Ségolène Royal avait battu en retraite dès Vendredi dernier.
Aujourd’hui Macron, le suppôt des marchands de pub bouffe à son tour son chapeau.


Il aura fallu pour cela que 60 000 personnes affirment leur opposition lors de la consultation publique obligatoire. Devant une levée de boucliers aussi massive qui montre le ras le bol des gens vis-à-vis du matraquage publicitaire, Ségolène Royal a été contrainte de convenir qu’il fallait en tenir compte « sinon cela remet en cause le principe de la consultation publique lorsqu'un texte a une incidence sur l'environnement» avait-elle déclaré.

C’est finalement ce qu’a dû également admettre à son corps défendant le suppôt des afficheurs, le fringant Emmanuel Macron. Devant le tollé soulevé par ce décret, il a capitulé à son tour au cours d’une conférence de presse organisée ce matin.

À propos de la mesure qui aurait permis l’implantation interdite jusqu’à présent de panneaux  de 12 m2 (4x3) scellés au sol dans les villes de moins de 10 000 habitants, il a déclaré : « À court terme, notre préférence, c'est d'abandonner une mesure qui n'était pas consensuelle »  « À court terme… » La capitulation ne serait-elle que provisoire ? Qu’en sera-t-il à moyen terme ? Il n’est pas du tout exclu qu’il tente de remettre le couvert à l’occasion et il faut rester vigilant.

Quoi qu’il en soit, finis les cadeaux aux afficheurs pour le moment et, espérons-le,  pour longtemps. De l’ancien projet de décret, il ne reste  plus que l’article 1 concernant l'autorisation de panneaux de 50 m2 pouvant être implantés jusqu’à 10 m de hauteur aux abords des stades de plus de 15 000 places, décret pris en prévision de l’euro de football : « Donnons-leur des jeux et de la pub » !

Toutes les autres dispositions scélérates ont passé à la trappe. Exit donc l'article 2 qui permettait d'installer des publicités scellées au sol dans les agglomérations de moins de 10 000 habitants, là où elles ont toujours été interdites, l'article 3 qui prévoyait une  grande tolérance vis-à-vis de la pollution nocturne par la publicité lumineuse,  l'article 4 qui légalisait des centaines de milliers de panneaux illégaux, l'article 5  qui permettait aux afficheurs de placer des mobiliers urbains numériques dans des agglomérations de moins de 10 000 habitants.

En politicienne habile, Ségolène Royal s’est empressée de siffler avec les merles pour s’attribuer le mérite du retrait de ce projet de décret contre Emmanuel Macron, son collègue mais peut-être pas ami. En fait ce retrait n’est pas sa victoire comme le titre France TV Info. Si victoire il y a – il reste tout de même les gigantesques publicités lumineuses sur les stades – c’est celle des associations qui ont mené campagne contre ce décret et celle des 60 000 personnes qui ont témoigné de leur désaccord lors de la consultation publique sur le site du Ministère de l’environnement. Et cela va bien au-delà de ce décret.

Tout d’abord, cette reculade ministérielle redonne le moral à tous ceux qui se mobilisent à chaque mauvais coup du gouvernement pour pétitionner ou pour participer à ces enquêtes. On peut réussir ! Si nous sommes assez nombreux – et il faut être très nombreux – le gouvernement peut reculer, au moins ponctuellement comme sur ce projet de décret.
 
Ensuite le retrait partiel de ce projet peut sinon faire jurisprudence
, du moins être un argument de poids lorsqu’une mobilisation de même ampleur se produira.

Enfin il faut tirer les leçons du maintien de l’article 1 du décret.

Il met  en application l’article 223 de la scélérate loi Macron qui stipule  que « les dispositifs publicitaires, lumineux ou non, implantés sur l'emprise des équipements sportifs ayant une capacité d'accueil d'au moins 15 000 places assises peuvent déroger au premier alinéa de l'article L. 581-9 en matière d'emplacement, de surface et de hauteur, dans des conditions fixées par décret en Conseil d'Etat ».

