<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.jfdumas.fr/xml/atom.xsl" type="text/xsl" media="screen"?>
<?xml-stylesheet href="http://www.jfdumas.fr/xml/atom.css" type="text/css" media="screen"?>
<feed xmlns="http://www.w3.org/2005/Atom"  xmlns:media="http://search.yahoo.com/mrss/" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:itunes="http://www.itunes.com/dtds/podcast-1.0.dtd" xmlns:geo="http://www.w3.org/2003/01/geo/wgs84_pos#" xmlns:georss="http://www.georss.org/georss" xmlns:photo="http://www.pheed.com/pheed/">
 <title>Jean François DUMAS</title>
 <subtitle><![CDATA[Blog de Jean-François Dumas, Maire-adjoint écologiste de Fontenay-aux-Roses (groupe Les Verts), Conseiller communautaire délégué à l'environnement  à Sud de Seine. Ce blog est aussi consacré à l'écologie théorique, pratique et politique, à la défense de l'environnement, et à la protection de la nature ordinaire et sauvage. Avec Jean-Jacques Rousseau, être de ceux "qui ne veulent étudier la nature que pour trouver sans cesse de nouvelles raisons de l'aimer" et pour la protéger faut-il ajouter au XXI° siècle.]]></subtitle>
 <link rel="alternate" type="text/html" href="http://www.jfdumas.fr" />
 <link rel="self" type="text/xml" href="http://www.jfdumas.fr/xml/atom.xml" />
 <id>http://www.jfdumas.fr/</id>
 <updated>2012-02-06T20:13:35+01:00</updated>
  <entry>
   <title>Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable….</title>
   <updated>2012-02-06T18:32:00+01:00</updated>
   <id>http://www.jfdumas.fr/Climat -un-petit-coup-de-chaud-c-est-agreable_a142.html</id>
   <category term="Au quotidien" />
   <photo:imgsrc>http://www.jfdumas.fr/photo/art/imagette/3783191-5639866.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-02-06T17:39:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-François  Dumas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le GIEC, l’Église de la climatologie et leurs thuriféraires prévoient qu’à cause du réchauffement climatique on ira de catastrophes en catastrophes. Pourtant, l’histoire, la préhistoire et la paléo-histoire du climat semblent indiquer l’inverse. Les périodes chaudes ont toujours été favorables à la vie et, dans les temps historiques, aux hommes. Les froides, c’est le contraire : « Les périodes de réchauffement ont toujours correspondu à des âges d'or pour l'humanité. Ce fut le cas il y a 8 000 ans, au Néolithique, avec l'invention de l'agriculture et plus tard au Moyen Age entre le Xe et le XIIIe siècle. A l'inverse les périodes de refroidissement ont toujours été synonymes de baisse de récoltes et donc de famines, de conflits voire d'épidémies qui ont provoqué de véritables hécatombes. Le XIVe est siècle a été, pour toutes ces raisons, l'un des épisodes les plus noirs de l'histoire de l'Europe. Du coup, je m'étonne que la perspective d'un éventuel réchauffement soulève tant de craintes et de préventions... » Yves Lenoir, écologiste anti-nucléaire, auteur de Climat de panique et de Tchernobyl sur Seine avec Hélène Criée.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3783191-5639866.jpg" alt="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." title="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." />
     </div>
     <div>
      <b>Une faune indigène en pleine santé grâce à une succession d’hivers doux</b>       <br />
              <br />
       Pour montrer l’abomination du réchauffement climatique qui serait en cours, pour le faire toucher du doigt en quelque sorte, rien ne vaut quelques images d’ours polaires sur une banquise qui se fendille. On les retrouve même dans les manuels de SVT des collèges. Comment ne pas s’apitoyer devant les malheurs de ce gros nounours blanc qui, vu de loin, ressemble à une belle peluche, à un doudou ?  Comment ne pas se sentir coupable ? Ce n’est pas seulement le réchauffement climatique qui menace ce super prédateur mais il est certain que, d’origine anthropique ou non, si le réchauffement climatique se poursuivait selon les prévisions du GIEC, ce qui pour l’instant n’est plus le cas, l’espèce aurait à s’adapter et ne serait pas, pour ce que l’on en sait, l’une des gagnantes de ce changement.        <br />
       L’ours polaire arctique ne devrait pourtant pas nous faire oublier une faune plus familière, celle qui fréquente nos jardins par exemple et que ces quelques jours de froid extrême met à mal. Pour elles, un petit coup de chaud serait bien agréable. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3783191-5639867.jpg" alt="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." title="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." />
     </div>
     <div>
      Si j’étais un rouge-gorge, ou une mésange charbonnière, bleue, nonette, à longue queue, ou un autre petit passereau, je serais bien heureux que les hivers soient moins rudes, durent moins longtemps. J’aurais plus de chance de les surmonter, moins de risque d’y laisser des plumes.        <br />
       Si j’étais un jeune marmotton né cet été, moi aussi j’aurais plus de chance de sortir d’hibernation et d’être encore en vie au sortir de l’hiver pour goûter aux bonnes choses de la vie.       <br />
       Si j’étais un jeune chamois, un petit bouquetin, ou un vieux barbu cornu, la vie serait moins dure et je passerai l’hiver sans trop de souci.        <br />
       C’est un fait que mettent en évidence les comptages réalisés dans les parcs nationaux, les hivers doux que nous avons vécus naguère sont favorables aux populations d’ongulés sauvages qui peuplent nos montagnes et cela malgré l’apparition d’un nouveau venu, le loup.        <br />
              <br />
       <b>Des arbres qui poussent plus vite et sont plus grands</b>       <br />
              <br />
       C’est dû autant à la température plus douce qu’au CO2 plus abondant. La croissance des arbres est proportionnelle à la disponibilité de ce gaz honni et à la température. Jouons à YAB et alignons des chiffres : on note une augmentation de 30% à 150% de volume des essences forestières, cette augmentation étant la plus marquée chez les résineux. Les chênes sont plus hauts de 10 mètres en moyenne. La maturité d’un chêne est passée à 180 ans, elle était de 250 ans ; celle d’un hêtre à 120 ans, elle était de 100. Fin de l’épisode YAB qui vient de remonter dans son hélico. Grâce à lui, à sa gabegie de carbone, les arbres ont leurs houppiers qui frémissent d’aise… A moins que cde ne soit à cause du déplacement d’air des pales de son hélico.       <br />
              <br />
       <b>Si maintenant on s’intéresse à nos semblables</b>       <br />
              <br />
       On le sait bien, les nuits les plus chaudes sont aussi les plus câlines… 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3783191-5639893.jpg" alt="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." title="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." />
     </div>
     <div>
      Demandez donc à ceux qui dorment sous les ponts ou sur les trottoirs des quartiers d’affaires s’ils préfèrent les nuits où l’hiver devient mordant aux nuits plus douces des hivers de la fin du siècle dernier ! Pour tous ceux qui goûtent aux joies du camping urbain sur les quais de la Seine ou ailleurs, un petit coup de chaleur, ça ferait du bien. Comme le chantait Aznavour « La misère est moins dure au soleil »        <br />
       En 1816 en Amérique, le ciel a été obscurci par des projections volcaniques, ce qui a entrainé la baisse des températures, empêchant le  blé de murir et entrainant une grave famine.        <br />
       De façon plus générale, lorsque le froid décroît, cela est bénéfique à l’agriculture. Les terres cultivées augmentent, les récoltes sont meilleures et les famines moins nombreuses. L’optimum climatique du Moyen Age – période pendant laquelle les températures étaient beaucoup plus élevées que maintenant, au moins dans l’hémisphère nord – a été une période faste pour l’humanité. Le Groenland portait bien son nom et les Vikings découvrent l’Amérique. Par contre avec la dégradation du climat au XIVe siècle, les famines reviennent de 1315 à 1317, en 1332, de 1335 à 1338 tandis que commence la guerre de cent ans (1337) et que dix ans plus tard sévit de 1348 à 1350, la peste noire. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>L’ennemi de la vie, ce n’est pas le chaud, c’est le froid.</b>       <br />
              <br />
       <span class="fluo_vert">●</span> <b>Vous êtes-vous demandé pourquoi les « hot spots » de la biodiversité sont nombreux dans les régions au climat tropical et semi-tropical ? </b>       <br />
       Tout simplement parce qu’un climat chaud et humide est plus favorable à l’épanouissement de la vie qu’un climat froid et sec. Un climat chaud et humide est excellent pour une végétation aussi exubérante que diversifiée. Plus la diversité végétale est importante, plus variées et nombreuses seront les espèces herbivores que cette végétation pourra nourrit car la nourriture sera variée. C’est un enchaînement vertueux. Si les forêts tropicales abritent beaucoup plus d’espèces d’arbres que les forêts européennes, c’est aussi parce que les glaciations d’il y a deux millions d’années ne sont pas descendues jusqu’à ces latitudes.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3783191-5640005.jpg" alt="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." title="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." />
     </div>
     <div>
      <span class="fluo_vert">●</span> <b>Savez-vous pourquoi les forêts nord-américaines possèdent environ huit fois plus d’espèces d’arbres que les forêts européennes (environ huit cents espèces pour les premières, seulement une centaine pour les secondes) ?</b>       <br />
       Parce que lors des glaciations du quaternaire, les arbres des forêts européennes n’ont pas pu se « réfugier »  en Afrique, pris au piège par la barrière que constituent les chaînes de montagne des Alpes et des Pyrénées et la mer Méditerranée. Les chaînes de montagne d’Amérique du Nord sont, elles, orientées nord/sud et le Mexique crée une continuité avec l’Amérique du Sud. Le refroidissement ayant débuté à l’aube du quaternaire et s’étant poursuivi lentement, les arbres du continent Nord-américain ont pu, génération après génération, migrer vers une zone climatique adaptée à leurs besoins et échapper à l’hécatombe des grandes périodes de glaciation qui ont débutées il y a deux millions d’années. Aux alentours de 13 000 ans BP, le réchauffement climatique a permis aux arbres de repartir vers le Nord.  En Europe, les rescapés du froid qui avaient trouvé asile dans les Carpates roumaines, les Balkans croates, l’Italie et le sud la France vont revenir lentement repeupler leurs régions d’origine. Le retour a commencé avec les espèces pionnières que sont les Bouleaux, les Tilleuls et les Pins qui reconstituèrent l’humus sur lequel purent alors s’installer le Sapin et le Hêtre, il y a environ 5000 ans, puis arrivèrent Charmes et Châtaigniers. Il a fallu attendre 2000 ans de plus avant que n’arrivent les Chênes. Les épicéas sont parmi les derniers arrivés, il y a quelques 500 ans avant J. -C. Le refroidissement climatique a apporté la mort et nos forêts n’ont jamais retrouvée la biodiversité qui était la leur au début du quaternaire. Sur le continent américain, les espèces d’arbres ont pu se soustraire au froid mortifère et grâce au réchauffement climatique venir repeupler leurs anciens territoires. Un petit coup de chaud, c’est bon pour la biodiversité forestière. Un coup de froid, c’est la cata.        <br />
              <br />
       <span class="fluo_vert">●</span> <b>Un petit coup de chaud et c’est la malaria dans la vallée du Rhône ? En voilà une blague !</b>       <br />
       Elle est propagée par le GIEC et Al Gore. Lisons plutôt ce qu’en dit le Professeur Reiter, de l’Institut Pasteur, l’un des meilleurs spécialistes mondiaux des maladies ‘tropicales’. Il a claqué la porte du GIEC et a dû batailler ferme pour que son nom ne figure pas sur les fameux rapports dont il conteste et le contenu et la méthode. Il considère que l’idée selon laquelle « Les maladies ‘tropicales’, notamment le paludisme, se propagent vers les latitudes septentrionales en raison de la hausse des températures » est une idée fausse. Selon lui, « les données historiques montrent que, par le passé, le paludisme était répandu dans les régions tempérées, jusqu’en Scandinavie, et a même su résister aux années les plus froides du petit âge glaciaire. Par ailleurs, dans la majeure partie d’Europe et d’Amérique du Nord, la prévalence de la maladie a amorcé une chute rapide au milieu du 19è siècle, précisément au moment où la planète commençait à se réchauffer. Ce recul s’explique au vu des changements complexes intervenus dans l’écologie rurale et les conditions de vie suite à l’industrialisation, notamment le dépeuplement des zones rurales, les nouvelles techniques culturales et pastorales, le drainage, l’amélioration de l’habitat, l’offre de meilleurs soins de santé et la baisse substantielle du prix de la quinine. » L’extension ou la régression du paludisme ne sont pas liées à l’augmentation ou la baisse des températures, à un réchauffement climatique éventuel mais à des combinaisons de facteurs beaucoup plus complexes. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <span class="fluo_vert">●</span> <b>Un petit coup de chaud et voilà les tempêtes, ouragans et autres calamités météorologiques ? Pas sûr du tout. </b>       <br />
       « Depuis quelques années, il ne se passe pas un hiver excessivement chaud, comme celui de 1989 – 1990, ou très enneigé comme le dernier, voire une inondation spectaculaire sans que l’on en appelle ici ou là, à « l’effet de serre ». Ces événements peuvent-ils s’expliquer par la variabilité naturelle du climat ou sont-ils liés à un changement climatique d’origine anthropique ? Faute de données suffisantes, il est difficile de répondre à cette question. Les mesures instrumentales ne sont en effet pas assez longues pour décrire la fréquence de ces événements dans le régime climatique précédant le réchauffement climatique actuel, c’est-à-dire grosso modo avant 1900. Pour cela, il faudrait étudier les documents historiques relatant ces épisodes dits exceptionnels sur les sept ou huit derniers siècles. » Christian Pfister, le puzzle climatique des historiens, La Recherche, 321, Juin 1999, 64 – 68.        <br />
