Les associations et organisations animalistes se distinguent par leur absence sur le terrain pour défendre les vaches abattues en application d’une mesure prophylactique pour le moins discutable visant à éradiquer du territoire métropolitain la dermatose nodulaire contagieuse (DNC) . Dans leur communiqué à ce sujet, la plupart de ces organisations ne prennent même pas la peine d’écrire un mot de soutien aux éleveurs, fût-il de pure circonstance. De leur point de vue cet abattage n’est qu’un abattage comme un autre de bêtes vouées à être abattues de toute façon. Elles en profitent pour tirer à boulet rouge sur l’élevage dont elles veulent l’abolition. Elles ne sont suivies en cela par AUCUNE organisation de protection des animaux, aucune organisation naturaliste ou écologiste. Le clivage est particulièrement net entre animalistes et ces dernières. Ce qui est réconfortant. Cet article passe en revue les communiqués de presse des trois plus importantes organisations animalistes.
Précisons tout d’abord qu’il faut faire une distinction entre les organisations animalistes « antispécistes » et les associations de protection des animaux comme 50 millions d’amis, la Fondation Brigitte Bardot ou l’OABA (Œuvre d’assistance aux bêtes d’abattoir ) par exemple. Celles que je viens de citer sont toutes au côté des agriculteurs et se mobilisent pour que l’épidémie soit traitée différemment notamment sans abattage total d’un troupeau, a fortiori lorsque vacciné et une généralisation rapide de la vaccination. Par exemple l’OABA dont le président est un vétérinaire condamne l’abattage total, préconise un abattage partiel, l’isolement du troupeau, des restrictions strictes de déplacement et une vaccination généralisée. Ce qui par parenthèse prouve que tous les vétérinaires ne sont pas d’accord avec la façon brutale de procéder.
Les communiqués de presse examiné dans la suite de cet article sont ceux des trois organisations animalistes d’envergure nationale : L 214, La REV et le Parti Animaliste.
Toutes condamnent l’abattage des vaches mais aucune ne propose de solution alternative, ne prend position sur la vaccination, l’isolement, les restrictions de déplacement. Manifestement, elles ne s’intéressent pas aux solutions et aux moyens à mettre en œuvre pour sauver le maximum de vaches dans les troupeaux atteints et pour juguler l’épidémie. La seule solution envisagée, c’est la suppression de l’élevage. Comme cela n’est pas pour demain, la tuerie pourra continuer ! Malgré leurs lamentations sur le sort de ces pauvres vaches qui de toute façon seront abattues, elles ne s’en soucient guère en réalité.
Toutes profitent de cette épidémie pour faire le procès de l’élevage et argumenter pour son élimination de façon nette dans le cas de L214, REV, moins claire pour le Parti animaliste qui écrit « Le Parti animaliste appelle à engager une transition progressive vers des systèmes agricoles et alimentaires respectueux des animaux, des humains et de l’environnement. » ce qui sous-entend que les systèmes agricoles actuels ne le sont pas mais qui ne serait pas d’accord pour [mieux] respecter les animaux, les humains et l’environnement ? C’est lorsque est explicité en quoi consiste exactement ce beau programme que les divergences se font jour !
En revanche, le titre de REV est très clair : « Dermatose nodulaire : la REV réaffirme la nécessité de mettre fin à l’élevage » . Cette organisation est cependant la seule à déclarer soutenir les éleveurs dans la défense de leurs troupeaux ce qui est incohérent avec la volonté de mettre fin à l’élevage. Elle les soutient mais veut leur disparition puisqu'elle condamne dans le même texte l'abattage de millions de bovins par an pour la consommation humaine et donc leur production c’est-à-dire l’élevage et les éleveurs qu'elle prétend soutenir ! REV s'en prend aussi aux syndicats de ces éleveurs mobilisés pour tenter de défendre leurs troupeaux parce que ces syndicats "maintiennent les éleveuses et éleveurs dans une impasse économique et morale en refusant d'envisager une sortie de l'élevage" c'est-à-dire en refusant de les voir disparaitre en tant qu'éleveurs ! Les syndicats d’éleveurs accusés de ne pas vouloir la fin de l’élevage ! La REV, c’est le royaume de l’absurde.