Dans le projet de loi initial, les stades devaient avoir au moins 30 000 places, soit le double !
 Avec l'article 1 du décret, la surface de ces panneaux peut atteindre 50 m2 au lieu des 12 m2 de la règle générale.
Il est évident que cet article aurait pu être plus restrictif et sur ce point, c’est Macron qui a eu le dernier mot « Sur ce volet, il n'y a pas de contestation, nous sommes d'accord pour que ce décret puisse paraître » a-t-il déclaré lors de cette conférence de presse.

De toute façon un article de décret ne peut pas remettre en cause un article de loi.
Cet article de loi a été voté par des députés qui ont été élus pour nous représenter mais qui ensuite légifèrent souvent à l’opposé de ce que souhaitent leurs électeurs. Ils ne prennent pas la peine de nous demander notre avis. A nous de leur donner en agissant en amont ! Si nous le faisons massivement, peut-être en tiendront-ils compte au moins autant qu’ils écoutent les lobbies. Après tout ce ne sont pas les lobbyistes qui ont en main un bulletin de vote. C’est nous, même si, après réflexion, certains parmi nous ne votent pas !

La suite du texte de l’article 223 de la loi Macron n’est pas souvent citée pourtant elle est importante : « L'implantation des dispositifs dérogatoires est soumise à l'autorisation du conseil municipal ou de l'assemblée délibérante de l'établissement public de coopération intercommunale compétent ou du conseil de la métropole de Lyon » En d’autres termes si les conseils municipaux, les agglos ou les communautés urbaines ne donnent  pas l’autorisation, ces « dispositifs dérogatoires » ne seront pas implantés.

Rappelons que la possibilité d’implantation de ces horreurs avait pour but de donner aux collectivités des recettes supplémentaires afin qu’elles puissent financer la rénovation des stades à l’occasion de l’Euro de football ou d’autres grands événements sportifs.
Il ne tient qu’aux habitants des villes concernées de faire pression sur leurs élus locaux pour qu’ils cherchent ailleurs des crédits pour cette rénovation. Il se pourrait donc que devant les mobilisations locales aucun de ces horribles panneaux ne voient le jour.

En attendant, ne boudons pas notre plaisir. Les paysages de la France, les entrées de ville de nombreuses communes ont obtenu au moins un sursis.
 
Mardi 9 Février 2016 Commentaires (0)

Huit ex-salariés de Goodyear ont été condamnés mardi à neuf mois de prison ferme pour la séquestration en 2014 de deux cadres dirigeants. C’est la première fois qu’une peine de prison ferme est prononcée pour des faits de ce type.


Selon Patrick Henriot, secrétaire national du Syndicat de la magistrature « Cette décision est un changement de regard de la justice sur les mouvements sociaux engendrés par le désespoir. Elle veut désormais se montrer intransigeante dans ces cas-là. Cela prouve que certains juges adhèrent aux principes de l’économie libérale et à la dureté de ses conséquences sociales ».

Il est évident que ce n’est pas seulement les juges qui se convertissent au libéralisme pur et dur, c’est aussi le cas du couple Valls/Hollande, socialistes renégats avec Macron pour gourou. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT voit juste lorsqu’il affirme que « Le procureur de la République a décidé seul de demander une peine d’emprisonnement. Il est le porte-parole du gouvernement et la lourdeur de la condamnation peut nous interroger sur le fait que cette demande a été faite au plus haut niveau de l’État, de l’Élysée ou de Matignon »

Pourquoi à l’énoncé de cette sentence, la grève générale n’a pas été lancée et pourquoi n’y a-t-il eu aucune manifestation dans les rues ? Il fut un temps, pas si éloigné, où une telle décision aurait entraîné des manifestations monstres. On peut se demander ce qu’il y a de plus affligeant, cette sentence où l’absence de réaction de tous les salariés qui sont sous la menace permanente de se trouver dans la situation des ex- Goodyears : sans emploi. Cette absence de réaction en dit long sur l’état de faiblesse des forces anticapitalistes et antiproductivistes. Le libéralisme économique triomphant  pourra continuer impunément ses ravages tant au niveau social qu’écologique jusqu’à la mort de l’homme et peut-être aussi de toute nature vivante sur cette planète.

