Fontenay-aux-Roses
Cette année, à l'initiative de Patrick Duchemin et de moi-même, Fontenay-aux-Roses fera partie des villes qui participeront au « Jour de la nuit », une manifestation nationale qui a pour objectifs d'attirer l'attention du grand public sur les conséquences de la pollution lumineuse, de renouer le lien des citadins avec la nuit, de redécouvrir les merveilles du ciel étoilé et de découvrir la nature autrement.
A Fontenay, l'éclairage public sera éteint en centre ville une partie de la nuit. Tous ceux qui le souhaitent pourront venir sur la terrasse de l'Hôtel de ville observer avec nous le ciel nocturne. Des astronomes seront là pour nous aider à (re)découvrir et reconnaître constellations, étoiles, planètes et galaxies et répondre à vos questions.
La pollution lumineuse
C'est une nuisance provoquée par la multiplication des points lumineux, éclairage des villes, néons, panneaux publicitaires. Au cours des dix dernières années leur nombre a augmenté de 30% en France. Il s’élève à plus de 8,7 millions : la nuit est confrontée à la montée d’une pollution lumineuse issue d’une généralisation de l’éclairage nocturne. En France non seulement les villes et les villages sont sur-éclairées, ils sont aussi mal éclairés. Le plus souvent, les systèmes d’éclairage sont mal conçus et renvoient la lumière vers le ciel au lieu d'éclairer le sol. Les effets de cette pollution sont multiples et divers, pas toujours bien connus.
Le plus évident est la surconsommation d'énergie qu'elle entraîne. Comme toute production d'énergie est une source de nuisance pour l'environnement, il vaut mieux en rationaliser, maîtriser et réduire la consommation.
Mais où sont passées les étoiles?
Au dessus de nos agglomérations, les étoiles ont disparu. Nous n'avons plus le plaisir de contempler le ciel étoilé. Quiconque a dormi à la belle étoile assez loin de toute agglomération sait de quel spectacle grandiose cette pollution nous prive. Quel choc lorsqu'au sein d'une nuit noire de nouvelle lune, on a la chance de retrouver le lien visuel avec l'univers dont cette pollution nous a coupés. Et pensons aux astronomes obligés de parcourir des kilomètres pour s’éloigner des villes.
C'est une nuisance provoquée par la multiplication des points lumineux, éclairage des villes, néons, panneaux publicitaires. Au cours des dix dernières années leur nombre a augmenté de 30% en France. Il s’élève à plus de 8,7 millions : la nuit est confrontée à la montée d’une pollution lumineuse issue d’une généralisation de l’éclairage nocturne. En France non seulement les villes et les villages sont sur-éclairées, ils sont aussi mal éclairés. Le plus souvent, les systèmes d’éclairage sont mal conçus et renvoient la lumière vers le ciel au lieu d'éclairer le sol. Les effets de cette pollution sont multiples et divers, pas toujours bien connus.
Le plus évident est la surconsommation d'énergie qu'elle entraîne. Comme toute production d'énergie est une source de nuisance pour l'environnement, il vaut mieux en rationaliser, maîtriser et réduire la consommation.
Mais où sont passées les étoiles?
Au dessus de nos agglomérations, les étoiles ont disparu. Nous n'avons plus le plaisir de contempler le ciel étoilé. Quiconque a dormi à la belle étoile assez loin de toute agglomération sait de quel spectacle grandiose cette pollution nous prive. Quel choc lorsqu'au sein d'une nuit noire de nouvelle lune, on a la chance de retrouver le lien visuel avec l'univers dont cette pollution nous a coupés. Et pensons aux astronomes obligés de parcourir des kilomètres pour s’éloigner des villes.
Des effets insidieux sur les écosystèmes.
Il suffit de voir les malheureux insectes attirés, piégés, grillés autour des lampadaires pour les percevoir. Les oiseaux migrateurs qui volent la nuit sont désorientés par les grandes taches lumineuses des agglomérations. D'autres effets, parfois inattendus, sont moins évidents à constater. Les périodes de reproduction de nombreuses espèces d'oiseaux sont réglées sur la durée du jour. C'est lorsqu'ils sont longs qu'ont lieu les couvées. Il est facile de comprendre pourquoi. Plus les jours sont longs et plus la période de recherche de nourriture pour la nichée est longue. En milieu urbain, on constate une augmentation du nombre annuel de couvées pour des espèces comme le pigeon des villes et les étourneaux dont on cherche par ailleurs à limiter le nombre.... Même pour des espèces moins envahissantes et plus discrètes telle que le rouge gorge ou le rouge queue noir, cet accroissement du nombre des couvées n'est positif qu'en apparence. Elle induit une surexploitation de la ressource qui devient plus rare, d'autant que cette surexploitation s'ajoute à d'autres facteurs qui ensemble entrainent une raréfaction des invertébrés dont ces oiseaux se nourrissent. L'augmentation artificielle de la durée d'éclairement vient rompre un équilibre naturel. Difficiles à repérer, de tels équilibres ne se révèlent souvent que par les désordres induits une fois qu'ils ont été rompus.
Retrouver un savoir perdu
Dans les temps très anciens, la connaissance des étoiles était un savoir commun : « Les mouvements [apparents] des étoiles sont beaucoup plus simples et plus réguliers que le mouvement du Soleil. Pourtant, on ne reconnaît pas si facilement cette régularité parce qu'il faut, pour un examen systématique du ciel nocturne, pouvoir repérer quelques étoiles afin de les étudier de manière suivie, en quelque point du ciel qu'elles apparaissent. Dans le monde moderne, c'est rarement possible. Peu de gens, de nos jours, passent leur temps le soir à regarder les étoiles [hélas, ils préfèrent regarder la télé...] et, s'ils le font, leur regard est gêné, trop souvent, par les bâtiments élevés ou l'éclairage des rues. (…) Dans l'Antiquité, les étoiles faisaient partie de l'environnement immédiat et quotidien de l'homme, et les corps célestes servaient à repérer le temps et garder le calendrier. Il était alors assez commun de savoir identifier les étoiles au premier regard. Longtemps avant le début des temps historiques, des hommes, que leur travail obligeait à observer longuement et régulièrement le ciel nocturne, avaient mentalement groupé les étoiles en constellations, en associant entre elles des étoiles voisines que l'on pouvait reconnaître à leurs positions relatives invariables. Pour retrouver une étoile donnée dans la confusion du ciel, un observateur repérait d'abord le dessin familier dans lequel apparaissait l'étoile, puis il retrouvait l'étoile elle-même » Thomas S. Kuhn, The copernican revolution (La révolution copernicienne), 1959, trad. fr. A. Hayli, Fayard, Paris, 1973, p. 15 – 16. [Les passages entre crochets carrés sont des précisions et commentaires de l'auteur de ce blog.]
Le 30 octobre au soir , vous pourrez retrouver un peu de ce savoir en venant observer le ciel en compagnie d'astronomes sur la terrasse de la salle des mariages de l'hôtel de ville.
Souhaitons que beaucoup de villes, collectivités, associations, citoyen(ne)s participent au « Jour de la nuit », cette grande manifestation festive et participative pour la préservation de la nuit, de la biodiversité et de l’environnement.
Pour en savoir plus sur cette manifestation : jourdelanuit
Pour celles et ceux qui aimeraient partir à la découverte de la nature la nuit, et pénétrer ainsi, près ou loin de chez eux, dans un monde insoupçonné, le guide à consulter avant de se lancer : La nature, la nuit, guide d'observation et d'identification de Vincent Albouy et Jean Chevalier, 224 pages, Delachaux et Niestlé, 2006
Il suffit de voir les malheureux insectes attirés, piégés, grillés autour des lampadaires pour les percevoir. Les oiseaux migrateurs qui volent la nuit sont désorientés par les grandes taches lumineuses des agglomérations. D'autres effets, parfois inattendus, sont moins évidents à constater. Les périodes de reproduction de nombreuses espèces d'oiseaux sont réglées sur la durée du jour. C'est lorsqu'ils sont longs qu'ont lieu les couvées. Il est facile de comprendre pourquoi. Plus les jours sont longs et plus la période de recherche de nourriture pour la nichée est longue. En milieu urbain, on constate une augmentation du nombre annuel de couvées pour des espèces comme le pigeon des villes et les étourneaux dont on cherche par ailleurs à limiter le nombre.... Même pour des espèces moins envahissantes et plus discrètes telle que le rouge gorge ou le rouge queue noir, cet accroissement du nombre des couvées n'est positif qu'en apparence. Elle induit une surexploitation de la ressource qui devient plus rare, d'autant que cette surexploitation s'ajoute à d'autres facteurs qui ensemble entrainent une raréfaction des invertébrés dont ces oiseaux se nourrissent. L'augmentation artificielle de la durée d'éclairement vient rompre un équilibre naturel. Difficiles à repérer, de tels équilibres ne se révèlent souvent que par les désordres induits une fois qu'ils ont été rompus.
Retrouver un savoir perdu
Dans les temps très anciens, la connaissance des étoiles était un savoir commun : « Les mouvements [apparents] des étoiles sont beaucoup plus simples et plus réguliers que le mouvement du Soleil. Pourtant, on ne reconnaît pas si facilement cette régularité parce qu'il faut, pour un examen systématique du ciel nocturne, pouvoir repérer quelques étoiles afin de les étudier de manière suivie, en quelque point du ciel qu'elles apparaissent. Dans le monde moderne, c'est rarement possible. Peu de gens, de nos jours, passent leur temps le soir à regarder les étoiles [hélas, ils préfèrent regarder la télé...] et, s'ils le font, leur regard est gêné, trop souvent, par les bâtiments élevés ou l'éclairage des rues. (…) Dans l'Antiquité, les étoiles faisaient partie de l'environnement immédiat et quotidien de l'homme, et les corps célestes servaient à repérer le temps et garder le calendrier. Il était alors assez commun de savoir identifier les étoiles au premier regard. Longtemps avant le début des temps historiques, des hommes, que leur travail obligeait à observer longuement et régulièrement le ciel nocturne, avaient mentalement groupé les étoiles en constellations, en associant entre elles des étoiles voisines que l'on pouvait reconnaître à leurs positions relatives invariables. Pour retrouver une étoile donnée dans la confusion du ciel, un observateur repérait d'abord le dessin familier dans lequel apparaissait l'étoile, puis il retrouvait l'étoile elle-même » Thomas S. Kuhn, The copernican revolution (La révolution copernicienne), 1959, trad. fr. A. Hayli, Fayard, Paris, 1973, p. 15 – 16. [Les passages entre crochets carrés sont des précisions et commentaires de l'auteur de ce blog.]
Le 30 octobre au soir , vous pourrez retrouver un peu de ce savoir en venant observer le ciel en compagnie d'astronomes sur la terrasse de la salle des mariages de l'hôtel de ville.
