Cet article est une contribution à une critique du véganisme à partir d’un point de vue écocentré. Les végans ont une haute considération pour eux-mêmes. Ils pratiquent la culpabilisation et la stigmatisation de ceux qui n’adoptent pas leur mode de vie ou osent le critiquer. Or du point de vue d’une « éthique de la terre » ce mode de vie n’est pas « juste ». C’est le but de cet article de le prouver.


Stop au bourrage de crâne : Le mode de vie végan n’est ni écologique, ni éthique !
Le véganisme est considéré par les végans, leurs théoriciens et leurs propagandistes comme le summum de la civilisation. Les adeptes du mode de vie végan seraient des personnes ayant atteint la perfection morale suprême alors que les végétaliens s’en rapprocheraient et que les végétariens seraient sur la bonne voie. Aux yeux des végans, les gens ordinaires, les omnivores, qualifiés de carnéistes seraient des personnes moralement médiocres qui se considéreraient suffisamment bonnes pour ne pas avoir à faire d’efforts supplémentaires pour devenir végétariens. Le véganisme serait une condition sine qua non de l’écologisme, l’élevage étant une des causes de la perte de la biodiversité, du réchauffement climatique, de la pollution et des pénuries en eau. Il serait le seul mode de vie qui permettrait de résoudre le problème de la faim dans le monde face à la croissance démographique.

C’est à une critique de la justification du véganisme par ces considérations écologiques que cet article est consacré. Pour l’essentiel je souhaite montrer que ces considérations sont spécieuses. Elles reposent sur la réduction de l’élevage à l’élevage industriel dans le cadre d’une agriculture productiviste et elles s’appuient sur un bilan mondial en faisant fi de situations régionales ou locales pourtant très contrastées, sur des confusions voulues ou non notamment en ce qui concerne l’usage de l’eau.
 Le véganisme généralisé aurait pour effet immédiat la fermeture des milieux et la disparition des prairies en France et en Europe au-dessous de la limite altitudinale des arbres. C’est à partir de la mise en évidence des  conséquences fâcheuses de cette disparition pour la biodiversité que je construirai cette contribution à la critique du véganisme.  

Avant de poursuivre, je souhaite mettre en garde sur trois points afin que les développements qui suivent ne soient pas interprétés de travers. Tout d’abord, les développements qui vont suivre ne valent pas pour les pelouses alpines, celles qui se déploient naturellement au-dessus de la limite altitudinale des arbres ou juste en dessous. Dans ces pelouses alpines, la transhumance d’immenses troupeaux de moutons est catastrophique pour les sols, la flore et la faune sauvage à cause de surcharge pastorale et d’absence de conduite de ces troupeaux trop souvent laissés seuls.

Ensuite, il n’est pas question de donner un blanc-seing à la profession qui trop souvent s’assoie sur les bonnes pratiques, ce qui se traduit par une exploitation trop intensive des prairies, une utilisation déraisonnée des antibiotiques et autres produits vétérinaires, un épandage d’engrais à des doses trop élevées, une mauvaise gestion des déchets, une insouciance du bienêtre animal et du sort des bêtes à l’abattoir, etc. …, bref par le sacrifice des bêtes et de l’environnement, par l’épuisement de la Nature et des salariés agricoles au profit de la sacro-sainte rentabilité qui bien souvent ne suit pas  malgré une productivité exacerbée et n’est donc pas au rendez-vous, du moins dans les filières traditionnelles.
Il faut toutefois reconnaître que les temps sont durs pour les paysans, le métier difficile, les intermédiaires voraces. Le libéralisme triomphant est incompatible avec une agriculture paysanne. Quant aux gens, ils préfèrent se ruiner en gadgets électroniques à obsolescence programmée plutôt que de payer à son juste prix une nourriture de qualité.

Enfin, cette critique du véganisme n’est nullement incompatible avec un combat pour le bien-être animal et contre la chasse loisir. Si l’hypothèse de Pierre Jouventin (2016) est correcte, nos ancêtres ont dû se résoudre à pratiquer l’élevage parce qu’ils étaient des chasseurs de gros gibiers trop efficaces. Cette efficacité s’était d’abord traduite par une abondante nourriture permettant à diverses espèces du genre Homo d’accroître leurs effectifs. Ensuite elle a  conduit à une pénurie de  gros gibiers jointe à une augmentation de bouches à nourrir. Pour sortir de cette impasse, quelques espèces au moins de ce genre Homo dont Homo sapiens ont  effectué la révolution néolithique, l’élevage se substituant à la chasse, le gros gibier étant devenu trop rare. Avec le développement de cet élevage comme source principale de protéines animales, la chasse s’est transformée peu à peu, notamment dans la civilisation occidentale, en un loisir.
Défendre un élevage raisonnable produisant des protéines carnées à consommer avec modération dans le cadre d’une alimentation équilibrée, c’est condamner la chasse car tuer le ventre plein, pour le plaisir est totalement injustifiable, totalement immoral. Chasse ou élevage, il semble que nous n’ayons guère eu le choix en des temps très lointains. Aujourd’hui, exceptées quelques populations reliques de chasseurs-cueilleurs que notre si belle civilisation ne manquera pas de finir d’exterminer, nous ne l’avons plus du tout, l’élevage est notre source quasi-unique de protéines carnées.
 

0.0 Nous sommes naturellement omnivores.

Pour faire oublier cette évidence, les végans s’attachent à démontrer que nous ne sommes pas des carnivores. Et de fait nous ne le sommes pas. Nos dents et les mouvements de nos mâchoires, notre estomac, notre intestin, nos processus de digestion et d'élimination sont ceux d'omnivores. Mais être omnivore, cela ne signifie pas physiologiquement que l'on puisse s'abstenir de  tout produit carné ou d'origine animale, n'en déplaise aux végans. On peut le faire certes, mais il sera alors nécessaire pour ne pas être carencé de recourir  à des substituts plus ou moins naturels pris sous forme de compléments alimentaires.

Tout bien considéré, il y a au moins un point commun entre les végans et les transhumanistes : les uns comme les autres refusent leur condition humaine,  soit qu’ils n’acceptent pas les « imperfections » et les limitations de leur corps biologique,  soit qu’ils n’acceptent pas leur statut d’organisme hétérotrophe. Purs esprits, immortels, se nourrissant de l’air du temps, voici leur idéal.

0.1 Les végans n’aiment ni la vie, ni la Nature en dépit de leurs déclarations.

Ce qu’ils aiment, c’est une vie édulcorée et une nature aseptisée, la seule que, citadins pour la plupart, ils fréquentent quotidiennement.  Pour aimer et défendre la vie, il faut accepter la mort, la sienne comme celle des autres qu’ils soient humains ou d’une autre espèce. Tel est le paradoxe de la vie sur Terre qui ne peut se perpétuer qu’ainsi. A défaut de le comprendre, il faut humblement l’admettre, sans vouloir rien y changer, car « La Nature en sait plus ».   

0.2 L’empathie est sans doute le ressort premier qui conduit les végans à condamner l’élevage et à refuser d’utiliser pour quelque usage que ce soit des produits d’origine animale. Éprouver de l’empathie pour des jeunes mammifères est une réaction naturelle : « comme il est mignon !» Cette réaction face au « mignon » faite pour déclencher le soin aux jeunes de notre espèce est génétiquement programmée et elle peut s’étendre aux jeunes d’autres espèces et même à des objets comme les doudous. Ceci est bien connu et a été analysé depuis longtemps par les éthologues (voir par exemple, inter alia, Lorenz, 1965). Les végans usent et abusent dans leur propagande de ces déclencheurs avec des photographies ou des photomontages de porcelets, petits veaux, poussins, etc... L’empathie des végans est sûrement moindre à l’égard d’une fourmi et pourtant, il a été établi que les individus de certaines espèces de fourmis se reconnaissaient dans un miroir, alors que de nombreux mammifères échouent à ce test. Ces fourmis ont donc une certaine conscience d’elles-mêmes. Je ne suis pas certain que les végans fassent beaucoup de cas de ces animalcules même si, par esprit de système, ils s’interdiront de manger des insectes et tenteront de donner mauvaise conscience à ceux qui le feront. Mais ils auront beaucoup plus de mal à y parvenir que lorsqu’il s’agit de veaux ou d’agneaux. Par parenthèses on notera que même le miel est prohibé dans un régime végan sous le prétexte ahurissant qu’il s’agit d’une exploitation des abeilles alors que pour les gens informés à l’esprit non déformé, il s’agit d’un cas typique de mutualisme ! (voir La cabane de Tellus)


1.1 Le véganisme, c’est la disparition des prairies permanentes et de leur cortège d’espèces associées  en plaine et moyenne montagne de l’Europe tempérée. Lorsque l’on se prétend végan ET écologiste, il faut s’inquiéter des conséquences  sur les écosystèmes de ce que l’on préconise. C’est sur l’une d’entre elles que je vais insister maintenant, la disparition des praires de fauche et de pâture dans une Europe où l’élevage aurait été supprimé. Cela concerne plus particulièrement les zones de moyennes montagnes européennes. Il s’agit de la fermeture des milieux  dans  ces zones.

1.2 L’agriculture et notamment l’élevage est en crise. C’est le moment choisi par les végans pour intensifier leur propagande et tenter de lui donner le coup de pied de l’âne. Si l’auteur de ces lignes est convaincu que bien des pratiques culturales ou d’élevage sont à revoir en Europe et dans les pays riches en général, il est en total désaccord avec l’objectif des végans : la disparition de l’élevage et de l’utilisation de tout produit d’origine animale.

1.3 L’élevage traditionnel raisonné de plaine et de moyenne montagne en plein air permet de garder des milieux ouverts, que ce soient des pelouses sèches ou des prairies humides avec leurs cortèges faunistiques et floristiques associés. Si tout le monde ou même seulement une grosse majorité de gens cessaient de manger de la viande ou des produits d’origine animale comme le lait ou le fromage, dans beaucoup de cas, notamment en dessous de la limite altitudinale de la forêt, le milieu se refermerait entrainant la perte d’un grand nombre d’espèces animales et végétales.

Par exemple, en Auvergne, ce sont les hêtraies et dans les parties les plus hautes les hêtraies-sapinières qui recouvriraient les volcans et les plateaux. On maintiendrait peut-être quelques troupeaux de moutons pour que les touristes puissent encore observer les formes de certains volcans remarquables, mais ce serait tout. Car que faire de ce que ces troupeaux permettent d’obtenir, les végans proscrivant l’utilisation du cuir, de la laine, du lait, du fromage et bien sûr de la viande. Les paysages des hauts plateaux de l’Aubrac, du Cézallier, du Cantal perdraient cette étrange beauté que leur confèrent  les prairies d’estive qui s’étendent à perte de vue. Dans un monde végan, il n’y aurait plus de vaches sur ces hauts plateaux (ou si peu) et donc, plus de prairie et guère d’humains.

1.4 En Europe une centaine d’espèces de papillons de jour sur les 380 recensées est menacée et de nombreuses espèces ont déjà disparu. Plus de 50% de ces espèces fréquentent tous les milieux herbacés : prairies mésothermophiles, gazons xérothermophiles, milieux herbacés mésophiles, prés à litières, etc. En France, sept sous-espèces fréquentant ces milieux sont éteintes. La première sous-espèce à s'éteindre est Lycaena dispar gronieri, disparue des marais de Saint-Quentin dans l'Aisne vers 1905; par la suite, six sous-espèces de Rhopalocères ont disparu ces dernières décennies parmi lesquelles Parnassius apollo francisi ; P. a. peyerirrwffi ; Pieris manni andegava ; Coenonympha oedipus sebrica ; C. Coe.herbuloti; Maculmea arion microchroa. (Guilbot, 1999 ; UINC et al. 2012).

Il n’y a pas que les papillons. Un grand nombre d’autres espèces d’insectes serait impacté. La disparition ou la régression des prairies permanentes se traduirait par un appauvrissement sensible de la biodiversité florale de ces zones, au moment même où des mesures sont prises pour faire en sorte de privilégier le pâturage extensif qui reste compatible avec une riche biodiversité. Celle-ci fournit en retour une meilleure nourriture aux bestiaux avec pour conséquence des fromages plus goûteux : « La gestion de la biodiversité constitue un enjeu majeur pour les exploitations. Elle y est de plus en plus fréquemment considérée non seulement comme une résultante du mode de conduite des parcelles, mais aussi vis-à-vis des services qu’elle rend aux activités d’élevage (Clergue et al., 2005) : qualité des produits animaux, valeur nutritive des fourrages, souplesse d’utilisation des prairies, etc. Sa préservation est désormais explicitement prise en compte dans l’attribution de la nouvelle prime herbagère agro-environnementale (PHAE 2), les éleveurs qui s’y engagent ayant l’obligation de respecter un certain pourcentage de leur surface en éléments fixes de biodiversité tels que les estives ou les haies. » (Dumont et al. 2007, p. 23).
 
Qui sait que la prairie pâturée entretenue par fauche ou par pâturage extensif est l’écosystème le plus riche en espèces au m2 (jusqu’à 89 espèces) ? Ce n’est que si on utilise une maille plus large de 100m2 que les forêts tropicales humides la surpasse (Dale-Harris 2013), (Mauchamp et al. 2012).

La disparition d’espèces d’insectes ou de plantes du territoire national ou européen ne semble pas gêner plus que cela les végans qui semblent être inconscients ou insouciants des conséquences que produiraient leurs choix alimentaires, vestimentaires et autre de n’utiliser aucun produit ou matière première d’origine animale, un choix qu’ils aimeraient bien voir généralisé, généralisation pour laquelle ils se livrent à une propagande active et pas toujours ni très éthique, ni très honnête.
 
1.5 Paradoxalement la disparition de races domestiques d’animaux ne les gêne pas non plus.

C’est pourtant ce qui se produirait inéluctablement si toute  une population cessait de s’alimenter avec des produits d’origine animale. Le cas des chevaux de trait est éclairant à ce sujet. L'arrivée du tracteur dans les années 1950 sonna le glas de nombreuses races de chevaux de trait. Les extinctions de ces races sont des pertes patrimoniales.

Certains végans, parmi les plus militants d’entre eux, tentent de passer sous silence cette conséquence fâcheuse : la disparition des animaux sur le sort desquels ils s’apitoient et tentent de nous faire verser une larme.

Sous la photo d’un joli petit cochon rose, on pouvait lire : « Si vous ne les mangez plus, ils ne les tueront plus », photo et légende, tweetées et retweetées par les végans. Je tweetais alors :
               « (Dumas Jean-François ‏@dumas_jf 29 mars @Muriel_F_Pacani @L214) Mais ils n'existeront plus non plus! Il faut le savoir. »
Ce qui me valut la réponse
               « (Muriel F ‏@Muriel_F_Pacani 30 ma.@dumas_jf @L214) Faire naître moins d'animaux issus de sélections génétiques artificiellement organisées par l'homme ne sera pas un mal. »
Curieuses réponse : ce n’est pas de « faire naître moins d’animaux… » qu’il s’agit, c’est de ne plus en faire naître du tout ou en nombre infime pour des fermes « à la Marie-Antoinette », ces « fermes » bidons que l’on installe dans les villes pour une occasion quelconque, avec quelques chèvres, poules, moutons que viennent caresser les enfants et se faire ainsi une idée fausse de l’élevage en confondant bétail et animaux de compagnie, confusion qu’exploiteront à merveille les végans pour leur propagande. Voilà donc une réponse bien rédigée pour cacher que l’enjeu, c’est la disparition de races, voire d’espèces domestiques ; réponse bien calculée aussi pour cacher que pour les animaux existant, cela signifiera un passage prématuré à l’abattoir, sauf pour quelques-uns que des associations pourront recueillir.
 
1.6 La reconquête des prairies permanentes par la forêt naturelle serait le meilleur scénario mais pas le plus probable.  

Dans le pire scénario et, hélas, le plus probable, ce serait des plantations de douglas ou d’épicéas, en rang d’oignons pour « valoriser » ces espaces laissés à eux-mêmes. C’est déjà ce qui se passe en raison de la déprise agricole ici ou là dans des secteurs où l’exode rural a été particulièrement sévère.

Remplacer les prairies par des champs là où la nature des sols le permet (cas de figure assez rare en moyenne montagne où la roche affleure, par exemple dans les « cheires » volcaniques du Puy-de-Dôme) entrainerait  un appauvrissement faunistique et floristique encore plus important. Comme je le développe en détail plus loin, pour ceux que les émissions de CO2 inquiètent, ce changement d’usage des sols entraînerait un déstockage massif de carbone. Et pourtant pour ne pas dépendre de l’import, il faudrait bien augmenter les surfaces labourées pour produire les graines et autres plantes du régime végan.

Ces scenarii plus ou moins catastrophiques ne sont pas de simples vues de l’esprit. En ce moment, il y a, comme chacun le sait, une crise de surproduction de lait avec baisse du prix de celui-ci aux éleveurs. Les troupeaux non seulement n’étant plus rentables mais devenant de plus une charge, beaucoup d’éleveurs sont contraints de les réduire. La vente des vaches laitières pour la boucherie a augmenté ces derniers mois. (La conversion en bio demande une trésorerie que tous les éleveurs déjà endettés n’ont pas.) On redoute une déstabilisation du marché de la viande bovine avec l’arrivée massive et prématurée de 800 000 vaches laitières à l’abattoir. Il faut d’ailleurs souligner que ce sont les petites exploitations paysannes qui sont touchées les premières et non les fermes-usines où les animaux sont traités comme des machines à fabriquer du lait.

Si en plus les gens se mettent à ne plus consommer de produits laitiers (lait, yaourts, beurre, fromage, …) l’hécatombe sera encore plus grande, y compris parmi les vaches laitières gestantes !

Ne plus boire de lait et ne plus manger de fromage, c’est condamner les vaches laitières à une mort prématurée. Les Bishnoïs qui se singularisent par un strict respect de tous les êtres vivants et pas seulement des animaux mais aussi des arbres et des plantes, boivent du lait de chèvre et font du fromage. Les animaux leur donnent leur lait mais inversement, il arrive que les humaines nourrissent au sein les faons orphelins. Ils sont plus cohérents et avisés que bien des végans de nos contrées.

2.1 Les végans et autres végétaliens utilisent abondamment dans leur propagande des arguments écologiques pour condamner la consommation de viande et de produits d’origine animale (lait et produits laitiers, œufs, miel…). Ils s’en vont répétant urbi et orbi que l’élevage qu’il soit laitier ou pour la viande est une catastrophe écologique. La production de viande et de lait  serait  responsable du défrichement des forêts au profit des pâtures et des cultures fourragères.  L’élevage aurait des impacts sur le changement climatique et la biodiversité. Il induirait aussi un gaspillage et des pollutions de l’eau.
Ce réquisitoire s’appuie essentiellement sur le rapport de la FAO de 2006 Livestock's long shadow, du moins sur les résumés et présentations de ce pavé relativement indigeste de 390 pages sans compter les préfaces, remerciements, les tables des matières, des tableaux, des figures, etc.  

2.2 Cependant les végans font une double confusion peut-être involontaire, plus sûrement voulue dans un but de propagande. Le rapport vaut pour l’ensemble des filières et cherche à dresser un panorama mondial tout en reconnaissant des situations contrastées. Ainsi ce qui vaudra pour l’Amérique latine par exemple, n’est pas automatiquement transposable à la France et à l’Europe. La seconde confusion consiste à mettre dans le même sac les différents types d’élevage en les réduisant aux élevages industriels.

2.3 Le rapport de 2006 de la FAO présente une analyse environnementale globale des systèmes d’élevages à l’échelle de la planète. Cette analyse met en évidence les conséquences néfastes écologiquement et le caractère non soutenable de l’élevage tel que pratiqué aujourd’hui. Il ne pourra  faire face à une demande mondiale de plus en plus grande en produits carnés (viande et lait) dont la FAO prévoit le doublement à cause de la croissance démographique, du développement de l’urbanisation et de l’élévation des revenus et donc du pouvoir d’achat dans les pays « émergeants » ou « en développement » ; élévation des revenus et du pouvoir d’achat se traduisant entre autres choses par la préférence accordée à la consommation de protéines d’origine animales.

On notera aussi que la FAO privilégie dans ce rapport comme dans les suivants (FAO, 2010) l’élevage industriel avec de grosses unités de production rationalisées (des usines à viande !) comme réponse possible à cette demande, mettant en exemple les élevages de volailles. Elle laisse aussi à penser que l’amélioration des races par la transgénèse sera un des moteurs des progrès technologiques futurs en la matière. Les experts de la FAO sont loin d’avoir une vision écologiste de l’état du monde en général et de l’agriculture en particulier.

2.4 La comparaison effectuée dans le rapport de 2006 de la FAO entre la quantité de GES émis par l’élevage avec celle dues aux transports montre qu’à l’échelle de la planète la première dépasse la seconde. Cette comparaison a fait couler beaucoup d’encre parce que la question du « réchauffement climatique » a réussi à occuper le devant de la scène en ce qui concerne les enjeux écologiques du siècle.

Mais quand on y regarde de plus près, on constate que le facteur principal d’émission dans le calcul de la FAO est la déforestation qui serait responsable de 34% des émissions. Il est évident que si ce facteur concerne les Pays d’Amérique Latine, il ne peut concerner les pays européens. Là encore selon les pays la situation va varier.
 
Stop au bourrage de crâne : Le mode de vie végan n’est ni écologique, ni éthique !

Stop au bourrage de crâne : Le mode de vie végan n’est ni écologique, ni éthique !
En ce qui concerne la France, les émissions  dues aux transports sont de loin plus importantes que celles émises par l’agriculture et la sylviculture comme le montrent les deux graphes ci-dessus, l’un en valeurs absolues, l’autre en pourcentage.

Lorsque l’on est au fait de la situation en France et en Europe, on est étonné de lire dans le rapport de 2006 que les systèmes de types pastoraux sont responsables de la dégradation de la biodiversité et de l’augmentation des GES à cause de la déforestation.  Vrai sans doute, globalement, à l’échelle mondiale, ce n’est pas le cas à l’échelle européenne.  En Europe et en France en particulier, c’est l’inverse : la régression de l’élevage de type pastoral notamment à cause de l’exode rural et de la déprise agricole a entraîné une reforestation (du moins des plantations de résineux qui ne mériteraient pas le nom de « forêt ») plus pauvre en biodiversité et peu efficace en tant que « puits de carbone ». 