Faut-il pleurer, faut-il en rire ? Peut-être un rire grimaçant, un peu jaune avec ce dessin de Charb
Condamnation des huit ex-Goodyear : une justice sous influence de l’ultra-libéralisme, aux ordres du duo Hollande/Valls
Mercredi 13 Janvier 2016 Commentaires (0)

Dans le flux des mauvaises nouvelles qui nous assaillent chaque jour, elles sont passées inaperçues ou pire n'ont pas été vue comme de bonnes nouvelles par les obsédés de la croissance qu'elle soit économique ou démographique.


Un monde sans Monsanto serait-il en train de naître ?

Monsanto, affecté par la chute des ventes des semences transgéniques, a renforcé son plan d'économies en supprimant 1.000 emplois supplémentaires pour faire face au plongeon des prix des matières premières agricoles.
La multinationale qui fabrique l’herbicide Roundup, va réduire 16% de ses effectifs globaux.
Monsanto n'a donné de détails ni sur les régions, ni les fonctions qui vont être affectées par cette cure d'austérité.
Le groupe, qui emploie 20.000 personnes, va aussi fermer des sites, déprécier des actifs et mettre fin à certains contrats commerciaux, selon des documents adressés à la SEC, le gendarme de la Bourse.
En tout, cette vaste restructuration devrait lui coûter jusqu'à 1,2 milliard de dollars. À Wall Street, le titre Monsanto perdait 1,73% à 95,07 dollars le 6 /01/2016. (Source : dépêche AFP reprise par de nombreux journaux)

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Moins nombreux, plus heureux !

 
« On peut parler d’un krach des naissances en 2015-2016 ! » selon Jean-Loup Durousset, le PDG du groupe Noalys et directeur de la maternité privée Natecia qui le déplore alors que c’est une excellente nouvelle.
Hélas, ce n’est pas encore la décroissance de la population française mais peut-être un signe annonciateur. Selon l’INSEE entre janvier et septembre 2015, on a enregistré en France 569 000 naissances, 16 000 de moins qu’en 2014, soit une baisse de 2,75%. Il faut remonter à 1999 pour retrouver un nombre de naissances aussi faible. Certes une hirondelle ne fait pas le printemps et il faudrait savoir si le taux de fécondité des femmes françaises qui est le plus élevé d’Europe a baissé pour décider s’il s’agit d’une tendance de fond.

Les dépenses de la sécurité sociales concernant les remboursements d’obstétrique ont diminuées dans le même temps de 4,9 %. Si la baisse des naissances se poursuit et atteint 40 000 naissances de moins dans l’année, selon les prévisions de Jean-Loup Durousset, les économies réalisées par la Sécurité sociale s’élèveront à 120 millions d’euros «  A raison de 3.000 euros par accouchement, si nous avons 40.000 naissances en moins dans l’année, cela permettrait de dégager 120 millions d’euros »(Source les Echos) Une petite contribution pour combler « le trou de la sécu » !
 
Samedi 9 Janvier 2016 Commentaires (4)

EELV poursuit ses relations brouillonnes avec le PS tandis que celui-ci continue de réprimer les manifestations et militants écologistes. Les assignés à résidence et autres tabassés, embastillés lors de manifs ne lui diront pas merci.

Bien entendu, il n’est nullement condamnable de chercher à avoir des élus et faire avancer certaines réalisations et d’en payer éventuellement le prix. Encore faut-il que ce prix ne soit pas exorbitant et que cela ne vienne pas remettre en question des orientations fondamentales ou brouiller l’image de l’écologie politique.

Par ailleurs au cours de cette élection régionale, la montée – prévisible – du FN a conduit PS et EELV à des aberrations.
Faire barrage au FN, certes mais pas au prix d’un suicide politique régional et à celui d’un appel à voter pour des listes conduites par des candidats et avec des programmes qui ne valent pas mieux que ceux du FN. C’est dans cette stratégie stupide que le PS a entrainé bon gré, mal gré EELV.


Jean-Luc Mélenchon est la sagesse même en la circonstance, lorsqu’il déclare : « Dans ces deux régions (PACA et Picardie Nord Pas-de-Calais), où il n’existe plus de vote de gauche possible, je me garderai bien de donner des consignes » Et il ajoute : «Plutôt la droite que le FN ? A condition qu’il y ait une différence ! » Et il n’y en a guère !

Demain dans les hémicycles régionaux, d’accord sur le fond, droite extrême et extrême droite s’affronteront à coup de surenchères comme ils l’ont fait avant le premier tour et comme le font aujourd’hui à l’assemblée nationale PS et Droite sur les questions économiques et sur les questions de sécurité.

