Si les contributions des Français sont de loin les plus nombreuses, c’est parce que l’association qui veut tuer l’élevage et imposer le véganisme en France, L 214 pour ne pas la nommer, avait ameuté ses troupes pour qu’elles se prononcent en faveur d’une réduction drastique de l’élevage, dans la ligne de son ridicule « sauvetage du siècle ». L. 214 leur avait fourni le texte de la contribution à poster sur le site de la consultation tel quel ou « personnalisé » . Plus d’une centaine de ces animalistes ont donc copié le message prémâché sur le registre de la consultation. Ces contributions identiques à quelques nuances ont pollué le débat. Une consultation n’est pas un vote et répéter cent fois et plus la même chose ne fait pas avancer mais patiner le débat. Quant au nombre, la contribution d’une personne dument mandatée d’une association européenne parlant au nom de plusieurs milliers d’éleveurs a plus de poids qu’une centaine de perroquets répétant un même message outrancier. Si l’on ne tient pas compte de ces contributions lassantes à force d’être répétitives, les réflexions et prises de postions sont très intéressantes à consulter ainsi bien entendu que le texte introductif de la Commission.
Voici le lien : https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/16832-Strategie-de-lUE-en-matiere-delevage_fr
Je donne ci-dessous le texte de ma contribution (avec quelques corrections mineures de forme que j’ai apportées en la relisant pour la publier sur le blog).
Ma contribution comprendra deux parties.
1 – exposé des motifs justifiant les mesures proposées
2 – Les mesures
Le bien-être animal est une chose, le bien-être de l’éleveur et des ouvriers agricoles en est une autre et c’est celle qui devrait être prioritaire. Leur bien-être passe d’abord par un revenu confortable et une attention particulière à la pénibilité des tâches, à porter l’accent sur la prévention des maladies professionnelles, leurs détections précoces et leur traitement. L’assurance de pouvoir continuer l’exploitation familiale et de pouvoir en vivre dignement sera la meilleure prévention pour ce qui est de la santé psychique des exploitants et permettra de juguler « l’épidémie de suicides » qui frappe la profession.
Je regrette que ne soient pas abordés en priorité ces sujets alors que la Commission met en avant le bien-être animal, le problème des gaz à effet de serre et de la conservation de la biodiversité, la santé de la planète donc, avant celle des éleveurs, travailleurs agricoles, bergers … le bien-être du producteur et de ses salariés n’a jamais été indiqué sur l’étiquette et le bien-être animal s’il est parfois, ajoute un coût qu’il revient au consommateur de payer.
Autre point passé sous silence les prédateurs, leur protection, leur introduction qui vont à l’encontre de l’élevage en plein air qui doit être recherché comme le plus vertueux pour la planète comme pour les humains. Il faut mais ne suffit pas indemniser les éleveurs. La vraie solution est ailleurs. En France une fois le loup disparu, les écosystèmes ne se sont pas effondrés. C’est avec son retour que des problèmes sont réapparus. Il faudra être clair sur cette question des prédateurs. L’affaiblissement de la protection du loup est un bon début, mais ce n’est qu’n début.
Comment concilier cette affirmation de la Commission selon laquelle « les normes élevées de l’UE entraînent des coûts qui ne sont pas toujours rémunérés par le marché » avec son obstination à vouloir « toujours plus de marché » ? Comme si ce « marché » était la solution alors qu’il est le problème ! Un marché non régulé et non encadré est incompatible avec des normes élevées sociales, environnementales et de bien-être animal car c’est ce marché qui tend à la destruction d’une agriculture familiale, au nivellement par le bas des normes et au gigantisme des exploitations dans une optique de profit et de concurrence.
Les clauses miroirs sont une illusion car inapplicables de façon efficaces dans le réel avec les moyens de contrôle dont on dispose aujourd’hui. Elles sont tout juste bonne à calmer la colère des paysans européens. Après avoir signé le Mercosur, permis l’entrée sans contrainte des produits de l’agriculture et de l’élevage ukrainien et vouloir faire adhérer ce pays en levant toutes les exigences, la Commission est bien peu crédible lorsqu’elle prétend assurer la pérennité de l’agriculture et de l’élevage. Sous ses grands mots et jargon de technocrates, je vois se profiler la mise à mort de l’élevage paysan et des exploitations familiales au profit de fermes industrielles tournées moins vers notre suffisance alimentaire à base de produits sains que vers un marché mondial concurrentiel dominé par les grands groupes de l’agroalimentaire avec comme seul but et valeur que le profit. Tout cela au nom d’une concurrence libre et non faussée entre les exploitations des pays membres.