Les prairies permanentes restantes qui représentent encore environ 1/3 de la Surface Agricole Utile (SAU) européenne sont conduites sans pesticides, avec peu d’engrais de synthèse. Non seulement elles permettent  la survie de nombreuses espèces et chaînes trophiques mais de plus les prairies permanentes sont des « puits de carbone » au moins aussi efficaces que les forêts exploitées qui n’en sont pas sur le long terme contrairement à l’opinion reçue et véhiculée par les forestiers productivistes (voir ici mon article sur les forêts puits de carbone).

2.5 C’est pourtant sur les dégâts de l’élevage sur la forêt Amazonienne au Brésil ou en Argentine que se focalisent les Végans.

Pour eux, ces dégâts sont causés indirectement par la consommation de viande dans l’UE et en France plus spécialement. On peut lire sur un site de propagande Végan ou végétarien  « L’Union européenne, dont la superficie des forêts augmente, est le 4e importateur de bovins derrière les USA, la Russie, et le Japon. En outre, 80 % des importations de bovins de l’UE viennent d’Amérique du Sud. Les Français sont les premiers consommateurs européens de viande bovine (FranceAgriMer, 2010). Ainsi la consommation de viande en Europe et en France est une cause de la déforestation en Amérique du Sud»

Manque de chance pour les auteurs de ce texte : les Français sont peut-être les premiers consommateurs européens de viande bovine mais en 2011, 75% de cette viande était d’origine française, 22% provenait de pays de l’UE, par ordre d’importance, Allemagne, Pays-Bas, Irlande, Italie et dans une moindre mesure Belgique, Espagne et Royaume Uni.  Seuls 2% étaient d’origine extra-européenne. En 2015 la part de la viande bovine consommée produite en France a augmenté et atteint 79% tandis que les 21% restant proviennent exclusivement de pays de l’UE (Barbin et al. 2010, 2011, 2015 ; Interbev 2016).

Il est donc faux de considérer que la consommation de viande bovine en France est cause de la déforestation amazonienne. Et l’argumentaire des végans visant à culpabiliser les omnivores français s’effondre. Ce qu’il faudrait plutôt accuser, c’est la culture du soja car là l’élevage UE n’est pas innocent mais il s’agit essentiellement des filières industrielles et plus particulièrement les filières industrielles volaillères et porcines comme nous le verrons plus loin.

2.6 Pour les rédacteurs du site Végan Viande info, en Europe, il ne faut pas regretter le remplacement des prairies par des forêts puisqu’une jeune forêt de hêtres va dans sa période de croissance stocker plus de carbone qu’une prairie. Peut-être, mais comme je l’ai déjà indiqué, il y a de grandes chances pour que ce soient des plantations à vocation commerciale d’épicéas ou de douglas (voire des cultures) qui remplaceront les prairies, et non des forêts de hêtres en libre évolution. Dans ce cas sur le moyen et long terme le changement d’usage des sols aura un bilan défavorable en termes de GES (Naudts et al. 2006). En outre dans le court terme, lorsqu’une forêt est plantée ou s’installe en remplacement d’une prairie, « le bilan est au mieux nul à défavorable en ce qui concerne l'évolution du stock de carbone à l'hectare, puisque le contenu en carbone d’une prairie (…) est le même que celui d'une forêt tempérée, en ordre de grandeur. » ainsi que le rappelle Jean-Marc Jancovici sur son site Manicore, ce carbone étant stocké dans le sol. Enfin, il n’y a pas que l’effet de serre à prendre en compte, il y a comme je l’ai souligné la biodiversité, les paysages, le facteur humain…

En France, c’est l’abandon des prairies permanentes qui serait pénalisant. D’ailleurs parmi les mesures destinées à atténuer les émissions de GES dues à l’élevage, il est recommandé en EU par les ingénieurs agronomes et les techniciens agricoles de pratiquer un élevage extensif sur des pâturages de longue durée pour éviter un retournement trop rapide des prairies qui déstocke le carbone (Pellerin et al. 2013). De nombreux auteurs ont étudié les processus de stockage du carbone dans les pairies pâturés et dans les exploitations agricoles consacrées à l’élevage notamment de bovins. (Soussana et al. 2004, 2007,  Martin 2011, Pellerin 2013, et les bibliographies associées ; pour le point de vue de la FAO, on consultera Gerber 2014).

Certes, les bovins rejettent du méthane (CH4), un gaz 23 fois plus puissant que le CO2 en potentiel de réchauffement global (PRG) mais d’une durée de vie plus faible : environ 12 ans contre 200 ans pour le CO2. Toutes activités confondues, l’agriculture est la principale source des émissions de  protoxyde d’azote (N2O) un composé stable au PRG de 298 (310 sur 100 ans) et dont la durée de vie est de 150 ans. Ces émissions proviennent de l’usage des engrais et de la gestion des déjections organiques (fumier, purin) mais en ce qui concerne l’élevage des bovins : « si les bovins paissent en pâturage, presque tous ces gaz peuvent être retenus dans le sol. » comme  le note l’étude des Amis de la Terre et de la Fondation Heinrich-Böll-Stiftung (2014) qui ne sont pas suspects de complaisance vis-à-vis des éleveurs européens.

Ces recherches et études ont des objectifs pratiques en sus de celui purement académique d’acquisition de connaissances : il s’agit tout d’abord de trouver des mesures permettant d’optimiser le bilan en GES de l’élevage notamment de bovins en pâturage, de rendre cet élevage compatible avec les objectifs de réduction des GES. Il s’agit ensuite de réhabiliter cet élevage aux yeux du public. Aucun de ces deux derniers objectifs ne saurait convenir aux végans puisqu’ils concourent à rendre cet élevage durable et acceptable socialement.

Comme bien d’autres pour d’autres causes,  les végans s’efforcent d’utiliser la lutte contre le changement climatique pour leurs propres objectifs. Selon eux la lutte contre le réchauffement climatique doit passer par le renoncement aux protéines carnées, donc la suppression de l’élevage.

Ce n’est pas l’avis des Amis de la Terre qui considèrent que modulo de bonnes pratiques, l’élevage est susceptible de participer à la limitation du réchauffement climatique : « Directement ou indirectement, le bétail est responsable d’un tiers des émissions de gaz à effet de serre dans le monde. Pourtant, agriculteurs et scientifiques affirment qu’avec une gestion appropriée le bétail ne serait plus un fardeau pour le climat. L’élevage des bovins ne doit pas forcément être nuisible au climat. La garde des animaux en pâturage est avantageuse : la transformation de champs cultivés en friches permet de retenir les plus grandes quantités de dioxyde de carbone dans les 30-40 premières années. On ne devrait pas sur-fertiliser ces prairies avec un trop grand nombre d’animaux ou de grandes quantités d’engrais chimiques, et laisser les systèmes de racines des plantes se développer sans contrainte. Les bovins rejettent du méthane : les fermes bovines et laitières dont les animaux produisent 28 % de ce gaz particulièrement nuisible au climat, sont souvent blâmées pour cette raison. Mais si les bovins paissent en pâturage, presque tous ces gaz peuvent être retenus dans le sol. Et les animaux ne devraient pas recevoir de céréales ou du soja comme aliment complémentaire. » (2014, p. p. 34 – 35). Pour une étude détaillée des mesures à mettre en œuvre dans les élevages bovins français pour limiter les émissions de GES, leur faisabilité technique et économique, on se reportera à Pellerin et al. 2013. Pour un panorama des mesures à prendre pour l’ensemble des filières selon les régions du monde, on se reportera à la synthèse de la FAO (Gerber et al. 2014). Passer  toutes ces mesures proposées et /ou déjà mises en œuvre au crible d’une vision écologiste excéderait notre présent propos.

 Il faut d’ailleurs noter que les préoccupations concernant tant la biodiversité que les émissions de GES ne sont pas toujours prises en compte de façon satisfaisante par les éleveurs – c’est le moins que l’on puisse dire, notamment dans l’élevage standard.
D’ailleurs défendre les agrosystèmes tels que les prairies permanentes et les prairies pâturées bocagères, ce n’est pas dédouaner les éleveurs et en particulier les fermes usines et l’élevage industriel, tout au contraire. « En évoquant le tapis de fleurs des prairies de notre enfance et le panachage de toutes teintes qu’offre leur diversité, du rose-violet des centaurées au jaune citron du salsifis, des prairies jaunies par le pissenlit au tapis plus délicat formé par les trèfles violets ou blancs, nul ne songerait à croire qu’elles sont menacées. Et pourtant elles le sont » (Jean-Jacques Bret, Directeur du Comité interprofessionnel du gruyère de comté, préface à Mauchamp et al. 2013 p.11). Comme l’écrit J. J. Bret deux dangers principaux la menacent : l’anthropisation et les pratiques agricoles courantes.

À ces dangers qui ont commencé à « écorner ce capital », on en voit poindre maintenant un nouveau : la propagande végan qui trouve un terrain favorable auprès des urbains ou des rurbains d’autant plus que les scandales des filières, tout type de viande confondu, conduisent à douter de la qualité sanitaire de produits dont on ne sait s’ils sont ou non falsifiés. De ce point de vue l’industrie de viande est à son corps défendant une alliée efficace des végans comme le sont les pratiques particulièrement ignobles et inacceptables qui ont cours dans beaucoup trop d’abattoirs, pour ne pas dire tous. Les éleveurs qui les couvrent ou qui les acceptent, scient la branche sur laquelle ils sont assis.


3 Pour les Végans l’élevage pollue l’eau de façon excessive.

Ils oublient de préciser qu’il s’agit d’un type d’élevage particulier : l’élevage industriel hors-sol. Celui-ci se développe aux dépends de l’élevage fermier traditionnel à cause de la concurrence mondialisée qu’instaurent les politiques libérales appliquées à l’agriculture en général et à l’élevage en particulier tandis que une grande majorité de consommateurs – mais pas tous – ne regardent que le prix. Le pouvoir d’achat en berne de ces derniers les poussent à des arbitrages budgétaires en défaveur de la partie consacrée à la nourriture tandis qu’est privilégiée le poste des loisirs – on va bronzer en hiver loin de l’Europe – et des gadgets électroniques – le téléphone portable dernier cri, l’ordinateur ultra puissant pour les jeux vidéo,  la montre connectée, etc., …, le tout rapidement obsolète pour des raisons techniques ou de mode.

Comme il a été bien montré par différentes études reprises par la FAO (2010), c’est avec l’élevage industriel que se pose avec acuité la question des effluents, lisiers notamment. La grande concentration d’animaux dans les élevages hors sols de l’élevage industriel entraine la production de grandes quantités d’effluents dont le stockage et le traitement posent problème alors qu’il n’offre plus de débouchés naturels à ces matières qui servaient à engraisser les prairies et les cultures dans les systèmes herbagés ou mixtes, les liens entre l’élevage et le sol étant rompu. « La dissociation physique entre l’élevage industriel et la ressource dont il dépend entraîne une rupture des transferts de nutriments entre la terre et le bétail. Il en résulte des problèmes d’épuisement des nutriments à la source (terre, végétation et sols) et des problèmes de pollution à l’arrivée (effluents d’élevage, de plus en plus rejetés dans les cours d’eau au lieu d’être rendus à la terre). L’ampleur du problème est illustrée par le fait que les quantités totales de nutriments présents dans les déjections animales sont égales ou supérieures à celles contenues dans tous les engrais chimiques utilisés chaque année (Menzi et al., 2009). » (FAO, 2010, p.62).

C’est la gestion des déjections qui occasionne de graves nuisances et pose des problèmes épineux en Europe et notamment en France. Il s’agit d’ailleurs moins de l’élevage bovin que l’élevage industriel des monogastriques hors sol, notamment porcins et volailles. Outre la pollution des nappes phréatiques, des cours d’eau et des rivages dont la Bretagne offre un bel exemple, ces déjections sont la source principale des émissions de protoxyde d’azote (N2O). Par contre, ces élevages d’animaux monogastriques produisent très peu de méthane. Il ne semble pas qu’en France, les agriculteurs de ces filières porcines et volaillères soient prêts à faire des efforts pour améliorer l’impact écologique de leurs exploitations. Ils n’ont de cesse au contraire de se plaindre d’un excès de règlements environnementaux.

Mais là encore, ce qui est en cause, c’est d’abord et essentiellement l’élevage industriel et non l’élevage labélisé AB ou Rouge et /ou AOP  ou biologique. On notera que ces filières labélisées ne sont pas en crise, la demande étant supérieure à l’offre pour certains produits comme les œufs ou le lait bio (ici)


4.1 Pour les végans la production de viande est excessivement exigeante en eau et pourrait entrainer des pénuries de la ressource.

En ce qui concerne l’utilisation de l’eau en élevage, les végans et autres propagandistes du régime végétalien comme certains « animalistes » rapportent qu’il faut 15 000 litres d’eau pour obtenir un kilo de viande bovine. Selon les textes cela varie entre 13 000 L/kg pour les plus basses jusqu’à 15 500 pour les plus hautes en passant par 15 415 (on admirera le "15" des "15 400" !) On trouve ces chiffres sur des sites végans ou végétariens, sur des sites écolos intoxiqués par la vulgate environnementale végane, mais aussi dans des journaux comme Libération ou Le Monde et pour ce dernier titre dans un article des « décodeurs » censés établir ou rétablir des vérités malmenées ! L’élevage menacerait les ressources en eau de la planète, l’élevage en général et l’élevage bovin en particulier.

4.2 Tous ces braves gens ne sont nullement étonnés de l’énormité du chiffre : 15 000 litres pour 1 kilo de viande !  Ils oublient tous de préciser qu’il s’agit d’une moyenne et surtout qu’il s’agit de 15 000 litres d’ « eau virtuelle » ! Peut-être certains d’entre eux ne le savent même pas.

Pour ceux qui l’ignoreraient précisons donc que l’ « eau virtuelle » est la somme de trois sortes d’eau : l’eau bleue, l’eau verte et l’eau grise. L’ « eau bleue », c’est « l’eau circulant sous forme liquide et prélevée dans les rivières, les eaux dormantes ou dans les nappes phréatiques pour les besoins des activités humaines » (Corson et al., 2013 p. 241) C’est l’eau qui est la matière première de l’eau du robinet. Pour ce qui concerne la filière bovine, elle sert dans l’étable ou au pré à abreuver les bêtes qui peuvent aussi en boire à la rivière ou dans les mares. C’est également celle qui est utilisée pour nettoyer les locaux de l’exploitation. L’eau d’irrigation des cultures fourragères qui nourrissent les animaux et l’eau nécessaire à la transformation de la viande sont aussi de l’eau bleue. La quantité d’eau consommée pour tous ces usages correspond en France à environ 3 à 4% des 15 000 litres d’ « eau virtuelle » estimés nécessaires pour obtenir 1kg de viande de bœuf.
Quant à l’eau grise, c’est la quantité théorique d’eau qu’il faudrait rajouter à une eau polluée pour qu’elle devienne conforme aux normes environnementales. Elle représente en France 3% des 15 000 litres d’ « eau virtuelle ».
Tout le reste des 15 000 litres, c’est de l’ « eau verte ». Comme l’expliquent bien Corson et al., 2013, l’eau verte est l’eau nécessaire pour la croissance des plantes. On considère qu’elle est égale à l’évapotranspiration réelle, c’est-à-dire, à la somme de l’évaporation des sols et de la transpiration des plantes poussant sur ces sols. En d’autres termes, pour ce qui est de l’élevage bovin, il s’agit du volume d’eau de pluie stocké dans le sol sous forme d’humidité et qui s’évapore des plantes et du sol des surfaces cultivées pour l’alimentation des bêtes et des surfaces pâturées par les troupeaux. Ce volume d’eau correspond donc principalement à l’eau de pluie réceptionnée par les surfaces d’élevage.

« Chapagain et Hoekstra (2004) ont été les premiers à additionner eau bleue, eau verte et eau grise pour obtenir ce qu’ils appelaient des flux d’eau «virtuelle » des produits agricoles. Graduellement, cette expression a fait place chez ces auteurs au terme « empreinte eau », le caractère virtuel n’apparaissant plus. Cette « empreinte eau » a été ensuite assimilée à la quantité d’eau nécessaire pour produire les denrées agricoles. » (Ibid., p. 241).

4.3 Il est bien évident que lorsque l’on parle d’eau sans précision, on entend ce terme dans son sens ordinaire, c’est-à-dire l’eau bleue. Par ailleurs la quantité d’eau verte dépend de trois facteurs : le climat de la région, le type de sol et le type de végétation. On comprend alors les écarts dans les évaluations selon la viande considérée. Lorsque l’on somme ces différentes catégories d’eau, il n’est plus étonnant qu’un kilogramme de viande de porc ne demande que 4 800 litre et un kilo de poulet 3 900 litre d’eau virtuelle, d’autant que la plupart des élevages de porcs et de volailles sont hors sol.

D’ailleurs, comme Interbev le remarque à juste titre – il faut le reconnaître – sur son site « si l’on inclut cette eau verte dans le calcul, on en vient à la conclusion qu’il faut diminuer les surfaces dédiées à l’élevage, ce qui conduirait paradoxalement à intensifier la production, élever les bovins en bâtiments et à cesser de les alimenter à l’herbe », cette forme d’élevage industriel hors sol qui est condamnable à la fois écologiquement, éthologiquement et éthiquement pour ce qui concerne le bien-être animal ; condamnation que ne partage d’ailleurs pas Interbrev et forme d’élevage pour laquelle, il semble que la FAO marque un certain penchant pour satisfaire dans le futur la demande des consommateurs d’une planète surpeuplée.

Il y a de bons arguments pour ne pas prendre en compte l’eau verte lorsque l’on cherche l’impact de l’élevage sur la ressource en eau douce comme on peut en prendre conscience à la lecture de l’article de Corson et al. 2013.

Ainsi, à l’échelle du bassin versant, l’utilisation d’eau bleue – quel qu’en soit l’usage – diminue la quantité d’eau douce disponible dans des proportions bien plus importantes que l’utilisation d’eau verte dont les effets sur cette eau douce sont très faibles.

Ensuite, pour un élevage consistant en un système de parcours extensifs, Pimmentel et al. 2003 ont  calculé une consommation d’eau verte et bleue de 200 000 litres/kg de viande bovine. Un tel système demande une grande surface et donc une grande quantité d’eau verte par kilo de viande. Comme le remarquent Corson et al. : « Si on généralise cette valeur, la consommation totale pour la production mondiale de viande bovine pendant un an, soit 80 millions de tonnes (en 2009), serait trois fois plus [élevée] que le prélèvement annuel d’eau douce pour toutes les activités humaines de la planète. »

Ils ajoutent : « En poussant à l’extrême ce mode de calcul, des bovins pâturant une grande surface de végétation de faible valeur nutritive (friches, broussailles) ou peu productive (zones arides, haute montagne) et ayant donc une faible vitesse de croissance auraient une consommation d’eau extrêmement élevée par kg de viande, alors que  la même surface sans animaux aurait une évapotranspiration comparable, et que la présence d’animaux a très peu d’impact sur une éventuelle pénurie d’eau. » (p. 245)

L’article cité met en évidence une grande variabilité dans les méthodes d’estimation ainsi que de grandes variations selon les systèmes de production considérés qui vont de 27 à 540 L d’eau bleue par kg de carcasse pour les bovins produits en Australie selon une estimation, 58 à 551 selon une autre. Variations selon aussi les pays : 77 L par kg au Pays-Bas et 873 L par kg en Inde. Dans cet exemple, c’est la différence d’efficacité alimentaire qui expliquerait l’écart.

Des méthodes de calcul qui n’aboutissent pas à des résultats identiques ou même semblables (voir le tableau comparatif dans l’article cité), des moyennes qui cachent de grandes diversités devraient rendre plus prudents en ce qui concerne l’utilisation de ces données dans la propagande qu’elle soit végane ou carniste !

Il n’en reste pas moins, en fin de compte, que c’est la consommation d’eau bleue qui est un critère simple pour évaluer la contribution des animaux d’élevage au risque de pénurie d’eau. En France, selon la norme ISO 14046 prenant en compte les prélèvements d’eau réels et leur impact sur le milieu, il faudrait 50 litres d’eau pour produire un kilo de viande bovine. Bien loin donc des 15 000 litres que dénoncent les sites végans, végétariens et aussi les grands quotidiens nationaux.

Le lecteur peut s’interroger sur l’intérêt des calculs des volumes d’eau virtuelle ou de l’empreinte eau. A quoi donc servent-ils ? Les calculs des quantités d’eau virtuelle pour la production de telle ou telle denrée ont d’abord eu pour but de mettre en évidence que les importations de produits agricoles permettent de compenser le faible potentiel des pays arides. Le concept d’ « empreinte eau » qui en découle permet d’estimer l’eau totale nécessaire aux productions agricoles d’un pays.

4.4 La consommation en eau bleue, la seule qui pourrait causer une pénurie si elle était excessive est donc, en fait, tout à fait raisonnable mais tout n’est pas réglé pour autant, voici pourquoi.

Sur un site l’évapotranspiration qui est la principale composante du flux de l’eau est, en général, peu dépendante de la quantité de biomasse produite sur le site. Il en résulte qu’un changement d’affectation des sols, par exemple la conversion d’une parcelle forestière en prairie, ne modifie pas le risque de pénurie d’eau. Cependant, ce n’est pas le cas avec la déforestation de forêts tropicales qui fait exception au cas général. Celle-ci diminue l’évapotranspiration. Elle diminue de ce fait l’humidité de l’air qui circule au-dessus de la surface défrichée et diminue les précipitations sur les régions situées en aval du courant d’air (d’après Corson et al., o.c.). (Pour plus de précisions se rapporter aux références qu’ils citent p. 242).
Or l’UE et la France en particulier importent massivement du soja du Brésil et d’Argentine pour engraisser bétails et volailles. Dans ces pays cette culture du soja pour l’exportation est avec l’élevage proprement dit les deux principales causes de la déforestation. Comme le note le WWF dans son rapport Viandes: un arrière-goût de déforestation  la culture du soja occupe plus d’un million de kilomètres carrés dans le monde et bien que d’importants progrès aient été réalisés en ce qui concerne la productivité, il reste que les surfaces de cultures se développent et continueront à se développer avant tout par la destruction de la végétation native sud-américaine.

