Ce « plan ours brun » est défini pour une période de dix ans (2017-2027). Il est censé répondre aux enjeux liés à l’amélioration de l’état de conservation de la population ursine, l’accompagnement des activités humaines en présence d’ours et la patrimonialisation de l’espèce en tant qu’élément parmi d’autres du patrimoine naturel et culturel pyrénéen.
À l’inverse d’associations qui font pression pour obtenir de nouvelles introductions d’ourses, je m’inscris contre de telles introductions et préfère avec le texte présenté une croissance endogène. Malheureusement, si ce « volet ours » est en accord avec cet objectif de croissance endogène, il ne s’en donne pas les moyens faute d’avoir le courage d’affronter le lobby des éleveurs et celui des chasseurs.
Si vous lisez ma contribution à la consultation que je reprends dans le corps de cet article, vous pourrez constater que le texte soumis à consultation a bien d’autres insuffisances que celle montée en épingle par les dites associations et qui n’en est pas une.
Si vous pensez comme moi qu’un ours « transloqué » est un « ours déporté » et que la population d’ours introduite ne pourra se naturaliser que si elle réussit à s’accroître d’elle-même, alors vous pouvez vous inspirer de ma contribution pour participer à votre tour. Il ne s’agit pas de la recopier mais d’argumenter à votre guise à partir des informations qui y sont développées.



N.b. 1 – Les modalités pratiques pour contribuer à la consultation sont données au bas de cet article.
Nb. 2 – Dans la première partie de cette contribution, je reprends une partie d’un article plus ancien « Un ours réintroduit, c’est un ours déporté ! »

A – Des associations appellent à intervenir pour exiger que ce plan comporte la translocation rapide de quatre ours femelles : deux dans les Pyrénées Occidentales et deux en Pyrénées Centrales. Il faut donc s’attendre à une avalanche d’avis identiques en substance et vaguement personnalisés pour être pris en compte.
En ce qui me concerne, je suis opposé à de telles translocations pour plusieurs raisons que je développe ci-après. Bien que pouvant recouper certaines assertions des éleveurs et chasseurs « anti-ours », elles procèdent d’un souci inverse : préserver ce qu’il peut y avoir encore de naturalité dans la faune sauvage en s’interdisant un interventionnisme intempestif qui fait que le remède est pire que le mal.

1°) Je souhaite tout d’abord rappeler que les translocations passées n’ont pas permis de sauver les populations d’ours DES Pyrénées.
 La petite population relictuelle d’une dizaine d’ours qui subsistait encore dans le massif dans les années 1990 s’est éteinte. Aujourd’hui s'il y a des ours dans les Pyrénées, Il n’y a plus d’Ours DES Pyrénées, seulement des ours originaires de Slovaquie et leur descendance, à l’exception d’un hybride né en 2004 mais qui ne semble pas s’être reproduit.
 
 En effet croire que deux populations de la même espèce sont identiques et interchangeables est une erreur et les ours qui vivent aujourd’hui dans ce massif forment une population qui n’est en rien issue naturellement de la population autochtone initiale. Elle est tout aussi artificielle que celle de beaucoup de parcs zoologiques. Si donc par les translocations d’ours slovènes on avait voulu sauver la population d’ours des Pyrénées, ce fut un échec. Il est trop tard maintenant.
Il faut remarquer que même si quelques commentaires de certains responsables pyrénéens – qu’ils appartiennent au monde politique, syndical de l’agriculture ou de la chasse – pouvaient avoir et peuvent encore avoir des connotations discutables, il n’en reste pas moins que la différence qu’ils faisaient et qu’ils font encore entre les ours autochtones et les ours introduits a un fond de vérité scientifique. En la circonstance, savoir populaire et scientifique s’accordent et font paraître certaines des thèses de la biologie de la conservation pour ce qu’elles sont, à savoir une idéologie (au mauvais sens du terme) qui se pare des couleurs de la science pour s’imposer.
 
2°) Un argument qui revient fréquemment pour justifier ces translocations pour «renforcer» une population insiste sur les risques de dégénérescence que ferait courir la consanguinité lorsque cette population est de taille trop modeste. Si ceux qui se présentent comme des défenseurs de l’ours des Pyrénées (qui, je le rappelle encore une fois, stricto sensu n’existe plus) exigent de nouvelles translocations, c’est d’abord pour ce motif. Ainsi, l’association Férus réclame de nouvelles translocations pour limiter ces risques et rendre ainsi la population vivant dans le massif pyrénéen pérenne. En 2014, cette association tirait la sonnette d’alarme au sujet des risques liés à la consanguinité.  Elle faisait référence à l’étude de 2013 publiée sous le patronage du MNHN.

