une maladie de peau due à un acarien qui ne s’attaque qu’aux renards, aux lynx, à la fouine, à la marte et au chien. Comme l’explique le zoologue Claude Ficher le chien « peut être soigné aisément par une injection d’acaricide » En ce qui concerne l’homme, l’acarien ne peut s’y reproduire et une contamination éventuelle « se limite à des démangeaisons qui cessent après quelques jours ». Cette maladie extermine principalement des renards, est inoffensive pour les espèces domestiques et ne se transmet pas à l’homme. « Ces raisons conduisent, dans la plupart des régions, à considérer la gale d’un bon œil parce qu’elle décime une espèce considérée souvent comme trop abondante ».
Voilà un drôle de motif invoqué pour procéder à la destruction de renards puisque cette maladie s’en charge, au prix d’ailleurs d’horribles souffrances pour le animal infecté ! Cette gale peut à elle seule réduire une population de renards sans qu’il soit besoin de recourir aux lieutenants de louveterie. A la fin du XIXe siècle en Angleterre, une épizootie de gale vulpine faillit faire disparaître l’espèce de l’Ile et les ravages furent tels que l’on importa des renards pour permettre le déroulement des chasses à courre. Une population de renards ayant été réduite par la gale est menacée d’anéantissement et devrait être au contraire protégée!

2°) la leptospirose.

Cette maladie touche très marginalement les renards. Les réservoirs de cette bactérie sont les rongeurs. Ce ne sont en aucun cas les renards qui sont les vecteurs cette maladie. Elle ne constitue pas un motif pour justifier la destruction de populations de renards. En limitant les populations de rongeurs dont ils sont l’un des principaux prédateurs, ils contribuent à la prévention de cette maladie ! La leptospirose serait au contraire un motif pour ne pas inscrire le renard sur la liste des nuisibles dans le département !

3°) l’échinococcose alvéolaire.

Certes, il est indéniable que les renards sont un vecteur de la propagation de cette maladie qui est transmissible à l’homme. C’est une maladie qui peut être mortelle dont l’incidence est très faible mais dont il faut se protéger. Cependant tous les spécialistes sont en accord sur un point : ce n’est pas la destruction des populations de renards qui permettra d’éradiquer cette maladie.

L’anéantissement d’une population de renards « n’est pas réalisable à grande échelle, car la zone serait continuellement recolonisée par des hôtes définitifs sauvages provenant des territoires limitrophes. En Haute-Savoie, entre 1977 et 1982, 11 673 renards ont été abattus pour limiter la propagation de la rage. Le niveau d’endémie d’E. multilocularis dans cette région y est resté identique (Petavy et al, 1990). Dans cette même région, chaque année, environ six milles renards sont tués par piégeage, chasse ou tir de nuit. Aucune diminution de population n’y est observée. » ( Geny de Sars B. 2010)

En résumé aucun motif d’ordre sanitaire ne saurait justifier un massacre de renards dans le département de l’Oise comme partout ailleurs.

  • B – Le renard, un important prédateur dans les poulaillers ? Il serait souhaitable de donner des statistiques !
Il est inconcevable que l’administration préfectorale puisse ignorer que l’étiquette de « voleur de poule » a été collée à tort au renard. Il ne faut pas oublier non plus qu’il n’est pas le seul prédateur si la basse-cour n’est pas protégée.

De toute façon, la prédation dans un élevage industriel est vouée à l’échec comme d’autres l’ont dit avant moi. Dans le cas d’un élevage familial, c’est aussi la stratégie défensive qui s’impose. Efficace et durable, elle permet d’éviter la prédation de toutes les espèces susceptibles de s’en prendre aux poules et pas seulement le renard. En conclusion de sa monographie sur ce canidé, Robert Hainard estime que « vouloir (protéger sa volaille) en éliminant les renards, c’est comparable au possesseur d’une aquarelle de maître qui voudrait la laisser sur la table du jardin et prétendrait faire supprimer la pluie » (Mammifères sauvages d’Europe, quatrième édition revue et augmentée, 2003, p. 195)

S’il s’agit de protéger l’agriculture, le massacre des renards est une absurdité. C’est en fait favoriser la pullulation des ravageurs comme les campagnols de différentes espèces qui constituent comme indiqué plus haut, une composante essentielle de son régime alimentaire. En outre, il peut se nourrir aussi de charognes si l’occasion se présente et joue ainsi un rôle d’éboueur de la nature. Le renard se nourrit donc souvent à notre l’avantage. Comme le note Robert Hainard, «sans revenir à la notion périmée de bêtes utiles et nuisibles, on peut affirmer que le bilan économique du renard est positif, que ce qu’il épargne de récoltes en prélevant des souris dont il est un des meilleurs sinon le meilleur prédateur, compense largement ses dégâts à la volaille » (o. c., p. 194)

Sous l’influence des chasseurs, le préfet de l’Oise ne semble n’avoir quant à lui, jamais renoncé à cette division manichéenne entre les animaux avec les utiles du bon côté et les nuisibles dont le renard du mauvais. On a démontré que même en admettant cette dichotomie rétrograde, le renard ne devait pas être classé dans la mauvaise catégorie.