Pour sauver ces vaches tuées en masse, L 214, à l’activisme débordant n’a entrepris aucune action sur le terrain, ni de lobbying auprès des élus dont elle use et abuse sur d’autres sujets. Elle est en mode service minimum pour ce qui concerne la brutalité de la mesure prophylactique choisie par le gouvernement pour lutter contre la DNC, à savoir l’abattage de troupeaux entiers pudiquement appelée « dépeuplement ». A ceux qui s’étonnent sinon de son absence d’action militante , du moins de son silence, elle répond « nous sommes là, nous travaillons sans relâche sur les racines qui ont amené à cette crise sanitaire et à bien d’autres conséquences » Elle travaille sans relâche sur les racines mais ne défend en la circonstance ni les éleveurs, ni les troupeaux ! Il faut tout de même rappeler que pour L214 ces « racines », c'est l’élevage des bovins lui-même et qu'il faut supprimer comme il faudrait la suppression des élevages de tout animal qu’elle amalgame dans ce communiqué comme dans ces autres publications en une seule entité honnie : « le système d’élevage dans son ensemble » dont elle dénonce « la violence structurelle ». Elle conclut son communiqué en ces termes « Notre système agricole et alimentaire est éthiquement et sanitairement funeste. L214 propose une sortie planifiée de ce modèle dans son rapport le Sauvetage du siècle – sauver 600 millions d’animaux en 2030 (et bien plus encore) ».
600 millions d’animaux sauvés, non transformés en viande ! Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire ? Plaisanterie à part, il s’agit en fait de diviser par deux la consommation actuelle de viande. Pour les bovins dont il est question dans le cas de la dermatose nodulaire contagieuse, l’objectif de L214 avec son «sauvetage du siècle» est de passer de 4 428 097 tués en 2023 à 2 205 000 selon les chiffres qu’elle donne. Bien entendu et cela devrait aller sans dire, L214 ne sauverait aucun animal puisque ces 600 millions n’existeraient pas et n’auraient jamais existé. Par contre, c’est le cheptel actuel qui serait divisé par deux. Avouons qu’il faut vraiment être pervers pour ne pas vouloir sauver 600 millions d’animaux mais qu’il faut être encore plus pervers pour tromper les gens à ce point et leur faire croire qu’il s’agit de sauver des animaux …qui n’existent pas. Diviser de moitié le cheptel actuel puisque là est le but de ce prétendu sauvetage, ne peut se faire que de deux façons : réduire la taille des troupeaux ou réduire le nombre d’exploitations. Seule la deuxième est praticable en France où il s’agit d’exploitations familiales dont 87% ont moins de 100 vaches. Diminuer la taille du troupeau rendrait non viable économiquement beaucoup de ces exploitations. Alors que les éleveurs se battent pour sauver et leur troupeau et leur ferme, profiter de l’épidémie pour faire la promotion d’un plan de destruction de l’élevage en France qui ne dit pas son nom est d’une fourberie abjecte, à l’opposé des grands principes éthiques dont cette association se drape. Inconscience ou culot monstre ? En somme en pratiquant un abattage prophylactique d’un troupeau au sein duquel il y a une vache contaminée, le gouvernement se livre au dépeuplement d’animaux de rente souhaité par L214 qui, si on la laissait faire, procèderait certes de façon plus graduelle et avec des mesures moins violentes pour les animaux mais pas pour les paysans dont elle n’a que faire. Comment qualifier un tel manque d’empathie pour l’éleveur attaché à son troupeau que l’on massacre et qui voit détruites des années de travail, de sélection génétique pour l’adaptation du troupeau au territoire ?
Les communiqués de presse examiné dans la suite de cet article sont ceux des trois organisations animalistes d’envergure nationale : L 214, La REV et le Parti Animaliste.
Toutes condamnent l’abattage des vaches mais aucune ne propose de solution alternative, ne prend position sur la vaccination, l’isolement, les restrictions de déplacement. Manifestement, elles ne s’intéressent pas aux solutions et aux moyens à mettre en œuvre pour sauver le maximum de vaches dans les troupeaux atteints et pour juguler l’épidémie. La seule solution envisagée, c’est la suppression de l’élevage. Comme cela n’est pas pour demain, la tuerie pourra continuer ! Malgré leurs lamentations sur le sort de ces pauvres vaches qui de toute façon seront abattues, elles ne s’en soucient guère en réalité.