              <br />
       <b>Tous les effets catastrophiques prédits par le GIEC d’un petit coup de chaud sont contestés par des scientifiques de renom et l’histoire du climat ne tranche pas en faveur de ce catastrophisme. Si l’on ne perd pas de vue cette vérité incontestable, à savoir que la chaleur favorise la vie et ses manifestations, qu’elle a été une des conditions de l’apparition de notre civilisation, et même si l’on peut s’interroger si cette dernière chose fut une bonne chose,  on peut réellement douter que les Cassandre du GIEC aient raison.       <br />
        Oui, pour tout un tas de chose, un petit coup de chaud est agréable et avant que l’on retrouve les températures de l’optimum du Moyen Age, il y a encore de la marge. </b>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3783191-5640111.jpg" alt="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." title="Climat : un petit coup de chaud, c’est agréable…." />
     </div>
     <div>
      <b>Photos : </b>       <br />
       Ours polaire, Angsar 23/07/1996 (Wikicommons)       <br />
       Jeunes bouquetins, Col de Fenestre, Parc du Mercantour, J.F. Dumas, 20/08/2009       <br />
       Tentes de SDF le long du Canal Saint-Martin, Aleske (Wikicommons)       <br />
       <span style="font-style:italic">Quercus rubra</span> (Chêne rouge), Duke Island Park, New Jersey, Timothy van Vliet, 2004 (Wikicommons)       <br />
       Marmotte sortant d'hibernation au printemps.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.jfdumas.fr/Climat -un-petit-coup-de-chaud-c-est-agreable_a142.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements</title>
   <updated>2012-02-04T22:05:00+01:00</updated>
   <id>http://www.jfdumas.fr/Europe-Ecologie-les-Verts-Eva-Joly-et-la-chasse -entre-confusion-ambiguite-et-reniements_a141.html</id>
   <category term="Nature - environnement" />
   <photo:imgsrc>http://www.jfdumas.fr/photo/art/imagette/3773336-5619178.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-02-04T17:58:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-François  Dumas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
André Gattolin – le sénateur parachuté dans le département des Hauts de Seine avec pour seule carte de visite écologiste d’être l’ami de Daniel Cohn-Bendit – a reconnu publiquement le 2 février 2012, dans une intervention faite au Sénat au nom du groupe EE-LV lors de la discussion d’une proposition de loi visant à favoriser la chasse, que « les chasseurs peuvent contribuer à une gestion équilibrée de la nature » notamment par la régulation des populations animales sauvages. Les chasseurs ne pouvaient rêver plus beau cadeau de la part d’un élu se disant écologiste même si cet élu déclarait ensuite que son groupe voterait contre une énième loi d’une extrême complaisance envers les chasseurs les plus extrémistes. Entre autres raisons André Gattolin justifiait d’ailleurs le vote contre cette loi par le souci de ne pas « altérer l’image de la chasse en cautionnant les pratiques les plus irresponsables » !     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619178.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      <b>Une véritable trahison</b>       <br />
              <br />
       Être reconnus comme des protecteurs de la nature à travers leur rôle de « régulation » des populations d’animaux sauvages voilà ce que recherchent avant tout les chasseurs. Cela leur permettrait de chasser n’importe quand, n’importe où, pour peu qu’un ministère complaisant décide d’une « régulation », notamment dans les Parcs nationaux, y compris dans les zones centrales, supposées selon les fédérations de chasse et quelques « experts » à leur solde « manquer de prédateurs », prédateurs qu’ils se feraient un plaisir de remplacer. Chasser dans ces zones, c’est un de leurs rêves. Pour eux, ces sanctuaires où la chasse est interdite depuis près d’un demi-siècle maintenant sont un véritable pays de cocagne au carton facile, qui plus est sur des grands ongulés devenus peu méfiants dans ces territoires refuges. Carton facile que sont maintenant les Oies bernaches du Canada qui pouvaient se reposer sur leur statut d’oiseaux protégés pour moins craindre les hommes. Accepter ce nouvel alibi pour faire perdurer et développer un loisir qui consiste à tuer des êtres vivants sans autre nécessité que de s’amuser est une trahison envers tous les protecteurs de la nature qui se battent contre ces prétentions des chasseurs à venir perpétrer leurs méfaits jusque dans ce qui était des refuges inviolables pour toutes les espèces chassables comme pour tous les prétendus « nuisibles ». Cette trahison, André Gattolin l’a commise comme l’a commise le groupe des sénateurs EE-LV qui se prétendent écologistes et dont il a été le porte-parole complaisant. Qui pourra s’opposer à une prétendue « régulation par la chasse » des populations animales sauvages si même les écologistes en reconnaissent la nécessité et le bien-fondé ? !       <br />
              <br />
       Comment  Monsieur Gattolin et les autres sénateurs qui se disent « écologistes » peuvent-ils être assez naïfs, stupides ou ignares sur ce milieu et cette pratique pour croire que les  chasseurs « aiment la nature » ? Les chasseurs n’aiment pas la nature, ils aiment faire parler la poudre, ils aiment tuer. Faut-il rappeler à ces prétendus « écologistes » combien il a été difficile de surmonter le refus obstiné de ces « amoureux de la nature » de ne plus utiliser de plomb dans leurs cartouches malgré les pollutions des sols et des eaux qu’ils occasionnaient, malgré les canards granivores qui mourraient de saturnisme ? Faut-il leur rappeler que les bouquetins que les chasseurs veulent maintenant réguler dans les Parcs nationaux ont failli disparaitre à cause de ce « sport » sanguinaire ? Faut-il leur mettre sous le nez la longue liste des espèces en danger d’extinction ou disparues à cause cette chasse ? Faut-il leur expliquer que cette « prédation » par la chasse n’a rien d’une régulation naturelle (en particulier : ce sont les individus les plus robustes, les meilleurs reproducteurs ou reproductrices qui sont tués pour le trophée ou la viande) et qu’elle a de nombreux effets pervers par les dérangements qu’elle occasionne ? Peut-être faut-il leur rappeler tout cela car à force de vouloir être un parti « généraliste » dit de « gouvernement », EE-LV, soucieux avant tout d’électoralisme, est en train d’oublier ses fondamentaux. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619179.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      <b>Une position platement électoraliste et opportuniste</b>       <br />
       Ne soyons donc pas naïf non plus. Lorsqu’on lit l’intervention de Gattolin, on comprend vite qu’il s’agit de ménager la chèvre, les associations de protection de la nature et notamment la LPO dont les adhérents sont des électeurs en puissance et le chou, les chasseurs qu’il ne faut pas se mettre à dos pour essayer de gagner quelques voix chez les ruraux. Bref, en ces périodes électorales, il s’agit de ne se mettre à dos aucun lobby, de ne choquer personne, de satisfaire tout le monde ou du moins d’essayer, d’où cette façon de caresser les chasseurs dans le sens du poil tout en reprenant les mesures ponctuelles demandées par la LPO pour gommer les excès les plus manifestes de cette loi scélérate.        <br />
       Jusqu’à ce revirement des Sénateurs EE-LV, Les Verts ou les différentes organisations et partis qui les ont précédés, sans proposer de supprimer la chasse, ont toujours mis en évidence son caractère nocif pour la nature et les espèces sauvages et ont proposé des mesures visant à la restreindre comme à restreindre le droit de chasse. Jamais il n’a été question de reconnaître aux chasseurs un statut quelconque de protecteurs de la nature et de gestionnaires de celle-ci. C’est seulement avec la création d’EE-LV et la publication de son programme tiédasse que les choses changent. Dans ce programme on peut lire en effet « Des efforts ont été faits dans le milieu [des chasseurs] et certaines fédérations de chasse ont pris un tournant positif en matière de gestion de protection de l’espace et de la faune » (p. 12 du document en ligne) Dans ce texte se trouvent en creux la position que les sénateurs EE-LV ont prise dans la déclaration lue par Gattolin, le reniement et la trahison de tous les protecteurs authentiques des animaux et de la nature : il faut être singulièrement culotté pour affirmer que les fédérations de chasse protègent la faune… à coups de fusil. Finalement à quelques nuances près EE-LV et les sénateurs EE-LV disent la même chose que le lobby des chasseurs à l’origine de cette nouvelle loi. Dans l’exposé des motifs, on peut lire en effet : « La présente proposition de loi portant diverses dispositions d’ordre cynégétique est constituée de dispositions apparues nécessaires pour permettre aux chasseurs l’accomplissement de leur passion dans les meilleures conditions tout en leur reconnaissant une contribution importante à la préservation des territoires » et un peu plus loin dans le texte : « acteurs importants de la protection de la nature, les chasseurs ont besoin d’être légitimés dans leur engagement » (sic !)
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619431.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      <b>Un revirement jamais débattu </b>       <br />
              <br />
       On lisait dans le programme de 1981 des écologistes : « La France abrite 120 000 espèces animales (5 à 10% des espèces terrestres)(…) mais (…) il reste 5 ou 6 couples de balbuzards pêcheurs, 10 à 15 de gypaètes barbus, 50 à 80  grands ducs. Même le hérisson, la taupe, le lièvre, le lérot sont en régression. Quelles sont les causes principales de ces disparitions ? Le prélèvement excessif est source de raréfaction. (…) 2,2 millions de Français sont chasseurs [le nombre a baissé depuis de près de la moitié] avec des armes de plus en plus perfectionnées, des routes de plus en plus nombreuses qui permettent de pénétrer en voiture au plus profond de la campagne [aujourd’hui il y a les 4x4]. Le gibier n’y a pas résisté » (<span style="font-style:italic">Ecologie, le pouvoir de vivre,</span> 1981, p.24). Dans les dernières versions du « livre des Verts » on pouvait lire sous le titre « Chasser n’est pas jouer » : « Les Verts, s’il ne sont pas philosophiquement pro-chasse, ne mettent pas dans la même gibecière tous les chasseurs et le lobby de « l’extrême chasse », défenseur du viandard qui s’obstine à décimer des populations d’oiseaux, clamant haut et fort son mépris des lois (…) Compte tenu du danger qu’elle [la chasse] représente pour les personnes et les biens, la chasse exige des précautions particulières et un renforcement de la législation en vigueur »(<span style="font-style:italic">Le nouveau livre des Verts</span>, 1999, p. 235)  Le texte est peut-être plus modéré que celui de 1981 mais il n’est pas question de reconnaître les chasseurs comme des protecteurs et gestionnaires avisés de la nature, les Verts s’affirment encore clairement anti-chasse. En outre les dessins extraits de Charlie Hebdo qui illustrent les textes  de cet ouvrage sont des caricatures anti-chasse assez féroces. Page 20 par exemple, on trouve une caricature due à Luz dans laquelle un rambo, armé jusqu’aux dents, avec à ses pieds des animaux tués et une bouteille de vin vide, éructe « Quelqu’un qui n’aime pas la mort ne mérite pas de vivre » et  tire sur un panneau électoral  sur lequel on peut lire « Non à la chasse, votez Blandin »  Voir aussi celles des pages 234 et 238 qui ne manquent pas de sel… Le ton était donné : même si dans les mesures proposées ne figurait pas l’abolition de la chasse, les Verts étaient nettement du côté de ceux qui condamnent ce passe-temps mortifère. Comme souvent dans ce parti qui veut donner des leçons de démocratie et de bonnes pratiques à la Terre entière, un changement radical des principes fondamentaux s’est produit sans débat, subrepticement, à l’occasion de la réécriture du programme par un petit groupe sans légitimité, les militants n’y voyant que du feu. D’ailleurs, certains croient encore en toute bonne foi, comme beaucoup de 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      chasseurs et de promeneurs, qu’EE-LV est « anti-chasse ». C’était vrai naguère pour Les Verts, cela ne l’est plus aujourd’hui. Et ce n’est pas la première fois que de tels changements radicaux dans les programmes et les principes se produisent. Cela a déjà été le cas, par exemple, sur un sujet aussi essentiel que la démographie sur laquelle EE-LV observe le mutisme le plus absolu ayant remisé les professions de foi antinatalistes au vestiaire des idées politiquement non correctes, réputées (à tort ?) mauvaises sur le plan électoral. Et en ce qui concerne la politique du logement, on ne voit guère, mis à part une surenchère, ce qui distingue les propositions d’EE-LV de celles de la gauche classique. Etc., etc. …       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619462.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      <b>« Les Taureaux s’ennuient le dimanche lorsqu’il s’agit de mourir pour nous » </b>       <br />
              <br />
       Pour toutes les questions concernant la chasse et le statut des animaux, sauvages ou domestiques, le flou est de mise. D’un côté, selon le programme officiel d’EE-LV « Vivre mieux, vers la société écologique », il faut proposer au parlement une loi qui fera passer l’animal du statut de « bien meuble » à celui d’être vivant. « Le bien-être animal sera pris en compte dans les politiques thématiques (transport, abattage et bâtiments en agriculture, animalerie, cirques…) et les pratiques brutales, cruelles et indignes seront proscrites » (p. 12)  D’un autre côté Eva Joly, candidate officielle du parti EE-LV déclare : « La corrida est très populaire dans le Sud de l'Europe et il convient d'empêcher que cela se développe ailleurs que là où c'est ancré dans les traditions. Il faut limiter l'accès à ce spectacle aux adultes. » Elle ajoute : « Je suis hésitante sur une interdiction, car en Espagne, cela fait partie vraiment de la culture. Une interdiction ne peut se faire que progressivement, en concertation avec les populations locales. » En aucun cas l’ancienne magistrate ne songe aux animaux, aux taureaux torturés, aux chevaux éventrés. Si cela n’est pas un ensemble de «pratiques brutales, cruelles et indignes »… Où donc est la cohérence ?        <br />
