Tilleul argenté - Tilia tomentosa (Moench)tel qu’il sera planté
Cela dépend de l’urgence ! Si elle est à très court terme ou même à moyen terme, c’est inutile ! Même pour les arbres dits à « croissance rapide » (relativement à celle d’autres essences d’arbres, comme les chênes autochtones !) achetés en pépinière avec une circonférence du tronc de 18-20 centimètres, il faut compter une dizaine d’année avant d’avoir une ombre au sol conséquente et un effet ilot de fraicheur… si toutefois l’arbre peut puiser dans le sol suffisamment d’eau pour qu’il y ait évapotranspiration. En cas de sécheresse, l’arbre ferme les stomates de ses feuilles et il n’y a plus que l’ombre. Pour les canicules des prochaines années, il n’y aura ni ombre, ni ilot de fraîcheur !
Pour le Platane et l’Erable plane, il faut 8 ans minimum après plantation pour l’ombre, 10 ans pour la fraîcheur si ces arbres ont accès à l’eau et sont dans un environnement favorable, ce qui est rarement le cas en ville. Le Tilleul argenté est l'un des arbres d'ombrage les plus résilients face à la sécheresse et à la chaleur, ce qui lui permet de maintenir son feuillage vert et argenté dense tout au long de l'été sans défoliation précoce mais il ne fonctionne à plein régime comme ombrage et ilot de fraîcheur qu’à plus de 10 ans après plantation. C’est pourtant celui-ci qu’il faudrait privilégier. Ces trois essences sont les plus communes et les circonférences des troncs sont celles classiques pour les achats des communes. Plus minces, ils risquent d’être vandalisés, plus gros la reprise est incertaine. Pour les autres essences les temps de croissance sont du même ordre et je suppose que l’on évitera de choisir des espèces non-indigènes.
Après la plantation et dans les trois ou quatre années qui suivent l’arbre nouvellement planté a besoin d’être arrosé et pas avec un arrosoir de 6 litres ! En été pour des températures « normales pour la saison »( 25-30° ) il faut un apport de 80 à 100 litres une fois par semaine, mais s’il y a canicule (plus de 30° et sécheresse prolongée), c’est deux fois par semaine la même quantité. Au printemps et en début d'automne, c’est la même quantité mais tous les dix à quinze jours et seulement s’il ne pleut pas. En période où l’eau manque, c’est un vrai problème, même si les interdictions d’arrosage ne s’appliquent pas en général pour les plantations nouvelles.
Planter des arbres, c’est certes utile sur le long terme mais le temps des hommes n’est pas le même que celui des arbres qui n’est pas non plus celui de l’urgence climatique. S’il y a urgence et si elle est pressante, ces jeunes arbres ne reprendront pas ou ne se développeront pas.
Lorsqu’une ville comme Fontenay possède un patrimoine arboré dans ses espaces verts, ses places, esplanades, alignements, l’urgence est de les entretenir, de les soigner, d’améliorer leur environnement immédiat et cela va sans dire, aucun abattage sauf pour des raisons sanitaires (un arbre malade pour éviter une contamination en chaîne, par exemple) ou de sécurité. C’est cela qui doit être la priorité avant de se lancer dans de nouvelles plantations. S’occuper de l’existant, donc faire un état sanitaire détaillé de ce patrimoine, de prendre toutes les mesures nécessaires à sa préservation. Un arbre en bonne santé n’a pas besoin d’être taillé mais il est parfois préférable de continuer la taille en rideau des tilleuls qui l’ont toujours été et qui supportent bien ce type de taille. Les arbres courent un grand danger lors de chantiers avec ouverture de chaussées et de trottoirs, leurs racines sont menacées, les abimer ou pire en couper, c’est, à tout le moins, raccourcir drastiquement leur espérance de vie, voire les rendre dangereux, de même toute blessure au tronc qui doit être protégé. C’est en ces moments-là qu’il faut être sur la brèche et veiller en amont au cahier des charges.
