Le chantier du marché est arrêté depuis la mi-février. En creusant pour construire deux étages de parking, les ouvriers ont découvert des galeries que les sondages n'avaient pas révélées. Il faut les combler en injectant du béton. Les deux étages du parking coutaient déjà très cher.....


Quand on aime , on compte pas

Ils seront encore plus chers sans même parler du coût d'arrêt du chantier qui ne devrait pas être supporté par la ville. Le Dieu Bagnole a toujours exigé des sacrifices démesurés et des offrandes hors de prix. Mais quand on aime, on ne compte pas.
J'étais le seul des élus de la majorité municipale à soutenir qu'il ne fallait pas construire de parking sous, sur ou à côté de la halle. J'estimais qu'il fallait trouver des solutions innovantes et durables (pour employer un mot dont tout le monde se gargarise) au transport des courses et à la desserte du marché en faisant appel à l'imagination des élus et des habitants tout en allant voir comment des villes pilotes en Europe procédaient. Évidemment, je n'ai pas été suivi. Inutile de dire que cela ne m'a pas surpris. Et voilà encore 320 000 € qui viennent encore alourdir la facture pour ces deux étages de parking.


Rêvons un peu

Rêvons un peu... De telles sommes investies dans les économies d'énergie et les énergies solaires auraient permis des travaux d'isolation sur tous les bâtiments communaux, en commençant par ceux dont la chaleur fuit de tout côté. On pouvait aussi équiper ceux qui s'y prêtent en solaire thermique ou photovoltaïque. Ce n'est hélas qu'un rêve.

Pour obtenir quelques centaines d'euros pour du solaire, il faut batailler ferme, surmonter des a priori idéologiques et des objections pseudo-techniques, démontrer qu'il y aura des retours sur investissement à des gens devenus brusquement très sourcilleux et soucieux des deniers publics. Ce ne peut être pour le moment qu'un rêve car dans une majorité composite, un écologiste ne pèse que ce que pèsent les résultats électoraux des partis écologistes. Jusqu'à l'année dernière, ce n'était pas très lourd. Aujourd'hui, il y a du mieux. Mais, hélas, la décision de créer ces deux étages de parking ne datent pas d'hier.

Vendredi 9 Avril 2010 Commentaires (0)

La France des régions est bien repeinte en rose mais c'est grâce au vert d'Europe Écologie et cela devrait se traduire dans la constitution des exécutifs régionaux. Cela n'est que justice. Les aspirations à un meilleur environnement, la prise de conscience de la nécessité de vivre autrement si l'on veut survivre, tout cela a joué.


C'est vrai pour toutes les régions, mais c'est encore plus vrai pour l'Ile de France et dans l'Ile-de-France pour le département des Hauts-de-Seine. Sans l'union du PS et d'Europe Écologie, il n'y aurait pas eu ce « séisme dans le fief du président de la république », pas de « vote historique » pour reprendre les termes du Parisien.
Séisme politique et vote historiques ont eu comme condition nécessaire l'union des principales forces de gauche avec les écologistes, des écologistes largement ouverts à la société civile et réunis sous le drapeau d'Europe Écologie. Ce qui s'est passé, ce n'est donc pas une victoire de la gauche....

c'est une victoire de la gauche et des écologistes. Il ne faut pas oublier ces derniers ni les dissoudre dans la gauche. Tous les écologistes n'ont pas la même conception du monde mais ces visions du monde sont des espèces d'un même genre tandis que les visions du monde des gauches sont d'une autre famille. Le socialisme réel n'étant plus qu'un mauvais souvenir, les écologistes et la gauche peuvent s'allier parce qu'ils partagent des exigences et des valeurs communes et qu'il y a des convergences programmatiques bien que les programmes des uns et des autres se fondent sur des principes différents.
Il faut bien avoir en tête cela pour comprendre pourquoi les écologistes sont soucieux de revendiquer la part qu'ils ont prise dans cette « victoire électorale », leur volonté de ne pas être oubliés ou pris pour ce qu'ils ne sont pas. Le PS en particulier doit surmonter ses tendances hégémoniques s'il veut que nous vivions en bon accord avec lui. François Hollande au lendemain du second tour parlait de rassemblement autour du PS. Je crois qu'il fait fausse route. Il ne s'agit pas de se rassembler derrière le PS mais d'envisager des modalités d'alliance ou d'union sur la base d'une plateforme programmatique satisfaisante car il ne s'agit pas simplement de chercher à prendre le pouvoir, d'alternance mais de réaliser les transformations nécessaires de nos modes de consommer et de produire.

Mardi 23 Mars 2010 Commentaires (0)

Chaque année à l'occasion de ce débat sur les orientations budgétaires, chaque groupe politique du Conseil municipal s'exprime à partir d'un texte présenté par l'adjoint au maire chargé des finances. Voici l'intervention que j'ai faite au nom du groupe Les Verts et apparentés.