Souhaitons que beaucoup de villes, collectivités, associations, citoyen(ne)s participent au « Jour de la nuit », cette grande manifestation festive et participative pour la préservation de la nuit, de la biodiversité et de l’environnement.
Pour en savoir plus sur cette manifestation : jourdelanuit
Pour celles et ceux qui aimeraient partir à la découverte de la nature la nuit, et pénétrer ainsi, près ou loin de chez eux, dans un monde insoupçonné, le guide à consulter avant de se lancer : La nature, la nuit, guide d'observation et d'identification de Vincent Albouy et Jean Chevalier, 224 pages, Delachaux et Niestlé, 2006
Samedi 18 Septembre 2010
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Nature - environnement
De mes séjours à la montagne cet été, j'ai pu tirer des illustrations concrètes de principes généraux, abstraits dans leur énoncé et pourtant fondamentaux pour nourrir la réflexion écologique. En voici quatre.
La nature se guérit seule.
Aristote le savait déjà mais halte-là, les hommes sont là...
Dans les annales des Alpes de Haute Provence et plus particulièrement dans le Haut Verdon, l'hiver 2009-2010 restera un hiver avec un enneigement exceptionnel. Une neige lourde jointe à des vents tempétueux a mis bas des pans entiers de forêt qui avaient été laborieusement replantés dans le cadre de la RTM (restauration des terrains de montagne) à la fin du dix-neuvième siècle et au début du siècle dernier. Lors de l'été 2009, dans la haute vallée du Verdon, en allant par les sentiers de Ratery au col des Champs, on pouvait voir ces chablis avec leurs arbres déracinés, cassés dont les débris, troncs, branches, racines s'amoncelaient dans les ravins à chaque rupture de pente. Mais déjà dans les zones mises à nu, les sols se couvraient d'une végétation nouvelle qui profitait de la lumière et du soleil pour se développer.
Aristote le savait déjà mais halte-là, les hommes sont là...
Dans les annales des Alpes de Haute Provence et plus particulièrement dans le Haut Verdon, l'hiver 2009-2010 restera un hiver avec un enneigement exceptionnel. Une neige lourde jointe à des vents tempétueux a mis bas des pans entiers de forêt qui avaient été laborieusement replantés dans le cadre de la RTM (restauration des terrains de montagne) à la fin du dix-neuvième siècle et au début du siècle dernier. Lors de l'été 2009, dans la haute vallée du Verdon, en allant par les sentiers de Ratery au col des Champs, on pouvait voir ces chablis avec leurs arbres déracinés, cassés dont les débris, troncs, branches, racines s'amoncelaient dans les ravins à chaque rupture de pente. Mais déjà dans les zones mises à nu, les sols se couvraient d'une végétation nouvelle qui profitait de la lumière et du soleil pour se développer.
Cet été, dans les pentes déboisées, c'était une floraison exubérante de lys martagon, de bleuets des alpes, de renouées, de phalangères parmi de hautes graminées. Les arbres miraculés croissent sans concurrence et sèment graines et pollen à tout vent. Pour l'instant, sans doute par manque de moyens, les interventions humaines ont été limitées à des mises en sécurité : dégagement des sentiers et des torrents avec parfois récupération des billes de bois exploitables. Et c'est bien ainsi. Les arbres épargnés joueront leur rôle de semenciers et peu à peu le couvert forestier se reconstituera pourvu que vaches ou moutons ne viennent perturber le cours des choses. C'est du moins le processus naturel. On peut donc supposer qu'il se réalisera mais il n'est pas certain que l'on puisse le vérifier.
Pour les forestiers toutes les essences d'arbre ne se valent pas, le processus de régénération naturelle est lent. Déjà des parcelles sont mises en exploitation, d'autres délimitées en vue de l'être dans cette forêt de Ratery qui n'a de « récréative » que le nom. Il serait sans doute vain de plaider pour une simple mise en défens qui laisserait faire la nature? Et pourtant ce serait la véritable gestion écologique : une absence de gestion qui fasse confiance à la nature, laisse son temps au temps et d'où surgirait une forêt vraiment naturelle, comme il n'en n'existe pratiquement plus sur notre territoire national.
Pour les forestiers toutes les essences d'arbre ne se valent pas, le processus de régénération naturelle est lent. Déjà des parcelles sont mises en exploitation, d'autres délimitées en vue de l'être dans cette forêt de Ratery qui n'a de « récréative » que le nom. Il serait sans doute vain de plaider pour une simple mise en défens qui laisserait faire la nature? Et pourtant ce serait la véritable gestion écologique : une absence de gestion qui fasse confiance à la nature, laisse son temps au temps et d'où surgirait une forêt vraiment naturelle, comme il n'en n'existe pratiquement plus sur notre territoire national.
La réussite de la RTM.
Où l'on peut voir que la croissance démographique peut être aussi délétère pour un écosystème que le libéral-productivisme.
Malgré les apparences et à quelques exceptions remarquables près, les forêts qui couvrent les pentes des hautes vallées du Verdon n'ont rien de naturel. Exploitée, surexploitée, défrichée pour agrandir les surfaces des pâturages, des prés de fauche ou des cultures vivrières, la forêt naturelle originaire avait disparu depuis longtemps. Avec des montagnes aux versants pentus et pelés, une érosion hydrique intense et des crues torrentielles rendaient peu à peu pentes et fonds de vallées impropres à toute végétation, donc culture ou pâture. Ce n'est qu'à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle que le mal fut endigué, puis le couvert forestier restauré avec la RTM par la plantation massive de conifères, mélèzes et différentes espèces de pins et de sapins. Cela est bien connu. On en tire en général la conclusion réconfortante que, dans certains cas au moins, les hommes peuvent réparer les dégradations qu'ils ont fait subir à la nature. Mais ce que l'on souligne beaucoup moins, c'est que la RTM a été un succès parce qu'elle s'est accompagnée d'une émigration massive des habitants des hautes vallées, émigration qui avait d'autres raisons que la mise en œuvre de la RTM. Ainsi la population du Haut Verdon diminue de 60% au dix-neuvième siècle.
Il ne faut pas imaginer que les habitants des hautes vallées gaspillaient les ressources que leur offrait la nature ; « offrir » étant d'ailleurs une façon de parler car il fallait travailler dur pour y avoir droit. Au contraire, les paysans de ces montagnes savaient les ménager et en user avec astuce et parcimonie. S'ils prélevaient sur le capital plus que l'intérêt, c'est qu'ils y étaient contraints. On ne peut accuser la recherche d'un profit capitaliste ou marchand qui serait à l'origine de cette surexploitation des ressources naturelles. L'économie de ces hautes vallées était essentiellement une économie de subsistance. La surexploitation des ressources naturelles, la pression délétère sur la forêt provenait d'une surpopulation de ces hautes vallées. Celle-ci disparaissant, remplacée par une désertification humaine, la RTM pouvait réussir. En outre même si ni au dix-neuvième, ni au début du vingtième siècle, la simplicité des paysans des hautes vallées n'avait rien de « volontaire », on peut tirer de cette histoire une autre leçon que certains des « décroissants » purs et durs ont du mal à admettre. Même si tous les Terriens, frappés par je ne sais quelle grâce, devenaient des adeptes de la « simplicité volontaire », cela ne permettrait pas d'éviter le désastre si dans le même temps ils continuaient de se multiplier et de croître. Il y aurait tout simplement trop de « olontaires », plus que la Terre pourrait en supporter . Comme les anciennes forêts des Alpes du sud, elle serait ravagée.
Où l'on peut voir que la croissance démographique peut être aussi délétère pour un écosystème que le libéral-productivisme.
Malgré les apparences et à quelques exceptions remarquables près, les forêts qui couvrent les pentes des hautes vallées du Verdon n'ont rien de naturel. Exploitée, surexploitée, défrichée pour agrandir les surfaces des pâturages, des prés de fauche ou des cultures vivrières, la forêt naturelle originaire avait disparu depuis longtemps. Avec des montagnes aux versants pentus et pelés, une érosion hydrique intense et des crues torrentielles rendaient peu à peu pentes et fonds de vallées impropres à toute végétation, donc culture ou pâture. Ce n'est qu'à la fin du dix-neuvième et au début du vingtième siècle que le mal fut endigué, puis le couvert forestier restauré avec la RTM par la plantation massive de conifères, mélèzes et différentes espèces de pins et de sapins. Cela est bien connu. On en tire en général la conclusion réconfortante que, dans certains cas au moins, les hommes peuvent réparer les dégradations qu'ils ont fait subir à la nature. Mais ce que l'on souligne beaucoup moins, c'est que la RTM a été un succès parce qu'elle s'est accompagnée d'une émigration massive des habitants des hautes vallées, émigration qui avait d'autres raisons que la mise en œuvre de la RTM. Ainsi la population du Haut Verdon diminue de 60% au dix-neuvième siècle.
Il ne faut pas imaginer que les habitants des hautes vallées gaspillaient les ressources que leur offrait la nature ; « offrir » étant d'ailleurs une façon de parler car il fallait travailler dur pour y avoir droit. Au contraire, les paysans de ces montagnes savaient les ménager et en user avec astuce et parcimonie. S'ils prélevaient sur le capital plus que l'intérêt, c'est qu'ils y étaient contraints. On ne peut accuser la recherche d'un profit capitaliste ou marchand qui serait à l'origine de cette surexploitation des ressources naturelles. L'économie de ces hautes vallées était essentiellement une économie de subsistance. La surexploitation des ressources naturelles, la pression délétère sur la forêt provenait d'une surpopulation de ces hautes vallées. Celle-ci disparaissant, remplacée par une désertification humaine, la RTM pouvait réussir. En outre même si ni au dix-neuvième, ni au début du vingtième siècle, la simplicité des paysans des hautes vallées n'avait rien de « volontaire », on peut tirer de cette histoire une autre leçon que certains des « décroissants » purs et durs ont du mal à admettre. Même si tous les Terriens, frappés par je ne sais quelle grâce, devenaient des adeptes de la « simplicité volontaire », cela ne permettrait pas d'éviter le désastre si dans le même temps ils continuaient de se multiplier et de croître. Il y aurait tout simplement trop de « olontaires », plus que la Terre pourrait en supporter . Comme les anciennes forêts des Alpes du sud, elle serait ravagée.
Biodiversité, nature et cultures.
Entre forêt naturelle et biodiversité d'origine anthropique, il serait difficile de faire un choix..., si un choix était à faire.