Le risque de consanguinité est certes « pointé » par « les scientifiques » auteurs de ce rapport, mais il y a d’autres « scientifiques » qui considèrent que ce risque est pour le moins surévalué, voire inexistant. Parmi eux le Professeur Alain Dubois, professeur lui aussi au MNHN. Pour lui, « La crainte de la consanguinité qui motive certaines réintroductions d’individus au sein de populations de taille réduite s’appuie sur des modélisations mathématiques, mais elle est contredite par de nombreuses observations empiriques.» (Dubois, 2008, p.366) Celles-ci montrent au contraire que des populations de taille réduite avec un polymorphisme génétique également réduit peuvent survivre dans des conditions difficiles et se reconstituer ensuite dans des conditions favorables.
Mercredi 1 Mars 2017 Commentaires (0)

Les menaces qui planent sur le Plateau de Saclay se sont concrétisées mais la lutte continue contre l’OIN, un projet qui porte atteinte à des réserves de biodiversité, gaspille une des terres parmi les plus fertiles au détriment d’une agriculture de proximité et sans prendre en compte les objectifs d’autosuffisance alimentaire de cette Région. Ce regroupement de chercheurs n’est même pas favorable à la Recherche mais qu’importe. Les gouvernements se succèdent et les même aberrations (pour être poli) demeurent.
On trouvera ci-dessous le texte de présentation de Saclay citoyen, « groupe d'étude juridique citoyen et inter associatif » pour s’opposer au rouleau compresseur de l’Etat par des actions juridiques communes.


Des citoyens et des associations regroupés dans la bataille juridique du plateau de Saclay
Pour conserver les terres agricoles et les espaces naturels
du plateau de Saclay
 

Une mobilisation citoyenne forte 

Les habitants, les associations du plateau de Saclay sont mobilisés depuis plus d'un quart de siècle pour conserver la vie agricole, protéger les espaces naturels réserves de biodiversité, la beauté des paysages, développer les liens de proximité tissés entre le plateau et les vallées.
 
- Ils dénoncent sans relâche le gigantisme du projet d'aménagement prévu dans le cadre du Grand Paris, qui prévoit d'amener 2 millions d'habitants supplémentaires en 2030 en Ile de France ce qui conduira à une urbanisation massive du plateau de Saclay et à l'installation d'un métro aérien sur les terres agricoles. Il est prévu d'ores et déjà que près de 400 hectares soient sacrifiés par le projet de "cluster ", transfert d'organismes scientifiques et d'entreprises sur le plateau.  
 
- Ils condamnent le caractère anti-démocratique de ce projet, en particulier l’absence d'un débat public qui aurait permis d’appréhender l’opportunité et la pertinence du projet. Différents recours ont été portés par des associations ces dernières années. 
                                                                       
Malgré cette forte opposition, l’État continue d’avancer tel un rouleau compresseur. Les enquêtes publiques partielles se succèdent (créations de ZAC et de ZAD, déclarations d’utilité publique, révisions de PLU, etc.), empêchant ainsi toute vision globale des impacts environnementaux, ce qui a été dénoncé à plusieurs reprises par les Autorités environnementales.
 
La création d'un groupe d'étude juridique citoyen et inter associatif

Face à l'indifférence des pouvoirs publics,  des citoyens et des associations se sont engagés activement en 2015, dans un groupe d'étude juridique, Saclay Citoyen, pour mettre en synergie les compétences des uns et des autres et regrouper les forces dans des actions juridiques communes. En septembre 2015, le groupe a porté avec une trentaine d'associations une nouvelle demande de débat public sur l'aménagement du plateau de Saclay, demande restée sans réponse...             
                                       
Face à la désinformation, au mépris des pouvoirs publics, aux irrégularités juridiques, Saclay Citoyen porte la volonté d’être au plus près de ce que vivent les habitants du plateau de Saclay et des vallées pour faire entendre leurs voix et leurs aspirations par toutes les actions juridiques qui seront utiles et nécessaires.

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Pour aller sur le site de Saclay citoyen, c’est ici.


Signez la pétition
Stop au béton sur les terres agricoles du plateau de Saclay
 
Saclay citoyen a lancé une pétition qui a déjà recueilli plus de 5000 signatures (5 329 à la date de publication de cet article) Pour un exposé du contexte, le texte de la pétition et pour la signer, c’est sur le site de Cyberacteur.

On peut aussi la signer via le site de Saclay citoyen .

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Photo: "Plateau de Saclay au printemps" (JFD)
Samedi 28 Janvier 2017 Commentaires (0)

L’Union Européenne s’apprête à sacrifier sur l’autel du libre-échange sa législation concernant les OGM. Fallait-il s’en étonner ? Sûrement pas. Son essence c’est le libéralisme, le marché et la libre circulation des marchandises au mépris de la protection de l’environnement, de la Nature et de la santé des populations. Elle sait oublier le principe de précaution lorsque celui-ci risque d’être un obstacle au négoce. Elle subordonne la santé des européens aux impératifs du marché.