Le budget est un exercice de prévision. En règle générale, cette prévision est difficile à construire.
Aujourd'hui, plus que jamais. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, les économistes pas plus que les autres. Ils excellent à expliquer ce qui est déjà arrivé mais ils ont été bien incapables de le prévoir.
L'exercice est difficile également parce que de réformes en réformes, on ne sait plus très bien sur quelles recettes il faut compter.
Nous avons peu de remarques en ce qui concerne les dépenses prévues et prévisibles. Un mot tout de même sur les charges à caractère général. Sous ce chapitre, il y a des dépenses assez hétéroclites regroupées selon une logique purement comptable, me semble t-il. Voisinent les livres avec les vêtements de travail, les carburants et les combustibles avec l'alimentation carburant de la machine humaine. Pour ces charges, il est proposé de maîtriser leur évolution par une gestion « plus fine de ce type de dépense et d'une inscription budgétaire au plus proche des besoins de financement. » Cela sous-entendrait-il que les inscriptions budgétaires concernant ces charges générales avaient été largement calculées jusqu'à présent? Si l'on regarde les tableaux p.4, on voit que cela était bien le cas.



Il s'agirait pourtant de faire des économies réelles et non d'écriture sur ce chapitre. Et bien les cibler . Ne pas faire par exemple des économies sur l'alimentation, nous savons que ce n'est ni ne sera le cas puisque nous procédons à une montée en puissance du bio dans la restauration municipale. Il faut faire des économies sur l'énergie et les carburants notamment en achetant des véhicules sobres et en les entretenant correctement, choisir des chaudières performantes lorsqu'il faut les remplacer - le surcoût initial est épongé par les subventions et par les économies financières réalisées sur le combustible. Le bilan carbone de nos quatre collectivités et de l'agglo qui est en cours dans le cadre de l'application du projet de développement durable nous donnera incitations et pistes pour agir. De même la thermographie aérienne qu'il est prévu de réaliser toujours dans ce cadre sera une incitation complémentaire pour la collectivité et pour les particuliers. Il faudrait aussi que nous exploitions notre potentiel en énergies renouvelables mieux que nous le faisons, notamment en développant le photovoltaïque en s'appuyant sur l'expertise et l'aide du SIPEREC dont José Guntzburger est l'un des vice-président. Des a priori idéologiques ne doivent pas borner nos ambitions en la matière. D'ailleurs, les autres communes de l'agglo développent pleinement ce type d'énergie rentable écologiquement et économiquement.

Nous n'achetons plus et nous n'utilisons plus de produits phytosanitaires pour le traitement de nos espaces verts et l'entretien de la voirie. Certes le désherbage coute un peu plus cher et n'est pas aussi efficace mais ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, il n'est pas raisonnable de mettre en jeu la santé du personnel et des gens pour exterminer quelques malheureuses herbes folles qui font de la résistance ça et là dans un caniveau. Cette aversion pour le pissenlit qui pousse au pied d'un arbre est typique de cette peur de la nature que savait si bien diagnostiquer le regretté François Terrasson du Muséum national d'histoire naturelle.
Ces réflexions sur le chapitre charges générales montrent que le développement durable ne concerne pas seulement tel ou tel chapitre mais qu'il faut l'avoir en tête dans tous les domaines de nos actions.
Ceci ne devra pas empêcher de lui consacrer une ligne spéciale dans le budget primitif ou lors d'une délibération modificative qui sera notre contribution modeste à la mise en œuvre sur notre ville de l'agenda 21 contenu dans le PTDD. Je dis modeste car l'essentiel de l'effort financier sera fourni pour l'agglo. La réalisation du programme d'action de ce PTDD sera la réfutation par les faits des assertions de ceux qui disent que l'agglo ne sert à rien. En ce qui concerne l'environnement et le développement durable, elle nous permettra des réalisations que les contraintes budgétaires de la ville n'auraient peut-être pas permises.

J'en arrive donc tout naturellement à l'aspect recettes. Même si nous nous en tirons pas trop mal lorsque l'on compare avec d'autres villes voisines, il reste que la décision d'augmenter les impôts est toujours douloureuse à prendre. Surtout qu'il s'agit d'impôt sur les ménages.
Elle l'est d'autant plus aujourd'hui que tout est fait au niveau de l'état pour reporter sur les ménages les impôts des entreprises. Sur les ménages, mais pas sur tous puisque le bouclier fiscal préserve les plus riches. Je ne sais pas si c'est un grand réconfort pour le contribuable moyen qui voit ses impôts augmenter d'année en année que de constater qu'il payerait encore plus cher s'il habitait dans une des villes voisines. Selon l'expression du texte ajuster « la nature et les calendriers de réalisation des opérations d'investissement » pour soulager la pression fiscale qui pèse sur nos concitoyens est une impérieuse nécessité.