5.1 Avec le soja d’importation on peut considérer que, à cause de ses importations massives de soja pour engraisser son bétail et ses volailles, la France porte une bonne part de responsabilité dans la déforestation amazonienne, des éventuelles pénuries d’eau douce qui peut en résulter et aussi et surtout des graves conséquences sociales, sociétales et ethnologiques qui l’accompagnent.

Il est très difficile d’avoir des chiffres précis concernant les importations totales de soja (graines, huile et tourteaux). Selon un responsable de la Confédération paysanne cité par L’expansion, L’express « Chaque année, l'Europe importe près de 40 millions de tonnes de soja et la France 4,5 millions de tonnes, dont plus de la moitié sont génétiquement modifiées ». Cette évaluation est cohérente avec un rapport du bureau d’étude « Consultants Naturels » sur ce sujet, jugé sensible par les auteurs du rapport.
La partie des  résultats publiée en ligne est  reprise sur de nombreux sites qui ne citent pas toujours leurs sources.

Selon ce rapport, sur les 4,7 millions de tonnes consommés en France en 2009, la quasi-totalité est importée (4,63 millions de tonnes). 3,1 millions de tonnes ont été consommés en tant que tourteaux par l’industrie de production de viande, soit 66% de la consommation totale française de soja. C’est la filière industrielle de la volaille se taille la part du lion. Ce soja provient surtout d’Amérique latine : du Brésil 68,10%, d’Argentine 9,39% en 2010. Ce soja est transgénique entre 70 et 80%. Depuis ce rapport, en se fondant sur les statistiques publiées par AGRIMER la tendance serait à la hausse en France, tant en production intérieures non OGM, qu’en importation OGM car il existe aussi une filière sans OGM pour l’agriculture AB mais elle s’approvisionne surtout en France et en Italie.

5.2 Ce n’est que depuis une trentaine années que les tourteaux de soja ont été introduits massivement dans l’alimentation du bétail, en remplacement des tourteaux d’arachide, utilisation qui s’est accrue ensuite à cause de l’interdiction des farines animales.

C’est la recherche d’une productivité toujours plus grande qui est une des causes de cette utilisation massive des tourteaux de soja pour doper en protéines l’alimentation du bétail et de la volaille. Ces rations sur-protéinées jointes à une sélection génétique des races donnent des poules qui pondent  250 œufs par an alors qu’elles n’en pondaient que 130 dans les années 20, des poulets prêts à consommer en cinquante jours au lieu de cent cinquante, soit trois fois moins de temps qu’au milieu du siècle dernier tandis que la production des vaches laitières a quadruplé : 8 000 litres de lait par an au lieu de 2 000.

La dépendance de l’élevage au soja comme l’absence d’autosuffisance de l’UE et en particulier de la France en matière d’oléoprotéagineux s’explique aussi historiquement  par les accords commerciaux internationaux et les orientations de la PAC. Les pays européens avaient choisi de continuer à se concentrer sur la monoculture céréalière. Ce que résume ainsi un document officiel de l’actuel  ministère de l’Agriculture, de l’Agroalimentaire et de la Forêt : « « En Europe, la dépendance en protéines végétales importées est structurelle et repose sur des causes historiques issues en partie des accords commerciaux négociés dans le cadre du GATT dans les années 1960. En échange de droits protecteurs pour les céréales de l'Europe, les droits à l'importation des oléagineux et des produits de substitution aux céréales en Europe ont ainsi été abaissés. Cette dépendance a atteint dès les années 1970 des niveaux très élevés. Ainsi, la croissance de l'élevage européen, et donc de l'industrie de l'alimentation, s'est fondée sur une répartition mondiale des productions attribuant au continent américain la majorité de la production de protéines végétales et permettant à l'Europe d'instaurer initialement la préférence communautaire pour l'élevage et les céréales. » (Plan protéines végétales pour la France 2014 – 2020, p. 7) (Sur ce point voir aussi Billon et al., 2009, p. 11 qui cite Piro, 2006).

Le besoin d’aliments « complémentaires » ne cesse de croître avec la recherche incessante d’une productivité accrue pour une rentabilité maximale, l’envolée de la consommation de viande blanche et le développement  en France d’un élevage hors sol de bovins pour le lait avec notamment la ferme des « mille vaches » et pour la viande avec par exemple la ferme des « mille veaux », la recherche de débouchés à l’export pour des productions de plus en plus excédentaires de lait et de viande. Il est illusoire de croire que l’on pourra arriver à une autosuffisance en matière de soja étant donné la situation actuelle de l’élevage dominé par l’élevage industriel dans un cadre de politiques productivistes.

5.3 Cependant, même l’agriculture productiviste cherche des alternatives au soja. Ce n’est pas pour sauver la végétation amazonienne, les petits paysans brésiliens et argentins ou les peuples autochtones qui vivent en forêt mais parce que la consommation de soja par le bétail et les volailles rend l’élevage industriel dépendant des productions de pays tiers et d’un cours du tourteau de soja qui peut fluctuer considérablement d’un mois sur l’autre mais qui est globalement orienté à la hausse même s’il est en 2016 aux alentours de 400 USD (dollar US) la tonne  bien plus bas que son record historique de plus de 600 USD en Août 2012. Tous les analystes s’accordent pour considérer que malgré des fluctuations dues à divers facteurs dont l’abondance des récoltes variable d’une année sur l’autre, la tendance à la hausse de ce produit ne peut que se confirmer.

Un autre facteur joue aussi contre ces importations : la crainte que les consommateurs refusent des produits tels que viandes, œufs, lait issus d’animaux bourrés d’aliments OGM.

Il y a enfin un autre risque bien décrit dans le Plan protéines végétales pour la France 2014 – 2020 « Le marché mondial des protéines végétales est tendu en raison notamment de la forte demande de la Chine, qui concentre d'ores et déjà 60 % des importations mondiales de soja et qui tire les prix à la hausse. En effet, la convergence vers un mode de vie occidentalisé avec un régime alimentaire à base de protéines animales (viande bovine, lait), entraîne par ricochets en Asie des besoins importants en alimentation animale et en protéines végétales, importées d'Amérique (USA, Brésil, Argentine principalement). À terme, les flux d'exportation en provenance d'Amérique qui bénéficient actuellement à l'Europe pourraient être détournés au profit de l'Asie. » (p.7, je souligne).

C’est pourquoi le ministère a lancé ce plan pour viser notamment à une plus grande indépendance de la France en matière de protéines animales. Il s’agit de relancer la culture de certaines légumineuses comme la luzerne ou le pois, de trouver des variétés les plus adaptées culturalement et économiquement et de profiter de leur capacité à fixer l’azote pour les utiliser en plantes d’assolement en rotation des cultures.

Pour le poulet industriel dont la vie est brève et qui est élevé en grande partie avec du tourteau de soja, le remplacement de cette source de protéine est plus problématique car il  a  besoin  d’un  aliment  avec  une  densité  énergétique  élevée  et  riche  en  acides aminés. L’aliment ne doit cependant pas contenir des concentrations élevées de substances  antinutritionnelles présentes dans d’autres légumineuses. Le problème ne se pose évidemment pas pour les poulets élevés au grain !

5.4 Il ressort de cela que, même pour l’élevage conventionnel, il est possible et du point de vue même de l’agriculture productiviste, il est souhaitable de réduire, voire tarir les importations de soja. En d’autres termes si cet élevage est conjoncturellement lié à la production de soja en Amérique du Sud, il ne l’est pas intrinsèquement et il peut s’en affranchir, ce qui est d’ailleurs en cours aujourd’hui.

On ne peut donc s’appuyer sur les dégâts dus à la culture du soja au Brésil ou en Argentine pour condamner l’élevage en soi et militer pour sa disparition comme le font les végans. C’est l’élevage industriel tel que pratiqué aujourd’hui qui est, en la circonstance, écologiquement condamnable. Il est bien plus utile et efficace d’agir pour le transformer, sauf si l’on milite avec des arguments spécieux pour le véganisme. Le véritable terrain de lutte des animalistes devrait être ailleurs. Finalement, l’étude du cas du soja renforce la thèse que je soutiens ici, à savoir que l’écologisme ne peut avoir comme horizon le véganisme.

Bien sûr, on peut toujours dire : « arrêtons de manger des œufs, de la viande, du fromage, du beurre,  de boire du lait … » et le problème de la dépendance au soja de la France, de l’UE, de la Chine, de l’Inde, etc., sera résolu ainsi qu’une des causes majeures de la déforestation de la Forêt amazonienne aura disparu. Cette solution n’en est pas une, ni à court et moyen terme, ni même peut-être à long terme, puisque non seulement en France ou en Europe mais dans le Monde c’est exactement l’inverse qui se produit. Comme le rappelle Les amis de la Terre et al. (2014) « La croissance économique au sein du BRICS [Le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du sud], le groupe formé des initiales des cinq plus grands pays émergents, se reflète dans leur consommation de viande » (p. 48). Ce sont plus d’un demi-milliard d’individus qui sont en mesure de satisfaire leur appétence pour des protéines animales.

Même si cette solution était efficace pour l’Amazonie, elle ne devrait pas être retenue puisqu’il existe d’autres solutions, notamment celle de retrouver une autonomie pour la production des matières premières agricoles. En effet, en ce qui concerne la France, j’ai montré au début de cet article que cet arrêt de l’élevage  entraînerait des bouleversements dans l’occupation des sols néfastes du point de vue des paysages et de la biodiversité à l’échelle du territoire hexagonal, même si cette biodiversité a été la conséquence des actions d’ancêtres défricheurs aux dépens de la naturalité des forêts en libre évolution. Faut-il ajouter les drames humains que cela entraînerait, notamment dans des régions où l’élevage est la principale et souvent la seule activité agricole ?

5.5 Sur ce sujet de l’utilisation des sols comme sur beaucoup, tout est une question de mesure, d’un équilibre entre la naturalité et la diversité des systèmes écologiques. Il est sans doute difficile d’établir quelle est la juste mesure mais il est certain que le véganisme est dans la démesure, exactement comme l’élevage industriel dans le cadre d’une agriculture productiviste dont il est une partie. Ce n’est pas aux scientifiques de décider quand il est juste pour un territoire donné de limiter au profit de systèmes agricoles ou agropastoraux l’évolution libre des forêts,  l’ensauvagement des friches et des terres en déprises. Il s’agit d’une question politique qui aujourd’hui est abandonnée aux mécanismes du marché, de la rentabilité et du profit dans le cadre de la mondialisation libérale.

6.1 Que l’agriculture productiviste soit dans la démesure, de cela les écologistes en sont convaincus. Mais que le véganisme le soit aussi, de cela il est sans doute nécessaire de les convaincre. C’est l’un des buts de cet article. Mais pour être complet il reste à établir factuellement, que d’autres systèmes sont possibles. Il est d’autant plus facile de le faire que ces systèmes existent et qu’il s’agirait de les développer et d’abord de les préserver. Dans les paragraphes qui suivent, je vais en mentionner quelques-uns.

6.2 Si l’on envisage la question à l’échelon mondial, un autre élevage existe depuis longtemps, un élevage de subsistance qui concerne des milliards de personnes «  dont certaines parmi les plus pauvres au monde, et qui dépendent de l’élevage de toutes sortes d’animaux domestiques, des poulets aux yaks, issus soit des élevages pastoraux, soit des systèmes agricoles mixtes. » (Les amis de la Terre et al., 2014, p. 59) Pour défendre ce mode d’élevage des associations de petits agriculteurs se regroupent de par le monde. Le véganisme et même le végétarisme ne peut que leur être étranger. D’ailleurs les associations véganes ne s’adressent pas à eux. Le véganisme est un luxe pour des gens en général aisés des pays riches.

6.3 Dans les pays riches aussi, l’élevage labélisé esquisse plus ou moins radicalement selon les labels une autre forme d’élevage respectueuse de la Nature et des animaux et cela même si certains labels se montrent assez peu contraignants voir pas du tout comme le label « viande française » qui s’applique à la quasi-totalité de la viande mise sur le marché en France. La lecture de son cahier des charges, montre que seule la traçabilité est concernée en dépit de la publicité faite autour.

Si avec tous ces labels, il s’agit avant tout de rassurer le consommateur, d’enrayer la baisse des prix et de trouver plus facilement des débouchés (Roche et al., 2000), le lien avec le sol presque toujours est rétabli, il l’est avec beaucoup de rigueur pour le label AOP et aussi, quoiqu’à un degré moindre, IGP. Presque tous les cahiers des charges des différents labels instaurent des limites à l’élevage industriel en ce qui concerne la taille des élevages (cas des volailles fermières), l’origine des aliments complémentaires et leur quantité, les traitements vétérinaires, etc... Ils comportent des exigences concernant le bien-être des animaux. Les plus exigeants sont incompatibles avec l’élevage industriel et le label bio ne peut être attribué à des produits du gavage que ce soit le foie gras proprement dit ou les autres morceaux des volailles gavées comme les magrets de canard.

Si l’on prend l’exemple de la viande bovine labélisée AOP « Fin gras du Mézenc » cela se traduit par une alimentation essentiellement à base de foins de la région de l’AOP pour l’hiver et d’herbe en pâture pour la belle saison : «  La ration de base des animaux est constituée exclusivement d’herbe pâturée ou de foin issus des prairies d’altitude décrites ci-dessus. Le foin et les compléments alimentaires sont distribués manuellement, ce qui correspond à une pratique traditionnelle de soins individualisés aux animaux. » Lors de la période d’engraissement, les compléments alimentaires strictement définis ne doivent pas dépasser une quantité précise : «La quantité maximum ne pourra excéder en aucun cas 700 g d’aliment complémentaire par 100 kg de poids vif de bovin et par jour avec un maximum de 4 kg par jour pour les génisses et 5 kg par jour pour les bœufs. »   Les aliments transgéniques sont exclus. La charge des pâtures est définie de manière stricte pour la préservation des prairies : «Le chargement total de l’exploitation ne peut excéder 1,4 d’unité gros bétail (UGB) par hectare de surface fourragère principale (SFP). La superficie des prairies de fauche et des pâtures est au minimum de 0,7 hectare pour chaque bovin destiné à la production de « Fin Gras » ou « Fin Gras du Mézenc ». Le cahier des charges du « Bœuf de Charolles » AOP présente des exigences analogues. Il faut souligner en outre que ce label ne peut être accordé que s’il s’agit d’une démarche collective d’un groupement conséquent d’éleveurs de la région géographique concernée, à la différence du label AB qui fait l’objet d’une demande de labélisation individuelle et qui peut être complémentaire à la labellisation AOP.

Pour les poulets fermiers élevés en plein air, l’exigence d’une nourriture non OGM n’est pas dans le cahier des charges communs à toutes les productions du label mais apparaît (ou non) dans les fiches produits particulières avec des règles plus contraignantes. L’engraissement doit se faire avec une ration comprenant en majorité des céréales : « Dans tous les cas, pour les pintades et chapons de pintades, le pourcentage de céréales et de sous-produits de céréales au stade de l’engraissement doit être supérieur ou égal à 70 %. Pour les autres volailles, ce pourcentage est porté à 75 % minimum au stade de l’engraissement. » Il s’agit d’un minimum et là encore des normes plus sévères peuvent être en vigueur dans les fiches produits.
Les règles qui concernent directement ou indirectement le bien-être de ces volailles, y compris lors de leur transport à l’abattoir et portant sur l’abattage lui-même sont strictes et détaillées dans le tronc commun.

6.4 S’il est assez facile de trouver des volailles fermières élevées en plein air, bio ou non, il est beaucoup plus difficile de trouver de la viande bovine bio ou AOP qui n’est produite qu’en d’infimes quantités. Même la viande bovine label rouge est relativement rare. En outre, il y a des différences de prix sensibles entre ces viandes et les viandes standard correspondantes qui les rendent inaccessibles à bien des bourses. Il s’agit de produits destinés à des gens relativement aisés soucieux de leur bien-être et de leur santé avant toute chose. Ils représentent néanmoins une autre forme d’agriculture qui serait plus accessible que l’on pourrait le penser s’il y avait une réorientation des subventions de la PAC, si le consommateur faisait les arbitrages budgétaires nécessaires et décidait de manger moins de viande mais de la viande de très bonne qualité.

Les laits, fromages, œufs bio, IGP ou AOP sont produits en de plus grands volumes et plus accessibles, y compris pour des familles aux revenus relativement modestes, à condition qu’il ne s’agisse pas de familles nombreuses.

Il faudrait aussi mentionner des circuits parallèles ou alternatifs (vente directe, AMAP, coopératives, autoproduction, …) qui échappent à la mainmise de l’agroalimentaire, de la grande distribution et représentent encore un autre modèle de production/consommation.

Toutes ces formes d’élevages développent des agrosystèmes complémentaires des écosystèmes naturels qui pourraient coexister harmonieusement avec eux pour une biodiversité riche, des paysages variés et plaisants, en France comme ailleurs selon les spécificités propres à chaque région du monde. Ce sont eux qu’il faut défendre au lieu de vouloir faire disparaitre toute forme d’élevage comme le voudraient les végans.

Il faut les défendre sans oublier de recontextualiser cette défense dans le cadre d’un rejet de la mondialisation libérale et des accords de libre-échange d’une part et d’un arrêt de la croissance démographique d’autre part.

6.5 Comme je l’ai rappelé en citant d’ailleurs des documents officiels, ce sont les accords du Gatt et les négociations dans le cadre de l’OMC qui ont conduit à la structuration d’une agriculture productiviste dominée par les grandes firmes de l’agroalimentaire et de la grande distribution. Outre les marchés non régulés induisant une concurrence féroce, c’est la nécessité de nourrir une population en croissance exponentielle qui pousse à rechercher une  productivité maximale des élevages et d’un rendement maximum des cultures au moins autant que l’appétence pour les protéines carnées des populations des pays émergeants voulant vivre à l’occidental.

On ne peut que s’accorder avec les végans sur un point : l’évolution actuelle de l’élevage industriel est un fléau pour la planète et il est  d’une barbarie inouïe envers les animaux de rente. Les lobbies de l’élevage industriel et des firmes de l’agroalimentaire veulent pourtant nous convaincre que l’élevage et l’agriculture paysanne, qu’ils soient  bios ou non, ne sont pas en capacité de satisfaire la demande en produits carnés de populations sans cesse plus nombreuses. Mais l’élevage industriel  le pourra-il lui-même ? Il semble impossible que l’agriculture productiviste actuelle, élevage compris puisse durer. Elle est trop gourmande en énergie.

7.1 Pour les végans, l’adoption d’un régime végan serait le seul durable et apte à vaincre la faim dans le monde, aujourd’hui comme demain : « Si nous utilisions les céréales produites pour nourrir les animaux d’élevages à des fins de consommation humaine, nous pourrions nourrir plus de 2 milliards d’êtres humains. De quoi éradiquer la faim dans le monde, et nourrir les 2 milliards d’humains qui devraient accroître la population humaine d’ici 2050. » Selon les végans, une alimentation à base de protéines carnées mobilise trop de surfaces de terre arable pour faire face à l’accroissement démographique de la population humaine terrestre ; un régime carné nécessitant sept fois plus de terres qu’un régime végan. Avec un hectare de soja il serait possible de nourrir 120 personnes alors que pour la même surface « un hectare de bétail » n’en nourrirait que quatre (cf. Végan Impact)

Même en admettant que la surface agricole nécessaire pour produire de la viande ou des produits laitiers soit plus grande que celle qui est nécessaire pour une production de céréales et légumineuses, il ne s’en suit pas que c’est un régime végan (sans lait, ni œufs) qui permettrait de nourrir plus de personnes.
Selon une étude parue dans la revue Elementa en Juillet 2016 (Christian et al. 2016), c’est un régime végétarien avec lait qui permettrait de nourrir le plus de personnes (807 millions) sur le territoire des USA. Viennent ensuite par ordre décroissant un régime végétarien avec lait et œufs (787 millions), un régime omnivore à 20% (769 millions), à 40% (752 millions) et seulement en cinquième position un régime végan (735 millions).

Ce paradoxe s’explique lorsque l’on considère qu’il faut prendre en compte non seulement les performances à l’hectare mais aussi la nature des surfaces agricoles disponibles. Or, toutes les parcelles consacrées au pâturage ne sont pas utilisables pour des cultures de soja ou de blé. Il en va de même pour les parcelles consacrées à la culture des plantes fourragères qui ne peuvent être toutes utilisées pour produire soja et blé, base de l’alimentation à la mode végane. Il en résulte qu’une population entièrement végane n’utilisera qu’une partie de la SAU (surface agricole utile), ce qui n’est pas le cas de celles qui seraient végétariennes ou qui sont omnivores au moins en partie.

En France on aboutirait sans doute à un résultat équivalent, les surfaces en herbe représentant 42% de la surface agricole (Mauchamp et al. 2012, p. 12). Au niveau mondial, les résultats seraient sans doute encore plus défavorables pour le régime végan, les pâturages et terres fourragères représentant 80% de la superficie agricole totale selon la FAO  (citée par Mauchamp et al. 2012, p.11).

7.2 De toute façon tous ces calculs restent hypothétiques.

Ils présupposent implicitement qu’il faut jouer sur la variable « régime alimentaire » alors que c’est sur la variable démographie qu’il faut faire porter avant tout l’effort même si la variable alimentaire de l’importance. Certes, il faudrait que les occidentaux mangent moins de viande et de meilleure qualité mais il est évident que sans une politique dénataliste au niveau mondial, la croissance démographique finira par avoir raison de l’espèce humaine.
Dès lors la question de l’élevage et de la nourriture des populations humaines ne se posera plus. En d’autres termes, s’il est évident que les occidentaux et ceux qui veulent imiter leurs travers mangent trop de viande, la survie de l’espèce et le maintien d’une planète habitable aux ressources suffisantes passent d’abord par la mise en œuvre urgente d’une politique antinataliste, sinon toutes les autres mesures, certes nécessaires, seront vaines.

