Le 22 octobre, un amendement visant à supprimer les subventions allouées aux élevages de taureaux destinés aux corridas va être soumis au vote du Parlement européen.


Urgent : Financement européen des corridas basta !
D’abord adopté par la commission de l’Environnement, il a malheureusement été rejeté par la commission des Budgets. C’est à présent au tour de tous les eurodéputés de se prononcer lors de la séance plénière consacrée à l’adoption du budget 2015.
Montrons au Parlement européen que nous sommes une écrasante majorité d’Européens à exiger la fin des subventions indirectes de la corrida, qui ne survit que parce qu’elle est sous perfusion financière !
Donner en spectacle la torture d’un animal vous dégoute et vous révolte. Apportez votre soutien à cet amendement
Nous vous invitons donc à faire pression avant le 22 octobre sur les euro-députés en participant à l’action mise en ligne par Cyberacteurs .
Pour plus d’info et participer cliquer ici

Lundi 20 Octobre 2014 Commentaires (0)

Les oiseaux aussi savent se servir d'outils. La preuve par ce héron...


Avec un peu d’obstination, c'est le succès. Un petit malin et un fin pêcheur, cet oiseau ! Essayez-donc d’en faire autant !

Dimanche 19 Octobre 2014 Commentaires (0)

À l’occasion de ces sommets, on nous montre de belles vaches et d’imposants taureaux Salers ou Aubrac dont on se vante d’avoir sauvé les races, de jolis moutons, chèvres et chevaux mais personne n’évoque la façon dont ces bêtes sont transportées et sacrifiées dans les abattoirs. Ce qui importe, c’est le prix du kilo de « carcasse ». Pourtant les abattoirs et le transport d’animaux vifs ne sont pas et n’ont pas toujours été exemplaires, y compris dans la bientôt défunte Région Auvergne qui veut que ce sommet demeure sur ce qui fut son territoire. Lors de la dernière édition, le Ministre de l’Agriculture Stéphane Le Foll a été chahuté pendant sa visite par des éleveurs. Il leur fait pourtant beaucoup de concessions. Il annonce la mise ne place d’un « Comité export » pour favoriser les exportations de viande et d’animaux vifs à l’étranger. Il n’a bien entendu pas dit que cela se ferait en enfreignant les règles de la protection animale. C’était inutile de le préciser, les éleveurs, les grossistes en viande de boucherie, tous le savaient !


Ces questions que l’on n’aborde pas lors des sommets de l’élevage à Clermont-Ferrand – Cournon
En Auvergne comme ailleurs dans l’hexagone…

Le livre de Jean-Luc Daub, Ces bêtes qu’on abat – Journal d’un enquêteur sur les abattoirs français (1993 – 2008) paru chez L’Harmattan nous fait pénétrer dans le monde des abattoirs, lieux où ces magnifiques bêtes que l’on exhibe finissent leur vie d’une façon souvent lamentable. Voici deux de ses constats qui montrent qu’en Auvergne, comme ailleurs, il y a des abattoirs qui s’assoient sur la réglementation et traitent les bêtes de façon inhumaine avec la complicité tacite du Ministère de l’Agriculture.

« Dans un autre abattoir du Puy-de-Dôme, il en était de même concernant l’abattage rituel musulman. Les moutons étaient suspendus par une patte arrière à plusieurs mètres du sol, le rail de suspension étant très haut. (Suspendre ainsi les animaux pour les abattre est interdit). Les moutons étaient égorgés loin de l’enclos de départ. Ils se débattaient tout au long du parcours. De plus, le poste de saignée était très en hauteur. Les deux sacrificateurs n’étaient pas en règle concernant leur agrément. » L’abattage normal ne se déroulait pas mieux : « En abattage classique, l’employé était seul à effectuer l’acheminement, la suspension et l’étourdissement. Il accrochait les moutons sur la rampe de montée, se saisissait de la pince électrique qu’il appliquait en même temps que les moutons étaient tirés en hauteur par la rampe. Dans l’ensemble, les moutons étaient suffisamment étourdis, mais certains avaient tendance à se réveiller une fois arrivés au poste de saignée, qui se trouvait très loin du poste d’étourdissement. Quant à la formation obligatoire du personnel concernant la protection des animaux au cours de l’abattage, rien n’avait été mis en place ainsi que me l’on dit les employés eux-mêmes. »
Les choses ont-t-elles changé depuis l’inspection de cet abattoir ? On peut en douter si l’on en juge par la réponse adressée à l’auteur par le bureau de la protection animale du Ministère de l’Agriculture, une réponse « laconiquement administrative » selon les termes de l’auteur : « Les problèmes d’hygiène de l’établissement sont prioritaires sur la protection animale, aucune action ne pourra être prise par le Bureau de la Protection Animale. (…) Les conséquences d’une fermeture seraient trop importante pour la situation économique générale ». (p. 138, souligné par moi JFD)

Le second cas de maltraitance concerne le transport d’animaux. Il montre aussi que contrairement à ce que nous incitent à croire les photos de vaches Salers pâturant avec leurs petits, il y a aussi des veaux qui au cours de leur brève existence, n’auront jamais respiré l’air pur des volcans cantaliens, ni goûté à la bonne herbe des prés, ni même vu la lumière du jour avant d’être entassés dans une bétaillère pour un voyage de cauchemar.
« Dans un abattoir d’Alsace pratiquant massivement l’abattage rituel, je m’étais directement rendu sur le quai de déchargement où un transporteur, aidé de deux employés, déchargeaient un camion de veaux d’engraissement (provenant d’un élevage en batterie), âgés de 5 à 6 mois. Le numéro sanitaire sur les boucles des veaux indiquait comme le numéro d’immatriculation du camion que les bêtes provenaient du Cantal. Les animaux demeuraient dans une bonne épaisseur d’excréments. Le chauffeur m’a d’abord dit qu’il les avait chargés la veille, dans l’après-midi ; puis il se rétracta et me dit les avoir chargés dans le courant de la nuit. Les veaux étaient assoiffés ; dans les enclos de stabulation dépourvus d’abreuvoirs, ils léchaient les barrières métalliques humides. Ils attendirent deux heures avant d’être abattus, sans être abreuvés pendant cette attente. » (p. 93)

La viande que nous mangeons coûte cher aux animaux

Il faut lire ce livre pour savoir combien la viande que nous mangeons « coûte cher aux animaux » pour reprendre une formule du texte de présentation de l’ouvrage en quatrième de couverture. En comparaison, les chevreuils qui sont tués à la chasse par un bon tireur ont une mort moins cruelle ! Ce qui ne veut bien entendu pas dire qu’il faut accepter ce loisir qui consiste à tuer pour tuer plus que tuer pour remplir le congélateur mais ce qui montre bien la brutalité et l’inhumanité de ce qui se pratique dans beaucoup trop d’abattoirs. Dans cette plongée dans l’horreur qu’il faut absolument accomplir avec l’auteur pour connaître la réalité des filières de l’élevage et de la viande de boucherie, on touche le fond avec les élevages en batterie, les abattages rituels sans étourdissement et le gavage pour le foie gras.
À l’occasion de ces sommets aucun média, ni local comme La Montagne ou FR3 Auvergne, ni national n’a cherché à montrer l’envers du décor, ne s’est même inquiété du bien-être des bêtes exhibées qui devaient supporter la cohue de la foule sous des chapiteaux surchauffés. La question des élevages en batterie, celle des règles d’abattage non respectées, de l’abattage sans étourdissement préalable qui tend à se généraliser, de la réglementation et du contrôle du transport des bêtes sur des longues distances n’ont jamais été évoquées ; pas même cette année la question des fermes usines pour vaches laitières alors que la lutte contre l’implantation de la ferme dite des « mille vaches » était pourtant d’actualité. Comme la filière viande comptait sur ce sommet de l’élevage pour reconquérir des marchés internationaux, il fallait éviter tous ces sujets qui fâchent les « acteurs » de cette filière et notamment celui du sort des animaux exportés hors UE. Et pourtant !

Si la situation dans les abattoirs français n’est guère satisfaisante pour ce qui est de la protection animale, dans certains pays du bassin méditerranéens, c’est encore pire. Malgré cela, c’est vers ces pays que la France multiple ses efforts pour exporter le « vif ».