Cela dit, si nous partageons les orientations du texte du rapport, nous avons de sérieuses réserves sur l'implicite du point N°1. Nous nous méfions des politiques de relance lorsqu'il n'est pas précisé ce qu'il faut relancer et comment. S'agit-il de relancer un système qui nous a conduit dans le mur? On peut être sûr que cela recommencera, les même causes produisant les mêmes effets. Et cela sera même plus grave car les politiques de relance n'ont en général rien de durable dans tous les sens du terme. La croissance que nous avons connue ces dernières années n'a réduit ni les inégalités ni le chômage, ni la précarité. Les riches ont continué de s'enrichir, les autres de s'appauvrir et les pauvres de se précariser. Cette croissance n'a été possible que parce que nous vivions à crédit, non seulement financièrement, mais aussi écologiquement et la dette écologique sera plus difficile à effacer que la dette publique. A dire vrai, elle devient irréversible. Une croissance infinie dans un monde fini est une absurdité. Et nous sommes les seuls a avoir le courage de le dire. Nous devons repenser l'économie la subordonner à l'environnemental et au social. Nous devons nous préparer à affronter l'épuisement des ressources énergétiques fossiles que nous continuons de gaspiller, l'érosion de la biodiversité, un monde avec 9 milliards d'habitants. Il faudra alors choisir entre une décroissance sauvage et subie du type de celle que nous vivons ou une décroissance solidaire.

Jeudi 18 Mars 2010 Commentaires (0)

La plante à l'honneur

Prémices du printemps, l'or de la fleur de tussilage réchauffe le cœur du randonneur. Elle égaye les talus des chemins creux et le bord des fossés le long des allées dans les forêts encore dépouillées. C'est le temps des amours pour les crapauds et les grenouilles. Monsieur Hiver plie bagage même s'il fait mine de s'attarder encore un peu.


 Le TUSSILAGE
Noms

Le tussilage a pour nom botanique Tussilago farfara L. (de tussis, toux et de agere, chasser = qui chasse la toux) farfara, enfariné en référence au dessous de ses feuilles. Il appartient à la famille des asteracées (composées).

Parmi ses nombreux noms vernaculaires, on peut citer Pas d'âne, Pas de cheval, Pied de cheval (à cause de la forme de ses feuilles), Filius ante patrem (en latin),Le fils avant le père (à cause de l'une de ses particularités), l'apparition des fleurs avant les feuilles, Herbe de Saint Quirin, Herbe de Saint Guérin, Taconnet, Chou de vigne, Procheton, Herbe aux pattes, Racine de peste....

Habitat

Espèce pionnière des terres remuées, on la trouve aussi aux bords des fossés, en lisères des boisdements. Elle est l'indice d'un terrain pauvre et peu fertile d'où les dictons : « terre produisant le taconnet, laisse-là où elle est »

Période de floraison

La plante est l'une des premières à fleurir. C'est le cas en ce moment, malgré le froid au bois de Verrières et sur la Coulée Verte.

Description

C'est une plante vivace : on la retrouve d'année en année au même endroit. Les fleurs sont des capitules d'un jaune d'or ou souffre, d'environ 1,5 cm de diamètre. Solitaires elles couronnent un pédoncule de 10 à 15 cm de long (parfois plus), robuste et écailleux. Elles ont une odeur agréable mais forte. Les fruits sont des akènes, oblongs, cylindriques, terminés par une aigrette. Les feuille apparaissent une fois les fleurs fanées. Elles sont toutes à la base, pétiolées, très larges (jusqu'à vingt centimètres) subarrondies, sinuées-dentées ; le dessus d'un beau vert, le dessous blanchâtre et tomenteux.
Il est difficile de confondre le tussilage avec une autre plante surtout à la fin de l'hiver et au début du printemps. A l'état végétatif, on peut le confondre avec le pétasite (petasite officinalis, Moench)

Récolte

On utilise les fleurs et les feuilles. Fraîches ou à sécher les fleurs doivent être cueillies avant leur plein épanouissement, sinon elles continuent de mûrir au séchage. Ce séchage doit être rapide. Par exemple en les plaçant en couches fines près d'une source de chaleur douce comme celle d'un radiateur de chauffage central. Les feuilles se récoltent en mai-juin. Leur séchage ne pose pas de problème particulier. On évitera de cueillir la plante dans des lieux très humides ou pollués comme le long de chemins fréquentés par des véhicules à moteur.

Usage

Alimentaire, médicinal, cosmétique, tinctorial, succédané du sel et du tabac.


  • Alimentaire
Les capitules en début de floraison peuvent être mangé crus au naturel ou décorer et améliorer les salades. Les fleurs peuvent servir de légumes cuits. Les faire revenir dans une poêle avec du beurre ou une margarine spéciale cuisson, les déguster tels ou un peu salés.
Les feuilles sont surtout intéressantes en beignets. On les plonge dans une pâte à beignets et on fait frire. C'est un plat de résistance en survie lorsque l'on s'autorise la farine et l'huile dans le sac. Séchées et brûlées, les feuilles peuvent être utilisées comme succédané du sel.