  • C – La vraie raison de cet arrêté ordonnant le massacre des populations de renards du département de l’Oise,
c’est qu’une fois encore, l’État par l’intermédiaire du Préfet fait preuve d’une complaisance condamnable envers les chasseurs. La vraie raison est dans ce petit membre de phrase : « le renard reste un important prédateur (…) sur le petit gibier »

De quel gibier s’agit-il en fait ? Le renard s’en prend avant tout aux faisans, perdrix, etc., dits de tir qui sont des animaux d’élevage lâchés chaque année le plus souvent quelques jours avant l’ouverture de la chasse, incapables de survivre en milieu naturel car élevés en parquets et inadaptés à la vie sauvage. Ce sont des proies faciles pour le renard dont le rôle est précisément d’éliminer les animaux présentant des comportements anormaux. Ces lâchers de gibier d’élevage constituent par ailleurs un risque de pollution génétique vis-à-vis des populations sauvages et la prédation exercée par les carnivores sur ce gibier – le renard n’est pas le seul – participe à la préservation de ces populations que la pression cynégétique contribue à décimer.

À cet égard le cas de la perdrix rouge Alectoris rufa est particulièrement éclairant : la plupart des perdrix ainsi introduites dans la nature sont des hybrides ou des descendants de lignées hybrides dont le génome a été introgressé par les gènes d'une autre espèce, ce qui peut contribuer à une pollution génétique du pool sauvage, qui est par ailleurs de plus en plus relictuel. On se reportera à l’étude de Barbanera F. et al. (2010) dont les résultats sont résumés dans l’article sur la pollution génétique de Wikipédia. Il n’est donc pas étonnant que l’ONCFS elle-même s’inquiète. Sur son site dans la fiche consacrée à la perdrix rouge, on peut lire «« ces pratiques (les lâchers) rendent presque impossible le suivi de l’évolution de la population française de Perdrix rouge à partir des prélèvements. Le risque n’est pas nul que l’espèce à l’état sauvage disparaisse sans que l’on s’en aperçoive ».

Enfin il faut aussi souligner que le renard et les autres carnassiers sauvages ne sont en rien responsables de la raréfaction du petit gibier sauvage de plaine. Elle résulte de l’évolution des pratiques agricoles et des modifications des milieux qui en découlent comme la destruction des habitats semi-naturels et de leurs connexions. C’est ainsi que si les populations de lapins ont décru de manière alarmante, perdant la moitié de leur effectif depuis la fin du siècle dernier, c’est à cause de la fragmentation du boccage qui les a éclatées en petites colonies isolées les unes des autres et de ce fait devenues extrêmement vulnérables. Le renard n’en est pas la cause et même la myxomatose n’aurait joué qu’un rôle marginal.

Ce n’est pas le renard, ni les autres petits carnivores classés nuisibles qui sont responsables de la de la diminution de la taille des couvées, ce sont les herbicides et insecticides.

Les chasseurs voient dans le renard un concurrent mais lui, chasse pour se nourrir et non par loisir. Ils en font un bouc émissaire comme d’autres le font pour le loup. Malheureusement à la différence du loup, le renard n’est pas une espèce protégée. Les préfets, ses services et donc en fin de compte, l’État peut céder à la pression des chasseurs et des élus locaux qui en sont les laquais. C’est ainsi que la raison des chasseurs devient raison d’état. Une raison totalement irrationnelle et déraisonnable. Mais les faits sont têtus. Malgré les accusations répétées des chasseurs, si le gibier de plaine se fait rare, ce n’est pas à cause de la prédation du renard et autres « puants » mais bien des pratiques de l’agriculture contemporaine (Cf . ARNAUDUC Jean-Pierre (2002), Victor SCHERRER((2002)).
(Source : Science et décision, ici)

  • D – La population de renards n’est pas en diminution affirment les services de la préfecture. Curieuse formule !
Elle laisse ouverte deux possibilités : la population est stable ou la population augmente. Si elle n’augmente pas, il n’est pas « nécessaire d’opérer une régulation conséquente » (c’est-à-dire un massacre !) contrairement à ce qu’affirme la note de présentation de l’arrêté et un considérant de l’arrêté lui-même. Si elle augmente, il faudrait savoir de combien pour justifier une régulation « conséquente ». D’ailleurs « conséquente », cela est bien vague. La Préfecture ne donne aucun chiffre. On aimerait avoir une évaluation fiable de la population de renards qu’il s’agit de « réguler » ainsi qu’une estimation fondée du nombre optimal de renards pour les territoires concernés sans lesquels la « régulation » n’a pas de sens.

