Avant-propos

(La rédaction de cet article était terminée quand la police a découvert fortuitement le projet d’attentat qui semble avoir été préparé par Sid Ahmed Ghlam contre des lieux de culte catholique. Il m’est apparu qu’une forme de mise-à-jour était nécessaire qui ne touchait cependant pas le corps de l’article. Elle a donc pris la forme d’un avant-propos)

Avec le récent projet d’attentat contre des églises de Villejuif, il va être encore plus difficile de faire échec à la loi sur le renseignement en débat à l’Assemblée nationale. Il n’y a qu’à voir comment Valls et Cazeneuve, ces deux amis bien connus de la liberté, en rajoutent.
Il faudra bien du courage aux députés qui voteront contre les techniques de surveillance de masse que cette loi légalisera et/ou instituera dans un cadre qui englobe mais dépasse largement la lutte antiterroriste, même en donnant au terme terroriste une très large extension. Pourtant, cette dernière affaire est l’illustration criante que ce n’est pas d’outils de surveillance de masse qu’a besoin la lutte antiterroriste mais de personnel humain. Dans ce dernier cas comme dans les cas précédents d’Ahmed Merra , des frères Kouachi et de Amedy Coulibaly, Sid Ahmed Ghlam, l’individu qui, semble-t-il, projetait cet attentat était parfaitement connu des services de police. Il avait été interrogé et fait l’objet d’une surveillance improductive et pour cela totalement abandonnée sans maintien d’un contrôle minimal! Il en aurait été de même avec les nouveaux moyens que la loi liberticide sur le renseignement actuellement en débat à l’assemblée nationale car cette absence de tout contrôle est, en partie au moins, due à une insuffisance de moyens humains. Cette loi instaure une surveillance de masse pour détecter d’éventuels terroristes, ce qui n’est pas le problème. Il semble que l’on sache très bien détecter les terroristes potentiels sans recourir à une surveillance généralisée du web. Et dans tous les cas récents, ils étaient tous connus! Le problème, c’est de surveiller les terroristes potentiels détectés et d’estimer leur pouvoir de nuisance.
Plus grave même, ces techniques de surveillance de masse risquent de multiplier les « faux positif », c’est-à-dire des personnes détectées par un algorithme comme suspectes mais qui ne le sont pas en réalité, éparpillant des moyens d’enquête et de surveillance nécessairement limités sur une multitude de fausses pistes.
Certains politiques à droite comme à gauche considèrent que parce que nous sommes en guerre, il faut voter cette loi qui pour eux est une loi d’exception. En fait pour ses promoteurs, cette loi n’est pas du tout une loi d’exception qui devra être revue, une fois les risques terroristes dissipés, en admettant qu’ils le soient un jour ! C’est une loi qui donne un cadre aux services de renseignements et définit leur champ d’investigation qui dépasse la seule lutte contre le terrorisme. Le terrorisme n’est que le prétexte pour accentuer la surveillance des gens et prévenir toute contestation non seulement de l’ordre établi mais aussi et peut-être surtout de la politique gouvernementale.


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Il ne faut pas compter sur les partis qui se veulent « partis de gouvernement » pour défendre nos libertés et notre vie privée

L’histoire du PS sous les divers avatars qu’il a revêtu au cours du siècle dernier est lourde de de trahisons vis-à-vis des causes qu’il prétendait défendre. Mais au cours du quinquennat de ce Monsieur Hollande, on n’a jamais vu autant de renégats se targuer du qualificatif de socialiste, un concept et un idéal qu’ils achèvent de vider du peu de sens qu’ils avaient encore grâce à quelques résistances internes. Lorsqu’il était dans l’opposition, sous la présidence de Sarkozy, le PS dénonçait comme liberticide les mesures qu’aujourd’hui il défend dans le projet de loi sur le renseignement, une loi décriée par toutes les associations et structures qui se soucient de préserver la liberté des gens et ce qui en est le fondement : leur vie privée. On lira à ce sujet un article de Louis Imbert, article éclairant et propre à nous rafraichir la mémoire « Loi sur le renseignement : quand le PS de 2009 s'oppose au PS de 2015 » sur le site du journal Le Monde ici

Dans cette navrante inconstance du parti actuellement au pouvoir, il faut noter une exception : celle du premier ministre actuel qui déjà en 2009 se refusait de considérer ces mesures d’espionnage des gens comme des menaces à l’encontre de leur liberté et de leur vie privée. Mais cette constance n’a rien de rassurant. En effet, s’il est un personnage auquel l’étiquette de socialiste ne convient guère, c’est bien Manuel Valls !

Des ministres renégats promoteurs de cette loi sur le renseignement, Cazeneuve est parmi les meilleurs avec Jean-Jacques Urvoas, président PS de la commission de loi à l’assemblée nationale et concepteur principal de ce projet de loi.

Il est tout aussi croustillant ou affligeant, cela dépend du point de vue, de constater que ceux qui soutenaient les mesures liberticides de Sarkozy s’insurgent aujourd’hui et veulent déférer devant le Conseil constitutionnel en espérant qu’il sera sanctionné un texte que naguère ils auraient aimé porter. Parmi eux, il y a l’ancien premier ministre de l’ère Sarkosy, François Fillon. Notons aussi qu’y vont de leur couplet, Devedjian et Guiano que l’on avait connus moins soucieux des libertés en d’autres temps ! Néanmoins fidèles à leur tropisme, la grande majorité des députés de droite comme Eric Ciotti sont favorables à ces mesures liberticides et donc en faveur de cette loi.

Ne soyons pas dupes non plus des protestations du FN contre cette loi. Certes lors du débat à l’Assemblée nationale, il en a fait par la voix de Marion Maréchal Le Pen un procès sans concession au nom de la démocratie et de la préservation de la vie privée, se montrant ainsi comme un allié pour ceux qui rejettent cette loi. Mais pour le FN, c’est d’abord un rejet de circonstance. Actuellement dans l’opposition, encore considéré par beaucoup comme aux marges de la démocratie, il craint d’être une des victimes de l’espionnage high-tech et sans garde-fou judiciaire que cette loi met à disposition du Premier ministre. Mais que ferait-il lui-même s’il advenait qu’un jour, il soit porté au pouvoir ?

Aujourd’hui sans doctrine définie, partout en régression, le communisme sous la forme du PCF ou sous une autre ne peut plus guère prétendre être le parti dominant dans une coalition au pouvoir. Au cours de ses aggiornamentos successifs, il a revu ses théories sur la dictature du prolétariat et son soutien aux « démocraties populaires » qui n’avaient de démocratie que le nom. Bien que « l’histoire ne repasse jamais les plats », on peut se demander ce qu’il se passerait si le vent de cette histoire tournait de nouveau, l’avenir en ce domaine étant peut être encore plus imprévisible que dans d’autres. La défense de la vie privée et de la liberté des gens n’est peut-être plus seulement un discours de circonstance en ce qui concerne le PCF mais la méfiance reste de mise. Dans son zèle de nucléocrate, un ministre communiste de l’industrie n’insisterait-il pas pour faire des antinucléaires des personnes portant atteinte aux intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France et donc entrant dans le champ de cette loi sur le renseignement ? Ceux qui comme l’auteur de ces lignes se sont heurtés aux nucléocrates de la CGT et du PC savent qu’il ne s’agit pas d’une simple hypothèse d’école.

Quant aux députés du groupe EELV qui nous intéressent plus particulièrement dans ce blog consacré à l’écologie, il n’aura même pas fallu un demi-siècle pour que la plupart d’entre eux oublient leurs origines et ne se comportent pas mieux que leur alliés PS et parfois de façon encore pire ! Le comportement des uns et des autres lors de la discussion de la loi liberticide sur le renseignement est révélateur. Pour faire pièce à cette loi – mis à part Sergio Coronado et Isabelle Attard qui ont fait ce qu’ils ont pu dans un hémicycle au trois quart vide, il ne faut pas trop compter eux.

Il y a aussi quelques députés appartenant à des partis de gauche ou de droite qui se sont opposés aux dispositions liberticides de cette loi. Ils doivent être soutenus quels que soient leur couleur politique, leurs agissements passés ou leurs motivations plus ou moins sincères. En la circonstance, il faut être pragmatique parce qu’il y a danger notamment pour les luttes écologiques de terrain et les mouvements sociaux reliés. Mais il faut avant tout compter sur les protestations de la société civile et sur les mobilisations citoyennes, c’est-à-dire sur nous tous, dans la mesure de nos possibilités. Sur nous tous, car que l’on soit militant de la cause écologique, zadiste, antinucléaire, antiéolien, partie prenante des mouvements sociaux ou simple particulier navigant sur le web, envoyant ou recevant des messages, nous sommes tous concernés.

Pour Bernard Cazeneuve, le droit à la vie privée n’est pas une liberté fondamentale à préserver!

Non content d’être Monsieur « AREVA » au sein du parti, non content de laisser tuer des manifestants, il défend cette loi sur le Renseignement qui comprend des atteintes à la vie privée des gens et il s’en vante !
Il assène d’un ton docte cette contre-vérité qui témoigne soit de son ignorance et de son incompétence soit de son aptitude à mentir avec un aplomb qui donne envie de hurler ou de vomir.

« Je ne partage pas la position de Bernard Cazeneuve. La protection de la vie privée est un droit fondamental. C'est à ce titre qu'elle doit être maintenue, même s'il faut renforcer les moyens de contrôle des personnes » a réagi Isabelle Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL.
Et oui, Monsieur Cazeneuve, le droit à la vie privée est une des libertés fondamentales qui doit être protégée comme telle, en droit international comme en droit constitutionnel français.

Mais Monsieur Cazeneuve le sait sans doute très bien ! Il s’en fiche.
À l’Assemblée nationale il vocifère en séance des contre-vérités comme lorsqu’il assène que les "métadonnées" qui seront récoltées sur les réseaux par des boîtes noires installées chez les fournisseurs d’accès internet ne permettent pas d’identifier les internautes. Si elles ne le permettaient pas, il serait inutile de les enregistrer. Elles ne sont pas anonymes. C’est d’ailleurs pourquoi la Commission nationale informatique et libertés (CNIL) les considère à l’instar de l’adresse IP d’un ordinateur comme des données personnelles : « Les métadonnées sont des données personnelles, car elles permettent d'identifier les personnes » a déclaré Madame Falque-Pierrotin, présidente de la CNIL et « la protection des données personnelles est un droit fondamental » a-t-elle rappelé contredisant les dires de Cazeneuve.
D’ailleurs ce Cazeneuve n’en est pas à une « approximation » près. On avait pu le constater à propos du meurtre de Rémi Fraisse à Sivens. On le constate à nouveau lors de la discussion de cette loi.
Pour ceux qui douterait des propos de ce ministre, voici le passage de la vidéo où on le voit et l’entend faire cette déclaration insensée après avoir reconnu que sa loi sur le renseignement portait effectivement atteinte à la vie privée. Il a été mis en ligne par Numerama

En se rendant sur ce site, on peut prendre conscience de la dangerosité des dispositions de cette loi.

