Le Parc national des Virunga au centre de l’Afrique est l’un des derniers refuges des gorilles de montagne espèce déclarée en danger d’extinction. Malgré cela, le gouvernement congolais a délivré un permis de prospection pétrolière dans ce parc à plusieurs entreprises dont Total, à la réputation déjà bien établie grâce, entre autres choses, à la catastrophe de l’Erika et son acharnement à vouloir exploiter les gaz de schiste en France.


Totalement inadmissible : le pétrole menace les derniers gorilles des montagnes. Il faut réagir !
Selon un recensement effectué en 2010 conjointement par la République Démocratique du Congo, l'Ouganda et le Rwanda, il y aurait 480 gorilles des montagnes (Gorilla beringei beringei) dans le massif des Virunga, soit plus d’un quart de la population mondiale de cette espèce qui était en légère expansion grâce aux mesures de protections prises, mesures que ces permis viennent remettre en question, la menace principale qui pèse sur ces gorilles étant la destruction de leur habitat. Avec ces permis, elle va encore s’aggraver.

Dans l’arbre généalogique des espèces, le Gorille est l’un de nos plus proches parents après le bonobo et le chimpanzé. Nos génomes ne diffèrent que de 2%.

Les gorilles de montagne ont une stature imposante : leur taille lorsqu’ils se redressent peut atteindre 1,70 mètre ; le poids des mâles peut aller jusqu’à 250 kilos. En captivité, bien nourris, ils atteignent 350 kilogrammes. Les femelles sont nettement moins massives. Mais tout est relatif puisqu’elles pèsent entre 90 et 150 kilos. Ils ont un poil long et soyeux, noir dans la jeunesse, devenant argenté lorsque l’animal vieillit. Voilà donc un animal impressionnant, certes, mais qui est très sociable et pacifique. Il vit en petits groupes constitués par une famille polygame avec un mâle dominant « un dos argenté » assez âgé pour avoir l’expérience nécessaire pour guider le groupe et le protéger des dangers. Ce mâle est le seul à se reproduire. Essentiellement végétariens, les gorilles de montagne ont besoin d’une grande quantité de feuilles pour se nourrir. Ils mangent aussi des termites qu’ils «pêchent » à l’aide d’outils qu’ils fabriquent avec dextérité et qui peuvent varier selon les groupes montrant ainsi leur origine culturelle. Pour plus de détails, on se reportera aux travaux de Diane Fossey et à son ouvrage célèbre Gorilles dans la brume.
Les gorilles de montagne bénéficient d’une sorte de célébrité. Ils ont leurs fans disposés à payer très cher le privilège de les voir puisque il en coûte 500$ indépendamment des autres frais (entrée dans le parc, hébergement, etc.) pour observer un de ces groupe de gorilles pendant une heure avec interdiction de les approcher à moins de 10 mètres. Il faut non seulement être riche mais aussi patient : pour obtenir un «permis gorille» le délai est de six mois. De plus, les gorilles que l’on rencontrera seront des gorilles «acculturés» en quelque sorte. En effet, les touristes sont conduits auprès de groupes «habitués» à la présence de l’homme. Il en existe huit. Peut-être que le revenu que le pays tire de ces exhibitions est un gage de la survie de cette population en vertu du principe « if it pays, it stays ». Il n’en reste pas moins qu’elles ont quelque chose d’indécent et que les gorilles « habitués » sont dénaturés.
D’autant qu’il est inutile de déranger ces gorilles en allant les observer comme des bêtes curieuses et qu’il n’est pas besoin d’un long discours pour comprendre l’impérieuse nécessité de les protéger. Il suffit de croiser le regard d’un de ces gorilles sur une photo. Si on veut vraiment les aider, il vaut mille fois mieux faire un don au WWF pour sauver leurs forêts par la création de réserves protégées et la restauration des zones forestières dégradées.
Au petit jeu de la valeur économique, la rente pétrolière sera toujours supérieure à ce que rapportera le tourisme. Comme le souligne le WWF une exploitation pétrolière du parc mettrait en péril ses écosystèmes et les efforts de conservation qui y sont menés. Avant même l’exploitation, « les menaces environnementales liées à la phase exploratoire des hydrocarbures (ouverture de routes, tests sismiques ou encore survols aériens) sont tout aussi importantes. Si cette exploitation a lieu, le parc perdait son statut de patrimoine mondial de l'UNESCO. »
Avec cette menace d’exploitation pétrolière qui plane sur le parc des Virunga, exploitation qui serait illégale non seulement vis-à-vis des lois nationales mais aussi et surtout au regard des conventions internationales en vigueur, il est urgent d’agir. C’est possible en signant la pétition en ligne du WWF qui s’est fixé l’objectif d’atteindre 50 000 signatures. Il suffit de quelques clics, en commençant par celui-ci qui vous conduira au dossier et au texte de la pétition

Photo : Sarel Kromer

Jeudi 24 Mai 2012 Commentaires (0)
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