Chaque année à l'occasion de ce débat sur les orientations budgétaires, chaque groupe politique du Conseil municipal s'exprime à partir d'un texte présenté par l'adjoint au maire chargé des finances. Voici l'intervention que j'ai faite au nom du groupe Les Verts et apparentés.


Le budget est un exercice de prévision. En règle générale, cette prévision est difficile à construire.
Aujourd'hui, plus que jamais. Personne ne peut dire de quoi demain sera fait, les économistes pas plus que les autres. Ils excellent à expliquer ce qui est déjà arrivé mais ils ont été bien incapables de le prévoir.
L'exercice est difficile également parce que de réformes en réformes, on ne sait plus très bien sur quelles recettes il faut compter.
Nous avons peu de remarques en ce qui concerne les dépenses prévues et prévisibles. Un mot tout de même sur les charges à caractère général. Sous ce chapitre, il y a des dépenses assez hétéroclites regroupées selon une logique purement comptable, me semble t-il. Voisinent les livres avec les vêtements de travail, les carburants et les combustibles avec l'alimentation carburant de la machine humaine. Pour ces charges, il est proposé de maîtriser leur évolution par une gestion « plus fine de ce type de dépense et d'une inscription budgétaire au plus proche des besoins de financement. » Cela sous-entendrait-il que les inscriptions budgétaires concernant ces charges générales avaient été largement calculées jusqu'à présent? Si l'on regarde les tableaux p.4, on voit que cela était bien le cas.



Il s'agirait pourtant de faire des économies réelles et non d'écriture sur ce chapitre. Et bien les cibler . Ne pas faire par exemple des économies sur l'alimentation, nous savons que ce n'est ni ne sera le cas puisque nous procédons à une montée en puissance du bio dans la restauration municipale. Il faut faire des économies sur l'énergie et les carburants notamment en achetant des véhicules sobres et en les entretenant correctement, choisir des chaudières performantes lorsqu'il faut les remplacer - le surcoût initial est épongé par les subventions et par les économies financières réalisées sur le combustible. Le bilan carbone de nos quatre collectivités et de l'agglo qui est en cours dans le cadre de l'application du projet de développement durable nous donnera incitations et pistes pour agir. De même la thermographie aérienne qu'il est prévu de réaliser toujours dans ce cadre sera une incitation complémentaire pour la collectivité et pour les particuliers. Il faudrait aussi que nous exploitions notre potentiel en énergies renouvelables mieux que nous le faisons, notamment en développant le photovoltaïque en s'appuyant sur l'expertise et l'aide du SIPEREC dont José Guntzburger est l'un des vice-président. Des a priori idéologiques ne doivent pas borner nos ambitions en la matière. D'ailleurs, les autres communes de l'agglo développent pleinement ce type d'énergie rentable écologiquement et économiquement.

Nous n'achetons plus et nous n'utilisons plus de produits phytosanitaires pour le traitement de nos espaces verts et l'entretien de la voirie. Certes le désherbage coute un peu plus cher et n'est pas aussi efficace mais ainsi que j'ai eu l'occasion de le dire à plusieurs reprises, il n'est pas raisonnable de mettre en jeu la santé du personnel et des gens pour exterminer quelques malheureuses herbes folles qui font de la résistance ça et là dans un caniveau. Cette aversion pour le pissenlit qui pousse au pied d'un arbre est typique de cette peur de la nature que savait si bien diagnostiquer le regretté François Terrasson du Muséum national d'histoire naturelle.
Ces réflexions sur le chapitre charges générales montrent que le développement durable ne concerne pas seulement tel ou tel chapitre mais qu'il faut l'avoir en tête dans tous les domaines de nos actions.
Ceci ne devra pas empêcher de lui consacrer une ligne spéciale dans le budget primitif ou lors d'une délibération modificative qui sera notre contribution modeste à la mise en œuvre sur notre ville de l'agenda 21 contenu dans le PTDD. Je dis modeste car l'essentiel de l'effort financier sera fourni pour l'agglo. La réalisation du programme d'action de ce PTDD sera la réfutation par les faits des assertions de ceux qui disent que l'agglo ne sert à rien. En ce qui concerne l'environnement et le développement durable, elle nous permettra des réalisations que les contraintes budgétaires de la ville n'auraient peut-être pas permises.

J'en arrive donc tout naturellement à l'aspect recettes. Même si nous nous en tirons pas trop mal lorsque l'on compare avec d'autres villes voisines, il reste que la décision d'augmenter les impôts est toujours douloureuse à prendre. Surtout qu'il s'agit d'impôt sur les ménages.
Elle l'est d'autant plus aujourd'hui que tout est fait au niveau de l'état pour reporter sur les ménages les impôts des entreprises. Sur les ménages, mais pas sur tous puisque le bouclier fiscal préserve les plus riches. Je ne sais pas si c'est un grand réconfort pour le contribuable moyen qui voit ses impôts augmenter d'année en année que de constater qu'il payerait encore plus cher s'il habitait dans une des villes voisines. Selon l'expression du texte ajuster « la nature et les calendriers de réalisation des opérations d'investissement » pour soulager la pression fiscale qui pèse sur nos concitoyens est une impérieuse nécessité.

Cela dit, si nous partageons les orientations du texte du rapport, nous avons de sérieuses réserves sur l'implicite du point N°1. Nous nous méfions des politiques de relance lorsqu'il n'est pas précisé ce qu'il faut relancer et comment. S'agit-il de relancer un système qui nous a conduit dans le mur? On peut être sûr que cela recommencera, les même causes produisant les mêmes effets. Et cela sera même plus grave car les politiques de relance n'ont en général rien de durable dans tous les sens du terme. La croissance que nous avons connue ces dernières années n'a réduit ni les inégalités ni le chômage, ni la précarité. Les riches ont continué de s'enrichir, les autres de s'appauvrir et les pauvres de se précariser. Cette croissance n'a été possible que parce que nous vivions à crédit, non seulement financièrement, mais aussi écologiquement et la dette écologique sera plus difficile à effacer que la dette publique. A dire vrai, elle devient irréversible. Une croissance infinie dans un monde fini est une absurdité. Et nous sommes les seuls a avoir le courage de le dire. Nous devons repenser l'économie la subordonner à l'environnemental et au social. Nous devons nous préparer à affronter l'épuisement des ressources énergétiques fossiles que nous continuons de gaspiller, l'érosion de la biodiversité, un monde avec 9 milliards d'habitants. Il faudra alors choisir entre une décroissance sauvage et subie du type de celle que nous vivons ou une décroissance solidaire.