       De même le programme d’EE-LV veut interdire les « chasses particulièrement cruelles ». Toute chasse est cruelle, mais il y en a qui sont encore plus cruelles que d’autres. Personne ne peut contester que parmi ces dernières, la chasse à courre, survivance d’un passé révolu, est dans le peloton de tête. Or, l’ancienne magistrate récemment convertie à l’écologie ne manifeste pas sur ce sujet le zèle des néophytes. Elle considère quant à elle que  «La chasse à courre est aussi une chasse ancestrale et très implantée dans certaines régions, et donc ma réponse est la même [que pour la corrida, elle ne souhaite pas l’interdire]. Il y va du respect des cultures locales, des régions, des identités culturelles.»       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619487.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      Avec de tels propos, il n’est pas étonnant que Madame Joly ne décolle pas dans les sondages. Rappelons incidemment que, l’Angleterre, pays des traditions s’il en existe un, a renoncé aux chasses à courre… Pourquoi n’y a-t-il pas eu de recadrage de la part de la direction d’EE-LV si prompte à s’émouvoir lorsqu’Eva Joly s’en prend, à juste titre pourtant, à François Hollande sur le nucléaire ? Il est vrai que ni les chevaux des picadors, les taureaux, les chiens de meute, les cerfs et tout le petit peuple de plumes et de poils que battues et chasses à courre terrorisent et mettent en danger ne risquent de faire capoter l’accord conclu avec le PS et les sièges de député qui sont à la clé. Les associations, comme « Convention Vie et Nature » qui ont demandé à Eva Joly et à EE-LV de lever les ambiguïtés de leurs prises de position n’ont eu que le silence pour réponse. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619509.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      Certes dans les circonstances actuelles, il faut tout faire pour battre le président sortant, un individu dangereux pour la faune et la flore comme pour beaucoup d’autres choses. Mais il n’y a pas à l’heure actuelle de raison vraiment puissante qui pousse à choisir pour cela le vote de la candidate  EE-LV, le vote Eva Joly. Même ses positions sur le nucléaire souffrent d’une ambigüité, la même que celle qui vient d’être mise en évidence pour la chasse mais en sens inverse. Sa fermeté n’est guère crédible puisqu’au-delà de ses paroles, elle porte les couleurs d’un parti qui a capitulé en rase campagne en signant un accord qui garantit une longue vie à cette industrie mortifère.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Annexes</b>       <br />
              <br />
       <b>•Voici le passage de la déclaration d’André Gattolin au Sénat le 2 février 2012 : </b>       <br />
       « <span style="font-style:italic">Nous reconnaissons que les chasseurs peuvent contribuer à une gestion équilibrée de la nature et nous n’ignorons pas les difficultés de régulation des populations (comme celle notamment des sangliers). Il y a parmi les chasseurs de vrais amoureux de la nature et qui, de plus en plus souvent, se battent aux côtés des écologistes contre certains projets </span>»        <br />
              <br />
       <b>●NB 1: Si les écologistes défendent l’environnement et la nature, les chasseurs défendent leur terrain de jeu. </b>Dans certains cas, cela peut entraîner des convergences d’intérêt et comme les chasseurs sont un lobby puissant, cela peut être efficace. De là à s’appuyer sur cette convergence d’intérêts occasionnelle pour justifier la chasse et attribuer un brevet d’ami et protecteur de la nature à certains chasseurs en tant que chasseurs est intellectuellement malhonnête et écologiquement scandaleux.       <br />
              <br />
       <b>●NB 2 : La question des sangliers ou les pompiers pyromanes. </b>       <br />
       Avant de raconter n’importe quelles balivernes, je conseille à André Gatttolin, Vincent Placé et ses troupes la lecture de l’ouvrage de Pascal Etienne, <span style="font-style:italic">Le sanglier</span>, Delachaux et Niestlé, Paris 2003 qui constitue une somme des connaissances sur cette espèce. Je leur conseille tout particulièrement de lire le texte suivant qui en est un court extrait. Il ne dispense cependant pas de la lecture de tout l’ouvrage si l’on veut vraiment connaître le cas de cette espèce et éviter de colporter des bêtises à son sujet.        <br />
       « La soi-disant « gestion » de l’espèce [le Sanglier] incita nombre d’adeptes à libérer en France, sans discernement, des animaux issus d’élevage, avec tous les risques que cela comporte. <b>La cause première est en réalité une mauvaise maîtrise des populations sauvages qui déclinent sous les prélèvements abusifs</b>. De tels sangliers d’élevage sont souvent élevés dans des conditions de promiscuité, de mauvaise hygiène, et peuvent être porteurs de maladies latentes. Le risque majeur consiste surtout en une possible pollution génétique car les partisans de ces lâchers n’hésitent pas,<b> pour augmenter la vitesse de croissance et la fécondité</b>, à croiser les individus de souche pure avec des porcs domestiques » (p. 149, souligné par moi JFD)       <br />
       La passion-chasse n’est pas une passion-nature. Les chasseurs ne sont pas et n’ont pas à être de quelque façon que ce soit des « gestionnaires de la Nature », à supposer que celle-ci ait besoin de gestionnaires. A mon humble avis, elle se gère bien mieux seule.        <br />
              <br />
       <b>●NB 3 : Heureusement qu'il y a la chasse à courre...</b>       <br />
       Voici la question d'un  « amoureux de la nature » et la réponse par l'ONCFS  (Office national de la chasse et de la faune sauvage) :       <br />
       « Je souhaiterais chasser le sanglier à l’épieu. Quelle est la réglementation ?        <br />
       La chasse à l’épieu ne fait pas partie des modes de chasse autorisées en France. Toutefois, vous pouvez utiliser un épieu pour mettre à mort l’animal lorsqu’il est déjà capturé, c’est plus spécialement le cas d’un sanglier aux abois en chasse à courre ou d’un sanglier blessé par le tir d’une arme à feu et au ferme. » Il n'y a pas à dire la chasse à courre est une belle tradition, bien barbare qu'il faut maintenir à tout prix au nom des identités culturelles, celles des Rois Francs, sans doute, Madame Joly?       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3773336-5619526.jpg" alt="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" title="Europe-Écologie /les Verts, Eva Joly et la chasse : entre confusion, ambiguïté et reniements" />
     </div>
     <div>
      <b>Iconographie</b>.       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Marcassin</span>, Sander van der Vel, wikicommons,       <br />
       <span style="font-style:italic">Fin de chasse à courre, cerf mort</span>, One voice       <br />
       <span style="font-style:italic">Cerf dont la machoire a été brisée pendant la chasse à courre</span>, One voice       <br />
       <span style="font-style:italic">Manifestation anti-corrida</span>, Ekinez Sorta, wikicommon       <br />
       <span style="font-style:italic">Taureau achevé</span>, anonyme, wikicommons       <br />
       <span style="font-style:italic">Sanglier sauv</span>age, WildZwign, wikicommons,       <br />
       <span style="font-style:italic">Le sanglier de Calydon</span>, gravure de Régius pour <span style="font-style:italic">Les métamorphoses </span>d'Ovide, Livre VIII, 281 - 317       <br />
              <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.jfdumas.fr/Europe-Ecologie-les-Verts-Eva-Joly-et-la-chasse -entre-confusion-ambiguite-et-reniements_a141.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Philippe Kaltenbach, sénateur-maire de Clamart mis en cause par une vidéo</title>
   <updated>2012-01-30T17:29:00+01:00</updated>
   <id>http://www.jfdumas.fr/Philippe-Kaltenbach-senateur-maire-de-Clamart-mis-en-cause-par-une-video_a140.html</id>
   <category term="Au quotidien" />
   <published>2012-01-30T16:57:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-François  Dumas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Le Maire de Clamart est aussi Vice-président de notre agglomération Sud de Seine. C'est pourquoi je relaie la position du groupe Europe-Ecologie de Clamart que je partage.     <div>
      « Nous avons appris mercredi soir l'existence d'une vidéo mettant en cause le maire de Clamart, vidéo immédiatement dénoncée par celui-ci publiquement en conseil municipal comme une manœuvre de l'UMP pour le déstabiliser.       <br />
              <br />
       « Compte tenu de la gravité des accusations portées à l'encontre du maire de Clamart, du passif judiciaire du maire UMP du Plessis-Robinson à l'origine de l'information au procureur Courroye il y a plusieurs mois et de l'enquête judiciaire qui a suivi et est encore en cours, nous observerons une stricte neutralité respectant la présomption d'innocence.       <br />
              <br />
       Nous demandons cependant que l'enquête ne soit pas menée sous la responsabilité du procureur des Hauts-de-Seine, proche de Nicolas Sarkozy et mis en examen le 17 janvier dernier pour les enquêtes illégales en direction de journalistes du Monde.       <br />
              <br />
       Soucieux d'éthique et de transparence dans notre façon de faire de la politique, nous souhaitons que toute la lumière soit faite concernant cette affaire et ce dans les plus brefs délais. » <span style="font-style:italic">Europe Écologie Les Verts. Groupe de Clamart - Plessis Robinson.</span>       <br />
              <br />
       Cela dit, il faut remarquer que le maire de Clamart a fait procéder à une analyse de cette vidéo. Des points troublants sont apparus et comme cette vidéo a été largement difffusée sur Internet, il serait juste que cette analyse reçoive une aussi grande diffusion. On la trouvera <a class="link" href="http://philippekaltenbach.typepad.fr/files/dossier-de-presse-pk.pdf">ici</a>
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.jfdumas.fr/Philippe-Kaltenbach-senateur-maire-de-Clamart-mis-en-cause-par-une-video_a140.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>Pour rendre hommage à Roger Belbéoch, militant antinucléaire radical de la première heure.</title>
   <updated>2012-01-19T20:34:00+01:00</updated>
   <id>http://www.jfdumas.fr/Pour-rendre-hommage-a-Roger-Belbeoch-militant-antinucleaire-radical-de-la-premiere-heure_a139.html</id>
   <category term="Au quotidien" />
   <published>2012-01-19T17:21:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-François  Dumas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Roger Belbéoch est décédé le 27 décembre 2011 à l'âge de quatre-vingt-trois ans. Avec sa femme Bella, ils furent parmi les premiers physiciens nucléaires à s’élever contre l’industrie nucléaire.     <div>
      <b>Un chercheur en physique nucléaire engagé…</b>       <br />
              <br />
       Roger Belbéoch a travaillé dans un laboratoire universitaire de recherche (Orsay, Paris-Sud). Sa spécialité était les accélérateurs de particules et la physique des faisceaux de haute énergie. Dans ce cadre il utilisait de grosses installations productrices de rayonnements, ce qui l’a conduit à s’intéresser aux effets biologiques des rayonnements ionisants. Là est l'origine, en 1970 de son questionnement sur les dangers de l'énergie nucléaire et de ses prises de position antinucléaires radicales. Il a été un des pilliers avec Bella Belbéoch, Monique et Raymond Sené du GSIEN (Groupement des scientifiques indépendants) fondé en 1975. Il a participé au mouvement « Survivre et Vivre » fondés par les mathématiciens Pierre Samuel, Claude Chevalley, Alexander Grothendieck, groupe qui fut l’une des origines du mouvement écologiste en France. Il était directeur de publication de la «Lettre du Comité Stop Nogent ».        <br />
              <br />
       <b>…dont la compétence et la capacité d’expertise va nous manquer</b>       <br />
              <br />
       Comme le rappelle la CRIIRAD « Roger [Belbéoch] avait la capacité d'analyser les problèmes du nucléaire en dehors de tout schéma établi et de toute compromission. Ses analyses effectuées avec une lucidité, une compétence et une rigueur hors du commun nous ont alertés depuis longtemps sur les risques liés à l’industrie nucléaire, risques confirmés par les catastrophes de Tchernobyl, puis de Fukushima. Roger [Belbéoch] a toujours recherché la vérité, mais pas les récompenses ou les honneurs. »
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      Les pâles leaders opportunistes et carriéristes des partis écologistes actuels n’ont pas daigné lui rendre hommage. Il faut dire qu’ils sont bien éloignés de sa radicalité antinucléaire, acceptant dans l’espoir de sièges à l’assemblée nationale de se plier aux exigences des nucléocrates irresponsables de droite (comme l’a fait Corinne Lepage), de gauche comme l’a fait Dominique Voynet, et comme le fait aujourd’hui EE – LV  avec François Hollande.       <br />
              <br />
       <b>Un anti-nucléaire radical</b>       <br />
              <br />
       Roger Belbéoch était un antinucléaire radical parce qu’il était conscient des conséquences insupportables des catastrophes nucléaires, non seulement pour la nature et l’homme mais aussi pour la démocratie qu’elles feront sombrer dans une sorte d’électro-fascisme, catastrophes dont Tchernobyl et Fukushima nous ont donné un avant-goût. Ses positions sont d’une logique implacable : le risque nucléaire est insupportable et inacceptable. Il faut donc sortir du nucléaire au plus vite avant la catastrophe. Attendre en croisant les doigts dix, vingt ou trente ans est d’une rare inconséquence dès lors que l’on a pris conscience du danger et de l’inéluctabilité des catastrophes : « C’est avant l’accident qu’il faut agir. Après, il n’y a plus qu’à subir. »        <br />