Aujourd'hui, avec la déprise agricole, une nouvelle forêt se développe naturellement au fur et à mesure que les prairies de fauche ne sont plus fauchées. Et avec elles disparaissent toute une flore et une faune qui leur étaient inféodées. Ironie de l'histoire, alors que l'on reboisait hier sous la protection de la troupe pour contenir l'ire des paysans qui voyaient leurs pâtures et leurs prairies se réduire, aujourd'hui il faut subventionner les quelques agriculteurs qui restent pour qu'ils fauchent et récoltent le foin de prairies qui pour des raisons diverses ne sont plus rentables. De cette forêt qui part à la conquête des terres en déprise, les gestionnaires du Parc national du Mercantour ne veulent pas. À la nature (la forêt avec ses stades intermédiaires de broussailles), ils préfèrent les cultures (la prairie de fauche). C'est ainsi que j'ai rencontré début juillet deux employés du Parc qui faisaient des recensement floristiques et faunistiques pour évaluer la richesse écologique de prairies qui risquaient de ne plus être fauchées ou pâturées. Le Parc proposera sans doute un contrat à l'agriculteur pour qu'il exploite ces terres selon de « bonnes pratiques », c'est-à-dire des pratiques qui permettent d'en maintenir, voire d'en renforcer la biodiversité. Mais pourquoi s'intéresser aux seules terres susceptibles d'être délaissées? C'est de toutes les autres qu'il faut s'occuper. C'est pour elles qu'il faut proposer des compensations sur les manques à gagner qu'entraîneraient éventuellement ces « bonnes pratiques ». Dès que l'on offre un territoire favorable à une flore ou une faune, elle s'y implante. Il n'y aurait plus à choisir entre prairie de fauche et évolution spontanée vers une forêt. Mais l'idée que la nature puisse être en elle-même porteuse d'un ordre, qu'elle peut se débrouiller seule, sans le gestionnaire des espaces, sans l'agriculteur dont on veut faire un jardinier de la nature, voilà qui choque le « vieil orgueil néolithique »dont parle Robert Hainard et que l'on trouve particulièrement développé chez les aménageurs et la plupart des décideurs.
Et pendant ce temps là ….
Où l'on peut constater qu'un oxymore peut être efficace
Tandis que je discutais avec les deux botanistes du Parc national du Mercantour, résonnaient les coups de marteaux des couvreurs qui achevaient le énième chalet d'un énième lotissement de résidences secondaires, un peu plus bas dans la pente. Là, il n'y a plus ni prairie, ni forêt mais du béton que l'on masque par des planches et du goudron qui a du mal à tenir. Mieux vaut avoir un 4x4 pour accéder à ces résidences si secondaires qu'elles sont vides presque toute l'année. Une nature bien abimée à côté d'une nature en conserve...
Mais peut-être que ce chalet sera l'un des derniers à être construit ici. Le saccage du territoire lié à la spéculation foncière sur les terres en déprise est peut-être terminée dans ce secteur. Il n'y aura plus de nouvelles zones ouvertes à la construction, développement durable de la vallée oblige. Et sans ce développement durable, pas de subventions européennes. Les élus ont donc choisi le développement durable ! Quoi qu'en disent les « décroissants » purs et durs, même si cette notion est un oxymore, les agendas 21 qui lui sont associés peuvent avoir du bon.
Entre forêt naturelle et biodiversité d'origine anthropique, il serait difficile de faire un choix..., si un choix était à faire.
Aujourd'hui, avec la déprise agricole, une nouvelle forêt se développe naturellement au fur et à mesure que les prairies de fauche ne sont plus fauchées. Et avec elles disparaissent toute une flore et une faune qui leur étaient inféodées. Ironie de l'histoire, alors que l'on reboisait hier sous la protection de la troupe pour contenir l'ire des paysans qui voyaient leurs pâtures et leurs prairies se réduire, aujourd'hui il faut subventionner les quelques agriculteurs qui restent pour qu'ils fauchent et récoltent le foin de prairies qui pour des raisons diverses ne sont plus rentables. De cette forêt qui part à la conquête des terres en déprise, les gestionnaires du Parc national du Mercantour ne veulent pas. À la nature (la forêt avec ses stades intermédiaires de broussailles), ils préfèrent les cultures (la prairie de fauche). C'est ainsi que j'ai rencontré début juillet deux employés du Parc qui faisaient des recensement floristiques et faunistiques pour évaluer la richesse écologique de prairies qui risquaient de ne plus être fauchées ou pâturées. Le Parc proposera sans doute un contrat à l'agriculteur pour qu'il exploite ces terres selon de « bonnes pratiques », c'est-à-dire des pratiques qui permettent d'en maintenir, voire d'en renforcer la biodiversité. Mais pourquoi s'intéresser aux seules terres susceptibles d'être délaissées? C'est de toutes les autres qu'il faut s'occuper. C'est pour elles qu'il faut proposer des compensations sur les manques à gagner qu'entraîneraient éventuellement ces « bonnes pratiques ». Dès que l'on offre un territoire favorable à une flore ou une faune, elle s'y implante. Il n'y aurait plus à choisir entre prairie de fauche et évolution spontanée vers une forêt. Mais l'idée que la nature puisse être en elle-même porteuse d'un ordre, qu'elle peut se débrouiller seule, sans le gestionnaire des espaces, sans l'agriculteur dont on veut faire un jardinier de la nature, voilà qui choque le « vieil orgueil néolithique »dont parle Robert Hainard et que l'on trouve particulièrement développé chez les aménageurs et la plupart des décideurs.
Et pendant ce temps là ….
Où l'on peut constater qu'un oxymore peut être efficace
Tandis que je discutais avec les deux botanistes du Parc national du Mercantour, résonnaient les coups de marteaux des couvreurs qui achevaient le énième chalet d'un énième lotissement de résidences secondaires, un peu plus bas dans la pente. Là, il n'y a plus ni prairie, ni forêt mais du béton que l'on masque par des planches et du goudron qui a du mal à tenir. Mieux vaut avoir un 4x4 pour accéder à ces résidences si secondaires qu'elles sont vides presque toute l'année. Une nature bien abimée à côté d'une nature en conserve...
Mais peut-être que ce chalet sera l'un des derniers à être construit ici. Le saccage du territoire lié à la spéculation foncière sur les terres en déprise est peut-être terminée dans ce secteur. Il n'y aura plus de nouvelles zones ouvertes à la construction, développement durable de la vallée oblige. Et sans ce développement durable, pas de subventions européennes. Les élus ont donc choisi le développement durable ! Quoi qu'en disent les « décroissants » purs et durs, même si cette notion est un oxymore, les agendas 21 qui lui sont associés peuvent avoir du bon.
Mercredi 15 Septembre 2010
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Il faudrait peut-être mieux parler de "décroissance soutenable" dès lors que les ressources s'épuisent, les écosystèmes se délabrent, la population mondiale continue de croître et que l'on assiste sans doute à la fin de la croissance économique, comprise comme croissance du PIB. Mais qui, aujourd'hui accepterait de construire, s'impliquer dans un projet territorial de décroissance soutenable? Cette notion divise, celle de développement durable fédère. Elle le peut parce qu'elle est très floue et qu'il y a plusieurs façons de la comprendre. Ce qui conduit à un unanimisme apparent.
La fin d'une illusion
Pour la plupart des politiques, certains écologistes exceptés, pour la majorité des centrales syndicales, le développement durable est une tentative pour obtenir une croissance qui ne porterait pas atteinte aux équilibres naturels, n'accroitrait ni la pression anthropique sur les systèmes naturels ni l'utilisation des ressources naturelles et serait économe en énergie. Il faut admettre aujourd'hui que cela est impossible à réaliser. Il s'avère que la croissance du PIB est inséparable des atteintes à l'environnement et de l'accélération de la consommation des ressources naturelles de la planète. Parmi ceux qui furent les promoteurs de cette interprétation du concept de développement durable, certains commencent à le reconnaître.
En France, c'est notamment le cas de Dominique Bourg. On se rapportera à l'entretien qu'il a accordé ce mois au journal La décroissance et à l'article qu'il signe dans les Études du mois de juillet dont La décroissance cite des extraits et qui se termine ainsi : « Finissons en avec la rhétorique des trois piliers et d'un équilibre aussi trompeur que mensonger entre les dimensions économiques, sociales et écologiques. » C'est à une conclusion semblable qu'est arrivé Nicolas Sarkozy qui n'hésiterait pas une seconde à sacrifier l'environnement sur l'autel d'une croissance définitivement aux abonnés absents ; d'où sa fameuse et scandaleuse formule « l'environnement, ça commence à bien faire ». Scandaleuse car elle fait bon marché tant l'état catastrophique de nombreux écosystèmes que de l'épuisement général de la planète.
Pour la plupart des politiques, certains écologistes exceptés, pour la majorité des centrales syndicales, le développement durable est une tentative pour obtenir une croissance qui ne porterait pas atteinte aux équilibres naturels, n'accroitrait ni la pression anthropique sur les systèmes naturels ni l'utilisation des ressources naturelles et serait économe en énergie. Il faut admettre aujourd'hui que cela est impossible à réaliser. Il s'avère que la croissance du PIB est inséparable des atteintes à l'environnement et de l'accélération de la consommation des ressources naturelles de la planète. Parmi ceux qui furent les promoteurs de cette interprétation du concept de développement durable, certains commencent à le reconnaître.
En France, c'est notamment le cas de Dominique Bourg. On se rapportera à l'entretien qu'il a accordé ce mois au journal La décroissance et à l'article qu'il signe dans les Études du mois de juillet dont La décroissance cite des extraits et qui se termine ainsi : « Finissons en avec la rhétorique des trois piliers et d'un équilibre aussi trompeur que mensonger entre les dimensions économiques, sociales et écologiques. » C'est à une conclusion semblable qu'est arrivé Nicolas Sarkozy qui n'hésiterait pas une seconde à sacrifier l'environnement sur l'autel d'une croissance définitivement aux abonnés absents ; d'où sa fameuse et scandaleuse formule « l'environnement, ça commence à bien faire ». Scandaleuse car elle fait bon marché tant l'état catastrophique de nombreux écosystèmes que de l'épuisement général de la planète.
Une régression théorique
D'un point de vue théorique, cette interprétation du développement durable, aujourd'hui dominante, est toujours apparue à beaucoup d'écologistes comme la meilleure façon de faire de cette notion une contradiction dans les termes. Ainsi interprété le concept de développement durable ne vaut pas mieux que celui de « carré rond ». De plus par rapport à la remise en cause de la notion de croissance qui était au cœur des textes fondateurs de la pensée écologiste, la notion de développement durable apparaît comme une régression et un leurre auquel se sont laissés prendre - ou ont voulu se laisser prendre - tous ceux qui considèrent que sans la croissance du PIB, il n'y pas de salut mais qui ne pouvaient plus ignorer ni les diagnostics du Club de Rome ni les conclusions des diverses études sur l'état des ressources naturelles, de la biodiversité, sur les pollutions et l'explosion démographique.
