Le nombre de chasseurs diminue sans cesse depuis 40 ans à raison de 2 à 3% par an. Ils représentent au mieux 1 ,5 % de la population. Il n’est pas acceptable que cette petite minorité monopolise les espaces naturels, terrorise campagnes, forêts et montagnes. Ils étaient Ils étaient environ 2.400.000 en 1975, 1.200 000 en 2010. On estime qu’ils sont environ 900.000 cette année. Leurs effectifs fondent au point que les Fédération de chasseurs en cachent le nombre ; une hémorragie continue malgré leurs efforts de promotion de ce « loisir » cruel et sanguinaire.


La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Endoctriner des enfants avec la complicité de l’Éducation nationale

Cette promotion de la chasse s’effectue dès l’école avec la bénédiction de l’Éducation nationale. Les chasseurs qui ont le culot de se présenter comme des protecteurs de la nature ont le droit d’intervenir dans les écoles pour parler d’environnement et de nature alors qu’on peut mettre à leur actif la disparition de nombreuses espèces et qu’ils continuent de chasser des espèces en danger d’extinction comme le grand tétras. La convention du 4 mars 2010 signée par les ministères de l’Éducation Nationale, de l’Écologie et du Développement Durable avec la Fédération Nationale des Chasseurs offre à ces derniers la possibilité de proposer des interventions pédagogiques en milieu scolaire dans le cadre de « l’Éducation à l’Environnement et au Développement Durable ». Cela leur permet d’intervenir plus facilement dans les classes, ce qu’ils le faisaient déjà. Par exemple en 1985 à Saint Pardoux-le-Vieux, en Corrèze, une classe d'école élémentaire avait été initiée à la chasse pendant une journée entière dans le cadre de ce que l’on appelait « le tiers temps ». Le matin, en classe, les enfants avaient eu droit à des exposés faits par un technicien de l’ONCFS, d’un chasseur qui leur explique, entre autres choses, le maniement d’un fusil et d’un éleveur de chien. L’après-midi avait été consacré à une sortie sur le terrain avec des démonstrations de traque de faisans par un chien d’arrêt. En regardant la vidéo de cette journée (ici ) et en écoutant les commentaires de certains intervenants et ceux de l’instituteur qui est à l’origine de cette journée – un blabla pro-chasse sans nuance – on croit rêver ! Grâce à cette convention, il est de plus en plus fréquent que les chasseurs se déplacent dans les écoles primaires comme l’indique le RAC (Rassemblement pour une France sans Chasse) qui précise que « cela concerne particulièrement les enfants de 8 à 10 ans, étant sans doute ceux dont l’esprit critique n’est pas encore bien développé, donc les plus intéressants » En outre, les chasseurs « essayent également d’encourager les enseignants à emmener leurs élèves visiter des «maisons de la chasse et de la nature» ». Il faut beaucoup d’angélisme pour ne pas penser que leur but n’est autre que de faire du prosélytisme. D’ailleurs lors des Etats généraux de la chasse de Février 90, la recommandation était la suivante : « Il faut organiser au niveau des Fédérations des excursions dans la nature pour les écoles. Il s’agira de faire assister les enfants à une chasse pour qu’ils en apprécient l’atmosphère et non à une découverte des animaux, qui favorise chez eux le processus de personnification de l’animal».

La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Le permis à 1€

En France, on peut chasser dès l’âge de 16 ans. C’est aussi cette tranche d’âge qui est dans le collimateur des Fédérations de chasseurs. «Sensibiliser un jeune à l'âge de 16 ans, c'est plus simple qu'après. Dix-huit ans, c'est davantage le temps des sorties, et il est plus difficile de se lever tôt le dimanche matin pour aller chasser quand on est sorti la veille…» a expliqué Marc Valat, directeur d’une fédération de chasseur (Le Figaro 08/09/2013). Pour ces jeunes de la tranche 16 – 18 ans, les Fédérations ne lésinent pas sur les promotions : permis à 1€, examen du permis de chasser offert, rabais dans les armureries, etc. … Malgré tous ces efforts la moyenne d’âge des chasseurs est en constante augmentation : 60 ans aujourd’hui.