              <br />
       <b>Pour une sortie rapide du nucléaire avant la catastrophe</b>       <br />
              <br />
       Les énergies renouvelables et les économies d’énergie ne permettent pas à l’heure actuelle à elles seules cette sortie immédiate. Pour B. et R. Belbéoch, elles ne le permettront d’ailleurs jamais si nous ne changeons pas de mode de vie : « Il est évident, écrivaient-ils, que vivre comme nous vivons actuellement avec de l’énergie solaire et éolienne serait extrêmement attrayant. Le même confort de vie, pas de danger, pas de déchets, pas d’atteinte à l’environnement. Malheureusement, la réalité est très différente. » Et le nier est « une escroquerie » qu’ils démasquent dans leur livre <span style="font-style:italic">Sortir du nucléaire avant la catastrophe, c’est possible.</span> Si les énergies renouvelables et les économies d’énergie ne nous permettent pas une sortie rapide du nucléaire en l’état actuel et comme celle-ci est impérative, il n’y a pas le choix : « Une stratégie de sortie rapide du nucléaire, pour être crédible et acceptable par la population, ne doit compter que sur des technologies directement utilisables actuellement, c’est-à-dire, outre l’hydraulique, la production d’énergies électrique à partir des combustibles fossiles : le fioul, le gaz et le charbon » (p. 49)B. et R.  Belbéoch préconisent une sortie rapide du nucléaire par un recours massif aux énergies fossiles, surtout au charbon utilisé selon les méthodes contemporaines pour réduire la pollution. Il s’agit de lavage des fumées pour dénitrification et désulfurisation et de techniques de combustion « propre» Ce scepticisme sur les potentialités des « énergies renouvelables », cette opposition argumentée à une « diabolisation » du charbon attirèrent sur les Belbéoch l’inimité de beaucoup d’écologistes. Et les choses se gâtèrent encore d’avantage lorsqu’ils expliquent  dans le livre cité qu’il est bien évident que  « l’on ne peut brûler du charbon sans produire du gaz carbonique et contribuer ainsi à l’effet de serre » mais que si l’on fait une évaluation honnête et sérieuse de l’augmentation induite de cet effet de serre par la substitution du charbon au nucléaire dans le monde, celle-ci serait inférieure 2,5% , donc négligeable : « Si cet effet de serre est vraiment catastrophique, il ne sera guère sensible à ce très faible excès dû à l’arrêt mondial de l’énergie nucléaire » (p. 64) Par contre « l’effet de serre mis en avant par les écologistes pour condamner l’usage du charbon en remplacement du nucléaire a été une aubaine qu’EDF s’est empressée d’utiliser » (<span style="font-style:italic">ibid</span>.) C'est ce que devrait effectivement penser tout antinucléaire sérieux et déterminé. Dans cette citation « écologiste » est mis pour « Les Verts » partisans d'une sortie différée car il existait et il existe encore, Dieu merci, des écologistes qui partagent, au moins dans ses lignes de force, la position de B. et R. Belbéoch et qui se retrouvent un peu orphelins aujourd’hui.        <br />
              <br />
       <b>Des positions réalistes face aux utopies et aux confusions</b>       <br />
              <br />
       Les positions et propositions de B. et R. Belbéoch  sont réalistes mais les nucléocrates alliés aux oracles du GIEC ont gagné la bataille de l’opinion et ces propositions se heurtent à un front commun contre nature des Verts et des pro-nucléaires. Combien sensée est cette réflexion : « Bien sûr, le charbon ce n’est pas l’idéal, mais il y a une menace immédiate, la catastrophe nucléaire, et elle n’épargnera pas nos descendants. La sortie rapide répond à une urgence mais elle ne résout pas tous les problèmes de notre société. » (p.110) Mais aussi : « Il ne devrait pas y avoir d’opposition entre une sortie rapide du nucléaire avec les moyens dont on dispose (hydraulique, charbon, fioul) et le développement d’une stratégie énergétique pour une société vivable à plus long terme. Ce sont là deux préoccupations différentes » (p.108) Le défaut majeur de la réflexion de beaucoup d’écologistes est qu’ils confondent les deux. Les différents scénarios de sorties différées proposées par des associations ou fondations diverses font cette même confusion. Il est bien évident qu’à long terme, nous devrons nous passer du charbon et à plus court terme du pétrole, mais le problème du remplacement du nucléaire n’est pas celui-là. Il ne s’agit pas de préparer la transition énergétique, il s’agit d’éviter une catastrophe qui rendrait brutale et très douloureuse cette transition. Les emballements scientifico-médiatiques sur le climat renforcent cette confusion. Proposer un redéploiement de centrales à charbon modernes risque d’être totalement inaudible aujourd’hui tandis que la France s’enfonce dans le nucléaire car contrairement à ce que peuvent faire croire les scénarios d’une sortie différée et très lissée dans le temps, « plus on tarde à sortir du nucléaire et plus la sortie sera difficile » « Aujourd’hui [1998], la sortie rapide et déjà beaucoup plus difficile à réaliser qu’en 1993. Peut-être que dans quelques années cela sera impossible et le mouvement qui se dit antinucléaire aura une part de responsabilité dans cette situation qui pourrait bien conduire à un renouvellement du parc nucléaire » (pp. 116 – 117) Paroles singulièrement clairvoyantes puisque nous y sommes et que ce renouvellement est à l’ordre du jour avec la tête de série, le réacteur EPR de Flamanville. Faudra-t-il un accident majeur pour qu’enfin nous tournions vraiment le dos au nucléaire ?  Au lieu d’être rapide, la sortie risque alors d’être brutale et précipitée.  Les Japonais font aujourd’hui la douloureuse expérience d’une telle sortie. Avec nos 58 réacteurs, nous risquons chaque jour de  nous retrouver dans la même situation. Saurons-nous alors faire face comme le font les japonais : restriction de chauffage, de climatisation, d’éclairage…Plus d’ascenseurs, ni d’escalators, une organisation du travail modifiée, des territoires stérilisés, une agriculture sinistrée, des importations massives de gaz liquéfié, etc.        <br />
              <br />
       <b>Démasquer les faux semblants des politiciens qui se disent écologistes et antinucléaires</b>       <br />
              <br />
       C’est ce que permet aussi la lecture des écrits de Roger Belbéoch et explique que les apparatchiks d’EELV ont omis de lui rendre hommage – avec peut-être l’ignorance de l’histoire d’un mouvement et d’un courant de pensée qu’ils prétendent incarner. Comme le soulignent B. et R. Belbéoch« La totalité des partis politiques de la gauche à la droite étant pronucléaire, toute position antinucléaire radicale conduit à une rupture politique » (p. 85) C’est une des raisons , d’ailleurs, qui fait que si les écologistes ont noué depuis toujours des alliances au niveau local, ils n’en contractaient pas au niveau national, présentant des candidats au premier tour des législatives et des présidentielles et ne donnant pas de consignes de vote au second tour. Aujourd’hui les choses ont bien changé mais à quel prix ? « L’adoption d’une sortie différée, en douceur sur 25 ans, permet de concilier une attitude apparemment antinucléaire avec des forces pronucléaires afin d’aboutir à des alliances électorales dont le seul but est d’assurer des élus et non une stratégie antinucléaire » (p.84) Ecrit en 1993, ce texte reste d’une brûlante actualité. Il est évident qu’un antinucléaire radical ne peut se retrouver dans ces compromis et qu’au fil du temps, les concessions que fait la Gauche aux antinucléaires dans les accords passés avec les Verts sont de plus en plus minces. Mitterrand avait promis d’arrêter la construction de Plogoff, Jospin de stopper Superphénix.  Certes, Plogoff, Crey-Malville n’étaient que des gestes symboliques de faible portée et la nucléarisation de la France a continué mais aujourd’hui, il n’est même plus question de faire un geste pour obtenir un accord avec EE – LV, il suffit d’être généreux en fauteuils de député : Hollande ne veut même pas arrêter la construction de l’EPR de Flamanville !        <br />
              <br />
       On pouvait ne pas être d’accord avec toutes les positions de Roger Belbéoch, il n’en reste pas moins que sa clairvoyance, rarement mise en défaut va nous manquer. Son courage et son honnêteté  intellectuelle aussi. On dit souvent que l’Ecologie n’a pas les hommes et les femmes qu’elle mériterait pour l’incarner. C’est de plus en plus vrai mais en ce qui concerne Roger Belbéoch, c’était tout à fait faux.       <br />
              <br />
        N. b. : Les citations de cet article sont extraites de Bella et Roger Belbéoch, <span style="font-style:italic">Sortir du nucléaire, c’est possible avant la catastrophe, </span>L’esprit Frappeur, 1998. Si certaines analyses de cet ouvrage demandent à être actualisées avec des données récentes, elles restent plus que jamais valables et décapantes à une période où l’on se sert d’hypothétiques catastrophes futures pour nous détourner de celles qui nous pendent au nez. Oui, Roger Belbéoch va manquer aux antinucléaires!        <br />
              <br />
       Roger Belbéoch n’aimait pas qu’on le photographie. J’avais pourtant trouvé une image de lui. Mais elle n’illustrera pas cet article. Il préférait l’écrit. Comme les perspectives de la lutte antinucléaire n’ont jamais été aussi sombres en France, je l’illustrerai par les extraits d’un texte de Bella Belbéoch publié dans le numéro 119 de Novembre 2010 de «La lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine »       <br />
              <br />
       <b>Texte de Bella Belbéoch </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Évidemment, puisque la France est toujours le pays au monde le plus nucléarisé par habitant il n’est pas glorieux pour nous tous qui avons participé aux luttes antinucléaires de raconter aux enfants et petits-enfants «nous avons échoué ».</span> <span style="font-style:italic">On n’a pas eu la chance des habitants de Plogoff qui ont défendu leur territoire quasiment en guérilléros, soutenus par les antinucléaires de la France entière lors de la manifestation grandiose de mai 1980 et Mitterrand a tenu la promesse qu’il avait faite à Brest lors de la campagne électorale avant le scrutin de mai 1981 : il n’y a pas eu de centrale nucléaire à Plogoff. </span> <span style="font-style:italic">Mais contrairement à l’opinion courante, les habitants de Plogoff n’étaient pas antinucléaires, ils étaient contre une centrale installée chez eux, l’effet «NIMBY»,« pas dans mon jardin », les centrales ailleurs que chez eux ils n’en avaient rien à cirer. Des pronucléaires en somme !</span>[…]       <br />
       <span style="font-style:italic">Avant les élections présidentielles de 1981 Mitterrand avait promis au CCPAH, le comité contre la pollution atomique à la Hague, qu’il n’autoriserait pas l’extension UP3 de l’usine de retraitement. Ce n’était qu’une façon de recueillir les voix des écologistes naïfs car, une fois élu en mai 1981, l’usine a poursuivi son développement et l’extension UP3 de traitement du plutonium a eu lieu.       <br />
       Pour finir, on a bel et bien reçu des grenades lacrymogènes «socialistes» en fin de manifestation antinucléaire à Paris en OCTOBRE 1981 ! Et la nucléarisation de la France s’est poursuivie.       <br />
       Les témoins disparaissent et à chaque génération les jeunes doivent découvrir ce qui se cache sous les« bienfaits » du nucléaire durable, supposé « sûr » malgré les incidents des réacteurs, ceux qui sont connus, ceux non prévus qui ne se dévoilent que lors du fonctionnement du réacteur (par exemple sur le palier N4 1450 MW, les fissurations et fuites d’eau sur le circuit de refroidissement à l’arrêt de Civaux), la dégradation de l’enceinte de confinement par fluage du béton etc. Chaque changement physico-chimique peut engendrer des mécanismes encore inconnus. Comment réagiront les matériaux avec l’augmentation de l’enrichissement du combustible et des taux de combustion, les changements d’alliage des assemblages ? Que deviendront les fissurations de l’acier des cuves sous revêtement dont on nous assure qu’elles n’évoluent pas et qui seraient« d’origine » ?       <br />
       Nos enfants réapprendront que les mines d’uranium ont contaminé le pays, que l’électricité nucléaire produit des déchets radioactifs, que les faibles doses de rayonnement sont nocives, cancérigènes (malgré ce qu’en disent nos académies des sciences et de médecine pour qui il n’y a aucun effet en-dessous de 10 milli sieverts). Qu’il y a des conséquences sanitaires du nucléaire civil, parmi ceux qui ont extrait l’uranium des mines, qui l’ont transformé en yellow cake, ceux qui le «convertissent » en hexafluorure, tous ceux qui ont travaillé l’uranium sous toutes les formes chimiques métal, oxyde, fluorure et autres, parmi la population vivant aux alentours des installations.       <br />
       En 1975, une rumeur a circulé à Saclay, il était question de 8 leucémies et cancers parmi les travailleurs de La Hague et depuis plus aucune nouvelle. Il n’y a pas eu d’étude spécifique pour chaque centre nucléaire, ni pour La Hague, ni pour le Bouchet. Celle des travailleurs sur uranium métal de Saclay morts de cancers a été biaisée dans l’étude officielle. Il n’y a pas eu d’étude sur les enfants des travailleurs CEA. Quand on a voulu la faire à Cadarache les syndicalistes qui l’avaient proposée ont vite rétrogradé : « il ne fallait pas faire de vagues ». Pas seulement à cause de la direction mais aussi à cause des travailleurs... Et quand nos mines ont fermé on a continué à extraire       <br />
       l’uranium, mais au Niger, détruisant la vie et la santé des populations autochtones. Et l’extraction au Niger se développe de plus en plus, car AREVA est un fournisseur mondial d’uranium.       <br />
       Pourtant, une chose à ne pas oublier, qu’il s’agisse d’amiante, de produits chimiques etc., mais aussi de rayonnements ionisants : les travailleurs servent de bio-indicateurs pour la population.       <br />