Peu efficace contre l’ennemi extérieur, redoutable contre « l’ennemi (politique) intérieur »


Dire que ces textes attentatoires à la liberté sont nés au lendemain d’une immense marche pour défendre la liberté sous l’espèce de la liberté d’expression ! Il est vrai qu’en tête de cortège défilaient aussi des chefs d’états plus ou moins recommandables – certains ne l’étant même pas du tout – dont la liberté qu’elle soit d’expression ou autre n’était pas le problème. Ils défilaient contre « le terrorisme », concept bien pratique dont le vague laisse le champ à des applications et des interprétations des plus opportunistes d’abord contre « l’ennemi extérieur» puis contre des opposants internes même s’ils sont des écologistes non-violents comme c’est le cas au Canada . C’est au nom de cette lutte contre le « terrorisme » que Valls, Le Drian, Cazeneuve, Urvoas et Cie présentent au parlement avec la bénédiction de Hollande une loi liberticide que des députés voteront pour le même motif sans état d’âme et en toute méconnaissance de cause pour certains d’entre eux.

Cette loi liberticide qui touche tout le monde donne tout un arsenal aux services de renseignement de l’état. Il sera sans doute peu efficace contre l’ennemi extérieur comme l’on montré en séance de l’assemblée nationale quelques députés de sensibilités politiques diverses comme Isabelle Attard (Nouvelle Donne), Jacques Tardy (UMP), Sergio Coronado (EELV), Laure de La Raudière (UMP), Christian Paul (PS) aux objections et interrogations desquels les ministres n’ont pas répondu ; celui de l’Intérieur, Cazeneuve préférant mensonges et invectives. Il sera par contre fort utile contre l’ennemi politique intérieur aux gouvernements et au gouvernement actuel en tout premier lieu ; ce qu’aucun député n’a voulu ou osé dire en face aux ministres, sauf, hélas, Marion Maréchal-Le Pen ! Il faut dire qu’elle craint qu’elle-même, son parti et sa mouvance en fassent les frais.

L’action des services de renseignement hors de tout contrôle judiciaire avec mise en œuvre de moyens high-tech aujourd’hui officiellement prohibés pourra s’exercer grâce à cette loi dans une large gamme de cas comme précisé dans son texte qui stipule que « Les services spécialisés de renseignement peuvent, dans l’exercice de leurs missions, recourir aux techniques mentionnées au titre V du présent livre pour le recueil des renseignements relatifs à la défense et à la promotion des intérêts publics suivants : 1° L’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et la défense nationale ; 2° Les intérêts majeurs de la politique étrangère et la prévention de toute forme d’ingérence étrangère ; 3° Les intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France ; 4° La prévention du terrorisme ; 5° La prévention des atteintes à la forme républicaine des institutions, des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale ou de la reconstitution ou d’actions tendant au maintien de groupements dissous en application de l’article L. 212-1»

Une démocratie qui n'assume aucune de ses marges

Prétexte à cette attaque en règle des libertés, le terrorisme n’apparaît plus qu’en quatrième position comme cas dans lesquels ces écoutes et autres interceptions seront légales. Le gouvernement peut très bien décider que l’industrie nucléaire représente un « intérêt économique majeur de la France » et les anti-nucléaires pourront être espionnés, mis sur écoutes, leurs ordinateurs piratés, etc. De même la « prévention des violences collectives de nature à porter atteinte à la sécurité nationale» est une désignation suffisamment vague pour s’appliquer aux ZAD, aux actes de résistances écologiques, aux actions contre la torture animale, la tauromachie, le foie gras, la vivisection, voire les actions anti-chasse. C’est exactement ce que redoute Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, qui considère que «nous sommes face à une démocratie qui n'assume aucune de ses marges. Toute expression de radicalité sera surveillée, des black blocs aux mouvements sociaux. » (Citée par Télérama ici)

Conçue sous prétexte de lutter efficacement contre le terrorisme, cette loi a un champ d’action beaucoup plus étendu alors que rappelle Laurence Blisson «l’action des services de renseignements doit rester exceptionnelle, parce que, dans une démocratie, elle est de l’ordre de la dérogation. Elle doit être encadrée et contrôlée par une autorité indépendante, par un juge ». Henri Guaino (UMP) rejoint sur ce point la présidente du Syndicat de la magistrature, plutôt classée à gauche. Il estime lui aussi que le champ de cette loi est beaucoup trop étendu. Il considère qu’elle n’est plus une loi sur le terrorisme.

En tout cas, voilà un bon outil pour surveiller les zadistes, les antinucléaires, les écologistes de terrain qui pourront être espionnés sans contrôle judiciaire par le seul fait du Prince. Et cela non pas lors de l’accession au pouvoir d’on ne sait quel tyran dans un temps indéterminé mais par Valls, Cazeneuve, Le Drian et leurs sbires dès la loi promulguée.

Incroyable mais vrai : il y a des députés EELV qui soutiennent ce projet de loi !

Pourtant sur les quatre députés du groupe EELV présents lors du scrutin public sur l’article 2 de cette loi qui légalise notamment l’utilisation de moyens techniques intrusifs liberticides, deux seulement ont voté « contre » après s’être bien battu pour tenter de faire reculer le gouvernement : Isabelle Attard qui est par ailleurs vice-présidente de « Nouvelle Donne » et Sergio Coronado membre du parti EELV ; deux, silencieux tout au long des débats ont voté « pour » Eric Aulazet et François De Rugy alors même que tous les amendements du groupe EELV qu’ils avaient pourtant cosignés l’un et l’autre ont été refusés.

Plus étonnant encore, il y peu Aulazet avait fait une intervention contre ces techniques qu’il vient d’autoriser par son vote ! Il déclarait en effet en séance publique lors du « débat sur la protection de la vie privée à l’heure de la surveillance numérique, commerciale et institutionnelle » du jeudi 30 janvier 2014 : «Ce big data suscite des questions relatives au respect de la vie privée et plus encore au respect de la démocratie. Souhaiter tout connaître, tout prévoir, afin de mieux contrôler, c’est prendre le risque de réduire notre espace de liberté, espace de liberté sans lequel la démocratie ne peut exister. »

Au contraire d’Eric Aulazet silencieux lors du débat de ce projet de loi sur le renseignement mais qui avait dit blanc à une autre occasion et aujourd’hui vote noir, Sergio Coronado est resté cohérent avec lui-même. Au cours du débat sur « la protection de la vie privée à l’heure de la surveillance numérique », il avait prévenu que les beaux discours sur ces questions de liberté et de respect de la vie privée ne suffisaient pas. « Nous ne pouvons pas nous contenter de belles déclarations : nous devons intervenir sur le travail législatif lui-même, car le Parlement adopte à l’heure actuelle des dispositifs tout à fait dangereux pour nos libertés. » avait-il déclaré à l’intention de Fleur Pellerin, ministre déléguée chargée des petites et moyennes entreprises, de l’innovation et de l’économie numérique, ministre fort discrète lors du débat sur cet article du projet de loi sur le Renseignement comme sur l’ensemble du projet !

Quant à F. de Rugy, dans une interview à Télé Matin diffusé le 13 avril, il défend sans complexe ce texte et ses dispositions qui risquent non seulement de porter atteinte aux libertés individuelles mais de plus de servir pour réprimer les combats des écologistes de terrain, écologistes dont il a toujours bien pris soin de se distinguer, lui qui se revendique français moyen normal qui ne vit pas dans une cabane perchée dans un arbre. Il faut le dire bien fort : cette caricature de politicard arriviste bon chic bon genre n’a rien d’un écolo. Qu’il ait pu accéder à la députation sous l’étiquette EELV et pire encore être élu à la présidence du groupe des députés EELV en dit long sur l’état de dégénérescence dans lequel est tombé ce parti. Dans cet entretien il déclarait « Je participerai moi-même au débat cet après-midi » On ne l’a pas entendu. Par contre il avait signé tous les amendements du groupe. Il n’est jamais intervenu ni ce jour-là, ni aucun des autres jours où ce texte était débattu mais il a voté pour ! Un service rendu à Valls, Hollande et au PS dont il espère sans doute être payé en retour ! Une promesse d’investiture pour le prix d’une trahison ?

Défendre l’écologie, ses structures militantes et ses activistes ou être Valls Hollande compatible

Même si deux des membres du groupe EELV se sont bien battus pour tenter de faire reculer le gouvernement sur les aspects les plus dangereux de son texte, il est regrettable que les autres membres de ce groupe ne se soient pas mobilisés d’avantage. Et pourquoi n’avoir pas dit que cette loi permettrait au Premier ministre et à son ministre de l’intérieur l’espionnage des écologistes et autres zadistes en lutte à Notre Dame des Landes, Sivens, Roybon ou ailleurs en France, des associations qui militent pour la fermeture de Fessenheim, l’abandon de l’EPR ? Lorsque l’on écoute les propos de Valls et de Cazeneuve, lorsque l’on constate l’attitude des forces dites de l’ordre sur le terrain, notamment à Sivens, il est difficile de croire qu’ils se gêneront !

Marion Maréchal Le Pen en députée défendant le Front National et sa mouvance d’extrême droite ne s’est pas embarrassée, elle, pour dénoncer un texte où tout est prévu « pour basculer du renseignement criminel au renseignement politique ». Elle a dénoncé comme bien d’autres une extension trop large et trop floue du champ d’action de la surveillance des renseignements « bien au-delà de la menace terroriste, qui devient alors un prétexte à la surveillance politique. » Mais surtout, elle a ajouté concernant Valls et le Front national : «Comprenez mon inquiétude, lorsque je constate la véhémence des propos du Premier ministre tenus à l’étranger et en France à l’égard du Front National, alors que ce projet de loi fait de ce même Premier ministre le décisionnaire final de cette mise sous surveillance qui échappe à la décision du juge ». C’est tourné de façon élégante, mais c’est dit. Marion Maréchal Le Pen redoute que le Premier Ministre utilise cette loi à des fins de surveillance contre son parti et sa mouvance. Et comme tout est prévu dans ce texte pour basculer du renseignement criminel au renseignement politique pourquoi n’opérerait-il pas ce basculement?