De toute façon, une estimation de la population idéale de renards sur un territoire restera hautement subjective. En fait dire qu’une régulation conséquente est nécessaire, cela revient tout simplement à dire « tuez autant de renards que vous pourrez ». Il ne s’agit plus de régulation mais d’extermination. Et c’est d’ailleurs ce que veulent les chasseurs. Mais cet intérêt des chasseurs ne peut en la circonstance être identique à l’intérêt général. En effet, tous les spécialistes de l’espèce Vulpes Vulpes s’accordent à considérer que bien qu’il puisse être classé comme nuisible, le renard a un rôle important dans les écosystèmes par sa prédation des rongeurs et par sa consommation de charognes. En outre comme rappelé en A, son extermination à des fins prophylactiques ne se justifie pas non plus.

Même l’ONCFS n’approuverait pas cette politique d’extermination. À propos des sinistres « Ch'tis Fox Days » organisées début 2014 par la Fédération des chasseurs du Nord, Sandrine Ruette, chef de projet sur le renard à l'ONCFS déclarait : « Lorsque des dégâts portant atteinte aux activités économiques se produisent, la règlementation prévoit d'autoriser des prélèvements pour éliminer les individus qui posent problème. Mais il ne s'agit pas de s'attaquer à une population » ce qui est le cas avec cet arrêté. Elle reconnaissait qu’il existe une méconnaissance du nombre de renards à l'échelle nationale parce que « les opérations de comptage, qui doivent surtout être réalisées la nuit, sont compliquées et on ne peut pas être partout »(Le Monde 15/2/2014) Dans le Nord, il n’y avait pas eu de comptage depuis dix ans. Gageons qu’il en est de même en Picardie.

En épousant trop étroitement le point de vue des chasseurs, ce projet d’arrêté est entaché d’erreurs manifestes d’appréciation et doit être retiré.

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Référence

ARNAUDUC Jean-Pierre, « Le bocage, milieu clé pour des espèces d’importance cynégétique. » In Les journées d’études européennes sur les bocages – Ruralité, faune sauvage et développement durable, le bocage, enjeux de territoire pour demain. Office National de la Chasse et de la Faune Sauvage. 16 et 17 octobre 2002. ici

Barbanera Filippo, Pergams Oliver R.W., Guerrini Monica, Forcina Giovanni, Panayides Panicos, Dini Fernando (2010), « Genetic consequences of intensive management in game birds » Biological Conservation; Vol143, n°5, Mai 2010, Pages 1259–1268

Geny de Sars Bruno (2010), Le renard, vecteur de l’échinococcose alvéolaire : le point en Lorraine, Thèse de Pharmacie, Université Henri Poincaré – Nancy 1.

Hainard Robert (2003), Mammifères sauvages d’Europe, quatrième édition revue et augmentée, Delachaux et Niestlé, Paris.

Meia Jean-Steve (2003), Le renard, Delachaux et Niestlé, Paris.

Petavy AF, Deblock S, Prost C. (1990). « Epidémiologie de l’échinococcose alvéolaire en France, I. Helminthes intestinaux du renard commun (Vulpes vulpes L.) en Haute-Savoie. » Ann. Parasito. Hum. Comp.,65 : 22-27.

SCHERRER Victor (2002), Réinventer la chasse pour le XXIème siècle. Conseil économique et social. 11 décembre, II – p.19, pp. 129 – 134. ici
Urgent : de nouveaux massacres de renards sont en préparation.  Réagissons !

Dimanche 28 Décembre 2014 Commentaires (2)

Triste sort pour un pauvre sanglier : poursuivi par des chasseurs, coincé dans un portail, terrorisé…donc abattu par la police.


Communiqué de la Convention Vie et Nature du 18 Décembre 2014

Dimanche dernier, à Périgueux, un malheureux sanglier traqué par des chasseurs s’est coincé dans les grilles du portail d’une habitante de la périphérie de la ville, après avoir traversé à la nage une rivière pour tenter d’échapper à ses poursuivants.

Les pompiers s’étant rendus sur les lieux lui lièrent les pattes pour qu’il ne s’enfuie pas. Les policiers, arrivés sur place, ne trouvèrent d’autre option après trente minutes que de l’abattre, le déclarant terrorisé et donc dangereux !

On aurait pu user de l’emploi d’un sédatif pour pouvoir le dégager et le remettre en liberté en le déposant dans un bois. Mais que vaut la vie d’un animal, d’autant lorsque l’espèce est déclarée "nuisible" ?!
Après tout diront certains, on achève bien les chevaux …


Cela repose deux questions :

  • La première
Celle de l’insécurité créée par l’activité chasse : les chasseurs traquaient en périphérie de ville, dans un secteur qui parait interdit ! Qu’adviendra-t-il à leur encontre suite à cette infraction ? Très probablement RIEN, comme toujours ! Est-il normal de laisser approcher des habitations des individus armés, majoritairement d’âge avancé, avec tous les troubles que cela entraîne : mauvaise vue, manque de réflexe, tremblements, et souvent dans un état d’ébriété avancée ?
Il suffit de regarder les accidents mortels survenus depuis le début de cette nouvelle saison pour avoir la preuve de ces états de fait !