En fin de compte, les végans en nous faisant croire que l’adoption d’un régime sans produit d’origine animale permettrait de nourrir une population humaine sans cesse plus nombreuse nous détourent des vrais problèmes en ce qui concerne, non pas la survie de la planète, mais celle de notre propre espèce sur cette planète et donc nous vouent à l’inefficacité.


8. Conclusion  

La viande synthétique fabriquée par de la culture cellulaire in vitro paraîtrait aux végans comme un substitut tout à fait acceptable si ce n’était son prix actuellement rédhibitoire ! Le véganisme, c’est l’univers des ersatz. Ersatz du cuir, de la laine, de la viande, du lait… Le végan est l’homme (au sens générique) moderne typique « séparé de la terre » décrit par Aldo Leopold dans L’almanach d’un comté de sable : « Si l’on pouvait remplacer les fermes par de la culture hydroponique, il trouverait cela très bien. Les substituts du bois, du cuir, de la laine et autres produits naturels de la terre lui conviennent mieux que la chose même. » Il n’est pas douteux que Leopold mettrait les « steak de soja » au goût de beefsteak dans le lot des substituts de l’homme « moderne typique » qui n’a plus de « relations  vitales » à la terre qui n’est pour lui qu’un « espace entre les villes ou poussent les récoltes » : « Lâchez le une journée dans la nature ; si l’endroit n’est pas un terrain de golf ou un «site pittoresque», il s’ennuiera mortellement » (p. 282). La nature comme terrain de jeu si possible sécurisé et aménagée, voici un autre substitut qui convient bien aux citadins parmi lesquels se recrutent principalement les végans.

Rappelons la maxime de l’éthique de la terre formulée dans la conclusion de l’Almanach d’un comté de sable : « Examinez chaque question en termes de ce qui est éthiquement et esthétiquement juste autant qu’en terme de ce qui est économiquement avantageux. Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité, la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. »
De l’examen du mode de vie végan effectué dans cet article et notamment des conséquences  de son refus d’utiliser tout produit d’origine animale, il ressort qu’il ne saurait satisfaire aux critères de la chose juste tels qu’énoncés dans ce texte d’Aldo Leopold qui est au fondement de l’éthique  écocentrée, la seule congruente avec un écologisme qui refuse d’être anthropocentré.  

……………………….

Annexes

A. Exemples d’anthropomorphismes délirants dans la propagande végane
Aujourd’hui, en éthologie la stricte « objectivité » n’est plus de mise mais cela n’autorise, ni ne légitimise  les délires anthropomorphiques que l’on peut trouver dans la littérature végane. 

 1 – Les végans ont vu des vaches qui pleuraient !

On raconte beaucoup de choses sur la cruauté de la production de lait. J’aimerai bien savoir dans quels troupeaux, on peut observer « les laitières pleurant pendant des jours en cherchant désespérément leurs petits » comme il est écrit par une végane anonyme sur un site que par charité je ne nommerai pas. Il y avait « La Vache qui rit » voici maintenant « les vaches qui pleurent » ! Dans le pire des cas, celui de sevrages brutaux qui tendent à disparaître, il s’agit de deux jours, au maximum au cours desquels la vache est un peu perturbée. Plus d’ailleurs ferait baisser ses performances, ce qui ne serait pas rentable ! Dans les cas où sont utilisées les techniques de sevrage « en douceur », il y a très peu de beuglements de la part des mères comme de celle des veaux, voire aucun.

Dans les élevages hors-sol en atelier, la séparation de la vache avec le veau est immédiate et systématique « pour accélérer la rotation des vêlages sans handicaper la production mais, au contraire, pour l’amplifier et la consacrer entièrement à la vente » (Baratay, 2012, p. 159) De plus comme le remarque cet auteur (ibid .)  « avec la sélection progressive de leurs aptitudes et de leurs tempéraments, les grandes laitières, comme la Prim’Hosltein, se montrent désormais moins attachées à leurs veaux et moins aptes à en prendre soin que les vaches allaitantes, se montrant même perturbées à devoir s’en occuper ».

Dans le cas du bio, en ce qui concerne les vaches limousines au moins, le sevrage en douceur est de rigueur. Et si le veau est engraissé au pré en compagnie de sa mère, la période de sevrage est voisine de la période « naturelle ».
Enfin, je signale que les vaches salers qui fournissent le lait pour le fromage éponyme « salers authentique » n’acceptent la traite que si leur veau commence la tétée, la termine et reste près d’elles pendant toute la traite. Elles donnent assez de lait pour nourrir le veau et faire le fromage. Dans tous les cas de sevrages tardifs, il n’y a pas de stress, ni de la mère, ni du veau.

En fait ces « vaches qui pleurent », l’auteure de la citation ci-dessus les a trouvées dans le texte d’un tract sur le site Vegan.fr qui l’a repris à une association végane US. Il faut citer le passage en entier car selon l’expression populaire, il vaut son « pesant de cacahuètes » de délire anthropomorphique, délire qui va crescendo comme chacun-ne pourra en juger : « Toutes réclament leur bébé en une langue universelle qui n’a pas besoin d’être traduite pour être comprise. Elles mugissent, pleurent et se désolent. Beaucoup d’entre elles, refusant d’abandonner la partie, continueront à appeler leur bébé nuit et jour, et retourneront encore et encore vers la place désormais vide.  Certaines arrêteront de boire et de s’alimenter, cherchant fiévreusement le petit disparu, ou glisseront dans un muet désespoir. Toutes se souviendront jusqu’à leur dernier soupir du visage, de l’odeur, de la voix, de la silhouette de chacun des bébés qu’elles ont porté pendant neuf mois, senti bouger en elles, mis au monde, léché, aimé, et qu’elles n’auront jamais pu connaître, nourrir, protéger, ou regarder grandir. »

Le vocabulaire employé pour narrer ce délire n’est pas choisi au hasard. Il s’agit de donner à voir la vache comme une mère éplorée à laquelle on a volé son enfant. On remarquera le mot « veau » n’apparait pas, remplacé par « bébé », dont les pauvres mères n’oublieront pas la voix !

Il ne faut pas faire d’anthropomorphisme même si la période de gestation d’une femme est la même que celle d’une vache. Ce qui est condamnable,  c’est la violence des élevages industriels et dans les élevages plus traditionnels, le surpâturage et l’exploitation sans limite tant du cheptel que de l’ouvrier agricole au nom de la rentabilité et d’une rationalité économique tout à fait déraisonnable qui s’efforce de bannir tout sentiment. Ne surtout pas faire du sentiment, c’est ce que recommandent fermement les ingénieurs agronomes aux éleveurs qui dans les petites structures pourraient se laisser aller à en faire vis-à-vis de leurs vaches qui ont des noms ; chose regrettable pour la bonne gestion du troupeau aux yeux de ces « experts », elle est capitale au contraire lorsqu’il s’agit d’un troupeau de salers à l’estive alors que le fromage est fait dans les burons, une pratique hélas en voie de disparition : merci l’Europe !

2 – L’insémination artificielle assimilée à un viol par l’association animaliste PETA

Dans un spot d’une minute réalisé par PETA (Pour une Éthique dans le Traitement des Animaux) cinq femmes, filmées en noir et blanc, prennent la parole pour évoquer un viol : « Un homme me retenait pendant qu’un autre me touchait. J’étais tellement effrayée. Je ne comprenais pas ce que j’avais fait de mal. Après ça, j’avais le sentiment de n’être plus rien. Je suis tombée enceinte. Ils ont usé de mon corps pour gagner de l’argent (…) Je ressens tout et je me sens bonne à rien. Je suis comme vous mais différente », déclarent les actrices avant de présenter à la caméra la photographie d’une… vache.

Ce spot a provoqué un lever de bouclier parce que beaucoup de gens trouvaient qu’assimiler une vache inséminée à une femme violée était scandaleux pour les femmes et notamment les femmes violées en les animalisant. « Aucune victime d’agression sexuelle ne devrait avoir à subir cette comparaison entre leur traumatisme et celui d’un animal, nous avons déjà été déshumanisés », écrit une internaute citée par le journal 20 minutes.

La réaction est étrange. Ce n’est pas une femme qui est assimilée à une vache, mais l’inverse : c'est une vache qui est assimilée à une femme. Dans une projection anthropomorphique délirante, PETA projette sur une vache inséminée les sensations, émotions, sentiments et souffrances d’une femme violée.

L’association s’est défendue en expliquant que « reconnaître que les animaux sont victimes de sévices sexuels pour produire de la viande et des produits laitiers ne signifie pas nier la gravité des abus sexuels à l’encontre des humains ».

En assimilant l’insémination artificielle d’une vache à un viol de ladite vache, PETA assimile un acte vétérinaire, l’insémination artificielle avec un acte de zoophilie ; assimilation pour le moins étonnante.
C’est avec d’autres pratiques humaines qu’une comparaison aurait été plus appropriée. De telles comparaisons auraient  sans doute été perçues comme encore plus scandaleuses mais PETA n’aurait pas pu tirer profit du scandale puisqu’il n’y aurait pas eu de sévices à dénoncer dans cet acte vétérinaire.

En prétendant qu’il faut « reconnaître que les animaux sont victimes de sévices sexuels pour produire de la viande et des produits laitiers », l’association accuse les éleveurs et les vétérinaires de zoophilie, ni plus, ni moins. Il s’agit de pratiques condamnées par la loi française depuis 2004 (article 50 de la loi du 9 mars 2004) et on peut se demander pourquoi les professionnels mis en cause n’ont pas réagi face à une accusation semblable.

L’insémination artificielle n’est pas une forme de « sévices sexuels » et les vaches ne souffrent pas d’être inséminées. Si souffrance il y a, c’est de l’absence de taureau dans le troupeau qu'elle résulterait : la fréquentation de taureaux serait importante dans les troupeaux complets au pâturage selon Baratay, 2012 et pas uniquement pour « les aspects sexuels mais aussi pour des questions d’affinités et de collaboration » L’auteur constate aussi que « on ne s’est guère interrogé sur la frustration engendrée, qui est certainement forte même si l’accouplement pouvait être brutal et causer des infections » (p. 158). Ce qui serait cause de souffrance chez les vaches inséminées artificiellement, c’est qu’on les laisse sans un mâle dans le troupeau et qu’elles ne puissent s’accoupler, même si l’accouplement est du genre brutal. Nous voilà bien loin de la projection délirante de PETA.
 

Stop au bourrage de crâne : Le mode de vie végan n’est ni écologique, ni éthique !

B. Piqué sur Internet : Les végétaliens sont des passagers clandestins sur Terre.
« Manger végétalien, refuser l'élevage et donc le fumier, c'est être un passager clandestin. Le fumier des élevages nourrit mes légumes et moi ne je fais pas de mal aux bêtes »
Mais pas de panique, il y aura toujours des engrais chimiques.

C. Des faux steaks saignants, des carottes et betteraves fumées en guise de saucisson !
« Impossible Foods », voilà une entreprise qui mérite bien son nom : la Dépêche fr. du mardi 26 novembre rapporte qu’elle a « créé un burger végétarien à partir de blé, d'huile de noix de coco et de protéine de pomme de terre, en y associant une substance dénommée léghémoglobine (une molécule très proche de l'hémoglobine, mais présente exclusivement dans le domaine végétal), qui lui permet d'approcher l'aspect et le goût d'un steak saignant. »
Toujours selon cet article de La Dépêche, un concurrent, le tout aussi bien nommé « Beyond Meat » n’est pas en reste il fabrique « un hamburger végétal qui ressemble à la viande rouge, tant sur le plan visuel qu'au niveau du goût et de son comportement à la cuisson » Ce truc-là qui grésille dans la poêle est en vente pour les gogos dans les supermarchés bio US. Selon un site végan, le faux poulet de cette marque serait meilleur que le vrai. C’est possible si l’on compare avec du poulet aux hormones, aux os en caoutchouc élevé en batterie et gavé de soja transgénique.
Le journal mentionne également un restaurant de Greenwich Village à NY qui propose à son menu une assiette de charcuterie végétale où saucissons, jambons et terrines sont remplacés par de la carotte ou de la betterave fumée, du pâté de champignon, du chorizo de betterave.
Enfin pour clore cette revue du simili ou du faux, l’article signale l’ouverture aux USA de «boucheries» végétales qui vendent des imitations de salami, saucisses, boulettes de viande, « de rosbif ou encore de travers de porc ».   
C’est fou, finalement, ce que les végans aiment la viande. (ajouté le 30/11/2016)

 


Références

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UICN France & MNHN, 2016, La Liste rouge des espèces menacées en France. Paris, France.
 http://uicn.fr/wp-content/uploads/2016/10/R%C3%A9sultats-synth%C3%A9tiques-Liste-rouge-France.pdf

Viande Info sd, L’élevage accentue l’effet de serre et la déforestation http://www.viande.info/elevage-viande-gaz-effet-serre
 
.............

• L’illustration au début de l’article est extrait de dessins sur le site de l’éditeur  « l’insomniaque ». http://www.insomniaqueediteur.org/category/plein-les-mirettes/galerie
• Illustrant les annexes, la photo (JFD) de ce troupeau pâturant dans une prairie semi-humide impropre à tout autre usage a été prise à proximité de l’étang de Pulvérières (63). La présence d’un taureau est une chose assez courante ici, à la limite de la chaîne des Dômes et des Combrailles.
 

Mardi 29 Novembre 2016 Commentaires (73)

Commentaires
Du plus récent au plus ancien | Du plus ancien au plus récent

1.Posté par figour le 03/12/2016 16:50
be vegan make peace

pour l auteur de l'article au sujet des vegans : il faudrait te renseigner petit père, l'agriculture vegane exsite deja en France et pas seulement pratiquée par des vegans, et non les vegans sont partout pas seulement des citadins, et cela ne va pas s'arreter malheureusement pour toi

CDLT

2.Posté par Jean-François Dumas le 03/12/2016 21:20
Comme on peut en juger par ce commentaire être végan n'empêche pas de martyriser l'orthographe, d'être malpoli et agressif.

Si le véganisme devenait le mode de vie majoritaire, à Dieu ne plaise, cela serait malheureux surtout pour nos paysages, notre patrimoine et pour la Nature.

3.Posté par Turdus le 08/12/2016 08:37
Bonjour,

Je n'ai pas tout lu, c'est pléthorique, mais j'approuve, le véganisme est la nouvelle religion, l'homme ayant toujours eu besoin de maîtres à penser.

Personnellement je ne consomme aucune viande car je reconnais que je ne ferais pas l'acte de tuer l'animal, je ne demande donc pas à un autre de faire le sale boulot pour mon confort. Aussi par goût, la consommation de viande ne m'a jamais attiré

Mais le véganisme est absurde.
On peut rétorquer aux végans qu'il consomment du blé, en conséquence ils empêchent la plante de mettre en œuvre le tropisme qui l'a poussée à produire des graines, c'est à dire se reproduire, le végan tue les enfants de la pousse de blé!!! C'est digne d'un avortement forcé.

Jusqu'où ira le délire?

Le véganisme coupe encore un peu plus l'homme de l'univers, pour comprendre cela je vous conseille de lire Cosmos de Michel Onfray. Le véganisme y est disséqué, les atrocités faites au bêtes y sont décrites avec force compassion, mais il y démontre aussi vers quelles dérives psychopathiques certains philosophes se sont tournés en militant pour le véganisme, jusqu'à la zoophilie. D'ailleurs les végans se gardent bien de citer ces philosophes pour leurs slogans.

4.Posté par BES le 13/01/2017 00:34
Je suis venu sur votre site pour voir un articule sur le prunellier. Superbe... Puis curieux de connaître un peu vos idées je suis tombé sur cet article, qui n'est d'ailleurs pas le seul à tailler un short aux végétariens.

Je crois que malheureusement vous vous trompez. Vos arguments sont des armes pour alimenter un mode de vie que vous ne voulez pas voir changer. Vous avez sans doute du dépenser beaucoup d'énergie à chercher tout cela, et ça se voit... Mais je crois que vous sombrez dans un piège tout aussi affectif que celui de l'empathique végétarien, celui du biais de confirmation d'hypothèse. Votre hypothèse, c'est que "l'humain a besoin de consommer de la viande, et la nature a besoin que l'homme continue à consommer de la viande", et vous allez rechercher tous les arguments et contre arguments qui vont défendre cette hypothèse.

Le véganisme est une réaction extrême, face à un mode de consommation extrême qui lui est réel. Le végétarisme prend peut être plus en compte les divers mutualismes qui existent entre l'humain et les autres espèces vivantes et acceptent mieux l'élevage. En revanche ce qui est certain, c'est que le capitalisme a totalement dénaturer l'approche éthique de l'abattage et de la consommation de viande. La viande est un produit qui se vend cher. On convertit des calories végétales peu chères, pour les valoriser avec des calories animales, sans prendre en compte les impacts environnementaux qui en découlent nécessairement. C'est cette logique mercantile qui est à remettre en cause.

Le véganisme et plus gentiment le végétarisme est une réaction allergique de certains membre de notre société à un mode de consommation malade. Le jour où la consommation de viande aura largement diminué, ce qui ne sera mauvais pour personne, et que les conditions de production et d'abattage auront retrouvé une éthique environnementale correcte, le végan et le végétarien se montrera moins intégriste (et s'il le reste, il faudra le recadrer). Les évidences en matière d'environnement sont malheureusement trop grandes et trop favorables au mode de vie végétarien. Et s'il y avait une pierre à jeter, je vous assure qu'elle ne serait pas à jeter sur un groupe d'individus qui tend à rétablir un équilibre face à un système consumériste détraqué...

Aussi, si vous parlez de Jean-Marie Pelt dans vos articles, ce dernier n'était absolument pas opposé au végétarisme comme vous l'êtes. De plus il portait en admiration un grand monsieur, Théodore Monod, qui était lui aussi végétarien. Je vous conseille de lire ce que cet homme à écrit.

Simplement, ne vous trompez pas d'adversaire, vous pourrez continuer à consommer de la viande. Les végétariens et vegans dans leur ensemble réagissent plus à la démesure de notre système capitaliste de production de viande, et qui tend plutôt à s'inspirer du modèle américain, qu'à la consommation hebdomadaire de viande issue des circuits courts dans nos campagnes. En matière d'environnement, on aura plus à gagner à donner du crédit au discours végétarien, qu'à appuyer un système déséquilibré.


EB

5.Posté par Jean-François Dumas le 13/01/2017 23:17
@ BES

Je vous remercie pour ce commentaire. Il est intéressant et donc mérite une réponse qui devrait me permettre aussi de préciser certains points de mon texte.

1°) L’individualisme consumériste est le mode de vie actuel d’une énorme majorité des gens qui sont formatés pour cela de mille et une façons pour le plus grand bénéfice des multinationales et de la finance qui peuvent ainsi prospérer à coup d’opération de marketing de masse. J’espère que vous ne supposez pas que c’est ce mode de vie là que je cherche à pérenniser !

2°) Contrairement à ce que vous me semblez supposer le mode de vie végan n’est pas du tout incompatible avec cet individualisme consumériste. Il se définit par un refus d’utiliser les produits d’origine animale, d’employer des animaux à diverses tâches au nom de la « libération animale » et/ou d’un certaine forme de biocentrisme. En simplifiant outrageusement, on peut dire que les végans justifient leur mode de vie par l’exigence éthique d’une égale considération due à tous les vivants susceptibles d’avoir un « projet de vie » selon les uns, de souffrir selon d’autres. D’autres encore invoqueront une proximité phylogénétique. Certains seront végans au nom de croyances religieuses, etc... Mais la plupart ne philosophent guère et leur attitude repose avant tout sur une sorte d’empathie que doivent (ou ont dû) éprouver aussi les philosophes de la libération animale même si certains s’en défendent explicitement. Ce n’est pas en réaction allergique à un mode consommation extrême ou malade que la plupart des végans le deviennent.

3°) Il y a des formes d’élevage de par le monde qui ne s’inscrivent pas nécessairement dans la logique capitaliste que vous décrivez. Vous en évoquez une d’ailleurs à la fin de votre commentaire. Elle ne vaut, stricto sensu, que pour l’élevage industriel dans le cadre du libre-échange. Il y a aussi d’autres circuits même dans les pays occidentaux, vente à la ferme, circuits courts, autoproduction, etc. Je conviens volontiers et je l’exprime fortement dans mon texte que l’élevage industriel est ce que l’on pourrait appeler « une catastrophe totale » comme on parle de « phénomène social total ». Il faut essayer de lutter contre le développement de cet élevage là et plus généralement contre l’agriculture productiviste même si l’issue du combat est incertaine. S’en prendre à l’élevage herbager tel qu’il existe encore majoritairement en France, ce n’est pas seulement se tromper de cible, c’est aider l’élevage industriel. Or, c’est AUSSI à cet élevage là que s’en prennent les végans. Dans mon texte, j’ai bien pris la peine de le souligner : je ne confonds pas les formes d’élevage et je condamne l’élevage industriel productiviste.

4°) Je suis entièrement d’accord avec vous : la consommation de viande ou de lait est excessive dans les pays riches et les pays émergeants prennent le même chemin par imitation et poussés par les mercantis occidentaux et leurs firmes qui œuvrent à l’uniformisation du monde. Combien révélatrice à ce sujet est la nouvelle mode de consommation du lait en Chine, dans un pays qui n’en consommait pas et où une grosse proportion de gens y est allergique.

5°) Je pense effectivement et il me semble évident d’un point de vue anatomique, physiologique et phylogénétique que nous sommes omnivores et que notre régime doit comprendre des produits d’origine animale : viande ou lait ou œufs (chacun séparément ou les trois) pour posséder tous les nutriments nécessaires et notamment ceux qui ne se trouvent pas, ou pas sous forme assimilable dans les végétaux et qu’un végan devra absorber de façon totalement artificielle sous forme d’ampoules, de comprimés ou de gélules. Il n’y a là nul biais de confirmation d'hypothèse : les preuves sont massives. Les végétariens ne sont donc pas directement concernés par mon texte.

