L’Union Européenne s’apprête à sacrifier sur l’autel du libre-échange sa législation concernant les OGM. Fallait-il s’en étonner ? Sûrement pas. Son essence c’est le libéralisme, le marché et la libre circulation des marchandises au mépris de la protection de l’environnement, de la Nature et de la santé des populations. Elle sait oublier le principe de précaution lorsque celui-ci risque d’être un obstacle au négoce. Elle subordonne la santé des européens aux impératifs du marché.


OGM: le CETA, un cadeau aux multinationales biotech
 
Sous ce titre est parue dans EURACTIV une tribune qui explique comment les députés européens puis les gens vont se faire rouler dans la farine. Ils ne veulent pas d’OGM. Ils en auront quand même au nom du libre-échange ! Voici des extraits de cette tribune.
 
« Avant de signer ce traité le 30 octobre, la Commission et les États membres l’ont affirmé dans une déclaration annexe unilatérale : « le CETA n’implique aucune modification de la législation européenne concernant l’évaluation des risques et l’autorisation, l’étiquetage et la traçabilité des produits génétiquement modifiés pour l’alimentation humaine et animale ». Un propos rassurant, en réponse à une des craintes les plus populaires vis-à-vis du CETA : que ce traité, via son mécanisme de coopération réglementaire et son système de protection des investisseurs, contribue à faire évoluer la réglementation européenne sur les OGM au-delà de lignes rouges difficilement tracées – et encore bien fragiles – par des années de mobilisation. Mais ces dénégations de principe de nos dirigeants n’offrent malheureusement aucune protection face à ce que prévoit le CETA. (…)
 
« Afin de réduire les barrières au commerce, les processus d’autorisation devront désormais être «efficaces et fondés sur des données scientifiques», dont les auteurs sont supposés vierges de tout conflit d’intérêts. L’UE s’interdit donc de facto toute réglementation basée sur le principe de précaution ou sur des considérations politiques, comme le rejet de l’appropriation d’un patrimoine commun, et offre aux multinationales de la semence un moyen supplémentaire de défendre leurs intérêts commerciaux. Sans explicitement affirmer que l’interdiction future d’OGM sera incompatible avec le CETA – ses promoteurs ont beau jeu de clamer qu’il n’est écrit nulle part qu’il engage l’UE à autoriser des OGM –, ce traité ouvre un boulevard aux lobbys de l’agrobusiness.
 
« Ces derniers l’ont bien compris. Six mois avant même la signature du CETA, le lobby industriel du soja canadien, Soy Canada, a publiquement exigé que la Commission européenne tienne ses «engagements » pris pendant les négociations du traité, et accélère les procédures d’autorisation de trois variétés transgéniques [1]. Trois mois plus tard, Monsanto a pu se réjouir que la Commission autorise l’importation de son soja OGM Roundup Ready 2 Xtend. Cet épisode de « CETA avant l’heure » a eu le mérite de révéler l’impact que ce traité aurait sur l’encadrement des biotechnologies. » (…)
 
Cette tribune est signée par Philippe CATINAUD, co-president du Réseau Semences Paysannes (RSP), Florent COMPAIN, président des Amis de la Terre,  Jean-François JULLIARD, directeur général de Greenpeace France, Denez L’HOSTIS, président de France Nature Environnement (FNE), Stéphanie PAGEOT, présidente de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) et Jean-Marie SIRVINS, vice-président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF).
Pour lire la tribune in extenso, ici 
 
Le précédent de l’ALENA
 
Que les craintes et mises en garde des signataires de cette tribune soient, hélas, très bien fondées, il suffit de rappeler ce qui s’est passé avec l’application de l’ALENA, le traité qui a institué une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, créant un vaste marché de 480 millions d'habitants où les multinationales règnent en maître. Elles ont gagné plus de 400 millions de dollars US dans des actions intentées contre les gouvernements nationaux lorsque ceux-ci édictaient des lois, règlements ou taxes pour protéger l’environnement ou la santé des populations mais qui entravaient leurs business. Elles ont gagné grâce au mécanisme de coopération réglementaire et au système de protection des investisseurs du traité semblables à ceux mis en place dans le CETA.  Les  recours intentés par ADM, Cargill et Corn Products International contre les taxes que le Mexique avait instauré en 2003 – 2004 sur les boissons sucrées avec du sirop de maïs à haute teneur en fructose qui rendent obèse aura coûté 200 millions de dollars US à cet état qui voulait protéger la santé de ses citoyens et en particulier de sa jeunesse. Demain si après le CETA, le TAFTA est signé,  verra-t-on les grands cigarettiers intenter un procès à la France parce qu’elle relèvera les taxes sur le tabac ?
 
Il y a quelque chose de pourri dans cette Europe qui n’est rien d’autre qu’un vaste marché organisé pour le plus grand profit des multinationales et de la finance, au mépris des peuples, et qui ne respecte la Nature et de l’environnement que lorsqu’ils ne sont pas un obstacle à tous ces business.
 

Samedi 14 Janvier 2017 Commentaires (1)
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