L’export au mépris du bien-être animal

En 2011, un rapport sénatorial présenté par M. Gérard BAILLY, au nom de la commission de l'économie, du développement durable et de l'aménagement du territoire considérait les pays du Proche et Moyen-Orient comme un débouché possible pour la viande française. Dans ces pays, selon le rapport « la demande de produits carnés est particulièrement dynamique alors que la possibilité de productions locales est limitée par des conditions climatiques défavorables. La demande est alimentée en partie par l'élévation du niveau de vie mais aussi par la croissance démographique. Depuis la fin 2009, la demande provenant du pourtour méditerranéen a été la composante la plus dynamique du marché de la viande bovine. » Le rapport précise également que «la levée de restrictions sanitaires pourrait également faire de la Turquie un marché d'export intéressant pour le vif fini ». Le rapport conclut que « Le voisinage immédiat de l'Europe peut donc constituer un débouché naturel pour la viande bovine française, de même que certains marchés encore balbutiants comme le marché africain » (Sénat Rapport d'information n° 734 (2010-2011)). Dans ce rapport, il n’y a aucune interrogation sur la façon dont seront traités dans les abattoirs les animaux exportés, ni a fortiori si la non-conformité éventuelle de ces traitements avec les règles de protection contre la maltraitance de l’OIE (World Organisation for Animal Health) pourrait remettre en cause les contrats.

Entre 2010 et 2013, la France a exporté plus de plus de 300 000 bovins en Turquie, Algérie, Liban, Tunisie, Maroc et Libye. Des associations d’assistance aux animaux d’abattoir ont mené des enquêtes au Liban, en Turquie, Cisjordanie, Jordanie, Israël, Algérie, Egypte et à Gaza. Il s’agit notamment de CIWF (Compassion In World Farming), Eyes on Animals, Animals Australia, Animal Welfare Foundation et Anonymous for Animal Rights. Dans chaque abattoir, elles ont pu constater que les pratiques d'abattage étaient extrêmement mauvaises entrainant de grandes souffrances animales, en violation des normes de l'OIE. Dans le cadre d’une enquête sur le commerce international d’animaux vivants concernant en particulier le transport et le devenir de ces animaux, une vidéo qui montre ces maltraitances a été tournée par les enquêteurs de CIWF dans le plus grand abattoir du Liban, l’abattoir de La Quarantaine à Beyrouth et mise en ligne. C’est dans cet enfer que s’est terminé le voyage de la plupart des 150 000 moutons que la France a exporté vers ce pays entre 2010 et 2013 au terme d’un voyage qui avait dû être aussi un interminable enfer pour ces pauvres bêtes.

CIWF a informé de ces pratiques la Commission Européenne et la Ministère de l’Agriculture Français. Pour les faire cesser l’association invite la France et l’UE à suivre l’exemple de l’Australie, qui exige que les animaux qu’elle exporte soient traités en conformité avec les recommandations de l'OIE sur le bien-être durant le transport et l'abattage dans les pays tiers. Depuis la diffusion d’images tournées à Gaza, l’Australie a immédiatement réagi et a suspendu l’exportation d’animaux vivants vers ce territoire. Ni la Commission Européenne, ni la France n’ont répondu ! Il fallait s’y attendre !

L’Origine France, un label de souffrance animale

Pour le gouvernement français et son ministre de l’agriculture, il n’est pas question de s’embarrasser de ces considérations sur le bien-être animal qui risqueraient de freiner l’export. Il n’est même pas capable de faire respecter sur son territoire les normes qu’il édicte lui-même, « laxiste au point de sanctionner rarement les responsables et les employés d’abattoir, les éleveurs et les transporteurs qui transgressent les réglementations du code rural » (Elisabeth de Fontenay, préface à Ces bêtes qu’on abat, o. c. p.11). Non seulement il n’en n’est pas capable mais il ne désire pas l’être, du moins lorsqu’il s’agit d’export : « à l’issue de leurs audits effectués dans plusieurs abattoirs français de volailles, du 22 au 31 janvier 2014, des inspecteurs égyptiens ont précisé que l’export de viande ne saurait être accepté que si un “étourdissement léger” des volailles était réalisé ». Dans un courriel que s’est procuré l’OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoirs), les services du ministère de l’Agriculture précisent que ces exigences devront être respectées lors des abattages destinés à l’export vers l’Egypte, « quitte à mettre de côté les règles de bien-être animalité »! (OABA, bulletin n° 65, Année 2014, p. 18) Il est question dans ce cas précis d’instructions concernant les volailles mais il est évident que cela vaut pour toutes les filières.

Dans l’entretien qu’il a accordé au journal La Montagne lors du dernier sommet de l’élevage, l’actuel ministre de l’Agriculture mettait en avant son implication dans le maintien et la consolidation des débouchés de l’export en viande et en «vif» (vif = animaux vivants destinés à être abattus dans le pays de destination). Il estimait que « C’est grâce au comité export que j’ai instauré que nous avons aujourd’hui des actions offensives à l’export. Nous avons réussi à avancer dans la réouverture du marché turc de vif. » Lorsqu’on connait les conditions dans lesquelles sont transportés les bêtes des pays de l’UE qui en exportent déjà vers ce pays, on ne peut douter des souffrances qu’elles vont endurer avant d’être abattues dans des conditions qui feront elles aussi bon marché de leurs souffrances !

S’il est peu réaliste d’envisager dans l’immédiat ou même à moyen terme de stopper ce genre de négoce, qu’au moins le transport sur de longues distances d’animaux vivants destinés à la boucherie soit supprimé et remplacé par le commerce de viandes congelées ou réfrigérées comme le demande OABA. Hélas même cette revendication minimaliste a peu de chances d’aboutir. « Je sais l’importance que les éleveurs attachent à l’export de vif » a déclaré Le Foll à La Montagne et il se flatte avec la création de son « comité » de fortifier ce négoce comme le prouvent ses déclarations rapportées ci-dessus.

« J’ai aussi des déplacements prévus dans le Maghreb. » a confié Le Foll à ce même journal. Ce n’est évidemment pas pour tenter de faire accepter par ces pays l’importation viandes qui proviendraient d’animaux égorgés après étourdissement. Ces pays veulent des viandes provenant d’animaux égorgés sans étourdissement préalable. Le client étant roi, on va le leur en fournir, garanties halal !
L’OABA rappelle que dans un entretien donné au journal 20 minutes, intitulé « la France croit à l’abattage rituel », « le directeur de la Fédération des industries et du commerce en gros des viandes (FNICGV) se félicitait de l’installation par nos ministres de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et du Commerce extérieur, du « Comité export », destiné à favoriser l’exportation de viande française. Le directeur de la FNICGV espérait convaincre, après les pays du Maghreb et la Turquie, l’Arabie saoudite et la Malaisie de se fournir en viande halal française. » « L’Origine France serait-elle appelée à devenir un label de souffrance animale ? » interroge Frédéric Freund, Directeur de l’OABA (Bulletin n° 65, 2014, p. 17).

C’est en tout cas ce que veut la FNICGV. Les animaux de boucherie destinés à tous ces pays n’auront pas à supporter un terrible voyage vers l’enfer mais malheureusement ils subiront l’enfer à domicile, ici dans notre douce France si cruelle envers les animaux : retournés comme des crêpes dans un piège d’acier ressemblant à un tambour de machine à laver et égorgés vivants, conscients et soufrant les affres d’une interminable agonie. En effet, de même que les gouvernements qui se succèdent ne veulent pas contrarier ni les chasseurs, veneurs compris, ni les afficionados, ils ne souhaitent pas non plus de contrer la puissante FNICGV.

Nous, qui nous glorifions d’être le pays des droits de l’homme, nous nous croyons bien supérieurs à ces « primitifs » chasseurs demandant à leur proie de les excuser de prendre leur vie pour maintenir la leur. Mais si l’on en juge en fonction de la façon dont nous traitons les animaux, on est en droit de se demander qui sont les civilisés ?

Le respect des éleveurs pour leurs animaux : une belle blague !

« Le respect du bien-être animal constitue la première des priorités pour les éleveurs »
« Le respect du bien-être animal constitue la première des priorités pour les éleveurs »
Mme Louwagie et MM. Gosselin, Tardy, Le Fur, Bussereau, Straumann, Decool, Morel-A-L’Huissier considèrent que « Le respect du bien-être animal constitue la première des priorités pour les éleveurs ». C’est du moins ce que ces députés osent écrire dans l’exposé des motifs d’un amendement qu’ils ont déposé «visant à maintenir clairement et explicitement les animaux dans la catégorie des biens ». Ou ils sont bien mal informés ou, hypothèse plus plausible ils se moquent du monde pour satisfaire le lobby des éleveurs. Avec de tels élus de la République, il n’est pas étonnant que la Commission de Bruxelles ait engagé au début de cette année 2014 une procédure contentieuse contre la France pour non-respect des exigences de la directive de 2008, applicable depuis le 1er janvier 2013 sur l’obligation de maintenir les truies en groupes et non plus dans des stalles individuelles pendant une partie de leur gestation. Pour les éleveurs Français qui traînent des pieds pour se mettre en conformité, un tel confort, c’est vraiment donner de la confiture aux cochons ! Vive les stalles individuelles ! Regardez comme elles sont confortablement installées, les truies ! L’État ferme les yeux et Le Foll ne veut pas voir !