Quel contraste désolant entre cette attitude sans concession de la députée frontiste et celle de ces députés écologistes timorés, trop soucieux de rester Valls et Hollande compatibles qui évitent les propos qui fâchent, plutôt que défendre leur cause et leur mouvance. On en arrive même à se demander pour la plupart d’entre eux si cette cause est encore la leur et pour certains si elle l’a été un jour !

Pour une défense citoyenne de la vie privée et des libertés

La démocratie représentative assortie d’un mode de scrutin ad hoc pour que deux «grands» partis monopolisent à tour de rôle le pouvoir n’est qu’un ersatz de démocratie si ce pouvoir des élus n’est pas compensé par une démocratie directe et une solide démocratie participative qui mobilise les gens responsables concernés et éclairés. Elles devraient avoir les moyens légaux de peser sur les décisions des élus qui parce qu’ils ont été élus n’en sont pas devenus pour autant des parangons de vertu dotés d’une science infuse du bien commun.

Ne nous laissons pas faire ! Participons à la cyberaction « Non à la surveillance généralisée » ici



Samedi 25 Avril 2015 Commentaires (0)

Parce que des habitants de Parthenay dans les Deux-Sèvres se plaignent de quelques désagréments que leur causent des compagnies de «corbeaux» (en réalité des corneilles noires), la municipalité va organiser des battues pour tuer un maximum de ces oiseaux au moins aussi intelligents que les singes macaques, capables d’empathie et qui ont conscience d’eux-mêmes. Ces massacres ne lèveront sans doute guère d’indignation. Pour la plupart des gens, les corbeaux n’ont pas bonne réputation. Hélas…


Corbeaux condamnés à Parthenay. Qui va les défendre ?
Les corbeaux, des occupants sans droit, ni titre ?

À Parthenay, au Parc des Loges et à Saint-Paul les bipèdes sans plume ne font pas bon ménage avec les bipèdes aux belles plumes noires luisantes soigneusement entretenues qui habitent ces mêmes quartiers. Comme beaucoup d’autres sur la Planète, les bipèdes sans plume de ces deux quartiers défèquent dans de la porcelaine tandis que toutes les corneilles de la Planète et donc celles qui vivent à Parthenay défèquent parfois dans les airs. Au Parc des Loges ou à Saint Paul à Parthenay comme ailleurs, il peut advenir par un malheureux hasard que quelques étrons tombent sur la terrasse d’un sans plume ou bien encore, horreur suprême, sur la voiture de Monsieur ou de Madame ; Madame qui se plaint même d’avoir à balayer les branches « qui tombent partout » quand les corneilles construisent leurs nids. Alors les fientes sur le pare-brise ou le toit de sa voiture, imaginez un peu !!!
Les habitants de ces deux secteurs reprochent aussi aux corneilles d’être trop bruyantes lorsqu’elles « vaquent à leurs occupations, affairées à construire le nid douillet de leur portée en ce moment, aggravé encore avec les incessantes becquées quand les petits sont nés » dixit la journaliste de La Nouvelle République. Pensez donc, ces pauvres gens sont « parfois obligés de fermer la fenêtre pour entendre la télé » (sic !), un appareil particulièrement silencieux et qui, bien sûr, ne gêne personne lorsqu’on l’écoute toute fenêtre ouverte !!! L’un d’entre eux s’insurge aussi parce que « Le soir, c'est impossible de prendre un verre en terrasse avec des amis tellement ils font du bruit » à croire que lui et ses amis chuchotent en sirotant leur apéro tout en regardant le soleil décliner !!! Comme les rurbains qui veulent empêcher les coqs du village de saluer le lever du soleil, les habitants de ces quartiers reprochent aux corneilles d’avoir un réveil aussi matinal que tapageur.
Ils estiment comme une évidence qui va même sans dire qu’eux et eux seuls ont le droit de faire du bruit, les oiseaux devant être silencieux et se faire oublier. Ces humains sont chez eux. Les « corbeaux » sont des occupants sans droit, ni titre. Qu’ils crèvent donc ! La municipalité a décidé de les tuer.

Entre vindicte et indifférence vaguement complice

Sans doute est-ce un peu injuste de généraliser à tous les habitants de ces secteurs de la ville de Parthenay cette volonté de voir les corbeaux en disparaître alors qu’il n’y a peut-être parmi eux que quelques mauvais coucheurs vindicatifs qui parlent haut et fort. Il est significatif à cet égard que la réunion d’information organisée par la mairie au sujet de ce massacre de « corbeaux » à venir n’a pas mobilisé les foules : sur une centaine d’invités du quartier des Loges, seuls sept se sont déplacés. On peut donc supposer que pour les autres, pour l’immense majorité, le voisinage des « corbeaux » ne pose pas problème ou ne suscite que quelques petits désagréments sans conséquence. Le sort de ces oiseaux les indiffère. C’est sans doute d’une indifférence vaguement complice qu’il s’agit. Après tout s’ils disparaissaient de leur environnement, ce ne serait pas plus mal.
D’ailleurs pourquoi dans ces deux quartiers s’inquiéterait-on des « battues administratives » en préparation ? Pour être rassuré, il suffit de lire le journal local qui rapporte sans distanciation les propos du lieutenant de louveterie qui organise le massacre. Pour tuer les corneilles les chasseurs tirent en l’air et lorsque les plombs retombent, ils ne sont plus dangereux. Ils ne font aucun dégât même sur les toits des voitures. Pourtant le même personnage recommande « de laisser les enfants en bas âge ou les petits bébés à la maison» lors de ces battues. En outre tous les oiseaux tués seront ramassés et ne pourriront pas sous le nez des résidents. Donc pour les humains, rien à craindre : sous la houlette du lieutenant de louveterie, pas de bavure, pas de plomb perdu, pas de cadavre qui traîne.

Régulation, que de tueries en ton nom !

Si pour les humains tout ira bien, pour les corneilles par contre tout ira mal. Pauvres corneilles qui sous des motifs bien légers pour ne pas dire futiles seront la cible d’amoureux de la gâchette qui vont bien s’amuser en redorant du même coup le blason des chasseurs qui pourront apparaître comme de dévoués prédateurs de nuisibles pour la santé et la sécurité de tous. Ces motifs sont d’ailleurs si légers et si futiles que l’on est en droit de se demander s’ils ne sont pas que des prétextes pour donner du travail au lieutenant de louveterie et permettre à quelques chasseurs privilégiés de continuer à tirer sur des cibles vivantes après la fermeture de la chasse.
Le lieutenant de louveterie n’a pas manqué d’avancer une autre raison pour cette tuerie, un motif d’intérêt dit général, en tout cas habituel lorsqu’il s’agit justifier ce genre de massacre : les corbeaux sont en expansion, n’ont pas de prédateur, les chasseurs les remplaceront. Le conseiller municipal chargé du dossier explique sans fard qu’il s’agit de tuer le plus possible de corbeaux : « L'année dernière, on en avait eu un peu moins de 400, on espère que ce sera autant », le lieutenant de louvèterie s’est alors empressé de préciser qu’il s’agissait d'«une régulation et pas d'une extermination ». Il n’empêche que lui et ses sbires essayeront de tuer le maximum de corneilles qu’ils pourront.

Jeune corneille noire
Jeune corneille noire
C’est même pour cela qu’ils ont choisi d’organiser ces battues entre le 20 avril et le 30 mai, pendant la période de nidification et d’élevage des jeunes. En effet, indiquons pour ceux qui ne le savent pas que les corneilles construisent leurs nids et pondent leurs œufs en mars-avril. Ces œufs sont couvés de 17 à 20 jours. Les petits sont nourris au nid pendant un mois puis prennent leur envol tout en étant encore nourris par leurs parents entre une semaine et quinze jours. Puis ils se dispersent, ce qui nous porte aux alentours du 30 mai, date de la fin des battues. Pendant toute cette période, les familles sont soudées et les petits sont jalousement protégés par leurs pères et mères qui peuvent même se montrer agressifs envers tous ceux qui semblent menacer leur progéniture, humains compris.

Lorsque le lieutenant de louveterie affirme que « Les corbeaux ne sont pas des bêtes idiotes, au bout de la sixième fois qu'ils nous voient arriver avec les fusils, ils ne reviennent pas », il sous-estime volontairement sans doute leur intelligence. Les corneilles n’ont pas besoin de se trouver confronter cinq fois à la mitraille des chasseurs pour comprendre ce qui leur arrive, reconnaître leurs agresseurs et se mettre hors de portée avant même que ceux-ci aient pu les apercevoir. Une seule fois suffit comme l’expérience le montre. De plus les corneilles sont capables d’identifier dans une foule la personne qui les a agressées antérieurement en reconnaissant son visage. Enfin tout porte à croire qu’elles sont capables de communiquer ces informations à leurs congénères comme le montrent des recherches éthologiques récentes. Alors pourquoi ne quittent-elles pas les lieux à la première battue ? Tout simplement parce qu’elles ne veulent pas abandonner leurs nids, leurs œufs ou leurs oisillons, quitte à se faire tuer. Et elles se font tuer, pères et mères, en masse!

Une fausse mansuétude

Même si la plupart des gens ne sont pas prêts à se mobiliser pour défendre les corbeaux comme ils le seraient pour défendre les loups, ours ou renards, trop de cruauté à leur égard risquerait de rendre quelques « âmes sensibles » compatissantes, puis révoltées et capables d’en entraîner d’autres sur le sentier du refus et de la contestation. Aussi, le lieutenant de louveterie peu désireux de voir se lever ce vent de révolte s’efforce-t-il de gommer en apparence les aspects les plus barbares de l’opération pour la rendre plus présentable et acceptable en profitant de l’ignorance des gens qui pour la plupart ne sont pas au fait des lois, décrets et circulaires réglementant chasses et battues, administratives ou non.
C’est ainsi que pour signifier sa grande mansuétude, il insiste sur le fait que respectant la loi, lui et ses sbires ne tireront pas sur les nids. Beaucoup en concluront que, s’il en est ainsi, c’est pour préserver les jeunes corneilles. Erreur ! Ce n’est pas du tout pour épargner les petites corneilles. Les corneilles sont classées « nuisibles » et tout ou presque est bon pour les tuer en tout lieu à n’importe quelle période de l’année. S’il est interdit de tirer sur leurs nids, c’est parce que ceux qui ont été abandonnés par leurs constructeurs sont souvent réutilisés par d’autres espèces protégées celles-là comme les faucons hobereaux et crécerelles ou hiboux moyens-ducs. Selon que vous serez corvidé ou rapace, vous serez protégés ou détruits, ainsi en ont décidé les despotes humains qui veulent régner sur le monde animal.
Quelle ironie ! Les corneilles ne sont pas protégées parce que leur espèce se porte bien, ce qui n’est pas le cas des trois autres citées. En d’autres termes, tant qu’une espèce n’est pas reconnue par les biologistes comme étant menacée ou en grand danger de disparition, on peut trucider ses membres jusqu’au jour où ces tueries répétées mettront ladite espèce en danger. Elle sera alors protégée… Ce fut naguère le cas du loup, c’est aujourd’hui celui des corneilles. En attendant ce n’est pas par égard pour leurs poussins que l’on interdit de tirer sur leurs nids.
D’ailleurs, les petites corneilles sont entièrement dépendantes de leurs parents pendant le mois où elles restent au nid. Leurs parents tués par les chasseurs du lieutenant de louveterie, c’est leur mort assurée. Elles auront beau s’égosiller troublant ainsi la quiétude des barbecues des riverains, il n’y aura nulle becquée et elles mourront de faim en une lente agonie.