OGM: le CETA, un cadeau aux multinationales biotech
 
Sous ce titre est parue dans EURACTIV une tribune qui explique comment les députés européens puis les gens vont se faire rouler dans la farine. Ils ne veulent pas d’OGM. Ils en auront quand même au nom du libre-échange ! Voici des extraits de cette tribune.
 
« Avant de signer ce traité le 30 octobre, la Commission et les États membres l’ont affirmé dans une déclaration annexe unilatérale : « le CETA n’implique aucune modification de la législation européenne concernant l’évaluation des risques et l’autorisation, l’étiquetage et la traçabilité des produits génétiquement modifiés pour l’alimentation humaine et animale ». Un propos rassurant, en réponse à une des craintes les plus populaires vis-à-vis du CETA : que ce traité, via son mécanisme de coopération réglementaire et son système de protection des investisseurs, contribue à faire évoluer la réglementation européenne sur les OGM au-delà de lignes rouges difficilement tracées – et encore bien fragiles – par des années de mobilisation. Mais ces dénégations de principe de nos dirigeants n’offrent malheureusement aucune protection face à ce que prévoit le CETA. (…)
 
« Afin de réduire les barrières au commerce, les processus d’autorisation devront désormais être «efficaces et fondés sur des données scientifiques», dont les auteurs sont supposés vierges de tout conflit d’intérêts. L’UE s’interdit donc de facto toute réglementation basée sur le principe de précaution ou sur des considérations politiques, comme le rejet de l’appropriation d’un patrimoine commun, et offre aux multinationales de la semence un moyen supplémentaire de défendre leurs intérêts commerciaux. Sans explicitement affirmer que l’interdiction future d’OGM sera incompatible avec le CETA – ses promoteurs ont beau jeu de clamer qu’il n’est écrit nulle part qu’il engage l’UE à autoriser des OGM –, ce traité ouvre un boulevard aux lobbys de l’agrobusiness.
 
« Ces derniers l’ont bien compris. Six mois avant même la signature du CETA, le lobby industriel du soja canadien, Soy Canada, a publiquement exigé que la Commission européenne tienne ses «engagements » pris pendant les négociations du traité, et accélère les procédures d’autorisation de trois variétés transgéniques [1]. Trois mois plus tard, Monsanto a pu se réjouir que la Commission autorise l’importation de son soja OGM Roundup Ready 2 Xtend. Cet épisode de « CETA avant l’heure » a eu le mérite de révéler l’impact que ce traité aurait sur l’encadrement des biotechnologies. » (…)
 
Cette tribune est signée par Philippe CATINAUD, co-president du Réseau Semences Paysannes (RSP), Florent COMPAIN, président des Amis de la Terre,  Jean-François JULLIARD, directeur général de Greenpeace France, Denez L’HOSTIS, président de France Nature Environnement (FNE), Stéphanie PAGEOT, présidente de la Fédération Nationale de l’Agriculture Biologique (FNAB) et Jean-Marie SIRVINS, vice-président de l’Union Nationale de l’Apiculture Française (UNAF).
Pour lire la tribune in extenso, ici 
 
Le précédent de l’ALENA
 
Que les craintes et mises en garde des signataires de cette tribune soient, hélas, très bien fondées, il suffit de rappeler ce qui s’est passé avec l’application de l’ALENA, le traité qui a institué une zone de libre-échange entre les États-Unis, le Canada et le Mexique, créant un vaste marché de 480 millions d'habitants où les multinationales règnent en maître. Elles ont gagné plus de 400 millions de dollars US dans des actions intentées contre les gouvernements nationaux lorsque ceux-ci édictaient des lois, règlements ou taxes pour protéger l’environnement ou la santé des populations mais qui entravaient leurs business. Elles ont gagné grâce au mécanisme de coopération réglementaire et au système de protection des investisseurs du traité semblables à ceux mis en place dans le CETA.  Les  recours intentés par ADM, Cargill et Corn Products International contre les taxes que le Mexique avait instauré en 2003 – 2004 sur les boissons sucrées avec du sirop de maïs à haute teneur en fructose qui rendent obèse aura coûté 200 millions de dollars US à cet état qui voulait protéger la santé de ses citoyens et en particulier de sa jeunesse. Demain si après le CETA, le TAFTA est signé,  verra-t-on les grands cigarettiers intenter un procès à la France parce qu’elle relèvera les taxes sur le tabac ?
 
