Discréditée par les leaders arrivistes et opportunistes dont elle est affublée, EE – LV entraine dans ce discrédit celui de l’écologie politique en France. Il y a peu d’espoir que cesse le fonctionnement clientéliste et clanique de ce parti qui n’est plus que l’ombre de ce qu’il fut naguère. Bientôt composé principalement, voire uniquement, d’élus et de collaborateurs salariés d’élus sans bases électorales pérennes, il est incapable de subsister sans le PS et donc de lui résister. Il ne peut que lui servir de caution. Seules des « révolutions de palais » peuvent y advenir. La survie de l’écologie politique passe peut-être par la mort d’EE – LV. Celle-ci n’est pas à l’ordre de jour, le PS lui ayant donné une visibilité certaine dans les institutions et lui ayant permis du même coup de renflouer ses caisses.


L'état PS réprime une manifestation pacifique à Notre Dame des Landes
L'état PS réprime une manifestation pacifique à Notre Dame des Landes
La situation de l’écologie politique en France peut paraître paradoxale.

Elle n’a jamais été aussi forte en nombre de députés à l’Assemblée nationale censés la représenter, elle a rarement été aussi mal perçue dans l’opinion. En France et partout dans le monde elle est malmenée dans ses fondamentaux mêmes que sont l’environnement, le souci de la Nature et celui de la survie de notre espèce, de sa possibilité de mener une vie digne de son humanité.
Une vingtaine de députés, deux ministres Europe – Ecologie Les Verts : électoralement parlant, le plus important parti français se réclamant de l’écologie peut se targuer d’une belle réussite. Il a obtenu des résultats auxquels il n’aurait même pas osé rêver naguère. En s’appuyant sur ses bons scores aux élections régionales et européennes, il a pu négocier un accord particulièrement favorable pour les dernières législatives avant que ne s’amorce un sérieux reflux avec des résultats calamiteux à la présidentielle et des résultats presque toujours en dessous des 5% aux législatives pour ceux de ses candidats qui étaient en concurrence avec ceux du PS. Dans les circonscriptions « données » à EE – LV par le PS dans lesquels ce parti ne présentait pas de candidats et soutenait ceux d’EE – LV, ces derniers ont profité de la vague rose. Elle en a propulsé un bon nombre au Palais Bourbon. EE – LV devient ainsi le principal partenaire du PS, place longtemps occupée par le PC, au temps de l’union de la gauche des années Mitterrand comme à celui de « la gauche plurielle » de Jospin.
Cependant, ce n’est pas un partenaire à part entière comme pouvait l’être le PC – même en perte de vitesse – sous le règne de F. Mitterrand. Les mauvais résultats récents d’EE – LV en font un parti satellisé, une toute petite planète qui serait capturée par une autre beaucoup plus grosse et forcée de tourner autour d’elle. Mais dans le cas présent, ce sont les rapports de force électoraux et les ambitions institutionnelles d’EE – LV qui remplacent les forces physiques mise en jeu dans l’événement cosmique.
Cette satellisation comme les habiles manœuvres et les renoncements - reniements qui ont permis à EE – LV d’obtenir ses résultats électoraux n’ont pas été du goût de beaucoup d’adhérents et de sympathisants.