Un dimanche à la chasse

Les chasseurs lancent aussi des opérations « tout public » pour se faire connaitre, améliorer une image dégradée et éventuellement faire des émules. En 2013 la FNC a organisé le troisième dimanche d'octobre dans toute la France l'opération «un dimanche à la chasse», opération reconduite cette année à laquelle participera, entre autres, la Fédération des chasseurs du Puy-de-Dôme. Le Journal local, La Montagne, pro-chasse comme beaucoup des journaux régionaux n’a pas manqué de faire une publicité gratuite le 13/10/2014 à cette opération de séduction pour toutes les formes de chasse, même les plus rétrogrades et les plus cruelles : « Et pour le plaisir de découvrir une chasse traditionnelle qui se pratique sans arme, les plus sportifs pourront s'initier à la vénerie du lièvre, qui consiste à suivre à pied ou à VTT des chiens courants. » Sic !!! Une chasse dite traditionnelle à VTT ! On notera aussi le « sans arme » ! Comment donc est tué ce pauvre lièvre terrorisé et épuisé d’avoir tant couru pour sauver sa peau ? Avec une arme à feu ou pire, avec une dague pour faire dans la tradition, à moins qu’il ne soit déchiqueté par les chiens ! Quel plaisir une personne normalement constituée peut-elle tirer d’un tel acte de barbarie ? Et pourtant ! Il y aura bien quelques imbéciles pour participer à cette saloperie contre un animal appartenant à une espèce quasi-menacée dans l’hexagone (ce dont ne se soucie pas de rappeler le journal) !

La chasse n’en finit pas de mourir. Achevons-la !
Peine perdue….

Malgré tous ces efforts des sociétés de chasse, les aides d’un état complaisant, une presse locale pour une grande part à leur solde, la chasse continue de décliner. Le nombre de chasseurs s’amenuise d’année en année tandis que leur moyenne d’âge s’élève. La chasse est moribonde.

Elle n’en finit pas de mourir !

…grâce à un État à sa solde, une administration aux petits soins et même une justice souvent complaisante.
Les chasseurs sont encore trop nombreux (la France détient le record d’Europe !) et leur disparition n’est pas assez rapide. D’autant que leur pouvoir de nuire est grand. Ils sont surreprésentés dans les instances telles que l’ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), les commissions départementales de la chasse et de la faune sauvage (CDCFS). Bien organisés en fédération départementales riches de leurs cotisations et coiffées par une fédération nationale, dotés de moyens, ils forment un lobby efficace qui a une influence sur l’Assemblée nationale, le Sénat et les collectivités locales sans commune mesure avec leur nombre et leur importance. Lois et arrêtés sont taillés sur mesure pour eux. Les préfets décident souvent dans le sens de leur intérêt… Certains en rajoutent même par rapport à des lois, des décrets et des circulaires déjà très favorables. Ainsi celui de l’Allier. La composition de la CDCSF comprend déjà 8 représentants des chasseurs et deux pro-chasses, le représentant des lieutenants de louveterie et le délégué inter-régional de l’ONCFS. Le préfet en a ajouté un neuvième en désignant comme « personnalité qualifiée en matière scientifique et technique dans le domaine de la chasse ou de la faune sauvage » le président de l’association des chasseurs de grand gibier. Sans doute un grand scientifique en la matière ! Neufs chasseurs contre deux protecteurs de la nature dans cette commission….

Crime de lèse-chasse-à-courre

Cerise sur le gâteau, les chasseurs ont même obtenu en 2010 la création d’une infraction par un décret du ministre de l’Ecologie de l’époque, Jean-Louis Borloo: « l’obstruction à un acte de chasse». Les gendarmes peuvent immédiatement verbaliser. Il en coûte 1 500 € d’amende. Ce décret vise d’abord les opposants à la chasse à courre qui avaient mené plusieurs opérations de sabotage de ces chasses. Alors que 73% des Français sont opposés à cette forme de chasse selon un sondage Sofres de 2005, alors que l’Assemblée nationale avait rejeté la création de cette infraction, Jean-Louis Borloo a donné raison aux chasseurs plutôt qu’aux défenseurs des animaux. Comme le constatait Sophie Caillat sur le site Rue89 : « Le puissant lobby de la chasse a toujours réussi à bloquer toute proposition de loi (visant à abolir la chasse à courre). Et du coup, la France est devenu une exception en Europe. Cerfs, chevreuils, sangliers, renards, lièvres, lapins sont abondamment poursuivis par des hordes de chiens dans les forêts françaises. Mais pas en Angleterre, en Allemagne et en Belgique, où la pratique est interdite. »