Tuer les corneilles n’est pas la solution

Il est vrai que de grandes concentrations d’oiseaux quelle que soit l’espèce peuvent entraîner quelques désagréments pour les humains qui vivent à proximité. Encore faut-il essayer de connaître le pourquoi de cette concentration. Les corneilles vivent en couple ou en famille et sont moins sociables que les corbeaux freux qui eux vivent en groupes qui peuvent compter jusqu’à un millier d’individus. Elles se regroupent cependant aux endroits où elles peuvent accéder à une nourriture abondante et facile d’accès. Dans ce cas, elles ne cherchent plus de nouveaux territoires et donc ne se dispersent plus. C’est sans doute cela qui explique leur concentration dans les deux quartiers de Parthenay.
Près des habitations et des parcs, elles se nourrissent des déchets laissés par les humains ou que ceux-ci ont déposés intentionnellement pour d’autres animaux. Elles peuvent aussi piller les poubelles de rue mal conçues. La première des choses à faire avant de faire bêtement tirer dans le tas c’est de chercher les causes de leur présence en grand nombre et en particulier vérifier la gestion des déchets sur la voie publique et dans les espaces verts à proximité et prendre ensuite les mesures qui s’imposent pour les rendre inaccessibles ou moins accessibles aux corneilles. Une campagne de sensibilisation de riverains afin qu’ils surveillent mieux la gamelle de leurs chats ou de leurs chiens et évitent de la laisser à l’extérieur priverait les corneilles d’une ressource de bonne qualité et facilement exploitable.

La nourriture se faisant plus rare, les corneilles se disperseront et le petit nombre de couples restant ne tolèrera plus de nouvel arrivant. Ils feront alliance pour le chasser eux-mêmes. Il y a peut-être aussi d’autres causes à ces regroupements dans ces deux quartiers de Parthenay. En tout cas plutôt qu’à un lieutenant de louveterie et à des chasseurs, il serait plus pertinent de recourir à des ornithologues ou des éthologues spécialistes des mœurs des corvidés pour savoir pourquoi les corneilles se regroupent en grand nombre dans ces lieux et déterminer des solutions pérennes pour les disperser. Ce serait plus efficace puisque malgré les tueries, les corneilles reviennent en aussi grand nombre tous les ans et qu’il faut recommencer le massacre. Certes cela priverait quelques chasseurs de leur plaisir sanguinaire mais ce serait nettement plus humain.
Il semble difficile cette année de stopper le massacre prévu. Mais il n’est pas trop tard pour éviter qu’il se reproduise. C’est aux protecteurs des oiseaux et aux défenseurs des animaux de Parthenay de se mobiliser à cette fin. Puisse cet article avoir attiré leur attention, éveillé leur compassion pour les corneilles pour les pousser à agir.

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Crédit Photo : Dignatur /Wikimédia ; Stephan Mosel (Moe)/ Wikimédia (recadrée)

Les citations en italique sont extraites de l'article de La Nouvelle République du 04/04/2015 consacré à cette affaire.

Dimanche 12 Avril 2015 Commentaires (5)

Ségolène Royal poursuit sa croisade anti-loup. Avec Le Foll elle va au-devant des désirs de la Fédération nationale ovine. Contre le loup, son écologie laxative se mue en écologie expéditive et punitive ! Quand cessera-t-elle de nuire à la Nature qu’elle est censée protéger ?


Le ministre de l’écologie, Ségolène Royal a tout l’air ne pas aimer les loups. Si tel est bien le cas, on peut se demander pourquoi tant de haine envers ce splendide animal, magnifique représentant de la nature sauvage indomptée. Ce serait à un psy de découvrir les motifs profonds de cette aversion et d’en guérir ce ministre pour qu’elle puisse remplir correctement son travail qui consiste justement à préserver la nature en général et cette espèce en particulier.
Mais peut-être aussi que dans le fond, elle se fout des loups et de leur sort. Il se pourrait fort bien que ce qui l’intéresse au premier chef, comme son collègue Stéphane Le Foll ministre de l’agriculture, c’est s’attirer les bonnes grâces des éleveurs ovins en allant au-devant de leurs désirs pour des raisons bassement électoralistes. Il vrai que d’électeurs, le PS en aurait bien besoin lui qui touche le fond tant dans les urnes que dans les sondages. Comme le loup est la bête noire des éleveurs ovins, de la FNSEA, des JA et accessoirement des chasseurs, autant de lobbies puissants qui pèsent électoralement, il le sera aussi pour Le Foll et Royal. Ces deux-là savent, ou croit savoir, que pour la plupart des électeurs, même s’ils souhaitent que le loup soit protégé, cela n’est toutefois pas un facteur déterminant de leur vote.

Les deux ministres s’emploient à retirer au loup son statut de protection en tentant d’obtenir au niveau européen son déclassement de la convention de Berne ; en vain jusqu’à présent. Lors de leur rencontre avec les responsables de la Fédération nationale ovine (FNO), le 3 février 2015, Le Foll a rappelé son ambition en la matière et a fait état « d’échanges avec l’Espagne et le Portugal à ce sujet ».

Des félicitations pour Ségolène, la tueuse de loup

Avec sa « loi d’avenir agricole » ce même Le Foll a autorisé tout éleveur à tirer des loups sur simple décision préfectorale, loi co-signée par Ségolène Royale ; une Ségolène Royal que les représentants de la FNO, ces ennemis jurés du loup ont trouvée « très volontaire et bien au fait de la problématique de la prédation » lors de cette entrevue du 3 Février 2015. Des compliments assez inattendus de la part de la FNO ! Il faut dire que Madame Royale a pris fait et cause pour ces éleveurs, oubliant qu’en tant que ministre de l’écologie, elle se devait avant tout préserver la biodiversité et donc les loups des ardeurs destructrice des éleveurs ovins. Au lieu de cela, elle a «fermement exprimé sa volonté d’atteindre le quota prévu d’ici la fin du mois de mars 2015 », c’est-à-dire l’abattage des 36 loups prévu par le plan loup, en oubliant que ce nombre de 36 n’est pas le nombre à atteindre mais le nombre à ne pas dépasser pour que la survie de l’espèce soit préservée.

Contre le loup, l’écologie expéditive de Madame Royal

A cette occasion la sinistre de l’écologie « laxative » comme la nomme Le Canard enchaîné s’est pour l’occasion transformée en sinistre de l’écologie « expéditive », comme l’explique le communiqué de presse de l’ASPAS diffusé le 25 mars. Elle a mis le paquet pour tenter de tenir la promesse faite à la FNO : « Le mot d’ordre de la ministre de l’Écologie expéditive est clair : qu’il y ait ou non des troupeaux à protéger, il faut abattre un maximum de loups avant la trêve des tirs. En effet, les tirs de prélèvement sont interdits pendant les mois de mars et avril, c’est la saison de reproduction pour cette espèce protégée. Les préfets ont donc été invités à multiplier les arrêtés de tirs jusqu’à fin février, même s’ils ne se justifiaient plus à cette époque, quitte à entrer dans l’illégalité. »

C’est ainsi que suivant les ordres des ministres ,le préfet de la région Rhône-Alpes missionné pour coordonner le Plan Loup, M. Carenco a envoyé le 9 février un mail aux préfets leur demandant de se « mobiliser fortement » avant la trêve de mars/avril pour décider des tirs de prélèvement en l’absence des troupeaux, pour autoriser des tirs de destruction de plusieurs loups « sans hésiter à aller jusqu’à 4 loups » et des tirs de prélèvement mis en œuvre par les éleveurs en application de la loi agriculture (dès la 1ère attaque, autorisation valable 6 mois). » Avec de telles directives, on reconnait bien la patte de Ségolène Royale qui ne fait guère dans la demi-mesure et se fiche royalement de la légalité de ses instructions.

Selon l’ASPAS, la ministre se comporterait ainsi « pour gagner une improbable paix sociale avec des éleveurs en mauvaise situation économique ». L’ASPAS est trop bonne. C’est sûrement pire : elle passe de l’écologie laxative à l’écologie punitive en fonction de calculs électoraux. Malheureusement pour le loup, le vautour et la nature, le calcul ne tranche pas en leur faveur.

Ségolène Royal et Karine Berger : même combat

Signalons au passage une autre douée en calcul, la députée PS du département des Hautes-Alpes, Karine Berger qui sait où se trouve son intérêt électoral lorsqu’elle caresse dans le sens du poil la corporation des éleveurs ovins et celle des chasseurs en se positionnant dans un tweet carrément pour l’éradication du loup. Après un tel tweet scandaleux, la dame s’est étonnée d’avoir reçu des réponses virulentes. La violence de certaines de ces réponses est certes regrettable mais c’est bien la députée qui a déclenché l’orage par ses propos et porte l’entière responsabilité du déchaînement qu’ils ont créé. Elle pourrait d’ailleurs être traînée en justice pour incitation à destruction d’espèces protégées. De plus, assurée de son immunité, elle persiste et signe notamment devant le congrès départemental de la FNSEA alors que de tels propos conjugués avec le parti-pris anti loup du gouvernement ne peuvent qu’inciter au braconnage de l’espèce avec des procédés habituels dans ces contrées, l’empoisonnement de charognes à la strychnine, procédé dangereux pour les enfants comme pour les animaux domestiques (chiens, chats) et tous les autres carnivores sauvages. Tout cela bien entendu avec la bénédiction et la complicité des médias locaux, eux-aussi anti-loup et toujours prêts à faire caisse de résonnance à toutes les déclarations contre le loup proférées par des éleveurs ou de chasseurs pourtant parfois « bas de plafond ».