Tous ces soins et attentions reviennent moins cher, économisent l’eau. En période de sécheresse, certes les arbres adultes soufrent, mais s’ils sont solidement et profondément enracinés dans un environnement immédiat de terre non tassée, ils n’ont pas besoin d’arrosage ou seulement d’un arrosage exceptionnel, sauf en des cas vraiment extrêmes, donc extrêmement rares et qui ne se sont pas encore produits.
Enfin, il ne faut pas croire qu’en soignant et pérennisant son patrimoine arboré et en l’enrichissant par de nouvelles plantations, une commune d’une petite étendue entièrement urbanisée comme c’est le cas de Fontenay atténuera si peu que ce soit le changement climatique, bien moins encore que le colibri et sa goutte d’eau ! Elle ne fera que s’adapter à ce changement pour le bien être des générations présentes et futures. C’est déjà beaucoup et surtout beaucoup plus réaliste !
Donc je m’inquiète quand un élu qui a la charge de la voirie écrit sur son blog : « l’honnêteté amène à dire qu’en ville, une politique de plantation d’arbres nécessitera forcément de réduire d’autres usages. Avec mesure, sans dogme, mais sans renoncement non plus. L’urgence climatique ne peut pas attendre. » Une urgence climatique bien commode dont l’invocation tue toute contestation mais aussi toute réflexion ! Harro sur les « négationnistes » mais aussi sur les automobilistes car les autres usages que cet élu veut réduire et dont il tait le nom, ce sont les parkings. Sans dogmatisme ? Vraiment ?
Résumé
Planter des arbres en ville est utile pour l’avenir, mais ce n’est pas une réponse immédiate à l’urgence climatique : les jeunes arbres mettent des années à produire ombre et fraîcheur, demandent beaucoup d’eau et restent fragiles. La priorité devrait donc être de protéger, entretenir et soigner les arbres déjà présents, plus efficaces à court terme. L’auteur estime qu’une commune comme Fontenay peut s’adapter au changement climatique, mais ne contribuer que de façon insignifiante à son atténuation.
Planting trees in the city is beneficial for the future, but it is not an immediate solution to the climate emergency: young trees take years to provide shade and coolness, require a lot of water, and remain fragile. The priority should therefore be to protect, maintain, and care for existing trees, which are more effective in the short term. The author believes that a municipality like Fontenay can adapt to climate change but can contribute only insignificantly to its mitigation.
Pour le Platane et l’Erable plane, il faut 8 ans minimum après plantation pour l’ombre, 10 ans pour la fraîcheur si ces arbres ont accès à l’eau et sont dans un environnement favorable, ce qui est rarement le cas en ville. Le Tilleul argenté est l'un des arbres d'ombrage les plus résilients face à la sécheresse et à la chaleur, ce qui lui permet de maintenir son feuillage vert et argenté dense tout au long de l'été sans défoliation précoce mais il ne fonctionne à plein régime comme ombrage et ilot de fraîcheur qu’à plus de 10 ans après plantation. C’est pourtant celui-ci qu’il faudrait privilégier. Ces trois essences sont les plus communes et les circonférences des troncs sont celles classiques pour les achats des communes. Plus minces, ils risquent d’être vandalisés, plus gros la reprise est incertaine. Pour les autres essences les temps de croissance sont du même ordre et je suppose que l’on évitera de choisir des espèces non-indigènes.
Après la plantation et dans les trois ou quatre années qui suivent l’arbre nouvellement planté a besoin d’être arrosé et pas avec un arrosoir de 6 litres ! En été pour des températures « normales pour la saison »( 25-30° ) il faut un apport de 80 à 100 litres une fois par semaine, mais s’il y a canicule (plus de 30° et sécheresse prolongée), c’est deux fois par semaine la même quantité. Au printemps et en début d'automne, c’est la même quantité mais tous les dix à quinze jours et seulement s’il ne pleut pas. En période où l’eau manque, c’est un vrai problème, même si les interdictions d’arrosage ne s’appliquent pas en général pour les plantations nouvelles.