6°) Vous dites «Le jour où la consommation de viande aura largement diminué, ce qui ne sera mauvais pour personne, et que les conditions de production et d'abattage auront retrouvé une éthique environnementale correcte, le végan et le végétarien se montrera moins intégriste » Le végétarien, je ne sais pas mais le végan restera « intégriste » qualificatif qu’il refuse d’ailleurs car dans l’optique végane, il est absolument condamnable moralement, injustifiable de tuer des animaux pour les manger (c’est un crime quasiment d’anthropophagie) ou de leur « prendre » leur lait, leurs œufs et pour les abeilles leur miel (c’est une cruelle exploitation, pire que de l’esclavagisme).

Cela dit, dans ce texte je n’examine pas les fondements philosophiques du véganisme comme tels. C’est pour des raisons philosophiques que Monod était végétarien. J’ai voulu montrer que les arguments écologiques invoqués en faveur du véganisme ne tiennent pas la route. Eux seuls sont en cause. Et le résultat de leur examen est sans appel, tout à fait convaincant SI L’ON NE RÉDUIT PAS TOUT ÉLEVAGE A L’ÉLEVAGE INDUSTRIEL comme le font les végans. Là aussi les preuves sont massives. Je suis déçu qu’après la lecture de ce texte vous puissiez continuer à affirmer «Les évidences en matière d'environnement sont malheureusement trop grandes et trop favorables au mode de vie végétarien » J’ai passé au crible tous ces prétendues évidences avancées pour le véganisme, et non pour le régime végétarien (les prairies perdurent ainsi que l’élevage si on adopte ce régime), elles ne tiennent pas. C’est un fait et toutes arguties du monde n’y changeront rien. Prenons garde aux approximations : l’élevage ne se réduit pas à l’élevage industriel ; le véganisme n’est pas le végétarisme. Entre les deux, il y a plus qu’une différence de degré comme voudrait nous le faire croire le végan.

Il est d’ailleurs consternant que les deux raisons qu’invoquent les gens pour NE PLUS manger de viande sont deux mauvaises raisons : la santé et la protection de l'environnement. S’il s’agit d’en manger MOINS, ce sont de bonnes raisons mais s’il s’agit de ne plus en manger du tout, ce sont de mauvaises raisons et les végans qui mettent en avant avec virulence ces deux raisons cherchent à ce que nous n’en mangions plus du tout. Si j’en juge par votre texte, il me semble que nous sommes d’accord au moins sur ce point.

Un dernier point relatif à une sorte de « déclaration d’intérêt » me concernant. Je n’ai aucun intérêt que ce soit dans l’élevage, ses institutions et bien entendu, je ne reçois aucun financement de la filière agricole. En outre, je n’aime pas spécialement la viande et je suis assez étonné devant la nécessité de recourir à des ersatz de viande pour rendre le régime végan supportable. En fait j’ai commencé à prendre conscience de l’inanité des arguments écologiques avancés par les végans en consultant les listes rouges des espèces de plantes et d’insectes (notamment papillons) menacés et j’ai commencé à en voir la nocivité en évaluant les changements dans la répartition de la végétation sur les volcans d’Auvergne qu’un tel mode de vie induirait s’il était généralisé.

Pour connaître ma position sur d’autres aspects des rapports entre homme/animal, y compris une critique de cette opposition, se référer à deux articles mis en ligne sur ce blog ici et ici, sur l'expérimentation animale . Il m'arrive aussi de défendre des "mal aimés" tels que les corbeaux ici. Sur ce blog je défend le loup contre les chasseurs et la filière bovine et je dénonce la chasse loisir.

6.Posté par BES le 14/01/2017 02:16
Merci d'alimenter cet échange. Je tiens par ailleurs à souligner que je prend beaucoup de plaisir à lire vos articles, et je me reconnaît dans le regard que vous portez à la nature. Par ailleurs je m'excuse si je peux vous sembler brut de décoffrage et ou brut de pomme (allons y c'est la saison), mais l'expression de mes affects et de mes idées par le clavier est toujours un peu délicate.

Je trouve moi aussi important de calmer l'ardeur du végan, qui sous ses allures de moralisateur me mettent profondément mal à l'aise. Sur les aspects techniques, vous faites une démonstration que je ne saurais démonter, je n'ai pas les compétences de débattre sur ce point.

Là où je cherche à mener la réflexion, c'est sur des aspects sociaux et stratégiques. D'abord chercher à comprendre d'où vient ce phénomène du véganisme. Ayant longtemps vécu à la ville, je me suis posé et me pose toujours la question de devenir végétarien. Des amis sont devenus végétariens, et par soucis de "cohérence" aimeraient devenir végan. Mais tachons de comprendre : Lorsqu'on vit en ville, qu'on vous sensibilise aux enjeux environnementaux, et que vous comprenez que votre mode de consommation (à l'Occidental) génère des émissions de GES, et que vous avez une "empreinte carbone". On a envie d'agir ! Quels sont les leviers? Le transport, on va chercher à prendre les transports en commun, le vélo, arrêter de prendre la voiture, réfléchir à 2 voire 3 fois avant de prendre l'avion... bon ça c'est une bonne chose de faite. Quels sont les autres leviers? L'habitat. Bon là ça devient plus compliqué. Pour avoir un logement en ville avec peu de déperdition d'énergie, il faut des moyens financiers, et c'est un levier difficile à enclencher. Le troisième levier c'est l'alimentation. C'est à mon sens le plus simple à enclencher! On consomme moins, on compost, et on limite la consommation de viande voire on n'en mange plus du tout (et ça nous revient moins cher)! Parce que en ville, les circuits courts et la possibilité de consommer de la viande qui ne provient pas des circuits industriels, lorsque vous tapez les 35 heures et que vous avez pris les transports en commun, ça devient pour le moins fatigant. Donc on limite et idéalement on annule la consommation de viande. C'est aussi simple que ça !

Notre mode de vie éreintant nous pousse à prendre des décisions radicales. On est dans la précipitation. Mais les gens qui décident de devenir végétarien en ville, sont des gens qui sont sensibilisés à la cause environnementale, ils ont envie de faire pour que la vie sur Terre continue. Alors je comprend vos inquiétudes, mais il faut essayer d'avoir un regard sociologique sur ces questions là. Les végétariens et je continue à dire les végans (ceux que je connais), ont une sensibilité à la cause environnementale bien plus grande que notre humain du capital lambda, et il a conscience de l'intérêt d'agir (même s'il le fait parfois maladroitement en référence aux différentes conséquences que vous évoquez).

Partant de ces constatations, je fais un choix stratégique. Celui de me ranger du côté de ceux qui, malgré le tumulte et la confusion du mode de vie en ville, décident de vivre et réfléchir en fonction des enjeux environnementaux. Je pense qu'il est important de trouver le point d'union avec tout ceux qui ont envie que ce monde soit plus durable et qu'il permette aux générations futures de vivre...

7.Posté par Grampp le 15/01/2017 22:21 (depuis mobile)
Il vous faudrait un peu de paix je pense
O rwar''

8.Posté par kliss le 15/01/2017 22:41
Pensez-vous donc que l'apparition de l'élevage sur Terre (industriel ou non) a été bénéfique pour la biodiversité et l'environnement de manière globale ? Si oui, je me fais du souci pour votre santé mentale. Si non, vous conviendrez alors que son arrêt est le seul moyen de revenir à une planète plus équilibrée et plus riche biologiquement parlant [pour peu, comme vous l'avancez intelligemment, que les surfaces libérées ne soient pas exploitées d'une autre manière plus stérilisante encore]

9.Posté par Allium ursinum le 15/01/2017 23:51
Alors la, bravo à vous pour ce gros travail et merci pour cette ressource très très complète et référencée.

Et pour répondre à "Kliss", oui l’élevage à des effets complétements positifs sur la biodiversité. c'est d'ailleurs la pratique agricole (en non industrielle) qui est la plus bénéfique à l'environnement. Si on supprime l'élevage, vous ne vous rendez pas compte de appauvrissement immense de la biodiversité que cela va produire. Et je sais de quoi je parle, je travail dans la protection de l'environnement.

Je vous conseil, pour vous en rendre compte, de lire l'expertise de l'INRA "Agriculture et biodiversité", de vous rencardez sur l'écologie du paysage et la notion d'écocomplexes, ou encore de lire la thèse de Nadia MICHEL (tous est sur internet).

Vous vous trompez de combat les gars, c'est contre l’élevage INTENSIF qu'il faut lutter, et non contre l'élevage en générale.

10.Posté par Lauren Esnault le 16/01/2017 01:38 (depuis mobile)
Bonjour.
Je vous remercie, car je suis en transition vers le véganisme mais grâce à vous je suis convaincue !!

11.Posté par tamere le 16/01/2017 02:28 (depuis mobile)
window.alert(« test »)

12.Posté par Barnish Thomas le 16/01/2017 07:33 (depuis mobile)
L''argument écologique est un ajout récent et fallacieux de l''argumentaire végane. L''abolition de l''exploitation animale reste le cœur du sujet et vous ne parlez pas une seule seconde de sentience ni même de spécisme ; vous ne parlez pas du véganisme.

13.Posté par Préaube le 16/01/2017 08:33
Nul besoin de lire cette floppée d'inepties, la seule vue du prénom découpé sur deux lignes en en-tête du site m'a suffi.

14.Posté par Genevieve le 16/01/2017 12:13 (depuis mobile)
un frustré qui se sent coupable et qu''au lieu de changer ses habitudes de vie, blâmer les gens qui lui remette à la figure ce qu''il sait déjà. Triste! Vraiment triste. Et au fait, personne n''est parfait, même pas les vegan, même si tu le crois ;)

15.Posté par Ad le 16/01/2017 14:28 (depuis mobile)
On ne peut pas faire ses déductions sur les émissions produites EN FRANCE. Il faut aller voir les tendances au niveau globale, qui ne supportent pas la thèse de l''auteur

16.Posté par edouard-marie le 16/01/2017 14:32
Qu'est ce qui empêche ceux qui le souhaite de ne consommer aucun produit (alimentaire ou non) issu de l'exploitation animale ? Rien !
Il y a suffisamment de choix pour consommer ceux qu'on souhaite et qui correspond à ses idées.

Est ce normal qu'un groupe de personnes veuille imposer à d'autres ses choix, sous peine d'anathème ? NON ! C'est le sens de l'article, il me semble.

Que les Vegan fichent la paix aux carnivores et que les carnivores fichent la paix au Vegan et les moutons seront bien gardés ^^

17.Posté par France Mutation le 16/01/2017 15:46 (depuis mobile)
donc, en conclusion de tout ce blabla, vous prônez un "retour" a une agriculture + responsable, well-fairiste, etc ... OK OK commencez donc par vous BATTRE pour que cette vision, déjà, s''impose dans le monde réel ! plutôt que de critiquer les vegans

18.Posté par Jean-François Dumas le 16/01/2017 19:33
@ Fance Mutation,

Je ne vous ai pas attendu pour le faire...

19.Posté par U.G. le 17/01/2017 03:54
Stop au bourrage de crâne : Le mode de vie végan est écologique et éthique bien sûr !


Chez Monsieur,
Vous êtes très caricatural dans vos propos, et c'est la tendance actuelle envers les véganes. Il faut bien taper sur ceux dont les idées nous renvoient à nos propres contradictions, quand nous n'avons pas le courage d'abaisser nos œillères et de voir l'atroce réalité quotidienne que vivent les animaux dans leur ensemble. Nous parlons ici de 100 milliards d'être tués, mutilés dans d'atroce souffrance, pour notre seul plaisir gustatif, et vous osez mettre cela dans la balance des producteurs locaux ? Arrêtez donc. C'est bien contre cela que nous nous battons !
Alors que maintenant de plus en plus d'études sérieuses prouvent que l'alimentation carnée n'est pas bonne pour notre santé. Pour l'environnement c'est une évidence (apparemment pas pour vous), mais vos petites statistiques sont bien réductrices de la réalité. Une contrefaçon journalistique répandue d'épingler ce que l'on souhaite pour faire dire ce que l'on veut aux chiffres. Ne vous abaissez pas à ceci, si vous avez un peu de bonne foi intellectuelle, c'est déjà trop bien répandue dans notre société.

Comme certains commentaires le soulèvent, le véganisme est pour moi aussi un acte politique majeur, dans cette illusion de démocratie notre seul réel pouvoir politique est notre bulletin de ticket de caisse. Si nous stoppions d'aller aux supermarchés, ces empoisonneurs inconscients, alors notre société changerait radicalement.
Qui subventionnons-nous ? Quels multinationales ou producteurs peu scrupuleux, engraissons nous quand nous achetons leurs produits ?

Et qui êtes vous pour juger quelqu'un à son orthographe ? Et réduire un mouvement entier à d'osbcurantistes intégristes non tolérants et non ouverts (l'inverse de ce qu'est le véganisme dans son essence), comme il en existe partout ? Nous voyons bien ce que des raccourcis extrêmes provoquent avec l'Islam, afin comme toujours de servir des desseins obscurs. C'est toujours des généralités exposées, mais afin de servir quel but ? Souvent une propagande idéologique...
Mais pourquoi ? Encore justifier des traditions ? Oui c'est génial continuons la corrida, les combats de coq, la culture des perles, l'esclavagisme des abeilles (à qui au passage on leur pique tout leur dur labeur pour se nourrir et que l'on remplace par du sucre, etc etc on peut continuer pendant des heures comme ça.. oui fumons, encourageons les tabagistes à faire leurs tests sur les singes, achetons des produits issus des vaches, continuons la pose de hublot pour analyser leur flore intestinale, etc etc Mais oui cela n'est rien de retirer des nouveaux nés aux vaches, après tout elles ne pleurent que pendant deux jours (Monsieur un animal ne pleure pas forcément avec des larmes, les cris peuvent être leur pleurs, par simple plaisir gustatif ou tradition honteuse, ce n'est pas grand chose après tout, je n'ai absolument pas étudié la cuisine végétale qui permet des possibilités infinies et inouies)
Personnellement je dis non à tout cela, c'est pourquoi je suis végane. Et vous osez prétendre que le véganisme n'est pas éthique, ne vous étonnez pas que je prenne ce ton agressif, c'est vous l'agresseur ici.

Effectivement, il y a eu des peuples sur terre, les esquimaux, les amérindiens.. qui vivaient de manière symbiotique avec des espèces animales qui les entouraient, mangeaient leur chair. Mais nous ne pouvons pas nous comparer à eux, notre société a évolué vers de telle dérive inhumaine. Et puis nous nous sommes pour la plupart coupés d'une partie importante de nous même, notre spiritualité. Quelle est la vôtre ? Cela éclaircit très souvent des points de vue orientés et complétement partial et filtrés comme le votre. Vous n'avez pas une vision holistique des choses. Rien que les scientifique très pointus savent très bien, que la réalité telle que nous la percevons ne décrit pas l'ensemble de la réalité. Nous sommes très très loin d'en appréhender l'ensemble. Je parle ici des autres mondes, des mondes invisibles à notre œil limité.

Je ne vais pas reprendre point par point tout votre argumentaire. Je constate que vous êtes passionné, c'est dommage de dépenser toute cette belle énergie, avec un filtre déformant et une analyse si biaisée, mais si vous aviez vraiment creusé en profondeur, vous auriez pu découvrir tout autre chose.

De plus vous osez mettre dans la même balance, la production de masse industrielle, et la production locale, déjà plus respectueuse (et encore, il s'agit toujours de tuer et de souffrance)

Ne comparez pas non plus les animaux avec les végétaux. Je ne dis pas que les végétaux ne ressentent rien, mais il y a tout un univers séparant le regard d'un végétal au regard d'un animal, vous en conviendrez. De plus en plus d'études très sérieuses mettent en évidence que l'intelligence comme nous la percevions est arriérée, que l'intelligence s'exprime de bien des façons et les animaux possèdent bel et bien une conscience, une mémoire, des sentiments, ne vous déplaisent.
Et oui nous végane, sommes touchés, sommes empathiques envers ces êtres plus faibles. Peut être un jour nous mériterions notre stature d'Humain, comme gardien des espèces et non exploitant.
« Nous sommes dans une bibliothèque vivante, et nous la brûlons pour nous réchauffer au lieu de lire tous les trésors qu'elle contient »

Et puis comme toujours, vous mesurez ces choses avec des sens très limités, mais je ne vous en veux pas, notre société est ainsi faite. Mais si nous avions des outils (et ces outils existent) pour mesurer l'impact énergétique de la viande sur notre schéma énergétique, nos émotions, notre microbiote ?

« Les végans ont une haute considération pour eux-mêmes. » Vous vous rendez compte de ce que vous dites ? Votre vie vous sera nettement plus agréable si vous vous aimez, si vous n'avez pas de considération pour vous même c'est un peu dommage, je ne comprend pas le rapport avec le véganisme. Si le fait de militer et de diffuser ses valeurs humanistes fait du végane une personne hautaine, egocentrique, c'est le facteur humain et développement personnel qui en est la cause, pas la philosophie à laquelle il adhère. Dans ce monde nous sommes tous différents, pourquoi tous nous mettre dans le même panier, c'est dangereux, réducteur et propagandiste de faire ça ! Vous en rendez vous compte ?

Je n'espère rien de particulier, je suis juste navré de voir un article comme celui-ci qui ne tape pas au bon endroit. Vous tapez sur des personnes, sensibles aux problématiques de notre société, et qui par militantisme font un choix très engageant au quotidien, car actuellement c'est une des meilleures façon de faire changer les choses et de manière rapide.

Je finirais juste par dire que même Einstein vers la fin de sa vie était dans cette tendance, un homme il me semble qui a un peu réfléchi, ne faisant pas les choses au hasard, pourquoi une telle personnalité (et tellement d'autres) prendrait cette direction ?

Et puis effectivement que connaissez vous du pranisme ? Apparemment pas grand chose..
Je vous souhaite tout le bonheur et tout le réveil que je peux souhaiter à l'inconscience omniprésente règnante en maitresse dans ce bas monde.

Bien cordialement
U.G.

20.Posté par Moony Wilcox le 17/01/2017 12:13 (depuis mobile)
On peut être vegan sans faire chier les autres. En plantant simplement de petites graines par ci par là mine de rien. Rien d''autre à dire, je crois qu''U.G a parfaitement tout résumé.

21.Posté par Cécile le 17/01/2017 14:15 (depuis mobile)
Je note qu''une des hypothèse de base de la démonstration est d''accepter la mort comme naturelle. En effet, mais est-ce naturel que ce soit l''humain qui décide qui va vivre, dans quelles conditions et à quel moment il va mourir... ?

22.Posté par edouard-marie le 17/01/2017 14:23
L'humain étant la plus évoluée des créatures c'est normal que ce soit elle qui dispose des autres créatures, inférieures. Donc oui, décider de tuer (proprement) des animaux pour se sustenter, c'est naturel.

23.Posté par Claire le 17/01/2017 15:10 (depuis mobile)
Oula "Édouard-Marie" depuis quand dispose t''on d''autres êtres vivants..? Si on reprend votre argument de pour l''appliquer à l''espèce humaine voici ce que cela donne: il est normal que les individus les plus évolués disposent des moins évolués.. 👍

24.Posté par Fizette le 17/01/2017 17:19
Bonjour,

Tout d'abord, c'est un sacré travail de recherche que vous avez fait là. Bravo à vous.

Ensuite, je trouve dommage de commencer l'article par :
" Les végans ont une haute considération pour eux-mêmes. Ils pratiquent la culpabilisation et la stigmatisation de ceux qui n’adoptent pas leur mode de vie ou osent le critiquer. Or du point de vue d’une « éthique de la terre » ce mode de vie n’est pas « juste ». "
Je pense, et j'espère, ne pas me retrouver dans cette description. Il aurait mieux valu commencer par "de nombreux articles de certains vegan...". Etre vegan c'est un choix de vie, mais dans chaque choix de vie existant il y a de l’extrémisme, ça reste de petits groupes mais ce sont malheureusement ceux qui font le plus de bruit (et qui du coup, on bien failli me faire rejeter le mode de vie vegan car j'avais peur de devenir comme eux). Je ne détiens pas toute la vérité, je fais peut être des erreurs. Déjà de base, on ne sera jamais vegan à 100% c'est impossible. Donc aucun Vegan n'est parfait. Sauf s'ils s'habillent sans exploitation, n'utilisent aucun appareil, ne marchent pas ou ne respirent pas... mission impossible donc.

Ensuite, je suis devenue vegan pour des raisons écologiques pour cause d'économie aussi, en plus de l'être devenu par compassion envers les animaux et en partie pour des soucis de santé (grosse intolérance au lactose). Mon mari lui est omnivore et c'est son choix de vie que je respecte, surtout que manger un chien, un chat, un lapin, un cochon d'inde (il l'a déjà fait) ne le dérange pas. Je trouve ça compréhensible. Il fait attention à ce qu'il achète.
Ecologique et économiques : je suis contre la consommation de masse en général, donc contre l'agriculture intensive. J'essaye d'acheter le plus au producteur du coin, mais malheureusement la viande est chère et surtout je n'aime pas ça (déjà petite je refilais ma viande dès que je le pouvais). Alors j'ai juste décidé d'arrêter d'en manger. A côté de ça je suis dans une démarche zéro déchets donc je garde chaque appareil (téléphone, PC...) jusqu'à ce qu'il me lâche (mon PC a par exemple 7 ans). Par contre, j'ai encore du mal avec les vêtements de mettre le prix, donc j'attends que les trous ne soient plus réparable pour m'en acheter (une fois tous les 2 ou 3 ans). Je pense encore une fois qu'on ne doit pas mettre tous les vegans dans le même champ ;) .

Après il y a l'argument de "tout le monde ne doit pas être vegan", pour ça je suis d'accord, chaque être humain a ses besoins, et je comprends que certains aient besoin de produits animaux (quoi une VEGAN qui dit ça ?!?), je connais beaucoup de gens malades ou avec intolérances qui ne pourraient peut être pas survivre sans viande ou sans protéines animales. En tant que Vegan mon taux de fer s'est amélioré et je n'ai besoin de me complémenter qu'en B12 et Vitamine D (j'étais déjà complémenté en vitamine D avant). Ca n'a rien changé à ma vie, enfin si un comprimé tous les 15 jours par contre, je suis moins malade et donc au lieu d'être sous traitement toutes les 2 semaines, je n'ai plus rien (je parle bien à cause du lactose ici).