La République agro-porcine selon Cochonnet

Sous le pseudonyme de Cochonnet, un lecteur de l’article de Web agri sur le sommet de l’élevage 2014 a écrit le commentaire que voici :
« La République agroporcine
Les 10 commandements aux Préfets et à leurs services
1. Tu ne dois pas embêter un agriculteur. Les conséquences peuvent être terribles.
2. Tu annonces tout contrôle 2 mois à l'avance par courrier recommandé pour que l'agriculteur puisse se faire aider pour paraître en conformité. (Tu as le droit de pinailler sur des détails sans importance.)
3. Tu signes des conventions avec la profession agricole pour adapter le droit de l'environnement à ses pratiques.
4. Tu appliques des décisions prises en dehors des Commissions officielles de concertation.
5. Tu parles toujours de la concurrence venant d'Allemagne pour mater les critiques envers l'élevage industriel.
6. Tu ne lis pas jusqu'au bout les normes minimales relatives à la protection des animaux d'élevage pour être sûr de ne pas les appliquer.
7. Tu refuses toute formation sur ce que sont les besoins réels des animaux d'élevage.
8. Tu appliques des mesures pour faire semblant de protéger l'eau et la nature, tout en veillant à l'absence de contraintes, et tu n'auras jamais peur du cumul de complexité dans les règles du jeu.
9. Tu donnes la faute à la technocratie de Bruxelles.
10. Tu t'exprimes en langue de bois. »

Faire respecter les règles

Il ne s’agit pas de militer pour que tout le monde devienne végétarien. C’est un objectif impossible à atteindre et ce serait même contreproductif en dissuadant les gens d’agir et en les incitant à fermer les yeux et se boucher les oreilles devant ces maltraitances et cette exploitation sans frein des animaux d’élevages puisque la plupart d’entre eux ne veulent pas adopter ce mode de vie et désirent continuer à manger de la viande. Comme l’affirme Temple Grandin, « Si cela ne tenait qu’à moi, l’humanité serait devenue herbivore, et nous ne serions pas obligés de tuer d’autres animaux pour nous nourrir. Mais l’évolution en a décidé autrement, et je ne crois pas que notre espèce soit prête à devenir végétarienne. En outre, les humains étant omnivores, ils vont continuer, dans leur grande majorité, à manger de la viande pour obéir à leur nature. Cela veut dire que nous continuerons à engraisser des animaux et à les tuer. La question se pose donc de savoir comment concevoir des élevages et abattoirs plus humains. La réponse la plus évidente, du point de vue du bien-être animal, est celle-ci, les animaux ne doivent pas souffrir. Il faut donc leur infliger le moins possible de douleurs et les tuer rapidement. » (Temple Grandin, L’interprète des animaux – Mon histoire, ici ; souligné par moi JFD). En France, comme dans beaucoup de pays, on est loin du compte et c’est cela qu’il faut obtenir avec notamment l’interdiction de l’abattage sans étourdissement, du gavage des oies et canards, du transport d’animaux de boucheries vivants sur de longues distances et enfin l’interdiction de l’élevage en batterie.

Tout le monde ne peut pas ou ne veut pas se convertir au végétarisme mais tous nous devons exiger que la réglementation qui protège les animaux de boucherie pour leur éviter souffrances et traitement inhumains soit effectivement appliquée sans délai et que cette application soit rigoureusement contrôlée. Tous, nous devons exiger que des progrès soient faits en la matière pour épargner toute souffrance aux animaux que l’on élève et que l’on tue pour notre nourriture. C’est possible. Les travaux de Temple Grandin le prouvent. Nous leur devons bien cela, nous qui prenons leur vie.
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Pour aller plus loin :

Le site d’OABA – Œuvre d'Assistance aux Bêtes d'Abattoirs ici
Le site de L 214 – L214 Éthique & Animaux, ici
Le site de CIWF France – Compassion in World Farming France ici

Samedi 18 Octobre 2014 Commentaires (1)

Déplorable épilogue d’une chasse à courre à Prémontré dans l’Aisne : un cerf est achevé à coup de fusil dans un jardin devant habitants et villageois excédés. Protégés par les gendarmes les veneurs emportent le cadavre de cette malheureuse bête. C’est une honte !


Chasse à courre : un cerf abattu à coup de fusil dans le jardin d’une maison !
Le 14 octobre, à Prémontré dans l’Aisne, un cerf, qui était poursuivi par un groupe de chasseurs à courre, a tenté d’échapper à la meute en sautant un talus. Il est retombé dans un jardin d’une maison. Les veneurs sont survenus presque aussitôt et ont abattu l’animal d’un coup de fusil malgré une vive opposition des habitants et des défenseurs des animaux qui eux aussi sont arrivés rapidement sur les lieux. Les veneurs qui se croient tout permis sous prétexte qu’ils chassent ont été pris à partie par des habitants en colère qui ne supportent plus leur mépris et leur arrogance, d’autant que tirer au fusil, à quelques mètres des maisons, leur fait courir un réel danger. Dans la bousculade qui a suivi, les veneurs ont proférés des menaces à l’égard notamment des défenseurs des animaux.
Une fois de plus l’État a volé au secours des massacreurs. C’est sous leur protection que les veneurs ont pu sortir du jardin le cadavre du cerf et récupérer leur butin : c’était un magnifique 14 cors.
Cette forme barbare et cruelle de chasse se déroule chaque mardi et samedi autour du village de Prémontré. Les habitants en ont assez de supporter cette pratique moyenâgeuse issue des temps seigneuriaux.
L’association de protection animale « Droit de vivre02 » a décidé de déposer plainte pour tir à balle réelle à proximité d’habitations et menaces.
La majorité des pays européens ont interdit cette forme de chasse. La France, encore une fois à la traine, se singularise comme le pays de la souffrance animale.
Faites pression sur le député de votre circonscription et sur les leaders des partis politiques. Il faut une loi pour abolir la chasse à courre.
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Les articles de la presse locale :
L'Aisne Nouvelle ici
L'Union - L'Ardenais ici

Le communiqué du RAC ici

Jeudi 16 Octobre 2014 Commentaires (0)

Au moment où l’on débat à l’Assemblée nationale de la loi sur la transition énergétique et où l’on va encore nous bourrer le mou avec la promotion de l’éolien industriel prétendu «énergie propre», il n’est pas inutile de relire certains passages du rapport d’activité 2013 du Service central de prévention de la corruption (SCPC) qui dénonce des prises d’illégales d’intérêts de la part d’élus locaux, maires ou conseillers municipaux de petites communes rurales, des pressions qu’exercent sur eux les industriels du vent. Plus grave encore le SCPC fait planer sur l’éolien des soupçons de corruption et de blanchiment d’argent sale. Il suggère de tirer cela au clair par une « étude » qui ressemble fort à une enquête.
Ce rapport est paru fin juin au début de la période de torpeur estivale et n’a pas bénéficié de toute l’attention qu’il méritait. En voici donc les extraits concernant l’industrie éolienne, ses mauvaises manières et les tentations qu’elle induit chez certains élus. Ils apparaissent au chapitre 2, p. 119 et suivantes.


Le texte cité est retranscrit en caractères droits. J’en ai souligné certains passages en les inscrivant en caractères gras. Les intertitres sont ceux qui figurent dans le texte. Entre parenthèses et en italique, j’ai ajouté quelques commentaires ou précisions.

Le développement de l’activité éolienne semble s’accompagner de nombreux cas de prise illégale d’intérêts impliquant des élus locaux.

Le SCPC (Service central de prévention de la corruption) est en effet destinataire, pour information, d’un nombre croissant de procédures engagées par des associations qui font état de dérives graves entraînant des recours devant les juridictions administratives et de plaintes déposées auprès de plusieurs parquets.
Ce phénomène d’ampleur semble concerner une grande partie du territoire national.
Dans le cadre d’une demande de concours visée à l’article 1 de la loi n°93-122 du 29 janvier 1993 instituant le Service, le SCPC a même été consulté sur cette problématique par l’autorité judicaire qui sollicitait son analyse à l’occasion d’une affaire en cours.
L’ingérence des élus peut être constituée à différentes étapes de la procédure d’implantation des éoliennes (zone de développement éolien, permis de construire...)

À la lecture des procédures qui lui ont été communiquées ou pour lesquelles son avis a été sollicité, le SCPC a pu relever qu’il ne s’agissait pas toujours de simples négligences, mais parfois d’agissements délibérés, leurs auteurs étant motivés par les revenus substantiels tirés de l’implantation d’éoliennes sur des terrains leur appartenant et par un régime fiscal favorable.