  • Médicinal
Le tussilage est connu depuis l'antiquité comme plante pectorale. C'est l'une des plus efficaces. Elle calme la toux, adoucit les muqueuses des bronches et facilite l'expectoration. Ses indications sont donc la bronchite, la trachéite, et le rhume. Mais pour ce dernier cas, je préfère personnellement le lierre terrestre. On laissera infuser pendant 10 minute 5gr de fleurs pour une tasse d'eau bouillante . Prendre trois à quatre tasses par jour. Ce breuvage a un goût assez désagréable. Pour le masquer je sucre avec du miel de lavande et j'ajoute quelques feuilles de menthe pouillot (mentha pulegium, L.) et deux à trois brins de serpolet (thymus serpyllum, L.).
Curiosité : les trois mousquetaires étaient quatre. La tisane des quatre fleurs fait mieux encore. Les quatre fleurs sont sept. Le tussilage est l'une d'elle, en partie égale avec le bouillon blanc, la mauve, la guimauve, le coquelicot, le pied de chat et la violette. Cette tisane a le même usage que le tussilage seul.

Les feuilles sont utilisées en usage externe comme désodorisant et anti-transpirant des pieds. Pour cela, on prépare une décoction de 200gr de feuilles séchées à faire bouillir dans 1 litre d'eau pendant 15 minutes. On filtre la préparation et on l'ajoute au bain de pieds tiède.

  • Cosmétique
Les fleurs sont utilisées en lotion pour nettoyer et tonifier les peaux grasses. Pour cela on fait infuser pendant 10 minutes, 50 grammes de fleurs séchées dans un litre d'eau bouillante.La préparation refroidie, la conserver au réfrigérateur.
Les feuilles servent à préparer une lotion censée sinon effacer du moins atténuer les rides. Elle est utilisée depuis l'antiquité. Je la rapporte sans garantir les résultats. Il s'agit d'une décoction de 400gr de feuilles séchées que l'on fait bouillir dans un litre d'eau pendant 10 minutes. Filtrer et conserver dans un endroit frais.

  • Divers
Parmi les autres usages, on peut utiliser les feuilles séchées comme succédané du tabac. On les fait sécher rapidement près d'une source de chaleur, on les coupe en fines lanières et on les utilise comme du tabac. Cette préparation en a vaguement le goût, pas l'odeur . Elle est antitussive , dégage les bronches, n'a pas les effets néfastes du tabac mais elle ne le remplace pas vraiment. Tous les accrocs, j'en étais jadis, en témoigneront.
Enfin, selon F. Couplan, les feuilles teignent la laine en jaune verdâtre avec de l'alun, et en vert avec du sulfate de fer. Cet usage n'est pas mentionné dans le guide des teintures naturelles de D. Cardon et G. du Chatenet.

Dimanche 14 Mars 2010 Commentaires (1)

Nature - environnement

Une éolienne représente un investissement non négligeable. Une « ferme » d'éolienne marque le paysage et le défigure. Elle représente une source importante de nuisances pour les riverains du site, nuisances souvent niées par les aménageurs et les élus locaux sensibles aux retombées financières. Il faut se demander honnêtement si le jeu en vaut la chandelle (si l'on ose dire!).
Voici quelques informations pour forger son opinion.


Il faut une vitesse du vent supérieure à 10m/seconde, soit 34km/heure pour qu'un aérogénérateur produise de l'électricité. Pourtant les marchands d'éoliennes cherchent à en implanter en Auvergne sur le plateau du Cézallier et les mont de la Madeleine où le vent n'atteint ou dépasse une telle vitesse seulement 30 jours par an selon Météo-France. Ce qui veut dire que les éoliennes implantées en ces lieux ne pourront pas fournir d'énergie 335 jours sur 365 soit 90% du temps. En France métropolitaine, ce n'est pas comme en Guadeloupe où les éoliennes installées sur la côte est profitent des vents alizés qui soufflent à la vitesse de 10m/seconde 90% de l'année source : La Galipote, Hiver 2009 – 2010, p. 17[ http://www.lagalipote.fr]
Les régions de l'hexagone où les éoliennes seraient assez productives sont rares et là où elles pourraient l'être , c'est là aussi que leurs impacts sur le paysage seraient les plus graves.
Promouvoir les énergies renouvelables, c'est bien mais prenons garde à ne pas vendre que du vent.[

Dimanche 7 Mars 2010 Commentaires (0)

Fontenay-aux-Roses

Puisque la question semble intéresser, voici le texte de ma deuxième intervention lors du Conseil communautaire du 17 septembre 2009 qui motive notre vote concernant l'adhédison au syndicat Autolib.