Dégoutés le sont aussi les gens qui voient agir ces donneurs de leçon qui prétendent faire de la politique autrement mais ont des pratiques au moins aussi mauvaises que les autres. Seuls sont satisfaits les arrivistes qui ont pu ainsi arriver à l’assemblée nationale, en gros et à quelque exceptions remarquables près, une bonne partie de la direction nationale et des barons locaux. Ceci explique les communiqués de victoire baignant ad nauseam dans une autosatisfaction fadasse et décalée qu’assène la direction nationale du parti. L’un des derniers en date de Jacques Archimbaud, secrétaire général adjoint, est un modèle du genre. Il s’intitule « Les écologistes sont là, et cela va se voir » Il est rempli de banalités ronflantes et de généralités aimables, les unes et les autres sans cesse rabâchées. Elles servent de toile de fond ou de musique d’ambiance à une série forfanteries et de rodomontades. Mais bien entendu, comme l’on remarqués plusieurs éditorialistes dont celui du Monde, ce communiqué évite soigneusement les sujets qui fâchent. Publié alors que Nicole Bricq venait d’être écartée du ministère de l’écologie à cause de son refus d’autoriser les forages pétroliers au large des côtes de la Guyane faute de garanties environnementales suffisantes, le communiqué d’Archimbaud n’en souffle mot. Les écologistes sont là, cela se verra peut-être. On aurait aimé que cela s’entende ! Pascal Durand a été plus ferme dans sa condamnation de ces forages ; Vincent Placé également. N’ayant pas obtenu de portefeuille dans le gouvernement ce dernier n’a rien à perdre. Dans l’entretien qu’il a accordé au Monde Pascal Durand, le nouveau secrétaire national précise « La loyauté, ce n’est pas l’obéissance, et le partenariat n’est pas la fusion » Certes, mais aura-t-il les moyens de sa politique avec des députés élus par la grâce du PS et des Ministres qui ne doivent leur portefeuille qu’au bon vouloir de Messieurs Ayrault et Hollande ?
Off, les langues se délient. Le Monde citait « un important dirigeant » d’EE – LV – le nom n’est pas mentionné, qui aurait déclaré : « On est totalement ficelés, alors on va surjouer l’opposition sur des sujets annexes », déclaration que le journaliste commentait en ces termes « Reste à savoir comment les militants écologistes, de moins en moins nombreux – Daniel Cohn-Bendit estime la baisse en une année à 50% – analyseront ces positionnements. » Le groupe d’élus, les deux ministres, tout cela risque donc de n’être en fin de compte qu’une victoire à la Pyrrhus. C’est d’autant plus regrettable que tous les observateurs s’accordent à le reconnaître, le président de la République et son gouvernement semblent avoir des priorités antinomiques à celles de l’écologie et le tandem Hollande Ayrault paraît bien décidé à mater toute opposition à ceux de leurs projets supposés apporter des points de croissance, peu importe qu’ils respectent ou non les populations concernées ou l’environnement. Voici en plus du cas des forages pétroliers en eau profonde le long des côtes de Guyane deux exemples supplémentaires pour s’en convaincre.

●Mairie de Notre dame des Landes, 21 Juin au matin : la Coordination des Opposants au projet d'aéroport appelait à un rassemblement devant la mairie de Notre-Dame-des-Landes à l'occasion du démarrage de cinq enquêtes publiques dont celle sur la loi sur l'eau, la zone impactée par le projet étant à 98 % en zone humide. Ces enquêtes sont prévues se dérouler en juillet en pleine période de vacances scolaires et de travaux des champs, période des plus favorables comme chacun sait ! D’autant que la durée a été opportunément raccourcie à quatre semaines ! Les protagonistes de cet aéroport sont de grands démocrates bien décider à passer outre l’avis des populations pour imposer leur projet inutile. Il s’agissait donc de manifester pour le report de ces enquêtes après les vacances scolaires et l’allongement de leur durée à huit semaines pour que chacun puisse s’exprimer. Rien de bien subversif en somme, une simple exigence de démocratie.
Voici la suite des évènements telle qu’elle est rapportée dans le communiqué de presse de la coordination (ACIPA) : « Dès 3 heures du matin, quatorze tracteurs et cinquante militants ont bloqué les accès tout autour de la mairie ; une autre quinzaine de militants s'est installée sur les toits. Vers 8 heures 30, deux-cent-cinquante personnes ont voulu rejoindre la mairie mais en ont été empêchées : tous les manifestants étaient tenus très à l'écart par un déploiement exorbitant de forces de l'ordre. Les conducteurs de tracteurs ont été sortis de force de leur véhicule, des militants se sont fait traîner à terre avec une rare violence et des tracteurs ont subi des dégradations délibérées (portes éclatées). Une manœuvre du tracteur de Sylvain Fresneau, président de l'Association de Défense des Exploitants Concernés par l'Aéroport (ADECA) a déclenché des jets nourris de gaz lacrymogènes et Sylvain a été mis en garde à vue. Il a été auditionné tout l'après-midi à Châteaubriant, son tracteur et sa remorque ont été mis sous séquestre dans l'attente d'un éventuel jugement. » Depuis le sacrifice de Notre dame des landes sur l’autel de l’accord électoral avec le PS, silence à la direction d’EE – LV, aux abonnés absents. Source