J’y vois aussi une atteinte de plus à la souveraineté des états membres en matière d’autosuffisance alimentaire, de soutien à ses territoires défavorisés et à ses exploitations familiales, à son agriculture qui n’est pas seulement une activité économique mais touche à leur identité. On vous a déjà vu avec les règlements sur les fromages et combien il a fallu se battre pour que l’on puisse continuer à proposer aux consommateurs les fromages qui sont dans toute leur diversité, l’un des joyaux de notre table et de notre art de vivre en France.
Enfin je crains que cette consultation avec le résumé qui l’introduit soit une perche tendue aux ONG animalistes et véganes, en fait des lobbies qui rameutent leurs troupes pour planter un nouveau clou dans le cercueil qu’ils construisent pour l’élevage dont ils veulent la disparition. Il suffit de voir combien de contributions issues d’un même texte de base conçu par une IA inondent et polluent cet appel à contribution.
2 – les mesures : Garantir la pérennité des fermes d’élevage familiales et inciter éventuellement les très petites à s’associer, en tout cas les soutenir pour qu’elles restent économiquement viables, Subventionner le pâturage pour les bovins et caprins et le maintien de prairies permanentes pour la sauvegarde des paysages, la protection de la biodiversité, l’atténuation des émissions de carbone et leur compensation, la production d’une viande et des produits laitiers de qualité accessible à tous Aide structurelle à l’élevage de montagne pour les mêmes raisons + le tourisme Répercussion obligatoire sur le prix payé par le consommateur des coûts supplémentaires induits par les mesures de bien-être animal et calibration des mesures obligatoires en fonction des coûts supportables par le consommateur et en fonction d’exigences réalistes pour les éleveurs (ne remettant pas en cause la viabilité économique de leur exploitation, y compris les plus petites) Stopper l’augmentation des populations de loups en favorisant leur régulation là où il y a des troupeaux et stopper toutes les introductions d’ours et de lynx, chats forestiers et autres prédateurs sans dérogation possible sous prétexte de viabilité des populations, consanguinité ou tout autre motif. Devenir plus compétitif sans clauses miroir complètes et sans que l’on se donne les moyens matériels et humains de les appliquer, c’est le nivellement par le bas ou la mort de l’élevage. Il faut donc se donner vraiment les moyens en la matière avec obligation de résultat et la tâche est colossale ! N’accepter sur le marché intérieur les produits ukrainiens que lorsqu’ils seront produits conformément aux normes de l’UE en application des clauses miroirs qui doivent s’appliquer également dans ce cas (y compris sur les salaires et conditions de travail) La politique agricole doit voir son budget conforté et sanctuarisé. Pas de réaffectation des fonds destinés à l’agriculture et à l’élevage aux politiques de défense et pour le soutien à l’Ukraine. Laisser des larges marges de manœuvre pour les pays et les territoires. Contrecarrer par la réalisations de campagnes d’information le dénigrement des éleveurs, de l’élevage et de ses produits.
Voici le lien : https://ec.europa.eu/info/law/better-regulation/have-your-say/initiatives/16832-Strategie-de-lUE-en-matiere-delevage_fr
Je donne ci-dessous le texte de ma contribution (avec quelques corrections mineures de forme que j’ai apportées en la relisant pour la publier sur le blog).
Ma contribution comprendra deux parties.
1 – exposé des motifs justifiant les mesures proposées
2 – Les mesures
Le bien-être animal est une chose, le bien-être de l’éleveur et des ouvriers agricoles en est une autre et c’est celle qui devrait être prioritaire. Leur bien-être passe d’abord par un revenu confortable et une attention particulière à la pénibilité des tâches, à porter l’accent sur la prévention des maladies professionnelles, leurs détections précoces et leur traitement. L’assurance de pouvoir continuer l’exploitation familiale et de pouvoir en vivre dignement sera la meilleure prévention pour ce qui est de la santé psychique des exploitants et permettra de juguler « l’épidémie de suicides » qui frappe la profession.
Je regrette que ne soient pas abordés en priorité ces sujets alors que la Commission met en avant le bien-être animal, le problème des gaz à effet de serre et de la conservation de la biodiversité, la santé de la planète donc, avant celle des éleveurs, travailleurs agricoles, bergers … le bien-être du producteur et de ses salariés n’a jamais été indiqué sur l’étiquette et le bien-être animal s’il est parfois, ajoute un coût qu’il revient au consommateur de payer.
Autre point passé sous silence les prédateurs, leur protection, leur introduction qui vont à l’encontre de l’élevage en plein air qui doit être recherché comme le plus vertueux pour la planète comme pour les humains. Il faut mais ne suffit pas indemniser les éleveurs. La vraie solution est ailleurs. En France une fois le loup disparu, les écosystèmes ne se sont pas effondrés. C’est avec son retour que des problèmes sont réapparus. Il faudra être clair sur cette question des prédateurs. L’affaiblissement de la protection du loup est un bon début, mais ce n’est qu’n début.