Tout d’abord Estrosi en PACA…

Aujourd’hui Estrosi fait des déclarations «light» pour s’assurer sinon les bonnes grâces ou au moins les suffrages des électeurs de gauche et des électeurs écologistes. « Je suis oiseau, regardez mes ailes » affirmait la chauve-souris de la fable. Hier, dans sa course à la surenchère avec le FN, c’était « Je suis souris, vive les rats ». L’homme affirmait avant le premier tour que la France devait faire face à des « cinquièmes colonnes » islamistes et qu'une « troisième guerre mondiale » était déclarée à « la civilisation judéo-chrétienne » par « l'islamo-fascisme » « à travers les cinquièmes colonnes » et ses réseaux « infiltrés dans nos caves, dans nos garages, dans les lieux clandestins ». Outre l’outrance du propos, faut-il rappeler la débauche de mesures sécuritaires qu’il proposait alors ?

Certes, ces mesures sécuritaires ne gênent sans doute ni le PS, ni le gouvernement, ni Hollande qui dérivent vers un état policier de la plus belle eau, siphonnant au passage la plupart des mesures sécuritaires du programme du FN. Mais qu’en est-il d’EELV qui se veut un parangon de la démocratie tout en votant l’état d’urgence, à l’ exception d’un ou deux députés! Je précise bien EELV et non les écologistes parce que je doute fort que beaucoup de ceux qui se présentent sous cette bannière le soient encore !
Vendredi 11 Décembre 2015 Commentaires (0)

Habiter une région redessinée par le fait du prince, pure entité administrative et être écologiste voici deux raisons pour ne pas aller voter dimanche.


Vous avez peut-être comme moi la malchance d’être électeur dans l’une de ces nouvelles régions découpées en dépit de la géographie, de l’histoire, faite de territoires rassemblés et séparés en vertu d’illusoires critères économiques sans que les sentiments d’appartenance des gens aient été pris en compte, sans que ceux qui y vivent aient été consultés. Ma région, celle des Arvernes, l’Auvergne, existait avant même que la France n’existe, la voilà rayée d’un trait de plume par un politicard menteur sans vergogne, hôte temporaire de l’Elysée, élu sur un malentendu grâce à de fausses promesses. Ma région n’existe plus administrativement et je ne me reconnais absolument pas dans la nouvelle entité abstraite délimitée par ce fait du prince Hollande. Aller voter, ce serait entériner implicitement cette réforme territoriale, reconnaître cette monstruosité qui n’a même pas encore de nom et l’accepter.

Si vous êtes dans le même cas que moi habitant cette région ou une autre ayant subie le même sort, ne votez pas ! Ne faites pas cet acte d’allégeance à ce président et à ce gouvernement qui en la circonstance comme en beaucoup d’autres abusent de leur pouvoir et tuent ainsi la démocratie représentative qui est déjà à bout de souffle.

Il faut souhaiter qu’il y ait une participation minimale à cette élection pour que tous ces politicards qui sollicitent nos suffrages ne les aient pas ! Qu’une majorité d’abstentionnistes fasse qu’ils ne représentent qu’eux-mêmes.

Même si j’étais électeur en Île de France comme ce fut le cas naguère, je n’aurai quand même pas voté bien que cette région soit restée intacte lors du grand redécoupage car c’est aussi parce que je suis écologiste que je n’irai pas voter parce qu’il n’y a plus de parti qui représente l’écologie, notamment pas celui qui prétend le faire : EE-LV. En outre, je ne veux pas donner ma voix à un parti qui veut couvrir la France d’aérogénérateurs de 150 mètres de haut comme si « sauver la planète » obligeait à saccager le peu d’espaces naturels qui nous restent, à défigurer notre patrimoine architectural et nos paysages remarquables ou ordinaires mais aimés par ceux qui les habitent.