Jeudi 18 Mars 2010 Commentaires (0)

La plante à l'honneur

Prémices du printemps, l'or de la fleur de tussilage réchauffe le cœur du randonneur. Elle égaye les talus des chemins creux et le bord des fossés le long des allées dans les forêts encore dépouillées. C'est le temps des amours pour les crapauds et les grenouilles. Monsieur Hiver plie bagage même s'il fait mine de s'attarder encore un peu.


 Le TUSSILAGE
Noms

Le tussilage a pour nom botanique Tussilago farfara L. (de tussis, toux et de agere, chasser = qui chasse la toux) farfara, enfariné en référence au dessous de ses feuilles. Il appartient à la famille des asteracées (composées).

Parmi ses nombreux noms vernaculaires, on peut citer Pas d'âne, Pas de cheval, Pied de cheval (à cause de la forme de ses feuilles), Filius ante patrem (en latin),Le fils avant le père (à cause de l'une de ses particularités), l'apparition des fleurs avant les feuilles, Herbe de Saint Quirin, Herbe de Saint Guérin, Taconnet, Chou de vigne, Procheton, Herbe aux pattes, Racine de peste....

Habitat

Espèce pionnière des terres remuées, on la trouve aussi aux bords des fossés, en lisères des boisdements. Elle est l'indice d'un terrain pauvre et peu fertile d'où les dictons : « terre produisant le taconnet, laisse-là où elle est »

Période de floraison

La plante est l'une des premières à fleurir. C'est le cas en ce moment, malgré le froid au bois de Verrières et sur la Coulée Verte.

Description

C'est une plante vivace : on la retrouve d'année en année au même endroit. Les fleurs sont des capitules d'un jaune d'or ou souffre, d'environ 1,5 cm de diamètre. Solitaires elles couronnent un pédoncule de 10 à 15 cm de long (parfois plus), robuste et écailleux. Elles ont une odeur agréable mais forte. Les fruits sont des akènes, oblongs, cylindriques, terminés par une aigrette. Les feuille apparaissent une fois les fleurs fanées. Elles sont toutes à la base, pétiolées, très larges (jusqu'à vingt centimètres) subarrondies, sinuées-dentées ; le dessus d'un beau vert, le dessous blanchâtre et tomenteux.
Il est difficile de confondre le tussilage avec une autre plante surtout à la fin de l'hiver et au début du printemps. A l'état végétatif, on peut le confondre avec le pétasite (petasite officinalis, Moench)

Récolte

On utilise les fleurs et les feuilles. Fraîches ou à sécher les fleurs doivent être cueillies avant leur plein épanouissement, sinon elles continuent de mûrir au séchage. Ce séchage doit être rapide. Par exemple en les plaçant en couches fines près d'une source de chaleur douce comme celle d'un radiateur de chauffage central. Les feuilles se récoltent en mai-juin. Leur séchage ne pose pas de problème particulier. On évitera de cueillir la plante dans des lieux très humides ou pollués comme le long de chemins fréquentés par des véhicules à moteur.

Usage

Alimentaire, médicinal, cosmétique, tinctorial, succédané du sel et du tabac.


  • Alimentaire
Les capitules en début de floraison peuvent être mangé crus au naturel ou décorer et améliorer les salades. Les fleurs peuvent servir de légumes cuits. Les faire revenir dans une poêle avec du beurre ou une margarine spéciale cuisson, les déguster tels ou un peu salés.
Les feuilles sont surtout intéressantes en beignets. On les plonge dans une pâte à beignets et on fait frire. C'est un plat de résistance en survie lorsque l'on s'autorise la farine et l'huile dans le sac. Séchées et brûlées, les feuilles peuvent être utilisées comme succédané du sel.

  • Médicinal
Le tussilage est connu depuis l'antiquité comme plante pectorale. C'est l'une des plus efficaces. Elle calme la toux, adoucit les muqueuses des bronches et facilite l'expectoration. Ses indications sont donc la bronchite, la trachéite, et le rhume. Mais pour ce dernier cas, je préfère personnellement le lierre terrestre. On laissera infuser pendant 10 minute 5gr de fleurs pour une tasse d'eau bouillante . Prendre trois à quatre tasses par jour. Ce breuvage a un goût assez désagréable. Pour le masquer je sucre avec du miel de lavande et j'ajoute quelques feuilles de menthe pouillot (mentha pulegium, L.) et deux à trois brins de serpolet (thymus serpyllum, L.).
Curiosité : les trois mousquetaires étaient quatre. La tisane des quatre fleurs fait mieux encore. Les quatre fleurs sont sept. Le tussilage est l'une d'elle, en partie égale avec le bouillon blanc, la mauve, la guimauve, le coquelicot, le pied de chat et la violette. Cette tisane a le même usage que le tussilage seul.

Les feuilles sont utilisées en usage externe comme désodorisant et anti-transpirant des pieds. Pour cela, on prépare une décoction de 200gr de feuilles séchées à faire bouillir dans 1 litre d'eau pendant 15 minutes. On filtre la préparation et on l'ajoute au bain de pieds tiède.

  • Cosmétique
Les fleurs sont utilisées en lotion pour nettoyer et tonifier les peaux grasses. Pour cela on fait infuser pendant 10 minutes, 50 grammes de fleurs séchées dans un litre d'eau bouillante.La préparation refroidie, la conserver au réfrigérateur.
Les feuilles servent à préparer une lotion censée sinon effacer du moins atténuer les rides. Elle est utilisée depuis l'antiquité. Je la rapporte sans garantir les résultats. Il s'agit d'une décoction de 400gr de feuilles séchées que l'on fait bouillir dans un litre d'eau pendant 10 minutes. Filtrer et conserver dans un endroit frais.

  • Divers
Parmi les autres usages, on peut utiliser les feuilles séchées comme succédané du tabac. On les fait sécher rapidement près d'une source de chaleur, on les coupe en fines lanières et on les utilise comme du tabac. Cette préparation en a vaguement le goût, pas l'odeur . Elle est antitussive , dégage les bronches, n'a pas les effets néfastes du tabac mais elle ne le remplace pas vraiment. Tous les accrocs, j'en étais jadis, en témoigneront.
Enfin, selon F. Couplan, les feuilles teignent la laine en jaune verdâtre avec de l'alun, et en vert avec du sulfate de fer. Cet usage n'est pas mentionné dans le guide des teintures naturelles de D. Cardon et G. du Chatenet.