  • La deuxième
Celle de la soi-disant " explosion " des populations de sangliers : comme toujours, les nemrod se posent en "indispensables régulateurs de la faune sauvage", mais entretiennent les surpopulations d’espèces qui les intéressent pour leur passion sanguinaire, tout en refusant le retour des grands prédateurs, seuls régulateurs légitimes de la faune !
Il est grand temps que les véritables amoureux de la nature s’unissent pour créer une force de vie, qui soit représentée dans les instances de ce pays, afin de faire taire la minorité sanguinaire qui dicte sa loi et procède à de la désinformation quant aux véritables origines de certains déséquilibres naturels, dont elle est la seule responsable !

Jean Paul PERONNET, Secrétaire Général

Mardi 23 Décembre 2014 Commentaires (0)

La direction générale du CEA veut mettre en œuvre un projet «d’organisation fonctionnelle et de la gestion environnementale au CEA » qui aura d’importantes conséquences sur le fonctionnement des «Services de Protection contre les Rayonnements» (SPR) des centres CEA et bouleversera le fonctionnement de leurs installations. Ce projet vise à réaliser des économies de fonctionnement et de personnel au prix d’une dégradation de la sécurité.


L’avenir de la radioprotection au CEA : Baisse programmée de la sécurité ?
Préavis de grève des agents du SPR dans les centres CEA dont celui de Fontenay-aux-Roses

C’est contre sa mise en œuvre que les salariés du SPR du CEA de Cadarache sont en grève illimitée tandis qu’un préavis de grève a été déposé dans d’autres centres, notamment celui de Fontenay-aux-Roses.
Selon l’intersyndicale (CFDT, CFTC, CFE-CGC, CGT) les nouvelles dispositions induiront une baisse de la sécurité par le transfert des missions de radioprotection à des agents non spécialisés, voire par l’externalisation du service. C’est la disparition du SPR ou du moins une baisse drastique de ses effectifs qui est programmée : les départs à la retraite ne seront pas remplacés alors que 50% du personnel de ce service partiront en retraite entre 2014 et 2020.
Le SPR a pourtant un rôle essentiel dans le contrôle radiologique des installations et la surveillance de l’environnement. Dans le projet de la direction générale les activités du SPR seraient transférées aux personnels de laboratoires et un autocontrôle serait mis en place. Il s’agit, comme le précise un tract commun de la CGT et de FO Saclay citant un document du Comité national du 5 novembre 2014 « des gestes courants de radioprotection réalisés par des personnels des installations ». En clair cela implique que « chaque technicien et ingénieur faisant appel aujourd’hui au SPR se verrait responsable de la propreté radiologique, des déclarations, des certificats, de la gestion de l’entretien des appareils de mesure... en plus de leur travail dans l’installation. »

Un contrôle peu fiable et partial des activités

Certes, le SPR est un service interne au CEA, ce qui ne dispense donc pas de contrôles par un organisme extérieur tel que l’ASN. Cependant bien qu’interne, il est distinct des laboratoires et autres services qu’il contrôle tandis que confier le contrôle radiologique à des agents d'exploitation revient à avoir des personnels qui autocontrôlent, et sont donc à la fois juges et parties.

En outre la radioprotection demande des compétences spécifiques ce qui suppose une formation et des remises à niveau que ne posséderont pas nécessairement ceux qui s’autocontrôleront. Comme la sécurité est une affaire de tous les instants la question se pose de savoir comment et par qui celle-ci serait assurée en dehors des heures ouvrées. Enfin qu’en serait-il des Plans d’urgence internes et des Plans particuliers d’intervention ? Quelles réactions en cas de crise ?
Il est évident qu’avec une telle organisation le contrôle interne perd beaucoup de sa fiabilité et peut induire un manque de rigueur dont les conséquences peuvent être fort dommageables.
Quant aux contrôles environnementaux la Direction générale du CEA n’envisagerait rien moins qu’une baisse de leur nombre et prévoirait leur sous-traitance, notamment celle des analyses des prélèvements.

Ce que veulent les grévistes

Les grévistes demandent le maintien des missions de radioprotection par du personnel SPR/CEA, le maintien d’un effectif du SPR cohérent pour remplir ses missions, l’arrêt des suppressions de postes de techniciens de radioprotection dans les SPR/CEA, la requalification en contrat à durée indéterminée CEA de tous les salariés SPR en sous-traitance et contrats précaires, l’arrêt de la sous-traitance des activités de radioprotection et de surveillance de l’environnement.