● Le Chefresne (Manche), petite commune de 300 habitants dont le maire Monsieur Jean-Claude Bossard est agriculteur et adhérent d’Europe Écologie, dimanche 24 Juin : tirs de gaz lacrymogène et, probablement, de grenades offensives contre les manifestants qui s’opposent à l’édification de la ligne à très haute tension Cotentin – Maine. Cette THT devrait raccorder le futur réacteur EPR de Flamanville au reste du monde. On déplore deux personnes sérieusement blessées parmi les manifestants de cette marche pacifique.
Les travaux de cette ligne THT ont débuté en 2011 et la contestation avec eux. Le Chefresne, commune du Sud-Manche, est l’endroit où cette résistance est la plus active à cause de la forte détermination de ses habitants, maire en tête. L’assemblée du Chefresne qui regroupe une centaine activistes a établi ses quartiers dans la commune. Elle a pour but d’étendre la lutte pour soutenir les riverains et les multiples associations de défense qui se sont constituées le long du trajet de la future ligne THT . Depuis l’élection de François Hollande, le changement s’est fait sentir d’une bien mauvaise façon comme le rapporte le site Stop THT : « Si depuis le mois de mars nous assistions à une mobilisation policière inouïe à l’occasion de chaque action publique, celle-ci n’a longtemps montré que peu de détermination à empêcher les interférences sur les chantiers, si ce n’est à nous dissuader par leur simple présence. Depuis quelques jours, le vent du « changement » a touché le Cotentin. L’arsenal répressif dont l’état français a toujours su faire usage, notamment quand il s’agit de s’en prendre à son industrie nucléaire, fonctionne à plein régime.
Le 5 juin 2012, l’incarnation du « changement » en personne débarque dans le Cotentin pour la commémoration du débarquement. Les élus du Chefresne, naïvement mais avec une détermination qui leur colle à la peau, tentent une entrevue avec le secrétaire de l’Elysée. Éconduits, « faute de temps », ils se retrouvent renvoyés à prendre rendez-vous avec le préfet. Mardi 5 juin à 16h : entretien téléphonique avec le préfet qui accepte de recevoir une délégation le jeudi pour entendre la revendication de moratoire sur le chantier THT. A peine le téléphone raccroché, alors que la résistance au Chefresne avait empêché jusque-là tout travaux sur la commune, les pelleteuses de terrassement débarquent au Chefresne accompagnées de leur habituel cortège bleu foncé. Le rendez-vous avec le préfet est bien entendu caduc, il faudra faire face physiquement dès le mercredi matin. Une quarantaine de personnes, maire en tête, sont au rendez-vous pour tenter de s’opposer à l’arrivée des machines. Le maire brandit son arrêté municipal interdisant l’édification des pylônes sur Le Chefresne. Au bout de deux heures, les gendarmes l’embarquent et le mettent en garde à vue, avec deux autres riverains, pour entrave à la circulation, violence avec voie de faits. Deux autres personnes seront arrêtées peu après. 5 gardes à vue en tout sans suite judiciaires à ce jour. Émotion dans le village, chez les militants. Les médias s’emparent de cet évènement, à la veille des législatives. Le conseil municipal se réunit le vendredi soir et décide unanimement de boycotter les élections pour refuser de cautionner cette dictature nucléaire. Alors que s’ensuivent des tractations avec la préfecture pour que les élections soient prises en charge par cette dernière, ce que le préfet accepte s’entendant sur le principe de mise à disposition du bureau, avec ouverture par le maire et fermeture par le premier adjoint, les gendarmes débarquent le samedi chez chacun des élus afin de les réquisitionner pour le lendemain, à l’encontre, une fois de plus, de l’engagement du préfet. Menace de 30 000 € d’amende pour le maire et 15 000 € pour le premier adjoint. Face à ces trahisons, le conseil municipal décide à l’unanimité de démissionner, refusant de se coucher devant une telle dictature. Ils tiendront le bureau de vote sous la contrainte mais digne. Le harcèlement n’ayant plus de limite, dimanche 10 juin 2012 à 5h du matin, les gendarmes débarquent à nouveau chez le maire. La salle du bureau de vote aurait été vandalisée. En fait, ce sont 5 communes, dont Le Chefresne, qui ont vu les serrures des bureaux de vote obstruées. La population non plus ne désarme pas. »
Il faut signaler que le 24 juin la députée d’EE – LV de Bayeux, Isabelle Attard, était au Chefresne. Elle s’est déclarée « choquée par ce déferlement de violence policière » et en a informé le cabinet de Manuel Valls, le ministre de l’intérieur. Elle était accompagnée de François Dufour, vice-président (EELV) du conseil régional et de deux conseillères régionales (EELV) Bérengère Dauvin et Clara Osadtchy. Cette mobilisation des écologistes de terrain contraste fort avec l’inertie de l’appareil national et le silence des ministres une fois encore aux abonnés absents : ce n’est pas de leur compétence !!!!
Le Chefresne : les gaz lacrymogènes, les vaches entre gendarmes et manifestants
Le Chefresne : les gaz lacrymogènes, les vaches entre gendarmes et manifestants