D'un point de vue théorique, cette interprétation du développement durable, aujourd'hui dominante, est toujours apparue à beaucoup d'écologistes comme la meilleure façon de faire de cette notion une contradiction dans les termes. Ainsi interprété le concept de développement durable ne vaut pas mieux que celui de « carré rond ». De plus par rapport à la remise en cause de la notion de croissance qui était au cœur des textes fondateurs de la pensée écologiste, la notion de développement durable apparaît comme une régression et un leurre auquel se sont laissés prendre - ou ont voulu se laisser prendre - tous ceux qui considèrent que sans la croissance du PIB, il n'y pas de salut mais qui ne pouvaient plus ignorer ni les diagnostics du Club de Rome ni les conclusions des diverses études sur l'état des ressources naturelles, de la biodiversité, sur les pollutions et l'explosion démographique.
Vers une société de la décroissance
Gardons nous cependant de jeter le bébé avec l'eau du bain. Le développement durable a aussi des avantages d'un point de vue pratique. Sous sa bannière fédératrice, des avancées indéniables ont été réalisées notamment par la mise en œuvre de politiques publiques au travers d'agendas 21, politiques publiques qui auraient été impensables dans les années 80. Après tout, Christophe Colomb est parti pour découvrir une nouvelle route pour se rendre aux Indes et il a découvert l'Amérique. C'est ainsi que la recherche d'un développement durable peut conduire à trouver une nouvelle prospérité sans croissance, dans la décroissance du PIB qui aujourd'hui semble inéluctable.
D'un pur point de vue théorique et idéologique, il est certain qu'il faut mettre en avant les notions de décroissance, de transition, etc. Mais il faut aussi comprendre que ces notions ne sont pas pour l'instant fédératrices, qu'elles ne convainquent et ne sont porteuses d'espoir que pour un (très) petit nombre de gens exactement comme la notion de développement durable à ses débuts. Pourtant il y a urgence. S'efforcer de réaliser le programme d'un Agenda 21 bien conçu reste au niveau institutionnel un bon moyen - mais pas le seul - de préparer la transition vers une société de la décroissance. C'est pourquoi il me semble important de s'y employer.
Gardons nous cependant de jeter le bébé avec l'eau du bain. Le développement durable a aussi des avantages d'un point de vue pratique. Sous sa bannière fédératrice, des avancées indéniables ont été réalisées notamment par la mise en œuvre de politiques publiques au travers d'agendas 21, politiques publiques qui auraient été impensables dans les années 80. Après tout, Christophe Colomb est parti pour découvrir une nouvelle route pour se rendre aux Indes et il a découvert l'Amérique. C'est ainsi que la recherche d'un développement durable peut conduire à trouver une nouvelle prospérité sans croissance, dans la décroissance du PIB qui aujourd'hui semble inéluctable.
D'un pur point de vue théorique et idéologique, il est certain qu'il faut mettre en avant les notions de décroissance, de transition, etc. Mais il faut aussi comprendre que ces notions ne sont pas pour l'instant fédératrices, qu'elles ne convainquent et ne sont porteuses d'espoir que pour un (très) petit nombre de gens exactement comme la notion de développement durable à ses débuts. Pourtant il y a urgence. S'efforcer de réaliser le programme d'un Agenda 21 bien conçu reste au niveau institutionnel un bon moyen - mais pas le seul - de préparer la transition vers une société de la décroissance. C'est pourquoi il me semble important de s'y employer.
Jeudi 2 Septembre 2010
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Nature - environnement
À (presque) tous les journaux télévisés, on s'apitoie sur les oiseaux mazoutés à mort, on déplore le désastre écologique que provoque la marée noire de Louisiane. On voue aux gémonies BP. Mais si l'on extrait du pétrole en eau profonde dans des conditions de plus en plus difficiles, donc risquées, c'est pour tenter de satisfaire l'inextinguible soif de voitures de plus en plus nombreuses : une, puis deux, puis trois par famille ; bientôt une par personne...Et c'est sans compter les milliards de clients potentiels en Chine et en Inde auxquels les constructeurs automobiles s'efforcent de donner envie de posséder une voiture particulière. Ne parlons même pas des voitures de formule 1 (40 litres /100km), des avions pour le fret (des roses, des fraises et des haricots verts en hiver) et pour les touristes qui veulent aller toujours plus loin, plus vite et plus souvent.
En Louisiane, pour satisfaire les besoins des plateformes de forage, il était prévu d'élargir un port d'une surface équivalente à 19 terrains de foot prise sur le bayou, ce bayou sur lequel on verse aujourd'hui tant de larmes de crocodile. Hormis les écologistes et les naturalistes, qui défendait alors ce « précieux écosystème »? Personne!
Il ne s'agit pas d'absoudre la compagnie pétrolière ou ses sous-traitants qui portent sans aucun doute une lourde responsabilité. Il s'agit de constater qu'il est plus facile de crier haro sur la BP que de remettre en cause nos modes de produire, consommer et se déplacer. Pourtant cela sera bientôt indispensable, bon gré mal gré, lorsque même en haute mer et en eau profonde les gisements pétroliers seront devenus trop rares, que le pétrole sera donc trop cher.
Nb: Ce texte est à paraître comme tribune libre du Groupe « Les Verts et apparentés » dans le magazine municipal de juillet 2010 de Fontenay-aux-Roses.
Il ne s'agit pas d'absoudre la compagnie pétrolière ou ses sous-traitants qui portent sans aucun doute une lourde responsabilité. Il s'agit de constater qu'il est plus facile de crier haro sur la BP que de remettre en cause nos modes de produire, consommer et se déplacer. Pourtant cela sera bientôt indispensable, bon gré mal gré, lorsque même en haute mer et en eau profonde les gisements pétroliers seront devenus trop rares, que le pétrole sera donc trop cher.
Nb: Ce texte est à paraître comme tribune libre du Groupe « Les Verts et apparentés » dans le magazine municipal de juillet 2010 de Fontenay-aux-Roses.
Samedi 26 Juin 2010
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Au quotidien
Le gouvernement a enfin transmis pour approbation au Conseil d'État le Schéma d'Aménagement de l'Île de France (SDRIF) voté en 2008 par le Conseil Régional. Sans un décret d'approbation de cette instance, ce Sdrif ne pouvait avoir force de loi et l'ancien Sdrif de 1994 restait en vigueur.
Le Sdrif définit le devenir de la région, de son urbanisme, de ses infrastructures pour les vingt années futures. Son élaboration a été pilotée par Mireille Ferri, l'une des vice-présidente Verte lors de la mandature précédente. Le Groupe des élus Verts du Conseil Régional l'a présenté comme constitutif de la Région île de France comme une éco‑région. N. Sarkozi, suivant l'avis de son secrétaire d'État au Développement de la région-capitale, avait bloqué le processus. C'est au cours d'un déjeuner réunissant Christian Blanc, Jean-Paul Huchon et Bertrand Delanoë autour du Président de la République à l'Élysée que ce dernier a annoncé la fin du blocage du processus de validation du Sdrif. Les anciens élus Verts du Conseil Régional et les nouveaux se sont aussitôt réjouis. Ne l'ont-il pas fait un peu vite?
Le Sdrif définit le devenir de la région, de son urbanisme, de ses infrastructures pour les vingt années futures. Son élaboration a été pilotée par Mireille Ferri, l'une des vice-présidente Verte lors de la mandature précédente. Le Groupe des élus Verts du Conseil Régional l'a présenté comme constitutif de la Région île de France comme une éco‑région. N. Sarkozi, suivant l'avis de son secrétaire d'État au Développement de la région-capitale, avait bloqué le processus. C'est au cours d'un déjeuner réunissant Christian Blanc, Jean-Paul Huchon et Bertrand Delanoë autour du Président de la République à l'Élysée que ce dernier a annoncé la fin du blocage du processus de validation du Sdrif. Les anciens élus Verts du Conseil Régional et les nouveaux se sont aussitôt réjouis. Ne l'ont-il pas fait un peu vite?
Aveuglement à gauche?
Ils ne seraient pas les seuls. Ainsi, il est assez étonnant d'entendre Jean-Paul Huchon, le président PS de la région, décerner au Président de la République un brevet de démocrate ! « Le souci du chef de l'État est vraiment de faire preuve de partenariat constant avec les élus, tirant les leçons de la période électorale ». Le cabinet de Bertrand Delanoë enfonce le clou : « Cette rencontre a été l'occasion de repartir sur une méthode de travail plus respectueuse, plus coopérative ». Mais à quoi bon changer de méthode si le résultat est le même?
Aveuglement à gauche?
Ils ne seraient pas les seuls. Ainsi, il est assez étonnant d'entendre Jean-Paul Huchon, le président PS de la région, décerner au Président de la République un brevet de démocrate ! « Le souci du chef de l'État est vraiment de faire preuve de partenariat constant avec les élus, tirant les leçons de la période électorale ». Le cabinet de Bertrand Delanoë enfonce le clou : « Cette rencontre a été l'occasion de repartir sur une méthode de travail plus respectueuse, plus coopérative ». Mais à quoi bon changer de méthode si le résultat est le même?
Le journal Le Parisen est plus clairvoyant...
L'article qui relate la rencontre de Huchon, Delanoë, Blanc, Sarkozy est intitulé « L'Élysée reprend en main le Grand Paris ». Le journaliste précise: « Nicolas Sarkozy veut déminer le terrain pour le projet de Christian Blanc : la construction d'ici 2023 d'un super métro automatique de 130 km reliant 9 pôles de développement économique, où l'ancien PDG d'Air France espère créer 800000 emplois en quinze ans et générer la croissance nécessaire pour maintenir la compétitivité mondiale de l'Île de France. » Un projet donc radicalement antinomique avec une vision écologiste du devenir de la région. Le Parisien remarque que ce projet suppose l'aide des élus locaux et notamment leur participation financière... D'où le changement de méthode qui semble tant plaire à Delanoë.
Il faut rappeler que les partis de gauche et les écologistes ont été unanimes à critiquer ce projet pour businessmans qui fait fi des besoins quotidiens des habitants et de la nécessaire remise à niveau des transports existants. Mais les élections sont passées. Sarkozy, Blanc, Huchon, Delanoë partagent au fond la même vision productiviste de l'Île de France. Il leur arrive de l'habiller avec les oripeaux du développement durable mais pour eux, ce développement durable n'est qu'un nouveau moyen pour aboutir au même résultat. En l'occurrence augmenter l'attractivité de l'Île de France tout en continuant à y entasser de plus en plus de de gens et d'y concentrer de plus en plus d'activités. Huchon et Delanoë devraient être obligés de se montrer plus réservés dans ce projet de croissance à tout crin de la Région‑capitale à cause des alliances électorales qu'ils sont obligés de passer avec les écologistes. Mais doivent-ils vraiment les craindre?
L'article qui relate la rencontre de Huchon, Delanoë, Blanc, Sarkozy est intitulé « L'Élysée reprend en main le Grand Paris ». Le journaliste précise: « Nicolas Sarkozy veut déminer le terrain pour le projet de Christian Blanc : la construction d'ici 2023 d'un super métro automatique de 130 km reliant 9 pôles de développement économique, où l'ancien PDG d'Air France espère créer 800000 emplois en quinze ans et générer la croissance nécessaire pour maintenir la compétitivité mondiale de l'Île de France. » Un projet donc radicalement antinomique avec une vision écologiste du devenir de la région. Le Parisien remarque que ce projet suppose l'aide des élus locaux et notamment leur participation financière... D'où le changement de méthode qui semble tant plaire à Delanoë.