Signons la lettre de protestation de CAP Loup

Pour exprimer à ces ministres son désaccord avec Ségolène Royal, il y a la pétition mise en ligne par CAPLoup. On peut regretter qu’elle ne s’en tienne pas à l’exigence de protection du loup qui devrait être l’objectif exclusif des protecteurs de la Nature et qu’elle fasse trop de cas de la survie du pastoralisme. Pour que vive le loup, il faut laisser la montagne se ré-ensauvager sur des surfaces conséquentes et donc que le pastoralisme y occupe moins de place d’autant que ses acteurs ne veulent pas changer leurs pratiques, ne veulent pas coexister avec le loup et veulent son éradication.

Cependant si l’on veut être efficace face aux éleveurs, chasseurs et toute la cohorte d’élus de tout bord et de médias à leur solde, il faut être uni et donc malgré ces importantes réserves à signer tout de même cette pétition. Il faut aussi préciser à tous ces élus dès que l’occasion se présente que ‘on ne votera pas pour eux quelle que soient par ailleurs leurs programme et leur étiquette s’ils persistent dans leurs propos et agissements contre la faune sauvage en général et les loups en particulier.

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●Pour signer la pétition ici

●Le communiqué de presse de l’ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) ici

●Le communiqué de presse de la FNO (Fédération nationale ovine) ici

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Voir aussi sur ce blog :

Ségolène Royal, « le ministre de l’Écologie le plus désastreux de la 5ième République» !
Manifestation anti-loup à Paris : une opération de communication ratée !
La justice stoppe les tirs de loups en Meuse
Agissez pour le loup !
Sur les terres hantées par le loup, gare aux patous !

Lundi 30 Mars 2015 Commentaires (0)

Les « grands » médias qui jouent principalement sur le registre de l’émotionnel et du fait divers n’en ont soufflé mot. Il ne fallait surtout pas faire peur au bon public ! Pourtant, à la catastrophe aérienne du mardi 24 mars 2014 aurait pu s’ajouter une catastrophe nucléaire. Le crash de l’A320 Barcelone-Düsseldorf dans la vallée de la Blanche s'est produit à moins de 7minutes de vol et 110km du site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), à peine à 8 minutes des sites nucléaires de Tricastin (Vaucluse-Drôme), de Marcoule (Gard) et de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche). Aucune intervention, pas même celle du Mirage 2000 qui a décollé de la base d'Orange (Vaucluse) n'a pu empêcher le crash mais simplement le constater... Ce Mirage aurait été tout aussi impuissant si le copilote qui était aux commandes de l’A320 avait choisi de l’écraser sur Cadarache. Il n’est pas certain non plus que l’avion de chasse aurait pu tenter quoi que ce soit si le copilote de l’avion de ligne avait pris pour cible l’un des sites nucléaires qui se trouvent à 8 minutes de son couloir de vol. Dans tous ces cas, c’était la catastrophe nucléaire assurée, car aucun site nucléaire n’est capable de résister à un tel aléa.


Cliquez sur la carte pour l'agrandir
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Le site de Cadarache : 18 INB et 1 INBs

Rappelons que le site nucléaire du Commissariat à l'Energie Atomique et d’Areva à Cadarache comprend 18 Installations Nucléaires de Base (INB) et une Installation Nucléaire de Base Secrète militaire (INBs) consacrée à la recherche sur la propulsion navale pour les sous-marins et porte-avions nucléaires. Sur le site il y a une grande quantité de déchets de radioactivité variable et de nocivité plus ou moins prononcée en fonction de la nature des radioéléments qu’ils renferment. Les réacteurs présents sont utilisés pour diverses recherches ou pour des tests. Certains utilisent du plutonium qui est la matière fissile la plus dangereuse au monde car le CEA et AREVA n’ont pas renoncé aux réacteurs à neutrons rapides malgré leur extrême dangerosité et le fiasco de Superphénix. Sur le site d’anciens réacteurs bien qu’à l’arrêt ne sont pas inoffensifs pour autant. Ils pourraient rejeter des éléments radioactifs en cas d’incendie, d’explosion ou de fissuration. Par exemple, lors de l’exercice de la simulation d’’une crise sur le site due à une secousse sismique le 17 janvier 2012, le scénario indiquait de rejets de particules d’uranium émanant de Pégase, un ancien réacteur de recherche où sont entreposés des déchets tandis qu’un incendie ravageait l’INBs avec là encore émissions de rejets.

Une gestion de la crise qui risquerait d’être elle-même catastrophique !

En cas de malheur, d’un pilote fou furieux et suicidaire ou d’un terroriste kamikaze crashant un avion de ligne, type A320 ou autre, même moins gros, la gestion de la catastrophe risquerait elle aussi d’être catastrophique. L'exercice mentionné a révélé que des procédures jadis « bien huilées » ne l’étaient plus. À Vinon, commune située à sept kilomètres du site, la sirène de Cadarache n’était pas audible partout. Les pompiers de Vinon n’avaient pas de formation au risque nucléaire. Vinon est dans le Var mais ce sont les pompiers des Bouches-du-Rhône qui seuls avaient reçu cette formation… En cas de coupure des télécommunications, il est apparu que la mairie de Vinon ne possédait pas de téléphone satellitaire, etc., …

Nulle parade à ce danger venu du ciel

À la sinistre lumière du crash de l’A320 Barcelone-Düsseldorf, la superposition de la carte d’implantation des installations nucléaires civiles ou militaires avec celle des couloirs de vol et des trajectoires des avions de ligne, permet de prendre la mesure du risque que toutes ces installations nous font courir. À ce danger venu du ciel, nulle parade, si ce n’est préventive. Mais les mesures préventives ne sont que partielles et lacunaires. Il faut sans cesse les améliorer et les renforcer et cela ne peut se faire qu’en tirant les leçons des catastrophes, détournements, actes de piratages passés. Il faut que ces événements ou ces actes aient eu lieu pour que ces leçons puissent être tirées. Et parfois, le remède appliqué a des effets contraires inattendus.

C’est précisément le cas de la catastrophe de l’A320 Barcelone-Düsseldorf qui en offre un excellent exemple. Le blindage et le verrouillage de l’intérieur de la porte donnant accès à la cabine de pilotage la rend inexpugnable. C’est ce qui a empêché le pilote qui s’était absenté momentanément d’y retourner pour intervenir. La porte blindée protégeait la cabine de pilotage d’agressions extérieures mais cette fois, à la différence des attentats du 11 septembre qui avaient été à l’origine de ces mesures, le péril était à l’intérieur. Les failles des dispositifs de sécurité se révèlent après coup, une fois que ce dont on voulait se prémunir s’est tout de même produit.

Dans le cas de dispositifs antivol, c’est regrettable, rageant peut-être mais les progrès que l’on peut faire en tirant les leçons d’un échec auront l’occasion de s’appliquer. Les voleurs seront tenus en échec, au moins pour un temps… Dans le cas d’un crash d’un avion de ligne sur des installations nucléaires bien choisies, les leçons à tirer auraient (auront ?) un prix exorbitant, proprement inacceptable. Dans le cas du détournement d’un vol commercial passant à proximité de Cadarache se crashant sur ce site comme s’est crashé l’A320 dans la vallée de La Blanche, ce serait toute la Provence qui pourrait être transformée pour des milliers d’années en zone interdite, vidée de ses habitants.

Sortir du nucléaire dès maintenant

Des centrales nucléaires véritables « bombes à retardement », mal entretenues, vieillissantes avec leur béton fatigué et leurs enceintes fragilisées, bonnes pour la casse (cf. l’enquête de Thierry Gadault, EDF, la bombe à retardement) ; un danger venu du ciel et imparable : drones, crash voulu ou accidentel d’avion de ligne qui sont de véritables épées de Damoclès faisant planer sur ces centrales comme sur toutes les installations nucléaires du pays un risque de catastrophe de première grandeur, que faut-il de plus pour que l’on arrête de tergiverser ?

Il faut sortir du nucléaire, pas dans cinquante, vingt ou dix ans mais dès aujourd’hui ! Comme l’on fait l’Allemagne ou l’Italie, après la prise de conscience salutaire de leurs leaders politiques. Une prise de conscience qui tarde à venir chez les responsables politiques français partagés entre les atermoiements du PS et l’entêtement de la droite et du PC à poursuivre le développement de l’industrie nucléaire. Ne parlons même pas de la quasi-unanimité de la classe politique française, toute tendance confondue en faveur de l’armement nucléaire.

Certes les écologistes sont l’exception à ce consensus mais leur voix est d’autant plus faible qu’ils font abstraction de cette divergence pour participer à des majorités de gauche alors qu’elle devrait être rédhibitoire. En France, tant qu’elle n’aura pas eu lieu, une catastrophe nucléaire apparaîtra de la même façon que la guerre de 1914-1918 apparaissait au philosophe Henri Bergson avant qu’elle ne se produise « tout à la fois comme probable et comme impossible : idée complexe et contradictoire, qui persista jusqu’à la date fatale».

Des catastrophes nucléaires perçues à la fois comme probables et comme impossibles

D’ailleurs, aujourd’hui avec l’instrumentalisation du changement climatique par les nucléocrates, notamment par le CEA, les écologistes peinent à conserver une position anti-nucléaire stricte. En donnant une priorité absolue à la réduction des émissions des « gaz à effet de serre », et sans solution véritable, réaliste et opérante hic et nunc pour la constitution d’un mix énergétique sans nucléaire et sans augmentation d’émission de CO2 ou équivalent C02, ils en viennent à assouplir leurs opposition à cette énergie allant même jusqu’à voter au Parlement européen un texte reconnaissant l’électricité d’origine nucléaire comme un élément d’un mix énergétique permettant de combattre « l’effet de serre ».

S’ils donnent comme la plupart des politiques la priorité à la lutte contre le réchauffement climatique, c’est parce que les aléas climatiques générateurs de catastrophes dites « naturelles » (inondations, typhons, sécheresses exceptionnelles, etc.) semblent les prolégomènes annonciateurs de catastrophes encore bien plus graves qui menacent l’humanité toute entière dans sa survie même alors qu’en tant que tels, c’est-à-dire en tant que phénomène exceptionnels, ils ne prouvent rien.