Après « ces débuts fracassants de la politique écologiste de Jean-Marc Ayrault »selon la formule tout à fait appropriée d’Hervé Kempf dans Le Monde, la présence de ministres écologistes dans son gouvernement revient à cautionner une politique qui n’a rien d’écologique. Ils doivent demander au chef du gouvernement des explications et mettre leur démission dans la balance. Le feront-ils ? C’est bien peu probable lorsque, contre toute évidence et avec un aplomb sidérant Cécile Duflot déclare : « Je suis fière d'appartenir à un gouvernement qui écoute la voix des écologistes. Le souci de l'écologie, c'est le souci de notre gouvernement. » Elle est bien la seule, sinon à le penser, du moins à le clamer… Il est certain qu’elle s’agrippera à son ministère comme une patelle adhère à son rocher à marée basse. Elle n’est que le faire-valoir écologiste d’une politique antiécologique résumée en quelques lignes dans l’édito du Monde du 24/25 juin : « le gouvernement assume clairement ses objectifs : développement du tissu productif français, lutte contre le chômage, sauvetage de la zone euro, le tout au détriment de l’environnement, qui n’est pas un chantier prioritaire, si tant est qu’il l’ait jamais été » Cette vision « industrialiste » est à l’antipode de celle des écologistes et de leur façon de concevoir la sortie de la crise économique, sociale et environnementale dans laquelle nous nous débattons. Cécile Duflot ne peut l’ignorer. Elle ne dupera d’ailleurs que celles et ceux qui voudront bien l’être. Dans l’Hexagone, l’écologie politique n’a jamais eu aussi peu de poids qu’aujourd’hui : « Les raccourcis électoralistes ne sont que des chemins de traverse pour l’écologie politique »

Aujourd’hui EE – LV emprunte ces chemins de traverse avec Hollande, hier les Verts les empruntaient avec Jospin