En Angleterre, Tony Blair qui avait déclaré que « La chasse à courre n’est pas digne d’un pays qui se veut civilisé » a eu le courage de l’interdire malgré les lobbies pro-chasses, le poids et la puissance financière de l’aristocratie britannique. Quoi que l’on puisse penser par ailleurs de sa politique, il faut saluer son attitude et cette mesure qu’aucun gouvernement français n’aura osé prendre. Bien au contraire, les gouvernements, les uns après les autres n’ont de cesse de caresser les chasseurs dans le sens du poil.

Toutefois l’infraction «d’obstruction à un acte de chasse » s’étant révélée difficile voire impossible à constater, les tribunaux ont été dans l’obligation de débouter les chasseurs et l’ONF en tant que loueur de ses forêts aux chasseurs de leur plainte contre les manifestants qui s’opposaient en forêt au déroulement des chasses à courre. Mais pour les juges du Tribunal de Versailles, il ne pouvait être question de laisser les perturbateurs de ces chasses impunis, aussi ont-ils trouvé autre chose. Au mois de Mai de cette année 2014 ils ont condamné à 500€ d’amende pour «violence en réunion» trois militants de l’association « Droits des Animaux » qui manifestaient contre une chasse à courre en forêt de Rambouillet! Comme le commente « Désobéir », « Condamner les membres d’une association non-violente pour «violence en réunion», c’est un peu comme condamner un piéton membre d’une ligue antialcoolique pour conduite en état d’ivresse. Des coups de cravache et des insultes racistes proférées par la fine fleur de la nation, il ne sera jamais question (au procès) bien que ces «débordements » aient été filmés. Cela signifie qu’au « pays des droits de l’homme », s’il n’existe plus de crime de blasphème ou de lèse-majesté, il existe un crime de lèse-chasse à courre. » (Voir la suite de l’article sur le site de « Désobéir » ici. Il faut reconnaître cependant que les tribunaux administratifs donnent très souvent raison aux associations qui défèrent devant eux des arrêtés préfectoraux illégaux.

L’ONF ne vit pas que du bois

Il faut aussi souligner que l’ONF qui avait porté plainte avec les chasseurs ne vit pas que de la vente du bois. Elle tire des revenus non négligeables de la chasse. En 2012, ils s’élevaient à 45,5 Mds€ soit environ 15% du chiffre d’affaire total. C’est une recette d’autant plus intéressante qu’elle est en augmentation constante en pourcentage, bien que stable en chiffres absolus depuis plusieurs années après avoir fortement progressé. L’ONF a du mal à boucler ses budgets et elle devra se passer cette année de 20 Mds€ de subventions de l’État. Devant les tribunaux et lorsqu’elle siège dans les organismes qui s’occupent des animaux sauvages, il n’est donc pas étonnant de la voir au côté des chasseurs.
Une majorité de Français sont pour la suppression de la chasse, une majorité écrasante contre ses formes les plus cruelles mais bien peu se mobilisent face à la minorité agissante des chasseurs. Il faut pourtant réagir. La chasse ne s’éteindra pas d’elle-même avant longtemps. Il faut soutenir les associations anti-chasse, faire pression sur le député de sa circonscription, participer à des actions et manifestations pour faire entendre la voix trop souvent silencieuse de la majorité des habitants de ce pays en commençant par exiger 1°)la suppression des modes de chasse les plus cruels : la vénerie sous toutes ses formes, les chasses dites « traditionnelles » conformément à la réglementation européenne (matoles, tendelles, gluaux, lacets, lèques, tenderies aux vanneaux et alouettes) 2°) l’institution de jours sans chasse et 3°) un rééquilibrage de la composition des instances consultatives en matière de faune sauvage pour une meilleure représentation des naturalistes, des associations de défense des animaux et de protection de la nature et l’intégration de l’ONCFS au sein de l’agence de la biodiversité. Les deux premières revendications bénéficient d’une écrasante majorité en France, la troisième plus technique pourra peut-être être satisfaite par le biais d’un amendement dans la loi en discussion sur la biodiversité. La plateforme du «Collectif du 21 Septembre pour sortir de la chasse et du piégeage » présente un ensemble de complet de mesures pour en finir avec la chasse qu’il faut faire adopter ici .