Il y a quelque chose de pourri dans cette Europe qui n’est rien d’autre qu’un vaste marché organisé pour le plus grand profit des multinationales et de la finance, au mépris des peuples, et qui ne respecte la Nature et de l’environnement que lorsqu’ils ne sont pas un obstacle à tous ces business.
 
Samedi 14 Janvier 2017 Commentaires (1)

La notion de patrimoine mondial de l’UNESCO a souvent été détournée de son but officiel. Elle a servi à des fins de promotion touristique ou à des fins politiques ou bien encore à des fins économiques. L’anthropologue David Berliner a forgé à ce sujet le terme « unescoïsation » qui désigne une intense « mise en tourisme du lieu » conséquence contreproductive de la protection que ce classement est censé conférer. Le cas étudié par l’anthropologue est une petite ville du Laos mais on pourrait trouver d’autres exemples un peu partout dans le monde de cette unescoïsation de sites qui classés au patrimoine mondial se trouvent de ce fait en danger à cause de l’afflux de touristes.
Je développe ci-dessous l’exemple d’un site hexagonal qui est en danger de cette unescoïsation : la Chaîne des Puys et son volcan majeur le Puy de Dôme dans le département éponyme en Auvergne.
Dans ce cas d’espèce cette mise en tourisme est l’objectif qui sous-tend cette recherche de labélisation. Ensuite, pour élargir le propos je reproduis en annexe un article publié sur le site The Conversation «Les effets pervers du classement au patrimoine mondial de l’Unesco » de Chloé Maurel


Le Puy de Dôme et la Chaîne des Puys au péril d’une "unescoïsation"
Le Conseil général du Puy de Dôme (Auvergne) se démène pour faire classer le Volcan éponyme et la chaîne de volcans associée alors que le site est très fragile et déjà victime de sa fréquentation qui accentue les phénomènes d'érosion malgré d'une part les protections administratives et légales dont elle bénéficie et d'autre part les aménagements entrepris pour canaliser le flot humain qui se montrent peu efficaces à la longue et achèvent de lui ôter le peu de naturalité qui lui reste. Il faut souligner que le classement éventuel ne lui apportera pas de protection supplémentaire et ne restreindra pas les activités humaines sur le site qui présente beaucoup de plantations d'épicéas totalement artificielles en lieu et place d'une forêt de hêtres naturelle. Avec les élus, les chambres de commerce et les offices de tourisme à la manœuvre le but de l'opération est d'essayer de donner au site une renommée internationale pour attirer des touristes étrangers chinois ou américains réputés meilleurs clients que les français ou les européens.
Dimanche 8 Janvier 2017 Commentaires (0)

Dans le cadre de la discussion du projet de loi « relatif à la transparence, à la lutte contre la corruption et la modernisation de la vie économique » le gouvernement a fait adopter le 2 Juin 2016 un amendement visant d’une part à élargir aux abattoirs et aux entreprises de transport le délit de maltraitance envers les animaux et permettant d’autre part de protéger les employés de ces structures qui dénonceraient de tels agissements s’ils advenaient dans leur entreprise.


Pour une fois que le gouvernement actuel prend une bonne initiative en ce qui concerne le traitement des animaux, il est juste de le souligner.

« L’exposé sommaire » qui accompagne un amendement est un texte relativement bref  qui  a pour fonction de l’expliciter, d’en fournir les motifs et le but.  Dans le cas présent, il est très clair. Je le cite en entier.
« La diffusion successive d’images inacceptables dans les abattoirs d’Ales, du Vigan et de Mauléon ont interpellé l’ensemble des acteurs du secteur et les pouvoirs publics, ainsi que les citoyens, et ont renforcé la volonté d’une mobilisation collective.
À ce titre, le présent amendement vise donc à renforcer et harmoniser le cadre des sanctions pénales en qualifiant de délit les mauvais traitements exercés sur les animaux en abattoir et dans les entreprises de transport, comme c’est déjà le cas pour les élevages ou les refuges pour animaux.
De fait, la protection de tous les salariés signalant manquement grave à la loi, apportée dans le présent projet de loi et reprise des dispositions de la loi sur la lutte contre la fraude financière de décembre 2013, pourra alors s’appliquer aux cas des mauvais traitements observés à l’abattoir. Il est indispensable que les personnes qui travaillent dans un abattoir puissent disposer d’une protection particulière lorsqu’ils seraient amenés à constater des infractions à la protection animale dans le cadre de leur travail quotidien. »
Dans cet « exposé sommaire », le gouvernement reconnait donc que c’est la diffusion par l’association L 214 de vidéos montrant les mauvais traitements infligés aux animaux dans ces abattoirs qui est à l’origine de son amendement. Tous ceux qui se soucient du bienêtre animal peuvent donc féliciter et le gouvernement et l’association L 214 ; l’association L 214 puisque sans ses révélations, rien n’aurait été entrepris, le Gouvernement qui a su donner un débouché légal à l’indignation suscité par ces révélations.
 