Il a pu être également constaté une forte pression exercée sur les élus, invités dans le cadre de « Chartes morales d’étroite collaboration » à soutenir la société dans l’élaboration du projet, et en particulier à l’assister dans toute démarche administrative permettant de faire avancer le projet. On peut s’interroger sur la régularité et la portée de tels accords qui impliquent directement les élus dans le développement du projet et créent selon nous, une confusion entre l’intérêt public que doit servir l’élu et l’intérêt privé du promoteur éolien, voire même un risque de collusion. (Les opérateurs de l’éolien s’attachent ainsi les services des collectivités qui faciliteront l’obtention des certificats, permis, etc. nécessaires pour que le parc éolien projeté puisse se réaliser. En fait, en signant de telles chartes, les élus se livrent pieds et poings liés au promoteur éolien. Dans de trop nombreux cas, si l’on suit le SCPC, cette soumission est volontaire et peut rapporter gros aux élus soudoyés. Cela met aussi dans l’embarras les élus de bonne foi, qui voient dans l’installation de ces éoliennes, une manne pour le budget de leur commune sans toujours mesurer les conséquences néfastes de ces parcs d’aérogénérateurs pour leurs administrés et ne sont plus en position de force pour obtenir des modifications, voire un abandon du projet).

Il serait à tout le moins indispensable de préciser, dans ces documents, les limites de cet engagement de collaboration et de rappeler le principe déjà évoqué de neutralité de la décision prise au nom de la collectivité publique qui a pour objet d’éviter, en toute occasion, toute confusion entre l’intérêt privé de celui qui prend, participe ou prépare la décision et l’intérêt public dont il a la charge en qualité d’élu.

Le Service appelle donc l’attention des pouvoirs publics sur la gravité de ce phénomène et rappelle qu’il est impératif d’empêcher et de sanctionner toute confusion entre l’intérêt public, que doivent servir les élus dans le cadre de leur mandat, et l’intérêt personnel qu’ils peuvent retirer d’une opération qui peut s’avérer litigieuse, particulièrement lorsque ces mêmes élus sont susceptibles de percevoir des redevances de location pour l’implantation d’éoliennes sur des terrains leur appartenant ou propriété de leurs proches.
Il existe en effet un risque de développement d’atteintes à la probité beaucoup plus graves, comme celui de la corruption.
Ce phénomène a déjà pu être constaté dans certains pays européens, dans lequel serait impliquée la criminalité organisée.
La France en est-elle indemne ?
Une étude mériterait d’être entreprise afin d’évaluer sérieusement ce risque.
(De graves soupçons Le SCPC semble suggérer que l’éolien pourrait être dans certains cas sous l’emprise de mafias et que cette prétendue « énergie propre » reposerait sur des trafics d’argent sale. De tels soupçons sont très graves et l’on peut considérer que le SCPC en dit trop ou pas assez ! Il fait allusion aux mafias italiennes dénoncées par Europol de Juillet 2013 dans un rapport où l’on peut lire : «Les informations révèlent que les mafias italiennes investissent de plus en plus dans les secteurs des énergies renouvelables, notamment dans les parcs éoliens, pour profiter des prêts et des aides européennes généreuses accordés par les Etats membres, ce qui leur permet de blanchir les revenus du crime au travers d'activités économiques légales » En 2012, la justice italienne a saisi un parc éolien de 48 aérogénérateurs installé dans la région de Crotone appartenant à la mafia calabraise. Ce parc, l’un des plus grands d’Europe, a été construit par des prête-noms et de plusieurs sociétés-écrans, certaines étant basées hors de l’Italie, notamment en Allemagne et en Suisse. L’éolien hexagonal servirait-il aussi à blanchir de l’argent sale qui serait ensuite réinvesti dans des activités crapuleuses ? )

Tribunal correctionnel d’Argentan, juin 2013

Suite à la plainte d’une association opposée à un projet d’implantation de onze éoliennes dans une commune, condamnation à la peine de 1000 euros d’amende d’un conseiller municipal dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité.
Il était reproché à l’élue d’avoir participé à la délibération créant la zone de développement de l’éolien (ZDE), alors qu’elle était propriétaire de parcelles situées dans l’emprise de la ZDE.

Tribunal correctionnel du Puy-en-Velay – 21 mai 2013 (recel de prise illégale d’intérêts)

Condamnation à la peine de 4 mois d’emprisonnement assortie du sursis et 8000 euros d’amende des conseillers municipaux pour recel de prise illégale d’intérêts à l’occasion de l’implantation d’un parc éolien, en l’espèce en percevant des revenus locatifs tirés de l’implantation d’éoliennes sur leurs terrains, alors même que le délit initial de prise illégale d’intérêts était prescrit. (Il s’agit du Parc éolien d’Ally-Mercœur en Auvergne (Haute-Loire 43) construit par le groupe canadien Boralex. Ce sont trois conseillers municipaux qui ont été condamnés : Jean-Pierre Olagnol, Jean-Luc Delair et Denis Bonnet. Le maire d'Ally, Marie-Paule Olagnol, quant à elle, avait été poursuivie pour prise illégale d'intérêt mais il y a eu prescription. Avec 26 éoliennes de 122 m de hauteur, en covisibilité directe avec les 7 éoliennes de 125 m de la commune voisine de Rageade, on a affaire à un véritable saccage du paysage qui est un « bien commun » au profit de quelques-uns. À Rageade, il se trouve, comme par hasard, que deux conseillers municipaux sont propriétaires de parcelles accueillant les mâts. Tout cela pour un fiasco économique : la situation financière de l’entreprise Boralex Mercœur qui exploite le parc d’Ally-Mercœur est mauvaise, ce parc n’étant pas rentable faute de vent ici ! Et malgré cela un permis de construire est en instruction pour 6 mats supplémentaires de 145 m de haut à Rageade !)

L'éolien industriel : une énergie propre??? Non, en aucun sens du terme.

Jeudi 9 Octobre 2014 Commentaires (0)

Le nombre de chasseurs diminue sans cesse depuis 40 ans à raison de 2 à 3% par an. Ils représentent au mieux 1 ,5 % de la population. Il n’est pas acceptable que cette petite minorité monopolise les espaces naturels, terrorise campagnes, forêts et montagnes. Ils étaient Ils étaient environ 2.400.000 en 1975, 1.200 000 en 2010. On estime qu’ils sont environ 900.000 cette année. Leurs effectifs fondent au point que les Fédération de chasseurs en cachent le nombre ; une hémorragie continue malgré leurs efforts de promotion de ce « loisir » cruel et sanguinaire.


La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Endoctriner des enfants avec la complicité de l’Éducation nationale

Cette promotion de la chasse s’effectue dès l’école avec la bénédiction de l’Éducation nationale. Les chasseurs qui ont le culot de se présenter comme des protecteurs de la nature ont le droit d’intervenir dans les écoles pour parler d’environnement et de nature alors qu’on peut mettre à leur actif la disparition de nombreuses espèces et qu’ils continuent de chasser des espèces en danger d’extinction comme le grand tétras. La convention du 4 mars 2010 signée par les ministères de l’Éducation Nationale, de l’Écologie et du Développement Durable avec la Fédération Nationale des Chasseurs offre à ces derniers la possibilité de proposer des interventions pédagogiques en milieu scolaire dans le cadre de « l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable ». Cela leur permet d’intervenir plus facilement dans les classes, ce qu’ils le faisaient déjà. Par exemple en 1985 à Saint Pardoux-le-Vieux, en Corrèze, une classe d'école élémentaire avait été initiée à la chasse pendant une journée entière dans le cadre de ce que l’on appelait « le tiers temps ». Le matin, en classe, les enfants avaient eu droit à des exposés faits par un technicien de l’ONCFS, d’un chasseur qui leur explique, entre autres choses, le maniement d’un fusil et d’un éleveur de chien. L’après-midi avait été consacré à une sortie sur le terrain avec des démonstrations de traque de faisans par un chien d’arrêt. En regardant la vidéo de cette journée (ici ) et en écoutant les commentaires de certains intervenants et ceux de l’instituteur qui est à l’origine de cette journée – un blabla pro-chasse sans nuance – on croit rêver ! Grâce à cette convention, il est de plus en plus fréquent que les chasseurs se déplacent dans les écoles primaires comme l’indique le RAC (Rassemblement pour une France sans Chasse) qui précise que « cela concerne particulièrement les enfants de 8 à 10 ans, étant sans doute ceux dont l’esprit critique n’est pas encore bien développé, donc les plus intéressants » En outre, les chasseurs « essayent également d’encourager les enseignants à emmener leurs élèves visiter des «maisons de la chasse et de la nature» ». Il faut beaucoup d’angélisme pour ne pas penser que leur but n’est autre que de faire du prosélytisme. D’ailleurs lors des Etats généraux de la chasse de Février 90, la recommandation était la suivante : « Il faut organiser au niveau des Fédérations des excursions dans la nature pour les écoles. Il s’agira de faire assister les enfants à une chasse pour qu’ils en apprécient l’atmosphère et non à une découverte des animaux, qui favorise chez eux le processus de personnification de l’animal».