Gustave Courbet, L’hallali du cerf ou Episode de chasse à courre sur un terrain de neige, huile sur toile, 1867, Musée des beaux-Arts de Besançon
Gustave Courbet, L’hallali du cerf ou Episode de chasse à courre sur un terrain de neige, huile sur toile, 1867, Musée des beaux-Arts de Besançon
Cela n’est pas gagné mais ne sera peut-être pas aussi difficile qu’il peut paraître. Si les chasseurs se refusent à toute concession, c’est parce qu’ils se savent encore en position de force mais c’est aussi parce qu’ils savent et sentent bien que cela risque de ne pas durer à cause de la faiblesse grandissante de leurs effectifs vieillissants, de leur mauvaise image et de l’essor d’autres façons de fréquenter les campagnes et les espaces naturels (randonnées, vtt) dont le nombre d’adeptes est incommensurablement plus grand. Toute concession, comme le jour sans chasse par exemple, est alors appréhendée comme l’initiation d’un processus insidieux conduisant inéluctablement à la disparition de leur «loisir». L’outrance de certains de leurs propos sonne en fait comme un aveu de faiblesse.

Des amendements anti-chasse adoptés en commission à l’Assemblée nationale

Certes les propositions de loi pour supprimer la chasse à courre ne sont même pas discutées à l’assemblée nationale où le lobby des chasseurs et les députés pro-chasses du «Groupe d'Études sur la Chasse» veillent au grain. Le précédent ministre de l’écologie appartenait d’ailleurs à ce groupe ! Il y a cependant quelques progrès. À l’occasion de l’examen en commission de la loi sur la biodiversité, les députés ont adopté plusieurs mesures limitant la chasse. Ils ont voté quatre des amendements proposés par la députée écologiste Laurence Abeille.

Le premier interdit la chasse à la glu, une forme de chasse aux grives dite traditionnelle et pratiquée dans le sud de la France. Les motifs avancés pour interdire cette chasse sont qu’elle va à l'encontre de la préservation et de la reconquête de la biodiversité, parce qu'il s'agit d'une méthode de chasse non sélective, difficilement contrôlable, qui détruit de nombreux oiseaux, notamment des espèces protégées et qui, de plus, est particulièrement cruelle.

Un second amendement interdit la chasse des mammifères « pendant leurs périodes de reproduction, d'élevage et de dépendance des jeunes ». Malheureusement cette interdiction ne s’appliquera pas aux « espèces soumises à plan de chasse ou entrant dans la catégorie des espèces susceptibles d'être classées nuisibles ».

Un troisième amendement vise à interdire les actes de cruauté sur les animaux sauvages en leur reconnaissant une sensibilité comme c’était déjà le cas pour les animaux domestiques.

Enfin toujours à l’occasion de l’examen en commission de cette loi, et toujours sur proposition de Laurence Abeille les députés ont instauré une protection pour les espèces animales et végétales « particulièrement nécessaires » à l'équilibre des écosystèmes et à la protection de la biodiversité qui interdit « leur destruction, l'altération ou la dégradation du milieu particulier à ces espèces ». Un décret en Conseil d'Etat devra établir une liste des espèces concernées après consultation du Muséum national d'histoire naturelle et de la future Agence française pour la biodiversité. Cet amendement concerne d’abord les insectes selon « l’exposé sommaire » des motifs : «Certaines espèces s'avèrent particulièrement importantes pour l'équilibre des écosystèmes, notamment les insectes pollinisateurs. Ces espèces doivent bénéficier d'une protection particulière : elles ne sont pas protégées pour leur valeur patrimoniale, comme le sont la plupart des espèces protégées, mais parce qu'elles assurent des services écologiques indispensables aux équilibres écosystémiques. » Cependant, il ouvre la possibilité de faire passer de la liste « nuisibles » à la liste « protégés » le renard ou des mustélidés comme la fouine dès lors que l’on plaide leur cas à partir d’études naturalistes objectives.