       Il faut en finir avec ce nucléaire dit « propre ».</span>Bella Belbéoch, oct. 2009-oct. 2010.       <br />
       La lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine n°119 novembre 2010
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ■<b>Bibliographie établie par la Criirad</b>       <br />
              <br />
       <b>Ecrits de Roger Belbéoch</b>       <br />
              <br />
       • « Le risque nucléaire et la santé » in Pratiques ou Les cahiers de la médecine       <br />
       utopique, n°45, février-mars 1981. Revue du SMG, Syndicat de la médecine       <br />
       générale. Le SMG a édité l'article sous forme de tiré à part (66 pages) qui a       <br />
       été diffusé par la CNAN, Coordination nationale antinucléaire.       <br />
       • « Société nucléaire » in Encyclopédie philosophique universelle. Les Notions       <br />
       philosophiques, tome II, pp. 2402-2409, Presses Universitaires de France, août       <br />
       1990.       <br />
       http://www.dissident-media.org/infonucleaire/Les_notions_philosophiques.pdf       <br />
       • «Les effets biologiques du rayonnement » et les « Mythes de la       <br />
       radioprotection » in La Radioactivité et le vivant, Sebes, n° 2 (p. 11-32),       <br />
       Genève, novembre 1990. La revue Sebes (Stratégies énergétiques, Biosphère       <br />
       et Société) forum interdisciplinaire indépendant, est la gazette de l'APAG,       <br />
       organe de l'Association pour l'Appel de Genève.       <br />
       • « Comment sommes-nous « protégés » contre le rayonnement ? Les normes       <br />
       internationales de radioprotection. Le rôle de la Commission Internationale       <br />
       de Protection Radiologique » in Radioprotection et droit nucléaire. Entre les       <br />
       contraintes économiques et écologiques, politiques et éthiques, sous la       <br />
       direction d'Ivo Rens et Joël Jakubec, éd. Georg, 1998. Collection Stratégies       <br />
       énergétiques, Biosphère et Société, pp. 43-96.Http://www.unige.ch/sebes/       <br />
       • « Tchernoblues. De la servitude volontaire à la nécessité de la servitude »,       <br />
       éd. L'Esprit Frappeur n°105, Paris, 2002, 109 pages.       <br />
       http://www.dissident-media.org/infonucleaire/tchernoblues2.html       <br />
              <br />
       <b>Ecrits de Roger Belbéoch en collaboration avec Bella Belbéoch</b>       <br />
              <br />
       • « Nucléaire et Santé », édité par le CCPAH, Comité Contre la Pollution       <br />
       Atomique à La Hague. Assises internationales du retraitement, Equeurdreville,       <br />
       21-22 octobre 1978. Compte-rendu de la Commission Nucléaire et santé, 68       <br />
       pages.       <br />
       Http://dissident-media.org/infonucleaire/nucleaire_et_sante.pdf       <br />
       • « Santé et rayonnement. Effets cancérigènes des faibles doses de       <br />
       rayonnement ». Choix de textes. Traduction avec l'aide de Anghju-lamaria       <br />
       Carbuccia. GSIEN/CRIIRAD, 1988, 195 p.       <br />
       • « Tchernobyl, une catastrophe. Quelques éléments pour un bilan ».       <br />
       L'Intranquille, une libre contribution à la critique de la servitude, n°1, Paris,       <br />
       1992, pp. 267-373 (B.P. 75, 76960, Notre-Dame-de-Bondeville).       <br />
       • « Tchernobyl, une catastrophe. Quelques éléments pour un bilan » , éd.       <br />
       Allia, Paris 1993. 220 pages. (Ce livre reprend et complète le texte paru dans       <br />
       l'Intranquille). Il a été édité en japonais, Tokyo 1994.       <br />
       http://www.dissidentmedia.       <br />
       org/infonucleaire/Tchernobyl_une_catastrophe_1993.pdf       <br />
       • « Sortir du nucléaire, c'est possible avant la catastrophe », L'Esprit Frappeur       <br />
       n°20, Paris 1998, 123 pages.       <br />
       http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sortir_du_nuc.html       <br />
              <br />
       <b>Postscriptum </b>: En relisant cet article, j'ai une pensée pour mon ami Claude Boyer trop tôt disparu. Il fut l'un des piliers de Stop Nogent. Autodidacte dans le domaine du nucléaire, il avait réussi à acquérir en ces matières difficiles une compétence telle qu'il pouvait discuter d'égal à égal avec les nucléocrates les plus diplomés et ne s'en privait pas. On trouve quelques uns des textes qu'il a écrit pour <span style="font-style:italic">La lettre d’information du Comité Stop Nogent-sur-Seine</span> sur le site http://www.dissident-media.org/infonucleaire/sortir_du_nuc.html
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.jfdumas.fr/Pour-rendre-hommage-a-Roger-Belbeoch-militant-antinucleaire-radical-de-la-premiere-heure_a139.html" />
  </entry>
  <entry>
   <title>La morelle noire – Solanum nigrum</title>
   <updated>2012-01-15T21:13:00+01:00</updated>
   <id>http://www.jfdumas.fr/La-morelle-noire-Solanum-nigrum_a138.html</id>
   <category term="La plante à l'honneur" />
   <photo:imgsrc>http://www.jfdumas.fr/photo/art/imagette/3657856-5357163.jpg</photo:imgsrc>
   <published>2012-01-13T17:17:00+01:00</published>
   <author><name>Jean-François  Dumas</name></author>
   <content type="html">
    <![CDATA[
Ils sont là, modestes, un peu cachés au milieu de belles horticoles. On dirait à s’y méprendre des petits plants de pommes de terre encore en fleurs à la mi-décembre. Ce sont des plants de Morelle noire. S’il ne gèle, ni ne neige dans les jours prochains, peut-être auront-ils, avant de mourir, le temps de faire leurs fruits semblables à de minuscules tomates mais noirs, des «tomates du diable». Tomate, Pomme de terre, Morelle noire, ... ce petit air de famille n’est pas étonnant. Elles sont non seulement de la même famille botanique, mais aussi du même genre. La Morelle noire du jardin a des fruits noirs. Un truisme ? Pas tant que cela. Elle peut avoir aussi des fruits jaunes ! Surprenante Morelle noire ! Et qui aurait pu imaginer que cette plante qui fait la timide dans les platebandes de la ville est un véritable Janus.     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5357163.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      <b>Nom </b>       <br />
              <br />
       <span style="font-style:italic">Solanum nigrum L., </span>1753       <br />
       Elle appartient à la famille des <span style="font-style:italic">Solanaceae</span> [Solanacées].        <br />
              <br />
       Le nom du genre <span style="font-style:italic">Solanum</span> viendrait du latin <span style="font-style:italic">sol</span>, soleil ou bien du verbe <span style="font-style:italic">solari </span>: je console, allusion aux propriétés narcotiques de nombreuses espèces du genre.       <br />
       Quant au nom de l’espèce, il est transparent, <span style="font-style:italic">nigrum</span>, noir est la couleur du fruit.       <br />
       La morelle noire se dit en allemand Schwarzer Nachtschatten, en anglais, Black nightshade, common, nightshade, garden nightshade ; Zwarte nachtschade en néerlandais.       <br />
       Elle a aussi beaucoup de nom vernaculaires : Amourette, Tomate du diable, Herbe aux magiciens qui font allusion à son usage en sorcellerie ; Crève-Chien, Tue chien, Raisin de loup qui renvoient à ses propriétés toxiques ; Herbe à gale à ses propriétés médicinales ; Myrtille de jardin sans doute en raison de ses baies qui ressemblent à celles de la Myrtille ; Herbe maure, Morette, Mourelle …       <br />
              <br />
       <b>Période de floraison</b>       <br />
       De Juillet à début décembre et parfois plus tard en hiver. Il n’est pas rare de voir sur la même plante, les fleurs et les fruits à différents stades de maturité.       <br />
              <br />
       <b>Description </b>       <br />
       Thérophyte [annuelle] pouvant atteindre 70 cm, (dans les platebandes, le long des murs et dans les caniveaux, la plante est plus petite), étalée ou dressée. Endozoochore et entomogame.        <br />
       ●Racine fasciculée, mince, blanche, courte.       <br />
       ●Tiges ramifiées, verdâtres souvent teintées de violet foncé, pubescence variable selon les sous-espèces.       <br />
       ●Feuilles simples, alternes, pétiolées, pétiole plus court que le limbe, ovales, subaiguës à acuminées, légèrement ailées vers le limbe, limbe (25 – 100mm x 20 – 70mm) presque glabre, entier à grossièrement denté, nervures secondaires en saillie dans la face inférieure.       <br />
       ●Fleurs monoïques régulières en cyme unipare scorpioïde [en forme de crosse ou de queue de scorpion.] de 3 à 12 éléments, pédoncule de 10 à 30mm de long, pédicelles recourbées, calice campanulé à 5 sépales soudées ; pédoncule, pédicelles, calice à pilosité variable selon les sous-espèces ; corolle gamopétale en tube à cinq lobes  en étoile, blanche (5 – 10mm) ; 5 étamines insérées sur la gorge de la corolle, saillantes, jaunes ; ovaire supère globuleux, d’un diamètre de 1mm.        <br />
       ●Fruits : baies rondes légèrement plus larges que longues à l’aspect de minuscules tomates, (6 – 10 mm de diamètre), d’abord vertes devenant noir violacé à maturité avec de nombreuses graines aplaties (plusieurs dizaines), ovoïdes, blanc crème finement ponctué, jus violacé âcre.        <br />
       L’espèce est très variable pour ce qui est de la pubescence, la forme des feuilles et la couleur des fruits. On en distinguera donc plusieurs sous espèces. Nous suivrons la taxonomie proposée par Lambinon J. et col. 2008 qui semble la mieux adaptée à nos propres observations.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      En  France, on trouve deux sous espèces.       <br />
               <br />
       ○ <span style="font-style:italic">S. nigrum, subsp. schultessi </span>(OPIZ) WESSELY dont la tige est couverte, au moins dans sa partie supérieure de longs poils simples et glanduleux, le limbe foliaire d’abord pubescent devient glabrescent, dont l’habitat semble être surtout les zones urbaines. Elle serait une adventice naturalisée.       <br />
              <br />
       ○ <span style="font-style:italic">S. nigrum, subsp. nigrum </span>dont la tige est parsemée, au moins dans sa partie supérieure de poils courts, non glanduleux, plus ou moins épars accompagnés de glandes sessiles, limbe glabre ou presque glabre.        <br />
       Cette sous-espèce comprend deux variétés qui se distinguent d’après la forme de leur limbe foliaire.       <br />
                               <br />
       → <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var. nigrum</span> a un limbe foliaire entier avec de chaque côté de la nervure centrale de 1 à 3 dents peu marquées,       <br />
          Cette variété présente deux formes :       <br />
                                              -- <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var. nigrum f. nigrum </span>à fruits noirs,       <br />
       et       <br />
                                               -- <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var. nigrum f. chlorocarpum</span> (SPENNER) Lindm. à fruits verdâtres à vert jaune.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5357269.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      L’autre variété :       <br />
       → <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var.atriplicifolium </span>G.F.W. Mey au limbe foliaire sublancéolé, pourvu de 3 à 5 grosses dents bien découpées       <br />
              <br />
       présente, elle aussi, deux formes en fonction de la couleur des fruits.        <br />
       -- <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var.atriplicifolium f. atriplicifolium </span>(G.F.W. Mey) WESSELY qui a des fruits noir violet,       <br />
              <br />
       -- <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var.atriplicifolium f. pallidum</span> WESSELY qui a des fruits verdâtres à vert-jaune.        <br />
              <br />
       La forme la plus commune semble être <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var. nigrum f. nigrum </span>à fruits noirs tandis que les deux formes à fruits vert-jaune sont les plus rares, voire rarissimes qui peuvent être confondues avec une autre solanacée, <span style="font-style:italic">Solanum villosum </span>Mill., Morelle velue.       <br />
              <br />
       On peut aussi rencontrer, outre <span style="font-style:italic">S. villosum</span>, d’autres morelles comme <span style="font-style:italic">S. americanum </span>Mill. 1768 classée parfois comme une sous-espèce de<span style="font-style:italic"> S. nigrum, S. nigrum</span> L. var. <span style="font-style:italic">nodiflorum</span> A. Gray. Il existe aussi un risque de confusion avec une sud-américaine en expansion devenue subcosmopolite, <span style="font-style:italic">S. physalifolium </span>Rusby. Elle se reconnait à son calice accrescent [qui continue sa croissance après la floraison], ses baies verdâtres translucides qui contiennent deux granules pierreux. En fleurs, la distinction est difficile à faire notamment avec <span style="font-style:italic">S. nigrum ,subsp. nigrum var.atriplicifolium</span>.       <br />
              <br />
       ● <b>La Morelle noire et les oiseaux frugivores</b>       <br />
       La dissémination de la Morelle noire se fait essentiellement par les oiseaux qui consomment ses fruits et rejettent ses graines dans leurs fientes. Cette dissémination est endozoochore. On a recensé au moins 13 espèces de consommateurs. Il s’agit surtout d’oiseaux qui cherchent leur nourriture à terre. Parmi eux, les Pigeons,  le Faisan de Colchide, la Corneille noire, le Rougegorge familier, le Merle noir, les Grives, plusieurs espèces de Fauvettes, le Bouvreuil pivoine, etc...(cf. C. Crocq, 2007)       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5357712.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      <b>Habitat</b>       <br />