Dimanche 19 Juin 2016 Commentaires (1)

À l’heure où une ministre de l’écologie aux ordres des éleveurs ovins et des chasseurs milite activement pour que le loup ne soit plus une espèce strictement protégée, à l’heure où cette même ministre met en consultation un arrêté autorisant la destruction de 36 loups entre Juin 2016 et Juillet 2017, à l’heure où des individus qui se disent écologistes et qui sont membres du parti qui est censé représenter l’écologie politique écrivent un texte revendiquant l’éradication du loup en France, il est temps de rappeler que c’est une imposture de dire et de propager l’idée que le pastoralisme favorise la biodiversité en montagne, alors que le retour du loup en menaçant le pastoralisme est une menace pour la biodiversité des espaces montagnards.


Comme le résume bien Farid Benhammou « Certains détracteurs de la conservation du loup vont également fabriquer un discours au centre duquel se retrouve la biodiversité. Le syllogisme est simple : le loup (ou l’ours) est responsable de la fin du pastoralisme, or le pastoralisme de montagne entretient la biodiversité en montagne, donc le loup est nuisible à la conservation de la biodiversité. Ce raisonnement est activement porté par certains représentants professionnels agricoles et élus, relayés par certains médias et chercheurs. » La voie du loup, n°22, octobre 2005, p. 11.   

Voici trois textes qui montrent que la proposition soulignée est fausse.
 
 Texte n° 1 : « Le bétail exerce sur la prairie alpine une sorte de sélection négative »

Ceux qui veulent jouir du spectacle ravissant d’une prairie alpine feront bien d’y aller avant le passage des troupeaux.

Les modifications que le bétail imprime aux pelouses alpines sont plus profondes qu’on ne l’imagine d’ordinaire. Il ne s’agit pas d’une simple « cueillette de fleurs ». Le dommage atteint la végétation elle-même et va jusqu’à transformer de fond en comble les groupements naturels. Lorsque l’on parle d’une influence de l’homme à l’étage alpin où les prairies fauchées sont exceptionnelles, il s’agit avant tout de l’action qu’il exerce par le truchement de ses troupeaux.

Les bêtes en broutant causent un tort sérieux aux plantes les plus délicates, qui non seulement perdent avec leurs fleurs la faculté de se reproduire sexuellement, mais sont lésées aussi dans leurs organes végétatifs. Et ce n’est pas seulement la dent des herbivores qui compromet l’existence des végétaux alpins. Leurs pieds exercent des ravages importants. (…)

Les prairies servant régulièrement de pâtures prennent l’aspect caractéristique de montagnes russes. Les creux n’abritent que quelques mauvaises herbes paraissant insensibles au parcours du bétail, comme le pâturin couché Poa supina. Quant aux buttes qui représentent les parties les plus dures du sol et recouvrent souvent quelque caillou, elles sont épargnées pat le bétail routinier qui suit l’ornière. La végétation qui les recouvre est cependant très pauvre. En effet, exposée à l’action lessivante des pluies, la terre de ces « taupinières » s’appauvrit peu à peu en éléments minéraux. Seules des plantes peu exigeantes et plus ou moins acidiphiles peuvent s’y maintenir. Comme ces dernières à leur tour sont productrices d’humus acide, le phénomène primaire s’accélère, comme une réaction chimique qui serait catalysé par ses produits. Le résultat final d’une telle réaction en chaîne est l’appauvrissement général du pâturage. En résumé, on peut dire que le bétail exerce sur la prairie alpine une sorte de sélection négative du plus mauvais en broutant ou en écrasant les plantes les plus délicates. »

Claude Faverger (1956) Flore et végétation des Alpes, vol. 1, p.p. 194 – 195, Neuchâtel, Suisse. 
 

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Non seulement le pastoralisme n’entretient pas la montagne mais il a failli en faire un désert.
 
Mercredi 8 Juin 2016 Commentaires (1)

Lors de l’examen de la loi sur la biodiversité, une majorité de sénateurs sont revenus sur l’interdiction totale et sans dérogation à partir du 1 septembre 2018 des pesticides néonicotinoïdes qui exterminent les abeilles que les députés avaient votée au terme d’un débat ayant duré deux heures. La date avait de quoi inquiéter : l’entrée en vigueur de l’interdiction intervenait après le changement de majorité. Et lorsque l’on sait que les députés LR et UDI étaient en grande majorité contre cette interdiction qui allait selon eux « pénaliser » les agriculteurs Français, il y avait de quoi se faire du souci : rien était encore joué définitivement. Avec le vote du Sénat, c’est pire : tout est fichu par terre et il faut reprendre le combat. La loi est de nouveau devant le parlement : députés et sénateurs n’ayant pu s’accorder sur un texte commun.