Pour une fois, je serai d’accord avec vous. Je n’ai pas une vision aussi idyllique que celle de Pascal BUCHET. Je suis un peu perplexe et je ne comprends pas pourquoi nous avons ce soir une nouvelle délibération. Lors du dernier conseil communautaire, nous avons déjà voté une délibération précisant que nous allions adhérer conditionnellement à Autolib’ ; la condition était le changement de l’article 15 des statuts afin qu’il soit clair que nous ne supporterions pas un déficit d’exploitation. Si cette condition avait été satisfaite, une nouvelle délibération n’était pas nécessaire. Pour quoi cette nouvelle délibération ? Parce que la condition n’a pas été satisfaite. Il faut distinguer une promesse et une réalisation, un acte effectif et la promesse de le faire. Lorsque vous parlez d’une assemblée d’élus qui représentent des communes et des agglomérations, vous imaginez bien que tout le monde va être d’accord pour ne pas contribuer au déficit. Vous dites que cela va figurer dans des clauses, mais nous ne les connaissons pas, personne ne les a vues. D’ailleurs c’est sur des clauses de ce type qu’il existe des conflits entre le délégataire et Velib’. Nous n’avons donc aucune garantie. En nous re-proposant cette délibération, on veut nous forcer à adhérer. En revanche, on voit à la lecture des documents, que la plupart des communes et des agglomérations sont prudentes, elles ont pris 20% de stations. Mais si on prend le minimum, le maillage est insuffisant. Paris a donc déclaré qu’il allait installer les stations gratuitement, pas tout à fait gratuitement cependant car la Région ne s’est pas encore prononcée sur la subvention et les collectivités devront restituer les droits de voirie, dont on ne sait pas comment ils sont calculés, ils sont variables d’une commune à l’autre... Nous n’avons donc pas de nouveau plan de financement, nous ne savons pas quel sera le manque à gagner, nous sommes dans l’inconnu sur le plan financier.

Quant à nos exigences, je rejoins M. BERGER car nous avons 30 voix sur 700...
Pour sortir du syndicat, il faut une majorité qualifiée des deux tiers et une indemnité sera à payer. Donc quand on rentre à Autolib’, on s’engage à vie !
Je ne vais pas revenir sur les réserves de fond, sur notre opposition au projet d’Autolib’ et son concept. Dans le compte rendu des ateliers thématiques Autolib’, des 15, 16, 19, 22 et 23 juin 2009, on découvre des problèmes techniques. A Fontenay, nous aurions aimé une station vers la gare pour un maillage souple difficile à réaliser géographiquement.
Or, on lit « Si des stations Autolib’ doivent être construites à proximité immédiate des gares de transports en commun, cela doit se faire dans une seconde étape afin de ne pas nuire à la pérennité du dispositif lors de son lancement. » Donc, pour nous, pas de station à proximité de la gare.
On lit également page 3 : « Enfin il est rappelé par l’APUR qu’Autolib’ n’a pas été conçu pour être un palliatif à l’offre générale de transports collectifs mais bien une offre complémentaire. Aussi les stations ne seront pas implantées dans des territoires mal desservis où la demande en déplacements ne serait pas importante, d’autant plus que ces stations isolées seraient coûteuses en termes de régulation pour l’opérateur et en termes d’image pour les communes membres du syndicat mixte. » Donc, ce système est valable pour Paris et les quartiers qui touchent le périphérique mais pas pour le reste. C’est un système complémentaire dans les zones où il y a déjà des transports en commun. Complémentaire pour qui ? Pour ceux qui ne veulent pas prendre les transports en commun. Qui ne veut pas prendre les transports en commun ? Les bourgeois. Et pourquoi ? Parce que c’est du transport en commun.
Un exemple : un naturaliste de ma connaissance habitait Marne-la-Coquette. Je lui vantais les mérites des transports en commun et il m’a répondu que, certes les transports en commun sont écologiques mais que sa femme ne voulait pas se retrouver avec sa femme de ménage. Voilà la vérité.
Autre remarque, page 6. Lorsque l’abonné se rend à la station, il peut arriver qu’il n’y ait plus de voiture. Que faire ? On va lui envoyer un taxi plutôt qu’une voiture d’Autolib’ avec un « jockey » car ce serait trop cher.
Autre problème : si je me rends à la station souhaitée et que je ne trouve pas de place pour me garer, que vais-je faire ? Le problème n’est pas résolu.
Pour terminer, je vais revenir à la dimension sociale. Tout le monde sait, y compris les promoteurs du projet, que la dimension sociale n’est pas primordiale : la prise en compte des populations les moins favorisées financièrement pose des problèmes. Je vais lire le passage sur le sujet : « Les participants s’entendent sur la nécessité qu’Autolib’ soit accessible aux personnes disposant de revenus peu élevés, afin d’inciter les usagers à abandonner leur VP. (Mais il y a des personnes disposant de revenus peu élevés qui n’ont pas de voiture, on ne semble pas s’en rendre compte.) Pour cette raison il est souligné qu’il s’agit de veiller à ne pas rendre le dispositif inaccessible aux populations défavorisées. Il est proposé de mettre en place par exemple des formules « sans abonnement » permettant un usage à la demi-heure plus coûteux pour l’usager, (autrement dit, pour rendre le service plus abordable, on va le faire plus coûteux) mais sans l’engagement financier permanent de l’abonnement mensuel. » Autrement dit, on veut bien que l’usager n’utilise le service que de temps en temps, mais on va le rendre un peu plus
cher. C’est un peu scandaleux. Plus loin : « Un intervenant suggère que le syndicat mixte devra prendre contact avec les partenaires sociaux afin d’étudier une façon de rendre le service accessible aux moins favorisés (par le remboursement d’une partie des frais engagés par exemple). Par contre l’idée d’une tarification différenciée selon des critères sociaux semble plus difficile à mettre en place. » Pourquoi difficile à mettre en place ? Parce que d’un côté, il ne faut pas le mettre trop cher pour que les bourgeois puissent utiliser le service et que ce soit intéressant de ne pas avoir une deuxième voiture, mais il ne faut pas trop racler sur les bénéfices du délégataire.
On se pose la question du délégataire pour l’eau, mais pas pour Autolib’ : il doit faire son beurre. Et on dit aux partenaires sociaux : c’est vous qui allez payer pour que les personnes défavorisées accèdent au service. C’est la cerise sur le gâteau qui me fait dire que ce projet ne vaut rien, et dans son concept et au niveau social.
En résumé, cette délibération n’avait pas lieu d’être, on nous force la main. Ce projet n’est pas bon écologiquement - je l’ai démontré la dernière fois -, il n’est pas bon sociétalement parce que l’on ne change pas les habitudes des gens, il n’est pas bon socialement. C’est pourquoi notre groupe votera contre. Nous voulons prendre date.
NB : Depuis cette date, la majorité socialiste du Conseil régional a fait adopter la subvention demandée par Autolib.