Sans aucun doute, vous n’aimeriez pas avoir ces gigantesques hachoirs à oiseaux et à chauve-souris près de chez vous, moi non plus. Alors pensons aux autres, à ceux qui les subissent ou qui risquent de les subir et ne votons pas EELV, ce parti pseudo écologiste dévoyé par ses cadres arrivistes, propagandiste d’une écologie vampirisée par la lutte contre le dioxyde de carbone à laquelle tout devrait être subordonnée pour le plus grand profit des multinationales et des affairistes de l’éolien terrestre ou maritime. Et ce n’est pas de gaité de cœur que j’écris cela.
Mercredi 2 Décembre 2015 Commentaires (1)

Après la loi sur le renseignement, voici que la commission de l’Assemblée nationale sur le « Maintien de l’ordre et libertés publiques » qui avait été formée pour enquêter sur les conditions du maintien de l’ordre dans un contexte de respect des libertés et du droit accouche d’un rapport où il ne s’agit plus de garantir ces libertés et de comprendre comment elles peuvent être bafouée mais, au contraire, de tenter de les restreinte pour les soumettre au « maintien de l’ordre » jugé prioritaire par le rapporteur le député PS Pascal Popelin, rapport approuvé par la membres de la commission PS, UMP, UDI, confondus, à l’exception notable des élus d’EELV et du PC. Fait rarissime, le président de la commission, le député écologiste Noël Mamère a voté contre ce rapport. À cela s’ajoute des forces de l’ordre qui laissent faire les milices « pro-barrage » à Sivens ou « pro-center parc » à Roybon et une justice plus prompte à condamner lors de procès expéditifs des « zadistes », notamment à Sivens alors que les exactions de ces milices restent impunies, cela dénotant pour le moins d’une complaisance, voire d’une complicité telle que l’on peut se demander si Valls et Hollande ne se sont pas servi de ces milices pour tenter de faire plier les occupants de la zone.


Nous publions ci-dessous deux documents. Le premier est un communiqué de presse du Collectif pour la sauvegarde du Testet co-signé de son avocat dénonçant l’absence de poursuites et de sanctions des gendarmes et des pro-barrages violents.
Le second consiste en des extraits de l’analyse de Noël Mamère du rapport de la commission de l’Assemblée nationale sur le « Maintien de l’ordre et libertés publiques » dans lequel il exprime des désaccords fondamentaux avec le texte du rapport présenté par Pascal Popelin. Ils permettent de constater le danger des propositions contenues dans ce rapport pour les libertés et notamment celle de manifester qui ferait l’objet de sévères restrictions si elles étaient retenues. On voit là la volonté du PS appuyé par les partis de droite de faire taire toute contestation notamment mais pas seulement dans le but d’imposer plus facilement par la force des projets inutiles et écologiquement néfastes.
Vendredi 19 Juin 2015 Commentaires (0)

Le mardi 5 mai 2015, alors qu’une majorité de députés d’EE/LV ont voté contre la loi sur le renseignement, cinq d’entre eux ont voté pour et deux se sont abstenus. Comment les qualifier lorsque l’on sait que cette loi liberticide a été rédigée pour avoir un champ d’application très large, incluant par exemple les prises de position et la lutte antinucléaire qui serait alors qualifiées de contraire aux « intérêts économiques, industriels et scientifiques majeurs de la France » ? C’est une trahison pure et simple de ces sept députés. Des cinq qui ont voté pour : Éric Alauzet, Denis Baupin, Christophe Cavard, François-Michel Lambert, François de Rugy. Et dans une moindre mesure des deux qui se sont abstenus : Véronique Massonneau et Barbara Pompili.


Pourtant le Parti avait pris une position sans équivoque comme on peut le constater à la lecture du communiqué qu’il a publié le 2 avril dernier, intitulé : « Renseignement : une loi dangereuse pour la démocratie et la citoyenneté ».

Les deux porte-paroles, Julien Bayou et Sandrine Rousseau écrivaient alors : « Une fois de plus, cette fois après les attentats sanglants de janvier 2015, le parlement français s’apprête à voter une loi qui va faire encore reculer les droits fondamentaux des citoyen-ne-s, notamment lorsqu’ils utilisent le réseau Internet, au prétexte de garantir leur sécurité et les intérêts de la France. »

Ils précisaient à juste titre que « A aucun moment du texte de loi n’est abordée la question des limites et de la définition de ce qu’est une « apologie du terrorisme », encore moins celle de « terrorisme » tout court. » et ils ajoutaient soulignant un des points les plus critiquables : « Le projet liste en outre une longue série de notions plus ou moins floues autorisant un espionnage technique généralisé, dont la sécurité nationale, « les intérêts essentiels de la politique étrangère et l’exécution des engagements européens et internationaux de la France », ou encore ses « intérêts économiques et scientifiques essentiels ».