Toutes profitent de cette épidémie pour faire le procès de l’élevage et argumenter pour son élimination de façon nette dans le cas de L214, REV, moins claire pour le Parti animaliste qui écrit « Le Parti animaliste appelle à engager une transition progressive vers des systèmes agricoles et alimentaires respectueux des animaux, des humains et de l’environnement. » ce qui sous-entend que les systèmes agricoles actuels ne le sont pas mais qui ne serait pas d’accord pour [mieux] respecter les animaux, les humains et l’environnement ? C’est lorsque est explicité en quoi consiste exactement ce beau programme que les divergences se font jour !
En revanche, le titre de REV est très clair : « Dermatose nodulaire : la REV réaffirme la nécessité de mettre fin à l’élevage » . Cette organisation est cependant la seule à déclarer soutenir les éleveurs dans la défense de leurs troupeaux ce qui est incohérent avec la volonté de mettre fin à l’élevage. Elle les soutient mais veut leur disparition puisqu'elle condamne dans le même texte l'abattage de millions de bovins par an pour la consommation humaine et donc leur production c’est-à-dire l’élevage et les éleveurs qu'elle prétend soutenir ! REV s'en prend aussi aux syndicats de ces éleveurs mobilisés pour tenter de défendre leurs troupeaux parce que ces syndicats "maintiennent les éleveuses et éleveurs dans une impasse économique et morale en refusant d'envisager une sortie de l'élevage" c'est-à-dire en refusant de les voir disparaitre en tant qu'éleveurs ! Les syndicats d’éleveurs accusés de ne pas vouloir la fin de l’élevage ! La REV, c’est le royaume de l’absurde.
Pour sauver ces vaches tuées en masse, L 214, à l’activisme débordant n’a entrepris aucune action sur le terrain, ni de lobbying auprès des élus dont elle use et abuse sur d’autres sujets. Elle est en mode service minimum pour ce qui concerne la brutalité de la mesure prophylactique choisie par le gouvernement pour lutter contre la DNC, à savoir l’abattage de troupeaux entiers pudiquement appelée « dépeuplement ». A ceux qui s’étonnent sinon de son absence d’action militante , du moins de son silence, elle répond « nous sommes là, nous travaillons sans relâche sur les racines qui ont amené à cette crise sanitaire et à bien d’autres conséquences » Elle travaille sans relâche sur les racines mais ne défend en la circonstance ni les éleveurs, ni les troupeaux ! Il faut tout de même rappeler que pour L214 ces « racines », c'est l’élevage des bovins lui-même et qu'il faut supprimer comme il faudrait la suppression des élevages de tout animal qu’elle amalgame dans ce communiqué comme dans ces autres publications en une seule entité honnie : « le système d’élevage dans son ensemble » dont elle dénonce « la violence structurelle ». Elle conclut son communiqué en ces termes « Notre système agricole et alimentaire est éthiquement et sanitairement funeste. L214 propose une sortie planifiée de ce modèle dans son rapport le Sauvetage du siècle – sauver 600 millions d’animaux en 2030 (et bien plus encore) ».
