Une consultation du public est ouverte du lundi 6 mai au 27 mai concernant la demande par l’INRA de prolongation d'un essai de peupliers génétiquement modifiés pour la mise en place d’une filière de peupliers cultivés pour la production d’agrocarburants.


Le Comité économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil aux Biotechnologies (HCB) a rendu le 12 avril 2013 une recommandation demandant l’arrêt de cet essai de l’INRA voir mon article ici . C’est maintenant à chacun de nous de se prononcer en participant à cette consultation publique.

Un scientisme obscurantiste

Sur les blogs et sites publiant des articles consacrés à cette demande de l’INRA, les pros OGM (en service commandé?) envoient des commentaires qui tentent de discréditer le CEES, les associations de protection de la nature et de défense de l’environnement. Pour eux tout opposant aux OGM ne peut être qu’un ignare mu par des pulsions et des peurs irrationnelles instillées par les associations en question et une propagande malveillante dont l’origine est à rechercher du côté d’écologistes antisciences et anti-progrès. Ils ne font pas « dans la dentelle » et l’injure n’est jamais loin de ces propos outranciers. En prenant fait et cause pour la technoscience sans aucun recul et sans le moindre esprit critique, ce sont eux qui font preuve d’obscurantisme et de fanatisme en développant un scientisme sans nuance.

Invectiver n’est pas argumenter

Jeter l’anathème sur le CEES, traiter d’ignorant manipulé tout individu qui fait preuve d’esprit critique vis-à-vis des OGM permet aux zélateurs de ces OGM d’éviter de discuter des arguments avancés par le CEES pour motiver son avis négatif. Rappelons donc brièvement l’argumentaire du CEES. Le CEES constate qu’il s’agit d’un essai qui poursuivrait prioritairement un objectif de recherche industrielle et sa pertinence doit être jugée en fonction de ce but. Or la mise en place d’ une culture du peuplier pour la production d’agro-carburants 1°) entrainerait la destruction de milieux humides occupés par une ripisylve spontanée, de grande valeur écologique, 2°) entrerait en concurrence avec des populicultures destinées à la production de bois, essentiellement pour fabriquer des caisses qui, autrement, seraient en plastique 3°) entrerait aussi en compétition avec des cultures vivrières du fait des difficultés d’exploitation en terrains marginaux, de l’importance des surfaces de culture devant se trouver à proximité des infrastructures industrielles et des primes PAC qui, en l’état, ne peuvent être obtenues qu’en cultivant des terres agricoles. Les adulateurs des OGM, l'Association Française des Biotechnologies Végétales (AFBV) en soutenant la mise en place d’une telle filière ne voient pas plus loin que le bout de leur nez ou de leur intérêt et ne veulent pas anticiper ce qui se passerait dans le cas de plantation à grande échelle de ces peupliers.

Il faut se mobiliser

Le lobby des OGM se mobilise pour cette consultation et pour tenter de faire désavouer par le ministre de l’agriculture le CEES. Nous devons nous mobiliser nous aussi pour dire notre accord avec sa recommandation d’arrêt de l’essai de l’INRA et de la destruction des peupliers de cet essai. Il n’est même pas nécessaire d’être anti-OGM pour partager la recommandation de ce comité. Il suffit d’être soucieux de protéger les zones humides et les forêts alluviales pour préserver la biodiversité et être soucieux de réserver les terres agricoles à la production de cultures vivrières.

EN PRATIQUE : comment procéder pour participer à cette consultation.

Il faut se rendre sur le site www.ogm.gouv.fr du Ministère de l’agriculture puis aller à la page de la consultation publique. On peut y accéder directement en cliquant ici

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Voici un texte dont vous pouvez vous inspirer, que vous pouvez reproduire ou compléter pour rédiger ce commentaire.

Comme l’a souligné dans son rapport le Comité économique, éthique et social (CEES) du Haut Conseil aux Biotechnologies (HCB) il s’agit d’un essai qui poursuivrait prioritairement un objectif de recherche industrielle. Sa pertinence doit être jugée en fonction de ce but. Or la mise en place d’une culture du peuplier pour la production d’agro-carburants entrainerait la destruction de milieux humides occupés par une ripisylve spontanée, de grande richesse biologique. Elle serait donc néfaste pour la biodiversité. Elle serait aussi écologiquement discutable puisqu’elle entrerait en concurrence avec des populicultures destinées à la production de bois, essentiellement pour fabriquer des caisses qui, autrement, seraient en plastique. Enfin d’un point de vue social et économique, elle aurait aussi des effets pervers en entrant en compétition avec des cultures vivrières « du fait des difficultés d’exploitation en terrains marginaux, de l’importance des surfaces de culture devant se trouver à proximité des infrastructures industrielles et des primes PAC qui, en l’état, ne peuvent être obtenues qu’en cultivant des terres agricoles » comme l’indique dans son rapport le CEES. De plus même en admettant que l’essai en cause serait conduit de telle sorte que les risques pour l’environnement et la santé humaine ou animale seraient négligeables, rien n’indique qu’il en irait de même dans le cadre de plantations d’une grande étendue. Pour ces raisons, j’estime que la recommandation du CEES doit être suivie, l’autorisation de prolongation de l’essai refusée et les peupliers grisard OM détruits ainsi que l’INRA s’y était engagée initialement.


Mardi 7 Mai 2013 Commentaires (0)
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Jean-François Dumas
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