Dimanche 14 Mars 2010 Commentaires (1)

Nature - environnement

Une éolienne représente un investissement non négligeable. Une « ferme » d'éolienne marque le paysage et le défigure. Elle représente une source importante de nuisances pour les riverains du site, nuisances souvent niées par les aménageurs et les élus locaux sensibles aux retombées financières. Il faut se demander honnêtement si le jeu en vaut la chandelle (si l'on ose dire!).
Voici quelques informations pour forger son opinion.


Il faut une vitesse du vent supérieure à 10m/seconde, soit 34km/heure pour qu'un aérogénérateur produise de l'électricité. Pourtant les marchands d'éoliennes cherchent à en implanter en Auvergne sur le plateau du Cézallier et les mont de la Madeleine où le vent n'atteint ou dépasse une telle vitesse seulement 30 jours par an selon Météo-France. Ce qui veut dire que les éoliennes implantées en ces lieux ne pourront pas fournir d'énergie 335 jours sur 365 soit 90% du temps. En France métropolitaine, ce n'est pas comme en Guadeloupe où les éoliennes installées sur la côte est profitent des vents alizés qui soufflent à la vitesse de 10m/seconde 90% de l'année source : La Galipote, Hiver 2009 – 2010, p. 17[ http://www.lagalipote.fr]
Les régions de l'hexagone où les éoliennes seraient assez productives sont rares et là où elles pourraient l'être , c'est là aussi que leurs impacts sur le paysage seraient les plus graves.
Promouvoir les énergies renouvelables, c'est bien mais prenons garde à ne pas vendre que du vent.[

Dimanche 7 Mars 2010 Commentaires (0)

Fontenay-aux-Roses

Puisque la question semble intéresser, voici le texte de ma deuxième intervention lors du Conseil communautaire du 17 septembre 2009 qui motive notre vote concernant l'adhédison au syndicat Autolib.


Pour une fois, je serai d’accord avec vous. Je n’ai pas une vision aussi idyllique que celle de Pascal BUCHET. Je suis un peu perplexe et je ne comprends pas pourquoi nous avons ce soir une nouvelle délibération. Lors du dernier conseil communautaire, nous avons déjà voté une délibération précisant que nous allions adhérer conditionnellement à Autolib’ ; la condition était le changement de l’article 15 des statuts afin qu’il soit clair que nous ne supporterions pas un déficit d’exploitation. Si cette condition avait été satisfaite, une nouvelle délibération n’était pas nécessaire. Pour quoi cette nouvelle délibération ? Parce que la condition n’a pas été satisfaite. Il faut distinguer une promesse et une réalisation, un acte effectif et la promesse de le faire. Lorsque vous parlez d’une assemblée d’élus qui représentent des communes et des agglomérations, vous imaginez bien que tout le monde va être d’accord pour ne pas contribuer au déficit. Vous dites que cela va figurer dans des clauses, mais nous ne les connaissons pas, personne ne les a vues. D’ailleurs c’est sur des clauses de ce type qu’il existe des conflits entre le délégataire et Velib’. Nous n’avons donc aucune garantie. En nous re-proposant cette délibération, on veut nous forcer à adhérer. En revanche, on voit à la lecture des documents, que la plupart des communes et des agglomérations sont prudentes, elles ont pris 20% de stations. Mais si on prend le minimum, le maillage est insuffisant. Paris a donc déclaré qu’il allait installer les stations gratuitement, pas tout à fait gratuitement cependant car la Région ne s’est pas encore prononcée sur la subvention et les collectivités devront restituer les droits de voirie, dont on ne sait pas comment ils sont calculés, ils sont variables d’une commune à l’autre... Nous n’avons donc pas de nouveau plan de financement, nous ne savons pas quel sera le manque à gagner, nous sommes dans l’inconnu sur le plan financier.