600 millions d’animaux sauvés, non transformés en viande ! Qu’est-ce qu’on va bien pouvoir en faire ? Plaisanterie à part, il s’agit en fait de diviser par deux la consommation actuelle de viande. Pour les bovins dont il est question dans le cas de la dermatose nodulaire contagieuse, l’objectif de L214 avec son «sauvetage du siècle» est de passer de 4 428 097 tués en 2023 à 2 205 000 selon les chiffres qu’elle donne. Bien entendu et cela devrait aller sans dire, L214 ne sauverait aucun animal puisque ces 600 millions n’existeraient pas et n’auraient jamais existé. Par contre, c’est le cheptel actuel qui serait divisé par deux. Avouons qu’il faut vraiment être pervers pour ne pas vouloir sauver 600 millions d’animaux mais qu’il faut être encore plus pervers pour tromper les gens à ce point et leur faire croire qu’il s’agit de sauver des animaux …qui n’existent pas. Diviser de moitié le cheptel actuel puisque là est le but de ce prétendu sauvetage, ne peut se faire que de deux façons : réduire la taille des troupeaux ou réduire le nombre d’exploitations. Seule la deuxième est praticable en France où il s’agit d’exploitations familiales dont 87% ont moins de 100 vaches. Diminuer la taille du troupeau rendrait non viable économiquement beaucoup de ces exploitations. Alors que les éleveurs se battent pour sauver et leur troupeau et leur ferme, profiter de l’épidémie pour faire la promotion d’un plan de destruction de l’élevage en France qui ne dit pas son nom est d’une fourberie abjecte, à l’opposé des grands principes éthiques dont cette association se drape. Inconscience ou culot monstre ? En somme en pratiquant un abattage prophylactique d’un troupeau au sein duquel il y a une vache contaminée, le gouvernement se livre au dépeuplement d’animaux de rente souhaité par L214 qui, si on la laissait faire, procèderait certes de façon plus graduelle et avec des mesures moins violentes pour les animaux mais pas pour les paysans dont elle n’a que faire. Comment qualifier un tel manque d’empathie pour l’éleveur attaché à son troupeau que l’on massacre et qui voit détruites des années de travail, de sélection génétique pour l’adaptation du troupeau au territoire ?
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Il y a un autre point commun entre toutes ces associations, elles considèrent que cet abattage prophylactique n’est pas plus scandaleux que l’abattage pour raison alimentaire. Pour L214 l’attachement des agriculteurs à leur troupeau n’est pas crédible : «face à l’indignation de toutes parts suscitées par les mises à mort de troupeaux entiers, même le président de la FNSEA ose le registre du sauvetage : « Le consensus, en tous les cas, au-delà des syndicats, c’est que tout le monde veut sauver les animaux ». Il ose, il n’est pas crédible ! Peut-être, mais lui au moins et beaucoup de gens avec lui veulent sauver des animaux vivants, réels et pas des animaux « possibles » non existants à la manière de cette association !
Ceci qui dénote d’une totale incompréhension du métier comme l’explique Jocelyne Porcher dans un entretien avec Philosophie Magazine : « Les pseudo-défenseurs de la cause animale supposent que cette relation [de l’éleveur à son troupeau] est factice puisqu’il y a la mise à mort au bout. Mais cela n’a rien à voir : nous parlons de travailleurs qui, tous les jours, sont en contact physique, corporel, charnel, avec des bêtes. Cette compagnie constante forge une relation affective et morale, une identité elle-même irriguée par la finalité de ce travail : nourrir la population. Abattre des vaches pour nourrir la société, ce n’est pas du tout pareil que de les livrer aux équarrisseurs. L’État laisse les éleveurs dans une situation d’impuissance. Pis encore, il piétine cette dimension affective de leur métier. » Et les associations animalistes aussi. Car L 214 n’est pas la seule à douter de la réalité de l’attachement des éleveurs à leur troupeau. C’est le cas aussi du Parti Animaliste. Un paragraphe de son communiqué a pour titre « Colère des éleveurs : une émotion qui interroge »
Que l’opinion publique condamne ces abattages alors qu’elle ne s’émeut pas des abattages d’animaux pour leur viande est unanimement dénoncé par les animalistes. Le Parti des animaux feint de s’interroger « Cette indignation pose néanmoins une question de fond : pourquoi la mise à mort d’animaux en bonne santé serait-elle jugée inacceptable dans ce contexte, alors que l’abattage quotidien, volontaire et systématique de millions d’animaux terrestres chaque jour en France, pour la consommation humaine, reste socialement et politiquement considéré comme normal ? »