Dimanche 7 Mars 2010 Commentaires (0)

Dans un communiqué de presse du 6/03/2010, le Réseau "Sortir du Nucléaire" révèle des documents internes à EDF qui montrent que la conception du nouveau réacteur EPR du type de celui qui est en construction à Flamanville implique un risque d'explosion de type Tchernobyl. Voici ce communiqué.


Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 872 associations
agréée pour la protection de l'environnement
http://sortirdunucleaire.org/

Communiqué de presse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.


Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site :
http://www.sortirdunucleaire.org

> Liste des documents :

1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)

2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)
Notes :

i cf. paragraphe 6.1.6 du document n°4

ii cf. tableau 3, document n°4

iii cf. document n°4, document n°5 partie 2, Rapport Préliminaire de Sûreté EPR 15.2.4.e

iv cf. document n°2, note 9

v cf. document n°2, note 8.2.1

Samedi 6 Mars 2010 Commentaires (0)

Contre l'avis de l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN), le gouvernement a décidé d'autoriser par décret le recyclage des métaux, plastiques et gravats faiblement radioactifs issus du démantèlement d'installations nucléaires, de manière à s'en servir à la fabrication de ciment ou d'acier. Ce décret permettra de recycler des millions de tonnes de rebuts radioactifs comme ceux qui proviennent du démantèlement des installations du CEA de Fontenay-aux-Roes, qui jusqu'à présent devaient rester confinés dans les filières nucléaires sans possibilité de diffusion dans le domaine public.
Constituant une dérogation à l'interdiction prise en 2002 d'interdire le recyclage de ces déchets nucléaires dans les produits de construction et les biens de consommation, ce décret va permettre de disséminer sur le marché des objets de consommation courante contenant des matières faiblement radioactives. On verra également des vélos, des voitures, des maisons, etc, réalisés avec des matériaux issus de ce recyclage. Ce décret, paru au Journal Officiel le 14 mai 2009, est passé inaperçu, jusqu'à ce que la CRIIRAD découvre le pot aux roses.
Je reproduis ici le communiqué de la CRIIRAD que vous pouvez retrouver sur son site.


La CRIIRAD
demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009


- En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le CODE DE LA SANTE PUBLIQUE (CSP) :

o L’INTERDICTION D’AJOUTER délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction (cf. article R.1333-2) ;

o L’INTERDICTION D’UTILISER des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont CONTAMINES ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction (cf. article R.1333-3).



- Le 5 mai 2009, un ARRETE INTERMINISTERIEL a instauré une procédure de DEROGATION à ces interdictions, une procédure particulièrement laxiste. Cet arrêté a été publié en dépit d’un AVIS DEFAVORABLE de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et protégés des contaminations radioactives :
1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux.