La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Le permis à 1€

En France, on peut chasser dès l’âge de 16 ans. C’est aussi cette tranche d’âge qui est dans le collimateur des Fédérations de chasseurs. «Sensibiliser un jeune à l'âge de 16 ans, c'est plus simple qu'après. Dix-huit ans, c'est davantage le temps des sorties, et il est plus difficile de se lever tôt le dimanche matin pour aller chasser quand on est sorti la veille…» a expliqué Marc Valat, directeur d’une fédération de chasseur (Le Figaro 08/09/2013). Pour ces jeunes de la tranche 16 – 18 ans, les Fédérations ne lésinent pas sur les promotions : permis à 1€, examen du permis de chasser offert, rabais dans les armureries, etc. … Malgré tous ces efforts la moyenne d’âge des chasseurs est en constante augmentation : 60 ans aujourd’hui.

Un dimanche à la chasse

Les chasseurs lancent aussi des opérations « tout public » pour se faire connaitre, améliorer une image dégradée et éventuellement faire des émules. En 2013 la FNC a organisé le troisième dimanche d'octobre dans toute la France l'opération «un dimanche à la chasse», opération reconduite cette année à laquelle participera, entre autres, la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme. Le Journal local, La Montagne, pro-chasse comme beaucoup des journaux régionaux n’a pas manqué de faire une publicité gratuite le 13/10/2014 à cette opération de séduction pour toutes les formes de chasse, même les plus rétrogrades et les plus cruelles : « Et pour le plaisir de découvrir une chasse traditionnelle qui se pratique sans arme, les plus sportifs pourront s'initier à la vénerie du lièvre, qui consiste à suivre à pied ou à VTT des chiens courants. » Sic !!! Une chasse dite traditionnelle à VTT ! On notera aussi le « sans arme » ! Comment donc est tué ce pauvre lièvre terrorisé et épuisé d’avoir tant couru pour sauver sa peau ? Avec une arme à feu ou pire, avec une dague pour faire dans la tradition, à moins qu’il ne soit déchiqueté par les chiens ! Quel plaisir une personne normalement constituée peut-elle tirer d’un tel acte de barbarie ? Et pourtant ! Il y aura bien quelques imbéciles pour participer à cette saloperie contre un animal appartenant à une espèce quasi-menacée dans l’hexagone (ce dont ne se soucie pas de rappeler le journal) !

La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Peine perdue….

Malgré tous ces efforts des sociétés de chasse, les aides d’un état complaisant, une presse locale pour une grande part à leur solde, la chasse continue de décliner. Le nombre de chasseurs s’amenuise d’année en année tandis que leur moyenne d’âge s’élève. La chasse est moribonde.

Elle n’en finit pas de mourir !

…grâce à un État à sa solde, une administration aux petits soins et même une justice souvent complaisante.
Les chasseurs sont encore trop nombreux (la France détient le record d’Europe !) et leur disparition n’est pas assez rapide. D’autant que leur pouvoir de nuire est grand. Ils sont surreprésentés dans les instances telles que l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Bien organisés en fédération départementales riches de leurs cotisations et coiffées par une fédération nationale, dotés de moyens, ils forment un lobby efficace qui a une influence sur l’Assemblée nationale, le Sénat et les collectivités locales sans commune mesure avec leur nombre et leur importance. Lois et arrêtés sont taillés sur mesure pour eux. Les préfets décident souvent dans le sens de leur intérêt… Certains en rajoutent même par rapport à des lois, des décrets et des circulaires déjà très favorables. Ainsi celui de l’Allier. La composition de la CDCSF comprend déjà 8 représentants des chasseurs et deux pro-chasses, le représentant des lieutenants de louveterie et le délégué inter-régional de l’ONCFS. Le préfet en a ajouté un neuvième en désignant comme « personnalité qualifiée en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage » le président de l’association des chasseurs de grand gibier. Sans doute un grand scientifique en la matière ! Neufs chasseurs contre deux protecteurs de la nature dans cette commission….

Crime de lèse-chasse-à-courre

Cerise sur le gâteau, les chasseurs ont même obtenu en 2010 la création d’une infraction par un décret du ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo: « l’obstruction à un acte de chasse». Les gendarmes peuvent immédiatement verbaliser. Il en coûte 1 500 € d’amende. Ce décret vise d’abord les opposants à la chasse à courre qui avaient mené plusieurs opérations de sabotage de ces chasses. Alors que 73% des Français sont opposés à cette forme de chasse selon un sondage Sofres de 2005, alors que l’Assemblée nationale avait rejeté la création de cette infraction, Jean-Louis Borloo a donné raison aux chasseurs plutôt qu’aux défenseurs des animaux. Comme le constatait Sophie Caillat sur le site Rue89 : « Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi (visant à abolir la chasse à courre). Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite. »

En Angleterre, Tony Blair qui avait déclaré que « La chasse à courre n’est pas digne d’un pays qui se veut civilisé » a eu le courage de l’interdire malgré les lobbies pro-chasses, le poids et la puissance financière de l’aristocratie britannique. Quoi que l’on puisse penser par ailleurs de sa politique, il faut saluer son attitude et cette mesure qu’aucun gouvernement français n’aura osé prendre. Bien au contraire, les gouvernements, les uns après les autres n’ont de cesse de caresser les chasseurs dans le sens du poil.

Toutefois l’infraction «d’obstruction à un acte de chasse » s’étant révélée difficile voire impossible à constater, les tribunaux ont été dans l’obligation de débouter les chasseurs et l’ONF en tant que loueur de ses forêts aux chasseurs de leur plainte contre les manifestants qui s’opposaient en forêt au déroulement des chasses à courre. Mais pour les juges du Tribunal de Versailles, il ne pouvait être question de laisser les perturbateurs de ces chasses impunis, aussi ont-ils trouvé autre chose. Au mois de Mai de cette année 2014 ils ont condamné à 500€ d’amende pour «violence en réunion» trois militants de l’association « Droits des Animaux » qui manifestaient contre une chasse à courre en forêt de Rambouillet! Comme le commente « Désobéir », « Condamner les membres d’une association non-violente pour «violence en réunion», c’est un peu comme condamner un piéton membre d’une ligue antialcoolique pour conduite en état d’ivresse. Des coups de cravache et des insultes racistes proférées par la fine fleur de la nation, il ne sera jamais question (au procès) bien que ces «débordements » aient été filmés. Cela signifie qu’au « pays des droits de l’homme », s’il n’existe plus de crime de blasphème ou de lèse-majesté, il existe un crime de lèse-chasse à courre. » (Voir la suite de l’article sur le site de « Désobéir » ici. Il faut reconnaître cependant que les tribunaux administratifs donnent très souvent raison aux associations qui défèrent devant eux des arrêtés préfectoraux illégaux.

L’ONF ne vit pas que du bois

Il faut aussi souligner que l’ONF qui avait porté plainte avec les chasseurs ne vit pas que de la vente du bois. Elle tire des revenus non négligeables de la chasse. En 2012, ils s’élevaient à 45,5 Mds€ soit environ 15% du chiffre d’affaire total. C’est une recette d’autant plus intéressante qu’elle est en augmentation constante en pourcentage, bien que stable en chiffres absolus depuis plusieurs années après avoir fortement progressé. L’ONF a du mal à boucler ses budgets et elle devra se passer cette année de 20 Mds€ de subventions de l’État. Devant les tribunaux et lorsqu’elle siège dans les organismes qui s’occupent des animaux sauvages, il n’est donc pas étonnant de la voir au côté des chasseurs.
Une majorité de Français sont pour la suppression de la chasse, une majorité écrasante contre ses formes les plus cruelles mais bien peu se mobilisent face à la minorité agissante des chasseurs. Il faut pourtant réagir. La chasse ne s’éteindra pas d’elle-même avant longtemps. Il faut soutenir les associations anti-chasse, faire pression sur le député de sa circonscription, participer à des actions et manifestations pour faire entendre la voix trop souvent silencieuse de la majorité des habitants de ce pays en commençant par exiger 1°)la suppression des modes de chasse les plus cruels : la vénerie sous toutes ses formes, les chasses dites « traditionnelles » conformément à la réglementation européenne (matoles, tendelles, gluaux, lacets, lèques, tenderies aux vanneaux et alouettes) 2°) l’institution de jours sans chasse et 3°) un rééquilibrage de la composition des instances consultatives en matière de faune sauvage pour une meilleure représentation des naturalistes, des associations de défense des animaux et de protection de la nature et l’intégration de l’ONCFS au sein de l’agence de la biodiversité. Les deux premières revendications bénéficient d’une écrasante majorité en France, la troisième plus technique pourra peut-être être satisfaite par le biais d’un amendement dans la loi en discussion sur la biodiversité. La plateforme du «Collectif du 21 Septembre pour sortir de la chasse et du piégeage » présente un ensemble de complet de mesures pour en finir avec la chasse qu’il faut faire adopter ici .