Quant à nos exigences, je rejoins M. BERGER car nous avons 30 voix sur 700...
Pour sortir du syndicat, il faut une majorité qualifiée des deux tiers et une indemnité sera à payer. Donc quand on rentre à Autolib’, on s’engage à vie !
Je ne vais pas revenir sur les réserves de fond, sur notre opposition au projet d’Autolib’ et son concept. Dans le compte rendu des ateliers thématiques Autolib’, des 15, 16, 19, 22 et 23 juin 2009, on découvre des problèmes techniques. A Fontenay, nous aurions aimé une station vers la gare pour un maillage souple difficile à réaliser géographiquement.
Or, on lit « Si des stations Autolib’ doivent être construites à proximité immédiate des gares de transports en commun, cela doit se faire dans une seconde étape afin de ne pas nuire à la pérennité du dispositif lors de son lancement. » Donc, pour nous, pas de station à proximité de la gare.
On lit également page 3 : « Enfin il est rappelé par l’APUR qu’Autolib’ n’a pas été conçu pour être un palliatif à l’offre générale de transports collectifs mais bien une offre complémentaire. Aussi les stations ne seront pas implantées dans des territoires mal desservis où la demande en déplacements ne serait pas importante, d’autant plus que ces stations isolées seraient coûteuses en termes de régulation pour l’opérateur et en termes d’image pour les communes membres du syndicat mixte. » Donc, ce système est valable pour Paris et les quartiers qui touchent le périphérique mais pas pour le reste. C’est un système complémentaire dans les zones où il y a déjà des transports en commun. Complémentaire pour qui ? Pour ceux qui ne veulent pas prendre les transports en commun. Qui ne veut pas prendre les transports en commun ? Les bourgeois. Et pourquoi ? Parce que c’est du transport en commun.
Un exemple : un naturaliste de ma connaissance habitait Marne-la-Coquette. Je lui vantais les mérites des transports en commun et il m’a répondu que, certes les transports en commun sont écologiques mais que sa femme ne voulait pas se retrouver avec sa femme de ménage. Voilà la vérité.
Autre remarque, page 6. Lorsque l’abonné se rend à la station, il peut arriver qu’il n’y ait plus de voiture. Que faire ? On va lui envoyer un taxi plutôt qu’une voiture d’Autolib’ avec un « jockey » car ce serait trop cher.
Autre problème : si je me rends à la station souhaitée et que je ne trouve pas de place pour me garer, que vais-je faire ? Le problème n’est pas résolu.
Pour terminer, je vais revenir à la dimension sociale. Tout le monde sait, y compris les promoteurs du projet, que la dimension sociale n’est pas primordiale : la prise en compte des populations les moins favorisées financièrement pose des problèmes. Je vais lire le passage sur le sujet : « Les participants s’entendent sur la nécessité qu’Autolib’ soit accessible aux personnes disposant de revenus peu élevés, afin d’inciter les usagers à abandonner leur VP. (Mais il y a des personnes disposant de revenus peu élevés qui n’ont pas de voiture, on ne semble pas s’en rendre compte.) Pour cette raison il est souligné qu’il s’agit de veiller à ne pas rendre le dispositif inaccessible aux populations défavorisées. Il est proposé de mettre en place par exemple des formules « sans abonnement » permettant un usage à la demi-heure plus coûteux pour l’usager, (autrement dit, pour rendre le service plus abordable, on va le faire plus coûteux) mais sans l’engagement financier permanent de l’abonnement mensuel. » Autrement dit, on veut bien que l’usager n’utilise le service que de temps en temps, mais on va le rendre un peu plus
cher. C’est un peu scandaleux. Plus loin : « Un intervenant suggère que le syndicat mixte devra prendre contact avec les partenaires sociaux afin d’étudier une façon de rendre le service accessible aux moins favorisés (par le remboursement d’une partie des frais engagés par exemple). Par contre l’idée d’une tarification différenciée selon des critères sociaux semble plus difficile à mettre en place. » Pourquoi difficile à mettre en place ? Parce que d’un côté, il ne faut pas le mettre trop cher pour que les bourgeois puissent utiliser le service et que ce soit intéressant de ne pas avoir une deuxième voiture, mais il ne faut pas trop racler sur les bénéfices du délégataire.
On se pose la question du délégataire pour l’eau, mais pas pour Autolib’ : il doit faire son beurre. Et on dit aux partenaires sociaux : c’est vous qui allez payer pour que les personnes défavorisées accèdent au service. C’est la cerise sur le gâteau qui me fait dire que ce projet ne vaut rien, et dans son concept et au niveau social.
En résumé, cette délibération n’avait pas lieu d’être, on nous force la main. Ce projet n’est pas bon écologiquement - je l’ai démontré la dernière fois -, il n’est pas bon sociétalement parce que l’on ne change pas les habitudes des gens, il n’est pas bon socialement. C’est pourquoi notre groupe votera contre. Nous voulons prendre date.
NB : Depuis cette date, la majorité socialiste du Conseil régional a fait adopter la subvention demandée par Autolib.

Dimanche 7 Mars 2010 Commentaires (0)

Dans un communiqué de presse du 6/03/2010, le Réseau "Sortir du Nucléaire" révèle des documents internes à EDF qui montrent que la conception du nouveau réacteur EPR du type de celui qui est en construction à Flamanville implique un risque d'explosion de type Tchernobyl. Voici ce communiqué.


Réseau "Sortir du nucléaire"
Fédération de 872 associations
agréée pour la protection de l'environnement
http://sortirdunucleaire.org/

Communiqué de presse

Révélations d’une source interne à EDF : l’EPR risque l’accident nucléaire !

Le Réseau « Sortir du nucléaire » révèle des documents confidentiels, divulgués par une source anonyme interne à EDF. Ces documents démontrent que la conception de l’EPR implique un sérieux risque d’accident majeur – risque pris en conscience par EDF pour des raisons de calcul économique. Potentiellement sujet à un emballement dont les conséquences seraient incontrôlables, l’EPR s’avère donc extrêmement dangereux.


Le Réseau "Sortir du nucléaire" a constitué un groupe d’experts pour analyser de façon approfondie ces documents, qui nous ont été envoyés très récemment. Voici les premiers enseignements que l’on peut en tirer, ils sont de première importance.

Certains modes de pilotage du réacteur EPR peuvent provoquer l’explosion du réacteur à cause d’un accident d’éjection de grappes (qui permettent de modérer, d’étouffer la réaction nucléaire). Ces modes de pilotage sont essentiellement liés à un objectif de rentabilité économique, qui implique que la puissance du réacteur puisse être adaptée à la demande électrique. Ainsi, dans le but de trouver une hypothétique justification économique à l’EPR, ses concepteurs ont fait le choix de prendre le risque très réel d’un accident nucléaire. De plus, l'essentiel des arguments en faveur de l'EPR (puissance, rendement, diminution des déchets, sûreté accrue) s'avèrent faux.

EDF et Areva ont tenté de modifier le pilotage du réacteur : ces efforts n'ont pas abouti à des parades éliminant cette classe d'accidents. L'Autorité de Sûreté Nucléaire (ASN) a semble-t-il été tenue à l'écart de ces questions.

Il semble donc bien que la conception de l’EPR accroisse le risque d’un accident de type Tchernobyl, qui entraînerait la destruction de l’enceinte de confinement et la dispersion massive de radionucléides dans l’atmosphère.

Les 8 et 9 mars, Paris accueille une conférence internationale pour inviter 65 pays à se doter de la technologie nucléaire. Cette conférence sera ouverte par Nicolas Sarkozy et animée par le Directeur Général de l’AIEA. Il est scandaleux que la France continue ainsi à faire la promotion du nucléaire en général, et de l’EPR en particulier, alors même que la dangerosité de ce réacteur est aujourd’hui démontrée. Il faut donc abandonner immédiatement la construction de l’EPR en Finlande, en France et en Chine, et annuler impérativement le projet prévu à Penly. Le meilleur moyen d'éviter l'accident nucléaire reste la sortie du nucléaire.

Le scénario accidentel en détail :

Selon les calculs d’EDF et d’Areva, le pilotage du réacteur en mode RIP (retour instantané en puissance) et la disposition des grappes de commande du réacteur peuvent provoquer un accident d’éjection des grappes de commande à faible puissance et entraîner la rupture de l’enveloppe du mécanisme de commande de la grappe (i). Cette rupture provoquerait le passage du réfrigérant en-dehors de la cuve du réacteur nucléaire. La perte de réfrigérant (un type d'accident nucléaire très grave) entraînerait la rupture d’un nombre important de crayons par échauffement du combustible et des gaines (ii) et donc le relâchement de vapeur extrêmement radioactive dans l’enceinte de confinement. Il y a alors un risque important d’excursion critique qui résulterait en une explosion (iii), la puissance du réacteur EPR étant démultipliée de façon extrêmement brutale.