En plus, de base, il est plus qu'improbable que TOUT le monde devienne vegan... Par esprit de contradiction, non empathie, capacité à tuer soi-même l'animal donc à le manger, capacité à avoir des animaux dans son jardin…
Par contre, je trouve dommage que les premiers à souffrir des baisses d'achat soient les petits producteurs... C'est l'industrie qui me gène. J'ai déjà pleuré devant une ferme où je voyais les vaches dans des lignes, collées à leur veaux pour certaines. Par contre, parfois je vais en montagne et j'ai vu des petits producteurs de fromage (Reblochon AOC vert) où les bêtes vivent en liberté dans les paturages et j'ai trouvé ça bien. Si je n'étais pas intolérante au lactose, peut-être que je me serais laissé tenter. Ou peut être pas, je n'en sais rien, je ne détiens pas la vérité. Si on retournait à un mode moins industriel on ferait plus de bien à la terre et ça tient pour tous : alimentation, produits de consommation en général.

Alors voilà, juste pour vous dire qu'il faut faire attention à ne pas mettre tout le monde dans le même panier et surtout à démonter les arguments vegan tout en sachant que c'est une probabilité qui n'arrivera jamais. Parce qu'avec ce genre d'articles, alors que je n'attaque jamais personne, que je ramène mon repas quand on m'invite je me fais attaquer alors que je n'ai rien demandé, rien proposé, rien poussé. Mais les autres ont la science infuse et ce que je fais est mal car pas courant (on parle de 2 % de vegan en France… ). Finalement, chacun devrait vivre sa vie, ses convictions tant qu'elles ne font pas de mal à un autre ou ne le mettent pas en danger :). Peu importe les arguments derrière.

25.Posté par Romain Fouillaron - aka Major Down le 17/01/2017 17:25 (depuis mobile)
Bonjour. Votre propos me semble pertinent et très bien documenté. Merci. Je vous laisse ici un lien vers une vidéo que j''ai réalisé sur le sujet. Mes conclusions y diffère peu.

https://youtu.be/Op5k9Q04vwk

Bonne continuation.

26.Posté par Pascale le 17/01/2017 19:30
Bonjour et merci pour cet article très solide et très argumenté.
J'ai déjà lu effectivement chez des vegans cette rhétorique sur les vaches et leurs « bébés », mais c'est en lisant votre article que je suis frappée par une évidence : c'est exactement le même langage que celui des militants anti-avortement.
Pas très étonnant, d'ailleurs, car hélas la protection animale est infestée de fachos (et ça fait d'autant plus mal que la protection animale est une très bonne cause).

27.Posté par xavierf le 17/01/2017 19:53
Un point de vue radical, mais éclairant sur bien des points, les écolos-bobos ont encore une sacré marge de mauvaise fois! Une loi simple réglerait le problème, je n'ai le droit de manger que ce que j'ai vu mourir ou participé à tuer...La viande c'est facile en barquette, tuer, dépecer, c'est une autre histoire...Et pourquoi les plantes seraient-elles des êtres de moindre valeur??? :)

28.Posté par edouard-marie le 17/01/2017 20:45
N'importe quoi " Pascale ". Les "fachos" ( ça y'est le point godwin est presque atteint) n'infestent pas la protection animale, ils la défendent sincèrement, comme vous et comme d'autres. Quand au militantisme anti-avortement, c'est au contraire de dire qu'il faut défendre encore davantage la vie humaine (qui ne vous en déplaise est prèsente pendant les 9 mois) que la vie animale.

29.Posté par Sélim le 17/01/2017 22:10
Beau travail ! Bravo !

30.Posté par Jean-François Dumas le 17/01/2017 23:21
J'ai dû supprimer un commentaire injurieux. Le débat: ok. Les injures et les insinuations, non.

31.Posté par MAVT le 17/01/2017 23:24 (depuis mobile)
Amen!
Voici un condensé de tout ce qu''on apprend en médecine vétérinaire en parallèle de notre formation. C''est exactement le discourt que je tiens envers ceux qui ont choisi cette voie et je suis heureuse de voir que je ne me trompais pas.

32.Posté par edouard-marie le 17/01/2017 23:28
Ah j'ai pas vu le message injurieux.

33.Posté par Lecter le 18/01/2017 00:59
Mon message était injurieux ? Eh bien ! En plus de pratiquer la désinformation vous censurez aussi ? Ma foi, après avoir lu tel article je ne m'étonne de rien.

Je disais donc que U.G. avait fait un très beau résumé de la situation. Très juste et précis.

Je disais aussi que cet article n'est PAS solide car beaucoup de sophismes, arguments fallacieux, clichés, mensonges, généralités etc.

Je disais aussi que par rapport à la vache et leurs bébés que ça: https://www.youtube.com/watch?v=gUnwj6T3I0A https://www.youtube.com/watch?v=hPq_hvS9SN8

Quant à écolo-bobo, je vois pas le rapport avec le véganisme, car même si les principes de vie véganes sont plus ou moins liés à l'écologie, la démarche végane c'est deux mots: éthique et antispécisme.

Vous pouvez pas dire que c'est injurieux... ça ne l'est pas ?

34.Posté par Julien le 18/01/2017 08:29
Bravo ! tant de travail pour justifier coute que coute de manger votre steack !!! Ceci dit je préfère la version franche qui consiste à dire "j'aime trop la viande pour m'en passer"...

35.Posté par Jean-François Dumas le 18/01/2017 10:38
@ Lecter

« Opter pour la malhonnêteté » (passage du post supprimé) : ce n'est pas injurieux que de traiter quelqu'un de malhonnête?!

Et dans votre ancien et nouveau message dire de quelqu'un qu'il ment : ce n'est pas injurieux ?! D'autant que c'est absolument sans preuves aucunes. Je crois que vous n'avez pas bien conscience de ce que signifient les mots que vous employez.

Cela dit, quelques remarques concernant les deux vidéos que vous mettez en lien : ce sont des vidéo de propagande. La première est un extrait de quelques minutes dans un reportage de plus d’une heure bien choisi par l'association végane L214 pour faire sa propagande sans restitution du contexte.
La journaliste qui a effectué le reportage consacré à l’élevage industriel a déclaré : "Il ne s’agit pas pour autant de promouvoir le végétarisme, plutôt une consommation de viande raisonnée. À mon sens, ce n’est pas un problème de consommation mais de production." (Télérama le 13/06/2012) Dans ce sujet elle veut aussi faire prendre conscience que l'animal doit être bien traité. C’est une position « welfariste » avec laquelle je suis d’accord mais que les végans abolitionnistes condamnent : « C'est le « cercle vicieux » du bien-être animal : dans la mesure où les dispositions welfaristes font que les gens se sentent plus à l'aise à propos de l'exploitation animale, en réalité cette exploitation augmente et le total de la souffrance animale s'accroît au lieu de décroître. » (Les cahiers antispécistes, citation que l’on trouve en tête du moteur de recherche Google lorsque l’on tape welfarisme).
Concernant la seconde que je connaissais parce qu’elle tourne en boucle sur les sites de propagande végan, il s'agit de ce que j'ai appelé « le pire des cas, celui de sevrages brutaux qui tendent à disparaître » et dans ces cas, « il s’agit de deux jours, au maximum au cours desquels la vache est un peu perturbée. Plus d’ailleurs ferait baisser ses performances, ce qui ne serait pas rentable ! Dans les cas où sont utilisées les techniques de sevrage « en douceur », il y a très peu de beuglements de la part des mères comme de celle des veaux, voire aucun. » Je ne nie pas que le sevrage n'est pas un moment difficile pour la vache ou le veau mais là aussi, c'est un problème de production. Comme je l'explique dans mon texte : dans le cas du bio, des veaux élevés "sous la mère", des vaches salers en estive, etc. le sevrage se passe très différemment et sans stress de la vache ou du veau.

Bien sûr, si pour vous je mens, inutile de débattre plus avant. Vos injures, car ce sont des injures (malhonnêteté, mensonge) sont un bon moyen de refuser ce débat et de continuer ne voir de l'élevage que ce que vous voulez en voir.

36.Posté par Jean-François Dumas le 18/01/2017 10:42
@ à Julien et à tous ceux qui utilisent cet argument :

Si vous tenez à le savoir, je n'aime pas spécialement la viande comme je le disais dans ma réponse au post de Bes.

Mais là n'est pas la question, des arguments de ce genre témoignent en fait d'un refus de débattre.

37.Posté par Marie-Thérèse le 18/01/2017 12:20
Merci très sincèrement pour cet article. Les arguments qui vous sont opposés ci-dessus n’en augmentent que plus sa pertinence. « De plus en plus d’études sérieuses » ; « c’est une évidence » ; « vos petites statistiques » ; « une contrefaçon » ; « mensonges » ; etc. Ce refus d’un débat contradictoire fondé sur l’argumentation scientifique est tout à fait typique des échanges avec les végans qui font florès sur les réseaux, lesquels desservent de ce fait l’idéal d’ouverture qu’ils prétendent défendre. Heureusement, la majorité des végans vit à sa manière sans éprouver le besoin d’étaler ses convictions, pas plus que ceux qui inclinent pour la purée de potiron au cumin (comme moi) ne le crient sur les toits.

Il est difficile de contrarier les croyances et les convictions philosophiques des végans, bases de pratiques individuelles qui engagent chacun d’entre eux en propre — d’ailleurs, ces pratiques sont multiples, et parfois, opposées, s’agissant notamment des animaux de compagnie ou du militantisme. Cependant, lorsque des croyances ne supportent pas la critique ou la contradiction, et cherchent à s’imposer par l’émotion, la falsification des données scientifiques et la culpabilisation, on entre dans un processus sectaire de type scientologie, anti-vaccins, climatosceptique, etc. C’est d’autant plus dommage que la lutte contre les zoos, cirques, corridas, delphinariums, etc. est sans aucun doute justifiée.

Je n’en dirais pas de même de la chasse, notamment aux sangliers dont le nombre et les dégâts deviennent critiques dans nombre de zones de campagne et de moyenne montagne, détruisant des cultures vivrières traditionnelles que l’on n’avait pas besoin de protéger jusqu’alors, des prairies, des chemins façonnés par l’homme depuis des siècles, etc. Dans certains cas, la politique de préservation de la nature se fait au détriment d’espaces humains qui respectaient justement cette nature. Ceci dit, certains végans prônent la disparition de la race humaine…

Par ailleurs, on pourrait aussi évoquer le véganisme activiste que l’on retrouve au RU, lequel use de menaces, de violence et de chantage pour nuire aux petites exploitations. À l’extrême, c’est allé jusqu’à l’exhumation et au vol d’un cadavre humain (véridique). Ces actions ont déjà été exportées en France, mais semblent ne pas augmenter en nombre. Elles nuisent cependant très fortement à un mouvement qui se voudrait pacifique et tolérant.

Aspect intéressant : il y a une question à laquelle ne répondent jamais les végans : si l’on cessait demain l’exploitation animale, où les animaux iraient-ils ? Certains disent que le stock (sic) d’animaux de viande, de laine et de lait s’épuiserait — faire reposer ainsi la résolution du problème dans les assiettes des carnistes est plaisant. D’autres parlent de grandes étendues de pacage, de réserves où les animaux mourraient de leur belle mort après avoir été stérilisés. D’autres affirment qu’il faut les laisser se reproduire et introduire dans les réserves des prédateurs, reconstituant ainsi un biotope artificiel. Les derniers sont favorables à une libération de la totalité des animaux dans la nature, laissant à celle-ci le soin de gérer la situation (nature will find a way).

Enfin, si j’étais producteur de pétrole, j’encouragerais le véganisme, ne serait-ce que par l’augmentation du transport de denrées depuis l’Inde, l’Amérique latine ou les USA grâce à la consommation végétale de masse, et par la mode végane de la laine polaire, des chaussures en plastique et des autres fibres synthétiques. Et si j’étais fabricant d’intrants chimiques, de graines OGM, de plats préparés végans et de produits végans sous blister, je m’empresserais de mettre les végans au pouvoir. L’industrie agroalimentaire végane aux USA est florissante et les sites Internet pour acheter des produits conditionnés se multiplient.

La consommation de légumes de maraîchers (ma pratique) pèse peanuts dans la consommation alimentaire végétale majoritaire ou exclusive des végés et végans. Or, à mon sens, c’est la meilleure qui soit. Manger des bananes, des kiwis en été, des ananas, des pousses de soja des USA ou du riz basmati comme on en trouve dans toutes les épiceries bio et véganes, génère plus de GES que coiffer un béret basque en laine. Mais rares sont les végans à l’entendre, malheureusement, parce que cela ne respecte pas le dogme ou la doctrine.

Merci encore pour votre article dont la lecture du contenu et des références pourraient dans l’idéal alimenter des échanges constructifs avec les végans. Mais lorsque certains annoncent ci-dessus qu’ils n’ont même pas pris la peine de les lire pour les condamner, on peut en douter.

Bien sincèrement,
Marie-Thérèse

38.Posté par Tournichette le 18/01/2017 16:25
Merci pour cet article détaillé qui remplit parfaitement son objectif premier (ou tout du moins affiché) : démonter les arguments écologiques du véganisme (et non du végétarisme). Vous spécifiez bien d'ailleurs que cette critique du véganisme ne concerne pas ses autres arguments (philosophiques, spirituels, politiques...) qui mériteraient au moins autant de littérature. Peut-être le "éthique" du titre est-il donc un peu exagéré, même si vous précisez ensuite dans l'intro "éthique de la terre". Je pense qu'il y a en effet des végans pour qui l'écologie est secondaire (c'est un autre débat).

Tous ceux qui vous répondent en vous dénigrant d'un trait de plume culpabilisateur font donc preuve de la plus grande malhonnêteté intellectuelle et d'un refus du débat qui est loin de servir leur cause. Soit dit en passant. Et ce sont d'ailleurs ces végans là qui donnent envie de les prendre de haut purement et simplement (ce que je critique par la suite dans votre article).

Je trouve par contre dommage qu'il caricature les végans en montrant une méconnaissance de leur réalité : je sais, je réagis spontanément et épidermiquement comme vous lorsque je lis ou regarde les vidéos sur les sites de propagande végane et que j'essaye de discuter avec des fanatiques sur les réseaux : la discussion est impossible et il est tentant de jeter le bébé (le veau ? :-)) avec l'eau (bleue ou verte) du bain.
Je pense sincèrement que le véganisme généralisé est une utopie fumeuse et non souhaitable, ce qui ne m'empêche pas paradoxalement de reconnaître la valeur du choix de certains végans, qui se situe bien au-delà des aspects de sensibilisme et de superficialité (société des ersatz) que vous dénoncez.
Comme le dit une de vos lectrices dans un commentaire plus haut, il est des personnes, en milieu urbain notamment, qui ne trouvent pas d'autres façons d'agir contre l'élevage productiviste que celui de changer leur régime alimentaire. Parce que les alternatives ne sont pas forcément accessibles et qu'à un moment, il est plus facile de trancher la question en arrêtant complètement les produits animaux plutôt que se poser 12000 questions à chaque achat. En fonction de leurs autres pratiques (c'est-à-dire si à côté de ça ils ne vont pas consommer des produits végétaux importés issus de l'agriculture industrielle), ce combat peut malgré tout se situer dans la ligne de la défense de l'écosystème. Pour être juste, il faut le leur reconnaître : au moins ils ne consomment pas de la viande en barquette ou des produits laitiers des 1000 ou 10000 vaches, c'est important. En tant qu'initiative individuelle (ou même pourquoi pas collective, au niveau d'une ville), je trouve cela tout à fait valable. Généralisé à l'ensemble des populations, ça ne fonctionne plus, mais en tant que premier pas d'un refus d'une situation agricole quasi généralisée, ça me va, je dis même bravo. Je comprends cela comme un combat contextualisé à notre époque, pas forcément comme une idéologie : il est très éclairant que le pays d'Europe qui comporte le plus de végans soit d'une part l'un des plus urbanisés et surtout celui où l'élevage intensif et les fermes usines y sont les plus développées. Vous aurez reconnu l'Allemagne.

Que des végans nient complètement la réalité et l'utilité des élevages non industriels, je leur sortirai votre article, car c'est là que le bât blesse. Mais on ne peut leur retirer que la priorité du combat est quand même la fin de cet élevage industriel indigne de l'humanité.

Je pense qu'il serait intéressant d'avoir une étude sur les végans, au-delà des associations militantes : qui sont-ils vraiment, d'où viennent-ils, où vivent-ils, quelles sont leurs raisons, quelles sont leurs autres pratiques engagées, etc. ? On serait sans doute surpris : j'avais moi aussi le même a priori que vous sur le végans, mais si je réfléchis et confronte cela à ceux que je connais en réalité (hors discussion de réseaux sociaux), ils ne correspondent pas du tout à ces idées préconçues ! Et je suis sûre qu'ils font partie de ceux qui œuvrent à créer un monde meilleur.

Voilà donc, un point de vigilance qui pourrait vous permettre d'être plus pertinent encore et ne pas tomber dans le même travers que ceux qui assimilent toutes les formes d'élevage : ne mettez pas tous les végans dans le même champ, comme disait un commentaire plus haut ! ;-)
Cela ne peut que donner plus de pertinence à votre travail.

A votre place (quelle prétention ! :-)), j'aurais corrigé ainsi votre introduction : "Le véganisme est considéré par ses théoriciens et ses propagandistes comme le summum de la civilisation. Les adeptes du mode de vie végan seraient des personnes ayant atteint la perfection morale suprême alors que les végétaliens s’en rapprocheraient et que les végétariens seraient sur la bonne voie. Aux yeux de ces idéologues végans, les gens ordinaires, les omnivores, qualifiés de carnéistes seraient des personnes moralement médiocres qui se considéreraient suffisamment bonnes pour ne pas avoir à faire d’efforts supplémentaires pour devenir végétariens. Le véganisme serait une condition sine qua non de l’écologisme, l’élevage étant une des causes de la perte de la biodiversité, du réchauffement climatique, de la pollution et des pénuries en eau. Il serait le seul mode de vie qui permettrait de résoudre le problème de la faim dans le monde face à la croissance démographique. "
Et je mettrais de l'eau dans mon vin pour la conclusion (qui est intéressante mais très réductrice) : après toute cette lecture enrichissante, elle a fait sur moi un petit effet flop. Critiquez le véganisme et sa rhétorique propagandiste douteuse, mais ne tirez pas à boulets rouges sur les végans, beaucoup sont nos alliés dans la cause écologique ! :-)

39.Posté par Fizette le 18/01/2017 16:33
@Tournichette en effet, j'essaye d'éviter un maximum le lait végétal (sauf quelques fois dans mes pâtisseries mais c'est rare), car je sais que ça implique une énorme utilisation de l'eau + importation, pour les légumes je mange au maximum de saison et local (jardin des beaux parents / fermes...), j'évite tout ce qui est issu de l'importation, tout ce qui est industriel... Merci pour ce commentaire que je trouve très construit et pertinent !

40.Posté par Jean-François Dumas le 18/01/2017 17:26
@ Pascale

Vous écrivez " J'ai déjà lu effectivement chez des végans cette rhétorique sur les vaches et leurs « bébés », mais c'est en lisant votre article que je suis frappée par une évidence : c'est exactement le même langage que celui des militants anti-avortement."
Je ne l'avais pas remarqué mais c'est évident, surtout la fin du texte du tract. Ce tract est la traduction d'un texte paru sur un site végan US. J'avoue ne pas assez bien connaître l'histoire du mouvement végan US pour savoir s'il s'agit d'une convergence avec les mouvements anti-avortements. En France, il ne me semble pas que le véganisme est partie liée avec les mouvements anti-avortement.

@ Barnish Thomas

Vous écrivez " L''argument écologique est un ajout récent et fallacieux de l''argumentaire végane. L''abolition de l''exploitation animale reste le cœur du sujet et vous ne parlez pas une seule seconde de sentience ni même de spécisme ; vous ne parlez pas du véganisme. "
Je suis d'accord avec votre deux premières propositions. mais pas de la troisième.
En avançant des arguments écologiques, ceux que je réfute, les végans ont donné des bâtons pour se faire battre en attirant l'attention sur les conséquences écologiques de leur mode de vie. En examinant ces conséquences, c'est bien du véganisme que je parle et je l'aborde en conclusion du point de vue d'une éthique écocentrée.

@ Fizette

Merci pour votre commentaire. Votre témoignage est intéressant. De plus, je dois reconnaître que mon introduction est un peu trop polémique et généralise trop vite puisque vous êtes un contre-exemple vivant à cette généralisation. Je vous en donne acte et je plaide coupable.

J'ai tout de même à ma décharge le fait que comme vous le dites, on entend guère des véganes comme vous et que ce sont les militant-e-s prosélytes qui tiennent le haut du pavé.

Sur le devenir des rapports hommes/animaux et la question de savoir si le véganisme a de l'avenir, je vous signale un exercice de prospective du Ministère de l'agriculture qui déroule 5 scénarios possibles qui incitent à la réflexion. On peut charger le PDF à partir de ce lien : http://agriculture.gouv.fr/le-rapport-homme-animal-cinq-scenarios-lhorizon-2030-analyse-ndeg-95.

Ce sont les arguments de type écologique en faveur du véganisme que j'ai critiqué et comme le fait remarquer un autre lecteur, je n'ai pas abordé la question de la santé. Votre façon d'être végane, tolérante et ouverte n'est pas touchée. Si j'ai estimé nécessaire de l'écrire, c'est parce que l'on assiste aujourd'hui à une offensive sans précédent de la propagande végane avec des arguments tordus que même certains grands média reprennent. Désolé s'il risque de vous compliquer la vie. Mais je pense que ces mises au point sont nécessaires.


@ U. G.

1°) Je n’ai pas abordé le problème de la santé dans ce texte, ce sera pour une autre fois et si je le fais je n'oublierai pas le témoignage de Fizette. J’avance des arguments détaillés et sourcés pour montrer les conséquences écologiques néfastes de la disparition de l’élevage non-industriel en France et en Europe. Vous n’avez pour toute objection que des affirmations gratuites ou des attaques sans fondement, ni preuve. Trouvez donc dans ce texte un cas où je torture des chiffres !