Gustave Courbet, L’hallali du cerf ou Episode de chasse à courre sur un terrain de neige, huile sur toile, 1867, Musée des beaux-Arts de Besançon
Gustave Courbet, L’hallali du cerf ou Episode de chasse à courre sur un terrain de neige, huile sur toile, 1867, Musée des beaux-Arts de Besançon
Cela n’est pas gagné mais ne sera peut-être pas aussi difficile qu’il peut paraître. Si les chasseurs se refusent à toute concession, c’est parce qu’ils se savent encore en position de force mais c’est aussi parce qu’ils savent et sentent bien que cela risque de ne pas durer à cause de la faiblesse grandissante de leurs effectifs vieillissants, de leur mauvaise image et de l’essor d’autres façons de fréquenter les campagnes et les espaces naturels (randonnées, vtt) dont le nombre d’adeptes est incommensurablement plus grand. Toute concession, comme le jour sans chasse par exemple, est alors appréhendée comme l’initiation d’un processus insidieux conduisant inéluctablement à la disparition de leur «loisir». L’outrance de certains de leurs propos sonne en fait comme un aveu de faiblesse.

Des amendements anti-chasse adoptés en commission à l’Assemblée nationale

Certes les propositions de loi pour supprimer la chasse à courre ne sont même pas discutées à l’assemblée nationale où le lobby des chasseurs et les députés pro-chasses du «Groupe d'Études sur la Chasse» veillent au grain. Le précédent ministre de l’écologie appartenait d’ailleurs à ce groupe ! Il y a cependant quelques progrès. À l’occasion de l’examen en commission de la loi sur la biodiversité, les députés ont adopté plusieurs mesures limitant la chasse. Ils ont voté quatre des amendements proposés par la députée écologiste Laurence Abeille.

Le premier interdit la chasse à la glu, une forme de chasse aux grives dite traditionnelle et pratiquée dans le sud de la France. Les motifs avancés pour interdire cette chasse sont qu’elle va à l'encontre de la préservation et de la reconquête de la biodiversité, parce qu'il s'agit d'une méthode de chasse non sélective, difficilement contrôlable, qui détruit de nombreux oiseaux, notamment des espèces protégées et qui, de plus, est particulièrement cruelle.

Un second amendement interdit la chasse des mammifères « pendant leurs périodes de reproduction, d'élevage et de dépendance des jeunes ». Malheureusement cette interdiction ne s’appliquera pas aux « espèces soumises à plan de chasse ou entrant dans la catégorie des espèces susceptibles d'être classées nuisibles ».

Un troisième amendement vise à interdire les actes de cruauté sur les animaux sauvages en leur reconnaissant une sensibilité comme c’était déjà le cas pour les animaux domestiques.

Enfin toujours à l’occasion de l’examen en commission de cette loi, et toujours sur proposition de Laurence Abeille les députés ont instauré une protection pour les espèces animales et végétales « particulièrement nécessaires » à l'équilibre des écosystèmes et à la protection de la biodiversité qui interdit « leur destruction, l'altération ou la dégradation du milieu particulier à ces espèces ». Un décret en Conseil d'Etat devra établir une liste des espèces concernées après consultation du Muséum national d'histoire naturelle et de la future Agence française pour la biodiversité. Cet amendement concerne d’abord les insectes selon « l’exposé sommaire » des motifs : «Certaines espèces s'avèrent particulièrement importantes pour l'équilibre des écosystèmes, notamment les insectes pollinisateurs. Ces espèces doivent bénéficier d'une protection particulière : elles ne sont pas protégées pour leur valeur patrimoniale, comme le sont la plupart des espèces protégées, mais parce qu'elles assurent des services écologiques indispensables aux équilibres écosystémiques. » Cependant, il ouvre la possibilité de faire passer de la liste « nuisibles » à la liste « protégés » le renard ou des mustélidés comme la fouine dès lors que l’on plaide leur cas à partir d’études naturalistes objectives.

Toutes ces dispositions qui sont autant de limitations à l’exercice de la chasse ne seront effectives qu’une fois adoptées en séance par l’Assemblée nationale avec la loi sur la biodiversité. Malheureusement, sa discussion et son vote ont été repoussés sous prétexte que le calendrier de cette assemblée était trop chargé et aucune date n’a encore été donnée pour qu’elle soit inscrite à son ordre du jour. Lorsque la loi viendra en débat, espérons que ces amendements seront adoptés malgré l’offensive des députés pro-chasses. Il faut aussi craindre les réactions des sénateurs qui se sont toujours montrés fort complaisants pour les chasseurs.

Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse !

Enfin si l’on envisage la question « gros sous », la chasse ne fait plus le poids économiquement face à d’autres activités de plein air (pourquoi diable dire out door !), notamment la randonnée pédestre. Selon la Fédération nationale des chasseurs le chiffre d'affaires généré par la chasse s'établit à 2,2 millions d’euros en 2012 et 2013 alors que la randonnée pédestre génère un chiffre d’affaire de 700 millions d’euros selon la FPS (Fédération Professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs). Chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La différence s’explique lorsque l’on prend en compte que le nombre de randonneurs est d’environ 8 millions de pratiquants régulier auxquels s’ajoutent 12 millions de pratiquants occasionnels alors que les chasseurs ne sont tout au plus qu’un petit million ! Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse ! Il faut le dire et le faire savoir !

Le triste destin du jour sans chasse en France

Malgré cela, ce sont les chasseurs qui ont le pas sur les randonneurs et autres vététistes ou joggeurs comme le montre l’affligeante histoire des jours de non-chasse. La randonnée et la chasse sont deux usages des espaces naturels ou semi-naturels antinomiques. Les jours de non chasse permettent aux randonneurs comme aux autres usagers de la nature non-chasseurs de profiter de leur activité en toute quiétude et sécurité. Ces jours sont aussi des jours de répit pour la faune sauvage et participent de ce fait à sa protection. En Suisse, dans les cantons où la chasse est autorisée, il y a en plus du dimanche et des jours fériés, deux à trois jours de non chasse que les Suisses appellent « jours de trêve ». En France, il y a eu pendant une brève période un jour de non chasse : le mercredi. Ce jour de repos et d’activités nature pour les enfants avait été institué en Juillet 2000 sur tout le territoire sur proposition de la Ministre de l’environnement de l’époque, Dominique Voynet. Un jour de tranquillité contre six pendant lesquels les chasseurs pouvaient sévir et les promeneurs, randonneurs, vététistes et autres usagers supporter le bruit des coups de fusil et risquer d’être estropiés ou pire tués, ce n’était un partage guère équitable ! Mais pour les chasseurs, c’était encore trop ! Ils voulaient avoir le plaisir de tuer chaque jour de la semaine. Le jour sans chasse aura vécu trois ans ! En 2003 Roselyne Bachelot alors Ministre de l’environnement leur donne satisfaction. Elle fait voter par la majorité UMP – UC d’alors une nouvelle loi qui abroge cette disposition. Aujourd’hui, seuls les préfets peuvent instituer des jours sans chasse dans leurs départements en vertu de l’article R.424-1 du code de l’environnement. Bien peu le font.

La nature n’appartient pas aux chasseurs

Minoritaires en nombre, d’un poids économique certes non-négligeable mais sans commune mesure avec celui de la randonnée, les chasseurs accaparent pourtant à leur usage exclusif les espaces naturels et semi-naturels. Cela s’explique en partie parce que sur le terrain ce sont eux qui sont armés et dangereux. Bon gré, mal gré ou par prudence, les randonneurs, les promeneurs, les photographes naturalistes, les botanistes, les mycologues et les mycophages cèdent la place aux chasseurs (De toute façon, s’ils en rencontrent lors leurs sorties, celle-ci sont fichues). Cela s’explique surtout parce que les randonneurs et promeneurs ne sont pas organisés en puissantes fédérations et n’éprouvent pas le besoin de l’être. La randonnée et a fortiori la promenade dans la nature est principalement un loisir individuel ou familial ou bien encore une activité que l’on pratique entre amis.