Les deux porte-paroles dénonçaient aussi ce projet de loi parce qu’il fait, en définitive le jeu des terroristes : « En amputant nos concitoyens de plusieurs droits fondamentaux, on offre aux terroristes ce que les armes n’ont pu obtenir : ces nouveaux pouvoirs de surveillance et donc de suspicion généralisée touchent aux valeurs et aux droits fondamentaux qui font qu’une démocratie peut se revendiquer comme telle. »

Europe Ecologie Les Verts encourageait « les députés et sénateurs français à rejeter ce blanc-seing qu’ils s’apprêtent à offrir à l’État au prétexte de répondre à la menace terroriste. » et pour le parti écologiste, cela ne faisait aucun doute « Les députés EELV seront en première ligne pour protéger les droits fondamentaux des citoyens. »

Il faut croire que les encouragements en question n’ont pas été assez forts ou efficaces. La loi vient d’être adoptée en première lecture par une majorité écrasante : « Pour: 438 ; Contre : 86 ; Abstention : 42 ». Et sur les 18 députés du groupe EELV, 5 ont – rappelons-le – voté contre et 2 se sont abstenus. En voilà donc 7 qui n’étaient pas « en première ligne pour protéger les droits fondamentaux des citoyens ». Ils ont même pris parti contre ces droits. Seront-ils sinon exclus, à tout le moins, blâmés ? On peut en douter.

Contraste saisissant entre ce laxisme et la rigueur déployée lorsqu’il a été question de sanctionner lors des municipales les militants qui ont fait liste commune avec des candidats classés à droite pour tenter et parfois réussir comme à Villejuif de remplacer une équipe municipale sortante aux pratiques clientélistes, antidémocratiques, antiécologiques, cette équipe fut-elle communiste ou étiqueté « de gauche » !

Cela dit, il ne faut pas oublier tout de même que certains de ces députés se sont tout de même bien battus pour tenter de faire pièce à cette loi ou à défaut en éliminer les aspects les plus liberticides, notamment Sergio Coronado et Isabelle Attard (Nouvelle Donne apparentée EELV).

Mardi 5 Mai 2015 Commentaires (0)

Le 24 février dernier une jeune fille de 22 ans, Talon Bishop a été victime d’une attaque mortelle de requin au lieudit de « L’étang salé » sur l’ile de La Réunion. Puis le 12/04/2015 c’était un adolescent de 13 ans qui est mort après avoir été happé alors qu’il surfait dans une zone interdite à toute activité nautique et à la baignade au Cap Homard sur la côte ouest de l’île. Ce septième mort a ravivé les réactions opposées dans l’île entre des surfeurs, des pêcheurs et des acteurs du secteur touristique qui estiment qu’il faut nettoyer la mer des requins et les défenseurs des squales et de la nature qui s’insurgent contre les tueries mises en œuvre à chaque accidents de ce genre, parmi eux la majorité des créoles.


Ravine Mulla à l'Etang-Salé
Ravine Mulla à l'Etang-Salé
Certes, on ne peut qu’être attristé par ces morts et l’on comprend la détresse des familles qui subissent cette épreuve. Mais pour autant il faut regretter que la préfecture s’entête dans des mesures absurdes comme celle de lancer une pêche de représailles sous prétexte de « sécuriser le périmètre » d’une zone qu’elle interdit pourtant de fréquentation alors que ce qui permettrait de vraiment éviter les accidents et les morts serait de faire appliquer les arrêtés d’interdiction de baignade et des activités nautiques dans les zones à risque.
Je publie le communiqué de presse daté 15/4/2015 par le collectif des associations Sea Shepherd, Sauvegarde des Requins, Aspas, fondation Brigitte Bardot , Longitude 181, Tendua , Requin Integration, Vague.
Je le fais suivre du texte intégral de la « Lettre ouverte au préfet et aux habitants de La Réunion » de Danielle Austin, la mère de Talon Bishop rendue publique le 29 avril. Danielle Austin ne supporte plus que d’autres s’expriment en son nom et au nom de sa fille décédée pour crier haro sur les requins. Cette femme est en colère contre le sort injuste qui a frappé sa fille dont on nie la singularité en en faisant seulement la quatorzième victime d’une attaque de requin, outrée de la suite qui a été donné à ce dramatique accident mais malgré toute sa peine elle dit qu’elle ne peut en vouloir aux requins. Un témoignage poignant d’une justesse et d’une grandeur d’âme peu commune.
Samedi 2 Mai 2015 Commentaires (0)
Avant-propos