Nous étions déjà quelques-uns à le dire lors des élections législatives de 1997, soulignant qu’en politique comme ailleurs, on ne récolte que ce que l’on a semé. Les écologistes ont semé et récolté parfois au niveau local (régional, communal, voire, malgré un mode de scrutin défavorable, cantonal) Au niveau national par contre, ce sont les chemins de traverse qu’ils se sont obstinés à emprunter depuis 1997 avec des résultats électoraux plus ou moins heureux mais sans grand profit et parfois avec de grandes pertes pour l’écologie. L’épisode de la gauche plurielle à la sauce Jospin est là pour le prouver. Faut-il le rappeler, c’est à cette occasion que Les Verts ont perdu leurs bonnes manières. Nous étions quelques-uns à nous être insurgés contre cela. Nous écrivions alors «Nous refusons le cumul des mandats et voilà que nous négocions une circonscription que l’on sait destinée à [X] qui est déjà maire (…). Que devient la parité quand les Verts négocient une autre circonscription pour [Y] qui pique la place d’une femme régulièrement investie par le vote des adhérents de sa fédé ? Que vaut notre revendication de la proportionnelle pour une juste représentation des différents partis lorsque l’on s’appuie sur les particularités du scrutin majoritaire à deux tours pour permettre au PS de se renforcer au détriment du PC ? (…) En acceptant que nos candidat(e)s commun(e)s de l’alliance Rose-Verte soient investi(e)s par Jospin ( aujourd’hui Aubry ou Hollande) et ses lieutenants et imposés aux militants du PS par l’appareil, nous réservons notre précieuse démocratie à un usage interne. Notre démocratie interne, parlons-en justement. Les candidats Verts pour qui, quoi qu’on en dise, ont été négociées des circonscriptions ne sont investis pour l’instant que par la « direction » du parti, c’est-à-dire par eux-mêmes, dans la plus part des cas et surtout s’il s’agit de «gagnables». Les adhérents, le Cnir, ratifieront tout cela comme le reste… plus tard » Texte d’une brûlante actualité si on met à la place des noms de l’époque celui d’apparatchiks de 2012. En 1997, nous étions nombreux à trouver de telles pratiques scandaleuses. Aujourd’hui, les militants EE – LV criaient au scandale lorsque qu’un militant ou une militante de terrain PS se révoltait contre les diktats de sa direction nationale et refusait de s’effacer devant un(e) parachuté(e) EE – LV et le fonctionnement clanique du parti ne révolte plus que quelque nouvel adhérent qui s’est égaré dans cette taverne de brigands.
Déjà nous mettions en garde : « Soyons assurés que les citoyen(nes) qui cherchent autre chose en politique pour voter de nouveau, ceux qui ne veulent plus voter par défaut, ne voteront pas pour nous. Personne ne sera dupe et personne n’aime être pris pour un imbécile. Pour remonter la pente, pour incarner à nouveau une autre politique faite autrement, il faudra beaucoup de temps, du temps perdu pour l’alternative écologiste » mais pas pour le FN. La suite de 1997 fut 2002 et Le Pen Père au second tour de l’élection présidentielle. Comme hier Voynet et sa clique, aujourd’hui les Duflot, Archimbault et consorts continuent à prendre les militants et les gens pour des imbéciles. Ils l’on fait avant les élections, ils continuent après. L’écologie politique ne remonte pas la pente, elle continue de se disqualifier aux yeux des gens car malheureusement ils identifient aujourd’hui l’écologie politique avec les quelques leaders opportunistes et arrivistes d’ EE – LV que l’on entend ou voit à la radio et à la télévision.
En 1997 nous pouvions encore croire en l’avenir du parti Vert. Nous écrivions dans ce même texte : « Il est urgent de réaffirmer une identité verte fondée sur une éthique et des pratiques. Nous voulons encore espérer que nous en sommes tous, individuellement et collectivement, capables »
Aujourd’hui, ce n’est plus le cas. Le parti Vert devenu Europe – Ecologie Les Verts n’est plus à transformer, refonder, etc. Il est à remplacer. L’écologie politique doit prendre d’autres formes. Il est urgent, non pas de réaffirmer une identité Verte, mais de forger une nouvelle identité écologiste fondée sur une éthique, des pratiques et un programme qui renoue avec ses fondamentaux : survivre et vivre, faire le choix de la vie, résister.
L’écologie politique est entrée de nouveau dans un «âge glaciaire», perdante au niveau mondial, perdante au niveau national. Mais ce n’est peut-être que pour mieux rebondir… avant qu’il ne soit trop tard. Le tournant « industrialiste » pris par le gouvernement Ayrault et les atteintes à l’environnement qu’il va induire provoquent déjà et provoqueront révoltes, contestations et création de collectifs de défense. Ces collectifs mettront les élus qui se disent écologistes devant leurs responsabilités. S’ils sont bien enracinés dans le local et relayés aux niveaux national, européen, voire mondial grâce à Internet, ils feront plier ici l’état PS, les états de la même couleur ou d’une autre ailleurs. Dans le même temps fleuriront – elles fleurissent déjà – des « initiatives citoyennes » comme celles qui se manifestent autour de « villes en transition », le réseau des Amap, des monnaies locales, etc. Elles émanent de gens qui sont las des atermoiements des politiques, las d’attendre un changement par le haut qui ne vient pas et ne viendra sans doute jamais. De la rencontre, la conjonction de ces combats et initiatives peuvent se constituer des coordinations ou d’autres formes organisationnelles desquelles émergera une écologie politique régénérée et transcendée, débarrassée de ces leaders arrivistes dont elle est aujourd’hui affublée.

Sources :
Le texte cité est une contribution co-rédigée par Didier Hervo et Jean-François Dumas, signée par des adhérents des Verts Hauts de Seine et présentée en trois parties à l’AG de la région Ile de France en 1997 sous le titre "Vu des Hauts de Seine" Premier méandre, Second méandre et Troisième méandre. Ce découpage était rendu nécessaire par la limitation du nombre de caractères dont disposait une contribution. Nous en avions donc fait trois qui s'appelaient les unes les autres...

Crédit photo : xx


Mardi 3 Juillet 2012 Commentaires (0)
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