       La Morelle noire est considérée en Europe comme une « mauvaise herbe » Elle pousse dans les cultures maraichères, les platebandes de fleurs, les cultures sarclées, les jardins. Cosmopolite, elle aime les sols riches en nitrates et bien arrosés. En ville, on la trouve au pied des murs, des arbres, dans les haies et sous les plantations horticoles. Elle prospère jusqu’à 1500 m d’altitude. Son origine exacte est inconnue. Ce serait sans doute une Eurasienne.        <br />
              <br />
       <b>Discussion</b>       <br />
              <br />
       <b>Perplexité taxonomique</b>       <br />
       Parmi les genres de la famille des Solanacées, le genre <span style="font-style:italic">Solanum </span>est le plus important. Il comprend au moins 1500 espèces dans le monde avec des plantes comme la tomate, la pomme de terre, l’aubergine dont l’importance comme légumes et la valeur économique ne sont plus à faire. Dans ce vaste et complexe genre <span style="font-style:italic">Solanum</span>, la section <span style="font-style:italic">Solanum </span>est la plus vaste et la plus complexe. Autour de la Morelle noire, <span style="font-style:italic">Solanum nigrum</span> L., elle regroupe de nombreux taxons qui sont morphologiquement distincts, qui poussent dans différentes régions du monde et ont des habitats et des écologies distincts. C’est sous les tropiques du continent américain que l’on trouve le plus grand nombre d’espèces mais pas <span style="font-style:italic">Solanum nigrum </span>L. qui semble une espèce d’origine eurasienne. Cette espèce aurait été introduite sur le continent américain (Edmonds, J.M. 1979)         <br />
       Pourtant, dans les flores régionales anciennes tous les taxons appartenant à la section <span style="font-style:italic">Solanum </span>sont identifiés comme <span style="font-style:italic">Solanum nigrum </span>de telle sorte que les références à cette espèce dans la littérature botanique et ethnobotanique doivent être considérées avec beaucoup de prudence. (Edmonds J. M. et Chweya, J.A., 1997).        <br />
       Les choses se compliquent encore du fait que les botanistes ont varié dans les critères retenus pour distinguer et décrire les différentes espèces de la section entrainant de fréquentes reclassifications. Edmonds et Chweya (<span style="font-style:italic">o.c</span>., p. 10) estiment à plus de 300 les dénominations spécifiques et infraspécifiques publiées depuis les six variétés décrites par Linné sous le binôme <span style="font-style:italic">S. nigrum</span> en 1753, de telle sorte qu’il y a de nombreux synonymes. En outre « les limites entre de nombreuses espèces sont mal définies, avec de nombreux « nouveaux » taxons qui se révèlent être rien d’autre que d’infimes variants de ceux déjà décrits » (<span style="font-style:italic">Ibid</span>. p. 10). A cela il faut ajouter une plasticité phénotypique concernant les dimensions et la forme des feuilles, des tiges et prendre en considération que la pigmentation anthocyanique des fleurs semble dépendante chez certaines espèces de l’intensité de la lumière et de la température. Parfois un même caractère peut être une variation génétique chez une espèce alors qu’il relève d’une plasticité phénotypique chez une autre. Chez <span style="font-style:italic">Solanum nigrum </span>stricto sensu, selon les populations la marge des feuilles va de entière à dentée en passant par sinuée-dentée et les baies de verdâtre à jaunâtre, à pourpre et noir (voir ci-dessus). Ces variations qui sont génétiques viennent encore rendre les identifications plus difficiles. La Morelle noire, encore un casse-tête pour les botanistes, une plante aux cent visages !
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; text-align : center; padding-bottom: 1em;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5357741.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      <b>Toxique ou comestible ?</b>       <br />
       Dans tous les ouvrages traitant des plantes toxiques comme dans les traités de phytothérapie, la Morelle noire est considérée comme une plante fortement toxique pour l’homme à cause notamment de la solanine, un alcaloïde présent dans les feuilles et dans les baies surtout celles qui n’ont pas atteint leur maturité. Par contre la solanine disparaîtrait dans les baies mûres. Les substances  toxiques sont, comme pour la Douce-amère des glucoalcaloïdes et des saponosides [voir article sur la Douce-amère]. Il s’en suit que les symptômes de l’intoxication et les traitements sont identiques à ceux ayant cours dans le cas de cette plante. Cependant il n’y aurait que peu de cas mortels dus à la Morelle noire. Les cas connus sont consécutifs à l’absorption en grande quantité de baies immatures (vertes) par de jeunes enfants (L. Girre 2001, p. 55). Selon A.M. Debelmas et P. Delaveau (1978, p. 134) la dose toxique serait de 4 à 5mg de solanine pour un enfant et de 20 à 25mg pour un adulte. Ces auteurs signalent que la mécanisation de la récolte des petits pois a entrainé la possibilité de trouver dans des conserves de petit pois ou des paquets de petits pois surgelés, des baies vertes de Morelle noire, les modules de diamètre étant voisins.        <br />
       La tige feuillée est elle aussi considérée comme dangereuse et a été classée au Tableau C de la pharmacopée française en 1965. On trouve une mise en garde sur la dangerosité de la plante dans Valnet 1983, p.370.        <br />
       Après avoir rapporté des cas avérés d’intoxication par la Morelle noire, Chaumeton et col. 1842 – 1845 (cités par Girre 2001, p. 54) déclarent «Il est désespérant  pour ceux qui recherchent la vérité d’avoir à opposer à ces faits, en apparence très authentiques, des observations et des expériences non moins positives, qui tendent à représenter la Morelle comme dépouillée de toute espèce de qualité narcotiques et délétères. » Telle est encore aujourd’hui la situation. Un siècle et demi plus tard Edmonds et Chweya constatent que « La plupart des espèces associées à Solanum section Solanum sont réputées toxiques à la fois pour les hommes et pour les troupeaux ; beaucoup de descriptions de 	leurs effets toxiques sont rapportées dans la littérature la plus ancienne. A la vérité, presque tous les manuels sur les plantes toxiques dans toutes les régions du monde incluent <span style="font-style:italic">S. nigrum</span>. » Après avoir décrit en détail les symptômes de l’empoisonnement chez l’homme et chez le bétail, ils affirment « Néanmoins, le nombre comparable de compte rendus rapportant que ces espèces sont sans danger comme sources de nourriture et de fourrage suggère que cette toxicité est variable. » (p.65) Les alcaloïdes responsables de cette toxicité ne  seraient-ils présents que dans les baies non-matures ?  Ce serait le cas de certaines des espèces de la section. Selon certains auteurs, par exemple Wetter et Phipps 1978 – 1979, la solanine est présente dans toutes les parties de <span style="font-style:italic">S. nigrum </span> mais le niveau de concentration augmente avec la croissance de la plante et varie en fonction du type de sol sur lequel pousse la plante et du climat.  Tous s’accordent à considérer que cette concentration est maximale dans les baies immatures. Les baies mûres en seraient, sinon dépourvues, du moins en contiendraient peu. Pour une hypothèse explicative de ce phénomène cf.l'article sur la Douce-amère <a class="link"  href="http://www.jfdumas.fr/La-Morelle-douce-amere-Solanum-dulcamara_a115.html">[ICI</a>]. Aujourd’hui encore, une clarification sur cette toxicité est nécessaire.        <br />
        Mise à part une mention dans <span style="font-style:italic">La Flore des Champs cultivés </span>de Philippe Jauzein (p. 674) aucun des 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ouvrages en Français récents sur les plantes toxiques et/ou médicinales, grand public ou plus spécialisés comme celui de Debelmas et Delaveau, ne précise que cette plante qu’il donne pour dangereuse ou du moins quelques-unes de ses sous-espèces, sont utilisées, voire cultivées pour l’alimentation humaine en Afrique noire. Ce qui ne manque pas d’étonner : « La morelle noire à feuille larges est cultivée à grande échelle en Afrique subsaharienne dans les petites exploitations et les jardins potagers en périphérie des villes. La morelle noire, parfois nommée « raisin de loup » ou «myrtille des jardins », constitue une bonne source de protéines, de fer, de vitamine A, d’iode et de zinc » selon le CTA, (The Technical Centre for Agricultural and Rural Cooperation) Le CTA est une institution, fondée en 1984, ayant pour but le développement de l’agriculture dans les pays d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (ACP). Les feuilles de Morelle noire seraient vendues comme légumes dans les supermarchés de l’Afrique de l’est. Cette «morelle noire à feuille larges» cultivée comme primeur et plante maraichère auCameroun est en fait une autre espèce de la section <span style="font-style:italic">Solanum</span>, <span style="font-style:italic">Solanum scabrum </span>Miller, 1768, la Myrtille de jardin, en anglais, Huckleberry, localement Zom. Elle est souvent considérée, peut-être à tort, comme une sous-espèce de <span style="font-style:italic">Solanum</span>, <span style="font-style:italic">Solanum nigrum var. guineense</span>. Selon Rudy Schippers (1998, p.2) « Il y a une confusion sur les noms » dans les inventaires du Nigéria, on mentionne souvent <span style="font-style:italic">S. nodsiflorum (= americanum) </span>alors qu’il s’agit plus vraisemblablement de <span style="font-style:italic">S. scabrum </span>comme espèce cultivée. Néanmoins, <span style="font-style:italic">S. americanum </span>est aussi une espèce communément cultivée. Nos incertitudes sur la toxicité de la plante dans ce cas proviendraient peut-être en partie de confusions taxonomiques. En partie seulement, car il est des cas bien documentés où ce sont des <span style="font-style:italic">S. nigrum</span> stricto sensu qui sont utilisées. Alors la Morelle noire, toxique ou comestible ? Les deux, sans doute.        <br />
              <br />
       <b>« Légume » ou « mauvaise herbe » ?</b>       <br />
       Alors que, comme nous venons de le voir, dans certains pays, la Morelle noire et les espèces parentes de la section <span style="font-style:italic">Solanum </span>sont cultivées ou récoltées comme légumes ou fruits, dans d’autres et notamment en France, en Europe et aux USA elles sont considérées comme des «mauvaises herbes» particulièrement gênantes, classées parmi les plus mauvaises «mauvaises herbes» du monde. Dans les champs cultivés, elles sont des compétiteurs pour l’eau, la lumière et les nutriments. On a vu que les baies vertes pouvaient se retrouver dans des conserves de petits pois ou dans des sacs de petits pois surgelés.  Edmonds et Chweya (<span style="font-style:italic">o.c., </span>p. 63) rapportent que le jus des baies qui éclatent lors des ramassages mécaniques peut contaminer et souiller les récoltes. Ce jus « peut même teinter la laine des moutons lorsqu’ils vont pacager les secteurs infestés après les récoltes».  Ces auteurs ont relevé un fait intéressant et significatif : la carte de la distribution des secteurs géographiques où l’espèce est considérée comme une adventice commune, sérieuse ou principale, ne comprend ni l’Afrique, l’Inde, la Malaisie, l’Amérique du Sud qui sont les secteurs géographiques où la Morelle noire est utilisée comme une culture ou une ressource alimentaire d’intérêt secondaire. Alors, la Morelle noire, un fruit et un légume ou mauvaise herbe ? Les deux. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5357767.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      <b>Bref excursus philosophique. </b>       <br />
              <br />
       Les philosophes distinguent parfois entre les qualités premières et les qualités secondes des choses.        <br />
       Ils appellent, suivant en cela le philosophe anglais John Locke, qualité première les qualités qu’est supposée posséder une chose que nous percevions ou non cette chose, qualité seconde les autres. Bien entendu, s’il leur arrive de s’entendre sur la distinction, les métaphysiciens ont de gros désaccords sur les qualités qui ont le privilège d’être premières et celles qui ne méritent que d’être secondes. Chacun comprendra que les unes et les autres n’ont pas la même consistance. Alors que les premières bénéficient d’une réalité pleine et entière, la réalité des secondes est bien plus évanescente. Elles cessent d’être dès que nous ne percevons plus la chose censée les manifester. Un pas de plus, que certains franchissent rapidement, est de considérer ces qualités secondes comme une sorte d’illusion.        <br />
       En s’inspirant de cette distinction dans le domaine de la botanique, on pourrait dire que la propriété d’avoir des baies noires est une propriété première alors que celle d’être une « mauvaise herbe » est une propriété seconde qui dépend de notre point de vue sur la plante et n’a pas de réalité en elle-même. La preuve en est qu’une même plante peut à la fois être une « mauvaise » et une « bonne herbe » au sens strict de plante médicinale comme au sens large de médicinale, comestible, et fourragère. Nous venons de le voir avec la Morelle noire, mais c’est le cas de presque toutes les plantes que nous rencontrons sur notre chemin. Le pissenlit par exemple, tour à tour herbe à arracher si elle se trouve sur le bord d’un trottoir, salade agrémentée de croutons frottés à l’ail dans mon assiette, diurétique dans la pharmacie du Bon Dieu. Ce que montre de plus le cas de la Morelle noire, c’est que les propriétés secondes sont surdéterminées culturellement et géographiquement. Et gardons-nous de croire que parce qu’elles sont relatives à un point de vue, ces propriétés n’ont pas de réalité. Elles n’en n’ont parfois que trop, ce qui fait le bonheur des fabricants de pesticides. Cependant, en modifiant les points de vue, il est possible de modifier ces propriétés secondes. C’est par exemple la prise de conscience de la nécessité de vivre avec la plupart de ces plantes qui conduit à disqualifier puis à déréaliser la propriété d’être une « mauvaise herbe » au nom de la sauvegarde de la biodiversité donc de la nature ordinaire, notamment dans les villes.  