Il faut rappeler que les partis de gauche et les écologistes ont été unanimes à critiquer ce projet pour businessmans qui fait fi des besoins quotidiens des habitants et de la nécessaire remise à niveau des transports existants. Mais les élections sont passées. Sarkozy, Blanc, Huchon, Delanoë partagent au fond la même vision productiviste de l'Île de France. Il leur arrive de l'habiller avec les oripeaux du développement durable mais pour eux, ce développement durable n'est qu'un nouveau moyen pour aboutir au même résultat. En l'occurrence augmenter l'attractivité de l'Île de France tout en continuant à y entasser de plus en plus de de gens et d'y concentrer de plus en plus d'activités. Huchon et Delanoë devraient être obligés de se montrer plus réservés dans ce projet de croissance à tout crin de la Région‑capitale à cause des alliances électorales qu'ils sont obligés de passer avec les écologistes. Mais doivent-ils vraiment les craindre?
Un communiqué de presse atterrant d'Alain Amedro, Vice-Président (Vert/EE) à l'aménagement du territoire
Jean-Paul Huchon n'aura sans doute rien de bien grave à redouter des nouveaux conseillers régionaux Verts / EE si l'on en juge par ce calamiteux communiqué où Alain Amedro emboite gaillardement le pas à ses grands frères PS : « Après le temps de l'opposition, de la polémique et de la controverse, orchestré par Christian Blanc, il est temps aujourd'hui de passer à l'action. Les débats animés et parfois violents entre projets de transports, entre le Grand Métro et Arc Express doivent désormais laisser la place à un travail concerté entre l'État, le conseil Régional et toutes les collectivités franciliennes pour enrichir ensemble le projet de l'Île de France 2030 » Voici bien de la langue de bois (vert). Bien sûr, une telle collaboration serait idéale mais pas à n'importe quel prix... Travailler ensemble peut-être, mais sur quel projet? Pourra-ton financer à la fois les deux projets de transport en commun? Faut-il désormais admettre le « Grand Métro » et l'aménagement du territoire qui va avec : suppression des terres agricoles de périphérie et l'agriculture de proximité, accentuation de la concentration au dépend des autres régions et des déséquilibres dans la région. Voilà des questions qu'il ne faut pas poser parce que « La transmission par l'état du projet de Sdrif adopté par le Conseil régional en septembre 2008 constitue une reconnaissance de la qualité de la vision et des propositions régionales pour répondre à la triple crise environnementale, économique et sociale » dixit Amedro qui ne craint pas l'exagération et prend ses désirs pour des réalités ou du moins fait semblant. Prépare-t-il ainsi une capitulation en rase campagne avant d'avoir combattu se réservant ainsi un mandat pépère?
Enfin, cerise sur le gâteau, selon ce communiqué, il faudrait « accentuer l'effort de construction face à la crise du logement » mais tant que l'on ne stoppera pas la concentration des activités, emplois, etc. sur Paris et la petite couronne, construire ne sera que cautère sur une jambe de bois, pire une fuite en avant irresponsable qui en aggravant l'entassement ne fera qu'aggraver les maux dont souffre la région-capitale et les déséquilibres territoriaux internes et externes à la Région.
Se féliciter de la fin du blocage du Sdrif par le Président de la République est une chose, ce n'est pas pour autant qu'il faut croire à un avenir en vert de la Région surtout lorsqu'un Vice-Président Verts ne le voit plus qu'en rose.
( Les photographies illustrant cet article sont des vues du plateau de Saclay qu'il faudrait sacrifier sur l'autel du Grand Paris)
Jean-Paul Huchon n'aura sans doute rien de bien grave à redouter des nouveaux conseillers régionaux Verts / EE si l'on en juge par ce calamiteux communiqué où Alain Amedro emboite gaillardement le pas à ses grands frères PS : « Après le temps de l'opposition, de la polémique et de la controverse, orchestré par Christian Blanc, il est temps aujourd'hui de passer à l'action. Les débats animés et parfois violents entre projets de transports, entre le Grand Métro et Arc Express doivent désormais laisser la place à un travail concerté entre l'État, le conseil Régional et toutes les collectivités franciliennes pour enrichir ensemble le projet de l'Île de France 2030 » Voici bien de la langue de bois (vert). Bien sûr, une telle collaboration serait idéale mais pas à n'importe quel prix... Travailler ensemble peut-être, mais sur quel projet? Pourra-ton financer à la fois les deux projets de transport en commun? Faut-il désormais admettre le « Grand Métro » et l'aménagement du territoire qui va avec : suppression des terres agricoles de périphérie et l'agriculture de proximité, accentuation de la concentration au dépend des autres régions et des déséquilibres dans la région. Voilà des questions qu'il ne faut pas poser parce que « La transmission par l'état du projet de Sdrif adopté par le Conseil régional en septembre 2008 constitue une reconnaissance de la qualité de la vision et des propositions régionales pour répondre à la triple crise environnementale, économique et sociale » dixit Amedro qui ne craint pas l'exagération et prend ses désirs pour des réalités ou du moins fait semblant. Prépare-t-il ainsi une capitulation en rase campagne avant d'avoir combattu se réservant ainsi un mandat pépère?
Enfin, cerise sur le gâteau, selon ce communiqué, il faudrait « accentuer l'effort de construction face à la crise du logement » mais tant que l'on ne stoppera pas la concentration des activités, emplois, etc. sur Paris et la petite couronne, construire ne sera que cautère sur une jambe de bois, pire une fuite en avant irresponsable qui en aggravant l'entassement ne fera qu'aggraver les maux dont souffre la région-capitale et les déséquilibres territoriaux internes et externes à la Région.
Se féliciter de la fin du blocage du Sdrif par le Président de la République est une chose, ce n'est pas pour autant qu'il faut croire à un avenir en vert de la Région surtout lorsqu'un Vice-Président Verts ne le voit plus qu'en rose.
( Les photographies illustrant cet article sont des vues du plateau de Saclay qu'il faudrait sacrifier sur l'autel du Grand Paris)
Samedi 19 Juin 2010
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Nature - environnement
Enfin, les écologistes commencent à s'interroger sur la pertinence et l'efficacité de l'énergie éolienne et notamment de l'éolien industriel terrestre. Il ne faut en effet pas tout mélanger : l'éolienne que l'on bricole dans son jardin et l'éolienne gigantesque que l'on voit pousser ça et là dans le paysage. Ce sont elles qui sont en cause. Une mise au point à leur sujet est utile au moment où s'ouvre à Paris le salon des énergies renouvelables
Bien sûr, il y a eu parmi les écologistes, des précurseurs, des sceptiques et des opposants de première heure à ces machines, y compris parmi les Verts mais jusqu'à présent la plupart d'entre eux étaient peu enclins à reconnaître que les parcs éoliens gâchaient les paysages, généraient de graves nuisances. Dans certaines régions il y a même eu des élus verts pour tenter de faire voter des motions visant à une déréglementation maximale pour l'installation d'aérogénérateurs. Cette étrange réticence à reconnaître les atteintes à l'environnement et à la santé des riverains contraste étrangement avec l'empressement des mêmes personnes à dénoncer - à juste titre - les méfaits des téléphones portables.
À l'issue d'une grande enquête de terrain parue dans son supplément du 28 novembre 2009 Le Monde estimait que l'éolien industriel s'avérait être une nuisance dangereuse pour les riverains de ces engins.
Dans le dernier numéro de la revue L'écologiste, dans un article en forme de QCM Thierry Jaccaud, son rédacteur en chef, nous invite à tester nos connaissances sur cet éolien industriel terrestre et à faire le point sur ce dossier. L'écologiste ne peut être taxé de tiédeur écologique et son rédacteur en chef pas d'avantage. La ligne éditoriale de cette revue est une forme d'écologie radicale. Pourtant son verdict est sans appel : « L'éolien industriel terrestre ne permet pas de contribuer significativement à la sortie du nucléaire et il est une des solutions les plus coûteuses pour éviter les émissions de CO2. Là où il est contesté par la population locale ou les riverains, dans la mesure où il ne présente donc aucun avantage majeur pour la collectivité, il apparaît alors impossible de justifier les inconvénients imposés à certains habitants et à l'environnement en général » L'écologiste, n° 3 , volume 11, N°1, printemps 2010, p. 54.
Il est temps que les écologistes, surtout ceux qui sont partisans de cette forme d'éolien, lisent cet article, fassent l'execice de QCM proposé avant que la France ne soit totalement défigurée avec leur bénédiction. S'ils ne changent pas d'avis, de deux choses l'une, où ils ont des intérêts dans l'éolien industriel ou ce sont des ânes, car, comme je me plais à le répéter, seuls les ânes ne changent pas d'avis.
Dans le dernier numéro de la revue L'écologiste, dans un article en forme de QCM Thierry Jaccaud, son rédacteur en chef, nous invite à tester nos connaissances sur cet éolien industriel terrestre et à faire le point sur ce dossier. L'écologiste ne peut être taxé de tiédeur écologique et son rédacteur en chef pas d'avantage. La ligne éditoriale de cette revue est une forme d'écologie radicale. Pourtant son verdict est sans appel : « L'éolien industriel terrestre ne permet pas de contribuer significativement à la sortie du nucléaire et il est une des solutions les plus coûteuses pour éviter les émissions de CO2. Là où il est contesté par la population locale ou les riverains, dans la mesure où il ne présente donc aucun avantage majeur pour la collectivité, il apparaît alors impossible de justifier les inconvénients imposés à certains habitants et à l'environnement en général » L'écologiste, n° 3 , volume 11, N°1, printemps 2010, p. 54.
Il est temps que les écologistes, surtout ceux qui sont partisans de cette forme d'éolien, lisent cet article, fassent l'execice de QCM proposé avant que la France ne soit totalement défigurée avec leur bénédiction. S'ils ne changent pas d'avis, de deux choses l'une, où ils ont des intérêts dans l'éolien industriel ou ce sont des ânes, car, comme je me plais à le répéter, seuls les ânes ne changent pas d'avis.
Mercredi 16 Juin 2010
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La plante à l'honneur
C'est avec le pissenlit l'une des plantes que tout le monde connait . Elle décore si joliment nos pelouses que la qualifier de "mauvaise herbe" est assurément injuste. Si en ce mois de mai, elle est en pleine floraison, c'est souvent la seule qui fleurira encore l'hiver venu tant qu'il n'y aura pas de neige.
