Il y a une vingtaine d’année, j’avais pris pour mot d’ordre emblématique de ma campagne aux élections législatives cet aphorisme de Jacques Prévert complété par les élèves d’une école primaire
« La Terre est bleue comme une orange,
Gardons la verte et sans pépin ! »
Aujourd’hui, je pense qu’il faudrait le modifier ainsi :
…..Arrêtons de la presser comme un citron ! »
Car c’est bien ce qui se passe ou qui se prépare. Partout dans le monde, y compris en France.


On va chercher le pétrole tout au fond des mers dans le golfe du Mexique avec à la clé, la désastreuse marée noire que l’on a connue (5 millions de barils rejetés en trois mois….) Au nord-ouest de Madagascar, le groupe Total prévoit d’extraire du pétrole de sables bitumeux dans une région qui a été classée « patrimoine de l’Humanité » par l’Unesco, alors que, avec l’exemple du Canada, l’on connait les dégâts environnementaux que peut produire une telle extraction : immenses mines à ciel ouvert, pollutions des rivières et des nappes phréatiques à l’arsenic, aux métaux lourds, … (Voir l’article de Tom Levitt dans le dossier consacré à l’énergie du dernier numéro de L’écologiste, Juin-Août 2011).
Profitant des « progrès » dans les techniques d’extraction et du réchauffement de la région qui libère des glaces de plus grandes portions d’océan pendant des périodes plus longues, on s’apprête à puiser massivement dans des gisements de pétrole et de gaz de l’Arctique alors même qu’il n’existe à l’heure actuelle aucun moyen, ni aucune méthode pour faire face à une marée noire dans l’Arctique et ses eaux glacées. Comme le titre un autre article de ce même numéro de L’écologiste, « Le pétrole ou l’Arctique, il faut choisir ». J’ai bien peur que le choix soit déjà fait. Les automobiles ont soif et même si le coût en est élevé, cette extraction est rentable. Avec un accroissement continu de la demande mondiale, elle le restera.
En France enfin, bien que la mobilisation des populations des territoires concernés, des associations de défense de l’environnement et des écologistes ait réussi à stopper la recherche des gisements de gaz de schiste, le combat n’est pas gagné. Ce « pétrole du désespoir » comme l’a si justement nommé une élue, dont les réserves sont, paraît-il, énormes fait saliver beaucoup trop de compagnies et de décideurs politiques, inconscients des ravages écologiques que leur exploitation entrainerait ou plutôt prêts à les admettre, les unes pour le profit de leurs actionnaires, les autres au nom de la sacro-sainte nécessité de la croissance économique.

Et il n’y a pas que le pétrole.

Nos appareils high-tech et même les moteurs d’éoliennes censées délivrer de l’énergie douce, les lampes « basses consommation » exemple même de l’efficacité énergétique ont besoin pour fonctionner de « terres rares » qui sont des métaux rares comme leur nom l’indique. Non seulement ils sont rares mais leur extraction est très polluante. La Chine possède aujourd’hui le monopole, sinon des gisements, du moins de l’extraction de ce minerai, une industrie aux conséquences environnementales et sanitaires catastrophiques que peu d’autres pays supporteraient...Aujourd’hui, la Chine consciente de la valeur de ces « terres rares » semble moins désireuse de les exporter, malgré les pressions des pays occidentaux. Or, les japonais viennent d’annoncer la découverte de gisements importants de ces minerais dans les grandes profondeurs marines. Inexploitable dans l’état actuel des techniques… Heureusement, mais pour combien de temps ?
Toutes les ressources naturelles sont concernées… Bien entendu, la société de consommation est en cause. Mais supposons même que par enchantement nous soyons transportés dans un monde de simplicité volontaire consentie et universelle, le problème ne serait pas résolu pour autant. Rien ne pourra arrêter l’exploitation à outrance de ces ressources naturelles tant que l’on ne prendra pas à bras le corps la question fondamentale de la croissance démographique. Cette croissance démographique nous oblige à une croissance économique, pour assurer le même nombre de biens disponibles par personne. Il est vain d’attendre une nouvelle révolution verte qui a permis augmenter la capacité de charge de notre croûte terrestre, au profit des seuls humains d’ailleurs. Certes, il ne suffira pas que la population humaine terrestre diminue pour que la pression anthropique décroisse, mais si nous ne faisons pas de l’arrêt de la croissance de cette population un objectif prioritaire, alors tout le reste sera vain. La Terre pressée comme un citron ne sera plus qu’une pelure stérile. Sa mort sera la nôtre et peut-être la fin de ce miracle qu’était la vie dans l’univers.

Mardi 2 Août 2011 Commentaires (1)
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