Le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d’Or : « L’erreur est possible. Néanmoins, nous recommandons de minimiser autant que possible le risque. Mais il est inhérent à cette activité. » (Gazette info.fr)
Le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d’Or : « L’erreur est possible. Néanmoins, nous recommandons de minimiser autant que possible le risque. Mais il est inhérent à cette activité. » (Gazette info.fr)
Les associations qui militent pour la suppression de la chasse sont des associations de protection de la nature et des animaux. Elles insistent surtout sur le caractère cruel de ce loisir, sur les souffrances endurées par les animaux blessés qui agoniseront dans les fourrés, sur les atteintes à la biodiversité, etc. … Certes il y a des randonneurs, des promeneurs, des ramasseurs de champignons qui sont sensibles à ce discours et qui sont adhérents ou sympathisants d’associations de défense de la nature ou/et des animaux. Mais c’est en tant que tels qu’il faut mobiliser les autres usagers de la nature contre l’accaparement par les chasseurs des espaces naturels pour eux seuls en les excluant tous. À tout le moins, une exigence qui pourrait être commune à tous ces non chasseurs amateurs de nature serait un partage plus équitable avec, non pas UN, mais DES jours sans chasse en plus du dimanche, au cours desquels tous les non chasseurs qui fréquentent la nature pourraient se livrer à leurs activités en toute tranquillité dans un environnement paisible. C’est sur cette exigence que tous pourraient être mobilisés. Et à eux seuls, les randonneurs sont au moins vingt fois plus que les chasseurs! Mieux encore, quel promeneur, quel randonneur n’a pas rêvé de rencontrer un animal sauvage au détour d’un sentier ou à un croisement d’allée forestière ? Quelle joie aujourd’hui bien trop rare pour les enfants, leurs parents, tous les amoureux de la nature de pouvoir faire de telles rencontres ! Elles seraient fréquentes si la chasse qui vide la campagne, les bois et les forêts de tout vertébré sauvage était interdite. C’est le cas, en Suisse, dans le canton de Genève où elle a été abolie depuis une trentaine d’année, où les animaux sauvages prospèrent et où chacun avec un minimum de discrétion peut observer à loisir chevreuil, cerfs, lièvres, lapins ou sangliers. Tous les amateurs de nature qu’ils soient randonneurs, promeneurs, vététistes, joggeurs, photographes, peintres, naturalistes ont, en tant que tels, intérêt à ce que la chasse soit abolie. C’est par rapport à cet intérêt qu’il faut les mobiliser contre celle-ci. L’opposition à la chasse, pour être efficace, ne doit pas rester confinée au cercle restreint aux seuls protecteurs des animaux.

Manifestons contre la chasse

Il faut se mobiliser pour que la manifestation nationale organisée par le « collectif du 21 Septembre contre la chasse » le 18 octobre à Paris soit un succès. Ce collectif s’est constitué en 2013 à la suite de la manifestation « La chasse y’en a marre » qui réunissait des associations qui militent pour l’abolition, à plus ou moins long terme de la chasse et du piégeage. Il comprend aujourd’hui les 25 associations suivantes : Animavie, la CVN (Convention Vie et Nature), le RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), DDA (Droits Des Animaux), CCE2A (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales), l’Association Stéphane LAMART, Combactive, L214, l’AVF (l’Association Végétarienne de France), OIKOS KAI BIOS, Point Info Loup Lynx, l’association RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), La Voie de l’Hirondelle, AVES France, LA GRIFFE, Secourisme Animalier, le refuge « Amis des Bêtes » , la SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), CHAMADE (CHAumière et Médiation Animalistes, Défense de l’Environnement), l’Association Sauvegarde du Château de Flée, Guadeloupe Animaux, Oiseaux Nature, l’association du Collectif animalier du 06, LLPAA (Laissons Leur Peau Aux Animaux) et La Tribu de Sapeur.
Par-delà leurs différences ces associations se sont accordées pour défendre en commun une plateforme de mesures concrètes permettant dans un premier temps de limiter la chasse et le piégeage pour ensuite les abolir. L’action de ce collectif mérite d’être connue et soutenue. Que tous ceux qui le pourront participent à la manifestation qu’il organise le 18 octobre à Paris. Pour plus d’information sur le collectif et la manifestation, cliquez ici

Lundi 29 Septembre 2014

Ils ont bloqué leur établissement le 16 septembre 2014 pour protester contre ce massacre et contre les violences policières perpétrées sur ceux qui sur le terrain tentaient de l’empêcher alors que le Conseil Général avait juré en novembre dernier qu’il n’était pas question de passer en force.


Blocage du Lycée Victor Hugo à Gaillac
Blocage du Lycée Victor Hugo à Gaillac
La situation est particulièrement ubuesque. Tous les arbres de la zone ont été tronçonnés. La zone humide disparait sous les troncs abattus et les copeaux alors que faute de financement ce barrage ne sera peut-être jamais édifié ! Il coûte tout de même la bagatelle de 7,8 millions d’euros. Il devait être financé pour 50 % par l’Agence de l’eau Adour-Garonne, 30% par l’Union Européenne via le FEADER, 10 % par le conseil général du Tarn et 10 % par le conseil général du Tarn-et-Garonne. Comme Reporterre le révélait dès octobre 2013, l’obtention des fonds européens FEADER (fonds européens destinés au développement rural) de deux millions d’euros était déjà fortement soumise à caution, notamment en raison de délais devenus intenables. Toujours selon Reporterre les financements de l’Agence de l’eau pourraient aussi être remis en cause si les experts envoyés par la ministre de l’Environnement, Ségolène Royal, émettaient un avis défavorable.
Certes, le lieu est saccagé mais tant que le barrage ne sera pas construit, la zone humide peut renaître. Tout n’est pas encore perdu ! Avec l'action des lycéens la contestation du projet se renforce et prend une ampleur nouvelle.
Une pétition circule sur Internet mise en ligne contre ce projet de barrage et en soutien aux trois personnes qui ont entrepris une grève de la faim pour protester contre le manque d’un débat sur le projet. Elle sera close le 31 décembre 2014. Elle est relayée par Cyberacteurs ici
On trouvera un dossier complet et détaillé sur ce projet et le combat pour lui faire échec sur le site de Reporterre ici

Photo : Reporterre

Mercredi 17 Septembre 2014 Commentaires (0)

L’Association pour la Protection des Animaux Sauvages (ASPAS), One Voice et Ferus viennent d’obtenir gain de cause contre un arrêté de tir de loup en Meuse. Face à l’empressement de l’État à répondre aux sollicitations des éleveurs, opposés à la présence même du loup, le juge a estimé que ce tir de prélèvement était prématuré.


La justice stoppe les tirs de loups en Meuse
À la demande de ces associations, le juge des référés du tribunal administratif de Nancy a suspendu, le lundi 15 septembre, l’exécution de l’arrêté du 28 août 2014 de la préfète de la Meuse qui ordonnait le prélèvement par tir d’un loup.
Le juge des référés a estimé que cette décision ne respectait pas les dispositions de l’arrêté interministériel du 15 mai 2013 réglementant les possibilités de dérogations au statut strictement protégé de cette espèce.
En effet, un tir de prélèvement ne peut être ordonné qu’en cas de récurrence et de persistance d’attaques importantes malgré la mise en œuvre de mesures de protection des troupeaux. Or la présence du loup en Meuse est très récente et les éleveurs de cette zone du centre du département n’ont pas encore tous mis en place ces mesures alternatives. Ordonner la destruction du loup en Meuse est donc illégal.
Il est scandaleux que des représentants de l’État se mettent systématiquement et en toute connaissance de cause hors la loi. En autorisant des tirs d’une espèce protégée ils bafouent les conventions internationales de protection de la nature et des espèces sauvages avec la complicité du Ministère appelé bien à tort Ministère de l'écologie. N’oublions pas en effet que Ségolène Royal est en pointe dans cette offensive contre les loups. Heureusement que face à ces agissements les associations recourent à la justice. Il est regrettable qu’elles soient obligées de le faire pour éviter l’irréparable. Il est condamnable que Préfets et Ministres puissent se comporter ainsi sans devoir rendre compte de leurs actes devant un tribunal comme c'est le cas des braconniers. Porter atteinte à la nature, enfreindre sciemment et délibérément les lois et conventions qui la protègent ou inciter à le faire est au moins aussi grave que ne pas payer ses impôts.

Site de l'ASPAS ici

Illustration : "Real love !!" par Sander van der Vel (wikimedia)

Mercredi 17 Septembre 2014 Commentaires (0)

Tel est le titre du nouvel ouvrage de Fabrice Nicolino. Ce livre est une enquête redoutable sur l’invasion effrayante des produits chimiques dans notre quotidien et notre environnement. Un livre à lire et à faire lire !