La REV quant elle ne s’encombre pas d’euphémisme, elle refuse et condamne ce qu’elle qualifie de « fatalité spéciste » et d’ « hypocrisie systémique » : « Si par une décision gouvernementale, les bovins échappaient finalement à l'euthanasie sanitaire, leur sort resterait de toute façon scellé par l'industrie. Car si les vaches ne meurent pas du fait de l'épizootie, elles sont de toute façon destinées à être abattues quelques mois plus tard, au terme de leur courte vie d'exploitation, pour la production de protéines animales. »
L214 voit dans cette « indignation sélective » un double standard émotionnel qu’elle va expliquer avec le poncif en vogue dans la sphère végane antispéciste, la dissonance cognitive : « cette indignation sélective révèle notre profonde dissonance cognitive vis-à-vis de la consommation de viande : beaucoup séparent mentalement la viande de l’animal vivant. L’abattage sanitaire rend ce lien incontournable, bouscule cette rationalisation et nous oblige à admettre la violence structurelle du système d’élevage dans son ensemble. » Même si l’on admettait que les mangeurs de viande sont sujet à cette dissonance cognitive, il se trouve que dans le cas d’abattage préventif les bêtes abattues sont destinées à l’équarrissage et ne sont pas abattues pour être mangées. Donc l’explication n’est pas pertinente. Non seulement elle n’est pas appropriée pour expliquer cette indignation sélective, mais l’indignation sélective dont fait preuve la majorité des gens réfute cette théorie de la dissonance cognitive des omnivores qui mangent de la viande. En effet, si les gens s’indignent, c’est précisément parce que ces vaches ne sont pas abattues pour être mangée mais gratuitement alors qu’il y avait une autre solution possible pour limiter la maladie. Les vaches abattues pour être mangées ne le sont pas de cette façon, en masse et leurs carcasses ne sont pas chargées pêlemêle dans des bennes et le troupeau n’est pas anéanti. Il n’y a pas d’indignation sélective, il y a deux situations qui sont très différentes et que les animalistes confondent, aveuglés par leurs a priori comme l’explique Jocelyne Porcher dans l’extrait de l’entretient cité au début de ce paragraphe.
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En France les élevages bovins sont des exploitations familiales de taille moyenne ou petite pour la plupart (voir plus haut).Dès que le temps le permet les vaches sont aux prés. Il s’agit d’un élevage « vertueux » tant du point de vue de l’environnement que du bien être animal et de la qualité des produits. De plus, ironie du sort, c’est parce qu’elles vivent à l’air libre que les vaches sont sujettes à cette maladie qui est propagée par les insectes piqueurs comme l’explique le Mouvement écologiste indépendant MEI) dans une lettre argumentée à la ministre de l’agriculture demandant l’arrêt des abattages massifs : « Le taon est le vecteur principal du virus. Si l’insecte est capable de parcourir de grandes distances, il est aussi exophile, c’est-à-dire qu’il ne pénètre pas dans les locaux : les troupeaux infectés le sont au pâturage ce qui distingue habituellement des exploitations familiales. »
Condamner l’élevage à partir de l’élevage bovin en s’appuyant sur cette épidémie de DNC ne devrait pas être facile. Du moins, n’est pas facile si on est honnête intellectuellement. Comment s’y prennent les organisations animalistes ? En pratiquant l’art de l’amalgame : la DNC n’est pas un cas isolé c’est une épizootie de plus. Le Parti Animaliste assène : « La dermatose nodulaire bovine n’est pas un accident isolé » mais n’en dit pas plus tandis que L214 développe : « La DNC n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de crises sanitaires à répétition dont la grippe aviaire constitue désormais un marqueur permanent » Cette association n’aurait pas pu trouver de plus mauvais exemple avec la grippe aviaire qui n’est transmissible à des bovins qu’exceptionnellement, touche des types d’élevages qui sont totalement différents et frappe aussi bien les oiseaux domestiques que sauvages, mettant des espèces rares en danger d’extinction. Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer qu’elle s’appuie sur la science : « Le consensus scientifique est clair : l’intensification de l’agriculture et notre forte consommation de viande sont des causes identifiées de l’émergence et de la propagation de maladies » Ah ! ce fameux consensus que l’on met à toutes les sauces ! En la circonstance, on se demande bien sur quoi il porte. Notre consommation de viande aurait-elle un lien avec l’apparition de nouvelles maladies contagieuses ? Chez les bovins ? Chez les humains ? L’intensification de l’agriculture est le fait d’une rationalité purement économique dans un contexte néolibéral de concurrence mondiale et ne s’explique pas par une consommation accrue de viande qui en France n’est nullement prouvée, ce serait plutôt l’inverse ! Bref rien n’est clair dans cet argument.