Suite aux éjections des grappes de commande à faible puissance (EDG), le réacteur EPR pourrait ne pas se mettre en arrêt automatique (iv). Quelle que soit la configuration des grappes de commande, l’accident d’éjection de grappe de commande entraîne un taux important de rupture du combustible (NCE) et donc un risque élevé d’excursion critique (v).

Pour plus de détails, consultez les documents confidentiels que nous révélons, divulgués par une source anonyme interne à EDF (notamment le document n°1), téléchargeables sur le site :
http://www.sortirdunucleaire.org

> Liste des documents :

1 - Synthèse - Une technologie explosive : l’EPR (non daté - non signé)

2 - Bilan de la phase préliminaire de l’étude d’EDG FA3 et perspectives (EDF SEPTEN 05.05.2009)

3 - EPR - Gestion combustible - Lot 1 -Revue de conception du schéma de grappes FA3 du 25/10/2007

4 - EPR FA3 Synthèse de l’étude de faisabilité de l’accident d’éjection de grappe (EDF SEPTEN 09.02.07)

5 - EPR FA3 Synthèse des voies de sortie de la problématique éjection de grappe (EDF SEPTEN 07.05.07)

6 - Note d’étude : Présentation synthétique de l’EPR (EDF SEPTEN 04.05.04)

7 - Note de présentation de la deuxième revue de projet radioprotection EPR (EDF, printemps 2004)

8- Marges disponibles pour les activités d'exploitation du REP par rapport aux risques de criticité (Hourtoulle Francis. Le 7 décembre 1999)
Notes :

i cf. paragraphe 6.1.6 du document n°4

ii cf. tableau 3, document n°4

iii cf. document n°4, document n°5 partie 2, Rapport Préliminaire de Sûreté EPR 15.2.4.e

iv cf. document n°2, note 9

v cf. document n°2, note 8.2.1

Samedi 6 Mars 2010 Commentaires (0)

Contre l'avis de l'Autorité de Sureté Nucléaire (ASN), le gouvernement a décidé d'autoriser par décret le recyclage des métaux, plastiques et gravats faiblement radioactifs issus du démantèlement d'installations nucléaires, de manière à s'en servir à la fabrication de ciment ou d'acier. Ce décret permettra de recycler des millions de tonnes de rebuts radioactifs comme ceux qui proviennent du démantèlement des installations du CEA de Fontenay-aux-Roes, qui jusqu'à présent devaient rester confinés dans les filières nucléaires sans possibilité de diffusion dans le domaine public.
Constituant une dérogation à l'interdiction prise en 2002 d'interdire le recyclage de ces déchets nucléaires dans les produits de construction et les biens de consommation, ce décret va permettre de disséminer sur le marché des objets de consommation courante contenant des matières faiblement radioactives. On verra également des vélos, des voitures, des maisons, etc, réalisés avec des matériaux issus de ce recyclage. Ce décret, paru au Journal Officiel le 14 mai 2009, est passé inaperçu, jusqu'à ce que la CRIIRAD découvre le pot aux roses.
Je reproduis ici le communiqué de la CRIIRAD que vous pouvez retrouver sur son site.


La CRIIRAD
demande l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009


- En 2002, deux garanties essentielles pour la protection du public contre les dangers des rayonnements ionisants ont été inscrites dans le CODE DE LA SANTE PUBLIQUE (CSP) :

o L’INTERDICTION D’AJOUTER délibérément des substances radioactives dans les aliments, les biens de consommation et les produits de construction (cf. article R.1333-2) ;

o L’INTERDICTION D’UTILISER des matériaux et des déchets provenant d'une activité nucléaire – et qui sont CONTAMINES ou susceptibles de l’être – pour la fabrication de biens de consommation et de produits de construction (cf. article R.1333-3).



- Le 5 mai 2009, un ARRETE INTERMINISTERIEL a instauré une procédure de DEROGATION à ces interdictions, une procédure particulièrement laxiste. Cet arrêté a été publié en dépit d’un AVIS DEFAVORABLE de l’Autorité de Sûreté Nucléaire.

Cinq produits seulement sont exclus des dérogations et protégés des contaminations radioactives :
1/ les aliments ; 2/ les produits cosmétiques ; 3/ les parures ; 4/ les jouets ; 5/ les matériaux en contact avec les aliments et les eaux.

- Le 10 juillet 2009, la CRIIRAD a adressé au Conseil d’Etat un RECOURS pour excès de pouvoir. La demande d’annulation de l’arrêté est basée sur des ARGUMENTS de légalité interne et externe.

- Le 6 novembre 2009, sans attendre le résultat de la procédure contentieuse, la CRIIRAD adressait une LETTRE OUVERTE aux 3 ministres compétents : Mme BACHELOT, ministre en charge de la santé, Mme LAGARDE, ministre en charge de la consommation et M. BORLOO, ministre en charge de la construction, leur demandant d’abroger l’arrêté du 5 mai 2009 sans attendre l’issue de la procédure contentieuse.

- En complément de ces démarches, la CRIIRAD appelle les consommateurs et les associations à se mobiliser et à demander aux autorités le maintien des interdictions et l’abrogation de l’arrêté du 5 mai 2009. Des MODELES DE LETTRES sont à la disposition de tous ceux qui souhaitent participer à la campagne. Le recyclage des matériaux radioactifs doit rester confiné dans les filières nucléaires (CENTRACO et D’HUART INDUSTRIE), sans possibilité de diffusion dans le domaine public.


Jeudi 11 Février 2010 Commentaires (0)

Malgré l'opposition du groupe Les Verts, le Conseil Communautaire de Sud de Seine a décidé d'adhérer à Autolib. Ce dispositif est pourtant une fausse bonne idée.
Voici la transcription de mon intervention dans laquelle les raison de mon groupe.


Nous avons pour la « petite reine » les yeux de Chimène. Ce n’est pas pour autant que l’on jette les voitures aux gémonies. Je ne vais pas me placer de ce point de vue pour critiquer AUTOLIB, mais d’un point de vue technique.