Une CLI en sommeil : celle de Fontenay-aux-Roses

Les commissions locales d’information (CLI) sont instituées auprès de tout site comprenant des installations nucléaires de base. Elles sont chargées d’une mission générale de suivi, d’information et de concertation en matière de sûreté nucléaire, de radioprotection et d’impact des activités nucléaires sur les personnes et l’environnement pour ce qui concerne les installations du site. Les modifications de l’organisation de la radioprotection dans les sites du CEA projetées par la direction générale entrent donc dans leur domaine de compétence. Si le CEA ne les interroge pas sur ses projets de réorganisation de la radioprotection sur ses sites, l'association nationale des commissions locales d'information, l’ANCLI et chacune de ses CLI pour les sites qui les concernent peuvent se saisir du dossier, demander des explications et formuler un avis.
Ce devrait être le cas à Fontenay-aux-Roses où la dénucléarisation du site demande que des procédures rigoureuses soient suivies et les différentes sortes de déchets résultants du démantèlement soient correctement classées, conditionnées, entreposées et évacuées selon des filières appropriées. Mais pour que la CLI-FAR réagisse encore faudrait-il qu’elle ne soit pas en sommeil profond comme c’est le cas depuis les dernières élections municipales. Son site internet n’est pas à jour et aucune de ses instances (bureaux, groupes de travail, plénière) ne s’est réunie. Stéphane Jacquot ne peut plus en être le président puisqu’il n’est plus élu. De même Sylvain Broutin n’étant plus élu, ne peut plus être vice-président – ce que l’on regrettera par ailleurs.

Depuis les dernières élections municipales, il aurait fallu procéder à un renouvellement de la partie du collège des élus qui concerne les élus municipaux et les conseillers des communautés d’agglomération. C’est au président du Conseil général de le faire. Selon la loi, c’est lui qui nomme les membres de cette commission sur proposition des collectivités concernées. Il ne l’a pas fait. Mais aucun maire ne lui a demandé, ni celui de Châtillon, ni celui du Plessis Robinson, ni celui de Clamart, ni celui de Fontenay. Ce dernier devrait pourtant être particulièrement concerné et attentif à ces questions de radioprotection et de mesures de radioactivité dans l’environnement, le CEN-FAR étant comme son nom l’indique sur le territoire de sa commune.

La CLI-FAR n’est donc plus en état de se réunir et cet outil essentiel de transparence et de surveillance – en fait le seul un peu efficace – n’est plus opérationnel. Au moment où le CEA cherche à faire des économies sur la radioprotection et la gestion environnementale, c’est pour le moins regrettable.
A défaut, c’est aux collectivités locales riveraines du site d’intervenir et de demander des comptes. Réagiront-elles ?

Mercredi 17 Décembre 2014 Commentaires (2)

Lors de la manifestation anti-loup organisée par la Fédération Nationale Ovine et la FNSEA à Paris le 27/10/ 2014, les éleveurs avaient amené avec eux 300 brebis sans trop se soucier du bien-être de ces bêtes. Ils les ont parquées sur les Champs Élysées, milieu inconnu et hostile pour elles, après leur avoir fait subir un trop long voyage. Eux qui ne s’inquiètent guère des conditions souvent déplorables dans lesquelles elles sont abattues, les voilà qui s’apitoient sur le sort de celles que les loups mangent. Ils n’ont pourtant pas réussi à faire pleurer le Parisien qui a bien compris, même s’il vit loin des estives, que c’est surtout sur leur manque à gagner que ces éleveurs se lamentent. D’ailleurs, l’échec était prévisible : aujourd’hui le loup est aimé.


Manifestation anti-loup à Paris : une opération de communication ratée !
Échec de la tentative de séduction : le loup est beau !

Comme les autres exploitants agricoles, les éleveurs ovins et leurs syndicats ont l’oreille du gouvernement, de ses ministres de l’Environnement et de l’Agriculture bien entendu, mais aussi du ministre de l’Intérieur et même du Premier Ministre qui a tenu un discours résolument anti-loup lors du congrès de l'Association nationale des élus de la montagne, caressant les éleveurs dans le sens du poil.
À Paris ceux-ci ont cependant appris à leurs dépens que l’on ne s’approche pas aussi facilement d’un ministère que l’on conchie de lisier la façade d’une simple préfecture de province. Ils ont goûté de la grenade lacrymogène lorsqu’ils ont voulu se rendre rue de Varenne où se trouve le ministère de l’Agriculture.
Cette manifestation était avant tout une opération de « séduction du public ». Elle semble en grande partie ratée comme en témoigne les propos d’une Parisienne rapportés par le journal La Montagne dans son édition du 28 Novembre 2014. Venue montrer les brebis à son petit-fils, elle a déclarée : «Elles sont belles et je comprends que chacun défende ses intérêts… Mais le loup aussi est beau et doit être protégé ».

Oui à l’argent de l’Europe ! Non aux règles européennes de protection de la nature !

Avec les éleveurs auvergnats, les céréaliers-éleveurs champenois (bien distinguer les éleveurs des bergers qui en sont les employés) constituaient le gros des troupes. Ce sont eux qui avait amené dans une transhumance symbolique leurs brebis respirer l’air pollué de Paris.

Les éleveurs ovins d’Auvergne manifestaient en nombre ce 27 novembre 2014 alors que les attaques de troupeaux dans cette région se comptent sur les doigts de la main et que les loups dont la présence ne semble qu’être ponctuelle sont seulement suspectés d’en être les auteurs. Il se pourrait bien que les coupables soient des chiens errants. Ces éleveurs-là crient avant d’avoir mal !