Nom
Le nom scientifique de la paquerette la plus commune, la pâquerette vivace, est Bellis perenni L. que l'on pourrait traduire par éternelle (perennis) beauté (bellis). Faire de la botanique n'est donc pas toujours insulter les plantes en latin ! Elle appartient à la famille des astéracées (composées). Un autre de ses noms, fleurs de Pâques explique son nom le plus courant. Elle fleurirait donc à Pâques (mais Pâques est une fête mobile...) On l'appelle aussi magriette ou encore petite marguerite. En Anglais, c'est Daisy.
Le nom scientifique de la paquerette la plus commune, la pâquerette vivace, est Bellis perenni L. que l'on pourrait traduire par éternelle (perennis) beauté (bellis). Faire de la botanique n'est donc pas toujours insulter les plantes en latin ! Elle appartient à la famille des astéracées (composées). Un autre de ses noms, fleurs de Pâques explique son nom le plus courant. Elle fleurirait donc à Pâques (mais Pâques est une fête mobile...) On l'appelle aussi magriette ou encore petite marguerite. En Anglais, c'est Daisy.
Habitat
Pelouse, prés, bords des chemins et talus des routes, dans toute la France, l'Europe.
Avec le pissenlit, la porcelle enracinée et le plantain à larges feuilles, elle fait partie des quatre p, les quatre mauvaises herbes de ces jardiniers qui aiment les gazons tout vert et les buissons tout rond.
Période de floraison
L'étymologie voudrait que ce soit à Pâques. En fait, elle fleurit toute l'année. Le mois de mai étant tout de même la période de la pleine floraison. Elle est une des plantes de nos régions à résister à de très basses températures : jusqu'à - 30°.
Description
Est-ce bien utile de la décrire dès lors que l'on ne cherchera pas à la distinguer d'autres espèces d'aspect extérieur presque semblable mais beaucoup plus rares?
La pâquerette vivace, haute de 5 à 15 centimètres, a des feuilles en forme de spatule, toutes à la base, en rosette. Les fleurs sont des capitules solitaires au sommet d'un pédoncule sans feuille et poilu. Les languettes du pourtour sont blanches, parfois rosées. Elles sont femelles ou stériles. Les tubes jaune or sont hermaphrodites.
Usage
Voici une des nombreuses plantes qui est là pour le simple plaisir des yeux lorsqu'elle rehausse le vert d'un talus ou d'une pelouse qui seraient bien monotones sans elle. On peut toutefois décorer les salades avec ses boutons qui sont assez amers. Pour la salade elle-même il vaut mieux se rabattre sur les pieds de pissenlit qui voisinent souvent avec elle.
La médecine populaire lui trouve des usages médicinaux divers, notamment les maladies pulmonaires et l'inflammation des voies respiratoires. Il semblerait aussi qu'elle peut remplacer l'arnica que l'on ne trouve pas en plaine.
Divers
« Elle effeuillait une pâquerette. Elle maniait cette fleur, d'instinct, innocemment, sans se douter qu'effeuiller une pâquerette, c'est éplucher un coeur » Victor Hugo, Les misérables
Pour effeuiller son coeur, cette citation de Victor Hugo le prouve, la pâquerette peut se substituer à la marguerite. Le suspens durera plus longtemps.
Pelouse, prés, bords des chemins et talus des routes, dans toute la France, l'Europe.
Avec le pissenlit, la porcelle enracinée et le plantain à larges feuilles, elle fait partie des quatre p, les quatre mauvaises herbes de ces jardiniers qui aiment les gazons tout vert et les buissons tout rond.
Période de floraison
L'étymologie voudrait que ce soit à Pâques. En fait, elle fleurit toute l'année. Le mois de mai étant tout de même la période de la pleine floraison. Elle est une des plantes de nos régions à résister à de très basses températures : jusqu'à - 30°.
Description
Est-ce bien utile de la décrire dès lors que l'on ne cherchera pas à la distinguer d'autres espèces d'aspect extérieur presque semblable mais beaucoup plus rares?
La pâquerette vivace, haute de 5 à 15 centimètres, a des feuilles en forme de spatule, toutes à la base, en rosette. Les fleurs sont des capitules solitaires au sommet d'un pédoncule sans feuille et poilu. Les languettes du pourtour sont blanches, parfois rosées. Elles sont femelles ou stériles. Les tubes jaune or sont hermaphrodites.
Usage
Voici une des nombreuses plantes qui est là pour le simple plaisir des yeux lorsqu'elle rehausse le vert d'un talus ou d'une pelouse qui seraient bien monotones sans elle. On peut toutefois décorer les salades avec ses boutons qui sont assez amers. Pour la salade elle-même il vaut mieux se rabattre sur les pieds de pissenlit qui voisinent souvent avec elle.
La médecine populaire lui trouve des usages médicinaux divers, notamment les maladies pulmonaires et l'inflammation des voies respiratoires. Il semblerait aussi qu'elle peut remplacer l'arnica que l'on ne trouve pas en plaine.
Divers
« Elle effeuillait une pâquerette. Elle maniait cette fleur, d'instinct, innocemment, sans se douter qu'effeuiller une pâquerette, c'est éplucher un coeur » Victor Hugo, Les misérables
Pour effeuiller son coeur, cette citation de Victor Hugo le prouve, la pâquerette peut se substituer à la marguerite. Le suspens durera plus longtemps.
Mardi 18 Mai 2010
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Fontenay-aux-Roses
Quand la conseillère communautaire UMP de Fontenay ,"arbricide" repentie, se prend les pieds dans le tapis pour justifier son vote et quand le Modem instrumentalise le débat pour ses petites manœuvres politiciennes, on comprend que le développement durable et l'environnement sont en fait le cadet de leurs soucis.
Comme tous les ans, les arbres du square Pompidou fêtent le printemps... mais sans l'action des riverains, des associations de défense de l'environnement soutenues par Les Verts, ce square devait être bétonné. Ces arbres fleurissent là où un immeuble de standing devait être érigé. A l'époque, il y a plus de quinze ans, le maire était RPR et l'adjointe au maire chargée de l'environnement était Madame Galante Guilleminot, leader actuel du groupe UMP au Conseil municipal. Une petite leçon d'histoire locale est parfois nécessaire car parmi ses supporters actuels qui se souvient que ce square devait être enfoui sous le béton, les arbres de la place de Gaulle abattus et que Madame Guilleminot défendait ce projet? Aujourd'hui, elle se présente en ardent défenseur de la place de Gaulle et du square Pompidou. Elle a donc changé d'avis. C'est très bien, seul un âne ne change pas d'avis, comme dit le proverbe. Mais peut-on vraiment la croire? Pourquoi sous des prétextes fallacieux n'a-t-elle pas voté au Conseil communautaire du 11février 2010 le Projet territorial de développement durable dont l'un des objectifs est le souci de l'environnement avec notamment une gestion éco-responsable des espaces publics et la préservation de la biodiversité? Pourtant, certains conseillers de son groupe au Conseil communautaire ont su surmonter leur réflexe d'opposants et voter ce projet qui dépasse les clivages politiques habituels. Pas elle, c'est dommage. En voulant avancer des arguments pour justifier son refus de voter ce Projet territorial de développement durable (PTDD) , elle n'a réussi qu'à montrer qu'elle ne l'avait pas lu et que son opposition était donc a priori, politicienne. Voici un extrait des débats qui serait assez drôle, si ce n'était l'importance du sujet :
Mme Muriel Galante-Guilleminot
Vous vouliez des actions concrètes, Monsieur le Maire, Monsieur le Président,on vous a proposé des actions tout à fait basiques, notamment de faire des photos aériennes qui permettraient de voir au niveau des toitures...
M. Pascal Buchet
Madame Guilleminot , c'est dedans, c'est une des actions, vous ne l'avez pas lu ?
Quant au groupe Modem de Fontenay, (ou du moins une fraction de ce dernier), c'est pire : il instrumentalise ce sujet pour ses petites manœuvres politiciennes.
Mme Muriel Galante-Guilleminot
Vous vouliez des actions concrètes, Monsieur le Maire, Monsieur le Président,on vous a proposé des actions tout à fait basiques, notamment de faire des photos aériennes qui permettraient de voir au niveau des toitures...
M. Pascal Buchet
Madame Guilleminot , c'est dedans, c'est une des actions, vous ne l'avez pas lu ?
Quant au groupe Modem de Fontenay, (ou du moins une fraction de ce dernier), c'est pire : il instrumentalise ce sujet pour ses petites manœuvres politiciennes.
Il n'y a pas de pire sourd que celui qui ne veut pas entendre
Dans un tract que certains de ses adhérents diffusaient samedi dernier sur le marché, le Modem de Fontenay reprenait les critiques de la conseillère communautaire Modem en oubliant les réponses qui lui avaient été données lors du débat sur le PTDD au Conseil communautaire de Février. Avec ce tract, le Modem de Fontenay veut faire croire aux gens que ce PTDD a été « bâclé », qu'il a été imposé sans concertation, que les actions qui le composent ne serviront à rien, qu'au mieux il y en a quelques unes qui ne couteront rien mais qu'avec les autres Sud de Seine gaspillera l'argent des contribuables en pure perte. Pour prouver cela, il a sélectionné soigneusement à titre d'exemple une ou deux actions du PTDD faciles à dénaturer.
Ainsi, selon le tract du Modem, il y aurait « 80 000€ dépensés pour fournir aux habitants des sacs à commissions réutilisables, dont tout le monde est déjà équipé » En réalité, il s'agit de distribuer soit des kit énergie, soit des sacs en matériaux naturels (donc pas en plastique) dans le contexte d'opérations de sensibilisation au développement durable. Mise en oeuvre sur les trois ans du PTDD sur les quatre communes de l'agglomération, cela reviendrait, abstraction faite des recettes possibles, en moyenne à 7000 € par an par commune pris sur le budget PTDD de l'agglomération. Dans un même souffle ou presque, le Modem reproche à la fois de n'avoir pas réussi à suffisamment intéresser les gens au développement durable et d'initier des actions visant à le faire, actions dont on sait qu'elles sont efficaces grâce au retour d'expériences des collectivités qui en ont mis en place de semblables !!
Autre « exemple » (sic) donné dans le tract : « on annonce un agenda 21 des jeunes qui ne coûtera rien mais ne servira à rien non plus, puisque personne ne sait en quoi cela consiste et qu'aucun moyen n'y est affecté ! ». J'avais déjà répondu à ce genre de propos lors du débat au Conseil communautaire du 11 février. j'expliquai alors que « les agenda 21 des jeunes ne concernent pas l'agglomération comme telle qui ne va avoir qu'un rôle incitateur »( ce qui explique qu'aucune somme n'est budgétée pour cette action). J'ajoutais : « lorsque des écoles choisissent comme thème le développement durable , l'agglomération peut leur suggérer de développer un agenda 21 en leur donnant des moyens que nous avons par ailleurs » mais bien sûr il n'y a pire sourds...