Comme le Parti Animaliste et L214, la REV met tous les élevages dans le même sac. Cette généralisation abusive lui permet d’écrire « L'élevage est le terrain fertile pour l'émergence et la propagation rapide des épizooties. Il concentre les animaux, affaiblit leurs défenses immunitaires par le stress, l’alimentation, comme lors de l'épisode de la vache folle, et les conditions de vie, et crée des réservoirs pour les mutations virales. » Le type d’élevage que décrit la REV dans ce texte est fort éloigné de l’élevage bovin tel qu’il est pratiqué en France. Il évoque plutôt les élevages hors sol industriels de poules, lapins, porcs ! Se référer à « l’épisode de la vache folle » est certes plus pertinent que se référer à la grippe aviaire puisqu’elle a concerné les bovins. Mais bien choisie pour faire peur, elle n’est pas plus honnête. Pourquoi aller chercher une épizootie qui a eu lieu il y a plus de vingt ans ? En France métropolitaine, en plus de la DNC d’apparition très récente les autres épizooties susceptibles d’affecter les bovins en 2025 sont transmises par des moustiques et ne sont pas contagieuses. Comparée à la maladie de « la vache folle » la DNC a une étiologie toute différente, n’est pas transmissible à l’homme et ne peut être attribuée à de mauvaises pratiques. De plus en s’y référant aujourd’hui, la REV oublie que comme le souligne Wikipedia « la crise de la vache folle [a laissé] comme héritage une amélioration des pratiques dans la filière bovine, à travers le retrait de certaines parties de la carcasse à l'abattoir lors de la découpe, mais aussi une traçabilité renforcée des animaux. En santé publique, cette crise a également entraîné le renforcement du concept de principe de précaution. »
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Inutile de poursuivre plus avant dans le commentaire de la prose commise par les associations animalistes à l’occasion de cette crise de la DNC. Il est clair que ces associations se servent de cette crise pour combattre l’élevage bovin bien plus difficile à dénigrer que d’autres sortes d’élevage. Dans cette croisade, l’honnêteté intellectuelle ou morale ne sont pas de mise. Elles ne manifestent aucun égard pour les éleveurs dont on abat le troupeau et bien peu pour les vaches abattues dans ces conditions car comme le dit la REV sans ambages mais non sans exagération «si les vaches ne meurent pas du fait de l'épizootie, elles sont de toute façon destinées à être abattues quelques mois plus tard » pourquoi donc s’indigner ? En fin de compte, ce sont leurs communiqués de presse qui sont indignes.
Il y a un autre point commun entre toutes ces associations, elles considèrent que cet abattage prophylactique n’est pas plus scandaleux que l’abattage pour raison alimentaire. Pour L214 l’attachement des agriculteurs à leur troupeau n’est pas crédible : «face à l’indignation de toutes parts suscitées par les mises à mort de troupeaux entiers, même le président de la FNSEA ose le registre du sauvetage : « Le consensus, en tous les cas, au-delà des syndicats, c’est que tout le monde veut sauver les animaux ». Il ose, il n’est pas crédible ! Peut-être, mais lui au moins et beaucoup de gens avec lui veulent sauver des animaux vivants, réels et pas des animaux « possibles » non existants à la manière de cette association !