On nous dit qu’Autolib va bénéficier à l’environnement, qu’il y aura moins de bruit. Mais, même sans étude détaillée, il faut prendre en compte l’échelle. Combien aurons-nous de véhicules Autolib ? Au maximum 12 000 en Île-de-France et pour nous 212, au maximum, et 70 au minimum, puisque c’est la prévision retenue. Croyez-vous que sur l’ensemble des véhicules qui traversent nos villes, prennent nos rues et nos quatre voies, cela va entraîner une diminution significative du bruit routier ? Non, ce sera insignifiant.
De plus, il se peut que, lorsque qu’une station sera pleine, on soit obligé de ramener les voitures à une station où il y a moins de voitures. Il faudra alors transporter et faire du bruit.
Réduction de la circulation ? Il n’y en aura pas, il y aura transfert d’un type de véhicule à un autre, au mieux stabilisation de la circulation, au pire augmentation. Un effet pervers est possible : Autolib peut détourner certains utilisateurs des transports en commun assez argentés vers ce moyen de transport.
Pollution de proximité ? Là encore c’est une question d’échelle : ce n’est pas avec 12 000 véhicules que l’on va réduire la pollution. Voilà pour l’environnement.

D’autre part ce projet est encore extrêmement flou. On nous a dit qu’il n’y aurait pas de réservation préalable, puis on nous a dit le contraire. Il faut être clair.
Ensuite, qui entretiendra le véhicule entre deux utilisateurs ? Il y a des goujats partout...
Comment les choses vont-elles se passer si toutes les voitures vont dans le même sens ? Supposons que l’on mette une station à Fontenay, vers la gare et une autre vers le CEA... Toutes les voitures seront au CEA...
C’est tellement compliqué qu’à Saint-Quentin en Yvelines, un système de ce type a été proposé, expérimenté
pendant un an et demi puis abandonné parce que c’était le bazar.
Passons maintenant à l’aspect financier. Nous avons pris 12 stations au minimum. L’agglomération devrait payer 610 000 €, ce qui fait un peu plus de 50 000 € par station, ce qui n’est pas donné pour un maillage grossier : 2 stations à Fontenay, 3 à Bagneux, 4 à Clamart, etc., enfin ce n’est pas beaucoup... Pour un maillage fin, comme à Paris, il faudrait 37 stations c’est-à-dire un investissement de 1 835 000 €. Ensuite, le prix pour l’utilisateur. Ce n’est pas à la portée de toutes les bourses, c’est 15 € par mois, plus 5 € par demi-heure d’utilisation. C’est très bien pour les bobos qui ont décidé de ne pas avoir de voiture à Paris. Ils ont raison, ils n’ont pas de voiture et ils se servent de temps en temps d’Autolib. Mais en banlieue, quand on n’a pas de voiture, c’est parce qu’on ne peut pas se la payer. Or, si l’on ne peut pas se payer de voiture, pourra-t-on se payer 15 € d’abonnement plus 5 € par demi-heure ? C’est presque aussi cher qu’un taxi.

Enfin, il y a l’aventure puisque l’article 15 prévoit que si le fonctionnement dérape, il faudra mettre la main à la poche. Paris a répondu : « Adhérez, acceptez les statuts et après on se réunira et on les modifiera. » Non, ce qu’il faut dire, c’est « si on ne modifie pas les statuts avant, on n’adhère pas ».
Il existe aussi un problème de gouvernance avec l’article 8 qui prévoit, outre des pénalités financières en cas de retrait du dispositif, une majorité des 2/3 des voix pour que l’on puisse se retirer. Or il y a 2 000 stations et on a une voix par station ; nous aurons 12 voix au pire et 37 au mieux. Paris en aura 700 et son poids sera écrasant, celui de Sud de Seine insignifiant. Paris fera ce qu’il voudra et nous serons obligés d’accepter. La gouvernance n’est donc pas au point, elle est aussi à revoir.
Reste un problème de logique : nous allons lancer un plan de déplacement. Ce plan montrera-t-il la nécessité d’Autolib ? Y a-t-il une demande ? Je n’en suis pas certain. Mais je ne peux pas y répondre avant que l’on ait fait le plan de déplacement. Paris a son propre tempo et nous dit, comme en prévente par souscription : « Si vous n’adhérez pas tout de suite, ce sera plus cher. »
Paris nous impose tout, des modifications et maintenant des délais : non, il a son délai, nous avons le nôtre.
Nous, les Verts, nous ne sommes pas opposés à l’amélioration du transport personnel en voiture mais il faut réfléchir. Pourquoi ce système plus que d’autres qui existent aussi, l’auto-partage et d’autres. Ce système est-il le plus approprié ? Je n’en sais rien. Il est vrai que dans certaines conditions, si ce problème de gouvernance était résolu, peut-être que pour Fontenay ce serait un maillage souple avec les transports en commun. Nous avons un problème à Fontenay, la gare RER en bas, le tram en haut et le métro à Châtillon. Étant donné la
géographie, il ne faut pas espérer un maillage. Faire tourner des navettes sans arrêt n’est pas non plus très bien, écologiquement. Un système souple qui aille de la gare de Fontenay à Châtillon ou au CEA, ce n’est pas une mauvaise idée. Mais Autolib me paraît un système bien lourd pour cela.

Mercredi 10 Février 2010 Commentaires (1)

Les vacances d'hiver vont ont commencer. Dans une dizaine de jours ce sera au tour des Parisiens d'aller bouchonner sur les routes des usines à ski qui tiennent du cauchemar écologique.
Voici à titre d'illustration des ravages qu'ont causés la construction de ces usines, L'édifiante histoire (hélas vraie) des martres de Chamrousse racontée par J. F. Noblet dans son livre sur ce petit animal (La martre, Belin- Éveil Nature, Ed., p.62-63) texte où, sans perdre son humour, il nous fait partager son amertume et sa révolte de naturaliste amoureux de la nature devant de telles horreurs.


A Chamrousse, Il fut un temps où les martres et tout le peuple de poils et de plumes, petits et grands, occupants immémoriaux des lieux, menaient leurs petites vies ne rencontrant de temps à autre comme bipèdes que quelques bergers.
«  la révolution commença en 1968, l'année des Jeux Olympiques. Ce fut une armée de bûcherons qui tronçonna la forêt, puis un escadron de bulldozers qui aplanirent les bosses, évacuèrent les rochers et les souches. La prairie sauvage remplie de sauterelles et de criquets fit place à un gazon de ray grass insipide et désertique.