Je ne vais pas reprendre point par point ce tract qui n'est qu'un tissu de déformations malveillantes quand ce ne sont pas de contre-vérités pures et simples comme l'affirmation d'un manque de concertation alors que ce PTDD a été littéralement co-élaboré par tous ceux qui ont pris la peine de participer. je rappellerai seulement que les élus n'étaient majoritaires dans aucune des instances, qu'une place au Conseil de développement durable avait été laissée à un élu UMP qui n'est jamais venu et à un élu Modem qui a démissionné depuis et que son groupe n'a remplacé que très récement...Et aujourd'hui, voila ce même Modem qui se pose en donneur de leçons en tout genre et de gouvernance en particulier !
Pourquoi cette surdité soudaine d'une fraction du Modem fontenaisien?
Le tract distribué sur le marché comporte aussi une attaque contre le budget de la ville, attaque qui se résume pour l'essentiel à un procès d'intention. Qu'il est étranger à cette fraction du Modem de Fontenay l'esprit du Modem qui veut se garder de ces « petitesses » politiciennes pour juger le fond.. D'ailleurs l'élue du Modem au Conseil municipal de Fontenay a voté ce budget.
Il est évident qu'une partie du Modem de Fontenay cherche à exister en s'opposant à la majorité municipale. Cette fraction ne croit pas ou ne croit plus en une alliance future avec l'actuelle majorité municipale, ou avec certaines de ses composantes aux prochaines élections municipales. Pour deux raisons. la première, c'est la présence de communistes dans cette majorité. Même si cet obstacle était levé, il en resterait un de taille. C'est la deuxième raison : des questions de personnes que d'ailleurs les protagonistes PS ou Modem ne seraient sans doute pas désireux de surmonter.
Le Modem sait aussi que, seul, il ne pourra battre la majorité actuelle. Une opposition systématique et sans nuance a le mérite d'ouvrir la voie à un rapprochement avec d'autres opposants du même type : l'UMP et « l'associatif » (du moins c'est ainsi qu'il s'auto-désigne). Un accord de ce qui ne s'appelait pas encore Modem avec ce dernier fut une expérience malheureuse, pas même électoralement payante. Il est vraisemblable de supposer que personne au Modem de Fontenay ne souhaite la renouveler.
UMP Modem, même combat?
Reste alors l'UMP. Bien des indices ajoutés à l'évidente similarité de leur politique municipale laissent supposer un rapprochement en cours entre l'UMP et une partie au moins du Modem de Fontenay. Si ce rapprochement se précisait, rien ne distinguerait plus à Fontenay le Modem du Nouveau Centre. Il perdrait sa raison d'exister.
Quant à la grossière caricature du PTDD et l'exercice de désinformation qui lui est associé, il s'explique aussi parce que le Modem voit d'un mauvais oeil le développement d'Europe Ecologie dont il craint la concurrence et le pouvoir d'attraction sur un électorat que lui-même vise. Souvenons-nous de l'attaque bête et méchante de F. Bayrou contre Daniel Cohn-Bendit sur TF1 lors de la campagne des élections européennes.
Dans un tract que certains de ses adhérents diffusaient samedi dernier sur le marché, le Modem de Fontenay reprenait les critiques de la conseillère communautaire Modem en oubliant les réponses qui lui avaient été données lors du débat sur le PTDD au Conseil communautaire de Février. Avec ce tract, le Modem de Fontenay veut faire croire aux gens que ce PTDD a été « bâclé », qu'il a été imposé sans concertation, que les actions qui le composent ne serviront à rien, qu'au mieux il y en a quelques unes qui ne couteront rien mais qu'avec les autres Sud de Seine gaspillera l'argent des contribuables en pure perte. Pour prouver cela, il a sélectionné soigneusement à titre d'exemple une ou deux actions du PTDD faciles à dénaturer.
Ainsi, selon le tract du Modem, il y aurait « 80 000€ dépensés pour fournir aux habitants des sacs à commissions réutilisables, dont tout le monde est déjà équipé » En réalité, il s'agit de distribuer soit des kit énergie, soit des sacs en matériaux naturels (donc pas en plastique) dans le contexte d'opérations de sensibilisation au développement durable. Mise en oeuvre sur les trois ans du PTDD sur les quatre communes de l'agglomération, cela reviendrait, abstraction faite des recettes possibles, en moyenne à 7000 € par an par commune pris sur le budget PTDD de l'agglomération. Dans un même souffle ou presque, le Modem reproche à la fois de n'avoir pas réussi à suffisamment intéresser les gens au développement durable et d'initier des actions visant à le faire, actions dont on sait qu'elles sont efficaces grâce au retour d'expériences des collectivités qui en ont mis en place de semblables !!
Autre « exemple » (sic) donné dans le tract : « on annonce un agenda 21 des jeunes qui ne coûtera rien mais ne servira à rien non plus, puisque personne ne sait en quoi cela consiste et qu'aucun moyen n'y est affecté ! ». J'avais déjà répondu à ce genre de propos lors du débat au Conseil communautaire du 11 février. j'expliquai alors que « les agenda 21 des jeunes ne concernent pas l'agglomération comme telle qui ne va avoir qu'un rôle incitateur »( ce qui explique qu'aucune somme n'est budgétée pour cette action). J'ajoutais : « lorsque des écoles choisissent comme thème le développement durable , l'agglomération peut leur suggérer de développer un agenda 21 en leur donnant des moyens que nous avons par ailleurs » mais bien sûr il n'y a pire sourds...
Je ne vais pas reprendre point par point ce tract qui n'est qu'un tissu de déformations malveillantes quand ce ne sont pas de contre-vérités pures et simples comme l'affirmation d'un manque de concertation alors que ce PTDD a été littéralement co-élaboré par tous ceux qui ont pris la peine de participer. je rappellerai seulement que les élus n'étaient majoritaires dans aucune des instances, qu'une place au Conseil de développement durable avait été laissée à un élu UMP qui n'est jamais venu et à un élu Modem qui a démissionné depuis et que son groupe n'a remplacé que très récement...Et aujourd'hui, voila ce même Modem qui se pose en donneur de leçons en tout genre et de gouvernance en particulier !
Pourquoi cette surdité soudaine d'une fraction du Modem fontenaisien?
Le tract distribué sur le marché comporte aussi une attaque contre le budget de la ville, attaque qui se résume pour l'essentiel à un procès d'intention. Qu'il est étranger à cette fraction du Modem de Fontenay l'esprit du Modem qui veut se garder de ces « petitesses » politiciennes pour juger le fond.. D'ailleurs l'élue du Modem au Conseil municipal de Fontenay a voté ce budget.
Il est évident qu'une partie du Modem de Fontenay cherche à exister en s'opposant à la majorité municipale. Cette fraction ne croit pas ou ne croit plus en une alliance future avec l'actuelle majorité municipale, ou avec certaines de ses composantes aux prochaines élections municipales. Pour deux raisons. la première, c'est la présence de communistes dans cette majorité. Même si cet obstacle était levé, il en resterait un de taille. C'est la deuxième raison : des questions de personnes que d'ailleurs les protagonistes PS ou Modem ne seraient sans doute pas désireux de surmonter.
Le Modem sait aussi que, seul, il ne pourra battre la majorité actuelle. Une opposition systématique et sans nuance a le mérite d'ouvrir la voie à un rapprochement avec d'autres opposants du même type : l'UMP et « l'associatif » (du moins c'est ainsi qu'il s'auto-désigne). Un accord de ce qui ne s'appelait pas encore Modem avec ce dernier fut une expérience malheureuse, pas même électoralement payante. Il est vraisemblable de supposer que personne au Modem de Fontenay ne souhaite la renouveler.
UMP Modem, même combat?
Reste alors l'UMP. Bien des indices ajoutés à l'évidente similarité de leur politique municipale laissent supposer un rapprochement en cours entre l'UMP et une partie au moins du Modem de Fontenay. Si ce rapprochement se précisait, rien ne distinguerait plus à Fontenay le Modem du Nouveau Centre. Il perdrait sa raison d'exister.
Quant à la grossière caricature du PTDD et l'exercice de désinformation qui lui est associé, il s'explique aussi parce que le Modem voit d'un mauvais oeil le développement d'Europe Ecologie dont il craint la concurrence et le pouvoir d'attraction sur un électorat que lui-même vise. Souvenons-nous de l'attaque bête et méchante de F. Bayrou contre Daniel Cohn-Bendit sur TF1 lors de la campagne des élections européennes.
Dimanche 16 Mai 2010
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Au quotidien
C'est ce que déclare Yves Vérilhac à propos de l'éolien industriel dans un chat sur Le Monde. fr
Yves Vérilhac est ancien directeur du Parc naturel régional des Monts d'Ardèche et initiateur de la demande d'un moratoire sur l'éolien industriel. Il serait peut-être bon de lire ses déclarations avant de défendre à tout prix l'éolien industriel.
Voici deux extraits de ce chat.
Bigoud : Si les éoliennes peuvent nuire, dans certains cas à la beauté des paysages, que dire des centrales nucléaires, des usines, des autoroutes qui ont massacré des forêts, etc.
C'est pareil. La peste ne justifie pas le choléra. Ce n'est pas une alternative. L'alternative à tout ce que nous dénonçons, c'est : la réduction de la consommation avec des gains possibles de 30 % à 40 % ; les vraies énergies renouvelables, celles qui sont produites et utilisées localement. Envoyer dans un réseau centralisé très peu d'énergie de manière intermittente est un non-sens. Tout cela parce qu'on ne veut pas rendre les gens indépendants, on veut qu'ils consomment.
(...)
Willy : Est-ce qu'il existe un bilan carbone en bonne et due forme sur l'éolien, par éolienne, et par parc d'éoliennes ?
Je ne sais pas. Ce bilan serait peu intéressant, parce que je trouve que nous nous trompons en voulant monter les camps les uns contre les autres, avec des pro et des anti-éolien.
C'est pareil. La peste ne justifie pas le choléra. Ce n'est pas une alternative. L'alternative à tout ce que nous dénonçons, c'est : la réduction de la consommation avec des gains possibles de 30 % à 40 % ; les vraies énergies renouvelables, celles qui sont produites et utilisées localement. Envoyer dans un réseau centralisé très peu d'énergie de manière intermittente est un non-sens. Tout cela parce qu'on ne veut pas rendre les gens indépendants, on veut qu'ils consomment.
(...)
Willy : Est-ce qu'il existe un bilan carbone en bonne et due forme sur l'éolien, par éolienne, et par parc d'éoliennes ?
Je ne sais pas. Ce bilan serait peu intéressant, parce que je trouve que nous nous trompons en voulant monter les camps les uns contre les autres, avec des pro et des anti-éolien.
J'avais un a priori favorable à l'éolien, j'ai été confronté à la réalité en tant que directeur du Parc naturel régional des Monts d'Ardèche, et je suis tombé des nues en découvrant que cette forme d'éolien –mais il peut y en avoir d'autres – est socialement inéquitable, énergétiquement inefficace et écologiquement inquiétante.