Ceci qui dénote d’une totale incompréhension du métier comme l’explique Jocelyne Porcher dans un entretien avec Philosophie Magazine : « Les pseudo-défenseurs de la cause animale supposent que cette relation [de l’éleveur à son troupeau] est factice puisqu’il y a la mise à mort au bout. Mais cela n’a rien à voir : nous parlons de travailleurs qui, tous les jours, sont en contact physique, corporel, charnel, avec des bêtes. Cette compagnie constante forge une relation affective et morale, une identité elle-même irriguée par la finalité de ce travail : nourrir la population. Abattre des vaches pour nourrir la société, ce n’est pas du tout pareil que de les livrer aux équarrisseurs. L’État laisse les éleveurs dans une situation d’impuissance. Pis encore, il piétine cette dimension affective de leur métier. » Et les associations animalistes aussi. Car L 214 n’est pas la seule à douter de la réalité de l’attachement des éleveurs à leur troupeau. C’est le cas aussi du Parti Animaliste. Un paragraphe de son communiqué a pour titre « Colère des éleveurs : une émotion qui interroge »
Que l’opinion publique condamne ces abattages alors qu’elle ne s’émeut pas des abattages d’animaux pour leur viande est unanimement dénoncé par les animalistes. Le Parti des animaux feint de s’interroger « Cette indignation pose néanmoins une question de fond : pourquoi la mise à mort d’animaux en bonne santé serait-elle jugée inacceptable dans ce contexte, alors que l’abattage quotidien, volontaire et systématique de millions d’animaux terrestres chaque jour en France, pour la consommation humaine, reste socialement et politiquement considéré comme normal ? »
La REV quant elle ne s’encombre pas d’euphémisme, elle refuse et condamne ce qu’elle qualifie de « fatalité spéciste » et d’ « hypocrisie systémique » : « Si par une décision gouvernementale, les bovins échappaient finalement à l'euthanasie sanitaire, leur sort resterait de toute façon scellé par l'industrie. Car si les vaches ne meurent pas du fait de l'épizootie, elles sont de toute façon destinées à être abattues quelques mois plus tard, au terme de leur courte vie d'exploitation, pour la production de protéines animales. »
L214 voit dans cette « indignation sélective » un double standard émotionnel qu’elle va expliquer avec le poncif en vogue dans la sphère végane antispéciste, la dissonance cognitive : « cette indignation sélective révèle notre profonde dissonance cognitive vis-à-vis de la consommation de viande : beaucoup séparent mentalement la viande de l’animal vivant. L’abattage sanitaire rend ce lien incontournable, bouscule cette rationalisation et nous oblige à admettre la violence structurelle du système d’élevage dans son ensemble. » Même si l’on admettait que les mangeurs de viande sont sujet à cette dissonance cognitive, il se trouve que dans le cas d’abattage préventif les bêtes abattues sont destinées à l’équarrissage et ne sont pas abattues pour être mangées. Donc l’explication n’est pas pertinente. Non seulement elle n’est pas appropriée pour expliquer cette indignation sélective, mais l’indignation sélective dont fait preuve la majorité des gens réfute cette théorie de la dissonance cognitive des omnivores qui mangent de la viande. En effet, si les gens s’indignent, c’est précisément parce que ces vaches ne sont pas abattues pour être mangée mais gratuitement alors qu’il y avait une autre solution possible pour limiter la maladie. Les vaches abattues pour être mangées ne le sont pas de cette façon, en masse et leurs carcasses ne sont pas chargées pêlemêle dans des bennes et le troupeau n’est pas anéanti. Il n’y a pas d’indignation sélective, il y a deux situations qui sont très différentes et que les animalistes confondent, aveuglés par leurs a priori comme l’explique Jocelyne Porcher dans l’extrait de l’entretient cité au début de ce paragraphe.