Planter des arbres, c’est certes utile sur le long terme mais le temps des hommes n’est pas le même que celui des arbres qui n’est pas non plus celui de l’urgence climatique. S’il y a urgence et si elle est pressante, ces jeunes arbres ne reprendront pas ou ne se développeront pas.
Lorsqu’une ville comme Fontenay possède un patrimoine arboré dans ses espaces verts, ses places, esplanades, alignements, l’urgence est de les entretenir, de les soigner, d’améliorer leur environnement immédiat et cela va sans dire, aucun abattage sauf pour des raisons sanitaires (un arbre malade pour éviter une contamination en chaîne, par exemple) ou de sécurité. C’est cela qui doit être la priorité avant de se lancer dans de nouvelles plantations. S’occuper de l’existant, donc faire un état sanitaire détaillé de ce patrimoine, de prendre toutes les mesures nécessaires à sa préservation. Un arbre en bonne santé n’a pas besoin d’être taillé mais il est parfois préférable de continuer la taille en rideau des tilleuls qui l’ont toujours été et qui supportent bien ce type de taille. Les arbres courent un grand danger lors de chantiers avec ouverture de chaussées et de trottoirs, leurs racines sont menacées, les abimer ou pire en couper, c’est, à tout le moins, raccourcir drastiquement leur espérance de vie, voire les rendre dangereux, de même toute blessure au tronc qui doit être protégé. C’est en ces moments-là qu’il faut être sur la brèche et veiller en amont au cahier des charges.
Tous ces soins et attentions reviennent moins cher, économisent l’eau. En période de sécheresse, certes les arbres adultes soufrent, mais s’ils sont solidement et profondément enracinés dans un environnement immédiat de terre non tassée, ils n’ont pas besoin d’arrosage ou seulement d’un arrosage exceptionnel, sauf en des cas vraiment extrêmes, donc extrêmement rares et qui ne se sont pas encore produits.
Enfin, il ne faut pas croire qu’en soignant et pérennisant son patrimoine arboré et en l’enrichissant par de nouvelles plantations, une commune d’une petite étendue entièrement urbanisée comme c’est le cas de Fontenay atténuera si peu que ce soit le changement climatique, bien moins encore que le colibri et sa goutte d’eau ! Elle ne fera que s’adapter à ce changement pour le bien être des générations présentes et futures. C’est déjà beaucoup et surtout beaucoup plus réaliste !
Donc je m’inquiète quand un élu qui a la charge de la voirie écrit sur son blog : « l’honnêteté amène à dire qu’en ville, une politique de plantation d’arbres nécessitera forcément de réduire d’autres usages. Avec mesure, sans dogme, mais sans renoncement non plus. L’urgence climatique ne peut pas attendre. » Une urgence climatique bien commode dont l’invocation tue toute contestation mais aussi toute réflexion ! Harro sur les « négationnistes » mais aussi sur les automobilistes car les autres usages que cet élu veut réduire et dont il tait le nom, ce sont les parkings. Sans dogmatisme ? Vraiment ?
Résumé
Planter des arbres en ville est utile pour l’avenir, mais ce n’est pas une réponse immédiate à l’urgence climatique : les jeunes arbres mettent des années à produire ombre et fraîcheur, demandent beaucoup d’eau et restent fragiles. La priorité devrait donc être de protéger, entretenir et soigner les arbres déjà présents, plus efficaces à court terme. L’auteur estime qu’une commune comme Fontenay peut s’adapter au changement climatique, mais ne contribuer que de façon insignifiante à son atténuation.
Planting trees in the city is beneficial for the future, but it is not an immediate solution to the climate emergency: young trees take years to provide shade and coolness, require a lot of water, and remain fragile. The priority should therefore be to protect, maintain, and care for existing trees, which are more effective in the short term. The author believes that a municipality like Fontenay can adapt to climate change but can contribute only insignificantly to its mitigation.