L'invasion se poursuivit avec des flots de voitures polluantes et des milliers de mammifères bipèdes s'agglutinant sur des remontées mécaniques et comblant leur désœuvrement à monter et descendre sur deux planches. Le territoire des martres fut enclavé, découpé, pollué, et la faune s'en écarta. » Les martres rescapées durent chercher leurs nourritures dans les déchets ménagers. Certaines d'entre elles se firent ainsi piéger dans les containers à ordures ménagères où ces petits animaux peuvent entrer facilement mais ne peuvent plus escalader les parois lisses pour ressortir. « Les martres n'eurent même pas la nuit pour se refaire une santé. En effet, les dameuses sillonnaient les pistes jusqu'à l'aube et pour comble de malheur, on inventa le ski de nuit, sous projecteurs et musique disco » Toute la faune partit en exil, « demandant l'asile politique au Parc National le plus proche » Les martres n'ayant plus ni gite ni couvert désertèrent, elles aussi les lieux. Il n'en resta plus qu'une, un jeune mâle « un peu fou » que l'auteur retrouva noyé dans un bassin artificiel, appelé bien à tort un lac, « avec des berges en pente à quarante cinq degrés couvertes d'un plastique vert servant d'étanchéité. Aucune plante ne colonise ses rives glissantes et dangereuses. » Ce piège mortel pour toute la faune qui y tombe sert de réserve pour faire de la neige artificielle bien improprement baptisée « neige de culture ».JF Noblet repêcha le corps de la malheureuse victime et l'autopsia. Il trouva dans son estomac ...une semelle de chaussure. Il conclut son histoire ainsi : « Je me rendis à l'évidence la dernière martre de Chamrousse avait consommé une semelle de chaussure en cuir! Sinistre époque où, pour survivre, il faut avaler la crasse et la sueur des humains »
Bonnes vacances et bon ski.

Mercredi 10 Février 2010 Commentaires (0)

Ils ont surestimé la gravité et l'ampleur de l'épidémie de grippe porcine, pudiquement baptisée A/H1N1 pour masquer son origine, l'élevage industriel de porcs au Mexique. S'ils se sont trompés sur ce sujet, ne se trompent-ils pas aussi sur l'évolution du climat, un sujet controversé où d'éminents et respectables scientifiques sont suspectés de tricher?


Grippe porcine : les experts se sont trompés !

La grippe porcine devait être une catastrophe sanitaire avec des millions de malades et des morts par milliers, l'économie paralysée, les services publics perturbés. Pour parer au pire qui s'annonçait, les plans d'urgence succédaient aux plans d'urgence. Le ministère de la santé mettait en place une campagne de vaccination de masse et avait commandé 94 millions de doses de vaccin. Tout cela pour une petite grippette de rien du tout qui a fait bien peu de malades et très peu de victimes. Il semblerait aussi que la plupart de ces malheureuses victimes souffraient déjà de graves pathologies. Bref, la catastrophe sanitaire attendue n'a pas eu lieu. C'est tant mieux pour nous et tant pis pour Madame Bachelot, cible facile de « l'opposition », avec ses millions de dose sur les bras. « Opposition » qui, si elle avait été aux affaires, aurait sans doute fait approximativement la même chose. Ce n'était même pas une question de précaution mais des mesures de prévention car les experts étaient formels, l'épidémie allait sévir durement. Au pays de Pasteur, la prévention, c'est la vaccination. Bref, à moins d'approuver la position des ligues anti-vaccinales, c'est trop facile de s'en prendre au ministre. Madame Bachelot a fait ce qu'elle devait faire. Ce sont les experts qui sont à blâmer. Ils se sont trompés ou, plus grave, ils l'ont trompée. Cette seconde hypothèse est de loin préférable pour beaucoup de gens qui font une confiance absolue en la science, la même que celle que l'on accordait jadis à la religion. En effet, si les experts s'étaient réellement trompés, cela voudrait dire qu'ils sont faillibles, que leur science, que la Science est faillible. Et cette faillibilité que peu de philosophes des sciences contestent, qu'un grand nombre de chercheurs reconnait, est une vérité qui dérange.

Certes, des résultats biaisés, des experts aux ordres, c'est une navrante banalité dans des domaines où les conséquences financières, politiques et militaires sont considérables ; par exemple le nucléaire, les OGM, la téléphonie mobile, etc. Dans le cas de la grippe porcine, on s'est empressé de mettre en évidence que les experts qui avaient conseillé les pouvoirs publics entretenaient des liens étroits avec l'industrie pharmaceutique. Est-ce que cela les a influencés?
En fin de compte, que les experts se trompent ou qu'ils nous trompent, la conclusion est la même : le dire d'expert n'est pas parole d'évangile.
Effet de serre : et si les experts se trompaient?

Déjà, ils ne sont pas d'accord entre eux...

Si les experts se sont manifestement trompés ou s'ils nous ont induits en erreur dans le cas de la grippe porcine, ils peuvent se tromper aussi dans d'autres cas, l'effet de serre par exemple. D'autant que la prévision du climat est un exercice fort complexe et incertain. Des désaccords persistants subsistent entre les scientifiques, moins d'ailleurs sur la réalité du réchauffement que sur ses causes et le rôle joué par le carbone d'origine anthropique. L'augmentation du gaz carbonique est-il un indice du réchauffement ou une cause? La conception majoritaire considère que l'origine du réchauffement est anthropique, mais en science une majorité ne fait pas la vérité. Et les arguments des dissidents ne manquent pas.

...sont-ils crédibles?