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En France les élevages bovins sont des exploitations familiales de taille moyenne ou petite pour la plupart (voir plus haut).Dès que le temps le permet les vaches sont aux prés. Il s’agit d’un élevage « vertueux » tant du point de vue de l’environnement que du bien être animal et de la qualité des produits. De plus, ironie du sort, c’est parce qu’elles vivent à l’air libre que les vaches sont sujettes à cette maladie qui est propagée par les insectes piqueurs comme l’explique le Mouvement écologiste indépendant MEI) dans une lettre argumentée à la ministre de l’agriculture demandant l’arrêt des abattages massifs : « Le taon est le vecteur principal du virus. Si l’insecte est capable de parcourir de grandes distances, il est aussi exophile, c’est-à-dire qu’il ne pénètre pas dans les locaux : les troupeaux infectés le sont au pâturage ce qui distingue habituellement des exploitations familiales. »
Condamner l’élevage à partir de l’élevage bovin en s’appuyant sur cette épidémie de DNC ne devrait pas être facile. Du moins, n’est pas facile si on est honnête intellectuellement. Comment s’y prennent les organisations animalistes ? En pratiquant l’art de l’amalgame : la DNC n’est pas un cas isolé c’est une épizootie de plus. Le Parti Animaliste assène : « La dermatose nodulaire bovine n’est pas un accident isolé » mais n’en dit pas plus tandis que L214 développe : « La DNC n’est pas un cas isolé. Elle s’inscrit dans une série de crises sanitaires à répétition dont la grippe aviaire constitue désormais un marqueur permanent » Cette association n’aurait pas pu trouver de plus mauvais exemple avec la grippe aviaire qui n’est transmissible à des bovins qu’exceptionnellement, touche des types d’élevages qui sont totalement différents et frappe aussi bien les oiseaux domestiques que sauvages, mettant des espèces rares en danger d’extinction. Ce qui ne l’empêche pas d’affirmer qu’elle s’appuie sur la science : « Le consensus scientifique est clair : l’intensification de l’agriculture et notre forte consommation de viande sont des causes identifiées de l’émergence et de la propagation de maladies » Ah ! ce fameux consensus que l’on met à toutes les sauces ! En la circonstance, on se demande bien sur quoi il porte. Notre consommation de viande aurait-elle un lien avec l’apparition de nouvelles maladies contagieuses ? Chez les bovins ? Chez les humains ? L’intensification de l’agriculture est le fait d’une rationalité purement économique dans un contexte néolibéral de concurrence mondiale et ne s’explique pas par une consommation accrue de viande qui en France n’est nullement prouvée, ce serait plutôt l’inverse ! Bref rien n’est clair dans cet argument.
Comme le Parti Animaliste et L214, la REV met tous les élevages dans le même sac. Cette généralisation abusive lui permet d’écrire « L'élevage est le terrain fertile pour l'émergence et la propagation rapide des épizooties. Il concentre les animaux, affaiblit leurs défenses immunitaires par le stress, l’alimentation, comme lors de l'épisode de la vache folle, et les conditions de vie, et crée des réservoirs pour les mutations virales. » Le type d’élevage que décrit la REV dans ce texte est fort éloigné de l’élevage bovin tel qu’il est pratiqué en France. Il évoque plutôt les élevages hors sol industriels de poules, lapins, porcs ! Se référer à « l’épisode de la vache folle » est certes plus pertinent que se référer à la grippe aviaire puisqu’elle a concerné les bovins. Mais bien choisie pour faire peur, elle n’est pas plus honnête. Pourquoi aller chercher une épizootie qui a eu lieu il y a plus de vingt ans ? En France métropolitaine, en plus de la DNC d’apparition très récente les autres épizooties susceptibles d’affecter les bovins en 2025 sont transmises par des moustiques et ne sont pas contagieuses. Comparée à la maladie de « la vache folle » la DNC a une étiologie toute différente, n’est pas transmissible à l’homme et ne peut être attribuée à de mauvaises pratiques. De plus en s’y référant aujourd’hui, la REV oublie que comme le souligne Wikipedia « la crise de la vache folle [a laissé] comme héritage une amélioration des pratiques dans la filière bovine, à travers le retrait de certaines parties de la carcasse à l'abattoir lors de la découpe, mais aussi une traçabilité renforcée des animaux. En santé publique, cette crise a également entraîné le renforcement du concept de principe de précaution. »
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Inutile de poursuivre plus avant dans le commentaire de la prose commise par les associations animalistes à l’occasion de cette crise de la DNC. Il est clair que ces associations se servent de cette crise pour combattre l’élevage bovin bien plus difficile à dénigrer que d’autres sortes d’élevage. Dans cette croisade, l’honnêteté intellectuelle ou morale ne sont pas de mise. Elles ne manifestent aucun égard pour les éleveurs dont on abat le troupeau et bien peu pour les vaches abattues dans ces conditions car comme le dit la REV sans ambages mais non sans exagération «si les vaches ne meurent pas du fait de l'épizootie, elles sont de toute façon destinées à être abattues quelques mois plus tard » pourquoi donc s’indigner ? En fin de compte, ce sont leurs communiqués de presse qui sont indignes.
Lundi 12 Janvier 2026
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