Selon leurs propres dires, les céréaliers-éleveurs champenois – qui sont surtout des céréaliers – élèvent des moutons principalement pour toucher des primes de l’Europe : « On utilise les moutons pour valoriser les coteaux que l'on ne peut pas cultiver, explique Bernard Piot, qui gère 400 hectares de cultures et 37 ha de prairies. Maintenir des zones d'herbe nous permet de bénéficier des aides de la Politique agricole commune » (Le Monde, 24.10.2013).

Les éleveurs ovins et leurs organisations veulent bien le beurre, à savoir une enveloppe d’aide de 125 millions d’euros pour la production ovine versée par l’Europe au titre de la Politique Agricole Commune mais ils ne veulent pas débourser l’argent du beurre. Ils refusent l’application de la directive nitrate et veulent l’éradication du loup, espèce protégée au niveau européen.

La Fédération Nationale Ovine et la FNSEA se félicitent de l’aide de l’Europe pour l’élevage mais en même temps vitupèrent contre la réglementation environnementale européenne. Sous leur pression le gouvernement français applique cette réglementation de mauvaise grâce et à reculons, au risque d’encourir des pénalités financières. Elles seront payées en fin de compte par les contribuables, tous les contribuables, y compris ceux qui sont en désaccord avec ce laisser-aller environnemental coupable et le dénoncent.

La dent du loup, c’est violent ! Le couteau de l’égorgeur, ça ne l’est pas…

Parquées au pied de la Tour Eiffel, en pleine ville, les quelques 300 brebis auvergnates et champenoises ont été placées dans un environnement impropre et inconnu, perçu comme hostile, donc stressant et source de souffrances. Celles qui étaient parties d’Auvergne la veille de la manifestation à 10h du matin ont dû subir entre huit et neuf heures de transport. La bétaillère s’est arrêtée le soir à Rambouillet où les bêtes ont passé la nuit dans un pré. Dans quelles conditions ? Personne ne l’a demandé, ni a fortiori vérifié !
On a entendu sur France-Info un éleveur se lamenter sur le sort de ses pauvres brebis égorgées, raconter qu’il les appelait par leur nom et qu’il en avait élevé certaines au biberon ! D’ailleurs l’un d’entre eux donnait le biberon à un agneau pour épater le badaud parisien ! Ces types se foutent du monde, de vous, de moi ! S’ils les aimaient tant leurs brebis, ils leur auraient évité ce voyage à Paris très pénible pour elles.

De plus la compassion à l’égard de leur cheptel est bien sélective. Sinon, ils regarderaient de plus près les conditions dans lesquelles il est abattu dans nombre d’abattoirs dont certains sont auvergnats. Ils ne le toléreraient pas. Pas plus qu’ils ne toléreraient que leurs chères brebis soient égorgées sans étourdissement pour pouvoir être vendues à l’export dans les pays du Proche et Moyen-Orient.
Un éleveur champenois dont le troupeau a été victime d’une attaque de loup a déclaré à la journaliste Audrey Garric : «Voir des animaux morts fait partie de notre métier, mais on n'est pas habitués à une telle violence » (Le Monde, art. cité). Mauvaise foi ou schizoïdie ? C’est violent quand c’est un loup affamé qui tue la brebis, cela ne l’est plus lorsque dans un abattoir elle est suspendue par une patte la tête en bas et qu’elle gigote alors que le tueur l’égorge sans étourdissement préalable selon le rite hallal ? (Voir ici)

Le loup bouc émissaire ? Peut-être…

Les associations du collectif « Cap Loup » considèrent qu’en déclarant la guerre au loup les agriculteurs se trompent d’ennemis : «Le loup n’est pas responsable des difficultés économiques, écrivent-elles dans un communiqué publié à la suite de la manifestation parisienne. Le loup est une cible très facile à désigner, fédératrice pour des syndicats agricoles dépassés par les difficultés profondes de la filière ovine. La très forte concurrence internationale, la baisse continue de la consommation de viande ovine en France (-50% en 30 ans), la disparition des terres agricoles au profit de l’urbanisation (7 millions d’hectares en 50 ans), la multiplication des maladies (émergence récente du virus de Schmallenberg): voilà les causes réelles des difficultés de l’élevage ovin. »

Ce constat est sans aucun doute exact, mais même si tout allait pour le mieux sur le plan économique pour l’élevage ovin, le loup dès qu’il pointe son museau est pour les éleveurs et les bergers ce qu’il n’a jamais cessé d’être depuis toujours : l’ennemi à abattre. Bergers et éleveurs le perçoivent comme un fléau, un peu comme le jardinier perçoit le doryphore, la courtilière ou la taupe. Mais à la différence de ces derniers, on le pense capable de s’attaquer à l’homme et il a fait peur. Il le fait peut-être toujours, l’hiver, dans les quelques « bouts du monde » isolés qui existent encore sur les plateaux du Massif Central battus par l’Écir ou la Burle.

Le loup ennemi héréditaire du paysan, certainement !