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5362938.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      <b>Usage</b>       <br />
              <br />
       ● <b>Alimentaire.</b>       <br />
       Comme indiqué plus haut les feuilles et les baies mûres de la plante ou des plantes de la même section ont  un usage alimentaire dans de nombreux pays d’Afrique, des Caraïbes et  du Pacifique.        <br />
       Pour la Morelle noire, <span style="font-style:italic">Solanum nigrum</span> L. stricto sensu, les usages et les appréciations sont diverses et pas toujours concordantes.       <br />
       ▪ En général les feuilles sont utilisées en légumes comme épinards en Australie, Cameroun, Ethiopie, Nigeria, Somalie, Tanzanie, Ouganda, en Amérique du Sud, voire en Crête et en Grèce. En Grèce, elles peuvent constituer un des  légumes des Χόρτα (Horta), salades de légumes cuits abondamment arrosées d’huile d’olive, assaisonnées avec du citron et servies tièdes ou froides avec de la feta.         <br />
       ▪ Déjà dans l’antiquité, chez les grecs, les feuilles et les fruits de la Morelle noire étaient utilisés, les feuilles comme légumes et les fruits comme friandises : « Th. von Heldreich, <span style="font-style:italic">Die Nutzpflanzen Griechenlands, Athen</span>, 1862, p. 79, atteste qu'en Grèce, à la fin du siècle dernier, on consommait les parties vertes de cette plante comme légume et ses baies crues comme friandises, ce qui confirme parfaitement les dires de Théophraste, <span style="font-style:italic">H. P.</span> VII, 7, 2 («on mange la morelle même crue») (Amigues Suzanne, 1988, p.167 – 168)       <br />
       ▪ Au Nigéria et au Cameroun, les feuilles sont parfois préférées à d’autres légumes. Les inflorescences et les baies sont enlevées. Elles sont cuites ou bouillies. En général, elles sont bouillies dans plusieurs eaux qui sont jetées à chaque fois. Dans le sud-ouest du Nigeria, les  fleurs sont ensuite utilisées comme condiment pour relever la soupe, ces fleurs ayant un goût très amer.        <br />
       ▪ Les fruits sont négligés en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, alors qu’en Amérique du Sud et en Asie, les plants de Myrtilles de Jardin (<span style="font-style:italic">S. scabrum </span>Miller, Garden Huckleberry) sont sélectionnés pour leurs fruits. (Source, R. Schippers, 1998, p. 11)       <br />
       ▪ Dans l’ouest du Kenya, les feuilles de <span style="font-style:italic">Solanum nigrum </span>L stricto sensu  sont utilisées comme substitut à la viande. Elles sont cuites dans du lait. On presse le produit de cette cuisson et on le laisse sécher quelques jours jusqu’à ce qu’il devienne solide et prenne une couleur noirâtre. On en coupe des tranches réputées riches en protéines que l’on sert avec du manioc accompagné de légumes frais. (Source, R. Schippers, 1998, p. 10) Cette cuisson dans du lait que l’on expulse ensuite doit faire disparaitre les principes toxiques. Pour évacuer ces principes toxiques, une autre méthode est utilisée au Malawi (Sud de l’Afrique) on ajoute de la potasse ou de la soude, de la pâte d’arachide et du sel à l’eau dans laquelle on fait bouillir les feuilles de Morelle noire. La potasse est obtenue en filtrant les cendres de plants d’amarantes ou de haricots. [Thomo and Kwapata (1984) in Edmonds et Chweya (o.c., p. 57)]       <br />
       ▪ Cependant en Ethiopie, les feuilles de <span style="font-style:italic">Solanum nigrum</span> sont plutôt considérées comme un aliment de secours en période de disette,  un légume et des baies sauvages utilisées à différentes périodes de l’année et au différentes étapes du manque d’autres ressources alimentaires (Site Ethiopia :<span style="font-style:italic"> Famine Food Field Guide</span>) On indique sur ce site que les fruits et les feuilles de Morelle noire sont comestibles mais qu’ « en temps normal les baies sont ramassées par les enfants pour eux-mêmes tandis que durant les périodes de manque de nourriture, l’ensemble des gens touchés devront manger de ces baies. En plus de ces baies, les femmes et les enfants collecteront les feuilles qui seront cuites dans de l’eau salée et consommées comme n’importe quel autre légume. Mais les feuilles ont un goût amer. Par conséquent les gens cessent de les consommer quand d’autres aliments deviennent disponibles et que  les cultures sont prêtes à être récoltées. Selon les paysans du Kosso, les plants de <span style="font-style:italic">Solanum nigrum</span> atteignent leur maturité avant que les maïs soient prêts à être moissonnés, ils sont utilisés pour faire la soudure. Si les feuilles de <span style="font-style:italic">Solanum </span>sont consommées régulièrement plusieurs fois par semaine, ces paysans indiquent qu’ils peuvent développer des douleurs d’estomac. Ces douleurs d’estomac sont causées par les glucoalcaloïdes toxiques solanine et solanidine. » (Trad.  fr. JFD) Il n’y a donc aucun doute que pour les auteurs de ce guide, la Morelle noire est un légume de disette qu’il n’est pas question de consommer lorsque d’autres légumes meilleurs et plus sains sont disponibles.        <br />
       ▪ <span style="font-style:italic">Pour terminer ce chapitre, voici  la recette du Sanga.</span>       <br />
       C’est une recette camerounaise à base de Zom (Morelle noire, <span style="font-style:italic">Solanum scabrum</span>)       <br />
       <span class="u"> Ingrédients</span> : <span style="font-style:italic">3 paquets de Zom, 500g de noix de palme, 2kg de mais frais en épis, sucre, piment.</span>       <br />
       ◊ Détacher les feuilles de Zom de leurs tiges, les découper finement, puis les laver abondamment. Après le lavage, les mettre à cuire dans une casserole couverte et laisser cuire à la vapeur jusqu’à réduction complète de l’eau contenue dans les feuilles.       <br />
       ◊ Laver et égrener le maïs. Verser les grains dans la casserole contenant le Zom ajouter un peu d’eau, le piment et  porter à ébullition à feu vif pendant 30 minutes jusqu’à évaporation complète de l’eau.       <br />
       ◊ Faire bouillir les noix, les piler afin d’obtenir leur pulpe. En extraire le jus en mettant la pulpe dans un récipient avec une quantité moyenne d’eau tiède, la pétrir et passer. Ajoutez le jus ainsi obtenu à la préparation et remuer énergiquement la composition à l’aide d’une spatule afin d’obtenir un mélange homogène.       <br />
       ◊ Faire cuire le mélange 20 à 30 minutes en remuant tout le temps pour éviter que le mélange n’adhère à la casserole. Lorsque le mélange devient épais, retirer la casserole du feu et servir.       <br />
       Vu les incertitudes taxinomique la question de savoir si une telle préparation serait comestible avec des feuilles de Morelles noires de nos contrées reste ouverte.        <br />
       On remarquera qu’en Europe, à l’exception peut-être des pays méditerranéens, ce sont surtout les baies qui ont focalisé l’attention. Or, ce sont ces baies qui constituent les parties les plus toxiques de la plante avant qu’elles ne soient mûres. Par contre une fois mûres, elles perdraient cette toxicité et on trouve des sites proposant des recettes à base de ces baies bien mûres récoltées en France. Il semble se dégager des données diverses une constante : bien mûres les baies perdent  leur toxicité. Par contre sur la toxicité des feuilles et l’évacuation des poisons par les préparations culinaires, les avis divergent, comme ils divergent sur la valeur nutritive des baies et des feuilles.
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:left; padding-right: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5362945.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      ●<b>Médicinal</b>       <br />
              <br />
       Les vertus médicinales de la Morelle noire lato sensu sont connues depuis la nuit des temps et la plante est utilisée comme bonne herbe dans toutes les contrées où elle pousse. Discorides fut l’un des premiers à consigner et répertorier ces propriétés. On les trouve également recensées par Théophraste dans son ouvrage Recherches sur les plantes (<span style="font-style:italic">Historia plantarum</span>) Comme indiqué plus haut, elle est inscrite au tableau C  de la Pharmacopée française.        <br />
       Recenser toutes les indications détaillées pour lesquelles cette plante a été utilisée dans le monde ainsi que les préparations et modes d’administration serait fastidieux, tant ils sont nombreux et divers. Ils concordent cependant.        <br />
       ○ En usage externe, elle est employée contre les affections cutanées diverses et variées. Ce dernier usage sous des modalités diverses est universel. Le Docteur Valnet énumère les prurits, parakérastoses, eczémas suintants, prurit anal et vulvaire (1983 p.371) Il ajoute à cette liste les gerçures des seins, les hémorroïdes, les ulcères douloureux, les abcès et les dartres, panaris, furoncles, les contusions. Pour ces traitements externes, il faut, selon cet auteur, utiliser en lavages, bains, compresses, injections vaginales selon les cas, une décoction obtenue à partir d’une poignée de feuilles pour un litre d’eau que l’on laisse bouillir 10 minutes. Le Docteur Valnet ne précise pas s’il s’agit de feuilles fraîches ou séchées. Mais d’autres sources indiquent que les feuilles ne perdent pas leur pouvoir toxique/ médicinal à la dessiccation (Everist 1974, cité par Edmonds et Chweya, o. c., p. 66).        <br />
       ○ La plante possède des propriétés antiseptiques reconnues. On a établi que l’extrait alcoolique des feuilles  fraîche est actif contre le staphylocoque doré et le bacille <span style="font-style:italic">Escherichia coli</span>. (Edmonds et Chweya, o. c., p. 60)       <br />
       ○ En usage interne, la Morelle noire est sédative, analgésique et antispasmodique.       <br />
       Son utilisation contre les douleurs d’estomac est une des indications majeures de la plante en usage interne dans la phytothérapie française comme dans le reste du monde. Par contre les parties utilisées et les préparations diffèrent selon les régions. Par exemple en Tanzanie, on mange les racines crues, tandis que dans d’autres régions de l’Est africain, ce sont les baies qui sont mâchées et avalées. Le Dr Valnet propose d’utiliser le suc frais à raison de 30 grammes par jour.        <br />
       ○ Les propriétés sédatives et narcotiques sont aussi connues depuis très longtemps  partout dans le monde où pousse la Morelle noire lato sensu.        <br />
       ○ Les feuilles fraiches de morelle noire avec celle de la belladone, de la jusquiame, de la nicotine, et du pavot entraient dans la composition du « Baume tranquille » , potion inventée par un moine cordelier au 17ème siècle, François Aignan qui avait comme nom monastique « Père Tranquille » On trouve la formule du Baume dans l’ouvrage de François Laurent Marie Dorvault paru en 1867, une somme de 1499 pages <a class="link" href="http://books.google.fr/books?id=aBrtWRVFcxcC&amp;pg=PA287&amp;dq=le+baume+du+P%C3%A8re+Tranquille&amp;hl=fr&amp;ei=JZKSTvH8EM2UswbmzaEB&amp;sa=X&amp;oi=book_result&amp;ct=result&amp;resnum=1&amp;sqi=2&amp;ved=0CDwQ6AEwAA#v=onepage&amp;q=le%20baume%20du%20P%C3%A8re%20Tranquille&amp;f=false">consultable ici</a>        <br />
       ○ Le Dr Valnet indique que  le suc de Morelle noire était un ingrédient d’un mélange utilisé au XIIIe siècle comme anesthésique général pour les opérés (o.c., p. 372)        <br />
       ○ En Bohème, on mettait dans les berceaux des bébés des feuilles de Morelle noire pour qu’ils s’endorment plus facilement.        <br />
       ○ Au Kenya des baies immatures sont appliquées sur les gencives des enfants pour calmer la douleur lors de leur poussée dentaire. On les applique aussi sur les dents douloureuses.        <br />
       Dans les pays arabes le jus extrait des feuilles et mélangé à du vinaigre est utilisé en bain de bouche et gargarisme.        <br />
       ○ Pour calmer la toux dans la coqueluche, on peut l’utiliser en alcoolature selon la posologie de 10 gouttes par année d’âge et par jour (Valnet, 1983)       <br />
       ○ Son action anti-cancéreuse dans certains cancers chez l’homme semble confirmée.  Elle a été mise en évidence sur les souris (Cf. Siajo et col, 1982 ;  Boik, J. 1996, Amalfi, C. 2006, Ramya Jain et col., 2011) Cette action anticancéreuse et anti-tumorale serait due à la solasonine et à la solamargine. Des pommades à base de solasonine sont proposées comme traitement des cancers de la peau. Un composé des deux principes extraits d’une autre solanacée <span style="font-style:italic">Solanum linnaeanum</span> Hepper &amp; P.-M.L. Jaeger, 1986 ou Pomme de Sodome est mis au point par une société pharmaceutique australienne.        <br />