Les députés devront revoter. Voteront-t-ils comme ils l’avaient fait en première lecture le 18 mars 2016 ?  Ce n’est pas certain ! Le Foll, l’actuel ministre de l’agriculture, était contre cette interdiction totale et bon nombre de députés socialistes étaient sur la même position que les députés LR et UDI. Quand on sait l’importance des abeilles domestiques ou sauvages dans le processus de pollinisation sans lequel notre alimentation même est en danger, on se dit que tous ces élus nous représentent bien mal et défendent bien mal l’intérêt général qu’ils sont censés incarner !
Il est vital que nous, leurs électeurs, fassions pression sur eux pour leur insuffler un peu du bon sens qu’il semble avoir perdu et qu’ils s’affranchissent des lobbies de l’agrochimie. Pour leur ôter aussi la tentation de ménager la chèvre et le chou en assortissant l’interdiction d’une foule de dérogations. L’expérience prouve en effet qu’une interdiction partielle du type de celle en vigueur actuellement est inefficace. Les quantités utilisées sont en constante augmentation malgré cette interdiction partielle et les abeilles continuent de mourir en masse.
 
Samedi 28 Mai 2016 Commentaires (1)

Laurent Wauquiez, le nouveau président (LR) de la nouvelle région Rhône-Alpes-Auvergne a annoncé le mardi 4 Mai, à Lans-en-Vercors un plan de 200 millions d’euros sur cinq ans pour le développement de canons à neige dans les stations de ski de piste pour produire de la neige artificielle censée pallier un éventuel manque de neige naturelle et mettre le ski de piste à l’abri des caprices de la météo et des changements climatiques. On ne pouvait imaginer mieux en matière de plan anti-écologique : un gaspillage énorme d’énergie et d’eau. Il faut prévoir aussi de nouvelles atteintes à la biodiversité montagnarde et le massacre de nouvelles zones humides à cause de la création de « retenues collinaires », c’est-à-dire des barrages qui accumuleront de l’eau pour alimenter ces maudits canons. Ces retenues collinaires sont d’ailleurs un projet sur lequel le nouveau Conseil régional travaille avec la Compagnie nationale du Rhône.


On s’étonnera moins de cette gabegie et de ce saccage programmé lorsque l’on saura que le « Monsieur Montagne » du Conseil régional, Gilles Chabert, dirige aussi la structure qui chapeaute l’Ecole (privée) du ski français, un mélange des genres inquiétant mais que Wauquiez et l’intéressé acceptent sans aucun état d’âme. On en voit le résultat.

Cet homme dont Wauquiez a fait son « Monsieur Montagne » est un redoutable lobbyiste au profit de cette Ecole de ski et il sait  ménager ses intérêts. Voici un extrait du portait que trace de lui Nicolas Stiel, dans l’édition du  28-02-2014 du journal Challenge « Surnommé "le général de l’Armée rouge", Chabert règne sur la montagne. Son royaume dépasse les 17.000 moniteurs de l’Ecole du ski français (ESF) et leurs 250 millions d’euros d’activité. Membre des conseils d’administration de la Compagnie des Alpes, de la Banque populaire des Alpes et du Dauphiné libéré, il siège dans de nombreuses instances et associations de montagne. A Paris deux jours par semaine, il a ses entrées aux ministères des Sports, du Tourisme, de l’Education nationale. L’Assemblée et le Sénat, il y va quand il veut avec son badge d’accès. A Bruxelles, son ami Michel Barnier, commissaire européen, fait avancer ses dossiers. » Cet ancien bucheron est aussi un fervent chasseur qui se soucie comme une guigne de la Nature et de sa préservation.Il est typique des personnes dont s’entoure Wauquiez qui lui aussi n’a rien à faire de la nature et de sa préservation.

A propos de ces retenues collinaires contre lesquelles il existe heureusement de nombreux verrous dans la législation et la réglementation environnementale, Wauquiez aurait déclaré « S’agissant de l’environnement, il n’y a rien d’incompatible. Il faut arrêter de faire du foin ». Ce que, selon le journal La Montagne (4/5/2016), « Gilles Chabert (…)  traduit à sa manière en déclarant : « S’il est une espèce à protéger en montagne, c’est bien l’homme. Les libellules dépressives, on s’en fout » Mauvais jeu de mot, ou une grossière erreur (l’espèce en cause est la libellule déprimée, ainsi nommée à cause de son abdomen plat et large !) en tout cas, une belle absurdité qui classe le bonhomme !