Le fermier le chien et le renard - illustration grandville
Le fermier le chien et le renard - illustration grandville
En tout cas, il fut vécu dans cette région comme un fléau jusqu’à une date récente. Voici ce qu’écrivait en 1944, il y a moins d’un siècle, l’inspecteur primaire et érudit local H. Germouty en introduction à son article « Le loup dans l’histoire et le folklore du Massif Central » :
« Le loup et le renard sont d'étranges voisins !
Je ne bâtirai point autour de leur demeure,

nous affirme La Fontaine. La plupart des campagnards du Massif Central pensent de même. Dans toute cette région, le loup a été au cours des siècles, un voisin redoutable et redouté. C’était non seulement l’ennemi numéro un, mais encore le traître dangereux avec lequel on était aux prises à peu près tous les jours. Aussi son existence, la liste de ses méfaits, les malheurs qu’il a causés, tiennent-ils une très grande place dans l’histoire et le folklore de cette partie de la France » (Auvergne, cahiers d’études régionales, n° 107, 1944, p.27, souligné par moi) .

Dans cet article aussi instructif que révélateur on apprend qu’à l’orée du siècle dernier, « Les histoire de loups dites aux veillées de jadis dans toutes les étables de la vaste région du Massif Central dénommée « la Montagne » causaient toujours une certaine émotion et provoquaient un véritable état de peur » notamment chez les enfants. Page 37 de son article H. Germouty cite à ce propos Martin Nadaud, maçon creusois et homme politique auteur de l’aphorisme souvent répété depuis « Quand le bâtiment va, tout va ! » qui a participé à ces veillées dans sa jeunesse. Il écrivait : « Nous sortions de ces veillées tellement effrayés qu’il fallait nous tenir par la main pour nous reconduire à la maison. » Il n’est pas étonnant que cette peur du loup se soit ancrée dans l’esprit de ces jeunes et ait perdurée au fond d’eux-mêmes, inavouée mais prête à resurgir pour peu que l’occasion s’en présentât. Une peur que l’on jugeait sans doute salutaire ! Une peur transmise à leurs descendants…

H. Germouty constate la diminution du nombre de loups à son époque et note que « les histoires de loups disparaissent peu à peu avec les fauves eux-mêmes. » Il considère que « les routes qui sillonnent les bois, les battues fructueuses qui ont été organisées, la diminution des troupeaux de moutons, le renforcement de leur garde, ont amené la rareté de ce fléau dans nos campagnes » (p. 40) Les termes soulignés dans cette citation montrent bien que pour cet auteur le loup est un fléau et que sa disparition prochaine est considérée comme une très bonne chose. C’est aussi ce que pensaient éleveurs et bergers.

Il ne faut pas oublier que c’est dans le Massif Central qu’a sévi le loup du Gévaudan, aujourd’hui département de la Lozère. Il faut aussi rappeler que le dernier loup abattu en France avant le retour de l’espèce dans le Mercantour en 1992, le fut dans le Limousin en 1937. 77 ans, ce n’est pas si long pour la mémoire collective ! Tout cela permet de comprendre que dans une partie du Massif Central, l’Auvergne, où les loups n’ont jusqu’à présent posé la patte qu’occasionnellement, les éleveurs se mobilisent aussi facilement contre son retour. Pour l’éleveur et le berger auvergnat le loup est, et restera l’ennemi héréditaire ! Et cela n’a rien à voir avec l’économie… Il s’agit d’un atavisme culturel partagé dans bien des campagnes et montagnes des régions de France.

La protection du loup, la science et l’économie

On peut justifier la protection du loup de bien des façons. Dans notre civilisation occidentale où la science est devenue une religion d’état, l’argumentation pour être recevable devra être, ou avoir l’air d’être, « scientifique ». Ainsi elle se parera des atours de l’objectivité et de la rationalité. La référence sera alors la biologie de la conservation et le motif la sauvegarde de la biodiversité. En protégeant le loup on protège toutes les espèces qui partagent son habitat, le loup étant qualifié d’ « espèce parapluie » c’est-à-dire une espèce dont les besoins écologiques incluent ceux de nombreuses autres espèces de telle sorte qu’en la protégeant, on les protège aussi.

L’autre divinité actuelle, c’est le fric et de ce point de vue, il est possible d’arguer que le tourisme vert favorisé par le loup est plus rentable que le pastoralisme qui ne survit qu’à coup de subventions prises in fine dans la poche des contribuables. Un ancien maire de Saint Martin Vésubie Gaston Franco déclarait « Le pastoralisme n’est pas indispensable au Mercantour » sous-entendu « le tourisme l’est ». Gaston Franco le savait si bien qu’il est à l’origine d’ « Alpha - Le Temps du Loup » où les touristes peuvent venir observer des loups évoluant en semi-liberté dans un vaste enclos boisé.
Les associations de défense du loup jouent habillement sur ces deux claviers pourtant ce n’est pas pour des raisons « scientifiques » tirées de la biologie de la conservation dont beaucoup ignorent l’existence même, ni pour des raisons économiques qui ne les concernent que très indirectement que le regard porté sur le loup par une majorité de nos contemporains a changé.

