Le 23 décembre 2015, il y a un peu plus d’un an, Jean-Marie Pelt mourrait à 82 ans des suites d’un infarctus.
Dans un article publié au moment de sa mort, Matthieu Ecoiffier écrivait dans le Journal Libération qu’« il était botaniste, environnementaliste plus qu’écologiste », reprenant à son compte le jugement partisan du trotskyste reconverti Jean-Paul Besset qui fut, un temps, un des leaders et idéologues d’EELV. « Environnementaliste » est un terme péjoratif dans la bouche ou sous la plume des écologistes trop souvent autoproclamés d’EELV.
Environnementaliste plutôt qu’écologiste ! Vraiment ??? Quelques petits rappels pour en juger.


Jean-Marie Pelt : écologiste assurément !
Jean-Marie Pelt fut  à la fois un grand naturaliste et un grand vulgarisateur de la cause des plantes et du vivant, une sorte « Konrad Lorenz du monde végétal » ainsi qu’on le surnomma.

Il faut aussi souligner qu’homme de terrain, il s’investit dans la politique locale à Metz et fut 1°adjoint de 1971 à 1983 dans l’équipe de Jean-Marie Rausch (divers droite). Metz lui doit un plan d’eau et la restauration de son patrimoine architectural. Grâce à lui, Metz est une ville-jardin plutôt qu’une ville éventrée par des autoroutes 2x2 voies comme le rappela Denis Cheissoux, l’animateur de «CO2 mon amour » à laquelle collabora très longtemps Jean Marie Pelt.  Dominique Gros le maire PS actuel de Metz, qui fut pourtant un opposant de J.M. Rausch, est aussi de cet avis : «Ardent défenseur de l’écologie urbaine, Jean-Marie Pelt a fait de Metz le laboratoire d’une ville-jardin plus juste et plus harmonieuse ».

Fondateur de l’Institut européen d’écologie (IEE), dont il restera président jusqu’à sa mort, il  sera en effet un ardent défenseur et promoteur de l’écologie urbaine.

Vent debout contre la diffusion des OGM, il fonde en 1999 avec Corinne Lepage et Gilles-Éric Séralini le Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (CRIIGEN) dont il sera le secrétaire général.  Avant cela, il aura été aussi l’un des premiers à dénoncer les dangers de l’amiante.
 

Malgré son engagement local, il se méfiait, à juste titre dirai-je, de la politique et des partis « écologistes »  dont il avait vu il a vu la dérive.

Cela ne l’a pas empêché de soutenir de nombreux combats écologistes; dernier en date, le projet de Notre-Dame-des-Landes pour lequel il avait redit son opposition un mois avant sa mort.

C’est aussi lui qui constatait dès 1977 dans son ouvrage L’Homme re-naturé qu’«il paraît chaque jour plus évident que la croissance économique ne se poursuit qu’au prix d’une décroissance écologique, tout comme une tumeur cancéreuse ne s’alimente qu’au détriment de l’organisme qu’elle épuise : dans les deux cas, le bilan final est désastreux »

Ces quelques rappels concernant les actions et prises de position de Jean Marie conduisent à s’interroger : qui  donc bien qu’informé, pourrait comme Besset et Libé, nier l’évidence et refuser de reconnaître en Jean-Marie Pelt un écologiste en lui collant l’étiquette réductrice d’ « environnementaliste » ? Et surtout pourquoi ?

La réponse à cette question est simple.

Jean-Marie Pelt incarnait une écologie politique soucieuse de renouer avec la Nature, attachée aux terroirs, à la ruralité, une écologie que certains qualifieraient de conservatrice parce que rétive au multiculturalisme et opposée avec certains courants anti-techniciens et/ou décroissants à la GPA et la PMA. Evidemment, tout le contraire d’un journal bobo-libertaire comme Libé ou d’une partie d’EELV.

Pour d’autres esprits étroits, c’est tout simplement parce qu’il était profondément croyant. Or selon le témoignage de Corinne Lepage, rapportée par Le Monde, cela ne l’empêchait pas d’être convaincu, contre la doxa chrétienne de l’époque, que la crise écologique – l’« apocalypse écologique », disait-il parfois – était aussi la conséquence d’une démographie galopante.

Bref, n’en déplaise à Libé et à Jean Paul Besset, Jean-Marie Pelt fut une des grandes figures de l’écologie comme il n’en existe plus guère aujourd’hui en France et il faudrait bien plus que les quelques rappels de cet article pour lui rendre justice.

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Extrait d’un entretien donné par JM Pelt au Magazine Clé

« On ne se pose pas la question de savoir si on pourrait se passer de la nature : elle n'est plus là. Evidemment, si elle disparaissait réellement, nous serions morts. Mais nos enfants ne le ressentent pas. Il se trouve que moi, j'ai été élevé dans une ferme de l'Auvergne profonde, pendant la guerre, totalement immergé dans la nature. Cela m'a donné un sentiment d'équilibre profond. Ce furent, de loin, les années les plus heureuses de mon existence. Quand je gardais les vaches, quand j'allais glaner pour les poules... L'idée qu'il m'en reste tient en deux mots : « équilibre joyeux ». Je ne suis pas étonné que certaines personnes se sortent de la dépression en jardinant. Le lien à la nature est un lien qui construit la psyché humaine. C'est un lien très fort, sans doute parce que notre corps, c'est aussi la nature. Mais nous en avons complètement perdu le sentiment. Beaucoup de mal-être tient à cette perte. C'est quelque chose qu'il faut redécouvrir d'urgence, si nous ne voulons pas aller dans le mur. C'est dans ce lien-là qu'on découvre le lien supérieur, avec la totalité, en agnostique ou en croyant, peu importe. »
 
 
 
 
 

Lundi 26 Décembre 2016 Commentaires (0)

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