(La rédaction de cet article était terminée quand la police a découvert fortuitement le projet d’attentat qui semble avoir été préparé par Sid Ahmed Ghlam contre des lieux de culte catholique. Il m’est apparu qu’une forme de mise-à-jour était nécessaire qui ne touchait cependant pas le corps de l’article. Elle a donc pris la forme d’un avant-propos)

Avec le récent projet d’attentat contre des églises de Villejuif, il va être encore plus difficile de faire échec à la loi sur le renseignement en débat à l’Assemblée nationale. Il n’y a qu’à voir comment Valls et Cazeneuve, ces deux amis bien connus de la liberté, en rajoutent.
Il faudra bien du courage aux députés qui voteront contre les techniques de surveillance de masse que cette loi légalisera et/ou instituera dans un cadre qui englobe mais dépasse largement la lutte antiterroriste, même en donnant au terme terroriste une très large extension. Pourtant, cette dernière affaire est l’illustration criante que ce n’est pas d’outils de surveillance de masse qu’a besoin la lutte antiterroriste mais de personnel humain. Dans ce dernier cas comme dans les cas précédents d’Ahmed Merra , des frères Kouachi et de Amedy Coulibaly, Sid Ahmed Ghlam, l’individu qui, semble-t-il, projetait cet attentat était parfaitement connu des services de police. Il avait été interrogé et fait l’objet d’une surveillance improductive et pour cela totalement abandonnée sans maintien d’un contrôle minimal! Il en aurait été de même avec les nouveaux moyens que la loi liberticide sur le renseignement actuellement en débat à l’assemblée nationale car cette absence de tout contrôle est, en partie au moins, due à une insuffisance de moyens humains. Cette loi instaure une surveillance de masse pour détecter d’éventuels terroristes, ce qui n’est pas le problème. Il semble que l’on sache très bien détecter les terroristes potentiels sans recourir à une surveillance généralisée du web. Et dans tous les cas récents, ils étaient tous connus! Le problème, c’est de surveiller les terroristes potentiels détectés et d’estimer leur pouvoir de nuisance.
Plus grave même, ces techniques de surveillance de masse risquent de multiplier les « faux positif », c’est-à-dire des personnes détectées par un algorithme comme suspectes mais qui ne le sont pas en réalité, éparpillant des moyens d’enquête et de surveillance nécessairement limités sur une multitude de fausses pistes.
Certains politiques à droite comme à gauche considèrent que parce que nous sommes en guerre, il faut voter cette loi qui pour eux est une loi d’exception. En fait pour ses promoteurs, cette loi n’est pas du tout une loi d’exception qui devra être revue, une fois les risques terroristes dissipés, en admettant qu’ils le soient un jour ! C’est une loi qui donne un cadre aux services de renseignements et définit leur champ d’investigation qui dépasse la seule lutte contre le terrorisme. Le terrorisme n’est que le prétexte pour accentuer la surveillance des gens et prévenir toute contestation non seulement de l’ordre établi mais aussi et peut-être surtout de la politique gouvernementale.


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Il ne faut pas compter sur les partis qui se veulent « partis de gouvernement » pour défendre nos libertés et notre vie privée

L’histoire du PS sous les divers avatars qu’il a revêtu au cours du siècle dernier est lourde de de trahisons vis-à-vis des causes qu’il prétendait défendre. Mais au cours du quinquennat de ce Monsieur Hollande, on n’a jamais vu autant de renégats se targuer du qualificatif de socialiste, un concept et un idéal qu’ils achèvent de vider du peu de sens qu’ils avaient encore grâce à quelques résistances internes. Lorsqu’il était dans l’opposition, sous la présidence de Sarkozy, le PS dénonçait comme liberticide les mesures qu’aujourd’hui il défend dans le projet de loi sur le renseignement, une loi décriée par toutes les associations et structures qui se soucient de préserver la liberté des gens et ce qui en est le fondement : leur vie privée. On lira à ce sujet un article de Louis Imbert, article éclairant et propre à nous rafraichir la mémoire « Loi sur le renseignement : quand le PS de 2009 s'oppose au PS de 2015 » sur le site du journal Le Monde ici
Samedi 25 Avril 2015 Commentaires (0)