Pourquoi les gens ne choisissent plus entre le berger et le loup

Comme le met en évidence l’analyse de l’article de H. Germouty, entre le loup et le berger, il n’y avait pas d’hésitation jusque dans la première moitié du XXème siècle au moins, l’opinion publique choisissait massivement le berger.
Le berger a longtemps joui d’une bonne image dont l’une des racines est sans doute la métaphore chrétienne du Seigneur, berger de ses ouailles, c’est-à-dire de ses brebis : « Moi, je suis le bon berger : le bon berger laisse sa vie pour les brebis … Moi, je suis le bon berger : je connais les miens et je suis connu des miens, comme le Père me connaît et moi je connais le Père ; et je laisse ma vie pour les brebis » (Jean 10 v.11, 14 et 15)
Mais cette image s’est singulièrement ternie depuis que le loup venu d’Italie a posé la patte en France. Elle s’est ternie parce que trop souvent le berger est confondu avec l’éleveur, le propriétaire du troupeau. Une confusion qui se produit d’autant plus facilement que les deux ne font parfois qu’un et que vis-à-vis du loup, berger et éleveur font souvent cause commune. Plus grave encore, ils font cause commune avec le chasseur qui voit dans le loup un concurrent. Or, l’image du chasseur n’est pas bonne pour une grosse majorité de gens, pour presque tous ceux qui ne chassent pas ou n’ont pas de chasseurs parmi leurs proches.

Les gens ont vite compris que la protection de la nature était le cadet des soucis de cette triplette et qu’elle considérait que la montagne et tous les espaces naturels lui appartenaient. Pas de place pour le loup ou un autre animal sauvage, plus guère de place non plus pour les autres usagers de ces espaces que leurs chiens dissuadent de fréquenter avec plus de succès qu’ils dissuadent les loups d’attaquer les troupeaux ! Il y a conflit d’usages.
L’opinion publique n’est plus du seul côté du berger même si cela ne se reflète guère dans la presse régionale trop souvent résolument anti-loup et pro-chasse. Mais la raison principale n’en est pas cette collusion berger, éleveur propriétaire, chasseur. Ce n’est pas non plus ces conflits d’usages qui en sont la raison principale bien que tout cela ait un rôle. La raison principale c’est que les gens ne veulent plus la mort du loup tout simplement parce qu’ils le trouvent beau : ils l’aiment !

Manifestation anti-loup à Paris : une opération de communication ratée !
Voilà la vraie raison sans doute tout à fait déraisonnable mais parfaitement valable et respectable qui fait que beaucoup d’entre nous sont pour que l’on protège le loup. Relisons les propos de la parisienne venue montrer les brebis à son petit-fils : «le loup aussi est beau et doit être protégé ». Tout est dit mais il est évident que ce n’est pas des raisons de ce genre qu’il faut invoquer face à des technocrates au cœur sec, experts, scientifiques et économistes de tout poil qui veulent des raisons objectives à nos choix et qui tiennent les élus sous leur coupe ou derrière lesquels ces élus se réfugient.
Ce revirement d’un animal redouté à exterminer à un animal admiré qu’il faut protéger, de la haine à l’amour faut-il l’expliquer ? Est-il seulement explicable ? S’il fallait à tout prix le faire, il semble que le plus plausible serait d’invoquer le besoin de nature sauvage universel chez tous les hommes et qui se révélerait seulement lorsque cette nature de plus en plus asservie et domestiquée est en voie de disparition. C’est l’hypothèse que retient Élise Rousseau dans son Anthologie du Loup lorsqu’elle écrit : « L’homme d’aujourd’hui ayant exterminé le sauvage, apprivoisé la nature, se retrouve soudain avec un manque. Celui de la vraie nature. Pas celle des vergers et des futaies bien entretenues. La vraie nature, imprévisible, inextricable, vierge de toute domestication. Où il reste une place pour cette crainte, ce mystère, cette peur que l’on a tellement tenté d’éradiquer. Qui mieux que le loup peut symboliser ce besoin de renouer avec cette nature-là ? » (Delachaux et Niestlé, Paris, 2006, p. 250)
Dans ces conditions il était joué d’avance que l’opération de communication des éleveurs ovins pour séduire les citadins ne pouvait qu’échouer. Ce n’étaient pas quelques malheureuses brebis parquées sur les Champs Élysées qui les feraient crier haro sur le loup.

NB : 80% des Français considèrent qu’ « un animal comme le loup a sa place dans la nature en France» et ne veulent pas qu’il soit éradiqué selon un sondage IFOP pour l’ASPAS et One Voice effectué en septembre 2013 (consultable ici)



Jeudi 4 Décembre 2014 Commentaires (0)

Au quotidien

Hélas !!!!
Hélas !!!!
Dessin trouvé sur le réseau. Auteur inconnu. J'ai ajouté la légende

Samedi 29 Novembre 2014 Commentaires (0)
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