Selon la revue L'écologiste, parmi les « dissidents » , il y avait un scientifique, Frederick Steiz qui a travaillé pour le cigarettier Reynold. Il a été chargé de diriger un programme de recherche visant à montrer qu'il n'y avait pas de corrélation significative entre la cigarette et le cancer. De plus « le George Marshall Institute, think tank fondé par le même physicien Stiez(décédé en mars 2008) est aujourd'hui financé par Exxon Mobil. Le but de ce laboratoire d'idées est de financer des recherches pour réfuter le lien entre émissions de gaz à effet de serre et changement climatique. »
Les « majoritaires » pour qui le changement climatique est d'origine anthropique ne sont pas irréprochables non plus. La genèse du GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) ne plaide pas en faveur de sa neutralité. La voici telle que racontée par Renaud Russeil dans la revue Biocontact . « Dans les années soixante, un scientifique suédois, Bert R. J. Bolin, suppose qu'une surproduction de dioxyde de carbone générée par l'activité humaine pourrait contrecarrer le refroidissement climatique (refroidissement, ce n'est pas une erreur) annoncé par plusieurs média internationaux. L'énergie est un problème majeur de l'époque. On vient de vivre le premier choc pétrolier (1973). Dix ans plus tard, Margareth Thatcher politise le danger du CO2 : elle demande à un groupe de scientifiques de prouver que le CO2 est responsable des changements climatiques. Exploitant la thèse de Bolin, elle menace d'abandonner les mines de charbon pour se tourner vers le nucléaire ; elle contrera ainsi une nouvelle grève des mineurs (1984) et se débarrassera de la dépendance vis-à-vis des pays producteurs de pétrole. Le GIEC (Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) vient de naître. Bolin en devient le premier président en 1988. »
Ni les climatosceptiques, ni les majoritaires ne correspondent à l'image d'Épinal du chercheur désintéressé. Est-ce que cela suffit à leur enlever toute crédibilité? Je ne le pense pas. D'abord, il est difficile de travailler sans hypothèse directrice. Ensuite, les motivations du chercheur peuvent être l'argent, la puissance, la gloire..., motivations qui peuvent faire passer tout le reste au second plan. Cela n'entachera pas la valeur de ses résultats et leur objectivité s'ils sont établis conformément aux standards en vigueur dans la discipline et soumis au contrôle de ses pairs.
C'est lorsqu'il « triche » qu'un expert ou un groupe d'experts n'est plus crédible. Cette tricherie peut prendre de nombreuses formes. Dans le cas présent, à quelques jours de l'ouverture du sommet de Copenhague, un groupe de hackers a publié un millier de courriels et 3 000 documents échangés entre des climatologues de la Cellule sur la Recherche Climatique de l'Université East Anglia (CRU) et leurs homologues du monde entier. Leur lecture semble montrer que ces chercheurs auraient altéré leurs données pour renforcer la thèse d'un réchauffement climatique dû aux émissions anthropiques de CO2. Phil Jones, le directeur du CRU dont de nombreux courriels ont été piratés, a temporairement quitté ses fonctions. Bien entendu, les climatologues incriminés crient au complot. Dans ce débat, extrêmement confus, on mélange tout, le réchauffement climatique, ses causes, etc.
En résumé, il semble bien difficile de savoir qui croire et que croire. Les changements climatiques ne sont pas des mythes mais leurs causes sont très mal connues et donc les prévisions très incertaines.

Appliquer le principe de précaution....

Voilà un cas presque d'école où doit s'appliquer le principe de précaution : il y a absence de certitude scientifique absolue, risque de dommages graves et irréversibles, il faut donc prendre des mesures conservatoires. Du point de vue de la connaissance, pour un esprit libre, informé et non prévenu, c'est le doute qui doit primer. Pour le décideur, il faut agir sans retard. Si mon esprit critique me commande de douter, mes responsabilités d'élu me commandent d'agir. Il faut mettre en oeuvre des mesures pour lutter contre le changement climatique, ce que nous faisons déjà à Fontenay-aux-Roses et à Sud de Seine, actions que nous allons systématiser, renforcer et évaluer grâce à la mise en place de notre projet territorial de développement durable.

On objectera qu'il n'y a dans le cas du changement climatique aucune certitude alors que le principe de précaution parle d'absence de certitude absolue, sous-entendant qu'il faut un début de certitude pour qu'il s'applique. Ce qui ne semble pas être le cas en ce qui concerne l'origine anthropique du changement climatique. Certes, mais il n'y a pas de certitude en faveur de la thèse des climato-sceptiques non plus. Et c'est bien pourquoi le principe de précaution doit s'appliquer. Mais il doit s'appliquer avec discernement. Les mesures prises ne doivent pas faire courir un risque de dommage grave, irréversible, immédiat et certain alors que le risque dont on cherche à se prémunir est hypothétique et à venir.

...avec discernement !

Par exemple, il ne s'agit pas de couvrir la planète de centrales électriques nucléaires pour limiter l'émission de CO2. La probabilité d'une catastrophe nucléaire industrielle tendrait vers la certitude. On voit bien pourquoi les nucléocrates sont des ardents défenseurs de la thèse orthodoxe, il faudrait avoir la certitude absolue que le changement climatique nous occasionne des dommages plus importants que ceux causés par une catastrophe nucléaire industrielle pour qu'il soit envisageable de courir le risque d'une nucléarisation renforcée de la production énergétique mondiale. Voila donc le nucléaire hors jeux. Ce n'est pas une réponse raisonnable au problème.
Les autres mesures principales à prendre sont :
les économies d'énergie, la recherche de la sobriété énergétique, l'utilisation d'énergies renouvelables. Cet ensemble de mesures est absolument nécessaire si l'on veut faire face à l'épuisement programmé des ressources fossiles.
Une alimentation moins carnée ; l'industrie de la viande serait responsable de 50% des émissions des gaz à effet de serre. Cela est essentiel pour notre santé et donc pour la sécurité sociale aussi.
Une « relocalisation » de l'économie et donc un frein souhaitable à la mondialisation.

Réchauffement climatique ou non, d'origine anthropique ou non, peu importe après tout, il faut prendre ces mesures de toute façon et pour des raisons indépendantes. Défendons les donc pour ce qu'elles sont et évitons de défendre inconditionnellement les conclusions d'un GIEC et de ses chercheurs attitrés qui ne sont, semble -t-il, pas tout à fait irréprochables.

Il faut se garder de tout catastrophisme exagéré. La situation de la planète et de ses habitants - tous ses habitants et pas seulement l'espèce humaine – est assez inquiétante. Il est inutile d'en rajouter.


Lundi 8 Février 2010 Commentaires (0)
1 ... « 31 32 33 34
Profil
Jean-François Dumas
Jean-François Dumas
Dernières notes
Macron et le slime 04/06/2017
Recherche
Galerie
Tilleul Boulevard de la République
Square Pompidou
Cerisier Rue des Ormeaux
Boîte aux lettres, chemin de Pont haut, Colmars-les-Alpes (04)
Sans titre, chemin de Pont haut, Colmars -les-Alpes
Meurtrière, Colmars-les-Alpes