On ne peut imaginer en effet plus grand mépris à l’égard de la Nature et la biodiversité mais aussi de tous ceux qui font partie de l’espèce humaine, habitent la montagne, en vivent mais en ont une autre pratique que celle, dépassée et sans doute condamnée à laquelle s’accrochent les maires et responsables des stations de ski que ces deux sinistres personnages caressent dans le sens du poil. Tout pour les stations de ski, pour cette activité en voie de ringardisation qu’est le ski de piste et rien pour les autres. Tant pis pour eux et tant pis pour la montagne, sa flore, sa faune, ses paysages, sa naturalité qui fait tout son attrait en dehors des domaines skiables et de tout l’artificiel de villes mises à la montagne.
Samedi 14 Mai 2016 Commentaires (0)

Les réactions qu’ont suscitées la récente campagne de mesures faites par la CRIIRAD, laboratoire indépendant de mesure de radioactivité, pour surveiller l’évolution de la contamination du Massif du Mercantour dans les Alpes Maritimes par le « nuage » de Tchernobyl sont révélatrices de ce qui risque de se passer en cas d’un accident nucléaire majeur dans l’un des pays le plus nucléarisé, la France, qui n’a jamais fait officiellement le bilan de sa gestion calamiteuse de la catastrophe de Tchernobyl. Alors que journaux et radios ont dans un premier temps donné un large écho à ces mesures, les organismes officiels tels que l’IRSN, le Parc National éponyme alliés aux nucléocrates de service ont tout fait pour en minimiser la portée.


 n. b. : Ce texte est la suite de l’article précédent de ce blog dont la lecture préalable est donc vivement recommandée.

•Un écrit de circonstance, voire de complaisance commis par l’IRSN…

L’IRSN soutenait encore en 2010 comme son ancêtre l’OPRI du Professeur Pellerin en 1986, qu’« il n’y a jamais eu de réel danger » sanitaire en France à cause de la catastrophe de Tchernobyl ! En 2016, le propos du même organisme est bien plus nuancé. Fukushima est passé par là ! Il n’en reste pas moins que l’IRSN semble encore susceptible de produire des notes de complaisance lorsque des intérêts économiques liés à l’attractivité d’un territoire sont en jeu. Qu’en sera-t-il lorsque toute une région française subira les conséquences économiques et sanitaires d’un accident nucléaire majeur dont personne n’ose plus déclarer qu’il est impossible ?

L’IRSN avait cessé en 2005 sa surveillance radioactive du massif du Mercantour aussi discrètement qu’elle l’avait initiée en 1997. La population locale ne le saura qu’en 2010 par l’intermédiaire d’un article du journal Nice Matin qui précisait dans son édition datée du 12 avril 2010 qu’il venait de « l'apprendre incidemment ». Dans cet article, le journal rapportait les propos de Philippe Renaud, « chef de laboratoire à L'IRSN » qui continuait d’affirmer que : « Il n'y a jamais eu de réel danger » et qui donc continuait d’entonner la rengaine en cours depuis 1986, lorsqu’un des ancêtres de l’IRSN, l’OPRI assurait qu’en France, la contamination radioactive due à l’accident de Tchernobyl a été sans danger et sans incidence sur la santé des populations. En effet, s’il n’y a jamais eu de « réel danger » sur le Mercantour, une des zones les plus contaminées du territoire national, il n’y a eu de réel danger nulle part ! 24 ans après l’accident de Tchernobyl, le mensonge n’était toujours pas reconnu et alors que tous les autres pays européens limitrophes continuaient leur surveillance, la France l’avait interrompue. Elle reprendra cependant reprendra la surveillance des « zones de rémanences » dès 2013…Effet Fukushima ?

Le texte de l’IRSN intitulé Note d’information sur les «Points chauds» de contamination en césium 137 de certains sols de moyenne et haute montagne du massif Alpin daté du 6 août 2015 a manifestement été rédigé pour tenter de réduire l’impact de la publication par la CRIIRAD du résultat des mesures effectuées les 5 et 6 juillet 2015 au Col de la Bonnette (voir mon article précédent), résultats repris et abondamment commentés dans les médias régionaux et nationaux qu’ils soient généralistes ou spécialisés « montagne ». Dans ce texte l’IRSN s’attribue la découverte qui daterait de 1988 de taches hautement radioactives sur les sols du massif alpin et minimise le rôle des laboratoires indépendants. Pour l’IRSN, la publicité faite autour d’une précédente campagne de mesure en 1996 a fait baisser la fréquentation du Parc national. Il est sous-entendu que la responsabilité en revient à la CRIIRAD et que cela est regrettable car il n’y avait pas de danger et il n’y en a toujours pas selon l’IRSN dans cette note.