Socialement, vous ne pouvez pas expliquer à un jeune couple qu'il ne peut pas construire sa maison dans le Massif central parce qu'il y a la loi montagne, sur le littoral parce qu'il y a la loi littoral, partout parce que c'est interdit de miter le paysage, et monter sous leurs yeux des dizaines de machines qui tournent, qui sont éclairées la nuit et qui font 120 mètres de haut.
Socialement inéquitable aussi parce que je ne trouve pas normal de payer sur ma facture d'électricité le prix de rachat pour des sociétés privées afin de leur raccourcir leur durée d'amortissement, alors qu'elles ne sont même pas agréées dans le domaine de l'environnement, et qu'elles vont aller réinvestir demain ailleurs sur un autre sujet.
Chat modéré par Hervé Kempf
Vous pouvez accéder à ce chat en ligne sur lemonde.fr.
Socialement, vous ne pouvez pas expliquer à un jeune couple qu'il ne peut pas construire sa maison dans le Massif central parce qu'il y a la loi montagne, sur le littoral parce qu'il y a la loi littoral, partout parce que c'est interdit de miter le paysage, et monter sous leurs yeux des dizaines de machines qui tournent, qui sont éclairées la nuit et qui font 120 mètres de haut.
Socialement inéquitable aussi parce que je ne trouve pas normal de payer sur ma facture d'électricité le prix de rachat pour des sociétés privées afin de leur raccourcir leur durée d'amortissement, alors qu'elles ne sont même pas agréées dans le domaine de l'environnement, et qu'elles vont aller réinvestir demain ailleurs sur un autre sujet.
Chat modéré par Hervé Kempf
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Jeudi 6 Mai 2010
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Ecosophie
Pendant la campagne des élections régionales, le PS et l'UMP ont brocardé les écologistes qui prônaient la décroissance. Avec beaucoup de mauvaise foi, ils confondaient la décroissance et la récession.
En période électorale, bien des coups sont donnés sinon permis. Le PS avait une peur bleue que les écologistes fassent un meilleur score qu'eux au premier tour comme cela avait été le cas aux élections européennes. L'UMP tentait de rallier à son panache une frange de l'électorat écologiste, principalement ceux que la décroissance pouvait effrayer. Peut-être, y avait-il aussi de la part de ces partis classiques une certaine ignorance du sujet et une difficulté réelle à comprendre de quoi il s'agissait, tant la vision du monde écologiste diffère de la vision productiviste dominée par la rationalité économique?
Reconnaissons le honnêtement, même parmi les têtes de liste d'Europe Écologie,
Reconnaissons le honnêtement, même parmi les têtes de liste d'Europe Écologie,
il y en avait un certain nombre qui n'étaient guère à l'aise avec cette notion, peut-être parce qu'ils la reprennent du bout des lèvres et peut-être aussi parce que, pour la faire mieux passer, les programmes l'ont sensiblement édulcorée. Il était difficile aussi dans un débat de répondre brièvement et clairement aux contrevérités distillées par les adversaires ou les concurrents des écologistes. Pourtant, en peu de mots, il est possible d'expliquer la différence entre la non-croissance ou la récession et la décroissance. Il suffit de citer un texte de Serge Latouche tiré de son livre Survivre au développement, Mille et une nuits, Paris, 2004.
Un faux procès
Serge Latouche commence par bien distinguer entre récession et décroissance. Il reconnaît que dans une « société de croissance », l'absence de croissance ou pire encore une croissance négative ne peut être qu'une catastrophe. Voici ce qu'il écrit : « La décroissance n'est pas la croissance négative? On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l'abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif!(...) Il n'y a rien de pire qu'une société de croissance sans croissance » pp. 98- 99. Personne ne le contredira. Nous en faisons tous l'expérience avec la crise que nous vivons. Donc, Messieurs du PS et de L'UMP cessez de faire aux écologistes un faux procès, pas plus que vous, ils ne se satisfont d'une récession.
Pour une société de décroissance
La vraie différence n'est pas là. La différence est que les écologistes, ou du moins certains d'entre eux, proposent de passer d'une « société de la croissance » à une « société de la décroissance ». Cette société de la décroissance, il me semble que tout écologiste devrait être d'accord avec la manière dont Serge Latouche la décrit : « une tout autre organisation dans laquelle la place centrale du travail dans notre vie est remise en question, où les relations sociales priment sur la production et la consommation de produits jetables et inutiles, voire nuisibles, où la vie contemplative et l'activité désintéressée et ludique trouvent leur place. » Le passage à une telle société suppose « une réduction féroce du travail imposée pour assurer à tous un emploi satisfaisant et permettre un rééquilibrage des temps de vie ».C'est l'opposé du travailler plus pour gagner plus de Sarkozy. Pour enclencher le cercle vertueux qui permettra d'obtenir cette décroissance soutenable et conviviale, il faudrait poursuivre six objectifs interdépendants, réaliser « un programme en six R : Réévaluer, Restructurer, Redistribuer, Réduire, Réutiliser, Recycler. »
Un programme en six R
Serge Latouche explicite ainsi les six objectifs. « Réévaluer, cela signifie revoir les valeurs auxquelles nous croyons et sur lesquelles nous organisons notre vie. Restructurer, cela signifie adapter l'appareil de production et les rapports sociaux en fonction du changement de valeurs. Redistribuer s'entend de la répartition des richesses et de l'accès au patrimoine naturel. Réduire veut dire diminuer l'impact sur la biosphère de nos modes de produire et de consommer. Pour ce faire, réutiliser au lieu de jeter les appareils et les biens d'usage et, bien sûr, recycler les déchets incompressibles de notre activité. » (p.97-98). Si des progrès ont été réalisés ces dernières années, c'est surtout sur le dernier des six R, le recyclage. Cette activité participe d'une rationalité technicienne, s'intègre dans des méga-structures industrielles et s'accommode fort bien de la rationalité économique. Ce n'est pas seulement faire son compost ; ce n'est plus construire une éolienne domestique avec les restes de vieux vélos.
Il est évident que le plus important de ces six R est le premier, une révisions des valeurs, autrement dit un changement de vision du monde, une révolution culturelle, devrait-on pouvoir dire. C'est lui qui conditionne les autres. C'est aussi celui sur lequel peu de progrès ont été réalisés même si de plus en plus de gens prennent conscience que « cela ne peut plus durer comme cela », qu'il faut un changement radical des mentalités. Mais « dans quelle mesure chacun de nous est-il prêt à résister dans sa vie quotidienne, à la colonisation des besoins socialement fabriqués? » Majd Rahnema, cité par Serge Latouche (o.c., p. 96) Il n'est pas certain que les écologistes, les décroissants, les alter-mondialistes soient d'accord entre eux et avec les autres sur la révision des valeurs à effectuer. En ce qui me concerne, les valeurs a promouvoir ont pour nom antispécisme, amour de la nature, simplicité volontaire, autonomie et solidarité.
Un faux procès
Serge Latouche commence par bien distinguer entre récession et décroissance. Il reconnaît que dans une « société de croissance », l'absence de croissance ou pire encore une croissance négative ne peut être qu'une catastrophe. Voici ce qu'il écrit : « La décroissance n'est pas la croissance négative? On sait que le simple ralentissement de la croissance plonge nos sociétés dans le désarroi en raison du chômage et de l'abandon des programmes sociaux, culturels et environnementaux qui assurent un minimum de qualité de vie. On peut imaginer quelle catastrophe serait un taux de croissance négatif!(...) Il n'y a rien de pire qu'une société de croissance sans croissance » pp. 98- 99. Personne ne le contredira. Nous en faisons tous l'expérience avec la crise que nous vivons. Donc, Messieurs du PS et de L'UMP cessez de faire aux écologistes un faux procès, pas plus que vous, ils ne se satisfont d'une récession.
Pour une société de décroissance
La vraie différence n'est pas là. La différence est que les écologistes, ou du moins certains d'entre eux, proposent de passer d'une « société de la croissance » à une « société de la décroissance ». Cette société de la décroissance, il me semble que tout écologiste devrait être d'accord avec la manière dont Serge Latouche la décrit : « une tout autre organisation dans laquelle la place centrale du travail dans notre vie est remise en question, où les relations sociales priment sur la production et la consommation de produits jetables et inutiles, voire nuisibles, où la vie contemplative et l'activité désintéressée et ludique trouvent leur place. » Le passage à une telle société suppose « une réduction féroce du travail imposée pour assurer à tous un emploi satisfaisant et permettre un rééquilibrage des temps de vie ».C'est l'opposé du travailler plus pour gagner plus de Sarkozy. Pour enclencher le cercle vertueux qui permettra d'obtenir cette décroissance soutenable et conviviale, il faudrait poursuivre six objectifs interdépendants, réaliser « un programme en six R : Réévaluer, Restructurer, Redistribuer, Réduire, Réutiliser, Recycler. »
Un programme en six R
Serge Latouche explicite ainsi les six objectifs. « Réévaluer, cela signifie revoir les valeurs auxquelles nous croyons et sur lesquelles nous organisons notre vie. Restructurer, cela signifie adapter l'appareil de production et les rapports sociaux en fonction du changement de valeurs. Redistribuer s'entend de la répartition des richesses et de l'accès au patrimoine naturel. Réduire veut dire diminuer l'impact sur la biosphère de nos modes de produire et de consommer. Pour ce faire, réutiliser au lieu de jeter les appareils et les biens d'usage et, bien sûr, recycler les déchets incompressibles de notre activité. » (p.97-98). Si des progrès ont été réalisés ces dernières années, c'est surtout sur le dernier des six R, le recyclage. Cette activité participe d'une rationalité technicienne, s'intègre dans des méga-structures industrielles et s'accommode fort bien de la rationalité économique. Ce n'est pas seulement faire son compost ; ce n'est plus construire une éolienne domestique avec les restes de vieux vélos.
Il est évident que le plus important de ces six R est le premier, une révisions des valeurs, autrement dit un changement de vision du monde, une révolution culturelle, devrait-on pouvoir dire. C'est lui qui conditionne les autres. C'est aussi celui sur lequel peu de progrès ont été réalisés même si de plus en plus de gens prennent conscience que « cela ne peut plus durer comme cela », qu'il faut un changement radical des mentalités. Mais « dans quelle mesure chacun de nous est-il prêt à résister dans sa vie quotidienne, à la colonisation des besoins socialement fabriqués? » Majd Rahnema, cité par Serge Latouche (o.c., p. 96) Il n'est pas certain que les écologistes, les décroissants, les alter-mondialistes soient d'accord entre eux et avec les autres sur la révision des valeurs à effectuer. En ce qui me concerne, les valeurs a promouvoir ont pour nom antispécisme, amour de la nature, simplicité volontaire, autonomie et solidarité.
Mardi 20 Avril 2010
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