Les « grands » médias qui jouent principalement sur le registre de l’émotionnel et du fait divers n’en ont soufflé mot. Il ne fallait surtout pas faire peur au bon public ! Pourtant, à la catastrophe aérienne du mardi 24 mars 2014 aurait pu s’ajouter une catastrophe nucléaire. Le crash de l’A320 Barcelone-Düsseldorf dans la vallée de la Blanche s'est produit à moins de 7minutes de vol et 110km du site nucléaire de Cadarache (Bouches-du-Rhône), à peine à 8 minutes des sites nucléaires de Tricastin (Vaucluse-Drôme), de Marcoule (Gard) et de la centrale nucléaire de Cruas (Ardèche). Aucune intervention, pas même celle du Mirage 2000 qui a décollé de la base d'Orange (Vaucluse) n'a pu empêcher le crash mais simplement le constater... Ce Mirage aurait été tout aussi impuissant si le copilote qui était aux commandes de l’A320 avait choisi de l’écraser sur Cadarache. Il n’est pas certain non plus que l’avion de chasse aurait pu tenter quoi que ce soit si le copilote de l’avion de ligne avait pris pour cible l’un des sites nucléaires qui se trouvent à 8 minutes de son couloir de vol. Dans tous ces cas, c’était la catastrophe nucléaire assurée, car aucun site nucléaire n’est capable de résister à un tel aléa.


Cliquez sur la carte pour l'agrandir
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Le site de Cadarache : 18 INB et 1 INBs

Rappelons que le site nucléaire du Commissariat à l'Energie Atomique et d’Areva à Cadarache comprend 18 Installations Nucléaires de Base (INB) et une Installation Nucléaire de Base Secrète militaire (INBs) consacrée à la recherche sur la propulsion navale pour les sous-marins et porte-avions nucléaires. Sur le site il y a une grande quantité de déchets de radioactivité variable et de nocivité plus ou moins prononcée en fonction de la nature des radioéléments qu’ils renferment. Les réacteurs présents sont utilisés pour diverses recherches ou pour des tests. Certains utilisent du plutonium qui est la matière fissile la plus dangereuse au monde car le CEA et AREVA n’ont pas renoncé aux réacteurs à neutrons rapides malgré leur extrême dangerosité et le fiasco de Superphénix. Sur le site d’anciens réacteurs bien qu’à l’arrêt ne sont pas inoffensifs pour autant. Ils pourraient rejeter des éléments radioactifs en cas d’incendie, d’explosion ou de fissuration. Par exemple, lors de l’exercice de la simulation d’’une crise sur le site due à une secousse sismique le 17 janvier 2012, le scénario indiquait de rejets de particules d’uranium émanant de Pégase, un ancien réacteur de recherche où sont entreposés des déchets tandis qu’un incendie ravageait l’INBs avec là encore émissions de rejets.

Une gestion de la crise qui risquerait d’être elle-même catastrophique !

En cas de malheur, d’un pilote fou furieux et suicidaire ou d’un terroriste kamikaze crashant un avion de ligne, type A320 ou autre, même moins gros, la gestion de la catastrophe risquerait elle aussi d’être catastrophique. L'exercice mentionné a révélé que des procédures jadis « bien huilées » ne l’étaient plus. À Vinon, commune située à sept kilomètres du site, la sirène de Cadarache n’était pas audible partout. Les pompiers de Vinon n’avaient pas de formation au risque nucléaire. Vinon est dans le Var mais ce sont les pompiers des Bouches-du-Rhône qui seuls avaient reçu cette formation… En cas de coupure des télécommunications, il est apparu que la mairie de Vinon ne possédait pas de téléphone satellitaire, etc., …
Samedi 28 Mars 2015 Commentaires (1)
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