A l’inverse, on remarquera le déni de réalité que les nucléocrates cherchent à faire partager à l’opinion publique. Pour eux, Tchernobyl n’était pas un accident nucléaire, c’était un accident du système soviétique et de son industrie rudimentaire, un accident impossible dans un pays industriel capitaliste et démocratique. Mais cette interprétation ne vaut pas pour la catastrophe de Fukushima. Elle est survenue dans un pays technologiquement avancé et démocratique. Qu’à cela ne tienne ! Pour les nucléocrate, c’est le tsunami d’une ampleur exceptionnelle qui fut la véritable catastrophe dont les victimes se comptent par milliers. Les problèmes des réacteurs nucléaires ne sont que l’une de ses conséquences. En fait, la véritable erreur fut de sous-estimer l’ampleur que pouvait prendre ce phénomène naturel. De même sans doute qu’en France, si lors de la tempête de 1999, la centrale du Baylais avait été inondée à cause d’une digue sous dimensionnée avec à la clé la survenue d’un scénario analogue à celui de Fukushima, comme cela a d’ailleurs failli se produire, on aurait parlé de dégâts occasionnés par cette tempête et non de catastrophe nucléaire. En fait, on a préféré jeter un voile pudique sur cet événement et sur les injonctions de l’ASN qui ont suivi.

Ces évènements sont pourtant annonciateurs de désastres futurs, ils inscrivent dans le réel leur possibilité. Ce dont sont bien conscients les politiciens en Allemagne ou en Italie, par exemple. Dont sont conscients aussi une majorité de Français à l’inverse de ceux que leurs suffrages ont porté au pouvoir !

Changer l’ordre des priorités

Entre les menaces du changement climatique et celles de l’industrie nucléaire civile ou militaire, ceux que le suffrage universel à la sauce de la Vième République a porté au pouvoir politique en France, ceux qui issus de ses « grandes écoles » telle que Les Mines exercent le pouvoir réel au sein des ministères et maintenant cette fraction de l’opinion publique sensible au matraquage médiatique, tous ceux-là donnent la priorité aux cataclysmes dont serait gros le changement climatique alors qu’ils ne se réaliseront dans toute leur fureur que dans un futur lointain, au mieux.

Ils ont tort. C’est le choix inverse qu’il faut faire.

La priorité devrait être donnée à l’élimination des menaces pour la perpétuation de la vie même sur larges pans de la surface du globe, voire sur la Terre entière que constitue la poursuite de l’industrie nucléaire civile ou militaire. Certaines de ces catastrophes se sont déjà produites, d’autres encore plus graves peuvent survenir au moment même où j’écris ces lignes, peut-être à celui où vous les lirez, à tout instant en vérité. L’Allemagne l’a bien compris qui s’est résolue à remplacer l’électricité d’origine nucléaire par celle produite par des centrales à charbon tout en continuant à travailler à une transition énergétique efficace tandis qu’en VRP de cette industrie nucléaire mortifère, la France pousse au crime auprès, entre autres, de l’Inde et de la Chine.


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●C’est la coordination antinucléaire du Sud Est qui a attiré la première l’attention sur la proximité du crash de l’A320 des sites nucléaires du secteur.
Voir son site ici
●Pour une description des installations nucléaires du site de Cadarache et une estimation de leur état on se rendra sur le site de l’ASN ici
●Sur les dangers que fait courir à la Provence le site nucléaire de Cadarache voir Sortir du nucléaire ici
●L’article de Wikipédia sur le site de Cadarache est manifestement orienté volontairement ou non pro Areva ou CEA, involontairement peut-être à cause d’une insuffisante distanciation par rapport à la documentation de ces entreprises ici
●Sur l’exercice de simulation d’une catastrophe sur le site de Cadarache voir l’article du journal Le Monde. Il se veut rassurant mais il faut lire aussi les commentaires ici
●C’est en lisant l’ouvrage de Jean-Pierre Dupuy Pour un catastrophisme éclairé que j’ai pris conscience de l’intérêt des textes de Bergson cités pour comprendre a moins en partie l’attitude paradoxale des « décideurs » français face au nucléaire.
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Illustration : Coordination antinucléaire du Sud Est, "Sortir du nucléaire".

Le crash de l’A320 Barcelone-Düsseldorf s’est produit à moins de 7 minutes de vol d’un site nucléaire !

Samedi 28 Mars 2015 Commentaires (1)

Dans le cadre des projets Paris-Saclay et Grand Paris, une ligne de métro aérien (ligne 18) devrait traverser le plateau, zone encore agricole et protégée par un décret instituant une ZPNAF (Zone de Protection Naturelle, Agricole et Forestière).


Pas de métro sur le Plateau de Saclay : signez la pétition!
L’image ci-contre (réalisée par le collectif « Enterrez le métro ») illustre l’impact du projet sur ce territoire agricole.
Des solutions alternatives à ce métro aérien existent. Elles sont conçues à partir et en complément du réseau existant qui est déjà dense et coûteraient beaucoup moins cher. Elles doivent être étudiées rapidement et mises en œuvre au rythme des besoins :
• les centres vie du Plateau étant à moins de 3 km d’une gare des RER B ou C, amélioration de la ligne de RER B et remplacement du RER C par le tram train (prévu en 2020 Evry => Versailles Chantiers) qu’il faudrait prolonger jusqu’à Saint-Quentin, sans changement à Versailles Chantiers.
• le TCSP (bus en site propre) Massy => Saint-Quentin en Yvelines
• rabattement vers ces gares grâce à des moyens innovants et complémentaires : navettes si possible en site propre avec tickets inclus dans le prix total du trajet et aux fréquences calées sur les RER, téléphériques ou funiculaires (à Lozère, à Gif, au Guichet, à Versailles Chantiers,…),
• promotion du covoiturage dit « du dernier kilomètre » (application sur smartphone actuellement en développement), maillage service auto en libre-service,
• promotion des circulations douces, réseau des pistes cyclables exploitant des chemins existants, dont ceux le long des rigoles, stations de vélos (dont électriques) en libre-service …
Il faut abandonner ce projet de métro sur le Plateau de Saclay, entre Massy-Palaiseau et Saint-Quentin en Yvelines :
• très consommateur d’argent public (près de 3 milliards prévus) alors que la rénovation du RER B devient chaque jour plus urgente,
• consommateur de terres agricoles très fertiles et source de gêne très importante pour les agriculteurs dans l’exercice quotidien de leur métier,
• destructeur de paysage (un métro situé à 14 mètres de hauteur en pleins champs)
source d’urbanisation supplémentaire car le schéma directeur régional de l’Ile-de-France prévoit d’urbaniser autour des gares.
Une pétition pour l’abandon de ce projet de métro (ligne 18) proposée le Collectif citoyen Moulon2020 en partenariat avec AMAP Jardins de Cérès, BUS Bures-sur-Yvette, CAS Orsay, COSTIF, Jouy Ecologie, SCI Terres Fertiles a été mise en ligne le samedi 14 mars sur le site de cyberacteur. Elle a déjà recueilli près de mille signatures. L’article ci-dessus reprend l’essentiel de l’argumentaire qu’elle développe.
Participez à la sauvegarde du Plateau de Saclay en la signant à votre tour en vous rendant sur le site de cyberacteurs ici

Pas de métro sur le Plateau de Saclay : signez la pétition!

Source de l’article : Coordination pour la Solidarité des Territoires d’Ile de France et contre le Grand Paris (COSTIF) ici .

Illustrations reprises à la présentation de la pétition sur le site de Cyberacteurs.

Mercredi 18 Mars 2015 Commentaires (0)

Lors de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique, le Sénat a fixé à 1 000 mètres la distance minimale entre une éolienne et des habitations, contre 500 mètres actuellement afin de protéger les riverains. Cela au grand dam du Syndicat des énergies renouvelables qui se moque depuis toujours de la santé des populations qui vivent à proximité d'aérogénérateurs de plus en plus gigantesques. Il reste à espérer que l’Assemblée nationale ne reviendra pas sur cette mesure sous la pression des lobbies de l’éolien qui ont l’oreille de députés qui se prétendent «écologistes» mais ne sont respectueux ni du patrimoine hors Paris, ni de la nature et des paysages, ni des habitants des campagnes.
1000 mètres n’est qu’un minimum comme le souligne le communiqué du collectif Vosges Horizon Durable que je retranscris ci-dessous.


Le Sénat veut doubler la distance minimale entre les habitations et les éoliennes : c’est encore insuffisant !
« Actuellement les Français sont moins bien protégés que les autres européens face aux nuisances désormais bien connues de l’éolien industriel.
La distance légale de 500 mètres en France entre les éoliennes et les habitations est scandaleusement insuffisante au regard des risques encourus, des problèmes de sécurité, des nuisances auditives et visuelles occasionnées par ces machines, de leur effet d’encerclement et de transformation du cadre de vie, des troubles du sommeil et dépressions qu’elles engendrent… L’exemple de la Bavière imposant désormais une distance minimum égale à 10 fois la hauteur de l’éolienne, pâle comprise, constitue un élément important dans le choix de la distance à envisager.
Dans ce contexte, lors de l’examen du projet de loi sur la transition énergétique, le Sénat vient de proposer l’adoption d’une distance de 1000 mètres entre les éoliennes et les habitations. L’Académie de médecine préconise une distance minimum éoliennes-habitations de 1500 mètres et l’application du principe de précaution.
Ces distances ne tiennent pas compte aujourd’hui des effets nocifs des infrasons. Les distances de plusieurs kilomètres, mentionnées dans la littérature médicale, ont amené la Royal Society of Medicine à publier les critères de diagnostic des effets néfastes des éoliennes pour la santé en attirant l’attention sur un rayon de 10 km.
Alors que la sonnette d’alarme retentit à travers le monde, l'impact des infrasons sur la santé humaine n'a fait l'objet d'aucune étude sérieuse en France.
Aussi, l’Association « Paysage et Nature de la Campagne Vosgienne » vient de déposer un recours concernant le projet de la centrale éolienne des Hauts Chemins développé par le promoteur Neoen à Esley (88260) en soulignant « l’impasse faite sur l’étude des effets des infrasons sur la santé. »
Le problème du « sanitaire » s’oppose aujourd’hui au grand jour à celui de « l’économique et du profit ». L’amiante, le sang contaminé, le médiator montrent que les faits ne finissent par s’imposer qu’après prise de bénéfices pour les uns et effets ravageurs pour les autres. Faut-il faciliter le profit des promoteurs ou protéger les populations impactées des campagnes ?
« Les acteurs du développement de l’énergie éolienne devraient comprendre qu’aucun objectif économique ou politique ne doit prévaloir sur le bien-être et la santé des individus ». (Ceci est la conclusion du rapport du ministère de la santé finlandais qui a de demandé, le 17 juin dernier, l’application d’une distance minimum de 2 km avec les maisons.) »
Le Collectif Vosges Horizon Durable

Lundi 2 Mars 2015 Commentaires (3)

Raide comme un piquet, sérieux comme un pape, jouant du menton comme un général qu’il n’est pas, faisant montre d’une fermeté qui ne coûtera qu’aux autres, François Hollande qui rame pour retrouver un semblant de popularité a endossé une fois de plus son costume de Chef de guerre pour discourir sur la base aérienne d'Istres. Il se veut sans faiblesse. Pour preuve : le piratage de Sony qu’il invoque dans le contexte d’une justification de la poursuite de la dispendieuse dissuasion nucléaire. La dissuasion nucléaire comme protection contre le piratage informatique, il fallait oser. François Hollande l’a fait !


