Cette année, à l'initiative de Patrick Duchemin et de moi-même, Fontenay-aux-Roses fera partie des villes qui participeront au « Jour de la nuit », une manifestation nationale qui a pour objectifs d'attirer l'attention du grand public sur les conséquences de la pollution lumineuse, de renouer le lien des citadins avec la nuit, de redécouvrir les merveilles du ciel étoilé et de découvrir la nature autrement.
A Fontenay, l'éclairage public sera éteint en centre ville une partie de la nuit. Tous ceux qui le souhaitent pourront venir sur la terrasse de l'Hôtel de ville observer avec nous le ciel nocturne. Des astronomes seront là pour nous aider à (re)découvrir et reconnaître constellations, étoiles, planètes et galaxies et répondre à vos questions.


Samedi 30 octobre, une date à retenir ! Ce sera le jour de la nuit.
La pollution lumineuse

C'est une nuisance provoquée par la multiplication des points lumineux, éclairage des villes, néons, panneaux publicitaires. Au cours des dix dernières années leur nombre a augmenté de 30% en France. Il s’élève à plus de 8,7 millions : la nuit est confrontée à la montée d’une pollution lumineuse issue d’une généralisation de l’éclairage nocturne. En France non seulement les villes et les villages sont sur-éclairées, ils sont aussi mal éclairés. Le plus souvent, les systèmes d’éclairage sont mal conçus et renvoient la lumière vers le ciel au lieu d'éclairer le sol. Les effets de cette pollution sont multiples et divers, pas toujours bien connus.
Le plus évident est la surconsommation d'énergie qu'elle entraîne. Comme toute production d'énergie est une source de nuisance pour l'environnement, il vaut mieux en rationaliser, maîtriser et réduire la consommation.

Mais où sont passées les étoiles?

Au dessus de nos agglomérations, les étoiles ont disparu. Nous n'avons plus le plaisir de contempler le ciel étoilé. Quiconque a dormi à la belle étoile assez loin de toute agglomération sait de quel spectacle grandiose cette pollution nous prive. Quel choc lorsqu'au sein d'une nuit noire de nouvelle lune, on a la chance de retrouver le lien visuel avec l'univers dont cette pollution nous a coupés. Et pensons aux astronomes obligés de parcourir des kilomètres pour s’éloigner des villes.

Des effets insidieux sur les écosystèmes.

Il suffit de voir les malheureux insectes attirés, piégés, grillés autour des lampadaires pour les percevoir. Les oiseaux migrateurs qui volent la nuit sont désorientés par les grandes taches lumineuses des agglomérations. D'autres effets, parfois inattendus, sont moins évidents à constater. Les périodes de reproduction de nombreuses espèces d'oiseaux sont réglées sur la durée du jour. C'est lorsqu'ils sont longs qu'ont lieu les couvées. Il est facile de comprendre pourquoi. Plus les jours sont longs et plus la période de recherche de nourriture pour la nichée est longue. En milieu urbain, on constate une augmentation du nombre annuel de couvées pour des espèces comme le pigeon des villes et les étourneaux dont on cherche par ailleurs à limiter le nombre.... Même pour des espèces moins envahissantes et plus discrètes telle que le rouge gorge ou le rouge queue noir, cet accroissement du nombre des couvées n'est positif qu'en apparence. Elle induit une surexploitation de la ressource qui devient plus rare, d'autant que cette surexploitation s'ajoute à d'autres facteurs qui ensemble entrainent une raréfaction des invertébrés dont ces oiseaux se nourrissent. L'augmentation artificielle de la durée d'éclairement vient rompre un équilibre naturel. Difficiles à repérer, de tels équilibres ne se révèlent souvent que par les désordres induits une fois qu'ils ont été rompus.

Retrouver un savoir perdu

Dans les temps très anciens, la connaissance des étoiles était un savoir commun : « Les mouvements [apparents] des étoiles sont beaucoup plus simples et plus réguliers que le mouvement du Soleil. Pourtant, on ne reconnaît pas si facilement cette régularité parce qu'il faut, pour un examen systématique du ciel nocturne, pouvoir repérer quelques étoiles afin de les étudier de manière suivie, en quelque point du ciel qu'elles apparaissent. Dans le monde moderne, c'est rarement possible. Peu de gens, de nos jours, passent leur temps le soir à regarder les étoiles [hélas, ils préfèrent regarder la télé...] et, s'ils le font, leur regard est gêné, trop souvent, par les bâtiments élevés ou l'éclairage des rues. (…) Dans l'Antiquité, les étoiles faisaient partie de l'environnement immédiat et quotidien de l'homme, et les corps célestes servaient à repérer le temps et garder le calendrier. Il était alors assez commun de savoir identifier les étoiles au premier regard. Longtemps avant le début des temps historiques, des hommes, que leur travail obligeait à observer longuement et régulièrement le ciel nocturne, avaient mentalement groupé les étoiles en constellations, en associant entre elles des étoiles voisines que l'on pouvait reconnaître à leurs positions relatives invariables. Pour retrouver une étoile donnée dans la confusion du ciel, un observateur repérait d'abord le dessin familier dans lequel apparaissait l'étoile, puis il retrouvait l'étoile elle-même » Thomas S. Kuhn, The copernican revolution (La révolution copernicienne), 1959, trad. fr. A. Hayli, Fayard, Paris, 1973, p. 15 – 16. [Les passages entre crochets carrés sont des précisions et commentaires de l'auteur de ce blog.]
Le 30 octobre au soir , vous pourrez retrouver un peu de ce savoir en venant observer le ciel en compagnie d'astronomes sur la terrasse de la salle des mariages de l'hôtel de ville.
Souhaitons que beaucoup de villes, collectivités, associations, citoyen(ne)s participent au « Jour de la nuit », cette grande manifestation festive et participative pour la préservation de la nuit, de la biodiversité et de l’environnement.
Pour en savoir plus sur cette manifestation : jourdelanuit
Pour celles et ceux qui aimeraient partir à la découverte de la nature la nuit, et pénétrer ainsi, près ou loin de chez eux, dans un monde insoupçonné, le guide à consulter avant de se lancer : La nature, la nuit, guide d'observation et d'identification de Vincent Albouy et Jean Chevalier, 224 pages, Delachaux et Niestlé, 2006

Samedi 18 Septembre 2010 Commentaires (0)
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