- Le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un RECOURS pour excès de pouvoir. La demande d’annulation de l’arrêté est basée sur des ARGUMENTS de légalité interne et externe.

- Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une LETTRE OUVERTE aux 3 ministres compétents : Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction, leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009 sans attendre l’issue de la procédure contentieuse.

- En complément de ces démarches, la CRIIRAD appelle les consommateurs et les associations à se mobiliser et à demander aux autorités le maintien des interdictions et l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009. Des MODELES DE LETTRES sont à la disposition de tous ceux qui souhaitent participer à la campagne. Le recyclage des matériaux radioactifs doit rester confiné dans les filières nucléaires (CENTRACO et D’HUART INDUSTRIE), sans possibilité de diffusion dans le domaine public.


Jeudi 11 Février 2010 Commentaires (0)

Malgré l'opposition du groupe Les Verts, le Conseil Communautaire de Sud de Seine a décidé d'adhérer à Autolib. Ce dispositif est pourtant une fausse bonne idée.
Voici la transcription de mon intervention dans laquelle les raison de mon groupe.


Nous avons pour la « petite reine » les yeux de Chimène. Ce n’est pas pour autant que l’on jette les voitures aux gémonies. Je ne vais pas me placer de ce point de vue pour critiquer AUTOLIB, mais d’un point de vue technique.

On nous dit qu’Autolib va bénéficier à l’environnement, qu’il y aura moins de bruit. Mais, même sans étude détaillée, il faut prendre en compte l’échelle. Combien aurons-nous de véhicules Autolib ? Au maximum 12 000 en Île-de-France et pour nous 212, au maximum, et 70 au minimum, puisque c’est la prévision retenue. Croyez-vous que sur l’ensemble des véhicules qui traversent nos villes, prennent nos rues et nos quatre voies, cela va entraîner une diminution significative du bruit routier ? Non, ce sera insignifiant.
De plus, il se peut que, lorsque qu’une station sera pleine, on soit obligé de ramener les voitures à une station où il y a moins de voitures. Il faudra alors transporter et faire du bruit.
Réduction de la circulation ? Il n’y en aura pas, il y aura transfert d’un type de véhicule à un autre, au mieux stabilisation de la circulation, au pire augmentation. Un effet pervers est possible : Autolib peut détourner certains utilisateurs des transports en commun assez argentés vers ce moyen de transport.
Pollution de proximité ? Là encore c’est une question d’échelle : ce n’est pas avec 12 000 véhicules que l’on va réduire la pollution. Voilà pour l’environnement.

D’autre part ce projet est encore extrêmement flou. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de réservation préalable, puis on nous a dit le contraire. Il faut être clair.
Ensuite, qui entretiendra le véhicule entre deux utilisateurs ? Il y a des goujats partout...
Comment les choses vont-elles se passer si toutes les voitures vont dans le même sens ? Supposons que l’on mette une station à Fontenay, vers la gare et une autre vers le CEA... Toutes les voitures seront au CEA...
C’est tellement compliqué qu’à Saint-Quentin en Yvelines, un système de ce type a été proposé, expérimenté
pendant un an et demi puis abandonné parce que c’était le bazar.
Passons maintenant à l’aspect financier. Nous avons pris 12 stations au minimum. L’agglomération devrait payer 610 000 €, ce qui fait un peu plus de 50 000 € par station, ce qui n’est pas donné pour un maillage grossier : 2 stations à Fontenay, 3 à Bagneux, 4 à Clamart, etc., enfin ce n’est pas beaucoup... Pour un maillage fin, comme à Paris, il faudrait 37 stations c’est-à-dire un investissement de 1 835 000 €. Ensuite, le prix pour l’utilisateur. Ce n’est pas à la portée de toutes les bourses, c’est 15 € par mois, plus 5 € par demi-heure d’utilisation. C’est très bien pour les bobos qui ont décidé de ne pas avoir de voiture à Paris. Ils ont raison, ils n’ont pas de voiture et ils se servent de temps en temps d’Autolib. Mais en banlieue, quand on n’a pas de voiture, c’est parce qu’on ne peut pas se la payer. Or, si l’on ne peut pas se payer de voiture, pourra-t-on se payer 15 € d’abonnement plus 5 € par demi-heure ? C’est presque aussi cher qu’un taxi.