Discours d'Istres : Hollande veut dissuader les pirates informatiques à coup de bombes atomiques!
Il ne semble pas y avoir de politiciens ou de spécialistes de la stratégie en chambre qui aient relevé cette perle ! En tout cas, elle n’a pas fait le « buzz »… Elle l’aurait pourtant bien méritée. Même silence dans les rangs, ou plutôt dans les colonnes des grands médias, on ne touche pas au mythe. Civil ou militaire, le nucléaire, c’est sacré ! Les guignols (nom épicène, c.-à-d. désignant indistinctement des individus des deux sexes) que le suffrage universel a portés au pouvoir peuvent avancer n’importe quel argument en sa faveur sans risque d’être contredits !

Voici in extenso, le passage du discours : « la France ne se sent pas directement agressée, elle n’a pas d’ennemi déclaré, mais nous avons vu, je le rappelais, au cours des douze derniers mois, la crise ukrainienne, la montée en puissance de Daesh, l’attaque informatique d’une ampleur inégalée contre SONY ; des surprises donc, voire des ruptures sont possibles. Et la réapparition d’une menace étatique majeure pour notre pays, ne peut être exclue. Alors en tant que chef de l’État, j’ai le devoir impératif de prendre ces menaces en compte, car rien ne doit atteindre notre indépendance. Le contexte international n’autorise aucune faiblesse. Et c’est pourquoi, le temps de la dissuasion nucléaire n’est pas dépassé. »
Le début du texte, les mentions de la crise ukrainienne, de Daesh, du piratage informatique sont là pour caractériser le « contexte international » qui serait de nature à justifier la dissuasion nucléaire ! Donc pour Pépère va-t’en guerre, la bombe atomique servirait à dissuader les pirates informatiques ! Il pourrait donc appuyer sur le fameux bouton rouge en riposte à un piratage informatique ! Faut-il pleurer ? Faut-il en rire ? Jaune peut-être ! Les mots ont dû trahir sa pensée, si toutefois, il y a une pensée derrière les mots proférés.

Discours d'Istres : Hollande veut dissuader les pirates informatiques à coup de bombes atomiques!
Des bombes atomiques contre l’Etat islamique ?!

Ce n'est pas avec des bombes atomiques que l'on va se battre ni aujourd’hui, ni à moyen terme contre l’État islamique. D'ailleurs avec ce type de "fous de Dieu", la dissuasion nucléaire serait totalement inopérante. Ils ne craignent pas la mort et souhaitent même le martyr ! En affirmant sa volonté de conserver et perfectionner ou au moins mettre à niveau son arsenal nucléaire, la France à l’égal des autres puissances nucléaires officielles est bien mal placée pour prêcher la non-prolifération et empêcher d’autres états de se procurer ou de tenter de se procurer l’arme nucléaire. Israël, l’Inde, la Chine, le Pakistan, l’Iran, hier l’Irak avec Osirak, etc. Cette multiplication inéluctable faute d’un véritable traité international de désarmement rend non seulement la stratégie de la dissuasion inopérante mais augmente le risque qu’un arsenal nucléaire tombe aux mains de « Fous de Dieu » ou d’autres groupes violemment anti-occidentaux pour lesquels la dissuasion serait sans effet : peu importe ma mort si les infidèles meurent avant moi ou meurent aussi !

Une version adulte du Grand Méchant Loup

Faire croire que la Russie pourrait déclencher l’apocalypse, c’est nous raconter une version pour adulte du Grand Méchant Loup. Cela témoigne d’un suivisme irréfléchi des USA qui – pardon pour ce langage trivial mais il s’impose – viennent foutre le bordel en Europe en poursuivant des intérêts qui leurs sont propres après l’avoir foutu en Afghanistan, en Irak et ailleurs.

D’ailleurs pour l’heure et malgré le lessivage de cerveau que nous font subir les média notamment les chaînes TV qui rabâchent la propagande pro-atlantiste du gouvernement , il faut bien comprendre que Poutine ou n’importe quel gouvernement russe ne peuvent accepter que soient installées des batteries de missiles de l’OTAN à sa porte et que des navires de guerre US viennent mouiller dans le port stratégique de Sébastopol que les «occidentaux » lui auraient confisqué via l’Ukraine. En fin de compte, la Russie ne fait que se défendre contre les visées conquérantes du « monde occidental », en fait les USA et une grosse partie des Etats de l’Europe.
La Crimée mise à part qui fut rattachée à l’Ukraine pendant une courte période soviétique, la solution de la « crise » ukrainienne passe (passait ?) par l’adoption d’un statut de pays neutre à l’image de la Suisse et donc la renonciation à une adhésion à l’OTAN associée à un fédéralisme qui permette tout à la fois aux population de l’ouest de l’Ukraine de se rapprocher de l’Union Européenne et des USA comme tel était leur désir et aux populations de l’est de garder les liens multiséculaires qu’ils ont tissés avec la Russie, en commençant par leur langue. Voilà le but qu’aurait dû poursuivre une diplomatie française et européenne responsable. N’aurait-elle été soucieuse de ses seuls intérêts commerciaux, elle aurait dû être consciente des impératifs géostratégiques et des intérêts légitimes de la Russie. Nul besoin d’arsenal atomique pour cela, une politique étrangère qui cesserait d’être suiviste des USA et va-t’en guerre suffirait. Mais il faudrait se passer des coups de menton et de parader sur la scène internationale pour tenter de redorer son blason et la côte de popularité qui va avec.

Des hôpitaux pas des bombes !

Les va-t’en guerre du PS et le chef actuel de l’État qui en est le fidèle représentant, oublieux de leurs tirades pacifistes d’un passé qu’ils ont renié depuis longtemps, dès que les ors du Pouvoir leur ont fait tourner la tête, se soucient comme d’une guigne de la monstrueuse immoralité de la dissuasion nucléaire qui prend les populations civiles et tous les êtres vivants d’un pays entier en otage. À défaut, ils devraient pourtant prendre conscience que dans le type de conflits actuels, cette stratégie et cet armement sont totalement inadaptés.

La dissuasion nucléaire tombe en obsolescence mais coûte tout de même la bagatelle de 3,5 milliards d'euros par an! En face de cette gabegie, des hôpitaux surchargés manquant de lits et de personnels, pénurie qui se fait gravement ressentir lors d’une épidémie comme actuellement celle de la grippe alors que le gouvernement veut encore en supprimer pour faire des économies ! Ce n'est pas l'ennemi invisible à l’évanescence fantomatique qui risque de tuer des gens mais cette politique absurde, parmi d’autres tout aussi absurdes, de casse des hôpitaux publics. Elle en tue déjà.

Pas de souci cependant pour "Pépère va-t’en guerre", s'il chope la grippe, il aura un lit au Val de Grâce avant la fermeture de cet hôpital emblématique qu’il a décidé avec son gouvernement.

Samedi 21 Février 2015 Commentaires (0)

Bien qu’ils les aient rebaptisées « Les journées du goupil », les chasseurs du Nord se préparent à de nouvelles exactions envers les renards dès ce week-end, au mépris des fondamentaux de la biologie de l’espèce, de l’économie et de la tranquillité de leurs concitoyens. L’année dernière, une grande manifestation a montré une forte opposition populaire à ces massacres, aussi les associations de défense de la nature en appellent cette année encore au préfet.


Ch'tis fox days, le retour ! Massacres de renards à nouveau programmés.
Communiqué de presse inter-associatif, le 20 février 2015

Les « Ch’tis fox 2 » sont programmés pour les 21 et 22 février. Il s’agit de « prélever » des renards, mais aussi de repérer les terriers afin de pouvoir, en pleine saison de reproduction, déterrer et tuer les petits. Ces opérations de vènerie sous terre, où les animaux terrorisés sont extraits avec des pinces métalliques, sont d’une rare brutalité. Elles n’ont aucune justification et choquent les citoyens. Les seules motivations en sont la chasse, et rien que la chasse. Le président de la Fédération des chasseurs du Nord le reconnaît lui-même sur son site :
« Il n’y a pas de chasse au petit gibier, sans régulation efficace des prédateurs et particulièrement du renard, vous serez nombreux sur vos territoires les 21 & 22 février prochain ! ».

Non seulement c’est une contrevérité, mais ces territoires sont aussi et d’abord ceux de tous les citoyens. lls font partie du patrimoine naturel de la Nation que nous devons maintenir dans toute sa diversité pour les générations présentes et futures. Nos terroirs ne sont pas des terrains de jeu où tout doit être stérilisé pour maintenir des cocottes d’élevage uniquement destinées à distraire quelques porteurs de fusil.


Est-il utile de rappeler que le renard est un prédateur efficace des rongeurs, et qu’il se montre extrêmement utile à l’agriculture ? Ces massacres coûtent cher à tous, il est temps d’y mettre fin. Nous adressons ce jour une lettre au préfet afin qu’il prenne ses responsabilités de représentant de l’État, garant de l’intérêt public, et non pas des intérêts d’une minorité irresponsable.

Associations signataires : Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), Groupe Ornithologique et Naturaliste du Nord - Pas-de-Calais (GON), Association des naturalistes de la Gohelle (ANG), Ligue pour la Protection des Oiseaux Nord (LPO Nord), Ligue pour la Protection des Oiseaux Pas-de-Calais (LPO Pas-de-Calais), Rassemblement pour une France sans chasse (RAC), Fondation Brigitte Bardot, One voice.

Pour lire le communiqué sur le site de l'ASPAS (Association pour la Protection des Animaux Sauvages) et signer la pétition pour défendre le renard ici
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Crédit photo : ASPAS



Vendredi 20 Février 2015 Commentaires (1)

L’État possède à Montpellier le bâtiment de « l’intendance du jardin botanique » qui est une partie intégrante de ce jardin. Il a décidé de vendre ce bâtiment au plus offrant.