2°) Vous mélangez tout et ne semblez pas concevoir que l’on puisse ne pas être végan, que l’on puisse critiquer le véganisme et en même temps être contre la corrida, les combats de coq, l’expérimentation animale en général et encore plus lorsqu’il s’agit d’expériences stupides. La protection animale est une chose, la libération animale, une autre ! Manger de la viande, boire du lait, etc. ce n’est pas faire disparaître des espèces ! La chasse par contre… Mais on peut être critique envers le véganisme et opposé à la chasse loisir, ce que je suis d’ailleurs.

3°) Je prétends en effet que du point de vue écocentriste, d’une éthique de la Terre, le véganisme n’est pas éthique. Je le prétends et je l’ai démontré dans cet article.

4°) « Je ne vais pas reprendre point par point votre argumentaire » dites-vous. Sans le reprendre, il faudrait d’abord essayer de le comprendre : d’où donc tirez-vous que je mets « dans la même balance » la production de masse et la production locale ? D’ailleurs, vous me reprochez quasiment l’inverse dans le premier § de votre commentaire. Sans reprendre mes arguments point par point, il faudrait au moins prendre un exemple précis pour justifier que mon analyse est « biaisée » ! Avez-vous seulement noté que je prends au contraire bien soin de distinguer entre élevage industriel hors sol et élevage paysan herbager qui est encore majoritaire en France mais pour combien de temps ?

5°) Dans quel passage de ce texte je compare les animaux avec les végétaux ?

6°) Vos arguments sont pour l’essentiel ad hominem. Vous reprenez la sempiternelle ritournelle, présente dans d’autres post également : ceux qui critiquent le véganisme sont des espèces de lâches qui n’ont ni le courage d’affronter leurs contradictions, ni de regarder la réalité en face concernant la viande ou le lait… Ces contradictions étaient peut-être les vôtres et celles d’autres comme vous. Vous les avez résolues en devenant végan. Ok ! Mais de grâce ne projetez pas sur les autres et cessez de croire qu’ils éprouvent de telles contradictions. C’est faux en général et c’est trop commode : cela évite d’argumenter comme tous les autres arguments ad hominem donc votre post est rempli.

7°) Si je comprends bien, le « pranisme » serait le stade supérieur du véganisme. C’est certain si la carotte souffre et crie quand on la croque même si cela ne se voit pas et même si on ne l’entend pas.

8°) C’est curieux, les biais pullulent dans le discours de propagande des végans (militants) et en bons rhétoriciens, ils en accusent les autres. C’est patent dans votre post.

Je trouve si extraordinaire que l’on puisse écrire à propos de votre post ce qu’écrit Lecter (« Je disais donc que U.G. avait fait un très beau résumé de la situation. Très juste et précis. ») que je suis revenu sur ma décision de ne pas vous répondre.

41.Posté par Lecter le 18/01/2017 18:53
Vu que j'ai la flemme personnellement de décrypter du début à la fin cet article... jJ'ai lu les deux ou trois premiers points et c'était tellement à côté de la plaque que... bref... je me suis permis de copier-coller les réactions de certaines personnes:

"""Que Jean-François Dumas me pardonne de ne pas reprendre chaque incohérence et inexactitude dans son long article à charge contre le véganisme. Rappelons seulement que son parti pris généralise sans discernement au sujet « des véganes », ignorant pourtant jusqu'à ce que signifie le terme « végane ». Sa conclusion le démontre :

« La viande synthétique fabriquée par de la culture cellulaire in vitro paraîtrait aux végans comme un substitut tout à fait acceptable si ce n’était son prix actuellement rédhibitoire ! » (JFD « Conclusion »)

Faux : les chairs synthétiques ne sont pas véganes, parce qu'il y a utilisation animale (prélèvements de cellules souches sur des lignées dédiées).

« Le véganisme, c’est l’univers des ersatz. Ersatz du cuir, de la laine, de la viande, du lait… » (JFD « Conclusion »)

Faux : bien des véganes vivent sans avoir recours aux similis, faute de les aimer, ou parce qu'ils ne souhaitent pas consommer des produits transformés, ainsi qu'afin de rejeter l'usage du concept de « chair animale », de « laine », etc. Ce n'est pas mon cas personnel, mais les réactions de ce type sont très fréquentes sur les réseaux, lorsqu'un nouveau simili devient disponible sur le marché.

« Le végan est l’homme (au sens générique) moderne typique « séparé de la terre » décrit par Aldo Leopold dans L’almanach d’un comté de sable : « Si l’on pouvait remplacer les fermes par de la culture hydroponique, il trouverait cela très bien. » (JFD « Conclusion »)

Faux : je ne connais pas un seul végane qui propose de remplacer les cultures de plein champ par des cultures hydroponiques.

« Les substituts du bois, du cuir, de la laine et autres produits naturels de la terre lui conviennent mieux que la chose même. » Il n’est pas douteux que Leopold mettrait les « steak de soja » au goût de beefsteak dans le lot des substituts de l’homme « moderne typique » qui n’a plus de « relations vitales » à la terre qui n’est pour lui qu’un « espace entre les villes ou poussent les récoltes » : « Lâchez le une journée dans la nature ; si l’endroit n’est pas un terrain de golf ou un «site pittoresque», il s’ennuiera mortellement » (p. 282). La nature comme terrain de jeu si possible sécurisé et aménagée, voici un autre substitut qui convient bien aux citadins parmi lesquels se recrutent principalement les végans. » (JFD « Conclusion »)

Faux : des agriculteurs, des éleveurs et des personnels d'abattoirs deviennent véganes, tandis que d'autres vivent dans des coins reculés en pleine nature. Historiquement, les racines hygiénistes des mouvements rattachés aux alimentations végétales se traduisaient systématiquement par des communautés campagnardes capables de produire leurs propres ressources végétales. Il est vain de faire porter le chapeau aux véganes pour les mutations de société qui déplaisent aux naturalistes. Quant à la relation vitale à la Terre, disons seulement que l'espèce humaine ne peut y échapper, faute d'être capable d'autotrophie, qu'on soit végane ou pas.

« Rappelons la maxime de l’éthique de la terre formulée dans la conclusion de l’Almanach d’un comté de sable : « Examinez chaque question en termes de ce qui est éthiquement et esthétiquement juste autant qu’en terme de ce qui est économiquement avantageux. Une chose est juste lorsqu’elle tend à préserver l’intégrité, la stabilité, la beauté de la communauté biotique. Elle est injuste lorsqu’elle tend à l’inverse. » (JFD « Conclusion »)

Tout angélisme est douteux vis à vis de la nature (qui est curieusement dotée d'un « N » majuscule dans cet article), car la première loi naturelle, c'est marche ou crève. Les maladies font partie de cette nature, et le meurtre, le vol ou le viol font certainement partie de la nature humaine. Faut-il vivre naturellement en tout, se laisser mourir plutôt que de se battre contre un cancer grâce à des opérations chirurgicales et des médicaments, ou permettre à la loi du plus fort de s'exprimer librement, alors que parmi l'ensemble des pratiques humaines considérées comme contre nature, beaucoup nous permettent de vivre ensemble en paix ?

« De l’examen du mode de vie végan effectué dans cet article et notamment des conséquences de son refus d’utiliser tout produit d’origine animale, il ressort qu’il ne saurait satisfaire aux critères de la chose juste tels qu’énoncés dans ce texte d’Aldo Leopold qui est au fondement de l’éthique écocentrée, la seule congruente avec un écologisme qui refuse d’être anthropocentré. » (JFD « Conclusion »)

Léopold serait peut-être en mesure de comprendre et d'approuver nos arguments, s'il les connaissait. En attendant, Jean-François Dumas est bienvenu sur le fil des débats scientifiques, s'il souhaite apprendre ce qu'est le véganisme et à quoi ressemblent quelques arguments véganes solides dont il n'a manifestement pas la moindre idée. Écrire sur un thème qu'on connait mal est toujours risqué. Nous ne lui en tiendrons pas rigueur, malgré ses généralisations ignorantes. """

Autre commentaire qui m'a semblé pertinent:

"""Selon moi, cet article met en lumière une problématique de l'argumentation pro-végane: on peut souvent lire un slogan du genre je suis végane pour la santé, pour la planète et pour les animaux. Mais à mon avis, seule une véritable compassion pour les animaux peut amener à un véganisme strict et à l'abolition de la viande, l'argument santé et environnemental peuvent induire une diminution drastique de sa consommation mais pas forcément son abolition totale. Par exemple, pour la question de la santé, je ne trouve pas qu'il soit juste de dire que le régime végétalien soit le meilleur de tous! Cela amène des personnes à dire qu'il s'agit du régime "originel" de l homme et donc à ne pas se complémenter en b12 ;-) ! Si le régime végétalien peut avoir des bénéfices sur la santé, il peut aussi avoir des effets négatifs, et un régime non végétalien pourrait aussi s'avérer présenter certains avantages en matière de santé. Je trouve plus juste de dire que l'on peut être en parfaite santé avec un régime végétalien (à condition de respecter certaines recommandations). Pour l'argument écologique, c'est un peu la même chose. Le régime végétalien, et le mouvement végane en général, peut avoir des effets très positifs sur l'environnement, mais il peut aussi engendrer des impacts négatifs, et comme avec la complémentation en B12, mieux vaudrait pour la communauté végane de ne pas faire l'autruche sur ces arguments, en les balayant du revers de la main d'un simple "c'est de la merde cet article" pour tout argument ou explication! J'aime me balader dans la nature pour herboriser, voire cueillir des plantes sauvages! Et bien, mes lieux de prédilection pour le faire sont les prairies de paturages extensifs tels ceux décrits dans cet article! J'évite les abords de champs souvent pollués par les pesticides. De toute facon, ces étendues de monoculture qui s'étalent jusqu'à l'horizon et sa biodiversité nulle me donne envie de pleurer! Les forets, c'est pas toujours mieux! La encore, je ressens un malaise dans ces forets péri-urbaines surfréquentées et jonchées de déchets dont la biodiversité n'est là encore pas folichonne! Ou alors ces champs d'arbres qu'on ose appeler forêt! Les pires, ce sont celles de résineux, rien ne survit sous les aiguilles de pins chargées en huiles essentielles (vous savez, celles aux vertus anti-bactériennes, anti-virales, anti-fongicides, parce que l'arbre ne les produit pas pour que l'homme puisse se soigner de ses maux hivernaux à la base...), ou si peu! En fait, ca fait surement chier à entendre, mais les lieux les mieux préservés en terme de biodiversité sont surement les zones de paturages! Tout d'abord, parce qu'il n' y a pas du pulvérisation de pesticides ou d'engrais sur ces parcelles! Ensuite parce les espaces ouverts sont des lieux très particuliers pour les écosystèmes (le climax en France est la fôret, un lieu ouvert telle une prairie est donc forcément un lieu perturbé par rapport à ce climax, mais donc le lieu d'une flore spécifique, ou la compétition entre espèces contribue à une diversité, les espèces faisant preuve d'une incroyable ingéniosité pour conquérir cette opportunité!) Si le lieu est victime de surpaturage, on le voit tout de suite, le terrain sera recouvert de rumex par exemple! Par contre, bien gérés, ces espaces sont des vraies merveilles pour les botanistes! Certaines plantes sont d'ailleurs caractéristiques et héritées de la tradition pastorale! Car oui, ce type d'agriculture et d'élevage existent depuis suffisamment longtemps pour qu'une flore spécifique s'adapte à ces conditions spécifiques! Oui, des plantes sont apparues sur Terre du fait de l'activité humaine et de l'élevage. Remettre en cause ces méthodes d'élevages aura forcément des conséquences sur l'environnement et la biodiversité. Et ces conséquences pourraient s'avéraient négatives comme positives, nul ne sait vraiment le prévoir, tout d'abord parce que la vie, prodigieuse de créativité, est imprévisible, et puis surtout, tout dépend de quel point de vue on se place (de l'homme? de l'espèce qui va s'éteindre? de l'espèce à qui cela va profiter?) Bref, vous aurez bien du mal à convaincre qui que ce soit de devenir végane avec le seul argument écologique, comme avec le seul argument de la santé! Ces arguments peuvent aider, mais s'il n'y a pas la moindre once de compassion pour les animaux chez votre interlocuteur, à mon avis vous perdez votre temps. Malgré toute votre bonne volonté, vous ne pouvez pas forcer qqn à éprouver de la compassion, comme vous ne pouvez obliger une personne à éprouver de l'amour pour une autre! Par contre, vous pouvez écouter les arguments de votre interlocuteur et l'inviter à être en adéquation avec SES PROPRES VALEURS! Ainsi, si son niveau de conscience est celui d'un écologiste adhérant au point de vue de l'auteur de cet article, mettez le au challenge de ne consommer que des produits animaux issus de ces fameux élevages extensifs français et d'éviter tous ceux issus d'élevages industriels pour lesquels tout le monde est unanime pour dire qu'ils sont néfastes pour l'environnement. Donc il devrait en toute logique se mettre en quête de ces fameux producteurs et prendre connaissance des prix d'une viande en accord avec ses principes, tandis qu'il évitera désormais plats cuisinés, restaurants traditionnelles qui n'ont pas au moins 3 étoiles, et sera vigilant chez les amis de la qualité qui est proposée à table, etc. Bref, il devrait végétaliser son alimentation à 95%! Et laisser le temps pour les 5% restant que son niveau de compassion s'éveille. Vous n'avez rien à dire, rien à faire pour cela, si ce n'est incarner vous-même cette compassion pour tous les êtres!"""

Un autre:

""""Les végans ont une haute considération pour eux-mêmes. Ils pratiquent la culpabilisation et la stigmatisation de ceux qui n’adoptent pas leur mode de vie ou osent le critiquer." (Jean-François Dumas)

La seule existence d'une personne végane peut paraître culpabilisante lorsqu'une conscience n'est pas tranquille avec le massacre des animaux, ce qui complique l'interprétation de cette introduction. Si le simple fait d'être végane stigmatise les personnes qui ne le sont pas, il devient difficile d'exister... Il aurait donc fallu que l'auteur définisse exactement ce qu'il entend par "stigmatisation", et par "culpabilisation". À l'inverse, il existe effectivement des personnes véganes qui, par désespoir, n'hésitent pas à brutaliser verbalement, ce qui est effectivement maladroit, bien que bien intentionné.

Cette généralisation est donc réductrice, car toutes les personnes véganes ne s'intéressent pas forcément aux personnes qui ne sont pas véganes. D'autre part, celles qui informent les publics de l'inutile massacre sont très diverses, et utilisent des méthodes allant de la pédagogie au prosélytisme aveugle. Cette introduction est donc très imprécise, et fait exactement ce qu'elle reproche : stigmatiser."""

Encore un:

"""Effectivement les arguments sont très bancales voire inexistants, cad un gros paragraphe pour ne rien dire, ou répéter la même chose. J'ai lu le début, je me suis arrêtée quand il dit que un certain rapport était long et indigeste, et le sien ? Voici mes contre-arguments :

"0.0 Nous sommes naturellement omnivores"
Oui c'est vrai nous sommes des être omnivores. Et de ce fait nous avons le choix de manger ce que l'on veut. A notre époque, nous avons atteint un certain stade d'avancée technologique qui nous permet de choisir de nous passer de viande, grâce à la supplémentation par la vitamine B12. Et ce choix est un acte éthique, choisir de ne pas cautionner le mode de production de la viande.

"0.1 Les végans n’aiment ni la vie, ni la Nature en dépit de leurs déclarations. (...) Pour aimer et défendre la vie, il faut accepter la mort, la sienne comme celle des autres qu’ils soient humains ou d’une autre espèce."
Nous pouvons accepter la mort, mais participer à donner sciemment la mort n'est-ce pas un meurtre/massacre ?

« La Nature en sait plus »
La mort en masse orchestrée par l'industrie de la viande n'a plus rien de naturel (utilisation d'hormones de croissance, d'antibiotiques, de pesticides, d'OGM...).

"0.2 L’empathie (...) Les végans usent et abusent dans leur propagande de ces déclencheurs avec des photographies ou des photomontages de porcelets, petits veaux, poussins, etc... L’empathie des végans est sûrement moindre à l’égard d’une fourmi"
Là c'est carrément ne pas connaître les gens qui sont veganes pour dire ça car personnellement je suis un contre-exemple de cet argument. Mon développement personnel m'a conduite à considérer que tout être vivant est important sur cette planète, nous avons tous un rôle à jouer. C'est d'ailleurs suite à la lecture du livre Les fourmis de B Werber que j'ai pris conscience de ça, que justement même la vie d'une fourmi est importante et n'est pas inférieure à sa propre vie. Et la plupart des veganes sont anti-specistes d'ailleurs.

"1.1 Le véganisme, c’est la disparition des prairies permanentes et de leur cortège d’espèces associées en plaine et moyenne montagne de l’Europe tempérée."
Et si tout bêtement on choisissait de les conserver même s'il n'y a plus d'animaux d'élevage dessus ?

"1.2 L’agriculture et notamment l’élevage est en crise."
Lorsqu'il y a un grand changement dans un secteur d'activité, au lieu de pleurer les pertes d'emploi de ce secteur et blâmer l'évolution/les avancées, il faudrait se concentrer sur la reconversion, miser sur la nouveauté. (Il en est de même par exemple concernant les ressources énergétiques, abandonner les ressources fossiles et se reconvertir sur des énergies renouvelables.)

"1.4 En Europe une centaine d’espèces de papillons de jour sur les 380 recensées est menacée et de nombreuses espèces ont déjà disparu."
Il pleure la disparition d'espèces, ben nous aussi. Et les causes de la disparition de ces espèces on en parle ? Non il n'en parle pas puisque c'est sous-entendu que c'est la faute des veganes sans argument valable.

"1.5 Paradoxalement la disparition de races domestiques d’animaux ne les gêne pas non plus."
Parce qu'on a reproduit en masse et sélectionné des races qui ne sont plus adaptés à la vie sauvage ça justifie qu'on continue ce cruel massacre ?

"Et pourtant pour ne pas dépendre de l’import, il faudrait bien augmenter les surfaces labourées pour produire les graines et autres plantes du régime végan."
Ce que pourrait consommer la population humaine n'est certainement pas supérieure à ce que l'on consomme déjà additionné à la consommation en céréales des animaux...

"Ne plus boire de lait et ne plus manger de fromage, c’est condamner les vaches laitières à une mort prématurée."
Oui les vaches laitières deviendraient de la viande, sauf si on arrête aussi la viande. Il n'a pas compris la définition de végane...

"le rapport de la FAO de 2006 Livestock's long shadow, du moins sur les résumés et présentations de ce pavé relativement indigeste de 390 pages sans compter les préfaces, remerciements, les tables des matières, des tableaux, des figures, etc."
Là j'ai l'impression que c'est ironique car son truc est absolument long et indigeste également, avec des figures... et pourquoi parler des remerciements, tables des matières, tableaux et figure wtf ??? C'est un argument ça de dire que c'est nul parce qu'il y a une table des matières ? XD"""

Un autre (on est plus à ça près):

Typiquement une idée fallacieuse (et bien connue malheureusement) : le véganisme voue à la mort de facto tous les animaux d'élevage. On veut arrêter la consommation de tous les produits carnés donc ça veut dire que ces cochons qui étaient élevés pour être tués, comme on ne veut plus qu'ils existent, on voudrait qu'ils meurent. C'est tellement debile comme raisonnement que j'ai même du mal à l'expliquer de façon claire 😂
La vraie réponse est : souhaiter que l'élevage cesse n'induit pas la mort des animaux, elle induit simplement l'arrêt de la reproduction de ces races (bien souvent modifiées par de nombreux croisements). Ne pas faire naitre des animaux pour les manger au final ça n'est pas égal à les tuer."""

Bon allez un dernier:

""" "Même en admettant que la surface agricole nécessaire pour produire de la viande ou des produits laitiers soit plus grande que celle qui est nécessaire pour une production de céréales et légumineuses,"

Ahah, mais quel... bref restons polis mais quel crédibilité peut avoir un mec qui a du mal à admettre que produire de la viande et des produits laitiers consomme plus de surface que produire des légumineuse. Ne parlons même pas des céréales, je doute qu'on puisse avaler tout ce que les exploitations animales consomment en céréales par an.

Merci à lui d'avoir mis en orange ses conneries, histoire de vite se faire une idée sur le contenu et l'intérêt de son gros pavé.
Hop, poubelle."

J'aurais bien pris le temps pour dire ce que j'avais à dire de l'article mais... je n'ai pas trop de temps à perdre à décrypter un texte qui abuse des généralités et des sophismes...

42.Posté par Jean-François Dumas le 18/01/2017 23:54
@ Lecter

Je trouve que vous ne manquez pas d'air, ni de mesure. Vous voici en train de transformer ces commentaires en un forum végan.

1°) « La viande synthétique fabriquée par de la culture cellulaire in vitro paraîtrait aux végans comme un substitut tout à fait acceptable si ce n’était son prix actuellement rédhibitoire ! » (JFD « Conclusion ») Faux : les chairs synthétiques ne sont pas véganes, parce qu'il y a utilisation animale (prélèvements de cellules souches sur des lignées dédiées).
Vrai : c'est le refus de la souffrance animale et la libération animale qui compte pour les théoriciens végans abolitionnistes, pas le rejet des protéines carnées comme telles. L'utilisation des cellules souches ne sont pas proscrite chez lez abolitionnistes orthodoxes et les néo-welfaristes.

2°) Vous rapportez : « Le véganisme, c’est l’univers des ersatz. Ersatz du cuir, de la laine, de la viande, du lait… » (JFD « Conclusion »)
Faux : bien des véganes vivent sans avoir recours aux similis, faute de les aimer, ou parce qu'ils ne souhaitent pas consommer des produits transformés, ainsi qu'afin de rejeter l'usage du concept de « chair animale », de « laine », etc. Ce n'est pas mon cas personnel, mais les réactions de ce type sont très fréquentes sur les réseaux, lorsqu'un nouveau simili devient disponible sur le marché.