Comment concilier cette affirmation de la Commission selon laquelle « les normes élevées de l’UE entraînent des coûts qui ne sont pas toujours rémunérés par le marché » avec son obstination à vouloir « toujours plus de marché » ? Comme si ce « marché » était la solution alors qu’il est le problème ! Un marché non régulé et non encadré est incompatible avec des normes élevées sociales, environnementales et de bien-être animal car c’est ce marché qui tend à la destruction d’une agriculture familiale, au nivellement par le bas des normes et au gigantisme des exploitations dans une optique de profit et de concurrence.
Les clauses miroirs sont une illusion car inapplicables de façon efficaces dans le réel avec les moyens de contrôle dont on dispose aujourd’hui. Elles sont tout juste bonne à calmer la colère des paysans européens. Après avoir signé le Mercosur, permis l’entrée sans contrainte des produits de l’agriculture et de l’élevage ukrainien et vouloir faire adhérer ce pays en levant toutes les exigences, la Commission est bien peu crédible lorsqu’elle prétend assurer la pérennité de l’agriculture et de l’élevage. Sous ses grands mots et jargon de technocrates, je vois se profiler la mise à mort de l’élevage paysan et des exploitations familiales au profit de fermes industrielles tournées moins vers notre suffisance alimentaire à base de produits sains que vers un marché mondial concurrentiel dominé par les grands groupes de l’agroalimentaire avec comme seul but et valeur que le profit. Tout cela au nom d’une concurrence libre et non faussée entre les exploitations des pays membres.
J’y vois aussi une atteinte de plus à la souveraineté des états membres en matière d’autosuffisance alimentaire, de soutien à ses territoires défavorisés et à ses exploitations familiales, à son agriculture qui n’est pas seulement une activité économique mais touche à leur identité. On vous a déjà vu avec les règlements sur les fromages et combien il a fallu se battre pour que l’on puisse continuer à proposer aux consommateurs les fromages qui sont dans toute leur diversité, l’un des joyaux de notre table et de notre art de vivre en France.
Enfin je crains que cette consultation avec le résumé qui l’introduit soit une perche tendue aux ONG animalistes et véganes, en fait des lobbies qui rameutent leurs troupes pour planter un nouveau clou dans le cercueil qu’ils construisent pour l’élevage dont ils veulent la disparition. Il suffit de voir combien de contributions issues d’un même texte de base conçu par une IA inondent et polluent cet appel à contribution.
2 – les mesures : Garantir la pérennité des fermes d’élevage familiales et inciter éventuellement les très petites à s’associer, en tout cas les soutenir pour qu’elles restent économiquement viables, Subventionner le pâturage pour les bovins et caprins et le maintien de prairies permanentes pour la sauvegarde des paysages, la protection de la biodiversité, l’atténuation des émissions de carbone et leur compensation, la production d’une viande et des produits laitiers de qualité accessible à tous Aide structurelle à l’élevage de montagne pour les mêmes raisons + le tourisme Répercussion obligatoire sur le prix payé par le consommateur des coûts supplémentaires induits par les mesures de bien-être animal et calibration des mesures obligatoires en fonction des coûts supportables par le consommateur et en fonction d’exigences réalistes pour les éleveurs (ne remettant pas en cause la viabilité économique de leur exploitation, y compris les plus petites) Stopper l’augmentation des populations de loups en favorisant leur régulation là où il y a des troupeaux et stopper toutes les introductions d’ours et de lynx, chats forestiers et autres prédateurs sans dérogation possible sous prétexte de viabilité des populations, consanguinité ou tout autre motif. Devenir plus compétitif sans clauses miroir complètes et sans que l’on se donne les moyens matériels et humains de les appliquer, c’est le nivellement par le bas ou la mort de l’élevage. Il faut donc se donner vraiment les moyens en la matière avec obligation de résultat et la tâche est colossale ! N’accepter sur le marché intérieur les produits ukrainiens que lorsqu’ils seront produits conformément aux normes de l’UE en application des clauses miroirs qui doivent s’appliquer également dans ce cas (y compris sur les salaires et conditions de travail) La politique agricole doit voir son budget conforté et sanctuarisé. Pas de réaffectation des fonds destinés à l’agriculture et à l’élevage aux politiques de défense et pour le soutien à l’Ukraine. Laisser des larges marges de manœuvre pour les pays et les territoires. Contrecarrer par la réalisations de campagnes d’information le dénigrement des éleveurs, de l’élevage et de ses produits.