Stoppons le démantèlement du plus ancien jardin botanique de France !
Le jardin botanique de Montpellier est le plus ancien des jardins botaniques français. Depuis le 16° siècle, il fait le pont entre la médecine et la botanique, deux disciplines qui ont assuré la renommée de la ville depuis le moyen-âge jusqu’à nos jours. Comme l’écrit l’association « Jardin de la reine » « Le site du Jardin des plantes et de la faculté de Médecine est un marqueur essentiel de l’identité montpelliéraine, et une place unique, à l’échelle européenne, de l’histoire des sciences. Mais il est aussi, de par sa position et sa richesse, le pivot entre le passé de la Ville, et son devenir. » Pour l’association « dans cet ensemble, l’Intendance du Jardin tient une place essentielle pour ouvrir le patrimoine sur le monde, accueillir les questions et les réponses sur le passé, permettre aux nouvelles générations de comprendre le futur, et valoriser les nouvelles missions du Jardin des Plantes : l’éducation à l’environnement et à la biodiversité. » Allons-nous brader tout le patrimoine des villes françaises au nom de l’austérité ?
L’État avait déjà voulu vendre une autre partie « le Jardin de la reine » mais à la suite d’une mobilisation citoyenne dont l’association « Jardin de la reine » a été l’instigatrice, c’est la ville qui l’a racheté, évitant ainsi démembrement et privation de cet espace.
Aujourd’hui elle lance une pétition pour que « L’intendance du jardin botanique » ne soit pas privatisée.
Si vous êtes botaniste amateur ou professionnel ou si tout simplement vous aimez les plantes,
Si vous estimez que ce type de patrimoine public doit rester public et ouvert au public,
Alors, que vous habitiez Montpellier ou non, vous devez signer cette pétition qui sera remise au ministre de l’éducation nationale et à celui de l’économie.

Texte de la pétition

Stoppez la vente de l’Intendance du Jardin des Plantes de Montpellier. Stoppez le démantèlement du plus ancien jardin botanique de France".
Créé par Richer de Belleval en 1593 sous Henri IV, le jardin des plantes de Montpellier est le plus ancien jardin botanique de France.
Ce lieu très prisé des Montpelliérains et des visiteurs de la ville, est en passe d’être démantelé.
Après le jardin de la Reine, fort heureusement racheté par la ville de Montpellier après une première mobilisation citoyenne, l’État a décidé de mettre en vente le bâtiment de l’Intendance, cœur patrimonial de ce jardin en le présentant comme un immeuble de ‘bureaux’.
Nous souhaitons au contraire que ce bâtiment, monument historique, soit aménagé pour l’accueil des visiteurs, et pour accueillir des espaces pédagogiques, scientifiques, patrimoniaux à la hauteur de ce site classé qu’est le Jardin des Plantes.
Nous signataires de cette pétition, souhaitons l’abandon de ce démantèlement et au contraire l’aménagement de ce patrimoine historique majeur de notre ville.

Accéder à la pétition ici

Pour en savoir plus : "Un projet global pour le Jardin des Plantes" sur le site de l’association «Jardin de la reine » ici

Photo : licence CC BY-SA 2.0 fr via Wikimedia Commons

Jeudi 19 Février 2015 Commentaires (0)

Lettre ouverte transmise le 12 février 2015 à Madame Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie, et Madame Najat Vallaud-Belkacem, Ministre de l’Éducation Nationale, de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, cosignée par 67 associations


Lettre ouverte : le prosélytisme de la chasse dans les écoles publiques
Objet : Le prosélytisme de la chasse dans les écoles publiques

Madame la Ministre,

Notre collectif « Non aux chasseurs dans les écoles ! », qui réunit plus de cinquante associations naturalistes, de protection de l’enfance, mais aussi des psychologues, des enseignants, des parents d’élèves, des écrivains jeunesse, des syndicats, des structures d’éducation à l’environnement… tous opposés à la présence des chasseurs dans l’école de la République, souhaite attirer votre conscience attentive sur les faits suivants.

Une convention est sur le point d’être signée entre la Fédération nationale des chasseurs, la Fédération nationale des pêcheurs et les Ministres de l’Écologie et de l’Éducation Nationale reconnaissant aux chasseurs la légitimité d’intervenir auprès des élèves des écoles primaires, afin de leur dispenser un enseignement visant leur éducation au développement durable, à la biodiversité et au respect de la nature.

Nous vous demandons de vous pencher sur les conséquences impactantes pour l’enfance d’une telle convention, à la lumière des arguments ci-après, que nous vous proposons d’examiner avec bienveillance. Il nous apparaît que notre responsabilité d’adultes est engagée quand la découverte de notre patrimoine naturel commun et de notre biodiversité par les enfants, est confiée à un lobby qui ne cache pas, comme il en fait mention dans toutes ses communications, ses intentions prosélytes. Sensée ouvrir l’esprit des enfants sur la nature, la signature de cette convention autorisera en fait un enseignement partial, dont le but avoué est de susciter l’engouement des plus jeunes pour la chasse.

Pour preuve parmi d’autres, un article de presse très récent (ci-joint) reprend les propos de chasseurs intervenus dans le cadre des nouvelles activités périscolaires : « nous avons accepté de venir parce que c’est important que les enfants aient une image juste du rôle des chasseurs ». Jusqu’à preuve du contraire, la chasse est un loisir particulier qui n’a pas à être promu auprès des enfants en milieu scolaire. Et l’article de poursuivre : « La dernière séance portait sur le sanglier et les armes. Comment chasser en toute sécurité ? Quels sont les moyens de se protéger et de protéger les éventuels promeneurs ? Le maniement des armes… ». Un programme digne d’une séance de préparation au permis de chasser… D’autre part, la violence de l’actualité nous rappelle que le goût des armes n’a pas à être encouragé auprès de notre jeunesse.

Un enseignement neutre, impartial, objectif et bienveillant à l’égard de la nature, comme des enfants, est seul à même de permettre à l’élève d’acquérir une capacité d’analyse personnelle, et critique. C’est ce pourquoi le prosélytisme n’a pas droit de cité à l’école : il est illégal. Or, les acteurs cynégétiques colportent, le plus souvent, une vision biaisée de la nature. Ils diabolisent régulièrement les prédateurs dans les médias et détruisent, exploitent ou méprisent les animaux en fonction de leur propre intérêt, au détriment de l’intérêt général et de la biodiversité. La chasse est en outre une activité dangereuse qui peut se montrer très critiquable quant à ses conséquences sur la biodiversité. Elle ne doit pas interférer avec l’apprentissage des connaissances élémentaires enseignées dans les petites classes.
Cette convention interviendrait alors que le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tout juste salué les récentes mesures annoncées en matière d’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable. L’avis du CESE de décembre 2013 se prononçait lui-même en ces termes : « La découverte du monde vivant, de la nécessaire empathie avec les autres vivants, constitue un maillon essentiel de l’éducation première. », et préconisait l’élaboration d’une charte rappelant les principes pédagogiques et déontologiques s’imposant à tout intervenant extérieur à l’enseignement.

En 2010, une convention similaire a été signée mais son application présente des zones d’ombre : l’observatoire chargé d’assurer le suivi et l’évaluation de la mise en œuvre de la convention, et le comité scientifique chargé de veiller à la qualité pédagogique et scientifique des conventions locales (respectivement prévus par les article 9 et 10 de la convention) n’ont, à notre connaissance, pas été mis en place. Ces groupes d’études étaient pourtant l’unique garde-fou à un enseignement partial et orienté.

Au regard des enjeux écologiques actuels, l’éducation des jeunes au respect de l’environnement et à la connaissance de notre patrimoine naturel doit être confiée à des organismes spécialisés regroupés pour la plupart dans le Collectif Français pour l’Education à l’Environnement vers un Développement Durable (CFEEDD) ou encore le Réseau École et Nature, réseau national d’éducation à l’environnement. Mais également des organismes tels que les réseaux territoriaux d’éducation à l’environnement (GRAINE par exemple), les réseaux d’associations naturalistes départementales (dont la LPO) ou encore le formidable réseau des clubs CPN. Leur vision globale des rôles de chaque animal dans les milieux naturels et les écosystèmes garantit à l’élève un apprentissage complet et objectif des connaissances actuelles relatives à la biodiversité et à la faune sauvage en particulier. Dans ce sens, ils assurent une vraie mission de service public et sont ainsi les plus à même à travailler en partenariat avec les enseignants, ceci de façon objective.

Aussi, par la présente, nous vous demandons de ne pas décider de cautionner l’intervention des chasseurs en milieu scolaire et de ne pas signer une telle convention. Nous nous tenons à votre disposition pour vous faire part de nos propositions concrètes pour sensibiliser nos jeunes citoyens à la découverte et au respect de notre patrimoine naturel.

Nous nous permettons de vous rappelez que notre collectif est largement représentatif, et que nous sommes avant tout animés par le besoin de prendre soin de l’enseignement que la République prodigue à nos enfants, notamment parce qu’ils seront la société française de demain, et qu’il en va ici de notre responsabilité d’adultes conscients et bienveillants.
Vous remerciant par avance de l’attention que vous porterez à ce courrier, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de nos sentiments respectueux.

Les 67 associations cosignataires :

ADEO ANIMALIS, APIE, Association des Naturalistes de la Gohelle, Autun Morvan Écologie, ASPAS, AVES France, CAPEN 71, Centre ATHENAS, CHENE, CHEV–ANE, Connaissance & Protection de la nature du brabant, Convention Vie et Nature, CPEPESC Franche-Comté, CPEPESC Nationale, Dignité Animale, CPIE de la vallée de l’Ognon, Droit des animaux, ENVERT, Fédération Flore 54, FNE Franche Comté, Fédération Nord Nature Environnement, FERUS, FLAC, Fondations assistance aux animaux 41, Fondation Brigitte Bardot, FRAPNA DRÔME, FRAPNA Savoie, GDEAM, Gere Vivante, GRAINE Centre, Graine d’Ortie, Groupe d’Etudes Ornithologiques Béarnais, Groupe d’ Etude Ornithologiques des Cotes d’ Armor GEOCA, IDAE, International campaigns, LA GRIFFE, L’association Végétarienne de France, La Fondation Droit Animal, LPO Rhône, LPO Yonne, Le sanctuaire des hérissons, LEST, Loiret Nature Environnement, LPO Nationale, Maison de la Loire d’Indre et Loire, Meuse Nature Environnement, Milles traces, Nature Centre, Nature et Humanisme, Nature et Relief, Ni homme Ni objet, Oïkos Kaï Bios, Oiseaux Nature, ONE VOICE, OUSIA être(s) humain(s) sur la Terre, Perche Nature, Pic Vert, Pôle Grand Prédateurs, RAC, Serre vivante, SFEPM, SPA 79, SPA du pays de Saint Malo, SNDA – Société Nationale de pour la Défense des Animaux, SNPN – Société Nationale de Protection de la Nature, Veg’ Asso, Volontaires pour la nature.





Jeudi 19 Février 2015 Commentaires (0)
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