Vrai : voir d'ailleurs à ce sujet le post de Marie-Thérèse. Ou vous refusez la laine et le cuir et vous êtes végan ou vous ne le refusez pas et vous êtes végétalien. C'est "moins pire"!

3°) Vous rapportez : « Le végan est l’homme (au sens générique) moderne typique « séparé de la terre » décrit par Aldo Leopold dans L’almanach d’un comté de sable : « Si l’on pouvait remplacer les fermes par de la culture hydroponique, il trouverait cela très bien. » (JFD « Conclusion »)
Faux : je ne connais pas un seul végane qui propose de remplacer les cultures de plein champ par des cultures hydroponiques.

Contre sens : il s'agit d'une forme de raisonnement que l'on appelle "réduction à l'absurde". La prémisse est un irréel.

4°) Vous rapportez : " « Les substituts du bois, du cuir, de la laine et autres produits naturels de la terre lui conviennent mieux que la chose même. » Il n’est pas douteux que Leopold mettrait les « steak de soja » au goût de beefsteak dans le lot des substituts de l’homme « moderne typique » qui n’a plus de « relations vitales » à la terre qui n’est pour lui qu’un « espace entre les villes ou poussent les récoltes » : « Lâchez le une journée dans la nature ; si l’endroit n’est pas un terrain de golf ou un «site pittoresque», il s’ennuiera mortellement » (p. 282). La nature comme terrain de jeu si possible sécurisé et aménagée, voici un autre substitut qui convient bien aux citadins parmi lesquels se recrutent principalement les végans. » (JFD « Conclusion »)
Faux : des agriculteurs, des éleveurs et des personnels d'abattoirs deviennent véganes, tandis que d'autres vivent dans des coins reculés en pleine nature."

Vrai : Les végans se recrutent principalement parmi les citadins (ou les rurbains). Je persiste. Les agriculteurs végans doivent se compter sur le doigt d'une main lorsque l'on connait un peu la profession. Les éleveurs qui deviennent végans ne sont plus des éleveurs stricto sensu et si un salarié d'abattoir devient végan, il cherche un autre boulot. Je ne connais pas de cas de végan vivant dans des coin reculés de nature mais les récits de ceux qui ont fait l'expérience de vivre en quasi-autarcie montrent qu'ils ont dû composer avec leur idéal de départ.

Suite de votre texte "Historiquement, les racines hygiénistes des mouvements rattachés aux alimentations végétales se traduisaient systématiquement par des communautés campagnardes capables de produire leurs propres ressources végétales. Il est vain de faire porter le chapeau aux véganes pour les mutations de société qui déplaisent aux naturalistes. Quant à la relation vitale à la Terre, disons seulement que l'espèce humaine ne peut y échapper, faute d'être capable d'autotrophie, qu'on soit végane ou pas." Il s'agit de végétariens, non de végans et je suis bien d'accord avec la dernière phrase.

5°) Nous sommes naturellement omnivores"
Oui c'est vrai nous sommes des être omnivores. Et de ce fait nous avons le choix de manger ce que l'on veut. A notre époque, nous avons atteint un certain stade d'avancée technologique qui nous permet de choisir de nous passer de viande, grâce à la supplémentation par la vitamine B12. Et ce choix est un acte éthique, choisir de ne pas cautionner le mode de production de la viande.


u["un certain stade d'avancée technologique qui nous permet de choisir de nous passer de viande, grâce à la supplémentation par la vitamine B12
]u
C'est là le point. Le véganisme est donc bien un mode de vie non naturel. Il s'agit de s'affranchir de contraintes naturelles. C'est cela qu'un écologiste doit contester Pas parce que les contraintes naturelles sont sacrées mais parce que passer outre entraine des "contraintes de rétroaction" porteuses d'effet pervers : en l'occurence l'asservissement à l'industrie du médicament et à ce qu'Illich appelait "la némesis médicale" qui est un aspect de la némésis industrielle. Entre le véganisme et l'écologisme, il y a ici conflit.

Lorsque j'écris : "la Nature en sait plus", reprenant une affirmation d'un écologiste célèbre, c'est entre autre chose de cette question des contraintes naturelles qu'il s'agit. L'autre chose étant qu'il est dangereux de vouloir "améliorer les processus naturels".

Tant que l'on en est sur le sujet de la Nature. Vous rapportez :
Tout angélisme est douteux vis à vis de la nature (qui est curieusement dotée d'un « N » majuscule dans cet article), car la première loi naturelle, c'est marche ou crève. Les maladies font partie de cette nature, et le meurtre, le vol ou le viol font certainement partie de la nature humaine. Faut-il vivre naturellement en tout, se laisser mourir plutôt que de se battre contre un cancer grâce à des opérations chirurgicales et des médicaments, ou permettre à la loi du plus fort de s'exprimer librement, alors que parmi l'ensemble des pratiques humaines considérées comme contre nature, beaucoup nous permettent de vivre ensemble en paix ?


Il n'y a pas d'angélisme vis-à-vis de la Nature, je viens d'expliquer ce qu'il en était à propos des contraintes naturelles et de l'expression de Barry Commoner "La nature en sait plus".

Ni le meurtre, ni le vol ne font partie de la nature humaine : ce sont des notions qui relèvent du droit. En outre, il ne faudrait pas oublier que l'homo sapiens est dès l'origine un être social et donc qu'en un certain sens la nature ne s'oppose pas à la culture et que c'est une idée fausse de vouloir les séparer et comme l'a bien montré Ph. Descola, pour les peuples dit "premiers" notre nature, c'est leur culture. Sans la coopération et le partage équitable des proies, les chasseurs cueilleurs de notre paléo et préhistoire n'auraient pas survécu. La loi du plus fort n'est pas la seule régulation naturelle. Bien entendu dans notre civilisation, il faudrait être stupide pour ne pas recourir à la médecine et à la chirurgie pour se soigner d'un cancer mais là aussi, il y a peut-être des limites. Ce texte est un texte de quelqu'un qui est végan mais qui en aucun cas ne peut se dire écologiste.

De plus son auteur a-t-il songé à toutes les expérimentations animales qui ont été entreprises, à tort ou même à raison pour mettre au point les médicaments en question : jetez donc un œil sur ce qui se trafique au CEA, à l'INSERM, dans les facultés de médecine et dans les labos de recherche pharmaceutiques privés, ce sont des pléthores d'"études précliniques" doux euphémisme pour vivisection. Et pas d'AMM sans tests sur les animaux.

6°) Vous rapportez " Les végans n’aiment ni la vie, ni la Nature en dépit de leurs déclarations. (...) Pour aimer et défendre la vie, il faut accepter la mort, la sienne comme celle des autres qu’ils soient humains ou d’une autre espèce."
Nous pouvons accepter la mort, mais participer à donner sciemment la mort n'est-ce pas un meurtre/massacre ?

Non s'il s'agit de l'élevage qui n'est qu'une évolution par rapport à notre statut initial de chasseur-cueilleur. L'élevage remplaçant la chasse.

7°) Vous rapportez :« La Nature en sait plus »
La mort en masse orchestrée par l'industrie de la viande n'a plus rien de naturel (utilisation d'hormones de croissance, d'antibiotiques, de pesticides, d'OGM...).


Il n'y aucun rapport entre la citation et son commentaire. Je suis d'ailleurs en total accord avec ce commentaire. Je condamne l'élevage industriel mais pour le savoir, il ne faut s'en tenir à la lecture de l'introduction et de la conclusion de l'article.

8°) Vous rapportez L’empathie (...) Les végans usent et abusent dans leur propagande de ces déclencheurs avec des photographies ou des photomontages de porcelets, petits veaux, poussins, etc... L’empathie des végans est sûrement moindre à l’égard d’une fourmi"
Là c'est carrément ne pas connaître les gens qui sont veganes pour dire ça car personnellement je suis un contre-exemple de cet argument.

Là encore qu'une personne ne soit pas devenue végane à partir une des techniques mises en œuvre par la propagande végane mais par une autre démarche plus intellectuelle n'est pas un contre-exemple à l'argument qui expose cette technique. Il aurait fallu montrer que cette technique n'est pas utilisée.

9°) Vous rapportez " "Le véganisme, c’est la disparition des prairies permanentes et de leur cortège d’espèces associées en plaine et moyenne montagne de l’Europe tempérée."
Et si tout bêtement on choisissait de les conserver même s'il n'y a plus d'animaux d'élevage dessus ?
"

C'est économiquement totalement irréaliste et d'un point de vue écologique cela ne tient pas la route : une pairie non pâturée se transformera en friche, puis en boisement évoluant vers une forêt (hêtraie ou hêtraie sapinière en moyenne montagne) et c'est bien là qu'est le problème. Si vous ne l'avez pas compris, vous n'avez rien compris à l'article que vous critiquez !!!

10°) Vous rapportez : "" En Europe une centaine d’espèces de papillons de jour sur les 380 recensées est menacée et de nombreuses espèces ont déjà disparu."
Il pleure la disparition d'espèces, ben nous aussi. Et les causes de la disparition de ces espèces on en parle ? Non il n'en parle pas puisque c'est sous-entendu que c'est la faute des veganes sans argument valable.
"

La cause, je la donne : fermeture du milieu par disparition des prairies. Je ne sous-entends pas que c'est le véganisme qui est la cause des disparitions passées puisqu'il n'existait pas. Ce que je dis et qu'apparemment mon contradicteur ne veut pas entendre : c'est que la disparition de l'élevage herbager entraînera la disparition de nombreuses espèces parce que les prairies disparaitront. Si le mode de vie végan devenait majoritaire, ce serait le cas. Les attaques tout azimut contre la viande, y compris la viande produite dans des élevages herbager paysans traditionnels entraîne déjà l'abandon de pâtures et des prairies de fauche et constitue UN des facteurs de cet appauvrissement de la biodiversité.

11°) "Oui les vaches laitières deviendraient de la viande, sauf si on arrête aussi la viande. Il n'a pas compris la définition de végane..."

Lorsque l'on discute un texte, il faut appliquer ce que l'on appelle un principe de charité si l'on veut éviter de faire de gros contre-sens à son sujet. Voici un bel exemple de ce à quoi conduit la non application de ce principe. Dans le contexte actuel ou futur, que croyez vous que fera un éleveur laitier? Il vendra ses vaches et ce ne sont pas les végans qui vont les acheter.
Si on arrête de manger de la viande, du fromage, de boire du lait, que deviendront les vaches, là est la question? Voir la contribution de Thérèse dans un post ci-dessus.

12°) "Même en admettant que la surface agricole nécessaire pour produire de la viande ou des produits laitiers soit plus grande que celle qui est nécessaire pour une production de céréales et légumineuses,"

Ahah, mais quel... bref restons polis mais quel crédibilité peut avoir un mec qui a du mal à admettre que produire de la viande et des produits laitiers consomme plus de surface que produire des légumineuse. Ne parlons même pas des céréales, je doute qu'on puisse avaler tout ce que les exploitations animales consomment en céréales par an
."

Il va falloir que ce commentateur apprenne à lire un texte : Il ne s'agit pas de remettre en doute ce fait, il s'agit d'expliquer que malgré cela, le régime végan ne permettrait pas de nourrir plus de personnes qu'un régime omnivore comprenant un certain pourcentage de viande. Et là d'ailleurs je ne fais qu'exposer les résultats d'une étude parue très récement dans une revue scientifique à comité de lecture. Mon contradicteur jetterait aussi cet article à la poubelle !

J'arrête là, parce que ça devient lassant.

Il y a parmi tous ces commentaires que vous avez recopiés sur les forum végans, un qui tanche du lot : le long commentaire qui commence par "Selon moi, cet article met en lumière une problématique de l'argumentation pro-végane ... " Il est le seul de ceux que vous rapportez à avoir compris mon texte et qui plus est nous avons une passion commune la botanique. Et il me donne raison sur l'essentiel de mon argumentation écologique. Parce qu'il a fait la même expérience en herborisant. Et voyez-vous, je suis d'accord avec sa conclusion. Il n'y a qu'un point qui me chiffonne, c'est qu'il a l'air de croire que les non-végans n'ont pas de compassion pour les animaux. C'est faux.

Si on considère tous les autres commentaires de votre post, on remarque que c'est à la dimension éthique de mon texte qu'ils s'en prennent principalement (introduction et conclusion), plus qu'à la dimension écologique. C'est normal car l'éthique de la terre, l'écocentrisme bien qu'il ait en commun avec l'anti-spécisme et le biocentrisme de rejeter l’anthropocentrisme, n'est pas compatible avec l'éthique de la libération animale sous l'une quelconque de ses versions et ce sont celles-ci qui sont à la base de la morale végane. C'est normal aussi parce que les questions éthiques sont des questions par essence sujettes à controverse. Je regrette seulement que cette controverse dérape trop souvent chez les végans et se transforme en une litanie d'anathèmes.

43.Posté par Allium ursinum le 19/01/2017 01:16
@Lecter

Je reviens sur un point que vous avez reproché dans votre dernier commentaire et qui n'a pas été évoqué dans la réponse de Jean-François Dumas, à savoir:
"9°) Vous rapportez " "Le véganisme, c’est la disparition des prairies permanentes et de leur cortège d’espèces associées en plaine et moyenne montagne de l’Europe tempérée."
Et si tout bêtement on choisissait de les conserver même s'il n'y a plus d'animaux d'élevage dessus ?""

Sérieusement? T'as trouvé sa tout seul Einstein? (Désolé pour le chahutage facile, mais ça m'énerve vraiment ce genre d'arguments qui sort comme une évidence de la bouche de gens qui n'ont aucune connaissances sur la gestion écologique et agricole). Pour faire bref:

Les prairies (en grande majorité permanentes) représente par exemple 36% de la surface agricole utile de l'EU (à 27 pays), Soit un total de 61,8 millions d'hectares, soit grosso modo la superficie de la france!

Crois-tu vraiment que l'on peux sauvegarder les prairies sans l'élevage, par l'action de l'homme?.
Et même préserver qu'une fraction de ces prairies est mission impossible sans l'élevage...

Va demander aux gestionnaires de Parc ou de réserves naturelles en France, ces gens la travaillent au quotidien sur la problématique de la conservation des prairies et autres milieux ouverts. Il te dirons que l'entretient des prairies manuellement existe mais coute tellement cher, qu'ils ne l'utilisent quasi jamais sauf sur de très petites zones extrêmements sensibles et ce dans le but de préserver des espèces très rare qui ont une niche écologique très restreinte (Par exemple l'Azuré des mouillères). Mais sur des milieux moins sensibles, plus étendus et présentant des espèces moins rares ou ayant une répartition spatiale importante, la seule solutions est la pression sur le milieu par l'action du pâturage. Tiens tu peux contacter le Conservatoire d'Espace Naturel de l'Allier, je sais qu'en ce moment ils sont en plein dans la problématique. Sa te permettra de te faire un avis plus construit sur la question de la biodiversité et sa gestion.
Cordialement

44.Posté par Bruno le 19/01/2017 01:33 (depuis mobile)
Merci pour cet article documenté et intéressant j''aurais souhaité mettre un com plus long mais il semble qu''il n''y ait plus de place pour cela. Ps carnassier j''ai eu un coloc vegan et je retrouve les travers précité ds l''article et les commentaires.

45.Posté par Bruno le 19/01/2017 01:39 (depuis mobile)
Il semble que j''arrive à ajouter une suite... 😀 je suis adepte du shamanisme et de la vision de certains indiens et l''harmonie avec la nature es pour moi essentiel et je ne cautionne pas la souffrance inutile mais pourquoi vouloir imposer sa vision?

46.Posté par Bruno le 19/01/2017 01:44 (depuis mobile)
Je ne comprends pas non plus comment on peut encore remettre en question le fait que l'homme est omnivore au Xxi ème siècle à vouloir défendre à tout pris certains perdent de vue le but même de leur combat mieux vaut ce battre ensemble pour arriver

47.Posté par Bruno le 19/01/2017 01:51 (depuis mobile)
A un équilibre et à une conscience possible que si ceux pour qui la nature compte travail ensemble et non contre les autres. Bon chance et bon courage à tous pour le bien non des animaux ou des humains mais de l'équilibre de la vie dans son ensemble

48.Posté par Genfi le 19/01/2017 10:23
Faute de temps, je commence par un premier commentaire que je viendrai peut-être compléter plus tard par une analyse point par point de vos arguments.

Votre article commence par une erreur fondamentale, vous considérez les véganes comme un groupes homogène, si vous aviez une vision plus large du sujet que vous traitez, vous auriez pu vous rendre compte de cette erreur et de la diversité que les véganes représentent. Vos remarques permanentes sur les véganes sont donc les remarques d’une personne qui n’a manifestement pas compris le sujet qu’elle ambitionne de traiter. Mais il est vrai que les première lignes permettent de mesurer l’agressivité que vous avez envers les véganes à tort ou à raison. Après tout cela représente votre problème personnel dont je n’ai pas envie de débattre ici. Même si cette agressivité pollue votre démonstration, après tout elle n’engage que vous. Néanmoins votre analyse écocentré éGocentré aurait pu gagner en objectivité si vous aviez pris soin de découvrir le véganisme dans la diversité des personnes qui le représentent.

Je vais ensuite directement à la conclusion, puisqu’une conclusion synthétise normalement un raisonnement. Dire que le véganisme, c’est l’univers des ersatz n’est rien d’autre qu’un sophisme ridicule qui montre encore une fois votre incompréhension et votre méconnaissance du sujet. Il ne s’agit pas de faire du faux cuir, de la fausse laine, de la fausse viande etc. Il s’agit simplement de mettre l’intelligence de l’humanité au service de la compassion en trouvant des alternatives aux produits issue de l’exploitation. Faire une matière ressemblant au cuir à partir des résidus de l’industrie de l’ananas devrait pourtant plaire à l’éGolosite que vous êtes. Mais au lieu de voir une matière novatrice, vous préférez voir du faux cuir, comme s’il vous était impossible d’évoluer pour rester figé dans un référentiel où l’exploitation animale serait la norme.

Votre conclusion poursuit en disant que le véganisme se coupe de la terre. Là encore, votre conclusion fait état de votre ignorance. Si pour argumenter les points de votre article vous n’avez pas hésité à faire un travail de recherche, vous passez malheureusement sous silence toutes les initiatives d’agriculture végane, d’écolieux véganes, vous méconnaissez ou décidez d’ignorer totalement tous ces véganes qui œuvrent à reconnecter nos sociétés aux vivant et à la nature. Les véganes n’aspirent pas à vivre dans le béton ne vous en déplaise. Beaucoup reviennent à la nature contrairement à vos affirmations.

Dernier point, le véganisme en est à ses débuts, annoncer dans le titre que le véganisme n’est ni écologique ni éthique procède d’une pensée réductrice. Il aurait été plus intéressant de vous poser la question que beaucoup de véganes se posent d’ailleurs : Peut-on construire une société végane avec une influence positive sur l’écologie ? Question qui influence l’action de beaucoup de véganes d’ailleurs. Là votre article aurait gagné en objectivité et aurait pris un peu de hauteur. Car l’intelligence mise au service de la compassion permet de trouver des solutions pertinentes aux problèmes qui nous concernent tous. Le véganisme ne se limite pas au steak de soja que beaucoup de véganes ne consomment même pas, Mais ça, ne connaissant pas les véganes vous ne pouviez pas le savoir. Le véganisme ne se limite pas non plus à faire des ersatz mais à trouver des solutions novatrices pour faire autrement. C’est ainsi que l’humanité s’améliore depuis la nuit des temps. Si aujourd’hui tout n’est pas parfait, je vous l’accorde, il ne faut pas manquer d’ambition, comme le disait Andrée Chedid, « L’impossible est le seul adversaire digne de l’homme ». Si dans votre mode de pensée il est possible de construire une société humaine préservant les équilibres écologiques tout en exploitant d’autres êtres sensibles, sachez que beaucoup de véganes œuvrent pour un autre paradigme, à savoir, construire une société humaine végane préservant les équilibres écologiques sans avoir recours à aucune forme d’exploitation. C’est juste plus ambitieux et certainement plus éthique…. Pour citer Mark Twain : Ils ne savaient pas que c’était impossible alors ils l’ont fait !

49.Posté par Jean-François Dumas le 19/01/2017 11:37
@ Marie-Thérèse

Merci pour votre commentaire qui complète bien certains aspects du sujet traité.

50.Posté par Adrien le 19/01/2017 11:59
Bonjour Monsieur,

J'ai lu votre article en diagonale avant de le partager à des amis de différents bords (dont certains vegans -- on en compte un paquet, à Rennes). N'étant pas particulièrement adepte de la cause, je ne me suis pas arrêté sur votre ton.
Mais mes amis, si. Et c'est assez dommage, cette haine personnelle que vous avez l'air de leur porter, quand vous donnez parfois de très bons arguments, bien sourcés, tout ce qu'il faut !

Au final, ça m'a donné l'impression que vous vous trompiez de colère : vous tapez sur les vegans, généralisant ("les vegans pensent ceci, ils martèlent cela...") à partir d'une minorité d'imbéciles qui sont prêts à tout l'argumentaire pourri du monde pour culpabiliser les non-vegans, alors que c'est souvent à l'industrie agro-alimentaire que vous en voulez le plus, en filigrane. "L'apiculture c'est du mutualisme, pas de l'exploitation !" -- oui oui, l'apiculture traditionnelle, mais l'intensif est sans aucun doute une terrible exploitation ! Et la plupart de la propagande de mes amis vegans en veut elle aussi majoritairement à la grosse industrie. J'arrive la plupart du temps à leur faire entendre qu'on ne peut pas reprocher aux paysans d'élever et de manger des bêtes, et que l'élevage traditionnel n'est pas un mal.

Sinon, vous faites quoi dans la vie ? Vous avez un lien avec la recherche ? Votre propension à sourcer beaucoup me l'a fait penser, mais le ton très subjectif me fait douter. (En ce qui me concerne, je suis doctorant en informatique.) Une page "À propos", "Qui suis-je ?" ou autre ne serait pas de trop, pour nous autres internautes qui débarquons sur un article sans vous connaître !

En vous souhaitant une bonne poursuite de blog :)
Adrien

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