Toutes ces dispositions qui sont autant de limitations à l’exercice de la chasse ne seront effectives qu’une fois adoptées en séance par l’Assemblée nationale avec la loi sur la biodiversité. Malheureusement, sa discussion et son vote ont été repoussés sous prétexte que le calendrier de cette assemblée était trop chargé et aucune date n’a encore été donnée pour qu’elle soit inscrite à son ordre du jour. Lorsque la loi viendra en débat, espérons que ces amendements seront adoptés malgré l’offensive des députés pro-chasses. Il faut aussi craindre les réactions des sénateurs qui se sont toujours montrés fort complaisants pour les chasseurs.

Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse !

Enfin si l’on envisage la question « gros sous », la chasse ne fait plus le poids économiquement face à d’autres activités de plein air (pourquoi diable dire out door !), notamment la randonnée pédestre. Selon la Fédération nationale des chasseurs le chiffre d'affaires généré par la chasse s'établit à 2,2 millions d’euros en 2012 et 2013 alors que la randonnée pédestre génère un chiffre d’affaire de 700 millions d’euros selon la FPS (Fédération Professionnelle des entreprises du Sport & des loisirs). Chiffres qui parlent d’eux-mêmes. La différence s’explique lorsque l’on prend en compte que le nombre de randonneurs est d’environ 8 millions de pratiquants régulier auxquels s’ajoutent 12 millions de pratiquants occasionnels alors que les chasseurs ne sont tout au plus qu’un petit million ! Le poids économique de la randonnée écrase celui de la chasse ! Il faut le dire et le faire savoir !

Le triste destin du jour sans chasse en France

Malgré cela, ce sont les chasseurs qui ont le pas sur les randonneurs et autres vététistes ou joggeurs comme le montre l’affligeante histoire des jours de non-chasse. La randonnée et la chasse sont deux usages des espaces naturels ou semi-naturels antinomiques. Les jours de non chasse permettent aux randonneurs comme aux autres usagers de la nature non-chasseurs de profiter de leur activité en toute quiétude et sécurité. Ces jours sont aussi des jours de répit pour la faune sauvage et participent de ce fait à sa protection. En Suisse, dans les cantons où la chasse est autorisée, il y a en plus du dimanche et des jours fériés, deux à trois jours de non chasse que les Suisses appellent « jours de trêve ». En France, il y a eu pendant une brève période un jour de non chasse : le mercredi. Ce jour de repos et d’activités nature pour les enfants avait été institué en Juillet 2000 sur tout le territoire sur proposition de la Ministre de l’environnement de l’époque, Dominique Voynet. Un jour de tranquillité contre six pendant lesquels les chasseurs pouvaient sévir et les promeneurs, randonneurs, vététistes et autres usagers supporter le bruit des coups de fusil et risquer d’être estropiés ou pire tués, ce n’était un partage guère équitable ! Mais pour les chasseurs, c’était encore trop ! Ils voulaient avoir le plaisir de tuer chaque jour de la semaine. Le jour sans chasse aura vécu trois ans ! En 2003 Roselyne Bachelot alors Ministre de l’environnement leur donne satisfaction. Elle fait voter par la majorité UMP – UC d’alors une nouvelle loi qui abroge cette disposition. Aujourd’hui, seuls les préfets peuvent instituer des jours sans chasse dans leurs départements en vertu de l’article R.424-1 du code de l’environnement. Bien peu le font.

La nature n’appartient pas aux chasseurs

Minoritaires en nombre, d’un poids économique certes non-négligeable mais sans commune mesure avec celui de la randonnée, les chasseurs accaparent pourtant à leur usage exclusif les espaces naturels et semi-naturels. Cela s’explique en partie parce que sur le terrain ce sont eux qui sont armés et dangereux. Bon gré, mal gré ou par prudence, les randonneurs, les promeneurs, les photographes naturalistes, les botanistes, les mycologues et les mycophages cèdent la place aux chasseurs (De toute façon, s’ils en rencontrent lors leurs sorties, celle-ci sont fichues). Cela s’explique surtout parce que les randonneurs et promeneurs ne sont pas organisés en puissantes fédérations et n’éprouvent pas le besoin de l’être. La randonnée et a fortiori la promenade dans la nature est principalement un loisir individuel ou familial ou bien encore une activité que l’on pratique entre amis.