Un empoisonnement universel
Les enquêtes de Fabrice Nicolino sont toujours instructives et passionnantes. Elles mettent au jour des faits qui sont en général passés sous silence, ignorés ou cachés. Ce sont aussi des actes militants par ce qu’elles dénoncent et parce qu’elles donnent envie d’agir. Voici le texte qui figure au dos du livre (quatrième de couverture). Il vous donnera un aperçu du contenu.

C’est un livre sans précédent. Jamais on n’avait essayé de réunir tous les points pour faire enfin apparaître le dessin complet. Comment en est-on arrivé là ? Comment et pourquoi l’industrie chimique a pu libérer dans l’eau, dans l’air, dans le sol, dans les aliments, et jusque dans le sang des nouveau-nés des millions de molécules chimiques, toute différentes les unes des autres ?

Quels sont les liens entre le temps des alchimistes et celui du prix Nobel de chimie Fritz Haber, grand criminel de guerre ? D’où viennent Bayer, BASF, Dow Chemical, DuPont, Rhône-Poulenc ? Comment est-on passé de la bakélite des boules de billard et des combinés du téléphone au nylon, puis au DDT et aux perturbateurs endocriniens ? Pourquoi des maladies comme le cancer, l’obésité, le diabète, Alzheimer, Parkinson, l’asthme et même l’autisme flambent toutes en même temps ? Qui est Théo Colborn, la Rachel Carson du 21ème siècle ? Pourquoi l’OMS, la FAO, l’ONU ne bougent-elles pas ? Pourquoi les agences de protection françaises regardent-elles ailleurs ? Comment les normes officielles ont-elles été truquées ? Que contient vraiment l’eau dite potable ? Comment les transnationales ont-elles organisé une désinformation planétaire sur cet empoisonnement universel ? Y a-t-il une chance de s’en sortir ?

Pour la première fois, tout le dossier est enfin rendu public. Il est effrayant, mais un peuple adulte n’a-t-il pas le droit de savoir ? Ce livre, qui donne des noms, des faits, des accointances, ne peut rester sans réponse. C’est l’heure de se lever.

(Les liens qui libèrent éditions, broché, 448 pages, ISBN-13: 979-1020901378, 23€ – parution le 17 septembre)

Vendredi 12 Septembre 2014 Commentaires (0)

François Hollande a déclaré le 5 septembre « J'agis et j'agirai jusqu'au bout (…). Je suis à mi-mandat et il n'y a pas de sondage, aussi difficile soit-il, que je regarde en face, qui puisse interrompre le mandat que donne le peuple au président de la République ». Certes le peuple lui a donné mandat mais lequel ?


Le quinquennat de François Hollande : un social-libéralisme sur fond de trahison ?
Quel mandat a été donné par le peuple à François Hollande ? Celui de prendre de l’argent des ménages pour le donner aux entreprises ? Celui de mettre à mal le droit du travail avec toutes les mesures de protection des salariés jugées comme des contraintes insupportables par le patronat ? Celui de mettre en cause les trente-cinq heures ? Celui d’instaurer la TVA sociale ? Celui de lever les contraintes et normes du code de l’environnement ? Bref, celui de mener une politique ultra-libérale dans la continuité de celle menée par Sarkozy, pire même que celle de ce dernier ? Certainement pas. Le peuple ne lui a pas donné ce mandat.

Il est loin le discours du Bourget qui enflamma le « peuple de gauche » ! Aujourd’hui le meilleur et peut-être le seul allié de Hollande est le Medef dont il n’est en fait que le valet. Aujourd’hui son ministre de l’économie est un ancien banquier d’affaire ! Il n’est pas étonnant que ce peuple de gauche ne lui fasse plus confiance. François Hollande est en passe de conduire des réformes cassant les droits sociaux des salariés que même un gouvernement de droite n’aurait pas osé faire ainsi que le reconnait avec gourmandise une journaliste de Valeurs actuelles qui évidemment l’approuve. Pour ceux qui l’ont élu, Hollande n’est pas seulement un «social-libéral »,c’est un « social-traitre ».

François Hollande s’inscrit ainsi dans la lignée de ces « socialistes » qui font le contraire exact du programme grâce auquel ils ont été élus. Il y a eu Mitterrand et le tournant de la rigueur avec Fabius mais il y a eu bien plus grave par le passé et qui montre jusqu’où peut dériver un gouvernement socialiste qui veut le pouvoir à tout prix, au prix d’un renoncement à ses valeurs, à son âme et surtout à sa parole vis-à-vis de ceux qui l’ont porté à ce pouvoir. Qui se souvient de Guy Mollet et de ses complices d’alors ?

Leader du « Front républicain », il fut élu lors de la campagne des législatives de 1956 sur un programme promettant de mettre fin à la guerre en Algérie, programme qui suscitait l’enthousiasme des jeunes Français peu soucieux d’aller se faire trouer la peau pour défendre les plantations des colons d’Algérie. Avant d’être élu, il proclamait que la guerre d'Algérie était «imbécile et sans issue» et l'indépendance de l’Algérie dictée par «le bon sens». Une fois élu, il retourne sa veste. Devenu « président du conseil », ce fut le gouvernement dont il était le chef qui augmente la durée du service militaire et envoie le contingent en Algérie. Parmi les membres de son gouvernement, donc ses complices, on trouve François Mitterrand et quelques « grands noms » du « socialisme » comme Robert Lacoste, Alain Savary ou Gaston Deferre. C’est son gouvernement, un gouvernement social-démocrate qui autorisa la torture dans cette sale guerre coloniale. En juin 1956 l'Assemblée nationale vota sur proposition de son gouvernement la suspension de la garantie des libertés individuelles, le droit pour les gendarmes, les policiers et les militaires de pratiquer des « interrogatoires poussés », d'appliquer des « traitements spéciaux ». « Associer un discours de gauche et la pratique d'importants compromis avec la droite » était le trait caractéristique de ce que l’on a appelé le « mollétisme ». Aujourd’hui, Hollande ou Valls ne s’encombrent même plus d’une rhétorique de gauche pour enrober leur politique libérale. On n’arrête pas le progrès au PS.

Dans un texte opportunément tirer de l’oubli par un journaliste du Monde, Hollande déclarait : « Je ne crois plus à la possibilité de venir au pouvoir sur un programme pour cinq ans dont il n’y aurait rien à changer au cours de la mandature. (…) La réalité change trop vite » Il aurait été bien utile de faire connaître ce texte lors de la campagne présidentielle de 2012. Il aurait permis de relativiser la valeur des fameux engagements du candidat. Cependant si les circonstances ou la confrontation avec les événements, les obstacles dans l’exercice du pouvoir conduisaient à abandonner les promesses de campagne, Hollande préconisait « un exercice de vérification démocratique au milieu de la législature ». Nous y sommes aujourd’hui avec lui, président. Et que dit-il ? « J’irai jusqu’au bout », ce que lui permet les institutions. Certes, il va demander à son Premier ministre de solliciter un vote de confiance à l’Assemblée nationale ; confiance qu’il est assuré d’obtenir, les « frondeurs » étant bien trop couards pour risquer leur siège en retournant devant leurs électeurs. Une fois ce vote de confiance acquis, il n’ira pas plus loin. Pas question donc de revenir « devant le corps électoral afin de retrouver un rapport de confiance » comme il le conseillait en 2006 parce qu’il sait que les gens ne le lui font plus confiance et qu’ils ne veulent plus passer aucun pacte ni avec lui, ni avec le parti dont il est issu.

Non content de renier ses promesses, de trahir ceux qui l’ont porté au pouvoir, Hollande se renie lui-même. Faut-il dès lors s’étonner que les gens croient que Valérie Trierweiler en dresse le vrai portrait lorsqu’elle le présente comme un assez sinistre individu, narcissique et menteur, un prétendu homme de gauche qui n’aime que les riches et pas les pauvres ? Comme le dit à juste titre Jean-Luc Mélanchon, François Hollande ferait bien de « se demander (...)pourquoi tout le monde la croit (…) Avec sa bouche Hollande proteste, avec ses dents il mord toujours les mêmes. »

Le retour devant les électeurs suppose la dissolution de l’Assemblée nationale ; ce que les chroniqueurs avisés déconseillent puisque la nouvelle majorité qui sortirait des urnes serait sans l’ombre d’un doute, une majorité de droite, le PS et ses satellites étant laminés. Et alors ? Il faut mieux une politique ultra-libérale de droite conduite par la Droite, que la même politique – ou sensiblement la même – conduite par la Gauche, si tant est que l’on puisse encore qualifier de gauche le PS. Les choses seraient plus claires et cela ouvrirait la voie à une alternative véritable.

Illustration : Ignace


Vendredi 12 Septembre 2014 Commentaires (0)
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