       Parmi les principes actifs responsables des propriétés toxiques/médicinales, on trouve aussi la diosgénine. et la tigogénine. Ces deux substances servent de matière première à l’obtention par l’industrie pharmaceutique des stéroïdes hormonaux utilisés pour fabriquer des pilules anticonceptionnelles et des hormones bio-identiques permettant de contrer certains effets de la ménopause chez la femme et peut-être du vieillissement en général. La disogénine en particulier est un précurseur naturel de la progestérone qui est transformée en cette dernière en laboratoire. La diosgénine est extraite de la patate douce sauvage, l’Igname (Dioscorea sp.) Il serait possible de l’extraire des baies vertes de <span style="font-style:italic">Solanum nigrum </span>qui en contiennent des pourcentages élevés permettant d’espérer des procédés d’extraction rentables. La Morelle noire viendrait alors concurrencer l’Igname.        <br />
       Les vertus médicinales de la modeste Morelle noire n’ont peut-être pas fini de nous surprendre. Voilà en tout cas une plante douée d’un beau potentiel qui devrait lui assurer son avenir. 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      ●<b>Magie, sorcellerie</b>       <br />
              <br />
       La Morelle noire est au moins aussi célèbre comme herbe magique et de sorcellerie qu’elle l’est comme herbe médicinale.       <br />
       ▪C’est une plante qui faisait partie des formules d’onguents dont les sorcières devaient se recouvrir le corps pour aller au sabbat. Si le sabbat n’est pas une pure invention de malheureuses femmes et de pauvres hommes soumis à la torture de l’Inquisition, il semblerait que le pouvoir narcotique 
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div style="position:relative; float:right; padding-left: 1ex;">
      <img src="http://www.jfdumas.fr/photo/art/default/3657856-5362994.jpg" alt="La morelle noire – Solanum nigrum" title="La morelle noire – Solanum nigrum" />
     </div>
     <div>
      de la Morelle noire et autres solanacées y soit pour quelque chose. En tous cas, c’était l’opinion dès le XVIe siècle du médecin du pape Jules III, Andrès Laguna. Dans ses commentaires à l’œuvre de Dioscorides, à propos de la Morelle noire, il considère que son utilisation permettait aux sorcières de se rendre au Sabbat en songe. Il raconte que lors d’un voyage à Nancy il assista à un procès où deux vieillard accusés de sorcellerie furent condamnés au bûcher après qu’ils eurent avoués d’abominables méfaits. Chez eux, on trouva une marmite avec un onguent de couleur verte composé de cigüe, de morelle noire et de mandragore. Le Docteur Laguna voulut vérifier leur effet. Une de ses patientes souffrait d’insomnie. Il la fit enduire de la tête aux pieds de cet onguent. Selon ses dires, la femme s’endormit aussitôt profondément et ne se réveilla que trente-cinq heures plus tard en disant « Vous m’avez réveillée à un bien mauvais moment car j’étais entourée de tous les plaisirs et charmes du monde. ». Ensuite, elle se serait adressée à son mari en lui disant : « Radin, je te fais savoir que je t’ai cocufié avec un beau gars plus jeune et plus allongé que toi » (d’après Maria Tausiet Carlès, 1993) Pour Andrès Laguna, les orgies du sabbat n’étaient qu’illusions dues au pouvoir narcotique et stupéfiant des ingrédients des onguents. Ce qui était une opinion très en avance sur son temps.       <br />
       ▪ La Morelle noire fait aussi partie des onguents dont devaient s’enduire ceux qui souhaitaient se transformer en loup-garou. Un moyen simple et paraît-il efficace, était de se mettre nu et de porter une peau de loup à la manière d’un pagne après s’être frotté le corps avec une mixture composée du suc de feuilles, de branches et de bourgeons de peuplier, de feuilles de jusquiame, de morelle noire, de pavot, d’axonge et d’alcool fort selon Aaron Bennett, cité dans un article fort documenté de Wikipédia.        <br />
       ▪ Que la Morelle noire soit une plante diabolique dans le folklore, les croyances populaires et les légendes ne fait aucun doute. Erika Laïs consacre un chapitre à la Morelle noire  dans son ouvrage <span style="font-style:italic">Jardin de sorcières. Le grand livre des plantes magiques</span>. Elle rapporte l’histoire suivante que Claude Seignolle raconte dans son livre <span style="font-style:italic">Histoire et légendes du diable</span>. Dans un petit village breton s’était installé un drôle de médecin, étrange et étranger. Il ne cherchait guère de clients et semblait s’adonner à des pratiques nocturnes bizarres. Un soir, il avait secouru un tailleur de pierre et s’en revenait à travers une immense lande de morelles noires. Et bien entendu, c’est sur cette lande qu’il rencontra le Diable en personne. Conclut-il un pacte avec lui ? Peut-être, peut-être pas, mais depuis ce jour la clientèle se mit à affluer et lui commença à s’enrichir. Pourtant il ne songeait qu’à une chose : quitter cette région « car ses voyages la nuit, sur la lande à morelles, le faisait frissonner lorsqu’il y songeait, et ses rencontres avec le diable le glaçait d’effroi »        <br />
       ▪ La Morelle noire est l’ingrédient premier d’une encre vénéneuse utilisée pour communiquer avec les défunts, elle est utilisée comme encens dans des rituels invoquant Hécate, Ἑκάτη en tant que déesse de l’ombre et des morts et non en tant que déesse protectrice, qui est liée au culte de la fertilité, qui accorde richesse matérielle et spirituelle, honneur et sagesse.  Conductrice des âmes, Hécate est une déesse à deux faces… Hécate fait partie de la Triade Lunaire, avec Séléné et Artémis. Elle représente la nouvelle lune ou lune noire, qui symbolise la mort. C’est la magicienne par excellence, la maîtresse en sorcellerie et c’est elle que l’on invoque avec de l’encens de morelle noire qui doit être toxique et sentir horriblement mauvais, la plante dégageant une odeur fétide. On affirme sur un site consacré à la magie qu’ « une sorcière habile pourrait confectionner une confiture ou une liqueur de baies bien mûres pour les utiliser comme offrandes de communion avec les esprits et les divinités de l’inframonde.»       <br />
       ▪ Il paraît qu'une infusion de ses feuilles aide à révéler les véritables souhaits d'une personne pour le futur. Pour cela, il faudra asperger le liquide sur le corps et tout autour de la pièce. Cette « recette » apparaît de façon récurrente sur les sites et blogs consacrés à la sorcellerie et à la magie blanche ou noire sur la Toile.        <br />
       Paradoxalement, cette herbe diabolique tressée aurait le pouvoir de chasser les démons et de protéger les hommes et le bétail des agissements malveillants de la sorcière du village que des voisins jaloux ont soudoyée.        <br />
       On peut se demander si cette réputation vraiment sulfureuse de la plante n’a pas empêché que l’on se penche plus tôt sur ses propriétés nutritives et médicinales et qu’elle soit considérée surtout comme une mauvaise herbe en Europe alors que ce n’est pas le cas en Afrique par exemple.        <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
     <div>
      <b>Références</b>       <br />
              <br />
       Amalfi C. 2006, « The little mouse who wouldn’t say die » <span style="font-style:italic">Cosmos magazine </span>6/07/2006.       <br />
       Amigues S. 1988, « Quelques légumes de disette chez Aristophane et Plutarque » <span style="font-style:italic">Journal des savants</span>,   Année   1988, Volume   3, Numéro   3-4, pp. 157-171.        <br />
       Boik J. 1996, Cancer and Natural Medicine, pp. 220-222. <span style="font-style:italic">Oregon Medical Press</span>.       <br />
       Costes  H. 1937, <span style="font-style:italic">Flore descriptive et illustrée de la France…</span> Tome 2, Paris.       <br />
       Chaumeton, Poiret et Chambert 1842 – 1845, <span style="font-style:italic">Flore médicale</span>, Panckoucke, Paris.       <br />
       Crocq C. 2007, <span style="font-style:italic">Les oiseaux et les baies sauvages</span>, Belin, Paris.       <br />
       Debelmas, A. M. et Delaveau P. 1978, <span style="font-style:italic">Guide des plantes dangereuses</span>, Maloine, Paris.        <br />
       Dorvault F. L. M. 1867, <span style="font-style:italic">L’officine</span>, Asselin, Paris.       <br />
       Edmonds J. M. 1979a, Biosystematics of Solanum L. section Solanum (Maurella) pp. 529 – 548 in <span style="font-style:italic">The Biology and Taxonomy of the Solanaceae </span>(J.G. Hawkes, R.N. Lester and A.D. Skelding, eds.). Academic Press, London.       <br />
       Edmonds, J. M. and Chweya J. A. 1997,<span style="font-style:italic"> Black nightshades. Solanum nigrum L. and related species. Promoting the conservation and use of underutilized and neglected crops.</span> 15. Institute of Plant Genetics and Crop Plant Research, Gatersleben/International Plant Genetic Resources Institute, Rome.       <br />
       Everist, S.L. 1974. « Poisonous Plants of Australia », pp. 462-475.<span style="font-style:italic"> Angus and Robertson</span>, Sydney.       <br />
       Girre L. 2001, <span style="font-style:italic">Guide des baies toxiques</span>, Delachaux et Niestlé, Lausanne – Paris.       <br />
       Guillot G., Roché, J-E 2010, <span style="font-style:italic">Guide des fruits sauvages. Fruits charnus</span>, Belin, Paris.       <br />
       Jacques-Chaquin N. et Préaud M. (éd) 1993, <span style="font-style:italic">Le sabbat des sorciers en Europe, XVème - XVIIIème siècles. Colloque international ENS Fontenay-Saint-Cloud, 4/7 novembre 1992</span>, Jêrome Millon Ed., Grenoble.        <br />
       Jain R., Sharma A., Gupta S., Sarethy I. P., Gabrani R. 2011, «Solanum nigrum: Current Perspectives on Therapeutic Properties »<span style="font-style:italic"> Alternative Medicine Review</span>, Vol.16, n° 1, p.p. 78 – 85.        <br />
       Jauzein Ph. 1995, <span style="font-style:italic">Flore des champs cultivés</span>, INRA, Paris.       <br />
       Jauzein Ph., Nawrot O. 2011, <span style="font-style:italic">Flore de l’Ile-de-France</span>, Quæ, Paris.       <br />
       Lambinon J., Delvosalle L., Duvigneaud J. et col. 2004 (2008),<span style="font-style:italic"> Nouvelle flore de la Belgique, du Grand-Duché du Luxembourg, du Nord de la France et des Régions voisines</span>, 5° Ed, 2° tirage, Editions du Patrimoine du Jardin Botanique national de Belgique, Meise.       <br />
       Saijo, R., K. Murakami, T. Nohara; A. Tomimatsa, A. Saito, and K. Matsuoka 1982, « Studies on the constituents of Solanum plants II. Constituents of the immature fruits of Solanum nigrum. » <span style="font-style:italic">Yakugaku Zasshi </span>102 (3):300-305.       <br />
       Schippers R. 1998, « Notes on Huckberry, Solanum scabrum, and related black nightshade species » <span style="font-style:italic">Natural Resources Institute University of Greenwich</span>.       <br />
       Tausiet Carlès M. 1993, « Le sabbat dans les traités espagnols sur la superstition et la sorcellerie aux XVIème et XVIIème siècles» in Jacques-Chaquin N. et Préaud M. éd., 1993 pp. 259 - 280.       <br />
       Thomo, M.A. and M.B. Kwapata. 1984, « A survey of indigenous fruits and vegetables in villages around Bunda College of Agriculture »<span style="font-style:italic"> Bunda College of Agriculture Research Bulletin </span>12:135-167.       <br />
       Valnet (J.) 1983,<span style="font-style:italic"> Phytothérapie</span>, Masson, «le livre de poche», Paris.       <br />
              <br />
        [Traduction fr. des extraits cités : JF D]       <br />
              <br />
       <b> Iconographie</b>       <br />
       ○<span style="font-style:italic">Illustrations </span>: de haut en bas; Jacob Sturm:Deutschlands Flora in Abbildungen (1796) ; illustration de la Flore de L'abbé  H. Costes Vol. 2 ; D'après la couverture de Edmonds, J. M. and Chweya J. A. 1997 (W. Curtis, Flora Londinsis, (1777) ; Albert Joseph Pénot : Départ pour le sabbat.        <br />
       ○<span style="font-style:italic">Photographies </span>: Exceptée celle due à Sahara nature, elles sont extraites d'un travail de Harald Hubich consultable sur <a class="link" href="http://commons.wikimedia.org/wiki/Solanum_nigrum">Wikipedia commons</a>       <br />
       
     </div>
     <br style="clear:both;"/>
    ]]>
   </content>
   <link rel="alternate" href="http://www.jfdumas.fr/La-morelle-noire-Solanum-nigrum_a138.html" />
  </entry>
</feed>