Le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d’Or : « L’erreur est possible. Néanmoins, nous recommandons de minimiser autant que possible le risque. Mais il est inhérent à cette activité. » (Gazette info.fr)
Le directeur de la Fédération départementale des chasseurs de Côte-d’Or : « L’erreur est possible. Néanmoins, nous recommandons de minimiser autant que possible le risque. Mais il est inhérent à cette activité. » (Gazette info.fr)
Les associations qui militent pour la suppression de la chasse sont des associations de protection de la nature et des animaux. Elles insistent surtout sur le caractère cruel de ce loisir, sur les souffrances endurées par les animaux blessés qui agoniseront dans les fourrés, sur les atteintes à la biodiversité, etc. … Certes il y a des randonneurs, des promeneurs, des ramasseurs de champignons qui sont sensibles à ce discours et qui sont adhérents ou sympathisants d’associations de défense de la nature ou/et des animaux. Mais c’est en tant que tels qu’il faut mobiliser les autres usagers de la nature contre l’accaparement par les chasseurs des espaces naturels pour eux seuls en les excluant tous. À tout le moins, une exigence qui pourrait être commune à tous ces non chasseurs amateurs de nature serait un partage plus équitable avec, non pas UN, mais DES jours sans chasse en plus du dimanche, au cours desquels tous les non chasseurs qui fréquentent la nature pourraient se livrer à leurs activités en toute tranquillité dans un environnement paisible. C’est sur cette exigence que tous pourraient être mobilisés. Et à eux seuls, les randonneurs sont au moins vingt fois plus que les chasseurs! Mieux encore, quel promeneur, quel randonneur n’a pas rêvé de rencontrer un animal sauvage au détour d’un sentier ou à un croisement d’allée forestière ? Quelle joie aujourd’hui bien trop rare pour les enfants, leurs parents, tous les amoureux de la nature de pouvoir faire de telles rencontres ! Elles seraient fréquentes si la chasse qui vide la campagne, les bois et les forêts de tout vertébré sauvage était interdite. C’est le cas, en Suisse, dans le canton de Genève où elle a été abolie depuis une trentaine d’année, où les animaux sauvages prospèrent et où chacun avec un minimum de discrétion peut observer à loisir chevreuil, cerfs, lièvres, lapins ou sangliers. Tous les amateurs de nature qu’ils soient randonneurs, promeneurs, vététistes, joggeurs, photographes, peintres, naturalistes ont, en tant que tels, intérêt à ce que la chasse soit abolie. C’est par rapport à cet intérêt qu’il faut les mobiliser contre celle-ci. L’opposition à la chasse, pour être efficace, ne doit pas rester confinée au cercle restreint aux seuls protecteurs des animaux.

Manifestons contre la chasse

Il faut se mobiliser pour que la manifestation nationale organisée par le « collectif du 21 Septembre contre la chasse » le 18 octobre à Paris soit un succès. Ce collectif s’est constitué en 2013 à la suite de la manifestation « La chasse y’en a marre » qui réunissait des associations qui militent pour l’abolition, à plus ou moins long terme de la chasse et du piégeage. Il comprend aujourd’hui les 25 associations suivantes : Animavie, la CVN (Convention Vie et Nature), le RAC (RAssemblement pour une France sans Chasse), DDA (Droits Des Animaux), CCE2A (Collectif Contre l’Exploitation et l’Expérimentation Animales), l’Association Stéphane LAMART, Combactive, L214, l’AVF (l’Association Végétarienne de France), OIKOS KAI BIOS, Point Info Loup Lynx, l’association RAN (Respect de l’Animal et de la Nature), La Voie de l’Hirondelle, AVES France, LA GRIFFE, Secourisme Animalier, le refuge « Amis des Bêtes » , la SVPA ( Société Vosgienne de Protection Animale), CHAMADE (CHAumière et Médiation Animalistes, Défense de l’Environnement), l’Association Sauvegarde du Château de Flée, Guadeloupe Animaux, Oiseaux Nature, l’association du Collectif animalier du 06, LLPAA (Laissons Leur Peau Aux Animaux) et La Tribu de Sapeur.
Par-delà leurs différences ces associations se sont accordées pour défendre en commun une plateforme de mesures concrètes permettant dans un premier temps de limiter la chasse et le piégeage pour ensuite les abolir. L’action de ce collectif mérite d’être connue et soutenue. Que tous ceux qui le pourront participent à la manifestation qu’il organise le 18 octobre à Paris. Pour plus d’information sur le collectif et la manifestation, cliquez ici

Lundi 29 Septembre 2014
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