Enfin, il y a l’aventure puisque l’article 15 prévoit que si le fonctionnement dérape, il faudra mettre la main à la poche. Paris a répondu : « Adhérez, acceptez les statuts et après on se réunira et on les modifiera. » Non, ce qu’il faut dire, c’est « si on ne modifie pas les statuts avant, on n’adhère pas ».
Il existe aussi un problème de gouvernance avec l’article 8 qui prévoit, outre des pénalités financières en cas de retrait du dispositif, une majorité des 2/3 des voix pour que l’on puisse se retirer. Or il y a 2 000 stations et on a une voix par station ; nous aurons 12 voix au pire et 37 au mieux. Paris en aura 700 et son poids sera écrasant, celui de Sud de Seine insignifiant. Paris fera ce qu’il voudra et nous serons obligés d’accepter. La gouvernance n’est donc pas au point, elle est aussi à revoir.
Reste un problème de logique : nous allons lancer un plan de déplacement. Ce plan montrera-t-il la nécessité d’Autolib ? Y a-t-il une demande ? Je n’en suis pas certain. Mais je ne peux pas y répondre avant que l’on ait fait le plan de déplacement. Paris a son propre tempo et nous dit, comme en prévente par souscription : « Si vous n’adhérez pas tout de suite, ce sera plus cher. »
Paris nous impose tout, des modifications et maintenant des délais : non, il a son délai, nous avons le nôtre.
Nous, les Verts, nous ne sommes pas opposés à l’amélioration du transport personnel en voiture mais il faut réfléchir. Pourquoi ce système plus que d’autres qui existent aussi, l’auto-partage et d’autres. Ce système est-il le plus approprié ? Je n’en sais rien. Il est vrai que dans certaines conditions, si ce problème de gouvernance était résolu, peut-être que pour Fontenay ce serait un maillage souple avec les transports en commun. Nous avons un problème à Fontenay, la gare RER en bas, le tram en haut et le métro à Châtillon. Étant donné la
géographie, il ne faut pas espérer un maillage. Faire tourner des navettes sans arrêt n’est pas non plus très bien, écologiquement. Un système souple qui aille de la gare de Fontenay à Châtillon ou au CEA, ce n’est pas une mauvaise idée. Mais Autolib me paraît un système bien lourd pour cela.

Mercredi 10 Février 2010 Commentaires (1)

Les vacances d'hiver vont ont commencer. Dans une dizaine de jours ce sera au tour des Parisiens d'aller bouchonner sur les routes des usines à ski qui tiennent du cauchemar écologique.
Voici à titre d'illustration des ravages qu'ont causés la construction de ces usines, L'édifiante histoire (hélas vraie) des martres de Chamrousse racontée par J. F. Noblet dans son livre sur ce petit animal (La martre, Belin- Éveil Nature, Ed., p.62-63) texte où, sans perdre son humour, il nous fait partager son amertume et sa révolte de naturaliste amoureux de la nature devant de telles horreurs.


A Chamrousse, Il fut un temps où les martres et tout le peuple de poils et de plumes, petits et grands, occupants immémoriaux des lieux, menaient leurs petites vies ne rencontrant de temps à autre comme bipèdes que quelques bergers.
«  la révolution commença en 1968, l'année des Jeux Olympiques. Ce fut une armée de bûcherons qui tronçonna la forêt, puis un escadron de bulldozers qui aplanirent les bosses, évacuèrent les rochers et les souches. La prairie sauvage remplie de sauterelles et de criquets fit place à un gazon de ray grass insipide et désertique.

L'invasion se poursuivit avec des flots de voitures polluantes et des milliers de mammifères bipèdes s'agglutinant sur des remontées mécaniques et comblant leur désœuvrement à monter et descendre sur deux planches. Le territoire des martres fut enclavé, découpé, pollué, et la faune s'en écarta. » Les martres rescapées durent chercher leurs nourritures dans les déchets ménagers. Certaines d'entre elles se firent ainsi piéger dans les containers à ordures ménagères où ces petits animaux peuvent entrer facilement mais ne peuvent plus escalader les parois lisses pour ressortir. « Les martres n'eurent même pas la nuit pour se refaire une santé. En effet, les dameuses sillonnaient les pistes jusqu'à l'aube et pour comble de malheur, on inventa le ski de nuit, sous projecteurs et musique disco » Toute la faune partit en exil, « demandant l'asile politique au Parc National le plus proche » Les martres n'ayant plus ni gite ni couvert désertèrent, elles aussi les lieux. Il n'en resta plus qu'une, un jeune mâle « un peu fou » que l'auteur retrouva noyé dans un bassin artificiel, appelé bien à tort un lac, « avec des berges en pente à quarante cinq degrés couvertes d'un plastique vert servant d'étanchéité. Aucune plante ne colonise ses rives glissantes et dangereuses. » Ce piège mortel pour toute la faune qui y tombe sert de réserve pour faire de la neige artificielle bien improprement baptisée « neige de culture ».JF Noblet repêcha le corps de la malheureuse victime et l'autopsia. Il trouva dans son estomac ...une semelle de chaussure. Il conclut son histoire ainsi : « Je me rendis à l'évidence la dernière martre de Chamrousse avait consommé une semelle de chaussure en cuir! Sinistre époque où, pour survivre, il faut avaler la crasse et la sueur des humains »
Bonnes vacances et bon ski.

Mercredi 10 Février 2010 Commentaires (0)
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