En effet il ressort de ce texte que des radiations de l’intensité mesurée par la CRIIRAD émanant de surfaces aussi minimes ne présentent aucun danger d’autant qu’elles sont situées en moyenne et haute montagne dans des lieux inhabités. Selon cette note on comprend qu’il faut banaliser ces taches de concentré de Césium-137, d’autant que des taches de contaminations radioactives de cette sorte il y en a partout dans tout le massif alpin en France comme à l’Étranger et pas seulement dans le Mercantour. C’est sur cette dernière assertion que s’appuiera le Parc National pour dénoncer un parti-pris contre « le Mercantour » de la part de la CRIIRAD.

Cependant les assertions contenues dans cette note contredisent sur plusieurs points les propos de Philippe Renaud, « chef de laboratoire à L'IRSN » rapportés par Nice-Matin. Elles contredisent même les propres documents de l’IRSN publiés sur son site !

 
Mardi 10 Mai 2016 Commentaires (0)

Tchernobyl, il y a trente ans. L’OPRI (Office de Protection des Rayonnements Ionisants) et tout particulièrement le Professeur Pellerin nous ont menti. La reconnaissance officielle de ce mensonge n’a jamais eu lieu. Pourtant trente ans après, il y a encore des preuves de ce mensonge, notamment au col de la Bonnette dans le Massif du Mercantour. On y trouve encore des sols fortement contaminés comme le mettent en évidence les résultats des mesures effectuées par la CRIIRAD et l’ACRO.



On remarquera que sur les lieux, il n’y a aucune mise en garde : la radioactivité est pourtant là insoupçonnable pour le visiteur de ce site magnifique. En plein été, les pique-niqueurs sont là. (Vidéo réalisée par la Criirad)


Dans les Alpes maritimes et les Alpes de Haute-Provence certains sols sont toujours des «déchets radioactifs»

La campagne de mesures de la CRIIRAD
 
Le laboratoire de la CRIIRAD a procédé, les 5 et 6 juillet 2015, à des mesures de radioactivité et échantillonnages dans les Alpes, afin d’étudier l’évolution de la contamination résiduelle par les retombées consécutives à la catastrophe de Tchernobyl. A l’issue de ces mesures la CRIIRADa publié un communiqué de presse dans lequel il rappelle qu’en mai 1986, les retombées avaient été particulièrement intenses dans le sud-est de la France et que la CRIIRAD avait mis en évidence entre 1996 et 1998, de très fortes contaminations des sols dans le Mercantour. Les mesures faites l’été 2015 montrent encore une contamination sévère à certains endroits :
« Les nouvelles mesures réalisées au cœur du Parc National du Mercantour, entre 2440 et 2540 mètres d’altitude, dans le secteur du Col de la Bonnette-Restefond, à la frontière entre les départements des Alpes de Haute-Provence et des Alpes Maritimes, montrent que :
• À 1 mètre du sol, sur des centaines de mètres carrés, le niveau de radiation est toujours plus de 2 fois supérieure à la normale. Ces  forts niveaux de rayonnement sont dus à la contamination résiduelle des sols par le césium-137 imputable principalement aux retombées de la catastrophe de Tchernobyl. Les rejets radioactifs massifs provenant du réacteur accidenté ont entrainé des dépôts radioactifs particulièrement intenses dans le sud-est de la France et en particulier en montagne.
•En outre, en fonction de la topographie, des conditions climatiques, de la nature du couvert végétal et de la typologie des sols, le métal  radioactif qui s’est déposé sur de vastes étendues a pu être redistribué et induire de très fortes accumulations. »
Sur ces zones d’accumulation les niveaux de radiation au contact du sol les valeurs mesurées sont plus de dix fois, voire même plus de 100 fois supérieures au niveau naturel. Le fait de bivouaquer 4 heures sur certaines de ces zones induit toujours en 2015 une exposition non négligeable (débit de dose de 5 microsiverts/heure (μSv/h) au contact du sol). Pour rappel la dose limite (ce qui ne veut pas dire inoffensive) pour la population est de 1 millisievert par an (mSv/an) en dehors des expositions médicales et naturelles, soit environ 80 μSv/mois. En quatre heures de bivouac, on reçoit ¼ de cette dose !
Dans son communiqué de presse, la CRIIRAD rappelle qu’au début du XXème siècle, la radioactivité  des  sols était de 0 Bq/kg pour le césium-137. Aujourd’hui sur les points d’accumulation cartographiés au Col de la Bonnette, notamment près d’un lac temporaire, les échantillons de sol prélevés manifestent une activité dépassant les 100 000 Bq/kg en césium-137. La CRIIRAD a ramené ces échantillons dans son laboratoire dans des caissons plombés. Ce sont des déchets radioactifs qui, après analyse, auront été remis à l’Agence Nationale pour la gestion des Déchets Radioactifs.
 
Samedi 30 Avril 2016 Commentaires (0)
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